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 "We can only learn to love by loving"

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Modérateur | Professeur de sabre & téléportation ~ le pot de fleurs
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CITATION DU PERSONNAGE : Fear only makes the wolf bigger than he is

MESSAGES : 3847
DATE D'INSCRIPTION : 12/06/2010

Niveau du personnage
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MessageSujet: "We can only learn to love by loving"   Lun 30 Jan 2012 - 1:45

Vous ne vous êtes jamais dit en regardant un truc: non mais ça c'est PAS normal ?
Bah moi si. Plus d'une fois même. Oh que oui. Bon en même temps je me fais des réflexions à chaque fois que je regarde des trucs -je vous raconte pas le jour où ma vue baissera, je serai bien dans le pétrin. Je commenterai alors ce que j'entends, pour votre plus grand plaisir-. Et bref. J'ai donc encore une fois, des réflexions à faire sur le monde merveilleux qui nous entoure tous. Plein de dangers que vous n'imaginez pas. Et moi, je deviens parano. En fait, depuis que les enfants sont nés, je regarde chaque truc. Absolument chaque truc -ayez bien conscience de la portée universelle et même interstellaire de ce "chaque"-, comme si ça pouvait faire du mal à un des deux enfants. Même leur berceau, j'ai eu du mal avec. Y'a des objets qui sont dans la liste des gentils, et d'autres dans la liste des méchants louches. Dans la liste des gentils, y'a par exemple leur ours en peluche à chacun. J'ai vérifié, les ours sont gentils. Et je ne suis pas encore, et ne serai jamais, prêt à admettre que j'ai vérifié en dormant avec une nuit. Cette information là doit rester confidentielle. Rassurez vous, je n'ai pas testé ni la poussette. Ni les berceaux. Principalement parce que je ne rentre pas dedans, mais pour faire croire que je suis très saint d'esprit, on dira que c'est parce que j'ai des limites.
Attendez d'avoir des gosses, vous deviendrez parano aussi.
Et bref. Les biberons aussi, ça peut être méchants. Pourquoi vous croyez qu'on teste le lait sur le dos de la main avant de laisser bébé toucher au biberon, hein ? C'est fourbe un biberon. Quand vous le prenez, ça vous fait croire que son contenu n'est pas trop chaud. Mais si vous le forcez à cracher ledit contenu, vous pouvez avoir des surprises. Brûlure du premier degré au lait infantile. Voilà. Je crois que j'en ai encore la trace sur la main droite. Mais c'est pas le sujet. Ça, c'est l'origine de ma nouvelle paranoia des objets. Paranoia cachée, on dirait pas que je me méfie de tous.
Qui a dit que je le faisais déjà ? Non vous mentez je nie. Il n'y a que du placard, des tapis, des meubles, du sabre quand il fait la gueule, de la guitare, de certaines boites de concerve, du sucre... De...
Hrm.
Bon ok. Mais un jour, je vous prouverai que les objets sont bien vivants et nous veulent du mal. Attendez qu'un type qui sache leur parler nous le confirme, vous verrez !
Non mais vraiment. En y réfléchissant bien. Y'a pas une tonne de trucs qui sont pas naturels ? Genre... Tenez, les avions par exemple. Je n'ai rien contre les avions, je les aime bien. Et bientôt, ils seront inutiles fasse à la téléportation, mais c'est un autre débat. Ils ne sont pas normaux. Regardez un oiseau, ça bat des ailes pour décoller. Et quand ça étend les ailes, ça plane. Mais ça fini par redescendre parce qu'on ne plane pas indéfiniment sans battre des ailes. Et l'avion. L'avion il plane du matin au soir, même dans son garage. La tête dans les nuages, sans mauvais jeu de mot. Ce sont les réacteurs vous allez me dire, mais eux aussi ils ont un problème ! Ils sont horizontaux ! Ils devraient être orientés vers le bac, pour pousser l'avion vers le haut, ça ne parait pas logique ?
Bah à priori, non. Ce n'est pas normal.
C'est comme ces types qui font le tour du monde sur un voilier. Vous savez, le petit truc, le radeau avec une voile. On se demande où ils dorment. Et imaginez, pendant qu'ils dorment, y'a une baleine qui passe et qui les mange. Je suis sûr que ça rentre. Et cromch ! A plus de petit navire. Et j'espère pour le monsieur à qui ça arrivera, qu'il a été attentif quand il a regardé Pinocchio. Surtout le moment où Gepetto se fait manger.
D'ailleurs c'est trop triste en fait ça. Je ne laisserai pas les enfants le regarder avant un certain âge. Sinon ils vont faire des cauchemars avec des baleines la nuit. Et comment vous voulez vaincre une baleine, même en rêve, hein ?
Voilà.
Bref. Je pense être en sérieux manque de sommeil. Genre vraiment sérieux. Et on sait que c'est sérieux quand on commence à s'endormir dans des endroits incongrus. Du genre... A côté de la machine à café. Le café a fait comme les pompiers dans un embouteillage: il est arrivé trop tard.
Mais bon, il aura fait son possible pour sauver la victime, qui est revenu du pays du sommeil quand même, quand on lui a tapé sur l'épaule -oui parce que même la gravité n'a pas osé me réveiller, rendez-vous compte-. Mais mis à part le manque de sommeil -que j'ai en partie rattrapé depuis l'épisode de la machine à café, qui fait encore rire en salle des profs au passage-, je vais très très bien. En fait, ça va même plus que bien. Je veux dire, je suis avec Shy, on a les enfants, en ce moment c'est presque calme dans le monde magique -ça ne l'est jamais totalement-, et puis voilà. Je suis heureux, c'est tout. Des fois, il ne faut pas grand chose pour être heureux. Un regard le matin, un simple mot ou une action. Un truc tout bête que n'importe qui peut effectuer. Non, ce n'est pas ça qui est difficile à obtenir pour être heureux. Ce qui est délicat, c'est qu'il faut que ça soit une personne ne particulier qui fasse le geste. Ou un certain groupe de personnes. Et sur Terre, on est 7 milliards. Vous voyez pourquoi ça peut être dur ?
Et c'est un total hasard. Qui sait, si je n'avais pas rencontré le maître, je ne serais sûrement pas venu en Ecosse. Allez dire à un japonais qu'il faut qu'il taille en Ecosse pour y trouver la femme de sa vie et y fonder une famille. On vous rirait au nez, moi le premier à l'époque.
Et pourtant...
Bref. Tout ça pour dire qu'il suffit d'un rien. Comme il suffit en retour d'un rien pour tout détruire. Et ici aussi, c'est une grande question de hasard. Mais quand ça vous arrive, vous avez et aurez toujours l'impression que le Destin est contre vous. Peut être qu'on est tous destinés à construire et reconstuire parce que la vie c'est comme un gros parcours de saut de haies. Des fois on loupe la haie. Des fois on en saute plusieurs d'affilé super bien. Et des fois on s'essoufle. Puis des fois on abandonne, ou on reste sur la ligne de départ. Dans tous les cas, c'est rendez-vous à la ligne d'arrivée.
Fin bref, moi, j'y suis pas encore, et je n'ai ni l'intention de me prendre une haie, ni l'intention de finir la course maintenant. Trop nul, je suis bien sur ma lancée là !

Vous savez que les entrainements avec le maître ont repris ? J'avoue que je m'amuse bien... La plupart du temps. Il reste un vieux fou, complètement timbré. Non mais franchement. Comment ils peuvent le laisser en liberté ? Sans surveillance en plus ! Alors qu'il est dingue, même si ce n'est pas cliniquement prouvé. C'est en tout cas pratiquement -c'est à dire en pratique- trouvé.Oui je sais, le jeu de mot était nul. Mais c'était pour la rime et le parallélisme de construction ! Non vous n'appréciez pas mes efforts ? Un jour moi parler vous comme ça, et vous plus rien piger à ce que moi raconter. Et ça être très très drôle. Mais c'est dur de parler comme ça en fait. Je vous jure, je réfléchis pour ne pas placer les mots dans le bon ordre. En fait, c'est comme parler une langue étrangère. On se demande où placer les mots. J'avoue, j'ai eu du mal avec l'anglais au début. Faut dire que l'accent écossais... Bref. Non mais au début, ça sonnait vraiment bizarre. Maintenant ça va.
Mais j'avoue que j'étais content de tomber sur des gens qui avaient le même accent que moi. Je crois qu'on s'est quand même bien améliorés depuis. Heureusement. Même si c'est encore placardé "asiatique" partout sur notre visage, on a gommé l'accent. En partie. Ma mère m'a même dit que je parlais japonais bizarrement l'autre fois. Ça faisait trois mois que je n'avais pas dit un mot de japonais. L'autre fois en question, c'est quand j'ai appelé pour annoncer la naissance des petits. La première nuit que Shy a passé à l'hôpital. Et je crois que j'ai un peu beaucoup pété un câble au combiné. Ça faisait trop d'un coup, et c'était maman à l'autre bout du fil. Maman un peu loin, certes, mais maman quand même.
Du coup, ça n'a pas loupé. Je suis un gros bébé devant ma maman, voilà. Je serai toujours son bébé. Comme nos enfants seront toujours nos bébés. D'ailleurs faudrait que je pense à rappeler à la maison un de ces quatre. Je ne les ai pas vu depuis l'hiver de l'année dernière. Ce voyage avait été très... Productif, par ailleurs. Oh vous voyez très bien de quoi je veux parler, bande d'espions.
Bref, note à moi même: appeler les parents, et passer les voir quand ça sera possible. Mais un appel avant, parce que quand même, ça fait
plusieurs mois qu'il n'ont pas eu de nouvelles orales. Même si j'envoie des mails régulièrement, parce que mon père est un mordu de mails en fait. Vraiment. En plus des fois il m'envoie des trucs bizarres, entièrement en japonais, et je suis content que Shy ne sache pas lire le japonais. Parce que franchement, papa, ce genre de blagues... D'ici à ce qu'il tilte que si il veut vraiment m'embarrasser, y'a qu'à les envoyer en anglais... Ne pas lui suggérer l'idée. Surtout pas.

Bref, c'était le moment nostalgie. J'aime bien l'Ecosse quand même, mais en ce moment ça caille dur ! Encore un coup à faire tomber malades les bébés. Je crois avoir vu Alfred éternuer ce matin. C'est mignon quand il éternue, Alfred. Vraiment trop mignon. Ça fait un petit "pchit", et il continue sa route comme si de rien n'était. C'est mignon aussi quand les bébés éternuent. Mais passé la première seconde de "oh c'est trop chou", je vire complètement de cap sur la grande roue des émotions, et je commence à paniquer en me demandant si ils ne sont pas tombés malades. Oui vous remarquerez que mes réactions les concernant sont bien souvent extrêmes. Et en plus, je n'y peux absolument rien. Je crois qu'en secret, ça doit quand même bien amuser Shy. Je me demande comment elle peut rester aussi calme. Comme si elle avait fait ça toute sa vie. Peut être qu'elle panique aussi en secret mais en attendant... En attendant c'est pas le grand spectacle comme moi tous les jours -je ne vous raconte pas ce que dit en penser Rhyan-.
Une raison de plus d'admirer Shybaï. J'avais dit qu'elle serait super-maman. Même sans en avoir eu une pendant longtemps. C'est Shybaï quoi, même quand je sais à quoi m'attendre, je suis surpris. Que voulez vous, elle est parfaite. Et vous êtes jaloux, nah.
Ok personne n'est parfait, mais les défauts ne font que ressortir les qualités. C'est là que réside l'atout des gens dits parfaits.
Ou en tout cas, celui de Shy.

Que je n'ai pas vue depuis ce matin, je suis en manque terrible à l'heure actuelle. Oui c'est toujours comme ça. Au début on se dit qu'un peu de séparation ne fera pas de mal. Puis après on apprend qu'en fait la mission va durer plusieurs jours, qu'on doit prévenir les gens qu'on veut prévenir maintenant et qu'après plus aucune communication en dehors de l'équipe jusqu'à la fin de la mission. Et moi, au lieu de paniquer en me demandant pourquoi ce changement soudain, je pense juste que Shy et les enfants vont me manquer à mort, et que j'espère que les deux filles s'en sortiront avec les petits. Bien que la réponse est évidemment oui, ça ne m'empêche pas de m'en faire.
Ma tête à l'annonce qui a été faite, a doucement fait rire les autres. Oui, oui, oui et OUI j'avais la tronche d'un chiot a qui on vient de retirer sa gamelle de nourriture juste après la lui avoir faite sentir. Et alors ? C'est pas marrant. Continuez comme ça et je quitte le véhicule. Je peux, je suis téléporteur. D'abord.
Même pas drôle. Après ils m'ont taquiné sur le fait que j'avais une "nouvelle copine et très envie de m'amuser avec elle".
J'ai encore plus boudé. Parce que ce n'est pas une nouvelle copine.
Même si la fin de la phrase, en y réfléchissant bien, n'est pas tout à fait fausse. Mais ça, pas question que je le leur dise, à ces méchants. Et après ça, la conversation a viré sur les copines de tout le monde -oui, 5 mecs dans une camionette, voyez le genre ?- et j'ai fini par lâcher que la copine en question est ma fiancé et la mère de mes enfants. Forcément, quand ils ont additionné ça la seconde qui suit au fait que j'ai 22 ans, y'a eu un blanc.

Le genre de blanc où vous vous sentez seul au monde comme c'est pas permis. Mais vraiment isolé comme une coccinelle noire au milieu de coccinelles rouge -pensez y deux secondes, ça doit faire bizarre comme situation quand même-. Et puis y'en a un qui m'a lancé une vanne que je ne répèterai pas parce que j'en boude encore, et c'est reparti de plus belle.
Et voilà donc où nous en sommes. Dans une camionnette qui va je ne sais où, pour une mission dont j'ignore maintenant tout. On nous avait dit récolte d'information avec infiltration. D'où le fait qu'on soit 5. On doit filmer je ne sais trop quoi. Et puis voilà que ça doit durer plusieurs jours maintenant. J'aime pas ça. Pas ça du tout du tout du tout. Remarquez, du coup j'ai une occasion de voir jusqu'où peut m'emmener l'entrainement que j'ai subi. Comme ça, je rebalance tout sur le dos du maître si je ne réussis pas un truc. Et bien entendu, je me lance des fleurs si tout marche. Je dis ça, mais en vrai je trouverai un moyen de le remercier quand même.

Mais pas trop, parce que sinon il ne va pas s'en remettre, et va s'auto féliciter pendant trois heures.
Non stop.
Oh que oui, il en est capable. Il est capable de tout, absolument tout j'en suis sûr.
Hey j'ai une question sans aucun rapport mais qu'il faut que je vous pause pendant que Leo -je crois que c'est son prénom- raconte comment il a fini à 50 km de chez lui la semaine dernière, sans savoir pourquoi ni comment.
Moi, je soupçonne que Leo soit téléporteur et l'ignore. La téléportation pendant le sommeil, ça ne fait pas de bruit, c'est indolore, mais alors au réveil... Faut pas être cardiaque hein. Ça a dû m'arriver trois fois l'année dernière. Des fois Téléportation se fait un délire perso, et hop elle part. Sauf que quand elle part, je suis obligé de suivre. Puis elle connait pas le chemin du retour quand elle est toute seule et que je suis inconscient. Alors forcément, au réveil...
Mais bref, je m'éloigne de ma question. La voici: que pensez-vous des bigorneaux ?
Oui, j'ai été plus ou moins contaminé par la méfiance de Shy envers les escargots -faut dire qu'ils sont louches quand même-. Mais il y a un cas sur lequel il faut se pencher plus particulièrement. Celui des bigorneaux. Parce que non seulement ce sont des escargots, mais EN PLUS ils vivent dans l'eau ! Attendez, des escargots. Dans l'eau. Comme ça, plouf bonjour je suis un poisson même si ça ne se voit pas, et je m'accroche aux rochers telle la moule et sa méga ventouse -avouez qu'elles sont bien collées, les moules-.Trop louches. Où ils les planquent leurs branchies ? Ou peut être qu'il y a une réserve d'oxygène dans la coquille, qui sait... Doit même y avoir la place, en fait. Et comment ils font, à la naissance ? Déjà, ils sortent d'oeufs pondus au petit bonheur la chance. Genre un jour, bébé bigorneaux nait et se retrouve nez à nez avec un requin au milieu de l'Atlantique.
Surprise petit.
Puis passé la naissance, faut aller s'agriper au rocher. Pendant que les parents, ça se trouve, ils ont déjà été pêchés.
Comment est-ce qu'on peut manger ces choses... Bref. Ah, autre fait sur ces bêtes: l'escargot est le parfait exemple de cette règle de grammaire qui dit que le masculin l'emporte sur le féminin. Pensez-y, ils sont tous autant mâles que femelles, mais on dit UN escargot.
Voilà pour le fait inutile sur ces animaux -est-ce que ce sont vraiment des animaux ?-.
Et donc, pour revenir à la question, c'était un piège. Vous ne devez pas penser aux bigorneaux. Ce sont eux qui pensent à vous, gardez le bien à l'esprit. Vous vous retrouverez toujours nez à nez avec un bigorneau au moment où vous vous y attendrez le moins, parce que ce sont des limaces à coquille fourbes et vicieuse, qui attendent leur heure en faisant croire qu'ils sont innocents alors que...
Mais cela dit, ne focalisez pas votre attention sur eux. Prenez garde aux vaches. Et aux oies, surtout au oies. Parce que elles en plus, elles volent, et ça fait toute la différence. C'est même une différence absolument énorme. Elles peuvent vous trouver partout. Vraiment absolument et définitivement partout.

Où que vous soyez, les oies le savent. Quoi que vous fassiez, les oies le savent. Quoi que les vaches puissent comploter, les oies le savent. Quoi que vous puissiez craindre, les oies le savent. Elles savent TOUT. Et quand elles migrent, les oies dites "sauvages", en fait c'est qu'elles vont attaquer leur nouvelle cible. Je ne vous ai jamais raconté ce qui s'est passé pour que je sois devenu oiephobique, non ? Bah...
Bah je le ferai pas aujourd'hui.
Ou peut être que si.
Ou peut être que non.
J'hésite. Avouer qu'on s'est fait complètement rétamer par une oie, c'est quand même la honte. Le plumeur plumé, même si je ne lui voulais rien à cette bête, moi. Elle est devenue comme un taureau et là... Là... Elle a poussé son cri que je n'oublierai jamais. Si je l'entends un jour dans un film d'horreur au cinéma, je quitte la salle. Et puis elle est passée à l'attaque, et à partir de là tout est confus dans ma tête et et et...

- Heho, Takeji ça va ? T'es tout pâle !

Retour à la réalité et je hoche la tête. Oui ça va parfaitement bien, pourquoi ? Je n'avouerai jamais ce qu'il s'est passé avec l'oie ce jour là, alors tout va pour le mieux ! Pourquoi vous rigolez, j'ai dit un truc qu'il ne faut pas ? Non ? Bah alors. Voilà, vous aussi vous êtes des gens bizarres. Oui le thème d'aujourd'hui c'est les truc étranges, entrecoupé de pauses pub où je parle de Shy et des enfants qui me manquent.
D'ailleurs c'est l'heure d'en parler ! J'ai toujours quelque chose à dire sur eux. Surtout qu'on arrive bientôt, et qu'après ça sera concentration totale sur la mission. Entrecoupée de pauses pub sur les trucs louches, et Shy les enfants, bien sûr. C'est comme un programme télé en fait ! Sauf que vous ne pouvez pas changer de chaîne. Ecoutez, c'est gratuit, alors vous ne râlez pas. Jamais contents.Je disais donc. Je ne sais plus si j'ai été refaire le plein de couches et divers trucs consommables pour les petits. Oui c'était mon tour. Mais j'étais tellement dans les vapes ces derniers jours que je ne sais plus si je l'ai fait. Et si je ne l'ai pas fait, et que Shy tombe sur un paquet de couches vides, bah elle va pas être contente, et ça sera dirigé contre moi. Et j'aime pas qu'on se dispute pour des trucs aussi futiles -ce qui n'arrive pas souvent, mais comprenez que quand on est fatigués, on démarre au quart de tour, si ce n'est au huitième-. Et en plus comme je ne serai pas là, je ne pourrai même pas rattraper ma bêtise. Beuh... Les couches... Je vais en mission dangereuse et je m'interroge sur un paquet de couches. Remarquez, y'a deux minutes c'étaient les bigorneaux. Mais c'était pour votre bien et votre sécurité.
Mais bref. Je sens que la camionnette ralenti, et qu'on arrive au but. Adieu les couches. Puissent-elles être encore nombreuses dans le paquet ouvert, et prions pour que mon moi inconscient ait pensé à en ramener, parce que je n'arrive pas à me souvenir de l'avoir fait ou non.
Pitié Dieu des Couches et Dieu des parents avec enfants en très bas âge, si tu m'entends quelque part là haut, à côté du Dieu du Câlin, s'il te plait...
Le véhicule s'arrête. J'entends une portière qui s'ouvre qui se ferme, quelqu'un qui atterri par terre, puis des pas et finalement, la porte arrière s'ouvre. J'avoue être aveuglé un instant par la luminosité encore bien présente. Il est quelle heure ? Bon qu'importe, on va vivre coupés du monde pendant plusieurs jours, et je ne sais toujours pas complètement pourquoi.
L'homme qui conduisait nous laisse descendre, et il commence à expliquer divers trucs sur le déroulement de la mission, qui va où, comment, pourquoi et... Et ah. Si ça doit durer plusieurs jours, c'est parce qu'ils veulent qu'on soit interrogés par la police magique de Londres après coup. Puis briffés sur... Un truc sur les prochains JO. C'est quoi encore que ce bordel ? Capture d'information de plusieurs jours, franchement... On doit se faire plusieurs endroits, en trois jours, et passer les deux suivants à Londres et j'ai pas enviie d'aller à Londres.
Même si la ville va un peu mieux depuis la guerre a cessé. Y'a quand même encore des marques. Ne serait-ce que dans l'esprit des gens, même si ils tendent à s'en remettre remarquablement vite. Tant mieux pour eux, et pour nous, ça fait moins de boulot.
On a l'air discrets, dans les rues, avec nos paquets. Bon ok je suis le seul avec Leo à avoir un paquet, parce qu'on est les seuls à se balader avec des lames plus longues qu'un couteau. J'aime pas trop les armes à feu, même si j'en ai une actuellement. Mais brr, je veux pas y toucher, sauf cas de force majeure. Nan vraiment, j'aime pas plus que ça. C'est... Je sais pas. Je n'aime pas le simple concept de tenir la vie de quelqu'un au bout d'une gâchette, sans lui laisser une seule chance si on vise bien. Avec une lame, il faut se rapprocher de la personne, on ne peut pas l'avoir en étant à cent mètres. On lui laisse une chance. On s'expose aussi, mais ça fait partie du jeu si je peux me permettre cette expression.
Avec l'arme, rien du tout. Si on sait viser, qu'on est bien placé, et qu'on est le premier à repérer l'autre, y'a pas de seconde chance. Si bien entendu l'autre en question ne s'est pas recouvert de dix gilets pares-balles plus une armure. Croyez pas, ça marche pas trop mal le gilet. Enfin, ça dépend d'où et d'avec quoi on tire. Et puis si ça vise la tête, alors là... Et la colonne vertébrale. Quand ça vise la colonne vertébrale, et qu'on survit. On est paralysés à vie. C'est comme mourir en restant vivant. Paralysés à vie, comment... Je n'arrive pas à l'imaginer, comment ils peuvent avoir le courage de continuer, sans pouvoir plus jamais bouger, alors que c'est pour ça qu'on sort du ventre de notre mère. Il reste la communication, c'est toujours ça.
Mais ça doit être tellement dur... Stop, c'est déprimant, passons à autre chose. Tenez, on doit infiltrer un grand bâtiment, qui à ce que raconte le chef pour aujourd'hui, abrite une partie cachée par la magie, et réservée aux humains noirs.
Après les sorciers, les humains. Allons-y, tapez vous tous dessus, plus on est de fous plus on rit. Je me demande... Je me demande si ils se rendent compte du paradoxe de leur situation. Je veux dire, leur nom mime assez bien celui des sorciers noirs. Humains Noirs, Sorciers Noirs. Voyez ? Et pourtant, ils sont ennemis et se méprisent. Mais... Ils s'inspirent quand même de ces sorciers, d'une certaine manière. Et ils n'en ont peut être même pas conscience. Et si on le leur disait, de toute façon, qu'est-ce que ça changerait ? Enfin bon. Peut être que je dis ça parce que j'ai choisis un camp depuis un moment déjà, et que je crois au bien d'Orpheo. Même si ils n'ont pas fait que du bien, et que leurs méthodes ne sont pas parfaites. Que leurs décisions sont parfois injustes. Il n'y a pas de vérité absolue, sinon tout le monde serait d'accord.
Et peut être qu'on s'ennuierait tous un peu, au final. 'en sais rien, faudrait tester. Genre pendant une semaine, tout le monde est d'accord. Méga trève, méga paix, câlinland version âge d'or. J'vous raconte pas, je crois qu'il y aurait même des chèvres en liberté dans la rue et que les gens s'arrêteraient pour leur donner un bout de pain ou les caresser.
Pourquoi des chèvres ? Et pourquoi pas des chèvres hein ?
Oui je sais, concentration sur la mission. Mais vous voulez que je vous dise quoi ? On est planqué à la vue de tout le monde -paraitrait que c'est la meilleur cachette-, sous couverture d'être des gens relativement importants qui veulent traiter avec d'autres gens, ici les méchants. Et puis ça fait un peu -beaucoup, ok- peur quand même, mais comme il parait qu'ils le sentent, bah faut pas leur en laisser l'occasion. Et donc, pour ne pas flipper, je pense à l'âge d'or de Câlinland, avec des chèvres dans les rues, parfaitement. Ce qui ne m'empêche pas d'enregistrer tout ce que raconte l'homme qui nous guide, parce que je sais qu'après, dans trois jours, c'est interrogatoire à la police magique. Et même si on est dans le même camp, des fois ils n'y vont pas de main morte pour nous faire cracher les petits détails qu'on avait même pas remarqué au moment où on les a vu, mais que M.Cerveau a retenu pour une raison obscure.
Je fais équipe avec Leo. Y'en a un qui est resté dans la camionnette qui nous supervise avec un tas d'engins qui ont fait la route avec nous, mais dont je n'ai pas voulu chercher à savoir la fonction. Y'en a un nous suit de loin. Et le cinquième... En fait le cinquième est à l'entrée du bâtiment.
Mais bref. Je pourrais vous décrire le mec qui nous guide. Nan c'est pas un gros gorille dont le poing ferait la taille de ma tête. En fait, il est même plutôt gringalet, c'est bizarre d'ailleurs. Mais toujours se méfier. Pour un peu, c'est un élémentaliste de feu, et si on marche de travers, on finit en rôti. Sympa non ? Moi j'électrocute. Mais c'est pas le sujet. On suit le monsieur. On suit le monsieur, et moi je pense à Shy. Je pense aussi que je vois du coin de l'oeil Leo qui n'a pas l'air à l'aise du tout. J'espère juste qu'il va se détendre, ou moins prétendre l'être, parce qu'on pourrait très bien se faire griller de cette manière là.
Peut être qu'il stresse plus parce qu'il a la caméra sur lui. Un tout petit machin que quand je l'ai vu, je n'ai même pas cru que ça pouvait être une caméra. Et pourtant... Ça va tout enregistrer. Mais elle est petite, et donc limitée. C'est pour ça qu'on est tenu d'être très très attentifs, et de tout mémoriser. Enfin, autant qu'on peut quoi. Même si ils ont dit tout, on est pas des caméras . Il nous dirige vers ce qui semble à première vue un mur. Et en fait, il y a un réseau de runes complexes sur ce mur. Pour un peu, j'en sifflerais presque d'admiration. Une porte blindée de dix mètres d'épaisseur n'aurait pas fait mieux. En même temps, c'est magique.
On rentre dans la salle. Et c'est délicat de tenir un rôle. Il faut observer partout sans en avoir l'air. Avoir l'air méfiant juste ce qu'il faut. L'air du type qui sait qu'il traite avec des gens de peu de morale, et qui peuvent donc le poignarder par derrière. Mais pas l'air du type en mission qui doit mémoriser tous les détails de là où il se trouve.
Parlez d'un boulot délicat...
Je vous passe les détails de la conversation, parce que j'étais trop concentré pour penser et retransmettre en même temps. Oui, l'antenne a du mal des fois. Je n'ai pas l'impression qu'on ait appris quoi que ce soit d'utile, mais c'est peut être parce que je n'ai pas tout compris. Ils ont parlé de prendre d'assaut les J.O. -ça j'ai pigé- de créer une panique immense. Après ils ont parlé de conflits internes à régler. Et ça je pige pas. Se taper dessus entre eux alors qu'ils veulent s'en prendre aux J.O ? Bon. Doit y avoir une logique qui est hors de ma portée là dessous.
On ressort sans problèmes, et je trouve ça louche. Très louche. Mais bon, qui va râler contre une mission facile ? Après tout, ils ont peut être fait beaucoup de foin pour rien, même Leo se détend, et le soir, après avoir passé plusieurs heures à relater tout ce qu'on a vu -c'est fou ce qu'on peut voir en une trentaine de minutes-, on a rit entre nous. Puis on est allés se coucher. Je sais, c'est passionant. Encore quelques jours comme ça, et maison ! Pas que je n'aime pas aller en mission -même si je préfère taper du fantôme, que la collecte d'information-, mais quand même. J'étais pas prêt psychologiquement à cet allongement.
Oui voilà, j'ai besoin d'être prêt. C'est comme ça. Nah.
J'aime pas les lits de l'hôtel choisi. J'aime pas du tout, mais comme je suis complètement mort -à croire que faire travailler le cerveau de façon intense épuise plus que l'activité physique-, je m'écroule dans le mien quand même. Et je me souviens juste qu'avant de dormir, je pensais à une abeille. Pourquoi, j'en sais rien.
Je me réveille en grognant d'un rêve plein de gens bizarres, qu'on ne pouvait jamais atteindre même en étirant la main et en courant très très vite. Rêve très étrange. Et qui pour une raison inconnue, m'a complètement miné le moral. Comme ça, boum hop aujourd'hui, déprime !
Nul. Trop nul. J'ai même pas de blague à faire sur la tête de Tom à son réveil. Pourtant, il a vraiment une tête impayable. Probablement due au fait que lui, c'est pas la marque de l'oreiller qu'il a sur la figure, mais celle du plancher sur lequelle il a vraisemblablement passé une nuit confortable puisqu'il ne s'est réveillé qu'à cause du bruit fait par Karim. Karim quand il se réveille, toute la ville le sait. Non mais vraiment. Je suis convaincu qu'il a déjà dû réveiller tout l'hôtel, et que dans pas longtemps, ça va toquer à notre porte pour nous dire d'arrêter de jouer de la batterie aussi tôt.
Sachant que Karim ne fait pas le bruit d'une batterie, mais celui d'un Yéti en rogne et qui crève de faim. Surtout qui crève de faim. Je ne serais qu'à peine surpris de le voir sortir une lance et partir en chasse.
J'en oublie presque mon humeur plombée, et ce fichu rêve étrange.
Presque. Mais au bout d'une heure, c'est complètement oublié. On fait le second lieu aujourd'hui et... Et voilà. Tom a dû répéter au moins trente fois en dix minutes "et surtout, soyez prudents". Et surtout, on sera prudent, oui promis. Même schéma que la fois d'avant, mais les gens là dedans sont méfiants comme j'ai jamais vu ça. On dirait qu'on va les bouffer -bon ok on est peut être un peu là pour ça, mais quand même-. Je ne sais pas si ils savent qu'on a inventé les visio conférences. Si ils veulent pas voir les gens en vrai...
Pardonnez, mais c'est presque effrayant à ce stade.
Comme la fois précédente, on enregistre un maximum de trucs, parfois sans en comprendre le sens, mais on enregistre quand même. Et puis un type vient vers Leo. Et là, je sens un truc qui se tord d'appréhension. Le type l'observe minutieusement -comme si il ne l'avait pas déjà fait à l'entrée-, Leo fait son possible pour rester calme. Mais finalement, l'homme fait un mouvement de tête, et nous laisse partir. La pression retombe d'un coup.

Le soir, pareil que le précédent. Je vous parlerais bien de coquilles st-jaques, et comment elles peuvent sauter du quatrième, atterrir en bas sans se faire mal pour s'enfuir dans la nuit avec un rire démoniaque et un claquement de coquille sinistre, mais je suis crevé. Genre c-r-e-v-é. Et en plus, j'ai envie de voir Shy et les enfants, parce que je m'inquiète comme un malade, alors qu'ils sont probablement en très bonne santé à la maison.
Enfin ça, c'est ce que je me dis pour me rassurer. Ce qui ne marche pas. Ce qui fait que je m'endors avec une certaine appréhension. C'est fou ça. Pourtant, je jure sur tout ce que vous voulez que j'ai une confiance pratiquement aveugle -pratiquement parce que je trouve ce terme presque péjoratif- en Shybaï. Et que donc, tout rationnellement, je sais que tout le monde va bien. Mais voilà. Qu'est-ce que j'y peux de toute façon, M.Cerveau a décidé que, et quand il décide que bah...
Il décide que. Voilà.
Du coup, je m'endors sous l'influence de monsieur Cerveau qui a décidé que, et même que c'est un vilain.Je suis réveillé en plein milieu de la nuit par un bruit, qui me parait assez suspect. Mais je ne bouge pas, parce que nombre de fois le maître m'a réveillé en sursaut, avec sa canne prête à frapper si je bougeais. Le but étant d'être éveillé, tout en faisant semblant de ne pas l'être.
C'est étrange parce que tout me semble assez silencieux soudain. Et j'avoue que c'est inquiétant, ce silence. J'entends même la respiration des autres, et je me demande si on aurait pas dû passer des tours de garde. Ce qui est stupide, parce qu'on est tous épuisés le soir, qu'on a bien runé la pièce -c'est pour ça qu'on est tous dans une seule chambre. La tête de la réceptionniste, je vous dis pas-, et que... Qui peut venir nous trouver ici ? C'est un endroit paumé, et on a tué personne. Pourtant, je suis prêt à jurer que quelque chose ne va pas du tout dans le coin. Vous vous rappelez de la conversation sur les trucs bizarres ? Bah en voilà un. Mais en plus, il est inquiétant. J'ai envie de demander aux autres si ils dorment, mais ça se trouve, je vais les réveiller.
Ou alors je vais griller ma couverture. Ou encore ils sont dans le même état que moi, et je nous grille tous. Les deux dernières options ont la même finalité, que je n'aime pas du tout. Pas. Du. Tout. Un truc racle sur le parquet. Tom qui s'est encore payé le parquet ? Il aurait dû nous écouter quand on s'est gentiment moqués de lui en lui disant de mettre un oreiller par terre cette nuit. Mais le bruit ne ressemblait pas à un Tom qui se retourne sur un parquet plus que probablement inconfortable. Ça ressemblait plus à un pied. Le problème, c'est que je sens que je commence à respirer plus fort, comme en alerte. Oui bah oui, me manque de l'entrainement hein. Faut trouver un truc... L'alphabet ! Ça fait longtemps que je n'ai pas récité l'alphabet tenez. Pendant ce temps, je me calmerai. Allez, tous en coeur: a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z.
En fait non, ça ne marche pas. Fichu alphabet. Vous avez raison, ça marche mieux quand je raconte n'importe quoi. Mais on vient de me réveiller en pleine nuit, alors ça ne va pas aller du tout. Je veux dormir ! Elle va dire quoi Shy si elle récupère un panda dans quelques jours ? Oui vous savez, un panda, avec de grands cercles noirs autour des yeux. Elle ne va même pas me reconnaitre, et alors là ça sera le drame et au secours y'a eu un nouveau bruit. Au secours parce que je veux dormir, et je sais que je ne pourrais pas, et qu'il va falloir calculer mon coup dans le noir pour choper la chose du premier coup. Et puis je flippe parce que je ne sais pas ce que c'est, ni qui c'est. Imaginez c'est un fantôme. Oui on peut être exorciste et avoir peur des fantômes dans le noir, parfaitement. Faut avouer que certains font vraiment peur. Le truc se rapproche j'en mettrai ma main à couper. Mais genre vraiment. J'entrouvre un oeil. Juste assez pour voir un truc se diriger vers la fenêtre. Sur le coup, je ne pense pas plus et bondis comme... j'ai pas de comparaison vous m'excuserez, je bondis donc sur la chose, une dague à la main.
Chose qui s'avère être l'homme qui a retenu Leo plus tôt dans la journée, et qui se retourne juste à temps pour me bloquer. J'entends derrière les autres qui se réveillent. Bonjour les gars. Je fous un coup de pied au type pour couper ses jambes sous lui, ce qui a pour effet de lui faire perdre son équilibre. Comme je suis quelqu'un de très malin et que je pousse en avant avec ma dague en direction de sa gorge, nous basculons tous les deux par la fenêtre du premier puisqu'il ne tient plus sur ses jambes. On passe l'encadrure de la fenêtre. Au pire, premier étage, ça ne fera pas trop mal. Le mec est surpris, son bras faiblit et il aura une dague dans la gorge -nouveau piercing- avant d'avoir touché le sol. Et puis ça fait boum. Tout le petit hôtel avec tous les gens dedans, qui fait boum. Les effets dans les films sont toujours impressionnants. En vrai, ils le sont encore plus, et bonus, ils font mal.

Tellement mal qu'en fait, monsieur Cerveau, ce lâche, m'abandonne pratiquement, aux portes de l’inconscience quand j'atterris par terre sur le type avec son nouveau piercing. Le bâtiment derrière s'écroule, je pense que j'ai reçu des trucs. Je pense surtout aussi que mon dos me brûle comme ça ne devrait pas être permis, que ma jambe me fait un mal de chien -une armée de chiens-, et que je ne reverrai plus jamais je ne sais trop quoi de mon côté droit. J'sais pas ce que c'est, mais ça fait tellement mal que je ne reste conscients qu'une poignée de seconde après l'avoir senti.
Quand on ressent trop de douleur d'un coup, je crois qu'il y a un seuil. Et quand il est dépassé, on ne ressent plus rien. C'est bien fait, non ? Bon, ce seuil a un nom, il s'appelle l'inconscience. Et tomber inconscient, c'est un peu comme s'endormir, sans s'en rendre compte. Vous me direz qu'on ne se rend pas compte quand on s'endort non plus.
Mais là, on ne sait pas ce qui nous arrive.
Et puis du coup, je ne sais pas ce qu'il m'arrive. A dire vrai je parle d'inconscience, mais je ne suis pas sûr de l'être. Non, je ne dois pas tout à fait l'être puisque j'entre aperçois encore des formes qui se déplacent en courant, et en criant.
Brr, quand ils vont voir le type que je viens de poignarder... J'aime pas poignarder les gens. Et les autres, ils étaient dedans. Comment ils vont ? Et en Ecosse ? J'espère que rien n'a explosé en Ecosse.
Et qu'il y a encore des couches. ...

...

...

...

J'ai encore fait un rêve étrange. Celui avec les gens qu'on ne peut pas atteindre. Je ne l'aime pas. Pas du tout, parce que cette fois, les gens avaient des visages que je ne connais que trop bien. Des gens que je veux pouvoir atteindre. Alors ce rêve, c'était plutôt un cauchemar. Et puis j'en ai fait un autre où y'avait plein de dinosaures dont un qui ressemblait au maître. J'étais tellement sur le derrière que j'en ai oublié de rigoler, mais en y repensant, c'était marrant. Il mangeait je ne sais trop quelle fougère géante, et il a détalé quand il m'a vu. Après, je ne m'en souviens plus.
Puis y'en a eu un vraiment vraiment bizarre. Avec des feux d'artifices, mais j'étais tout seul et je ne les regardais pas. En fait, je crois même que je priais pour que les feux ne fassent pas de mal aux étoiles. Ce qui est bête, parce que les feux d'artifices ne vont pas jusqu'aux étoiles, elles sont bien trop hautes dans le ciel. C'est pour ça qu'on les voit toutes petites !
Après, je ne me souviens plus des autres, mais je crois qu'il y en a un qui était vraiment vraiment triste. Mais je ne m'en souviens plus, juste de l'impression qu'il a laissé. Tant mieux, c'est nul de se rappeler des choses tristes. A trop s'en rappeler, on ne peut plus sourire, et ça, c'est encore plus nul.
Il s'est repassé un temps où je n'ai même pas souvenir d'avoir rêvé, si tant est qu'on puisse appeler cela rêver. Ma tête... Je crois que c'est ma tête, me fait mal. Enfin c'est étrange, elle me fait mal sans me faire mal, j'ai l'impression de sentir sans sentir. Assez dur à décrire -ha, pour une fois que je décris-. Je ne suis même pas sûr d'être dans le réel, ou juste d'être en vie. C'est un entre-deux, indéfinissable. Ouais, indéfinissable est le mot qui convient. Tout est indéfinissable. Mon état, ce que je perçois -est-ce que je perçois réellement ?-, ce que je sens -est-ce que je sens réellement ?-, ce que j'entends... Je crois que j'entends. Est-ce que j'entends ? Peut être que j'entends. Les sons m'atteignent, je veux en saisir le sens, mais je n'arrive pas à réunir un début de concentration suffisant pour m'y accrocher. Alors ce ne sont que des sons indistincts. Pourtant, j'aime bien ce son. J'aimerais bien comprendre ce qui est dit. Ça sonne même comme... Familier ? e doit être le mot.
Mais j'ai l'impression d'être carrément prisonnier de moi même. De ne m'en rendre compte que de manière très brève. Ce qui est... Perturbant sans l'être, puisqu'encore une fois je me balade de sensation en sensation sans parvenir à ne m’accrocher à aucune d'elle. Sauf peut être l'envie d'écouter ce son.
Mais comme je n'arrive à rien, ça me décourage un peu. C'est comme tendre la main vers la Lune. Jamais je ne pourrais la toucher, alors autant baisser le bras, ça sera moins fatiguant. D'autant plus que lever le bras peut être douloureux à la longue. Pourtant, je retends le bras à chaque instant de micro conscience, ou peut importe comment on peut appeler ça. Avec l'impression de mieux saisir au fur et à mesure, entre chaque session où c'est le grand vide. Aucune mesure du temps qui passe. Peut être que je passe plusieurs heures dans cet état d'entre deux, et quelques secondes dans l'autre .Ou l'inverse. Ou par alternance, qu'en sais-je.
La Voix ! Je suis presque sûr d'y avoir réagi. Enfin, je ne sais pas si c'est la voix habituelle, j'ai l'impression qu'il y en a plusieurs. Peut être que s'en est carrément une autre mais qu'importe, j'y ai réagi.
Enfin je crois.
Je ne suis sûr de rien en fait. Absolument rien, mais tant pis. J'écoute. Mais je ne comprends rien. C'est vraiment frustrant. J'ai envie de me réveiller ou que sais-je, et de demander une traduction, bien que je pense connaitre la langue.
Aucune prise. Rien pour s'accrocher pour comparer. En plus, je crois que j'ai mal au dos. Je ne sais pas si c'est mon dos, mais c'est derrière. Comme pour la tête, c'était en haut. Ici, c'est derrière. Aussi devant. Mais la douleur ne reste pas, comme si elle était ignorée. D'un autre côté, je ne vais pas me plaindre de ne pas la ressentir. Mais pendant un instant, j'ai cru redevenir normal. Enfin "normal" quoi. Je ne sais toujours pas ce qu'il se passe, ni dans quel état je suis. Ça se trouve, je suis un fantôme. Brr, un fantôme. Quelle horreur être un fantôme. Imaginez qu'on m'exorcise. Et puis c'est nul en perception un fantôme. J'ai le souvenir de fantômes qui bougent. Pourquoi moi je ne peux pas bouger ? Je suis même incapable de lever le petit doigt.
Si tant est que je repère déjà mon petit doigt, étant donné que je me perçois -encore une fois, tout est relatif- comme une masse informe. Même pas sûre de se percevoir, la masse. Même pas sûre d'être posée sur quelque chose.
Mais j'aime bien cette voix. Si tant est que je repère déjà mon petit doigt, étant donner que je me perçois -encore une fois, tout est relatif- comme une masse informe. Même pas sûre de se percevoir, la masse. Même pas sûre d'être posée sur quelque chose.
Mais j'aime bien cette voix. Du coup, je pense que je vais continuer à redevenir "conscient" juste pour l'entendre de temps en temps. Enfin vu que c'est peu le loto cette histoire, je vais surtout prier. Mais j'ai l'impression que le temps s'allonge.
Ce n'est peut être qu'une impression. J'en ai marre des impressions.
Oh, j'ai refait un rêve bizarre. Y'avait un brocoli géant, et une carotte, et ils se parlaient. En fait, ils médisaient carrément sur la betterave qui à ce que j'ai compris, était leur voisine. Elle ferait du bruit la nuit, et empêcherait les gens de dormir, et même qu'il y aurait plein de chats dans son jardin. J'ai pas trop compris pourquoi des légumes parlent. Et pourquoi ils auraient des chats dans leur jardin, mais peut être que c'est normal. Même si ça semble bizarre. Les légumes ne parlent pas sinon ça se saurait. Mais on ne les mangerait plus si ils parlaient. Et alors là, tout le "5 fruits et légumes par jours" à l'eau. Et puis tout le monde sous supplément de vitamines, parce que la viande n'en apporte pas.
C'est bizarre quand on y repense. Parce que les animaux, ils en mangent, des vitamines. Bon. Cette fois j'en ai marre. Je l'ai déjà dit j'en suis sûr, mais ça me gonfle. Ça se trouve, ça ne fait que un ou deux jours que c'est comme ça. Peut être plus, j'en sais rien. Mais j'en ai marre, faut que ça penche. Soit d'un côté, soit de l'autre, mais que ça penche. Parce qu'en plus, c'est trop nul comme état. Nan mais c'est vrai. Enfin vu la nouvelle détermination que je semble afficher, ça va bien pencher d'un côté ! Aller, on repère les yeux. Je crois qu'ils sont repérés. J'ai conscience de ma main droite ! Je suis sûr que je viens de la bouger. Ou au moins de la faire trembler. Enfin j'en sais rien, mais voilà. Donc les yeux. Les yeux, les yeux, aller on s'ouvre. J'ai l'impression que les paupières pèsent une tonne et que je ne les ai pas ouvertes depuis longtemps, très longtemps. Ce qui fait bizarre. Je lutte un peu. Beaucoup. Elles se décollent très légèrement, mais ça me brûle. Du coup je referme.

Et comme je suis quand même curieux, je retente une ouverture.
D'un autre côté, je sens que ce n'est pas encore maintenant que je vais me réveiller. Mais hey, qui ne tente rien n'a rien.

[Hrp= 8045 mots. Je modifie la mise en page plus tard xD]

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Lun 30 Jan 2012 - 21:17

Vous savez que les escargots ont recommencé à vouloir conquérir le monde ? Non, mais je suis très sérieuse, hein ! Vous vous rendez peut-être pas compte, mais il y a des petits indices qui vous le montre chaque jour. Je suis sérieuse, hein ! Très sérieuse même. Genre le matin quand vous vous lever, même en plein été par jour de sécheresse extrême, chaque matin il y a une fine pellicule d’eau sur les feuilles et dans les toiles d’araignée. Or tout le monde sait que les escargots ont besoin d’eau pour vivre vu que ce sont des êtres baveux par excellence. Preuve que les escargots ont payé les nuages pour pleuvoir chaque matin. Après les poètes vont encore dire des trucs bateaux tel que "oui, mais vous voyez, c’est la rosée". Et blablabla et blablabla. N’importe quoi. Sérieusement n’importe quoi. C’est la conquête de la terre par les escargots, voilà ce que c’est. Preuve que les escargots sont en marche pour diriger le monde.
Mais bref, ce n’était pas de ça dont je voulais parler. Enfin je voulais vous parler des escargots, mais pas de la rosée du matin. Parce que les escargots ont recommencé leur coup tordu. Vous voyez, c’était une journée normale qui commençait. Et Taki devait partir en mission, enfin une mission de un jour. Un truc simple, enfin je crois… Il ne m’a pas non plus donné tous les détails là dessus, mais c’est normal. On a pas toujours le droit de tout dire suivant les missions qu’on fait ; moi non plus je ne dis pas toujours tout. C’est comme ça, secret défense machin je sais pas trop quoi bidule.
Et donc Taki avait une mission de un jour pour laquelle il avait l’air assez confiant. Il est partit et, évidemment, dès le moment où il a passé la porte d’entrée, il me manquait déjà. De toute façon il suffit que nous soyons séparé une minute pour qu’il me manque. Mais bon, je me suis dis que ce n’était pas grave et que de toute façon je le reverrai bien le soir même. Sauf que voilà, c’est là que sont intervenu les esacrgots, ces vils créatures de l’enfer. Non, mais parce qu’il y a pas à dire, mais un escargots c’est quand même super méchant. Et moche. Et il faudrait les tuer. Heureusement qu’il y a les vaches. Car les vaches sont la hantise des mollusques en tout genre, oui messieurs, ou mesdames, je vous le jure. Vous voulez une preuve ? Ok.
Donc prenons une vache. La vache s’appelle Marguerite parce que c’est un prénom de vache. Et une cloche autour du cou aussi qui fait « ding-dong » quand elle marcher. Mais ça a la limite, on s’en fiche. Et donc la vache, elle a des problèmes d’estomac. Ou d’estomacS devrais-je dire, car les vaches ont bel et bien QUATRE estomacs. Alors rien qu’un humain normal avec un seul estomac il arrive déjà à avoir des problèmes alors imaginez une vache avec quatre estomacs… Et donc bref, la vache avec ses quatre estomacs a des problèmes. Des gaz. En langages plus courant pour les incultes : des pets. Or dans les pets des vaches il y a une forte proportion de méthane. Or le méthane entraîne le réchauffement climatique. Et donc des canicules – en parlant de canicule, il faudra que je vous en raconte une bien bonne après cette histoire de vache. Et les canicules font fondre les escargots.
Conclusion ; les escargots meurent, byebye à jamais.
Maintenant je vais placer ici mon histoire de canicule, parce qu’elle est quand même bien intéressante comme histoire. En fait, j’ai réalisé l’autre jour que canicule en anglais se disait « dog days » ce qui signifie littéralement, « les jours du chien ». Marrant, non ? Surtout que ce n’est pas la seule expression anglaise où on utilise le chien ! Il y a aussi le très connu « chien chaud » alias « hot dog ». Je sais pas vous, mais personnellement moi je trouve ça étrange. Du coup je me suis dis que je devrais faire des recherches là dessus. Sauf que finalement j’avais la flemme de les faire. Donc je ne les ai pas faite. Mais je tenais quand même à vous faire part de ma super réflexion sur les chiens.
Revenons à nous moutons après cette super explication sur comment les vaches vaincront les escargots les jours du chien et à ce que je voulais vous dire au tout début. Les escargots nous ont encore joué un mauvais tour. Enfin à moi. Et je vais vous l’exposer tout de suite, sans faire un milliard de détours cette fois.
Voilà. Taki devait partir une seule journée et revenir le soir. Mais NON. Finalement sa mission a été prolongée. Du coup je vais devoir attendre plus de temps pour pouvoir le revoir et vous voyez, ça je suis sûre que c’est un coup des escargots. Car les escargots sont jaloux de notre amour et font tout pour nous séparer. Et comme ils savent qu’ils ne pourront jamais nous faire divorcé – même si, j’avoue, on est pas encore marié -, ils font exprès de rallonger les missions de Taki pour nous séparer.
Là j’entends déjà un petit malin sortir une phrase telle que « Et l’escargot rose alors ? Vous dites que les escargots veulent vous séparer, mais c’est grâce à lui si vous allez vous marier ». Et bien à ce petit gredin, je réponds que l’escargot rose est un escarot magique. Parce qu’il est rose. Et en peluche. Et que lui ne bave pas.
D’abord.

Voilà. Tout ce long paragraphe pour vous annoncez que la mission de Taki a été prolongée. Evidemment, j’aurais pu vous sortir une phrase banale telle que « Aujourd’hui Taki devait partir en mission pour un jour. Mais voilà, sa mission a été rallongée. VDM » - toute allusion à un certain site internet est fortruite -, mais avouez quand même que ça aurait été beaucoup moins marrant. Et ne mentez pas, je sais que vous vous ennuyeriez sans moi ! En plus j’ai pu vous parler de pleins d’animaux et grâce à moi je suis sûre que vous avez appris pleins de choses.
Vénérez moi.
Plus sérieusement, je crois que j’ai trop regardé la scène animalière dans mon enfance. Et vous savez quoi ? Je vais faire un truc de fou. Je vous promets qu’à partir de maintenant et pour la suite, jusqu’au dernier mot – d’ici, hein, pas de toute ma vie entière -, je n’utiliserai plus de noms d’animaux.
Pari de fou.

Toujours est-il que Taki était partit et que quelques heures plus tard j’ai reçu un message de sa part pour me dire qu’il ne reviendrait pas avant au moins plusieurs jours. Quand j’ai reçu ce message, j’étais en plein en train de travailler des runes avec Rhyan, parce que il y a pas à dire, mais les runes c’est vach… ahum… beaucoup plus intéressant que ce qu’on croit ! Non, je parle sérieusement là. Surtout que personnellement mes propres pouvoirs ne sont pas génialement génial ni super défensif – essayez un peu de battre un fantôme avec des illusions et en vous rendant transparent -, du coup les runes ça aide bien. C’est ce qui peut faire la différence entre un combat perdu et un combat gagné. Et grâce à mon apprentie, en lui apprenant des choses sur les runes, j’en apprends moi-même ! Puis surtout, les runes c’est aussi un peu du dessin et vous savez bien quel amour j’ai pour le dessin. Je suis pas prof d’art pour rien !
En parlant de rune, faudrait que j’en touche quelques mots à Jonathan. Selon mes souvenirs il est prof de rune antique et j’ai justement deux trois questions à lui poser sur les runes. Enfin bref, je lui en parlerait à l’occasion.
Mais là n’est pas la question. La question et que j’ai reçu ce message qui m’a déprimée parce que j’avais envie de revoir mon Taki le plus vite possible moi. Pour faire quoi ? Bah heu… parlez d’escarg… de lam… d’élépha… de nos BÉBÉS avec lui. Parce qu’on est une toute mignonne et jolie petite famille. Du coup j’ai dis à Riri qu’on allait faire une pause de durée indétreminée, j’ai fermé les livres et je lui ai proposé de faire des cookies. Parce que les cookies ça remonte le moral. Et puisque je suis dans une passe d’extrême gentillesse, je vais même vous donner la recette de mes cookies, améliorée par moi même.

Pour les cookies fantastiques de Shy il vous faut :

- 85 grammes de beurre
- 85 grammes de sucre cristallisé
- Entre 80 et 120 grammes de chocolats (noir ou au lait c’est égal, vous pouvez même faire un mélange des deux, c’est encore plus bon!)
- Environ 7 grammes de poudre à lever
- Un paquet de sucre vanillé
- Un oeuf
- Deux cuillère à café de Nutella (optionnel)
- Un peu de lait (optionnel)

La recette :

- Première étape ; vous passez le beurre au micro-onde environ 40-45 secondes pour le ramollir.
- Dans un bol, versez le beurre, le sucre et l’œuf et mélangez à l’aide d’un batteur électrique (vous pouvez aussi vous tuer le bras au fouet si vous n’avez pas de batteur électrique).
- Rajoutez le sucre vanillé et la poudre à levée et mélangez
- Rajoutez petit à petit la farine, sans cessez de mélanger (mieux vaut être deux pour cette étape pour la moins délicate)
- Rajoutez un peu de lait, à l’œil, histoire de rendre la pate plus homogène, sans pour autant la rendre trop liquide.
- Mettez deux cuillières à café de Nutella dans votre pâte pour les petits gourmands – telle que Riri et moi. Ça ne va pas forcément donner un goût de Nutella à vos cookies, mais c’est psychologique. Et puis ça leur donne une jolie couleur bronzée ainsi.
- Mélangez le tout avec le batteur électrique (ou toujours au fouet pour ceux qui n’ont pas compris que c’est avec les pompes qu’on doit se muscler et pas en faisant la cuisine)
- Coupez le chocolat en tout petit morceau. Mettez en à votre convenance, celui que vous préférez. Avec Rhyan on a fait moitié-moitié, c’est à dire 40 grammes chocolat au lait et 40 grammes chocolat noir
- Lavez-vous bien les mains ! Là commence la partie amusante. Il vous faut mélanger votre pâte et vos bouts de chocolat avec les mains. Attention, c’est collant !
- Posez un papier sulfurisé sur une plaque, puis faites des petits tas de pâte, un peu écarté les uns des autres.
- Enfournez une dizaine de minutes à 180°C
- RÉGALEZ-VOUS !

Le petit conseil pratique de Shy :

Il vaut mieux préchauffer son four avant de commencer la recette. Ainsi on peut les enfourner directement après avoir fait les petits tas et comme ça on aura plus vite nos biscuits. Ce qui peut dire qu’on pourra plus vite les manger aussi !

Voilà ! Après il ne vous reste plus qu’à les dévorer comme des ogres ! Enfin attendez peut-être un petit moment que ça refroidisse, parce qu’avec Rhyan on s’est brûlé la langue. Et j’avais l’impression que Hana et Jace, qui nous regardait depuis leur chaise haute dans la cuisine, étaient en train de se moquer de nous. Même si c’est pas vraiment possible parce que je doute qu’il comprenne encore beaucoup de ce qu’on fait.
Quoique… Vous savez, mes bébés ils sont très intelligents. Et si ça se trouve, ils veulent eux aussi conquérir le monde ! Attendez un peu qu’ils sachent marcher… En attendant je suis sûre qu’ils comprennent tout ce qu’on dit. C’est pour ça que quand je suis avec eux, je leur parle beaucoup. Souvent, je leur raconte des histoires et je crois qu’ils aiment bien ça. Ils sourient beaucoup mes enfants. Enfin surtout Jace en fait. C’est trop mignon, parce que Jace est le plus calme des deux, qui sourit tout le temps et dort le plus ! Hana elle c’est une exploratrice, elle veut toujours tout toucher et elle aime pas beaucoup dormir. C’est drôle de voir comme ils peuvent être différents dès leur naissance… Mais s’il y a bien un moment où ils sont diablement pareil, c’est durant leur sommeil. Deux vrais petits anges.
D’ailleurs, c’était l’heure de leur sieste de l’après-midi. Du coup j’ai été les poser dans leur lit en attendant que les cookies refroidissent, puis avec Rhyan on a regardé un petit moment notre télé avant de pouvoir enfin manger nos cookies. Et là, timing parfait parce que mes enfants sont des Dieux et les futurs maître du monde, Hana – oui, parce que c’est toujours elle qui se réveille en premier – a commencé à pleurer et forcément Jace a accompagné sa sœur parce que « plus on est de fou, plus on rit ! ». Et plus la maman devient folle aussi.
Du coup je suis allée dans leur chambre et j’ai été accueillie par une charmante odeur indescriptible. C’est d’ailleurs dommage que je ne puisse pas vous la faire parvenir, parce que je suis sûre que ça sera bientôt la nouvelle tendance niveau parfum ! Mais enfin bref, à cette charmante odeur, j’ai compris qu’il était temps de changer mes bébés. Du coup j’ai attrapé Hana pour la poser sur la table à langer – vous avez vu cette technologie – et j’ai commencé tout le bardas ; enlever le pampers, arrêter de respirer, essuyer les fesses de bébé, mettre les serviettes dans la pampers, jeter le pampers, recommencer à respirer, mettre de la poudre pour bébé, attraper un nouveau pampers…
Et c’est là que ça a buguer. Parce que voyez-vous, plus de pampers. Du tout. Et je me retrouvais avec une Hana sur la table à langer les jambes en l’air et un Jace en train de s’impatienter dans son berceau. Et devinez qui était sensé acheter des couches ?
Takeji Kido.
Je me suis promis de lui tirer les oreilles à son retour. Et de le bouder, surtout de le bouder, parce que vous voyez, quand je le boude après il veut se faire pardonner. Et Taki est quelqu’un qui sait trèèèèèès bien se faire pardonner. Très très très très très très très très bien même. Je ne vais pas vous raconter comment parce que j’ai une Hana sur la table à langer et un Jace juste derrière alors je me tais pour leurs oreilles sensibles, mais je n’en pense pas moins.
Toujours est-il que je n’étais pas dans une très bonne situation. Du coup j’ai appelé Rhyan et je lui ai demandé d’aller en vitesse me chercher de nouvelles couches, situation d’urgence. Et je suis restée là avec une Hana qui n’arrêtait pas de bouger et un Jace qui commençait à pleurer derrière. Et Jace a commencé à pleurer. Et Hana a suivit. Et j’ai détesté Taki. Mais je l’ai reaimé parce que quand même on ne peut pas ne pas l’aimer. Puis Rhyan est revenue et j’ai été sauvée. Donc je reprends.
… attraper un nouveau pampers, le mettre à Hana, la rhabiller, attraper Jace, faire la même chose et voilà c’est finit. Je vous avoue qu’au début c’était long et fastidieux et que ça me prenait pas mal de temps, mais au bout d’une centaine de couche, le rythme s’est amélioré ! Fort heureusement d’ailleurs, car avec des jumeaux il y a mille choses à faire. Surtout quand leur papa est en pleine mission de plusieurs jours. Honnêtement, je me dis que j’ai bien de la chance d’avoir Rhyan ! Sans elle je doute que je m’en sortirais… Qu’aurais-je fais sans elle pour l’histoire des pampers, hein ?
Et puis c’est marrant, parce que Taki me dit toujours que je ne suis pas une mère très stressée et qu’il me trouve calme. C’est vrai que lui à côté il s’agite dans tous les sens, il vérifie toujours dix fois la température du biberon et s’il n’y a pas de petits objets à portée de main d’un des jumeaux. C’est vrai que j’exprime peut-être moins mon angoisse, mais au fond de moi, j’ai toujours très peur de faire quelque chose de mal. Au début, rien que porter l’un des deux m’effrayait. Je me demandais ce qu’il se passerait si je le laissais tomber. C’était vraiment affreux. C’est le genre de peur qui passe avec le temps, mais d’autres viennent tout de suite la remplacer. Et maintenant j’ai à peu près peur de… tout. Vous comprenez, je me sentirais tellement mal s’il arrivait quoi que ce soit à un de mes enfants… Je ne le supporterais pas. J’ai hâte qu’ils grandissent et qu’ils deviennent plus indépendants, je me dis que comme ça ils risqueront peut-être un peu moins de choses, mais d’un autre côté je me dis qu’il y aura toujours des dangers là pour les guetter. Quand ils sauront marcher, ils vont tomber. Quand ils sauront jouer, ils vont perdre. Quand ils sauront aimer, ils vont souffrir. Même quand on grandit, on risque pleins de choses. Alors moi ça m’angoisse, parce que j’ai envie que mes bébés soient les personnes les plus heureuses du monde. Et je ferais n’importe quoi pour ça.
C’est peut-être égoïste, mais c’est comme ça.
Et donc ce n’est pas parce que je ne le montre pas, que je n’ai pas peur de ce qu’il peut leur arriver. Mais j’essaie de rester calme. Même si je crois que sans Taki et Rhyan, j’aurais déjà pété un câble une dizaine de fois. J’aime mes bébés, sérieusement. Mais parfois j’ai besoin de pause. Et j’ai besoin d’aide aussi, je le reconnais.

Enfin bon. La fin de la journée s’est déroulée dans un calme plutôt plat. Hana et Jace se sont tenus tranquille et ont joué un peu avec leur hochet. Vous savez qu’ils sont trop mignons quand ils jouent avec leur hochet ? Quand ils sourient aussi. Quand ils dorment. Quand ils font rien. Quand… bref, ils sont trop mignon tout le temps. Puis ce fut l’heure du dodo time et les deux petits ont été mis au lit, même s’il était très probable que leur gentil cri d’anges démoniaques me réveille environ deux ou trois heures après. En attendant, j’ai laissé Riri sortir en échange du prêt de son bonnet panda ( que celui qui critique ma manière d’éducation se lève histoire que je le fracasse ) et après une soupe devant la télé à regarder un épisode des experts, je suis allée regarder mon lit, totalement épuisée. J’avoue avoir un pic de fatigue ces temps, même si ça c’est bien amélioré depuis la naissance des jumeaux où là j’étais vraiment très fatiguée tout le temps. Et avant de me glisser dans les bras de Morphée, je suis allée chercher Alfred pour dormir avec moi.
Petite parenthèse – une de plus -, je tiens à préciser que le mot « Alfred » n’est ici pas considéré comme animal et que je tiens donc toujours mon pari. Parce que Alfred c’est presque une personne d’abord alors ça ne compte pas. Comme Jack d’ailleurs. Mais de toute façOn la question de Jack n’est pas prise en compte, car Jack est un cactus et que donc forcément ce n’est pas un animal. Mais une plante. Capito banana ?
Et donc j’ai pris Alfred avec moi parce que je n’aime pas dormir toute seule. Et puis ça fera les pieds à Taki d’avoir des poils sur son coussin. Je sais qu’il n’aime pas ça, mais tant pis il n’avait qu’à pas partir aussi longtemps. C’est sa faute. Et puis même si il ronchonne, je sais qu’il adore Alfred. Il ronchonne juste pour ronchonner.

Et sur ce je me suis endormie, vers 21h30. Pour me faire réveiller à 23h46 – j’ai bien regardé mon réveil – par Hana. Qui forcément a réveillé son frère, par l’effet domino. Vers minuit ils se sont enfin rendormis et j’ai croisé Rhyan qui rentrait de sa sortie. Je crois qu’elle avait un peu bu – en fait j’en suis même sûre, je saurais reconnaître l’odeur de la bière entre mille -, mais j’ai fait celle qui n’a rien vu et je lui ai dis bonne nuit avant de moi-même retourner me coucher. Pour me reréveiller à 4h07. Et je me suis promis que dès que Taki reviendrait, le papa écorcherait de toute une semaine à se lever lui la nuit pour aller voir ses enfants. Même s’il est fatigué quand il rentre de mission.
Enfin je dis ça, mais je sais très bien qu’au moindre cri d’Hana ou Jace, on se retrouvera tous les deux penchés sur leur berceau et totalement fasciné par eux. Parce que nos bébés sont juste trop fascinants.
Et voilà pour ma nuit passionnante. Je suis sûre que vous en êtes tous jaloux. J’avoue j’ai pas beaucoup dormis parce qu’à 6h30 j’ai dû me lever définitivement pour affronter le jour et ses rayons de soleil, mais c’était pas grave. En plus j’ai fait un joli rêve où j’étais sur un bateau avec Taki, Hana et Jace et on voguait tous ensemble vers une île magique avec des dau… des oisea… des bale…. Enfin bref, pleins de machins avec poils/plumes/nageoires qui savaient parler et même que Hana et Jace prononçait en même temps leur premier mot sur cette île ! Pour Hana c’était le mot « Papa » alors que pour Jace c’était « Maman ».
Trop mignon.
Enfin voilà, je suis sûre que ma vie vous passionne. Si vous n’êtes pas contents après tout, vous n’avez qu’à changer de chaîne, hein. De toute façon je peux la rendre encore plus attrayante en vous parlant de… attendez, je réfléchis à un sujet que je n’ai encore jamais abordé. Ce qui est dur parce que je parle beaucoup. Oui je suis bavarde et alors ? Et j’ai fais le tour de beaucoup de sujets. En plus avec mon pari stupide là, bah ça m’ampute de toute une partie de mon savoir palpitant à vous dévoiler. Du coup… du coup je vais parler de l’hippopotomonstrosesquippedaliophobie. Qu’est ce que l’hippopotomonstrosesquippedaliophobie ? Excellente question à laquelle je vais m’empresser de répondre tout de suite par un nouveau et splendide paragraphe que peuvent sauter les flemmards.

Donc. L’hippopotomonstrosesquippedaliophobie, comme vous l’avez peut-être remarquer est une phobie. Et qu’est-ce qu’une phobie ? C’est une peur. Il y a les arachnophobes ou les claustrophobes et il y a aussi les hippopotomonstrosesquippedaliophobes. Or les hippopotomonstrosesquippedaliophobes sont les gens qui ont la phobie des longs mots. Là, évidemment, vous allez me dire que c’est totalement paradoxale. On utilise un hypermégasupergiga long mot – encore plus long que anticonstitutionnellement, c’est vous dire – pour décrire la peur des gens qui ont justement peur des longs mots.
Idiot.
Non, mais sérieusement. Vous imaginez le mec il s’évanouit à chaque fois qu’il entend un mot de plus de dix lettres et lorsque il va voir un psychiatre, celui ci lui annonce : « Et bien Monsieur X, vous êtes hippopotomonstrosesquippedaliophobe ! » Non, mais lol ! Là le mec il meurt direct d’une crise cardiaque, hein ! Je vous assure ! Comme quoi… les gens ont parfois des idées bizarres pour appeler la peur des longs mots l’hippopotomonstrosesquippedaliophobie. En plus ça fait penser à hippopotam…US ! La marque de restaurants, bien sûr. Je ne parle pas d’autre chose, j’ai un pari à tenir.
Et voilà, la fin de ce paragraphe passionnant sur l’hippopotomonstrosesquippedaliophobie. J’espère juste qu’aucun d’entre vous n’est hippopotomonstrosesquippedaliophobe, parce que sinon le choc a eu être dur…

Mais j’en reviens à mes mout… à ma narration. Pour cette deuxième journée sans Taki. Le matin les enfants et moi sommes allés au parc. J’y ai vu Framboise là-bas et nous avons parlé un petit peu ensemble. Je l’aime bien moi cette Framboise, elle est souvent au parc. Elle est gentille et elle sourit toujours aux enfants. Je crois d’ailleurs que mes bébés l’aiment bien. Quand Jace la voit, il a l’air un peu plus réveillé, c’est vraiment drôlement mignon. Je ne sais pas si à cet âge là les enfants reconnaissent déjà les visages, mais de toute façon mes enfants à moi sont en avance sur leur âge, j’en suis persuadée. Ils sont obligés si un jour ils veulent gouverner le monde.
Après le parc je suis rentrée. Parce qu’il fait un peu froid et que je n’aime pas que les enfants soient trop longtemps dehors. J’avoue, je suis très protectrice envers eux. Un peu trop peut-être… Je sais bien que Taki était contre l’idée de l’interdiction de téléportation. Mais moi j’ai trop peur de la téléportation pour les bébés. Imaginez ils sont pas formés pour ça et qu’une partie d’eux reste sur place.
Ou pire.
Imaginez qu’ils deviennent dépendant à la téléportation à leur tour. Je refuse d’avoir trois téléporteurs à la maison. Un ça suffit.
Si je dois être très honnête je vous avouerai que je n’aimerais pas que mes enfants aient un pouvoir. Aucun risque qu’ils intègrent Orpheo et qu’ils risquent leur vie à poursuivre des fantômes ainsi. Après avec deux parents tels que nous… Je doute que ce soit le cas. Je doute même grandement. Et je sens déjà tout pleins de bêtises nous tomber sur la tête.
Je crois que le pire ça serait qu’ils soient téléporteur et capable de devenir transparent. Là, nous sommes tout bonnement fichu.
Et à nouveau je me perds dans mon récit. Je me demande si beaucoup d’entre vous ont déjà décroché. Je pense que je devrais mettre un sondage à la fin histoire de voir ça. Et comme ça, si vous avez tous lâché, je saurais enfin comment me débarasser de vous. Et Taki et moi on pourra faire tout ce dont on a toujours rêvé.
Ok. On l’a déjà fait. Dans votre dos.
Bah oui, vous croyez que les jumeaux sont arrivés là comment ? Par cigo… En sortant d’une rose et d’un chou ?

Mais revenons à l’appartement. Car c’est là que nous sommes arrivés après être rentré du parc. Après j’ai joué un peu avec les enfants, puis je leur ai lu une histoire. Si vous voulez savoir – oui, je sais que ça vous intéresse -, c’était l’histoire d’un prince et d’une princesse – quelle surprise – qui tombent amoureux. Sauf qu’ils ne peuvent pas s’aimer car la princesse est maudite. Le prince doit donc accomplir plusieurs actes héroïque pour pouvoir se marier avec la princesse. D’abord, il doit compter le nombre d’étoiles dans le ciel. Puis faire un château de sable avec tout les grains de sable de la planète. Et enfin tuer un dragon.
Et non, les dragons ne sont pas des animaux, mais des être de la mythologie.
Après avoir fait tout ça en réussissant comme le prince héroïque qu’il est, le prince peut enfin épouser la princesse. Et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfant. En bref, une bien jolie histoire.
Puis ce fut l’heure de la sieste. Et on ne plaisante pas avec la sieste. Durant ce temps, j’ai d’ailleurs pu en profiter pour faire un peu le ménage parce qu’avec Alfred, deux bébés, une adolescente, un mari et un cactus – surtout à cause du cactus, évidemment -, c’est souvent le fouilli. Et c’est pas toujours très propre. Et au bout d’un moment quand c’est pas assez propre, moi ça m’énerve. Alors je sors le sac poubelle et je deviens Shy la tornade qui nettoie et range tout. Il en résulte deux sac poubelles de cinq litres remplis de tous les trucs inutiles qu’on a chez nous et une agression en règle des microbes de la salle de bain, de la cuisine, du salon et de notre chambre. La chambre des enfants étant prévue pour quand il seront réveillée quand à celle de Rhyan n’était pas prévue du tout. Je me sentirais trop mal de faire ça, ça serait un peu comme fouiller dans sa chambre. Et ça c’est mal. Elle a le droit d’avoir son jardin secret à elle.
Mais pas son bonnet panda à elle par contre. Je renie ce droit.
Et puis bon, j’avoue, ça ne m’empêche pas d’entrer dans sa chambre sans toquer. Surtout quand je viens la chercher pour nos entraînements. Si possible très tôt le matin comme ça c’est encore plus rigolo. Et évidemment je ne le préviens pas comme ça elle ne peut pas se préparer psychologiquement à l’avance. C’est encore plus drôle de voir sa tête le matin. Même si la fois la plus drôle reste bien évidemment la première fois.
Je ne vous raconte même pas ! Et pour une fois, je ne vais vraiment aps vous raconter.
Donc nettoyage général. Puis on recommence à s’occuper des bébés. Je donne un bain à Hana, puis un bain à Jace. C’est épuisant de leur donner un bain, surtout à Hana. Encore, Jace lui il est tout calme, tout bien. Je pense qu’il aime vraiment beaucoup l’eau. Mais Hana… Hana aussi aime l’eau. Mais l’eau qu’on envoie sur maman pour la tremper.
Super, merci ma fille chérie.
Au final il y a plus d’eau sur moi que dans la baignoire. Donc on peut dire que d’une certaine manière moi même j’ai aussi pris un bain. Et après ces bains généraux, c’est dîner pour les petits. Le bon petit biberons… Hmm…
Un biberon et dodo !
Je les couche et je les regarde un moment en train de dormir. Ils sont tous les deux sur le ventre, Jace avec le pouce dans la bouche et Hana avec les bras et les jambes écartés comme si elle essayait de prendre le plus de place possible. Je pourrais rester des heures à les regarder dormir… C’est d’ailleurs ce que j’aurais fais si mon ventre n’avait pas gargouillé pour me rappeler sur la Terre.
Du coup c’est départ pour la cuisine, enfournage de la pizza pour Rhyan et moi et plateau-télé entre filles pour cette soirée où on est juste toutes les deux. Avec un babyphone sur la table. Ne pas oublier le babyphone.
J’ai demandé à Riri d’aller louer un film et nous passons donc notre soirée à regarder le magnifique James McAvoy dans Reviens-moi. Et je m’excuse d’avance pour Takeji, mais j’étais limite en train de baver tellement il est beau dans ce film. Mais ça, évidemment, je ne le dirais jamais, jamais, jamais, jamais à Taki. De toute façon, ce qu’il ignore ne peut pas lui faire de mal…
Étrangement les bébés ne contente de dormir sans venir nous déranger durant tout le film. Vers 23h00 c’est donc extinction des feux et direction mes plumes.
J’ai l’impression que ma vie passe à toute allure.

3h22. J’ai failli passer une nuit complète. Failli. Mes soudainement les cris de mes enfants me réveillent. Les cris des deux et ça, ce n’est pas normal. D’habitude, l’un des deux crie en premier, puis une ou deux minutes plus tard, l’autre le rejoint. Mais là ça c’est déclenché au même moment.
Peut-être un phénomène de jumeau ?
Mais bon, ça n’a aucune importance. Mes bébés pleurent alors je vais les voir. Mais j’ai beau essayer, rien ne les calme, comme si quelque chose les empêchais de dormir. Au désespoir de cause je finis par réveiller Rhyan vers 4h00 et on finit enfin par les endormir.
C’est à 4h17 exactement que le téléphone sonne. Alors que je suis dans la cuisine en train de nous préparer une tasse de tisane. Un DRIIIIING singlant qui nous fait sursauter toute les deux. Un appel à cette heure là ?
Soit c’est quelqu’un qui appelle de l’étranger avec le décalage horaire.
Soit c’est grave.
Pour le coup, mon cœur bondit et je saute sur le téléphone.

- Allo ?
- Shy, Shy… c’est Nérys…


Nérys. C’est elle qui s’occupe des urgences quand Pandora n’est pas là. Recevoir un appel d’elle n’est pas forcément un bon signe. Pas au milieu de la nuit. Ma gorge se serre. Dites moi que ce n’est pas Taki, dites moi qu’il va bien, je vous en supplie.

- C’est Taki, il… il…

Je suis à deux doit de mourir.

- Il est à l’hôpital. Il y a eu une explosion Shy. Il faut que tu ailles à Londres, Jonathan passe te chercher dans dix minutes.
- …
- Shy ?
- Je… d’accord. Je serai prête dans dix minutes.


Rhyan est là à attendre, toujours à la cuisine. Elle me regarde sans rien dire, comme si elle avait compris que quelque chose allait mal. Pourtant, je ne pleure pas. Je suis trop en état de choc pour pleurer. Je ne dois pas m’écrouler devant Riri, alors je relève la tête, inspire un bon coup et lui demande d’une voix que j’essaie de faire passer pour forte.

- Taki est à l’hôpital. Occupe toi des enfants, s’il te plaît…

Ce n’est pas une question. Ni un ordre. Juste la demande d’une personne perdue. Complètement perdue. Une explosion. Et Nérys n’a pas dit « Il va bien, ne t’inquiète pas. C’est juste une cheville cassée. ». J’ai peur, terriblement peur. D’un autre côté mon instinct me souffle qu’il fallait bien que cela arrive un jour. Forcément. À force de courir de danger en danger… Et les cris des bébés tout à l’heure, une simple coïncidence ?
Mon esprit ne réfléchit plus, il est sur marche automatique. Je me dirige dans ma chambre, enfile un training et un pull à la va vite. J’ai encore la présence d’esprit de penser à réunir les papier importants. Mais rien de plus.
Puis je m’assieds sur le canapé et j’attends. Toujours droite. Sans pleurer. Une sorte de mélange de peur, de rage, de haine et de tristesse dans mon cœur. Et de l’incompréhension aussi. Beaucoup d’incompréhension.
Rhyan vient s’asseoir à côté de moi et me prend dans ses bras sans rien dire. Elle ne s’en rend peut-être pas compte, mais c’était ce dont j’avais besoin. On reste là jusqu’à ce qu’un Jonathan en training apparaisse dans le salon. Il me regarde, un air désolé sur le regard avant de prendre ma main.

Londres. Capitale de l’Angleterre. Là où se trouve une foule incroyable de sorciers, mêlés et humains doués. Des deux côtés. Blancs comme noirs. Et gris. Une immense concentration de magie et l’endroit de la plupart de nos missions. Londres synonyme de mission. Et aujourd’hui, synonyme pour moi de douleur. Taki, mon Taki, je refuse que Londres le prenne.
Lorsque nous arrivons à l’hôpital, mon regard est toujours aussi vide. Heureusement que Jonathan est là pour prendre les choses en main. Il s’occupe des papiers et de tout ça. Mais moi je ne veux qu’une seule chose, voir mon Taki, voir mon amour, le père de mes enfants et l’homme de ma vie. Mon futur mari.
Un mari vivant.
Mais les médecins ne veulent pas nous dire. Ils ont monté une conspiration, ils m’énervent avec leur faux semblant. Jonathan leur parle calmement et moi je me contente d’écouter leur mensonge. Ils ne nous disent rien. Où est Taki, BORDEL, OÙ EST-IL ?
J’ai tellement mal.
Alors j’en attrape un par le col, je ne contrôle plus rien, plus rien du tout. La rage gagne du pouvoir dans mon cœur. Et je crache aus visage du médecin, de toutes mes forces.

- OÙ EST-IL ?

Jonathan m’attrape, me retient d’étrangler le médecin. Celui ci, surpris, se reprends et déglutis avant d’enfin me répondre.

- En salle d’opération Madame. Il est entre la vie et la mort.

Madame. Il m’a appelé Madame. Sans savoir que je ne pourrait peut-être jamais être cette madame que je rêve tant d’être. Mme Kido. Ça sonnait tellement bien pourtant.
Et là je m’écroule. Je m’écroule par terre, toujours sans un mot, toujours sans une larme. La vérité vient lentement me percuter le cerveau. Une vérité que je refuse. Une vérité que je hais.
Et pourtant.
Taki est entre la vie et la mort. Mon Taki. L’amour de ma vie.
Je refuse. Je refuse qu’il meurt. Et tout le monde devient flou autour de moi, c’est à peine si je sens Jonathan me soulever pour me porter jusqu’à une chaise. Il est resté avec moi tout la nuit le brave Jonathan. Alors que moi je délirais, que je regardais fixement un point de l’autre côté de la salle d’attente, le regard vide, le cerveau vide, le cœur vide.
Une seule vérité battant en moi.
Je refuse qu’il meurt.

Sept heures. Sept putain de longues heures. Voilà ce qu’a duré cette fichue opération. Jusqu’à ce qu’un médecin arrive, enfin. Je l’ai regardé, essayant de deviner à son regard si c’était une bonne ou une mauvaise nouvelle. Je tremblais. J’étais faible, tellement faible… Mais je me suis quand même levée, le regardant droit dans les yeux, le suppliant de me dire que tout allait bien, qu’il était sortit d’affaire.
Ou même mieux encore. Que c’était une blague.

- Il est stable à présent. Dans le coma. Personne ne peut dire quand il en sortira.

Ni bonne, ni mauvaise. Dans le coma. Foutu coma. Le médecin nous a fait signe de le suivre jusqu’à la chambre de Taki. Et là je n’ai pu retenir un cri.
Un seul cri. Je dois rester droite, ne pas pleurer.
Juste un cri.
Il est là, étendu sur un lit. Tellement pâle. Une partie de la peau brûlée. Taki, mon Taki… qu’as-tu fais. Je me tourne vers le médecin, un air interrogatif sur le visage. Il comprend ma question sans même que j’aie besoin de la pronnoncer.

- Nous ignorons s’il peut vous entendre et vous comprendre. Mais vous devriez essayé de lui parler.

Je hoche la tête et je le regarde à nouveau. Tous ses sentiments se battant toujours en moi. Je m’approche pour lui attraper la main, m’y aggriper. Le plus fort possible. Mais il n’y a pas de réponse, personne pour serrer ma main en retour. Pas de signal de « je suis là, je te protège ». Juste le vide.
J’ai vu assez d’épisode d’Urgence pour savoir qu’il y a des gens qui ne ressortent jamais du coma. Même bien plus souvent qu’on ne le croit. Des fois, cela prend juste quelques jours. D’autres fois, cela prend des mois. Ou jamais.
J’ai peur de ce jamais.

- S’il vous plaît… j’aimerais être seule avec lui.

Le médecin et Jonathan comprenne et ressortent de la chambre. Je me retrouve seule. Seule avec une main qui ne veut pas me répondre. Seule avec l’homme que j’aime, inerte, sur un lit d’hôpital. Alors forcément, j’explose.

- Putain Taki, tu n’as pas le droit. Tu ne peux pas mourir. Parce que moi je t’aime. Je t’aime tellement que je ne trouve même pas les mots pour le dire. Mais tu ne peux pas me laisser, m’abandonner seule avec Hana et Jace. Tu n’en as pas le droit. Tu dois rester, tu dois te battre, tu dois revenir. Serre moi la main, je t’en supplie. Serre la fort, comme tu l’a déjà fait tant de fois, comme tu le faisais quand tu n’étais pas dans le coma. Je t’aime, tu comprends ça ? Hein ? Alors tu comprends que tu ne peux pas me laisser. Jamais.

Tous ces mots sont sortis, trop longtemps retenus en moi par une barrière invisible. Et avec les mots, les pleurs. Des milliers et des milliers de larmes qui roulent sur mes joues. Je m’écroule au pied sur lit, à genoux devant l’homme que j’aime, tenant toujours sa main dans la mienne. Mes mots se perdent dans mes sanglots.

- Je les retrouverai. Je te promets je retrouverai ces connards qui ont voulu te faire exploser. Ils avaient pas le droit. Je les retrouverai et je leur ferai la peau. Mais toi ne meurs pas, tu n’as pas le droit de mourir.

Pourquoi faut-il que ça m’arrive à moi ? Pourquoi maintenant ? On était si heureux… On avait les jumeaux. Des bébés qu’on avait peut-être pas désirer, mais qui nous avaient rendu tellement heureux… Et on regrettait rien, mais alors rien du tout. Notre petite vie avec les enfants. Avec Rhyan, Jake et Alfred aussi. C’était tellement bien, tellement tranquille… Quelques bagarres de temps en temps, mais vous savez bien comment ça finissait…
Alors pourquoi faut-il que ça vienne tout gâcher ? Pourquoi maintenant ? Maintenant que tout allait si bien ? Un coma, ce fichu coma…
Je me calme et essuie mes joues inondées. Combien de temps suis-je restée à genoux à pleurer ? Je ne sais pas, mais à présent la rage est passée. Ne reste plus qu’une tristesse immense et la peur de l’inconnu. Alors je m’assieds sur une chaise et je commence à parler. Ma voix est emplie de sanglot, mais je continue de parler, toujours parler. De ce que j’ai fais avec Hana et Jace, de leurs progrès quotidiens, des histoires de bains et de parcs… Je lui dis aussi que je l’aime. Presque tout le temps. Je le répète, je le répète, je le répète… Comme si ça pouvait l’aider.
Je souffre tellement.
Mais je continue à parler. Le médecin a dit qu’il le fallait alors je fais. Et quand un infirmier vient me chercher pour me dire que l’heure des visites est terminée, je le suis. Jonathan m’attends dans le couloir, Nérys la rejoint. Tour à tour ils me prennent dans leur bras. Puis je leur demande de rentrer, de retourner à Little Angleton. Je leur dis que j’ai besoin d’être seule avec Taki, au moins un temps. Je leur dis de passer voir les jumeaux, de remercier Rhyan, de leur faire des câlins. Je leur dis de partir. Je leur dis que j’ai besoin d’être seule. Et je leur dis que je l’aime. Que j’aime Taki.
Alors ils partent. Sans poser plus de question comme « où vas-tu dormir ». Ça, ils l’ont déjà deviné. Je deviens transparente et je retourne au chevet de Taki. Et j’y reste. Tout le temps, en permanence. Visible le jour, invisible la nuit. Sans cesser de parler, tout le temps. Je me dis que ça peut l’aider… peut-être.
Je ne sors que deux fois par jour pour me nourrir. Un sandwich vite-fait à la cafétéria. Je me sens faible, je me sens dégueulasse… Au bout de trois jours une infirmière me propose d’utiliser les toilettes des infirmiers pour me laver. J’accepte et elle m’offre des vêtements de rechange. Je suis trop fatiguée pour refuser.
Je ne dors presque pas. Je ne peux plus dormir. Je suis un zombie, un zombie sans amour. Mort d’amour. On dirait un peu Roméo et Juliette. Mort l’un pour l’autre.
Mais toi Taki tu n’as pas le droit. Tu n’as pas le droit de mourir. Fais le pour moi.

Cinq jours. Cinq longs jours à attendre ma main dans la sienne. Un signe, n’importe quoi. Jonathan et Nérys passe parfois. Mais pas très longtemps. Je leur dis que je préfère être seule. Je pense beaucoup à mes enfants, ils me manquent. Mais je sais que Rhyan s’en occupera bien. Et je sais que les gens de l’orphelinat passent pour l’aider.
J’ai peur pour mes enfants. J’ai peur parce que je sais que si Taki me laisse, je ne serais plus en état de m’en occuper. J’ai peur qu’ils finissent à l’orphelinat avec tous ces autres orphelins… J’ai tellement peur.
Alors je supplie Taki de ne pas mourir. Je lui répète qu’un enfant ne peut pas grandir sans père, que ça serait trop triste. Je suis une loque, une fichue loque.
Le matin du huitième jour, les parents de Taki apparaissent. Je ne sais pas comment ils ont été au courant, je les regarde juste entrer et je lis dans les yeux des sa mère la même chose que je sens dans mon cœur. Tellement de douleur. Ils viennent vers moi et me prennent dans leur bras. Sans rien dire. Et moi je m’écroule contre eux, complètement morte, de tout. Je me laisse reposer entièrement contre eux, pendant un petit moment… J’ai l’impression qu’ils sont les seuls personnes au monde à pouvoir me comprendre.
La mère de Taki me dit qu’elle va rester là un moment. Que je rentre me coucher. Je suis trop fatiguée pour refuser alors j’accepte. Le père de Taki m’accompagne jusqu’à une chambre d’hôtel qu’ils ont loué. Je prends une douche avant de m’écrouler sur le lit. Sans cesser de pleurer.
Je dors pendant presque vingt-quatre heures. Mais quand je me réveille, je suis plus forte. Alors je retourne à l’hôpital. J’y retourne et je reprends la main de Taki dans la mienne, attendant un signe, n’importe quoi de sa part. D’autres personnes passent voir Taki ce jour là, je crois, je ne suis plus vraiment sûre… Tout est flou. Il me semble avoir entre-aperçu Ren et Ethan. Mais je ne suis sûre de rien.
Mes enfants me manquent.
Taki me manque.
Alors je continue à parler, même quand il y a d’autre gens. Je m’accroche. Deux autres jours passent et moi je reste. Les parents de Taki viennent chaque jour aussi.
Et les jours s’égrainent. Je ne les compte même plus. Il me semble qu’à un moment quelqu’un est venu me voir pour me parler de mes enfants. Cette personne m’a dit qu’il faudrait peut-être que j’aille les voir. Je l’ai foudroyée du regard.
Je n’arriverai même plus à tenir mes bébés dans mes bras.
La seule chose que j’arrive à tenir, c’est la main de Taki dans la mienne. La seule chose qui me fasse tenir, c’est sa respiration. Le reste du monde n’est rien. Plus rien du tout. Il est le seul. Et je parle, tout le temps, tout ce que je peux, comme je n’ai jamais parlé. Je me répète sans doute, mais je m’en fiche, je continue.
Je lui dis que je l’aime.

Dix jours. C’est tout ce que j’ai dû attendre pour avoir un signe. C’est un doigt. C’est son doigt. Qui tressaille dans ma main, j’en suis sûre. Une heure plus tard sa paupière se soulève. Je l’ai vue. Je me raccroche à ces miniscules espoirs, comme on s’accroche à une étoile.
Taki est ma vie.
J’ai l’impression de voir ma vie étendue devant moi, à moitié morte.
Une vie n’a pas le droit de mourir.
Alors je continue à parler. Encore plus. Je ne fais que ça. Et je serre sa main. Et je scrute ses paupières. Il a bougé et à présent j’en ai la certitude, il va revenir.
La deuxième fois que sa paupière se soulève, ses parents sont avec moi. Nous échangeons un regard, pas besoin de mot pour nous comprendre. Alors sa mère saisit son autre main et nous continuons à parler. Parfois nous parlons en même temps. Parfois c’est juste elle. D’autre fois c’est juste moi.
Mais on exprime le même amour. Le même souhait.
Reviens-nous.

Taki. Tu dois être fort. Par pitié, réveille toi. Hana et Jace ont besoin de toi. J’ai besoin de toi. Tes élèves ont besoin de toi. Le monde a besoin de toi. Ouvre un œil. Ouvrele deuxième. Reviens à toi, je t’en supplie. Reviens-moi. Reviens-nous. La vie sans toi n’as plus de couleur, n’a plus de saveur. La vie sans toi est une loque.
Dix jours Taki. C’est bon à présent réveille toi. Tu sais, je m’en veux pour l’histoire de la couche-culotte. Je comprends que tu n’aies pas eu le temps d’aller en racheter. Ce n’est vraiment pas grave alors maintenant réveille toi. Lève toi d’un coup et cri « poisson d’avril ». Je t’en supplie.
Que ferais-je sans toi ? Hein, qu’est-ce que je ferais ? J’aurais l’air bête. Et complètement paumée. Paumée dans ce monde. Alors tu vas me faire plaisir, d’accord ? Reviens.
Tu te souviens quand je t’ai annoncé que j’étais enceinte. J’ai voulu te quitter. J’ai essayer. Je n’y arrivais pas. Et on est resté ensemble. On a eu raison, non ? Hana et Jace sont si merveilleux… Tu vois, on ne doit pas se séparer. J’ai eu tort d’essayer. Alors tu as tort aussi d’essayer. Arrête ça, s’il te plaît. Ça fait trop mal et tu le sais. Hein, tu le sais.
Reviens putain, reviens.



[HRP : 8009 mots ! Oh yeah !]

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Mar 31 Jan 2012 - 23:08

J'ai voulu ouvrir les yeux. Mais je n'ai pas réussit, et tout est redevenu noir. Enfin, pas que ça ait changé entre temps, donc le "redevenu" n'est pas trop à sa place. Mais je veux voir la personne qui parle moi ! Ou les personnes. Ou les trucs, j'en sais rien. Ça parle.
Vous avez vu le progrès quand même ? Je sais que ça parle. Et j'aimerais bien répondre.

_________________

Malheureusement pour Shybaï, il n'y a pas eu d'autres "signes" après celui là, parce que son fiancé est retombé en stade d'inconscience complet. Ce jour là, un médecin accompagné d'un neurologues sont venus chercher le blessé, dans le but de lui faire subir toute une batterie de test afin de voir où il en est. Il ya plusieurs stades de coma. Le plus grave est le coma dit dépassé, où la personne n'est maintenue en vie qu'artificiellement. C'est l'état végétatif.
Il y a le coma dit profond. De celui là, on ne connait que peu de choses. C'est celui où "on ne sait pas quand il va se réveiller". Celui qui laisse des sequelles plus ou moins importantes, qui dépendent directement de la personne, et de la gravité de l'accident.
Il y a le coma de stade 2, le patient montre une activité cérébrale aux irm, et parfois une réaction au stimulis douloureux. Là aussi "on ne sait pas quand il se réveillera", mais il le fera, à moins que son état ne se dégrade.
Le coma de stade 1 est le "moins grave" de tous. La patient réagit à la douleur, répond par grognements et onomatopées aux questions qu'on lui pose, signe qu'il les entend, et peut bouger si on le stimule.
Dans un coma, il arrive aussi que le patient bouge. Emette des sons même, sans stimulis. C'est un état où malgré le diagnostic, chaque patient est un cas différent.
A son hospitalisation, le petit Kido était déjà bien assommé, en phase de descente sur l'échelle de Glasgow, si on peut parler ainsi. A sa sortie, il était en coma profond. En tout cas, tel était le diagnostique des médecins. Mais comme ils ne l'avaient pas branché sur encéphalogramme constamment, ils n'ont pas vu les phases de semi conscience. Alors aujourd'hui, ils sont venu le chercher.
Avant ça, y'a déjà fallu le débrancher d'un certain nombre de machines destinées aussi bien à assurer sa survie, qu'à surveiller son évolution.
Bah oui, quand on ne peut pas bouger pour s'occuper de soit même, faut bien que quelqu'un ou quelque chose le fasse à notre place.
Du coup, pendant que les infirmières s'occupent de débrancher le malade pour pouvoir rendre le déplacement de son lit possible, le médecin s'est tourné vers un groupe qu'il a automatiquement qualifié de "famille" dans sa tête, pour leur expliquer deux trois choses, le plus clairement possible.

- Nous allons tester ses facultés, et son activité mentale. On vous l'emprunte pour une heure. A t-il fait quoi que ce soit dernièrement ?

Il a attendu la réponse, puis a hoché la tête quand il l'a eu, et l'équipe est partie en salle de tests. Une infirmière a claqué des doigts devant le malade pendant le trajet, mais n'a pas obtenu de réaction. Pas plus quand elle l'a pincé fortement, ce qui lui a arraché un gros soupir. Voilà plusieurs jours déjà qu'elle s'occupait de ce patient -entre autres-, et elle avait mal pour la jeune femme qui restait ici tout le temps. Elle l'entendait parler, quand elle passait la porte. Et à chaque fois, elle ressentait le même pincement au coeur.
Ces imbéciles d'hommes qui faisaient les choses inconsciemment ! Encore un qui avait dû faire le malin et avoir un accident de la route. Pourtant, à le regarder, il a plutôt l'air sage.
Elle ne savait pas, qu'il a été victime d'un attentat.

Le scanner révèle qu'il guérit bien. A peu près. Physiquement en tout cas les os se réparent. L'énorme brûlure au dos nécesste des bandages neufs tous les jours. Si il faut s'y mettre à plusieurs car il ne peut pas tenir assis tout seul, au moins, il ne proteste pas quand il faut tout nettoyer. Parce que vu la tête des brûlures, elles ne doivent pas faire des chatouilles.
Le poumon droit qui a été perforé par une côté en revenche risque de nécessiter quelques attentions supplémentaires. La côte au dessus semble avoir du mal à se remettre, et il sera peut être nécessaire de l'enlever. En soit ce n'est pas grave, on peut tout à fait vivre avec une côte de moins.
La jambe cassée se remet très bien, elle. Encore trois semaines, et il n'y paraitra plus. Par contre, si le patient se réveille, il aura besoin de réeducation pour marcher à nouveau correctement. Il aura besoin de réeducation tout court, car un coma ne laisse pas sortir indemne, combien même c'est un mécanisme de défense du cerveau pour réparer le corps.
Mais il a de la chance dans tout ça, en parlant du cerveau. Pas de blessure apparente, même si il a dû en prendre un coup pour finir dans cet état. Peut être une chute. Une mauvaise chute. Mais pas un choc frontal violent comme on en voit sur les accidents de la route.
Peut être qu'il n'y aura pas de grosses séquelles à ce niveau. Mais encore une fois, chaque patient est bien différent.
Il a bien évidemment des bleus partout. Les plus légers se sont bien résorbés en dix jours. Mais certains sont encore là, et pour le plus gros qui est carrément noir, il y en a pour encore un certain nombre de semaines.
L'infirmière retient un tréssaillement en le voyant. Brr, il doit faire mal celui là. L’encéphalogramme est ce qui surprend le plus les médecins. Il est resté branché toute l'heure. Et sur toute l'heure, dix bonnes minutes ont montré une activité assez importante, et une réaction au son notament. Alors le neurologue a décidé de le garder un peu plus longtemps que prévu, et de guetter la prochaine phase d'activité, qui a mis trente bonnes minutes à se montrer. Le neurologue a bondi sur ses pieds aussitôt que la machine a commencé à s'agiter -façon de parler-.
Et a fouttu une grande baffe au patient. Qui a grogné.
Enfin, un espèce de grognement particulièrement roque et enroué de ne pas avoir parlé pendant dix jours.
L'infirmière a sautillé d'excitation sur place, et s'est vite reprise en rougissant quand le médecin lui a fait les gros yeux. Ce n'est pas parce que le patient réagit qu'il est tiré d'affaire.
Après ça, ils l'ont débranché de toutes ces machines, pour le ramener dans la chambre. Le médecin a alors commencé les explications, tandis que l'infirmière rebranche tout.

- Il est entre le coma profond et le coma de niveau deux. Il est dans un coma profond parce qu'il ne réagit pas aux stimulations extérieures. La majeure partie du temps. Tout à l'heure, mon collège l'a ... A effectué un test de réaction à la douleur, et a obtenu une réponse, tandis que nos machines indiquaient clairement une activité mentale.

Il fait une pause pour glisser un regard en coin à son virulent collègue neurologue, et ses méthodes extrêmes. Il prend aussi note mentalement de demander à l'infirmière de diminuer les doses de sédatifs. Non pas qu'il veuille que le patient ait mal, mais il n'a que peu réagit à la baffe. Alors la dose doit être un peu élevée. Difficile de le deviner, sur un patient qui ne peut pas s'exprimer d'aucune manière que ce soit.
Puis il reprend:

- Je ne peux à nouveau pas vous donner de date de réveil. Les résultats sont encourageants cependant.

Une nouvelle pause. Voilà venir la partie délicate. Celle où il faut annoncer les mauvaises nouvelles qui viennent pour contrebalancer la bonne.

- Est-ce que la liste des ses blessures vous a été faite ? Actuellement, il a plusieurs côtes cassées dont une qui ne se remet pas bien, et qui a percé le poumon en dessous. Le poumon prendra longtemps à complètement cicatriser, mais la blessure est belle si je peux me permettre, elle se remettra bien, si il ne force pas dessus. La côte cependant gêne actuellement ce rétablissement, et risque d'avoir à être enlevée. Il a aussi une jambe cassée et la hanche fêlée du côté droit. Ainsi que de nombreux bleus, aussi si jamais il venait à se réveiller, je vous déconseille fortement de vous jeter sur lui. Vous avez dû aussi voir ses brûlures. Celles du dos sont les plus graves. Il s'en remet remarquablement bien, mais la peau remettra plusieurs mois à complètement se reformer. Aucune greffe ne nous semble nécessaire pour le moment. Je crains aussi qu'il ne soit marqué à vie, la peau qui se reformera sera bien plus claire que le reste.

Monsieur docteur ne sait pas que la magie peut bien sûr arranger tout ça. Mais la magie ne peut rien faire pour les gens dans le coma, et ne peut qu'aider à la guérison naturelle.

- Pour finir, si il se réveille, donnez lui de l'eau. Il ne pourra probablement pas parler pendant plusieurs jours, et aura du mal à bouger. Il se peu aussi qu'il ne vous reconnaisse pas de suite, ou qu'il ait perdu la mémoire de la journée de l'accident, et du coup panique en ne comprenant pas pourquoi il est là. Quant aux séquelles... Personne ne peut le savoir avant son réveil. Si vous prenez deux patients avec le même accident, et la même durée de coma, les deux écoperont de séquelles différentes. Il peut n'en avoir aucune, comme se retrouver avec des troubles divers, aussi bien du comportement que de la personnalité.

Voilà comment faire peur à toute une famille, bravo monsieur !
Mais le monsieur sait bien qu'il faut prévenir les gens. Qu'ils ne soient pas surpris. Le pire qui pourrait arriver soit que l'homme se réveille, et finisse rejeté par les siens.
Après ça, il salue de la tête les personnes présentes dans la salle, et la quitte en compagnie du neurologue.
L'infirmière encore présente finit de placer un gros capuchon gris d'où part un fil, sur l'index gauche du patient. Encore un engin pour mesurer quelque chose. Puis elle s'avance jusqu'à la porte, pose sa main sur la poignée mais de l'ouvre pas immédiatement. Elle se tourne vers la jeune femme qui est toujours présente dans cette chambre, la jolie jeune femme avec des cernes et une mine qui fait peine à voir. Et puis elle lui sourit gentiment, et lui dit:

- Le médecin a oublié de préciser une chose très importante. Pendant ces phases d'activité du cerveau, il peut vous entendre. Je ne sais pas si il comprend, mais il entend ça c'est sûr! Vous n'avez pas idée d'à quel point ce que vous faites est important madame. A son réveil, je suis sûre qu'il vous le dira aussi.

Et elle s'en va sans un mot de plus.


____________________________________________

J'ai senti un truc sur ma joue. C'était bizarre. Peut être que je l'ai imaginé... Après j'ai ... Je ne sais pas trop ce que j'ai fait, mais ça a brûlé au niveau de ma gorge je crois. Puis il y a eu des voix, mais celles là je ne les ai pas particulièrement aimées. Moi, j'veux l'autre ! Quand est-ce que je pourrai l'entendre, hein ? Et puis quand-est-ce qu'on va m'expliquer ce qu'il se passe ?
J'ai l'impression, au fond tout au fond, qu'il me manque quelque chose, et qu'il faut que je sorte de là pour le retrouver. Le problème, c'est que je ne trouve pas la force pour sortir de là.
Mais j'essaie encore à chaque fois. Parce que quand j'essaie, j'ai l'impression de mieux entendre quand on me parle.
Ce n'est peut être qu'une impression.

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Sam 4 Fév 2012 - 17:41

Réveille toi...

Ça fait mal. Ça fait mal au fond de moi, dans mon coeur et jusqu'au bout des orteils. Ça fait mal partout. C'est comme si c'était moi qui était en train de mourir alors que je suis en bonne santé. Et pourtant... pourtant je serai prête à sacrifier pratiquement n'importe quoi, y compris cette bonne santé, pour que Taki retrouve la sienne.
Je l'aime tellement.
Vous savez, c'est facile de penser qu'on peut aimer quelqu'un. Mais quelques fois, on se trompe. On se rend compte que ce n'était peut-être pas la bonne personne et, généralement, on s'en rend compte dans les coups durs.
Et bien moi, aujourd'hui, je me rend compte que c'est le contraire. Que j'aime Taki encore plus que ce que j'imaginais. Que je ne pourrai pas vivre sans lui. Jamais. Il est une partie de moi sans laquelle je ne pourrai pas continuer. Qu'est-ce que je ferais sans lui, hein ?
Et Hana, et Jace ? Sans leur papa ? Je sais à quel point c'est dur de grandir avec un seul parent, surtout quand celui ci a autant souffert à la mort de l'autre. Et j'ai peur que le même schéma de mon enfance se reproduise sur mes enfants. La mort d'un parent. L'autre qui en souffre tellement qu'il en devient alcoolique. Les enfants qui grandissent sans amour dans un cadre de douleur. Puis la fugue quasiment inévitable, loin de ce monde affreux.
Je ne veux pas les perdre. Ni Taki, ni Hana, ni Jace.
Je... je crois que s'il... disparaissait, je ne pourrais pas continuer toute seule. J'aurais trop peur. Alors... alors je partirais. N'importe où. Je sais que Pandora reprendrait mes enfants, je sais qu'ils seront heureux à l'orphelinat. Certes, il régnera dans leur yeux cette même douleur qui règne dans celle de tous les orphelins, une sorte de mélange d'incompréhension et de tristesse. Peut-être qu'ils ne comprendront pas pourquoi je les ai abandonné, mais c'est la meilleure solution. Je ne veux pas devenir comme mon père. Je veux que mes enfants soient heureux. Et ils le seront probablement plus loin de moi qu'avec moi.
C'est horrible. C'est atroce. C'est tellement triste de se dire ce genre de chose. Abandonner ses enfants... Abandonner les bébés qui pendant huit moi se sont logés en moi. Abandonner ses petits qui sont à moitié Taki, à moitié moi. C'est tellement... affreux. De ne serait-ce que le penser est une torture. Et pourtant... pourtant...
Je me sens perdue.

Et je dis tout ça à Taki. Je lui ressors ces mots comme si c'était un refrain, le refrain de la chanson des raisons pour lesquelles il n'a pas le droit de me laisser. Les parents de Taki sont là aussi... Je sais que son père ne parle pas anglais, mais sa mère doit sûrement me comprendre. Cependant elle ne dit rien, elle se contente de me prendre la main, d'être à mes côtés sans me juger.
Je me sens un peu moins seule.
Même si j'ai toujours aussi mal.

- Nous allons tester ses facultés, et son activité mentale. On vous l'emprunte pour une heure. A t-il fait quoi que ce soit dernièrement ?

Je n'ai plus assez de force pour donner une réponse très précise alors sa mère s'en occupe à ma place. Penser que l'on va me séparer loin de ce qu'il reste de mon fiancé... lui qui est déjà si loin pour moi... Je tremble et je sens les larmes me piquer les yeux. J'ai peur.
Nous profitons de cette heure pour aller manger. J'ai l'impression d'être un tout petit enfant à la charge des parents Kido. C'est eux qui me nourrissent, c'est limite s'il ne me tendent pas la fourchette... Je mange n'importe quoi, de toute façon les goût et les couleurs n'ont plus aucune importance. Je mange juste pour subvenir à mes besoins.
À un moment je prends mon courage à deux mains et je téléphone à la maison. Rhyan me répond et je lui dis qu'il n'y a aucune amélioration. Que les médecins l'ont emporté pour faire des tests et que j'espère savoir bientôt.
Même si je ne suis pas si sûre que ça de vouloir savoir.
Au moins là, j'ai encore l'espoir qu'il se réveille. Que tout redevienne comme avant, qu'il me sourie comme avant. Mais si... si on m'annonçait que... que c'était fichu. Qu'il resterait un légume jusqu'à la fin.
NON.
Puis Riri tend le téléphone près des bébés et j'entends leur petits cris. Jace et Hana en train de gazouiller... je les reconnaîtrait entre mille. Et à nouveau les larmes coulent... je ne me suis jamais autant vidée de toute ma vie. Les entendre me fait mal.
Mais quelque part, ça me fait aussi du bien.

Lorsque nous revenons dans la chambre d'hôpital, ils sont en train de rebrancher Taki à tous les appareils bizarres qui l'entourent. Le médecin se dirige alors vers nous pour nous parler. J'ai peur de ce qu'il va me dire.

- Il est entre le coma profond et le coma de niveau deux. Il est dans un coma profond parce qu'il ne réagit pas aux stimulations extérieures. La majeure partie du temps. Tout à l'heure, mon collège l'a ... A effectué un test de réaction à la douleur, et a obtenu une réponse, tandis que nos machines indiquaient clairement une activité mentale.

Une activité mentale... je me raccroche à ces mots du mieux que je peux. C'est un petit espoir qui illumine ma vie... Qui me retient de tomber. Activité mentale... c'est un bon signe, non ? Ça veut dire qu'il est toujours là... je crois. J'espère. Taki, il faut que tu t'accroches.

- Je ne peux à nouveau pas vous donner de date de réveil. Les résultats sont encourageants cependant.

Evidemment. C'est tout Taki ça. Il aime être... imprévisible. Et même si le médecin donnait une date, il ne la respecterait sûrement pas. Taki n'a pas d'horloge, il fait ce qu'il veut.
Mais il vient.
Il va revenir.

- Est-ce que la liste des ses blessures vous a été faite ? Actuellement, il a plusieurs côtes cassées dont une qui ne se remet pas bien, et qui a percé le poumon en dessous. Le poumon prendra longtemps à complètement cicatriser, mais la blessure est belle si je peux me permettre, elle se remettra bien, si il ne force pas dessus. La côte cependant gêne actuellement ce rétablissement, et risque d'avoir à être enlevée. Il a aussi une jambe cassée et la hanche fêlée du côté droit. Ainsi que de nombreux bleus, aussi si jamais il venait à se réveiller, je vous déconseille fortement de vous jeter sur lui. Vous avez dû aussi voir ses brûlures. Celles du dos sont les plus graves. Il s'en remet remarquablement bien, mais la peau remettra plusieurs mois à complètement se reformer. Aucune greffe ne nous semble nécessaire pour le moment. Je crains aussi qu'il ne soit marqué à vie, la peau qui se reformera sera bien plus claire que le reste.

Toute cette liste est longue. Je sais que Taki a déjà été blessé, j'ai vu son sang coulé à plusieurs moments, mais tout ça... Tout ça ne lui ai jamais arrivé. Mais moi je ne dis rien, je me contente de hocher la tête. Promis, je ne lui sauterai pas dessus s'il se réveille. C'est pas grave ça. Du moment qu'il se réveille. Du moment qu'il me revient.
Je m'en fiche aussi que sa peau garde une cicatrice à vie. De toute façon il y a la magie pour ça. Mais même si la magie ne pouvait pas l'aider, même si il était défiguré, ce n'est pas grave. Je veux juste qu'il soit à nouveau parmi nous. Takeji Kido. Mon fiancé. Le père de mes enfants. Mon futur mari. L'homme que j'aime. Je veux juste lui. Que lui.

- Pour finir, si il se réveille, donnez lui de l'eau. Il ne pourra probablement pas parler pendant plusieurs jours, et aura du mal à bouger. Il se peu aussi qu'il ne vous reconnaisse pas de suite, ou qu'il ait perdu la mémoire de la journée de l'accident, et du coup panique en ne comprenant pas pourquoi il est là. Quant aux séquelles... Personne ne peut le savoir avant son réveil. Si vous prenez deux patients avec le même accident, et la même durée de coma, les deux écoperont de séquelles différentes. Il peut n'en avoir aucune, comme se retrouver avec des troubles divers, aussi bien du comportement que de la personnalité.

Des troubles de la personnalités... Je déglutis péniblement. J'ai pas envie qu'il soit changé moi. J'ai envie de revoir mon Taki. Pourquoi je ne peux pas simplement remonter dans le temps. Repartir là où on était heureux. Avant.. Et l'empêcher de partir.
J'ai tellement mal.

Les parents de Taki accompagne le médecin dans le couloir pour parler d'autres détails. Moi je n'ai plus la force d'entendre les mots empoisonnés du médecin. Veut-il me tuer ? Je regarde l'infirmière remettre les dernières machine en place puis je vois qu'elle aussi me regarde. Elle a l'air gentille.
J'aimerai bien pouvoir lui sourire, j'aime bien sourire aux gens gentils. Même aux gens méchants en fait. J'aime bien sourire. Mais j'y arrive plus. Pas sans Taki.

- Le médecin a oublié de préciser une chose très importante. Pendant ces phases d'activité du cerveau, il peut vous entendre. Je ne sais pas si il comprend, mais il entend ça c'est sûr! Vous n'avez pas idée d'à quel point ce que vous faites est important madame. A son réveil, je suis sûre qu'il vous le dira aussi.

Je la remercie d'un signe de la tête, des larmes pleins les yeux. Puis je la regarde partir, sans rien dire de plus.
Ma main dans celle de Taki.

- Je t'aime.

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Dim 5 Fév 2012 - 2:39

Faut-il encore que je dise que je nage dans un brouillard tellement épais qu'en fait... Justement, je peux nager dedans. Quand je m'en rends compte.
Ce qui arrive de plus en plus souvent. J'ai même compris quelque chose à un moment.

- Je t'aime.

Voilà ce que j'ai compris. J'ai cru à ce moment là que j'allais enfin sortir de là, comprendre un peu plus, cesser d'osciller. J'ai essayé, j'ai vraiment essayé de toutes mes forces, mais ça n'a pas marché.
Et quelque part, je crois que j'étais triste, avant de retourner dans le noir, parce qu'une fois de plus je n'ai pas pu répondre à la voix.

...

Est-ce que les étoiles sont fixées dans le ciel avec de la super-glue ? Ça serait triste. Parce que si elles sont fixées, elle ne peuvent pas bouger. Ce n'est pas comme les arbres, qui peuvent étendre leurs branches, et fouiller avec leur racines. Bien que statiques, ils voyagent un petit peu. Mais une étoile fixée ? Peut être qu'il faudrait interroger celles qui peuvent bouger.

....

J'ai ressenti un truc. Du côté droit. Je crois même que j'ai réagit parce que ma respiration a fait un accoup avant de repartir.
Et ça faisait mal. Très mal.
Cette fois, j'en suis sûr.

...


J'entends des voix à nouveau. D'abord un brouahaha indescriptible et lointain que je pense rêver, l'insistance du bruit fait que je reviens lentement à moi. Cette fois, je saisis des mots, sans les comprendre car incapable de me concentrer suffisamment pour en obtenir le sens.
Et puis il y un bruit étranger de porte qui s'ouvre et se ferme, et les voix s'estompent.
Alors j'entrouvre les yeux lentement, comme au réveil d'une longue nuit. Uniquement pour les refermer vivement et fort la seconde d'après. Bon sang, ça brûle ! Je veux lever une main pour les frotter, mais en fait je n'y arrive pas, je ne sens pas mes mains.
Intéressant.
Je commence à prendre conscience, très lentement, du fait que j'ai quelque chose sur le visage, un tuyau ou que sais-je. Mine de rien, au fond je commence à avoir peur. Alors je retente d'ouvrir les yeux, et il me faut plusieurs tentatives avant de pouvoir voir un plafond que je ne connais pas.
Encore plus intéressant.
Non en fait, je ne peux vraiment pas bouger les bras et ça m'inquiète sérieusement. J'ouvre la bouche et...
Je tousse à en cracher mes poumons par terre. Les dits poumons -surtout de droite- se réveillent au passage, et à priori, ils ne sont pas contents.
Du tout. Du tout du tout. Je crois que j'ai rarement eu aussi mal d'un coup.
La seule chose positive de cette quinte de toux, c'est que je constate que mes bras peuvent en fait encore bouger, c'est "juste" moi qui n'ai pas la force de les soulever.
J'arrête de tousser.
Dire que je ne comprends rien est un euphémisme. C'est plus que rien, plus que de l'incompréhension, et la seule chose cohérente qui ressort de tout le bordel d'informations dont je suis abreuvé juste en regardant devant moi -autant vous dire qu'il y a des bouchons avec les infos venant des autres sens-, c'est: qu'est-ce que je fous là ? Viennent ensuite dans le désordre: c'est quoi tous ces machins, je suis où, il se passe quoi, pourquoi j'ai aussi mal, est-ce que je vais réussir à parler un jour, et est-ce que j'ai encore deux jambes ?
Parce que je ne les sens et ne les vois pas.
Je suis -assez littéralement- sur le cul.
Pardonnez le langage un peu virulent.
Je cligne plusieurs fois des yeux bien fort, puisque je ne peux pas me pincer. En attendant que les sensations reviennent, parce que je suis désorienté. J'ai horriblement mal à la gorge. A la tête. Au torse. Au dos. Aux épaules. Au cou.
En fait j'aimerais avoir mal partout, parce que je sentirais alors mes bras et mes jambes.
A nouveau un bruit de porte.
Un doigt me chatouille.
Des exclamations que je peine à enregistrer. Doit y avoir une de ces purées entre mes neuronnes...
Pardon.
Je ne vois qu'à peine deux personnes qui se précipent à... Vers là où je suis... Un lit à priori.
A mon chevet, donc.
Je ne vois que la femme qui se tient derrière. Juste elle, et dans quel état elle est surtout. Elle a l'air érintée faute d'autre mot, abattue, déprimée, là où il devrait y avoir un sourire. Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ? Qui lui a fait ça surtout ? Si je pouvais bouger...
Mais je ne peux pas. Pourquoi elle a l'air affaiblie ? On devrait échanger nos places. J'ai mal partout, mais je vais bien. Je crois. Je pense.
J'en sais rien. Je veux retourner dans le noir parce que ça faisait moins mal, mais je veux rester là parce que je veux comprendre. Et qu'il y a cette femme.
Et puis au fond de ma tête -j'ai l'impression qu'on délie des noeuds dans mon cerveau-, un lien se crée entre cette voix que je distinguais des autres, et cette femme.
Shybaï !
Shy, Shy, Shy. Seule enclave de monde connu au milieu d'inconnu.
Les deux personnes près de moi, ce sont mes parents. L'enclave s'agrandit mais elle reste bien petite. Seulement, il n'y a pas d'autre choix que de s'y raccrocher. Je me raccroche à Shy, comme j'ai pu le faire à sa voix.
J'aimerais lui dire de venir pour me faire un câlin. Pour vérifier qu'elle est encore à 37°C, tellement elle est blanche. Et juste pour la toucher. Mais je ne peux pas.
Je crève d'envie l'entendre dire quelque chose. Au fond, on devrait partager le lit à deux.

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Mar 7 Fév 2012 - 23:06

C'est marrant la Terre. Vous voyez, quand tout va bien, on n'y pense pas forcément. On sait pour avoir appris à l'école qu'elle tourne autour du soleil en environ 265,25 jours et qu'elle tourne sur elle-même en un peu plus de 23 heures et 56 minutes. Je vous passe les secondes, ce n'est guère intéressant.
Mais la Terre tourne.
On le sait, Galilée nous l'as bien dit, maintenant les scientifiques en sont certains et même l'Eglise a accepté cette vérité là. Elle tourne et c'est tout. On passe des jours à marcher sur elle, sans en être vraiment conscient et pourtant en ayant ce savoir là au fond de nous-même. Mais voilà. Voilà qu'un jour il arrive quelque chose de grave, d'atroce et c'est un peu comme si le monde s'arrêtait de vivre.
C'est à ce moment là qu'on prend conscience que la Terre tourne. Parce que nous on est prostré dans notre malheur et, au moment où on lève les yeux une seconde, on est aveuglé par la joie qui nous entoure. Notre monde s'est arrêté, mais la Terre continue de tourner. Rien ne l'arrêter. Sauf peut-être le soleil qui risque de la faire fondre voir de la vaporiser, mais ça, ça ne sera pas avant plusieurs milliard d'années.
En attendant, elle tourne. Et nous avec. Comme si on était forcé de vivre, de continuer, parce qu'avec le mouvement de notre planète, nous même bougeons. Nous même avançons. C'est comme ça et pas autrement. À un moment la Terre nous regarde et nous dit ça : "Je sais que tu aimerais mourir, je sais que tu aimerais que tout se stoppe, mais je ne compte pas t'attendre. Je compte bouger et toi avec moi. Alors bouge maintenant, parce que toi tu n'es pas mort". Mais Taki non plus n'était pas mort. Et tant qu'il était en vie, ou plutôt entre la vie et la mort, ma Terre à moi ne pouvait plus avancer. Et moi non plus je ne pouvais plus avancer.

Alors je reste à côté de Taki, nuit et jour. Et j'étais justement à ses côtés, dormant dans un fauteuil plus ou moins confortable près de son lit, sans lui lâcher la main. J'étais là, tentant de grappiller un peu de sommeil sur tous le retard que j'accumulais déjà. Et j'ai commencé à rêver.
C'était un rêve étrange, véritablement étrange. Je n'étais plus moi, mais j'étais dans la peau de mon père. Je suis mon père. Je suis lui. Et je suis déchiré. Déchiré entre ma femme allongée sur un lit d'hôpital et une petite fille de 4 ans dont je dois m'occuper. Pas de Rhyan ou d'orphelinat pour le garder, je dois me débrouiller seul. Alors au début on y va tous les deux. On va à l'hôpital ensemble. Mais je vois ma femme, celle que j'aime plus que tout au monde, je vois dans ses yeux la douleur de voir son enfant, sa tristesse. Puis un jour elle n'y tient plus, elle me dit de ne pas venir, pas avec Shybaï...
Alors j'y vais moins. Parce que j'ai personne pour garder ma fille. Parce que j'ai un boulot. Parce que quelque part ça fait mal de la voir sur ce lit d'hôpital, disparaître petit à petit.
Et j'attends.
J'attends ce coup de fil qui va inexorablement arriver un jour ou l'autre. J'attends ce moment où je sais que la voix au bout du téléphone va m'annoncer cette terrible nouvelle. Cette affreuse vérité.
Le téléphone sonne.
Je décroche. Evidemment que je décroche, je ne sais pas encore ce qui m'attends. Je pense que c'est un appel du proviseur ou de mon travail. Peut-être d'un ami. Je ne sais pas. Je décroche et j'entends la voix demander "Mr Artissa ?" et là je sais. Dans le silence qui suit, je saisis les mots, je comprends la fin. "Mr Artissa, elle s'en est allée. Elle est partie".
Voilà, c'est fini. Est-ce un soulagement ? Maintenant au moins elle ne souffre plus... Mais moi ça ne m'empêche pas de souffrir. Une mort reste une mort. Et ça reste douloureux pour ceux qui restent. Que la personne ait 5, 30 ou 90 ans. Ça fait toujours souffrir. Et c'est ce que ça me fait à moi. Parce que je ne comprends pas pourquoi ça m'arrive à moi. Et le pire dans tout ça ?
Elle était seule. Toute seule au moment de sa mort.
Puis passe les jours. Les premiers sont les pires. Je pensais que l'annonce de sa mort me ferait le plus mal, mais ce n'est pas ça. Chaque nouveau coup de fil pour me présenter de quelconques condoléances enfonce le couteau encore plus loin. Voir la souffrance dans ceux qui l'aimait, fait tout aussi mal que ma propre souffrance. On ne partage pas la souffrance des autres, on la copie pour l'ajouter à la sienne.
Mais le pire... le pire je crois bien que c'est les questions de Shybaï. Elle est petite, c'est normal qu'elle ne comprenne pas tout. J'ai pourtant essayé de lui expliquer la mort. De lui expliquer ce que c'était. Alors ma gamine s'est tue un moment avec ses questions et a réfléchis, profondément. Avant de me demander ; "Dis papa, toi tu crois en la vie après la mort ?".
À ces paroles là j'ai explosé. Et la larmes n'en fait plus que couler.

Le rêve se termine sur cette scène là. Cette scène de douleur atroce, cette question enfantine. Je ne sais pas si cette scène a vraiment existé ou si c'est juste un travail de mon imagination, mais ça n'empêche pas que ça fait mal. J'ouvre les paupières, le coeur déchiré et comprenant un peu plus les actions de mon père et son comportement d'alcoolique. J'ouvre les paupière et ce que je vois est un Taki plongé en plein coma.
Putain ce que ça fait mal.

Et les jours continuent à passer sans vraiment que je puisse les voir. Un jour - un lundi, un mardi, un mercredi ou autre chose, je ne sais pas, je ne sais plus, ça fait bien longtemps que j'ai perdu toute notion du mot "temps"-, les parents de Taki et moi descendons manger un sandwich à la cafétéria. Quinze minutes, pas plus, je ne veux pas abandonner Taki trop longtemps. Alors on remonte entre les couloirs blanc cachet d'aspirine de l'hôpital.
C'est au moment où je pousse la porte que ça arrive. Je n'ai même pas fait deux pas que je vois les yeux ouverts. Que j'entends la toux. Et que moi, je reste paralysée.
Les parents Kido eux n'ont pas le même réflexe. Ils se précipitent sur leur fils, lui apportant un verre d'eau, du soutien, de l'amour. Et moi je reste là, bloqué debout dans cette chambre d'hôpital, sans quitter ses yeux qui m'ont tant manqué et qui semblent être braqué sur moi. Je crois qu'à ce moment je n'ai pas encore réaliser. Que le cauchemar est en train de prendre fin. Enfin.
Puis tout se débloque. Les larmes, les gestes, les paroles. Je me précipite vers mon fiancé des larmes pleins les joues et des mots pleins la bouche. Je ne sais même pas si ce que je dis est compréhensible, mais je m'en fous. Je lui prends sa main et je le regarde droit dans les yeux sans cesser de parler.

- Plus jamais. Oh non, ne me fais plus jamais ça, d'accord ? Ça fait trop mal, vraiment un milliard de fois trop mal. Alors plus jamais, parce que je ne suis pas sûre que je tiendrais le coup une deuxième fois. Plus jamais, jamais, jamais. D'accord ? Jamais.

Mes yeux sont emplis de torrent. Moi qui croyais avoir dépenser toutes les larmes de mon coeur ces derniers temps, j'étais loin du compte. Ce sont des larmes de joie, de bonheur. Un peu d'anxiété aussi. Taki ne peut pas parler, il a la gorge trop sèche pour cela, c'est le docteur qui l'a dit. Mais le docteur a aussi dit qu'il pourrait avoir des séquelles mentales.
Ne plus se souvenir de moi par exemple.
Mais ça, je ne le supporterai pas.

- Je t'aime Taki. Et Hana et Jace aussi ils t'aiment. Je savais que tu allais nous revenir, je le savais. Parce que tu n'avais pas le droit de mourir, tu n'avais pas le droit de nous abandonner. J'ai besoin de toi. Et tes enfants, nos enfants, ils ont besoin d'un père. Je t'aime tellement.

Et je passe une main tremblante le long de son visage.
J'ai peur. Peur parce que je vois la fin d'un cauchemar, la fin de cette longue et insupportable attente où le monde entier est en arrêt. Sauf que le monde a recommencé à tourner. Ou a exploser. Je ne sais pas encore. Mais j'ai peur d'entrer dans un nouveau cauchemar encore.

Et si il m'avait... oubliée ?

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Dim 12 Fév 2012 - 11:05

Résumé d'un présent,
résumé du futur.


Matin. Matin chéri que j'aimerai ne jamais quitter. Les couettes, c'est la meilleure chose qui ai jamais été inventée. C'est tout doux, c'est tout relaxant, et ça a le bonus d'être chaud, en particulier quand on est en-dessous. En fait, si je devais baptiser une période de la journée, je prendrais la matinée. Quoi qu'à bien y réfléchir, ce serait plutôt la soirée la meilleure partie. Vous voyez le truc? La soirée, c'est lorsqu'on vient de terminer une journée, qui, pour la plupart du temps, se trouvait être fatigante. Voir très fatigante. Et le soir, on rentre chez soi, on range la voiture dans le garage, qui se ferme automatiquement, parce que la modernité, c'est la liberté. Espace pub, merci. En tout les cas, c'est quelque chose de magnifique. On se prépare un petit ou grand truc, en fonction de si on a faim ou non, si on a une femme enceinte au foyer ou non qui ne tardera pas à accoucher et que ça vous fait peur jusqu'aux tréfonds de votre âme ou non, et... bref. On a toute la soirée devant soi, et tant que l'horloge n'affiche pas demain, on se pense encore aujourd'hui et on se dit qu'en fin de compte, on a le temps. Le temps de faire ce qu'on veut. Le temps de dormir aussi. Vous saviez que la majorité des personnes s'endormaient en 7 minutes à partir du moment où elles étaient couchées dans leur lit, sous les couettes accueillantes et le pyjama large? Et vous saviez que vous aviez environ 1 chance sur 1 000 000 de vous tuer en vous levant de votre lit le matin? Non? Eh bien, vous savez quoi? Ne vous levez plus le matin, vous ferez diminuer les pourcentages des idiots qui ont bien pu vouloir faire ce sondage ou cette expérience pourrie.

En bref, la soirée, vous n'avez pas à mourir en vous levant, étant donné que vous vous couchez. Et c'est justement parce que le soir est passé depuis un certain temps et que ma flemme m'empêche de bouger un petit doigt que mes yeux se décident à s'ouvrir. La lumière perce à travers les couettes pourtant épaisses. Je fais des nuits très agitées, à tel point que même Miyu dort inconsciemment plus loin de moi. Il faut dire qu'il y a largement la place pour une troisième personne. Sauf qu'en ce moment, dès que je pense à troisième personne, mon cerveau fait tilte. Tilte. Il me nargue, il me violente, me rappelle à la réalité. Bébé. Amen, bébé. Source de traumatismes pour de nombreux parents. Plus de sieste, donc plus de soirée tranquille. Ça va brailler, ça va chialler, ça va roter et cacater. Bref, ça va me faire chier. Mais comme papa Ren va être gentil, comme papa Ren il n’aura pas le choix, ben papa Ren il va bercer, il va changer les couches et il va aider. Et papa Ren il dit à l'enfant de pas se pointer trop tôt. Parce que papa Ren il a pas encore fait son enterrement de vide garçon. Et que papa Ren en fait à l'origine il était pas okey pour t'avoir. Papa Ren il est... fatigué. Il a pas dormi, parce qu'il pense trop à toi justement. Et ça l'énerve beaucoup, tu sais. Alors il aimerai bien que tu restes dans le ventre de ta maman et que tu joues pas les lecteurs de rêve dans la tête de papa. Parce que papa il aime bien dormir.

J'inspire. Je soupire. L'un après l'autre. Et je réitère. Je fixe l'horloge qui transmet l'image sur le plafond. Ah... il est encore tôt, j'ai le temps. J'ai... le... temps... Mais! Je ne me rendors pas, parce que je vais dormir et que je vais finir par être en retard. Je dépose un baiser sur le front de mon ange, et me décide à me lever. Oui, je me décide, parce que le temps que l'information se projette jusqu'au cerveau, il va me falloir un certain temps. Vous avez déjà étudié le système nerveux? C'est un gros bordel, ça aussi. Je dois avoir un sérieux problème avec mes neurones, parce que j'ai beau vouloir me lever je n'y arrive pas. Et voir le visage angélique de Miyaki à mes côtés n'arrange rien. Elle dort. Elle, elle dort bien, y'a aucun problème. Elle a des beaux cheveux. Je me demande comment elle est pas réveillée par la lumière. J'étais tellement fatiguée hier que j'ai oublié de fermer les volets. Résultat, y'a juste les rideaux qui masquent la blancheur immaculée de l'extérieur. Car... oui, il neige. À mon plus grand déplaisir, certes. J'ai envie d'être râleur aujourd'hui. Ne serait-ce que pour en vouloir à l'enfant qui m'a empêché de dormir. C'est d'un déprimant, tout ça.

Je suis... encore dans mon lit. C'est lent. C'est vraiment lent, cette connexion. J'ai l'impression de revenir en arrière dans le temps, quand il y avait encore le 56k et l'ADSL pour Internet. Que lorsqu'on n'était pas en possession de cette fameuse ADSL, il fallait se connecter à un fichu truc qui faisait un bruit affreux. Je m'en souviens encore. C'est pas comme si je pouvais l'oublier un jour, en fait. Et c'était lent. Affreusement lent. Mais heureusement, on a inventé la Wifi, puis la fibre optique. Quand je vous disais que la modernité, c'était la liberté, en fait j'avais pas si tort. Si mon cerveau jouait pas l'Internet 56k, je serai déjà en train de me préparer un café. Mais peut-être qu'il faut aussi de la volonté. Parce que j'avoue que rien que la tête de certains de mes élèves suffit à me rebuter pour une année -n'exagérons rien, c'était juste pour la rime-. Parlons plutôt d'une journée, même si la chose peut probablement se compter en mois. Enfin, là n'est pas le sujet. J'observe ma couette d'un air las. Oui, d'un air las. C'est tout à fait le cas. En fait, si je l'observe, c'est parce que justement je n'ai pas encore la volonté pour me lever. C'est blanc. Comme la neige qu'il y a dehors. C'est blanc avec des motifs chinois, oui tout à fait, chinois, eux, noirs. J'ai pris cette housse de couette par défaut, parce que l'autre est dans la machine à laver. Et que j'attends d'avoir suffisamment de choses à laver pour lancer la machine. Et comme c'est pas le cas, je vais pas attendre. Normalement, ce devait être une superbe housse de couette avec des cerisiers en fleur. C'est ma grand-mère qui me l'a offerte il y a longtemps. Quand j'étais... plus jeune.

Passons, je fixe une dernière fois Miyaki qui ne se lèvera probablement que trois heures plus tard que moi, si ce n'est plus. La musique de mon portable ne semble même pas l'avoir dérangé. Au moins elle, elle dort bien. Je souris et passe une main dans mes cheveux. Enfin, mes pieds sont posés par terre. Je ne suis pas mort. Une bonne chose de faite. Je me lève en silence, prend mon portable et le fourre dans ma poche arrière de pantalon. Il vaut mieux qu’il évite de sonner une deuxième fois. Je m’approche de la fenêtre et ferme les volets. Je l’ai dit, la modernité c’est… oui. Vous savez. Donc puisqu’il me suffit d’appuyer sur un bouton pour les fermer, de un, ça ne fait pas de bruit, et de deux, je n’ai pas besoin de me cailler les miches. Je sors de la chambre et commence à me préparer. Si un soleil radieux m’attendait au-delà de la porte d’entrée, je serai probablement sorti de bon cœur. Le problème, le véritable problème est que le soleil est caché par les nuages, que la luminosité est à peine pourtant tenable, et que la neige elle-même semble vouloir m’empêcher de prendre ma voiture aujourd’hui. Donnons un seul contre exemple du fait que la modernité n’est pas forcément signe de liberté. Vous voyez, à cette époque, tout est électronique. Et lorsque la Nature y met du sien, en général, ça donne des choses assez méchantes. L’électronique est en panne, c’est impossible d’ouvrir le garage. C’est joyeux. Je soupire profondément en observant l’extérieur, une tasse de café à la main. Le gaz a beau avoir augmenté, moi, je ne peux pas me passer de cette chaleur tant familière. L’Ecosse, c’est déjà naturellement froid. Et je viens d’un pays où il fait en général, ne serait-ce qu’un peu plus chaud.

On finit de se préparer. Plus que quelques minutes avant de devoir partir. Et pourtant, j’ai la fâcheuse impression que le garage ne va pas vouloir s’ouvrir. La température a chuté d’un seul coup en l’espace de quelques jours. Tous les médias en parlent. Et moi, je le vois à contre cœur. C’est dur. J’ai beau avoir une forme fusionnelle qui adore la neige, ou qui vit, dans des conditions normales d’existence, avec elle toute l’année, je ne peux pas m’empêcher, moi, l’humain, de ressentir le chaud comme une bénédiction. Nous parlerons donc d’un léopard des neiges frileux. Bien qu’il ne soit normalement pas adapté à ce genre de caractère. Je sors, armé d’une écharpe qui fait au moins trois à quatre fois le tour de mon cou et qui monte facilement jusqu’au nez, un long manteau qui descend lui jusqu’aux genoux, et des gants en cuir blanc. Dois-je bien sûr préciser que j’ai pris l’artillerie lourde au niveau des vêtements. Quand il fait froid, plus de pitié pour les beaux habits, on prend au plus pratique. Pantalon bien chaud avec haut en laine comprenant plusieurs couches de vêtements que je ne tarderai pas à enlever progressivement lorsque je serai arrivé à l’orphelinat. Et bottes. Bottes montantes noires. Ça fait un peu féminin, mais personnellement, j’y suis habitué. Je fixe ma porte de garage avec suspicion. C’est le moment de vérité. Maintenant ou jamais. J’ouvre le petit boitier sous clé collé contre le mur et appuie sur l’interrupteur. Ah… ahh ? Ça s’ouvre, miracle. Miracle qui malheureusement ne dure pas… plus de dix secondes. La porte se bloque à mi-chemin. À vrai dire, c’est juste l’espace idéal pour me narguer. Juste assez pour que je puisse passer. Pas assez pour que sorte la voiture. Allons bon, je ne vais pas me faire avoir par de la technologie ! Je passe ma tête sous la porte, pour être sûre que ça ne descende pas d’un seul coup par je ne sais quel stratagème hivernal. Je passe la porte. Observe la voiture. Observe le froid glacial de l’extérieur. Encore quelques petits échanges visuels, puis je me décide à ouvrir manuellement la porte du garage. Je le sens mal. Les trucs électriques, c’est pas vraiment fait pour être ouverts en forçant. Mais j’ai besoin de ma voiture. Alors, je force sur le mécanisme, qui, après un magnifique craquement sonore, cède enfin. Je me demande si je vais réussir à tout refermer… Mais là n’est pas la question. J’ouvre la portière puis démarre en trombe. Mauvaise idée, plaque de verglas au sol, la voiture manque de se prendre l’arbre qui permet de sortir de la maison. Je suis maudit aujourd’hui.

Arrivée à l’orphelinat. J’ai déjà chaud, et le chauffage tourne d’ailleurs à plein régime. Quand je vais sortir, je vais éter… ATCHOUM !... nuer. J’aime pas le froid. Comme j’aime pas la neige. C’est blanc, ça fait mal à mes petits yeux. Alors je me dépêche d’entrer dans l’orphelinat. Je ne suis pas le seul à souffrir des multiples troubles du comportement liés au froid. Vous savez, ces tremblements qui vous prennent, ces claquements de dents incontrôlables, ce nez qui s’enrhume, ces balbutiements et cette discordance entre le « b » et le « p ». Les joies de l’hiver. Heureusement, je ne suis ni grippé, ni enrhumé. Quoique à force d’alterner chaud /froid, je vais finir par vraiment tomber malade. Mais c’est pas possible, hein que c’est pas possible ? Je pose mes affaires dans ma classe, me mouche une fois. Me mouche deux fois, puis trois. Trois fois. Bébé… Je sens que je vais m’amuser si j’essaye de trouver tout les mots qui se rapportent à mon esprit à « gosse ». Je me demande si les dépressions pour papa en difficulté parental existent. Je devrais faire parti de cette catégorie. Takeji lui… lui il en fait pas parti. Je suis venu les voir, lui, Shy et les deux mômes qui ressemblent encore à rien. Je vois pas comment on peut trouver chou un truc de ce genre. C’est moche. Nan, c’est vraiment pas mon truc. Mais comme les deux parents avaient l’air à fond sur les moindres faits et gestes des garnements, j’ai finit par accepter de les considérer comme de vrais humains. C’est dur ce que je pense ? Pourtant, je le pense très fort même. Takeji a su, je ne sais toujours pas comment, que j’allais être père. On a beaucoup, énormément discuté. Enfin, je devrais plutôt dire qu’on a discuté entre ses allées et retours bébé/moi. Il a finit par en installer un sur ses genoux. Shy prenait l’autre. Ça avait l’air tellement galère que j’ai même pas osé en prendre un. Je pense que le mien me suffira amplement. Largement même. Enfin bref, j’ai vu que Take avait l’air fasciné par ses enfants. J’espère être comme ça, personnellement. Parce que je conçois finalement à contre cœur qu’avoir un parent qui ne t’aime pas, c’est dur à vivre. Je le sais pour l’avoir vécu au moins durant un court instant. Alors, au comble du bonheur de ma future fille, je souhaite de pouvoir l’aimer. Ça y est, c’est dit, je peux aller m’enterrer dès aujourd’hui. Le plus tôt sera le mieux. Mais bon. Je vois mes élèves arriver. J’ai curieusement pas envie de faire cours. Je me sens maudit. On peut dire que l’épisode du verglas me reste en travers de la gorge. Heureusement, la voiture n’a rien eue. Mais j’ai eu vraiment peur. Quelle idée de mettre une plaque de verglas devant mon garage aussi. La nature aurait pu la mettre dans le jardin, sur la terrasse. Mais non. Quoiqu’il y en a peut-être une sur la terrasse en fin de compte. Et pour ne pas mentir, j’ai failli dévier ma trajectoire à plusieurs reprises. Ça glisse. Et je déteste perdre le contrôle de mon véhicule. Comme la majorité des personnes je pense. C’est comme caler.

Les cours se terminent et moi… moi j’ai envie de rentrer chez moi, de faire un câlin à Miyu, de donner la pâté pour chat à Rin, de donner à manger aux autres squatteurs de la maison accessoirement. Et de dormir sans rêver d’elle. Si j’apprends d’ici dix ans que ma fille était lectrice de rêves, je pense que j’irai crier au scandale. Parce que ça aurait voulu dire qu’elle m’avait vraiment obligé à faire des cauchemars étranges qui la concernait pour m’empêcher de dormir. Je tourne la tête à droite puis à gauche. Les élèves ont désertés la classe. Il n’y a pour ainsi dire, plus âme qui vive. C’est normal, mais ça me rend tout triste d’un seul coup. Ça fait plusieurs semaines que Nephilim ne s’est pas pointée à l’orphelinat. Et ça, en tant que tuteur, j’ai beaucoup de mal à l’assimiler. Je pense qu’elle va bien. Elle m’a envoyée un message de son portable il y a environ une semaine. Mais depuis, plus de signe de vie. D’un côté, je pense qu’elle va bien. Elle n’est pas du genre à suivre un inconnu… enfin je crois. Et puis, comme je ne l’ai plus à la maison, je peux me concentrer totalement sur Miyu. On a déjà mis une chambre, juste à côté de la nôtre, pour le bébé. Elle n’est pas très grande, mais c’est mon ange qui a voulu ça. J’ai pas bien compris, donc j’ai pas insisté. Plus tard, on pourra toujours agrandir un peu plus quand l’envie se fera sentir. Mais pas pour le moment. Je range mes affaires en silence. Silence de plomb troublé par des chuchotements que mon oreille de léopard a entendu. Oui, mon pouvoir fait un peu des siennes en hiver. Et j’avoue que j’ai pas toujours plein contrôle dessus pendant cette période. Mais en général, c’est toujours pour une raison. Ça vient de la salle des profs qui est juste à côté de ma salle. Je fronce les sourcils, comme c’est souvent le cas lorsque je sens le coup foireux arriver.

Je passe la porte de la salle. Quand les deux profs me voient débarquer, la discussion se stoppe nette. J’ai souvent l’air parano, à penser qu’on me cache quelque chose, mais il faut avouer que des regards fuyant et une discussion qui se stoppe dès son approche, c’est un peu suspect. Et moi, dans ces cas-là, je ne joue pas la carte de la gentillesse, mais plutôt de la persuasion. Durant un maigre instant, mes yeux dérivent jusqu’à ceux du léopard, mais je le stoppe d’un battement de cil. Je n’irai pas jusqu’à me battre pour une simple information. Je m’approche du plus petit prof, parce que j’assume tout à fait d’être plus petit que le gigolo à ma droite. Je rentre dans la discussion stoppée. Aucune phrase ne sort de leur bouche. Ils entament une nouvelle discussion. Nouvelle, je la remarque par l’enthousiasme dont ils font preuve. Enthousiasme qui n’était pas présent avant mon arrivée. Ces profs-là, je ne leur parle pas souvent. Et je ne tiens pas à me faire une mauvaise réputation auprès d’eux. Mais s’ils insistent, je peux me montrer très, très méchant. Le plus petit se dérobe derrière le grand. Position inconfortable, je dois lever les yeux. J’aime pas lever les yeux. Mais il ne m’impressionne pas. C’est quel prof déjà ? Je sais plus. Ces deux là, ils sont toujours ensemble, donc on les voit pas souvent. Très rarement, pour ainsi dire. Je me demande comment Mystery fait pour tous nous reconnaître. Peut-être qu’avec son pouvoir elle peut… STOP ! C’est pas le sujet du tout là. Ma curiosité et mon anxiété me ronge au fur et à mesure du silence prolongé des deux hommes. Je vais leur tailler un slip s’ils continuent comme ça. Ils me demandent mon prénom. Je le leur donne sans aucun problème, puisqu’à vrai dire, je n’ai qu’une maigre connaissance des leurs. Ils se regardent. Ils se taisent. Je vais finir par péter un câble. Rapidement. Sans vraiment m’en rendre compte, je saisis le col du plus grand. Je n’ai absolument pas peur des représailles quand je pense aux causes de leur mutisme. J’ai l’impression que c’est vraiment centré sur moi. Ou dans mon entourage. Dans tous les cas, ça ne m’arrange pas. Je ne lâche pas prise, resserre mon étreinte. Le prof se tait encore. Puis quelqu’un déboule derrière moi. Je reconnais Kim, la prof de géo. Elle a l’air encore toute essoufflée. Et moi, évidemment, je ne comprends pas pourquoi tout s’agite subitement autour de moi alors que j’étais dans une classe vide auparavant. Je ne relâche pas mon emprise, car j’attends à vrai dire la phrase que Kim s’apprête à prononcer. Car je suis sûr qu’elle est à mon attention.

-Alex, Phil, vous avez rien dit ? –Ils hochent négativement de la tête, Kim tourne son regard vers moi, hésitante, puis lâche le reste d’une traite.- Ren, Takeji est à l’hôpital. 

Elle se tait. En fait, je crois que tout le monde est silencieux. Moi le premier. L’emprise sur Alex se relâche. Doucement. Comme s’il s’agissait à présent d’un tissu aussi vieux que le monde. Mes yeux restent fixés sur Kim. La douce Kim, certainement aussi gentille que Shy. Shy… Dans quel état doit-elle être ? Depuis quand savent-ils tout ça ? Pourquoi personne ne m’en a parlé ? Je n’ai pas le droit d’être au courant ? C’est une blague ? Une blague de mauvais goût. De très, très mauvais goût. J’essaye d’ouvrir la bouche, mais rien n’en sort. J’avale ma salive avec difficulté, comme s’il s’agissait subitement de béton qui ne tardera pas à se solidifier dans mon estomac. Take… à l’hôpital ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Il était en mission nan ? Il aurait pas dû rentrer ? Il s’est passé quelque chose de grave ? Je m’approche de Kim. D’un air plutôt détaché de la situation, je lui demande comment il va. Elle ferme les yeux avant d’ajouter finalement ces mots :

-Les médecins ont préférés le plonger dans le coma. Ils ignorent encore quoi faire. Les blessures sont sérieuses.

… Dans mon esprit, c’est un vide total. Puis une brusque montée d’adrénaline. Un refus catégorique. Une fatalité. De nouveau, un refus. Une sensation très chaude. Un agacement. Puis l’énervement. La rage, la colère, la violence. Un entremêlement de sensations, d’émotions. Puis de nouveau un vide. En l’espace d’un certain temps. Un temps comprit entre un temps et un autre. Une durée indéterminée. Un vide. Take. Tu peux pas faire ça. T’as du respect pour tes gosses, purée ! Ils ont même pas l’âge de pouvoir comprendre quoique ce soit ! J’veux pas de tes gosses à l’orphelinat, merde ! Tu me fais pas ce coup-là, hors de question ! Tu joues pas au yoyo entre la vie et la mort, tu reviens, point ! Je devrais dire quoi, en tant que meilleur ami, hein ?! Ouais, je te vois moins souvent, ouais, t’es avec ta copine, ta femme, c’est normal. Tout est normal. Ce qui est pas normal, c’est qu’il t’arrive à toi ce genre de choses. T’es censé être quelqu’un de super joyeux, de super sympa, d’incroyable, de rayonnant, alors nan, il peut pas t’arriver une chose pareille. Si un quelconque Dieu est là, il doit revoir sa liste de morts, il doit barrer Takeji Kido. Ou même carrément pas l’y mettre. C’est pas possible. Impossible, tout à fait. Alors, par respect pour tes gosses, pour ta femme, ton meilleur ami, tes amis, tes élèves, tes collègues, ton maître, tout le monde, tu ne dois pas crever. Tu connais trop de monde pour pouvoir quitter la terre maintenant, d’accord ? Si t’as compris, tu bouges tes fesses et tu te forces à ouvrir les yeux ! Y’a beaucoup trop de gens qui attendent ton réveil. Moi compris.

Je suis descendu au rez-de-chaussée. J’ai totalement ignoré mon ami le froid d’hiver qui gèle les mains avant même d’y songer. Je suis rentré dans la voiture et j’ai allumé le moteur. Ma tête est tombée raide sur le volant. J’avais les yeux grands ouverts. Aucune trace de ma forme fusionnelle. Non. C’était un grand vide. Aussi vide qu’un trou noir s’approchant d’une nébuleuse. Les larmes n’arrivaient pas à couler, car à vrai dire, il fallait penser pour pleurer. Or, je ne pensais absolument à… rien. Mes yeux se sont fermés. Et là, c’était très étrange. Au lieu de voir l’obscurité de mes paupières, j’ai vu quelque chose de bien plus profond. De bien plus sombre. J’avais l’impression de tomber dans mes paupières. C’était très étrange comme sensation. Ce n’est qu’après m’être brutalement levé par un à coup du moteur et avoir fatalement regardé l’horloge de mon tableau de bord que j’appris qu’un petit somme était venu se pointer. Appelons ça plus communément tomber dans les pommes.

Tout s’est ensuite accéléré. J’ai décidé qu’il était temps de rentrer. Rentrer pour repartir évidemment. Je n’ai fait le saut à la maison que pour voir si Miyu était bien réveillée. Je n’ai pas voulu l’effrayer parce qu’elle est très sensible en ce moment alors je lui ai doucement fait comprendre que Takeji était à l’hôpital, sans lui dire qu’il n’allait, pour ainsi dire, vraiment pas bien. Je n’ai pas pris la peine de ranger la voiture, étant donné que je sortais l’instant d’après. J’ai simplement foncé sur la voie rapide pour m’éviter la route verglacée et aller plus vite. Apparemment, la source de cette tragédie ne venait pas d’aujourd’hui. Je me demande comment je n’ai pas pu être au courant plus tôt, alors que tout l’orphelinat semblait le savoir. J’ai foncé, foncé jusqu’à arriver à l’hôpital. J’ai monté les marches quatre à quatre sitôt avoir su la chambre dans laquelle résidait mon ami. Shy était là, silencieuse. Moi non plus je n'ai pas osé parler. Elle s'est à peine retournée pour me voir. Shy... Il y avait un drap tiré comme les cabines de douche. Derrière un lit. Des machines et des lumières. Du bruit. J’ai aussitôt ralenti ma course. Je suis resté sur le pallier. Je le voyais, d’où j’étais. Cette pâleur livide. Cette expression trop tranquille, assez anormale, sur son visage. Des yeux clos, qu’on avait du mal à penser fermés aussi longtemps. Ce n’était pas dans mes habitudes de le voir ainsi. Il en devenait presque un spectre. J’ai franchi aussitôt le pallier, chassant ces idées. Il avait tout plein de matériel avec lui. Matériel qui le maintenait sûrement en vie. J’ai hésité à prendre sa main. Je craignais de sentir une fraîcheur anormale. Je ne voulais pas le voir comme ça, et pourtant mes yeux n’ont cessés de fixer cet homme étendu sur le lit blanc. Il était presque enseveli de bandages. On aurait dit une momie. Tout à fait inconcevable. Je refusais de l’associer à Takeji. Je refusais de l’associer à mon meilleur ami. Je refusais d’y croire, et pourtant la réalité m’imposait sa vue. J’ai fermé les yeux et je me suis assis. Je n’ai pas parlé un seul instant. J’ai juste observé. Je suis resté ainsi plusieurs minutes, une trentaine de minutes peut-être. Puis, je me suis levé. Le bruit des machines m’insupportai. La vue d’un Takeji silencieux m’insupportai. Tout m’énervait. J’aurai pu pleurer, mais tout ce qui venait, c’était la colère. La culpabilité. La violence. Le refus total de la réalité. Même en étant en face. J’ai posé ma main sur la porte, à deux doigts de vaciller, je me suis retourné et j’ai lancé, sans un seul sourire :

-Take, si tu meurs et que tu deviens un fantôme, je te jure que je m’occuperai personnellement de ton cas.

Oui. Quand bien même je devrais te pourchasser sur des kilomètres, je m’occuperai de toi. Je suis sortit. Puis, je me suis pincé la lèvre. Réaction futile, j’ai voulu crier, me défouler. Si la première volonté n’a pas été exaucée, en tout cas, la deuxième s’est réalisée. À peine sorti, j’ai laissé la voiture en plan et j’ai posé toutes mes affaires dedans. Je me suis éloigné de la ville, clé en bouche, sous forme d’ocelot, puis j’ai finit par me changer en léopard et j’ai dévalé les plaines d’Angleterre. Autant dire que ce fut l’un des plus long parcours que j’ai jamais fait. J’étais tellement fatiguée au final qu’une fois rentré dans la voiture quelques heures plus tard, je n’avais plus la force de faire un pas. J’ai allumé mon portable à la hâte, en observant environ vingt trois messages de Miyu dont environ une dizaine d’appels venant de cette même personne. J’ai soupiré puis je suis rentré, encore une fois vidé de toute énergie. La soirée s’annonçait longue. Et pourtant, je n’avais qu’une hâte, qui était dormir. Retrouver mes couettes qui me paraissaient bien lointaines. J’eus l’impression d’avoir vécu une journée de quarante huit heures. Peut-être plus. Ce n’est qu’en fixant au hasard ma montre que je me rendis compte que pratiquement cinq heures s’étaient écoulées. Miyaki n’a pas insisté cette soirée-là. Elle me savait mal à l’aise, et surtout exténué. Cela lui suffisait. Je lui ai simplement offert un baiser, puis je me suis nourri, démaquillé, douché puis je suis parti dormir.

Deux semaines, trois semaines, je ne sais plus combien de temps s’est écoulé. À vrai dire, j’avais un peu perdu la notion du temps. Quelques jours après l’hospitalisation de Takeji, j’ai reçu un message attestant du bon rétablissement de ma mère. De nouveau, je fus empli de différentes émotions, bien que celles-ci soient plus positives que précédemment. J’ai profité de cette opportunité pour prendre un voyage jusqu’au Japon. Il faut le dire, j’avais surtout besoin de me reposer. J’assurais pourtant bien mes cours, mais le moral ne suivait pas. Il était au plus bas. Je me suis donc envolé pour mon pays natal. J’ai décidé de laisser Miyaki en Écosse, préférant lui éviter tout moyen de transport. Et puis, je voulais simplement voir mes parents, donc cela ne valait pas le déplacement pour elle, étant donné qu’elle n’était qu’à moitié concernée. Suite à ça, je me suis rapidement dirigé vers l’hôpital. J’y ai vu ma mère, qui allait beaucoup mieux. Elle aussi, elle avait connu le coma. Tout comme Takeji. Mais elle s’en était sortie, elle. Rien n’était encore joué, certes, mais je ne pouvais m’empêcher d’éprouver une certaine peur. Elle n’avait rien sur le point psychique. Enfin… si bien sûr, quelques problèmes pour s’exprimer en début, mais c’est rapidement revenu. Non, je crois que le pire, c’est sur le point physique. Mère est partie en rééducation. Mais les médecins ont observés à regret qu’elle se trouvait paralysée d’une jambe. Ce qui signifiait fatalement qu’elle terminera sa vie en fauteuil roulant. Pour une dirigeante d’entreprise, ce fut la grosse merde. Sitôt le langage récupéré, ma mère commença à en vouloir aux médecins. Malheureusement, ces derniers n’y étaient pour rien. Alors elle en voulut à son chauffeur, qui, lui, n’avait pas survécu au drame. C’était si simple. Si puérile de remettre la faute sur les morts. Ils n’y pouvaient plus rien. Elle hurla. Elle voulait récupérer ses jambes. Je me suis isolé avec mon père. Je pensais pouvoir retrouver la chaleur familiale, mais je l’ai cherché en vain. Mon père affichait une mine sévère. Je croyais bien voir les traits de ma mère à travers son regard. C’était très étrange. Je crus qu’il m’en voulut d’être présent. D’avoir accouru pour voir ma mère. Mais il se tut. Il ne dit pas le moindre mot. Il posa sa main sur mon épaule et m’encouragea à poursuivre dans la voie qui me plaisait. Qu’il s’engageait à reprendre la firme si jamais mère n’était plus en capacité de pouvoir le faire. Je n’y pensais plus mais je fis semblant de le remercier. Peu de temps après, je suis entré dans la chambre de ma mère. Elle peina à me reconnaître. Puis, elle me demanda d’approcher. J’hésitai. Énormément. Je voulais fuir son regard, sans y parvenir. Je voyais encore les machines qui l’avaient tenue en vie si longtemps. Ils n’avaient rien enlevé. Avaient-ils peur d’une rechute ? Étais-ce même possible ? Je l’ignorais. Je ne le souhaitais pas. De tout mon cœur. Mon rythme cardiaque s’intensifia. Je repensais à Takeji. Je ne voulais pas qui lui arrive quelque chose. Je ne voulais pas qu’il finisse paralysé alors qu’il était plus jeune que moi. Je ne supporterai pas d’avoir un frère de cœur paralysé. Ça me ferait trop mal. Mais je ne veux pas non plus l’avoir pour mort. Je le veux plein de vie et d’énergie à revendre. Sinon, ce n’est plus Takeji.

Ma mère me demanda d’ouvrir les yeux que j’avais naturellement clos sous l’emprise de mes souvenirs. J’obéis sans peine, trop heureux de quitter ces mauvais sentiments. Je m’approchais d’elle. Elle prit ma main. J’inspirai. Je tremblais à moitié. Me demanda si je ne lui en voulais pas trop. Comment aurais-je pu en vouloir à une femme alitée ? Qui en plus était ma mère ? J’en étais absolument incapable. En gage de réponse, je vins poser mes lèvres sur le front transpirant et plissé de ma mère. Après un sommeil aussi intense, je me demandais comment elle pouvait être aussi fatiguée. Étais-ce si dur de respirer ? De vivre dans ce monde ? Probablement. Elle avait radicalement changée en vérité. Elle était si faible qu’elle n’avait aucune énergie à revendre. Vivre constituait pour elle une épreuve qu’elle devrait éprouver une nouvelle fois jusqu’à sa mort. J’espère qu’elle reprendra rapidement des forces. Elle me sourit, et moi, je ne peux m’empêcher de fondre dans ses bras. Toute cette haine accumulée contre elle depuis tant d’années m’a laissé sans aucune possibilité de lui montrer mon amour. L’amour d’un fils pour sa mère. J’ai décidé de rentrer quelques jours plus tard.

Ça va bientôt faire une semaine que je ne suis pas allé voir Takeji. Je ne veux pas déranger Shy qui doit être à son chevet de nombreuses heures par jour, si ce n'est constamment. Je n’aime pas déranger dans des situations aussi délicates. Bien que mon envie de le voir se fait plus pressante chaque jour. Aujourd’hui justement, j’ai décidé de prendre la voiture. Mais comme chaque jour depuis un certain temps, il neige. Le garage n’est toujours pas réparé et pourtant bien cassé. Et les centimètres s’accumulent et rentre dans l’enceinte bétonnée. Ma voiture elle-même est touchée par les flocons d’un froid intense. Sachez pourtant que mon garage est très profond. J’ai sorti les vraies bottes molletonnées en poil de mouton parce que je commence à avoir du mal à supporter cette neige. En fait, quand je sors, je passe le plus clair de mon temps en forêt sous forme de léopard, pour la simple raison que je suis totalement incapable de réfréner les envies de ma forme fusionnelle. D’ailleurs, si vous voulez vraiment savoir, je suis actuellement en pleine forêt, alors que sept heures du matin vient à peine de sonner dans l’église de Little Angleton. Et si j’ai parlé de prendre la voiture, c’est bien parce que je n’ai pas l’intention de courir jusqu’à Londres ou je ne sais où pour voir Takeji. Je favorise toujours la voiture aux pattes, en fonction de la longueur de la trajectoire. Et pour le coup, la trajectoire est plus que longue, et plus qu'éprouvante et plus que.. vous m'aurez compris. Quoiqu'il en soit, je dois aller voir Takeji. C'est une question de vie ou de mort. Ce n'est d'ailleurs plus dès lors une question, mais plutôt une affirmation. Je dois aller le voir. J'ai l'impression qu'aujourd'hui est mon jour de chance, et en général, qui dit chance pour moi dit chance pour ceux qui m'entourent. Et la personne sur laquelle j'ai envie que ma chance se répercute, c'est bien Takeji. Je ne crois pas aux miracles, mais il est vrai qu'en période de grand troubles, j'en arrive à me surprendre d'y croire. Bref.

Je prends donc cette fichue voiture, et la fait démarrer en trombe. Vroum, vroum. Hrm. Je crois que le froid atteint mes parties nerveuses. D'ici vingt à trente minutes, je serai à l'hôpital. Je vais finir par la connaître par cœur. Moi en premier, puis Takeji et enfin Miyu pour l'accouchement. Je vais connaître toutes les parties. Absolument toutes. Je pense que c'est le destin qui m'invite à me faire soigner. Mais comme je ne suis pas malade, je me passerai gentiment de ses services. Et voilà, fin de l'explication. J'arrive à la maison du bien et pourtant qui se rapporte à moi du diable. Brr. J'en ai la chair de poule. C'est comme s'il y avait une barrière dans l'hôpital qui m'empêchait de me sentir à l'aise une fois dedans. C'est très... étrange. J'inspire, j'expire, puis poursuit ma route. Neige de mince. C'est tout blanc. Et mes yeux ils aiment pas le blanc, même s'ils le sont à moitié. Je me présente à l'accueil. On m'annonce la chambre de Taki que je connais déjà, mais c'est par simple mesure de précaution. Je me balade... enfin, j'avance dans les couloirs jusqu'à me présenter devant la porte de la chambre. Elle est fermée. Je pousse un soupir désolé. Espérons que croire aux miracles aujourd'hui en permettra vraiment un. Je tourne la poignée, aperçoit Shybaï et... Takeji qui semble esquisser un geste.

Puis tout s'emballe. Dans ma tête c'est le néant complet, tandis que Shybaï s'égosille devant un Takeji à peine éveillé. Merci mon Dieu, merci de ne pas l'avoir laissé vous rejoindre. Merci à toi Taki de nous avoir retrouvé, d'avoir luté pour rester ici. Tu as fait des malheureux et maintenant, ce sont des larmes de joie immense qui coulent sur les joues de Shy. Un instant je me remets en question. Je pense à ce qu'il arriverai si la même chose se produisait pour Miyu. S'il n'y avait aucun échappatoire. Si... elle devait mourir. je pense que je ne m'en remettrais certainement pas. Je mettrai probablement Ayumi dans l'orphelinat, en intimant à Pandora de ne jamais lui dire qui est son père, qu'il est tout proche d'elle. Car pour moi, sa seule vue me rappellerai Miyu et... Ce n'est pas une bonne chose. Je serai cruel envers l'enfant, je sais. Mais pour moi, tout serai intenable. je mènerai une nouvelle vie de célibat, sans chercher à retrouver l'âme sœur. Voilà ce qui se serait passé. Alors je n'ose imaginer la peur de Shy. Je reste sur le seuil de la porte sans avancer. Je ne pleure pas. Pas même une seule larme ne se décide à couler. J'ai simplement l'âme en paix. Un léger sourire naît sur le bord de mes lèvres. Je ne prends pas la peine de m'approcher. Je ne prends pas la peine de parler. D'un mouvement simple, je fais volte face et quitte la chambre d'hôpital.

Sacré Kido. À eux quatre, ils forment la plus belle famille que j'ai jamais vue.

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Dim 12 Fév 2012 - 19:52

Pourquoi ?
Huit lettres, toutes les questions du monde. Huit lettres derrières lesquelles peuvent parfois se trouver des choses qui nous dépassent. J'ai une foule de questions en pouquoi. En fait, je n'ai que des questions. Pourquoi, comment, où, quand, de quelle manière, dans quel but, à cause de quoi ? Et pourquoi. Surtout ça.
Et puis Shy se précipite vers moi, et j'ai du mal à saisir tout le flot de paroles qui suit.

- Plus jamais. Oh non, ne me fais plus jamais ça, d'accord ? Ça fait trop mal, vraiment un milliard de fois trop mal. Alors plus jamais, parce que je ne suis pas sûre que je tiendrais le coup une deuxième fois. Plus jamais, jamais, jamais. D'accord ? Jamais.

Plus jamais hein ? Ah ça, complètement d'accord. Même si je ne sais pas de quoi elle parle, ça fait mal et surtout ça lui fait mal. Donc plus jamais. Jamais, jamais, jamais. Je hoche doucement la tête, à défaut de pouvoir parler.
Pourtant, j'ai beaucoup à dire.
J'ai l'impression que ma tête pèse une tonne, si ce n'est plus.

- Je t'aime Taki. Et Hana et Jace aussi ils t'aiment. Je savais que tu allais nous revenir, je le savais. Parce que tu n'avais pas le droit de mourir, tu n'avais pas le droit de nous abandonner. J'ai besoin de toi. Et tes enfants, nos enfants, ils ont besoin d'un père. Je t'aime tellement.

A cet instant, ça fait plus mal de ne pouvoir lui répondre et de la voir dans cet état, que tout le reste. J'aimerais juste lui dire que tout va bien -je crois... Mais elle n'a pas besoin de le savoir, ça-. Seulement je sens bien que je n'ai pas de voix, et vu comment ma gorge me menace, ce n'est même pas la peine d'essayer de la soliciter. Est-ce que quelqu'un voudrait bien m'expliquer le pourquoi du comment ? Même si c'est pas sûr que je comprenne tout, je promets d'au moins prétendre le faire.
Shy a dit Hana, et Jace. Hana et Jace....
Nos enfants. Le temps qu'il faut à l'information pour être retrouvée m'effraie, mais au moins elle est là. Où sont nos enfants, si Shy est ici et moi aussi ? Où ? Je veux le savoir, maintenant.
Mais je ne peux pas le demander. Même pas en langage des signes -que je ne maîtrise pas de toute façon-. Il faudra donc que je ronge mon frein. De toute manière, Shy ne les aurait pas laissés en danger, non ?
Je profite qu'un de ses mains soit sur le matelas près de la mienne pour la prendre avec difficultés.
Hourra, je peux bouger la main.
J'entends la porte se refermer, et je suis incroyablement fatigué alors que je viens de me réveiller.
Hey mais en fait... Je suis dans un lit d'hôpital. Et comment j'ai atterri ici au juste ?
La porte s'ouvre à nouveau -un moulin cet endroit- et un cri étouffé suit.

- Il est réveillé !

Je tourne à peine la tête pour voir une jambe disparaitre dans le couloir, accompagné du bruit d'une course.
Bon bah...
J'écoute d'une oreille distraite mes parents parler sans s'arrêter -je crois bien qu'ils me menacent en fait-, mais j'avoue que je ne saisis pas tout. Et tout du long, je garde la main de Shy dans la mienne, de peur qu'elle ne disparaisse. Tout semble tellement irréel.. J'ai à moitié l'impression d'être dans un rêve, et si je n'avais pas mal en plus, je m'y croirais vraiment.
Puis un médecin débarque dans la salle, et me force à lâcher Shybaï. J'ai pas la force de protester, mais sachez bien que je le pense. Puis il commence à faire je ne sais pas trop quoi -j'ai au passage découvert que mes jambes sont toujours là, et il en a mise une dans une atèle en m'atterdisant formellement de la bouger, mais c'est pas comme si je pouvais-. Il a aussi parlé d'augmenter les doses de je sais pas quoi... Un truc contre la douleur. Je râlerai pas là dessus

La suite je ne m'en souviens pas, parce que je me suis assoupi sans rien pouvoir y faire, comme si je venais d'avoir la journée la plus épuisante de ma vie. Alors que tout bien réfléchi, je n'ai absolument rien foutu, si ce n'est inquiéter comme ça ne devrait pas être permis mon entourage.
En un mot, j'ai fait le boulet.
Après ça, il a dû se passer deux ou trois jours où j'étais dans les choux pour ne pas dire autre chose. Vous saviez qu'une dose trop forte de médicaments contre la douleur fait délirer ?
J'ai vu passer un éléphant rose avec des ailes, et un pot de Nutella, suivit de près par une tripoté de fraises Tagada.
Sûrement la chose la plus étrange que j'ai pu voir de toute ma vie. Encore maintenant, je me demande si c'était vrai. Je me demande aussi si j'ai parlé de mes visions à voix haute.
J'espère que c'était incompréhensible et que je n'avais pas assez de voix.
Dans un moment de lucidité, j'ai demandé à ce qu'ils me baissent ces doses quitte à avoir mal. Mais ils ont pas voulu, du coup j'ai boudé, et après j'ai parlé d'invasion alien. Ce qui, me connaissant, n'est pas encore trop grave. Je crois que j'ai même parlé d'un chalien qui s'appelle Alfred. Du coup, une heure plus tard je me suis rappelé que le chalien en question, on l'héberge.
Oh, qu'est-ce que Shy va penser... Je ne sais même pas si elle est restée entièrement ces derniers jours, en fait.
Bref. Ça fait 10 minutes que je fais semblant de dormir parce que j'apprécie d'être lucide un moment pour penser. J'essaie de me souvenir ce qui a conduit à... A tout ça.
Mais rien à faire, c'est le noir total. Total, total, total. Ça m'agace.

Du coup j'ouvre les yeux. Shy est là, et mon agacement passe au second plan. Comme ça, en une seconde. Et comme je suis lucide, autant en profiter.

- Shybaï... Je suis désolé. Pour tout.

Désolé de tout ce qu'il s'est passé même si je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Je crois que c'est bizarre comme façon d'engager la conversation au réveil, mais il faut que je le dise. Avant que je ne recommence à parler de moutons ailés.

- Comment tu vas ?

Et les enfants ? Et... Nous ?

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Dim 19 Fév 2012 - 1:00

Je sens la main de Taki prendre la mienne. Ce n'est pas très fort, c'est tout doux et pourtant mon monde recommence à se construire. Recommence à tourner. On ne prend pas la main d'une inconnue, n'est-ce pas ?
Je pleure. Encore une fois je pleure, à croire que je ne sais faire que ça. Quand j'étais enceinte, je pensais que je ne pouvais pas pleurer plus que cela et que c'était la faute des hormones. J'avais tort. J'avais totalement tort. C'était rien face à ce que j'affronte actuellement. Rien du tout. J'ai tellement mal de partout, j'ai l'impression que mon coeur saigne, que mes yeux pleurent, que le monde se noie... Mais je m'accroche, je serre cette main entre mes doigts comme si c'était mon dernier espoir. Parce que c'est ce que c'est ; mon dernier espoir.

- Tu m'as tellement manqué...

Je n'arrive plus à comprendre le monde autour de moi, je n'arrive plus à l'entendre, plus à le voir. Toutes mes pensées ne sont dirigées que vers une seule et même personne. Celui qui est étendu sur ce lit d'hôpital et pour qui je donnerais ma vie. Je ne vois plus que lui ; le reste passe en second plan. En troisième plan. En dernier plan. Le reste n'existe même plus.
Que Takeji et moi.
Puis soudain tout se brise. Un médecin apparaît, m'écarte de l'homme de ma vie pour faire des examens je ne sais pas trop quoi. Ils lui donnent quelque chose qui est sensé le calmer et à nouveau je vois Taki partir dans les vapes.
Mais ce n'est plus le coma. C'est déjà ça.


Quatre jours exactement se sont écoulés depuis le réveil de Taki. La nuit de son réveil je suis restée avec lui puis les autres nuits je suis rentrée. Hana et Jace me manquaient trop. Et cet hôpital me sortait par les yeux. Cependant je reviens chaque jour au cas où Taki se réveillerait.
Mais aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres. Ce matin j'ai eu une petite... querelle avec Rhyan. J'étais énervée à cause de tout ce qui se passait ces temps et... J'ai peut-être exagéré. J'ai sûrement exagéré. Mais j'étais vraiment sur les nerfs avec tout ce qui se passait ici et... au final j'ai embarqué les bébés et je les ai laissé à l'orphelinat. J'ai clairement balancé à Riri que je ne pouvais pas lui faire confiance et j'ai gueulé comme je n'avais jamais gueulé sur personne auparavant. En même temps j'ai eu tellement peur... Le matin quand je me réveille, je vois qu'elle n'est pas rentrée. Instant de panique ; et si elle avait rencontré un fantôme, un humain noir, un membre de la Croix ? Les exorcistes sont des aimants à méchants... Heureusement, j'ai eu la présence d'esprit de regarder mon portable et de voir le sms qu'elle m'avait envoyé.
Rhyan avait passé la nuit chez Ichiru.
Là, j'ai pété un câble. Ma petite apprentie chez Ichu... Je l'adore pourtant Ichiru, je vous assure. Il est gentil, drôle, sympathique... et charmeur. Surtout charmeur. Comment ne pas oubliez la fois où il a tenté de me draguer... ? Et imaginer ma petite Riri à moi dans ses bras... Non, ce n'était définitivement pas possible. Parce que je savais qu'il allait lui briser le coeur. Forcément.
Alors quand elle est rentrée... Je préfère ne pas repenser à ça maintenant. Mais ça a crié. Fort.

Donc aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres. Parce que je ne cesse pas de penser à cette histoire avec Rhyan... Ça me hante et je culpabilise totalement. Quand je suis en colère, il y a des choses que je dis sans vouloir vraiment les dire... Et aujourd'hui mon apprentie en a fait les frais. Je me sens mal.
Puis tout à coup Taki ouvre les yeux et là ça va tout de suite mieux. L'espace d'un instant j'oublie tout le reste pour ne regarder que lui... Un faible sourire se dessine sur mes lèvres alors que je prends sa main pour la serrer dans la mienne.

- Shybaï... Je suis désolé. Pour tout.

Et... je... non... pas encore ! Me voilà à nouveau en train de pleurer. Je n'ai pas envie que Taki s'excuse, ce n'est pas sa faute. C'est la faute des idiots qui ont mis une bombe où il était. C'est la faute de cette mission. Peut-être même bien la faute d'Orphéo. J'en veux au monde entier sauf lui. Lui je ne pourrais jamais lui en vouloir. Parce que je l'aime trop. Beaucoup trop.

- Comment tu vas ?

Mal. Honnêtement je vais mal. Même si je rentre la nuit, je n'arrive pas bien à dormir toute seule dans ce lit deux places bien trop grand pour moi. Je n'arrive pas à regarder Hana et Jace me sourire en pensant que toi tu ne peux pas les voir sourire. Je n'arrive pas à ne pas culpabiliser en repensant aux mots que j'ai utilisé avec Rhyan. J'ai mal à l'idée de te perdre. J'ai mal à l'idée de la perdre elle aussi. J'ai mal à l'idée de perdre quiconque.
Mais je me vois mal lui dire ça alors qu'il est dans un état pareil. À la place je décide de me faire une petite place dans son lit et me glisse contre lui, sans lâcher sa main. Le plafond au dessus de nous est blanc. De toute façon, ici tout est blanc. C'est moche. Ça me donne envie de venir avec ma palette de peinture et de dessiner une immense fresque au dessus de nous. Un ciel remplis de nuages et d'oiseaux. Des éléphants roses volant aussi. Pourquoi pas, pourquoi pas... ?

- Taki... Tu n'as pas à t'excuser. Je sais que tu n'as pas choisis de te faire exploser. L'important c'est juste que tu sois là maintenant.

Je tourne ma tête vers lui, un faible sourire sur les lèvres. Je n'ai toujours pas répondu à sa question sur comment j'allais. Parce que je ne sais pas par où la prendre... à vrai dire mon esprit est fixé sur Rhyan et j'ai de la rage plein les yeux. De la rage contre moi même parce que je sais que je suis allée trop loin. Bien trop loin.
Je n'ose même pas imaginer quand Hana et Jace feront des bêtises...

- Taki... je crois que... je crois que j'ai fais une bêtise...

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Mar 21 Fév 2012 - 1:27

Les hôpitaux c'est trop blanc. J'avais entendu un jour que le vert appaise, alors pourquoi c'est pas vert ? Ça ferait de la couleur au moins. Ou un truc qui change. A trop voir la même chose, on pourrait finir par se penser aveugle. En plus, ça va me dégoûter du blanc alors que j'aime la neige. Trop nul. Dès que je peux bouger... Non en fait, dès que je peux me téléporter...
Parce que je ne crapahuterai pas très loin avec une jambe dans le plâtre, mais on s'en fiche, je me téléporte et hop. Même pas besoin de béquilles. J'ai cru comprendre que de toute façon ma jambe irait mieux avant que je ne puisse me tenir debout.
Je ne sais pas si je dois en être content ou non.
Je ne veux pas savoir, en fait. En plus les béquilles c'est nul de toute manière. C'est vrai quoi, quand on y regarde de plus près, c'est un prolongement des bras. Autrement dit, on se fait pousser une jambe à la place du bras. On se transforme en mutans ! Y'en a ce sont les morsures d'araignées -mais c'est pas très commun comme transformation... Y'en a qu'un en fait pour le moment- et d'autres ce sont les béquilles.
Sauf qu'avec on peu pas sauver le monde.
Enfin peut être qu'en tendant la béquille on peut faire un croche-patte-béquille à un vilain monsieur dans la rue, mais faut déjà s'en approcher avant qu'il ne s'enfuit. Et la course en béquille, c'est pas évidemment quand même, la difficulté croit de manière exponentielle par rapport à la course à pieds normale. C'est une course à quatre pattes -déjà ce n'est pas très normal pour un humain- avec une patte handicapée, et deux mutantes. Vous voyez la difficulté ?
Voilà pourquoi les supers-héros en béquilles ne resteront toujours qu'une légende... Du moins jusqu'à ce qu'on invente les réacteurs à béquilles.
Mais c'est peut être un coup à casser l'autre jambe.
Là après c'est le fauteuil roulant, et c'est encore une autre histoire. Les bras prennent ce que les jambes perdent, c'est assez étrange comme résultat. Pas aussi étrange qu'une religieuse dansant la macarena en chaussettes sur un tapis à fleurs mais...
Bref.

Pourquoi est-ce que...
Non, non, non ! Shybaï, pourquoi tu pleures ? Ce n'était pas le but de ma phrase. Imbécile doit être le deuxième prénom écrit en caractères invisibles sur mon passeport. Si si, sauf que c'est invisible. Comprenez que je suis invendable sinon, ça serait assez malheureux.
Re bref.
Je la vois se lever, et je comprends tout de suite qu'elle veut venir à côté sur le lit. Excellente idée. Du coup je me décale -avec plus ou moins de mal, je trouve ma situation assez pitoyable pour le moment-, et lui laisse une place.
Bon sang, ça fait combien de temps exactement qu'on a pas eu un câlin, hein ? Trop trop trop. J'essuie ses larmes avec ma main, puis je l'embrasse sur le front. Bouger fait protester du monde, je le sens, mais c'est encore moi qui décide.
Nah.
Et puis c'est quand bordel -pardon- qu'ils m'enlèvent ces perfusions ? Je déteste être dépendant d'un truc, d'une formule chimique qui s'introduit par des tuyaux sans que je ne puisse rien y faire. En plus, c'est comme la représentation physique du fait que pour le moment, je ne peux pas partir. Mais c'est seulement pour le moment.
Et pour le moment, je profite de pouvoir enfin faire un câlin à Shybaï. Même après avoir passé deux semaines à Vapesland, et donc ne pas en avoir eu conscience, ça fait trop longtemps qu'on a pas fait de câlin.
Du coup je gigotte encore pour pouvoir passer un bras derrière ses épaules et la rapprocher de moi. Ça fait méchamment protester mes muscles et tout ce qui est blessé, mais tant pis. C'est pas comme si je les avais beaucoup solicités dernièrement, hein.

- Taki... Tu n'as pas à t'excuser. Je sais que tu n'as pas choisis de te faire exploser. L'important c'est juste que tu sois là maintenant.

Exploser hein... Bref.

- Toujours, j'ai promis, depuis notre premier je t'aime.

Au Japon et je m'en souviens comme si c'était hier. Quand on est devenus officiellement amoureux, même si officieusement ça y était déjà. Qui a dit qu'on a été lents ? Hey, ce n'est pas vrai. On peut vivre plus d'un siècle, alors c'est normal de prendre son temps. Et les résultats finaux sont là.
Oui bon, si on oublie le cadre spatio-temporel du moment.
Toujours est-il que voilà. Mon vocabulaire s'est enfuit par les perfusions et j'attends encore son retour. Le sien, et celui de mes capacités totales. On est pas rendus.
Shy n'a tellement pas l'air bien que j'en ai la gorge nouée.

- Taki... je crois que... je crois que j'ai fais une bêtise...

Je hausse un sourcil. Une bêtise ?

- Quoi donc ?

Une bêtise, ça peut être n'importe quoi. Ça peut aussi ne pas en être une, suivant le point de vue.
Bêtise, c'est un mot qui rappelle toujours les enfants. Ce que nous sommes, des enfants un peu trop grands, avec des pensées un peu trop étriquées. Plus on grandit, plus on devient précis dans nos mots, dans nos gestes, dans notre caractère, dans nos envies, dans notre vie. Quand on est petit, on sait juste que la Lune vient la nuit. Puis on apprend qu'elle tourne autour de la Terre, qu'elle reflète la lumière du Soleil et n'émet donc pas la sienne, qu'elle est un satellite, et que les cratères ne sont pas faits par des souris extraterrestres. Quelque part, on perd en fantaisies ce que l'on gagne en savoir. Et c'est dommage, parce que l'imaginaire est modulable, là où les vérités absolues ne le sont pas.
C'est fou que l'on puisse perdre ce avec quoi nous sommes naturellement nés.
Pour en revenir à la bêtise, c'est donc un mot encore ancré dans ces années là. Alors, peut être que c'est grave et un problème d'adulte, mais peut être aussi que c'est un ballon bien gonflé, qu'il suffit de dégonfler. Parce que quand on est enfant, on accumule tout, et on relâche d'un coup, transformant en montagne la petite pile de cailloux.
Alors j'espère que le problème n'est pas trop gros... Les cailloux sont plus faciles à déplacer que la montagne.


[Hrp=le dernier paragraphe est fortement chelou v_v]

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Ven 24 Fév 2012 - 19:24

Sentir le bras de Taki autour de moi, son souffle rassurant effleurant ma peau, sa chaleur contre la mienne, son sourire près du miens... Tout ça me rassure, un petit peu. Alors je le laisse essuyer mes larmes et je me concentre pour ne plus pleurer. Il faut vraiment que j'arrête de me comporter comme une gamine ! J'ai 23 ans purée ! Deux enfants et un fiancé. Stoppons les larmes, en plus ça n'aide de loin pas Takeji à guérir. Et puis ça ne sert vraiment à rien. Honnêtement... est-ce que pleurer va tout à coup résoudre tout mes problèmes ? Non, pas du tout. Au contraire même.

- Toujours, j'ai promis, depuis notre premier je t'aime.

Je pose ma main sur son torse, faisant attention d'être délicate et faisant gaffe de ne pas déranger une de ses côte déjà abîmée. Puis je lui souris, faiblement, mais honnêtement. Ça fait combien de temps que je n'ai pas souris, hein ? Au moins une quinzaine de jours. Au moins depuis que l'homme que j'aime est allongé ici sur un lit d'hôpital, presque aussi pâle que les murs, presque aussi pâle qu'un cadavre. Moi pour qui le sourire est quasiment une deuxième nature, ça fait bizarre de ne plus sourire... Mais comment vivre quand la personne qu'on aime ne peut pas vivre ? Taki, ma vie, mon sourire.

Je suis perdue entre une multitudes de sentiments. D'un côté je suis soulagée et terriblement heureuse de voir que Taki va bien. D'un autre, je sais que le combat n'est pas encore terminé qu'il y a encore tant d'autres choses auxquelles faire face avant de pouvoir déclarer officiellement "c'est bon, il est sauvé". J'ai peur aussi. À présent j'ai peur à chaque fois que quelqu'un part en mission. J'ai réalisé avec cette bombe que l'on pouvait mourir. Que ce n'était pas juste une blague. Et quand je vois mes collègues et mes amis partir en mission, j'ai peur de leur dire au revoir pour la dernière fois. Et puis il y a aussi cette histoire avec Rhyan. Ma vie fout le camps et je n'aime pas ça. Je n'aime pas ça du tout.
Et puis je ne vous ai pas tout raconté. Aujourd'hui, après avoir posé les bébés, quand Jon m'a déposé devant l'hôpital, j'ai hésité à me rendre dans la chambre de Taki. J'avais envie d'un verre. Ou plus. Pour oublier. L'espace d'une minute j'ai eu envie d'aller me bourrer la gueule. Puis soudain je me suis reprise, choquée de tout ce à quoi j'avais penser. Me bourrer la gueule. Mais quelle imbécile ! Je n'allais pas non plus tourner comme mon père ou bien ? Et Hana. Et Jace. Je les oubliais ? Et Taki. Taki qui refaisait lentement surface. Oublier rien du tout. Je ne devais pas boire. Pas devenir alcoolique. Pas finir comme mon père.

- Quoi donc ?

Je regarde Taki, me mordant la lèvre. Ma bêtise... je sais déjà que rien que de devoir la prononcer à voix haute va me faire encore plus culpabiliser. De part ces semaines horribles que je vis en ce moment, j'ai remis tout ce que j'avais sur le coeur directement à Rhyan. J'ai eu tort. Totalement tort. Et le pire dans tout ça ? Je ne sais même pas comment m'excuser.
Et si quand je revenais à l'appartement, elle était partie ? Si elle ne voulais plus me voir ? Je n'aurais pas dû lui crier dessus... J'aurais dû lui parler, gentiment, calmement... mais pourquoi diable ai-je fais ça ?

- C'est Rhyan, je... elle a été dormir chez Ichiru et elle m'a mis devant le fait accomplis avec un sms à 3h00 du matin. Et ce matin quand elle est rentrée, je l'ai engueulée. Au lieu de lui parler calmement, je me suis fâchée. Je lui ai dis que je ne pouvais pas avoir confiance en elle. Je suis bête. Tellement bête.

Et puis il n'y a pas que ça. Il y a cette histoire d'alcool aussi. Il faut que je le dise à Taki... Quand je lui ai annoncé la naissance des jumeaux, je lui ai promis de toujours aller vers lui en cas de problème. Et là s'en est un. Grave.
Mais je me sens tellement honteuse...

- Et je crois que j'ai failli faire une autre bêtise. J'ai pensé à...

C'est trop dur. Je n'y arriverais pas. J'ai tellement honte de mon attitude... Lui il est sur un lit d'hôpital en train de souffrir et moi, la seule chose à laquelle je pense au lieu de le soutenir dans cette épreuve, c'est d'aller me bourrer la gueule ? Ridicule. Complètement ridicule. Mon enfance ne m'a-t-elle donc pas servie d'exemple ?

-... à boire.

Et pas du coca. Mais un truc bien fort. Téquila, gin, vodka, whisky, un mélange de tout ça... du moment que ça me permet d'oublier...
Et en plus de ça, en finissant ma phrase je sens mes yeux qui picotent. Et voilà, comme si ça suffisait pas, il faut qu'en plus je retourne direction le pays des larmes et des gamins idiots. Je me sens tellement mal. Tellement bête. Et complètement perdue. Alors que je devrais être forte. C'est pas moi qui me retrouve complètement blessée après une explosion. Je devrais aider Taki à oublier cette mission au lieu de me plaindre de mes conneries.
Je suis vraiment trop bête.

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Dim 26 Fév 2012 - 2:02

Je me rappelle... Quand je dormais. Enfin, quand j'étais au pays des pommes -quoi que c'était plus des pastèques en fait-, j'entendais une voix que j'aimais beaucoup. En fait, c'était Shy, hein ? Il faudra que je le lui dise, mais pour le moment c'est trop le brouillard. Et il est trop tôt pour lui parler de ça, du passé. Elle a des problèmes bien ancrés dans le présents, dont une partie doit bien être liée à ma condition, et pour le moment je peux utiliser : mes oreilles, ma bouche, mes yeux, mes bras en forçant un peu.
Génial.
Shybaï va mal, ça se voit. Mentalement, elle est nettement plus abimée que moi -médicaments mis à part-, physiquement c'est le contraire. On fait un sacré duo, non ? Comem d'habitude ! Décidément, on gère très bien la synchronisation.
Arrêtez de dire que mon humour est douteux, c'est pas drôle. Et chut, pas un mot sur mes jeux de mots. On ne contrarie pas un malade, d'abord, c'est mal. Imaginez que je débranche ma perf -qui a dit que j'en avais pas la force de toute façon ?-, et que je m'en serve pour vous attacher. Vu la longueur du fil, c'est faisable.
Faut juste attendre que Téléportation revienne. Elle a déserté. Elle et tous les autres, ils ont déserté. Mais ça ne m'inquiète pas plus que ça, parce que j'ai jamais entendu parler d'un humain doué qui aurait perdu ses pouvoirs.
Et parce que y'a déjà tellement de trucs qui se sont barrés que de toute façon je ne peux faire qu'une chose: attendre. Et tenter d'être utile à Shy. Shy qui a fait une bêtise. Elle s'auto-réprimande déjà.

- C'est Rhyan, je... elle a été dormir chez Ichiru et elle m'a mis devant le fait accomplis avec un sms à 3h00 du matin. Et ce matin quand elle est rentrée, je l'ai engueulée. Au lieu de lui parler calmement, je me suis fâchée. Je lui ai dis que je ne pouvais pas avoir confiance en elle. Je suis bête. Tellement bête.

Tu n'es pas bête, et en plus... Ichiru. Non franchement Rhyan, de tous les garçons à...
Ok non y'a pas tant de choix que ça à Little Angleton j'en conviens, et mieux vaut ce coureur de jupons -l'expression n'est plus trop d'actualité, vous ne trouvez pas ?- d'Ichiru, qu'un sorcier noir.
Shy ne perd pas souvent son sang-froid pour crier sur les gens qu'elle aime. Je commence -seulement ?- à la connaitre suffisamment pour le savoir. Alors peut être que tout accumulé, ça a été trop ? Mais au fond, elle a surtout eu une peur de plus.
Je la serre -tout est relatif- un peu plus contre moi. Je ne sais pas quoi dire à part ce qu'elle sait sûrement déjà. Et puis elle reprend la parole, coupant court à toute réflexion sur le moment.

- Et je crois que j'ai failli faire une autre bêtise. J'ai pensé à...

A ? Si elle me sort le suicide -ok je pars loin-, je l'attache. Vous vous rappelez de la menace de la perf ? Bah voilà.
Comment ça je passe mon temps à menacer les gens de les attacher ? C'est faux. Si vous continuez comme ça je vous attaHrmn. Attrape. Voilà, je vous attrape, et je vous jette dans un enclos avec des pingouins qui piquent. Oui ça existe les pingouins qui piquent, c'est le résultat d'un croisement entre le pingouin et le hérisson. C'est un Hérissgouin, ou Pinguisson, ou encore pingouin qui pique. A ne pas confondre avec les pingouins chasseurs sauvages qui se baladent avec des manteaux en peau de hérisson. Ou de porcépic, ça dépend de la région du globe.
Faites gaffe, parce que ça pique comme bestiole.

-... à boire.

Ne pleure pas Shybaï... Ou en fait... Si, il vaut mieux que tu extériorises ici qu'à la maison. Je l'entoure de mes bras pour la laisser pleurer ce qu'elle a besoin.

- Laisse tout aller.

Je suis content quelque part, qu'elle soit venue m'en parler. Qu'elle ne garde pas pour elle ce qui ne va pas, surtout dans la situation actuelle -je veux marcheeer... Non mais franchement, bouger quoi. C'est trop long, et je suis pas patient, voilà-.
Je caresse doucement ses cheveux d'une main. Et puis au bout d'un moment, quand je pense qu'elle va un peu mieux, je me décide à parler:

- Tu n'as fait que le penser, tu sais. Tu ne l'as pas fait, tu as résisté. Alors... C'est une demi-bêtise.

Un tout petit demi, parce qu'elle n'a pas cédé, malgré son vécu. Parce que Shy et l'alcool, c'est quand même la grande amitié entre les deux. Pas à outrance, mais quand même. Quelle importance ? Chacun son truc, chacun ses vices. Et voilà la preuve que Shy sait contrôler les siens. Plus ou moins. Mais moi, je suis convaincu qu'elle n'a pas réalisé qu'elle a fait quelque chose de fort en refusant d'aller boire. Parce qu'à ce moment là, elle était seule avec elle-même, personne n'était là pour l'encourager dans une voie ou dans l'autre. Alors ce choix, c'est uniquement le sien.

- Rhyan... Rhyan n'est pas prudente de s'aventurer chez Ichiru. Et puis tu lui a crié dessus parce que tu t'inquiétais, non ?

En fait, elle est sur les nerfs en grande partie à cause de moi -involontairement oui je sais-. Peut être qu'il faudra que je parle directement à Riri alors... Mais j'espère qu'elle va au moins être compréhensive. Ne pas dire à Shy qu'elle la déteste alors que ça serait faux. Ces horreurs qu'on a pu dire à nos parents étant ados, alors que la plupart du temps, ils ne faisaient que s'inquiéter pour nous. Mais des fois, c'est nécessaire pour gagner en liberté et en indépendance. Après on s'excuse, et la relation en sort améliorée.

- Elle te pardonnera parce qu'au fond, elle t'aime aussi tu sais.

J'embrasse les cheveux de Shy parce que je ne peux pas trop me tordre pour le moment.
J'ai mal de la voir comme ça, alors que la dernière fois que je l'ai vue elle souriait. En fait, j'ai un trou entre maintenant, et cette image. Mais pas un trou comme quand on dort. Un trou où je sais qu'il manque quelque chose. Ne serait-ce que le moment où je me suis fait assommer par les pastèques.

- Tout va bien se passer Shy...

En vrai... J'ai peur. Peur qu'il lui arrive quelque chose, qu'elle cède effectivement à la boisson à cause de tout ça même si je lui fais entièrement confiance. Peur de ne jamais sortir d'ici -je veux sortir, quitte à passer une alliance avec... Les oies. Oui, vous avez bien entendu-, ou de ne jamais pouvoir remarcher. Même si les médecins disent que c'est normal. C'est tout sauf normal, si ça l'était, on ne serait pas ici. Je veux revoir nos bébés.
Et revoir Shy sourire.

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Dim 26 Fév 2012 - 3:05

- Laisse tout aller.

C'est ce que je fais et la fontaine qui a semblé élire domicile en moi ces dernières semaines reprend du service. Ça coule, ça tombe, ça pleure... J'ai l'impression d'être une gamine de 4 ans en train de faire un caprice. Mais Hana et Jace pleurent moins que ça ! Et en plus, eux sont mignons quand ils le font... Alors que moi... moi je devrais pas pleurer ! C'est pas mes larmes qui vont faire guérir Taki plus vite, au contraire ! Il faudrait que j'arrête de pleurer, que je souris, que je le motive et que je lui fasse retrouver un peu d'espoir. Mais je n'y arrive pas. Parce que ces temps ci ça ne va pas, ma vie part dans tous les sens et je n'arrive plus rien à suivre. Je déprime, je dépéris, j'ai peur et je pleure. C'est tout ce que je suis capable de faire. Et ça, pour soutenir l'homme que j'aime, ce n'est en aucun cas la meilleure solution. Alors je me sens encore plus bête et je culpabilise vraiment plus de pleurer. Du coup mes larmes redoublent. Fichu cercle vicieux... Pourquoi je n'arrive pas juste à arrêter de pleurer ?
Je ne sais pas bien combien de temps s'écoule, mais au bout d'un moment qui me semble éternité, je finis par calmer mes sanglots. Parce que je ne peux pas pleurer indéfiniment, parce que je suis dans les bras de Taki et que ça me rassure tout de même un peu. Je sens sa main dans mes cheveux et je ferme les yeux, comme si l'espace d'un instant je pouvais oublier tout le reste, juste me concentrer sur la main de Taki dans mes cheveux. Et alors je me souviens de cette balade à cheval il y a plus d'un an, cette balade qui a précédé notre premier baiser. Nous nous étions endormis dans la clairière et il m'avait semblé sentir sa main dans mes cheveux. Sauf qu'au moment où j'avais ouvert les yeux, la main avait déjà disparu.
Nous étions si insouciant à l'époque...

- Tu n'as fait que le penser, tu sais. Tu ne l'as pas fait, tu as résisté. Alors... C'est une demi-bêtise.

Je me mords la lèvre. Peut-être bien, mais tout de même. Je n'aurais jamais dû y penser. Parce que si cette fois j'ai résisté, qu'est-ce qui vous dis que la prochaine fois j'y résisterai encore ? Et la fois d'après ? Et toutes celles qui suivront. Je ne dois pas fuir mes problèmes dans l'alcool, je le sais, bien sûr que je le sais. Qui d'autre que moi pourrait être mieux placer pour le savoir, hein ? J'ai encore des marques rouges dans le dos pour m'en rappeler chaque jour et de toute façon les souvenirs sont marqués au fer dans mon esprit.
Mais... j'ai quand même peur que l'état de Taki empire. Peur de craquer. Vous saviez que souvent les enfants d'alcoolique devenaient eux aussi alcooliques. Comme s'il y avait un gène pour ça. Et au fond, on n'en sait rien ; c'est peut-être le cas. On a pas encore découvert tous les allèles de l'ADN alors... alors si c'était inscrit dans mon code génétique que j'étais alcoolique ?
J'ai peur. Une fois de plus, j'ai peur.

- Rhyan... Rhyan n'est pas prudente de s'aventurer chez Ichiru. Et puis tu lui a crié dessus parce que tu t'inquiétais, non ?

Je hoche la tête. Oui, je m'inquiétais. Et je m'inquiète toujours parce que Ichiru c'est Ichiru. Mais quand même, je n'aurais pas dû. Si j'ai crié sur Riri, c'est aussi parce que j'avais besoin de quelqu'un sur qui passer mes nerfs... Ça a été la goutte d'eau qui a fait débordé le vase. Mais le vase à la base était déjà remplis et pas du tout par sa faute. Je me sens dégueulasse d'avoir gueuler sur elle, surtout après tout ce qu'elle a fait sur moi. Sérieusement, si je fais des bêtises comme ça avec Rhyan, qu'est-ce que ça sera avec mes enfants ?

- Rhyan prend le risque d'avoir le coeur brisé. J'ai eu 18 ans avant elle et je sais ce que c'est que de s'enticher d'un dragueur puis de le retrouver au lit avec une autre. J'ai pas envie que ça lui arrive à elle. Pas à Riri. Mais si elle l'aime vraiment, qu'est-ce que je peux y faire, hein ? Je ne vais pas l'empêcher de le voir...

Et pourtant... j'aimerai bien en avoir les capacités. Pourquoi Rhyan n'est-elle pas tombée amoureuse d'un mec gentil, fidèle et tout ce qui va avec, hein ? Un type bien qui accumule les bonnes actions plutôt que les conquêtes... Bref, un gars qui ne serait pas Ichiru. Désolée Ichu, vraiment désolée. Tu sais que je t'apprécie... tant que tu restes loin de mon apprentie.
Mais malgré tout... malgré tout ce n'est pas une raison pour lui crier dessus comme je l'ai fais. J'aurais dû lui expliquer ça calmement. Et peut-être lui laisser un peu plus la parole. Parce que s'ils s'aimaient vraiment, hein ? Qu'est-ce que moi j'aurais fais si mon père ou les parents de Taki nous avaient interdit de nous aimer, hein ? J'aurais pété un câble, je me serai cassée de chez moi et je n'aurais plus voulu reparler à mon père. Enfin ça, c'est ce que j'aurais fais à 18 ans si j'avais vécu avec mon père. Mais à 18 ans je n'étais pas aussi mature que Riri. Je n'avais pas non plus un aussi grand coeur qu'elle. Peut-être qu'elle me pardonnera. J'espère qu'elle me pardonnera. Je n'ai pas envie de rentrer dans un appartement vide avec un mot sur la table du salon disant "J'étouffe ici, je me casse" ou même pire ; pas de mot du tout.

- Elle te pardonnera parce qu'au fond, elle t'aime aussi tu sais.

Je sais, mais parfois l'amour ne suffit pas. On a vu des familles se déchirer alors qu'elles s'aimaient encore. Parce qu'un amour plus fort intervient... Non, décidément, je n'ai pas envie de participer au Roméo et Juliette version moderne avec Ichiru et Rhyan dans les rôles principaux. Surtout qu'à la fin ils meurent. Fichue fiole de cyanure.

- Tout va bien se passer Shy...

Je sais pas. Honnêtement, depuis la première fois que je te connais Taki, je ne suis pas si sûre que tout se passera bien. J'essaie de te croire pourtant, j'essaie vraiment. Parce que pour l'instant, je t'ai toujours cru et j'ai toujours eu raison. Quand tu m'as demandé de sortir avec toi, quand je t'ai annoncé ma grossesse, quand on a appris que c'était des jumeaux, quand tu m'as demandé de vivre avec toi, quand tu m'as demandé d'être ta femme... Je me suis toujours accrochée à toi. Et peu à peu j'ai construit l'espoir d'un avenir entre nous. Mais ce mois ci j'ai appris que le futur n'étais jamais sûr et qu'il suffisait d'un rien pour que tout éclate. Et moi j'ai peur. Peut d'avoir à faire face à un avenir sans toi. Et tu vois Taki, dans ces cas là j'ai de la peine à te croire. De la peine à croire que tout se passera bien. Je suis désolée.

- J'ai jamais pensé que tu pouvais... tu sais... partir. Jamais. Parce que vieillir avec toi pour moi c'était comme une évidence. Jusqu'à maintenant. Et maintenant je suis terrifiée à l'idée de te perdre. Et j'ai peur que, tout ne se passe pas aussi bien que ce que tu dis. Tu sais Taki, c'est un peu comme si toute mon insouciance avait explosé d'un coup.

Et moi qui pensais que grandir c'était avoir des enfants, se marier, fêter ses anniversaires. Et bien j'avais tort. Terriblement tort. En vrai, ce qui nous fait grandir ce sont les coups durs de la vie. Et moi d'un coup, j'ai pris cinquante ans. Je me sens comme une vieille mémé sans la moindre goutte d'énergie. Je me sens vide. Entièrement vide.

- J'ai besoin de t'entendre me dire que tu m'aimes.

Et ce, jusqu'à la fin de mes jours.

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Lun 27 Fév 2012 - 21:04

Si je pouvais, je rentrerais maintenant. Parce qu'ici, on guérit peut être les gens, mais c'est surtout physiquement. Et puis je suis sûr que ça aiderait Shy de ne pas être ici.
De là à ce que je puisse la convaincre de passer moins souvent parce que peut être que ça lui ferait du bien... Faudrait aussi que j'arrive à me convaincre de le dire, parce que oui j'attends avec impatience de la voir tous les jours, même quand je débloque totalement.
Mais si ça peut lui faire du bien, alors je le ferai. Peut être que ça boostera ma guérison au passage. J'y crois pas trop non plus, mais aidez moi plutôt à trouver des arguments. Mais... Mais pas tout de suite. Juste encore un peu.

- Rhyan prend le risque d'avoir le coeur brisé. J'ai eu 18 ans avant elle et je sais ce que c'est que de s'enticher d'un dragueur puis de le retrouver au lit avec une autre. J'ai pas envie que ça lui arrive à elle. Pas à Riri. Mais si elle l'aime vraiment, qu'est-ce que je peux y faire, hein ? Je ne vais pas l'empêcher de le voir...

Ah non. Ceux qui sont passés avant moi doivent rester d'illustres inconnus. Ouais voilà, j'aime penser que je suis le seul même si ce n'est pas le cas. Comprenez que ça peut être dérangeant sinon.
Et puis Shy, tu n'en es pas morte de ça. C'est douloureux, comme toutes les ruptures -regardez comme on pense déjà que ça va foirer... Mais on l'aime bien quand même Ichiru-, c'est douloureux mais si Ichiru se joue d'elle, elle en sortira plus forte. Et avant ça, elle se tournera vers Shy pour trouver du réconfort.
Maintenant si leur histoire marche eh bien... Tant mieux pour eux. J'ai du mal à m'imaginer le couple mais pourquoi pas.

- Parfaitement, tu ne peux rien y faire. Tu peux être là et la soutenir si ça tourne mal, ou être là et assister à son bonheur si ça tourne bien. Tu peux t'excuser du débordement, et elle reviendra. C'est la première fois que ça arrive, elle t'adore, ça ne suffira pas à vous séparer.

Parce que je crois très fort que Rhyan est suffisamment mature pour voir le pouquoi du comment une fois la colère initiale passée. Elle défendra sûrement Ichiru mais... On ne peut rien y faire sous peine de se la mettre à dos. Peut être même tellement à dos qu'elle ne reviendrait pas si ça tournait mal, par fierté. Alors le mieux est de laisser. C'est une expérience de plus, aussi dure soit elle.
Et puis, personne ne dit que ça ne marchera pas, même si ça a l'air joué d'avance je l'avoue.

- Tu te soucies de Rhyan comme si elle était ta propre fille.

Je souris. Hana a une super maman, je vous l'avais dit. Et Rhyan, je pense que quelque part, elle doit aussi aimer cet aspect là de Shybaï, elle qui n'a plus ses parents. Elles iront bien toutes les deux, hein ?

- J'ai jamais pensé que tu pouvais... tu sais... partir. Jamais. Parce que vieillir avec toi pour moi c'était comme une évidence. Jusqu'à maintenant. Et maintenant je suis terrifiée à l'idée de te perdre. Et j'ai peur que, tout ne se passe pas aussi bien que ce que tu dis. Tu sais Taki, c'est un peu comme si toute mon insouciance avait explosé d'un coup.

Je ferme les yeux pour accuser le coup. Je suis le seul de toute cette histoire -pourtant le principal concerné- à ne pas saisir l'ampleur de ce qui est arrivé. Parce que... C'est comme si je ne l'avais pas vécu.
Moi non plus je ne veux pas perdre Shybaï. Je l'aime. Je l'aime pas comme dans j'aime la glace, ou la musique, mais comme dans je suis Amoureux d'elle, avec un grand A. Fort au point d'avoir l'estomac noué en pensant qu'elle aussi est mortelle. Fort au point de laisser ma vie dépendre de la sienne. Vous savez, y'a rien de plus effrayant que l'inconnu et ce qu'on ne contrôle pas.
Je glisse ma main qui n'est pas dans ses cheveux jusqu'à celle de Shy qui porte une bague. On va se marier. Je sais pas quand parce qu'on a pas prévu de date, mais on va le faire. Et de toute façon, on n'est pas à quelques papiers et un échange de promesses près, parce qu'on se les ait déjà faites ces promesses. Alors j'entrelace nos doigts et relève nos main pour lui montrer l'anneau.

- J'peux pas partir. J'peux pas partir y'a trop de choses qu'on a pas encore faites. On s'est pas encore promenés de nuit dans une forêt main dans la main, on a pas encore visité chaque pays du monde tous les deux, et on a jamais essayé de faire l'amour sur le sable, même si j'ai un peu peur des crabes j'avoue. T'es déjà montée dans une mongolfière ? Moi pas, j'ai envie d'essayer avec toi, peut être qu'on attrapera un bout de nuage. Et puis on est toujours pas mariés, on a pas vu nos enfants grandir, et j'ai encore trop de je t'aime à te dire.

J'ai encore tellement de choses à ajouter, mais après j'en ai pour longtemps, alors je redépose nos mains. Peut être que je devrais en faire une liste écrite, et la lui donner. En plus c'est bientôt son anniversaire, et je serai coincé à l'hôpital à ce moment là...
Comme par hasard, l'année où il y a un 29 février.

- J'ai besoin de t'entendre me dire que tu m'aimes.

J'ai tellement envie de l'embrasser.

- Je t'aime Shybaï. Je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime. Aishiteru, en japonais.

Je lui en murmure quelques autres, doucement, juste pour qu'elle seule entende. Y'a personne dans la chambre, mais je veux que même le mur en face ne l'entende pas. Car n'oubliez pas que les murs ont des oreilles.
Et puis je reprends à voix normale:

- Tu sais, y'a un truc que j'aime pas dans le mariage. Ils disent "jusqu'à ce que la mort vous sépare", sauf que j'ai pas envie de promettre et que la mort nous sépare. Mort ou pas mort, personne ne peut intervenir sur ce qu'on a à part nous.

Je redresse un instant la tête. Maintenant que j'en fais la remarque...

- Tu crois qu'on peut demander au monsieur ou à la dame qui dira les voeux de changer le texte ?

Pas très orthodoxes comme méthodes ? Oh moi et la religion...
Ok je me tais.

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Mar 28 Fév 2012 - 2:17

J'aime pas cet endroit. Trop blanc, trop impersonnel, trop... hôpital. Oui c'est ça le problème au fond ; le fait que ce soit un hôpital. Moi j'aime pas tout ce qui se rapporte au monde médicale et en particulier les piqûres. Je me souviens que, quand je vivais encore à New York, j'étais amie avec une fille pas très fréquentable. Je vais pas revenir sur mon passé, mais pour la petite histoire, cette fille avait un grand frère tatoueur. Et un jour, alors que nous n'avions évidemment pas du tout l'âge légal pour un tatouage, elle m'avait entraîné dans sa boutique et insisté pour qu'on s'en fasse un. À force de me supplier, j'avais fini par dire oui. Sauf que voilà ; au moment où son frère avait sortit l'aiguille, moi j'avais tellement blêmit qu'au final j'avais fini la tête dans la cuvette des toilettes à vomir.
Tout ça pour dire que j'aime pas les aiguilles des piqûres. Ni les médecins. Ni les hôpitaux. Mais s'il y a bien une personne pour qui je serai prête à dépasser toutes mes peurs sans hésiter, c'est bien Taki. J'ai besoin de le voir. Ce n'est pas une simple envie, ni un caprice, c'est un véritable besoin. Vous arrivez vous à vous passer d'eau ? Et bien moi non plus. C'est vital, Taki m'est vital.

- Parfaitement, tu ne peux rien y faire. Tu peux être là et la soutenir si ça tourne mal, ou être là et assister à son bonheur si ça tourne bien. Tu peux t'excuser du débordement, et elle reviendra. C'est la première fois que ça arrive, elle t'adore, ça ne suffira pas à vous séparer.

Je reprends pied dans l'instant présent et regarde Taki. J'espère qu'il a raison, j'espère vraiment qu'il a raison. Parce que j'aime bien trop Rhyan pour prendre le risque de la perdre. Et je promets que, dès ce soir, quand je rentre à la maison, j'irai demander pardon à Riri. Parce que je m'en veux tellement de tout ce que je lui ai balancé à la figure que je n'arriverai pas à dormir si elle me pardonne pas.

- Tu te soucies de Rhyan comme si elle était ta propre fille.

À cette remarque je souris, parce que c'est un peu vrai. Si je ne suis pas la mère biologique de Rhyan, je me sens un peu comme sa maman dans mon coeur. Certes, notre différence d'âge est vraiment minime, mais malgré tout je me sens responsable d'elle.
En tout cas, si je suis comme ça avec Riri, ça promet pour Hana ! Je sens que je vais en voir de toutes les couleurs avec elle... D'autant plus que, pour l'instant, elle est loin d'être aussi calme que mon apprenti. Après, ma fille n'est encore qu'un bébé et a plus que le temps pour changer. Qui sait, peut-être que plus tard ça sera Jace l'élément perturbateur de leur duo ?

- Bah imagine ça serait Hana qui s'enticherait d'Ichu...

Je jette un regard malicieux à mon fiancé. Alors, est-ce un papa poule ou pas ? Vu la façon dont il couve ses deux poussins, je dirais bien que oui. Puis tout à coup je me souviens de où est Taki et du fait qu'il n'a pas revu les enfants depuis plusieurs jours. Ça doit lui manquer... En tout cas, moi ça me manquerai. Du coup je prends la décision de les amener avec moi la prochaine fois. Je pense que ça fera du bien à Takeji de revoir ses bébés. Et ça fera du bien au bébé aussi de revoir leur papa.
Je me souviens encore de la nuit horrible où j'ai reçu le téléphone de Nérys. Pas longtemps avant, les jumeaux s'étaient mis à pleurer, comme s'ils avaient sentit que leur papa, quelque part, allait mal. Il ne faut pas croire que les enfants ne sont pas sensible au monde qui les entoure parce qu'ils sont petit, bien au contraire... Moi je pense qu'ils ont une sensibilité bien plus grande que tout ce qu'on peut bien penser.

Je jette un coup d'oeil à Taki et je remarque ses yeux fermés. Je sais bien que ce que je lui ai dis n'est pas quelque chose de très facile à avaler. Mais j'ai tellement peur de le perdre qu'il fallait que je le dise. Ça serait un cauchemar de ne plus avoir Taki à mes côtés.
Je regarde alors sa main attraper la mienne et les entrelacer de manière à me montrer l'anneau à mon annulaire gauche. Un mariage, notre mariage... Je ne dirais pas que c'est la promesse de notre amour, parce que notre amour a déjà été prouvé depuis bien longtemps. Mais regarder cette bague me fait du bien quand même, parce que ça me rappelle à quel point on s'aime.

- J'peux pas partir. J'peux pas partir y'a trop de choses qu'on a pas encore faites. On s'est pas encore promenés de nuit dans une forêt main dans la main, on a pas encore visité chaque pays du monde tous les deux, et on a jamais essayé de faire l'amour sur le sable, même si j'ai un peu peur des crabes j'avoue. T'es déjà montée dans une mongolfière ? Moi pas, j'ai envie d'essayer avec toi, peut être qu'on attrapera un bout de nuage. Et puis on est toujours pas mariés, on a pas vu nos enfants grandir, et j'ai encore trop de je t'aime à te dire.

Je regarde nos mains se reposer sur le matelas et je souris. Je souris parce que je sais que la liste est encore bien longue. Que la liste est même infinie. Et moi je suis prête à suivre Taki partout où il veut, sur la Lune même s'il a envie. Du moment qu'on est ensemble, honnêtement, c'est tout ce qui compte.

- Je t'aime Shybaï. Je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime. Aishiteru, en japonais.

J'ai le droit encore à d'autres "je t'aime" que je ne retranscrirai pas ici, parce qu'ils n'appartiennent qu'à moi et que je n'ai aucune envie de partager, même avec vous. On ne s'habitue jamais assez aux "je t'aime". C'est juste trois mots et pourtant c'est les trois mots les plus merveilleux qu'il existe. Surtout quand c'est Taki qui me les dit...

- Tu sais, y'a un truc que j'aime pas dans le mariage. Ils disent "jusqu'à ce que la mort vous sépare", sauf que j'ai pas envie de promettre et que la mort nous sépare. Mort ou pas mort, personne ne peut intervenir sur ce qu'on a à part nous.

Je ne dis rien, observant Taki et voyant qu'une idée est en train de lui monter à la tête.

- Tu crois qu'on peut demander au monsieur ou à la dame qui dira les voeux de changer le texte ?

Je souris et je hoche la tête. On pourra essayer en tout cas ; qui ne tente rien n'a rien... Et puis ça ne doit pas être si compliqué que ça de changer le texte, non ? Surtout si c'est pour l'amour.

- Il faudra essayer. Mais je suis sûre qu'on trouvera un moyen.

Puis soudain une idée me traverse aussi l'esprit et je me redresse sur le lit avant de me poser à califourchon sur Taki en faisant bien attention de ne pas l'écraser pour ne pas lui faire mal. Puis, doucement, je me penche afin de poser mes lèvres sur les siennes et de lui voler un instant. Je n'hésite pas à approfondir l'échange et je crois qu'il est inutile de vous dire à quel point ça m'avait manqué - que le premier qui dit que je suis intenable aille se pendre, ça fait deux semaines que j'ai plus eu de baiser de mon amoureux alors ça se justifie parfaitement -. Puis je finis par rompre l'échange pour aller lui murmurer à l'oreille :

- En attendant, je me trouve actuellement avec un beau jeune homme, allongé sur le lit et qui ne peut pas se défendre... Je crois bien que je vais pouvoir faire de toi tout ce que je veux.

Un sourire malicieux se dépose sur mes lèvres alors que je retourne embrasser la nuque de mon fiancé aussi tendrement que possible. J'essaie de ne pas faire de geste trop brusque histoire de ne pas l'abîmer encore plus, du coup je m'efforce de me faire aussi douce que je peux. Forcément, ça rend mes gestes plus lents, mais ça n'enlève pas pour autant mon plaisir...

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Mar 28 Fév 2012 - 18:54

Je paierais cher pour que Téléportation revienne là maintenant tout de suite. Pour pouvoir aller voir les enfants et sortir de cet hôpital un peu. Même si j'étais pas conscient, j'ai quand même pas vu le Soleil depuis plusieurs semaines, et je ne me souviens pas d'avoir jamais précisé quelque part que j'étais fait pour imiter les taupes. Et au cas où vous vous poseriez la question, non je ne suis pas fait pour imiter les taupes.
De toute façon, mêmes elles elles ne sont pas faites pour être taupes. Si, réfléchissez y. Elles ne voient pas le Soleil et vivent sous terre sans que ça les dérange, mais pourquoi ? Parce qu'elles sont myopes -comme des taupes, ok c'était facile-. Et encore mieux, comme à la lumière tout le monde peut les voir, bah elles sont parties sous terre. Les taupes sont en fait intelligentes. C'est pour ça qu'elles ne portent pas de lunettes et n'en porteront jamais. Quand ils mettent une taupe à lunette dans les dessins animés, en fait c'est une hérésie.
Quoi, je parle encore de dessins animés à mon âge ? Oh, attendez que les petits apprennent à allumer la télé, vous allez voir.
Nous aussi on va voir. Les dessins animés, ça devient vite l'ennemi public numéro un des parents.
Bref. En attendant, j'ai pas vu le Soleil depuis des semaines, et c'est aussi malheureusement vrai en remplaçant Soleil par Hana et Jace. Pratiquement un mois d'absence. Et un mois, dans le développement d'un bébé, c'est énorme. Ils ont grandit, se sont mis à faire des choses qu'ils ne faisaient pas avant, et ça je ne pourrai pas le rattraper. Heureusement que Shy est là.
Shy est toujours là. Toujours. Je me demande... Ce que j'aurais fait, si elle avait été à ma place. Ou si elle disparaissait. Il resterait les petits, et on a pas le droit d'abandonner les petits. Mais est-ce pour autant il vaudrait leur laisser un seul parent à la dérive qui ne saurait même plus s'occuper de lui même ? J'en sais rien. Je ne veux pas le savoir. Shy est là, dans mes bras, vivante. Malmenée ces dernières semaines par ma faute -que ce soit involontaire ne changera rien au fait que c'est de ma faute-, mais vivante.

- Bah imagine ça serait Hana qui s'enticherait d'Ichu...

Hana... Avec Ichiru... Brr. Non non non, en plus y'a une trop grande différence d'âge, et non. Non. Hana avec un vilain dragueur en général, non. Pas Hana. D'ailleurs en fait, j'imagine pas Hana avec un homme tout court. Arg. Non je veux pas. Je sais que j'aurai pas le choix mais je veux pas.
Tout du moins, je veux pas savoir. Comment ça doit faire bizarre de voir son bébé devenu adulte entre les mains... D'un autre. Ouais c'est ça. Entre les mains d'un autre, même si c'est pas la même relation.

- Je ne veux pas imaginer ça... Et puis c'est encore un bébé... Shy, tu m'as mis des pensées bizarres dans la tête.

Non mais non, Hana...
Je ne vais jamais m'en remettre. Je vous jure que je vais en faire un cauchemard cette nuit.
Bon pensons à autre chose, parce que sinon je vais faire une fixation sur "comment j'ai peur que mes bébés grandissent". Si je m'écoutais, je les placerais dans une dimension parallèle parce que de toute façon j'ai peur de tout pour eux. Vous le saviez déjà ça, de toute façon. Alors que Shy est super calme. Enfin, mille fois plus que moi déjà. Peut être l'instint maternel qui est meilleur que le paternel, allez savoir. Elle a huit mois d'avance sur moi, de base.
Bref. Si on parlait... De tapis. Ouais, de tapis. Je sais pas trop ce qu'il y a dire sur les tapis, mais ça doit se trouver. A commencer par: qui a eu l'idée d'inventer les tapis ? Entendons nous bien, y'a des tapis qui valent plus cher que notre appartement, et ça crise souvent si on met un truc sur le tapis de manière générale peu importe son prix.
Mais alors pourquoi on le fout par terre ? Vous voyez la contradiction là ? C'est bête de mettre par terre un truc de valeur. Sans compter que le sol qui est juste en dessous, on se fiche de marcher dessus ou non. Alors quel est l'imbécile qui a inventé les tapis ? Et surtout pourquoi. Autant les rideaux à la limite, même si ils sont chers on jette pas trop souvent des choses sur les murs -en tout cas pour ma part-, mais les tapis... Plusieurs milliers de Livres Sterling allongées par terre dans le salon et on marche dessus.
Voilà, donc en fait si vous prenez des billets et que vous les reliez les uns aux autres puis que vous les allongez par terre, vous aurez aussi un tapis. En moins joli, mais celui là a l'avantage que si vous en prenez un bout, vous pouvez aller faire les courses avec. Alors que si vous découpez un bout d'un vrai tapis, et que vous le présentez à la caisse, on va vous demandez pourquoi vous vous balladez avec un morceau de moquette, et si vous voulez payer en liquide, par chèque ou par carte.
En liquide... Non vous voulez pas que je vous donne mon avis sur cette appellation étrange ? Vous l'aurez quand même. Parce que en liquide, jusqu'à preuve du contraire, on peut pas payer avec un verre d'eau. Alors on devrait dire... En monnaie. Ouais voilà. OU en papier. Ou en cuivre, enfin en ce qui sert à fabriquer ces machins. Non mais imaginez quelqu'un qui a jamais entendu cette façon de dire, et qui débarque, et qui offre un verre de jus d'orange à la personne à la caisse en lui disant qu'il a que ça en liquide.
Bref. N'achetez pas de tapis, et payez par carte parce que c'est plus simple, voilà. Et surtout, surtout, ne laissez pas votre fille finir entre les mains d'un méchant garçon.
Nan, j'ai pas oublié, rien à faire.

- Il faudra essayer. Mais je suis sûre qu'on trouvera un moyen.

J'aime, on trouvera toujours un moyen. Et...
Shy ? Shy descends de là parce que moi je peux pas bouger, c'est injuste.
...
...
...
Hmm pardon, j'ai perdu le fil de mes pensées quand Shy m'a embrassé. J'ai l'impression que ça fait une éternité qu'on ne s'était pas embrassés.

- En attendant, je me trouve actuellement avec un beau jeune homme, allongé sur le lit et qui ne peut pas se défendre... Je crois bien que je vais pouvoir faire de toi tout ce que je veux.

Je lui souris. En plus ça pourrait très bien être une situation très intéressante si je n'étais pas sans défense pour les raisons actuelles...
Ahum. Je vous interdit de tenter d'imaginer.
Shy est tellement adorable à se faire la plus douce possible.

- C'est de la triche ça. Tu sais que je vais prendre ma revenche plus tard ?

Shyyy, c'est terrible de vouloir et de ne rien pouvoir faire. Temporairement invalide est un statut qui n'affecte que certaines de mes capacités.
Vivement que cette histoire d'hôpital soit finie ! Mais en attendant... En attendant faut attendre justement. Je déteste ça.
Je dépose une main sur la jour de Shy pour qu'elle relève un peu la tête et que je puisse l'embrasser.
Je relâche ses lèvres au moment où la poignée de la porte se fait entendre. Oups... Shy a approximativement 2 secondes pour revenir à côté de moi et non plus sur, si elle ne veut pas qu'on se fasse choper.
Quoi que personnellement, là maintenant je m'en fiche.
Oh nan. L'infirmière. Je l'aime bien, mais infirmière = médicaments = je vais encore dormir. Sérieusement, j'aurais jamais cru dre ça un jour, mais j'en ai marre de dormir. J'offre un sourire désolé à Shy et l'embrasse sur la joue. Elle va me manquer pendant que je dormirai.

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Sam 3 Mar 2012 - 1:05

- Je ne veux pas imaginer ça... Et puis c'est encore un bébé... Shy, tu m'as mis des pensées bizarres dans la tête.

Je... Ah non beurk ! Je crois que je viens de penser à un truc auquel il ne fallait surtout pas que je pense ! Bonjour l'image... Faut plus que je pense à ça, faut plus que je pense à ça...
Détournons le sujet ! Parlons de... je sais pas moi... d'escargots par exemple ? Vous aussi ça vous avait manqué ? Parce que moi pas en fait. Mais il ne faut pas les oublier, parce que sinon ils vont en profiter pour conquérir le monde ! Enfin, je vous fais confiance pour vous être occupé de les stopper pendant que j'avais... d'autres préoccupations en tête. Est-ce que vous avez utilisé la super arme top pas secrète ? Ah... je ne vous ai jamais parlé de la super arme top secrète ?
Bon alors c'est le sel. En fait, je ne sais même pas si ça marche parce que je me suis jamais approchée assez proche d'un escargot pour réussir. Mais j'imagine que si on attrape l'escargot par la coquille et qu'on fout du sel dedans, ça doit faire de l'effet. Parce qu'en tout cas, ça fait fondre les limaces. Alors pourquoi pas leur congénère à maison ?
Après tout, les limaces ne sont rien d'autres que des escargots SDF...
Tout ça pour vous dire que si l'un d'entre vous était tenté de faire l'expérience du sel sur les escargots, qu'ils n'hésitent pas à me prévenir du résultat. Sans photo parce que sinon c'est vraiment trop beurk et que de toute façon moi je suis tellement cool que je vous crois sur parole.
Si quelqu'un pouvait aussi essayer sur les futurs copains de ma fille et réussir à les faire fuir par la même occasion... Parce que l'image ne m'a toujours pas quittée.

Alors passons à autre chose. Et j'ai une très bonne idée pour oublier Hana et la laisser à son sommeil d'enfant. Et je suis sûre que son papa sera d'accord pour m'aider. D'ailleurs je ne lui laisse même pas le choix, déjà à califourchon sur lui en train de l'embrasser.

- C'est de la triche ça. Tu sais que je vais prendre ma revanche plus tard ?

Sa revanche ? Et bien je l'attends de pied ferme celle là. Et je crois que vous préférez ne pas savoir toutes les images qui viennent de me traverser l'esprit à l'instant. Héhéhéhéhé... AHUM.

- Hmm ? Même pas peur...

En attendant je continue mon manège, l'embrassant le plus tendrement possible. Et dire que... dire que ça a failli ne plus arriver. Que je n'aurais plus pu sentir ses lèvres sur les miennes, toucher son corps, embrasser chaque parties de son corps... Je sais que la mort ne pourra pas nous séparer, je sais que la mort ne pourra jamais m'empêcher de continuer à l'aimer, mais honnêtement la mort peut aller se faire cuire un oeuf. Je n'ai pas envie qu'elle m'enlève l'homme que j'aime.
Et puis... et puis même si on est fiancé, même si on a des enfants, on est pas ensemble depuis si longtemps que ça. Si, au début, on a pas été très rapide, tout s'est soudainement accéléré. Je ne m'en plains pas parce que j'aime nos enfants et que je ne souhaite qu'une chose ; être mariée à celui que j'aime. Mais ce que je cherche à dire par là, c'est que je suis sûre qu'il y a encore pleins de choses que je dois découvrir chez Taki. Chaque jour j'en découvre des nouvelles. Je ne sais pas si un jour je vais arrêter d'en voir. Je ne sais pas si c'est ça l'amour ; trouver à chaque instant un détail qui nous fait aimer l'autre encore plus. Je ne sais pas si l'amour s'arrête un jour, même si j'aime croire que le notre sera éternel. Je ne sais pas si on peut aimer autant que j'aime sans avoir le coeur qui éclate. Je ne sais pas ce que ça fait de vieillir avec celui qu'on aime. Je ne sais pas ce que ça fait de se balader main dans la main en étant deux vieillards qui se sont toujours aimer. Je ne sais pas ce qu'il faut faire quand on tombe sur le pétale "à la folie" d'une marguerite. Il y a pleins de choses que j'ignore et que j'ai envie d'apprendre avec lui.

- Je t'aime.

Je sens la main de Taki se poser sur ma joue et je relève doucement la tête en souriant. Au moment où nos lèvres se rencontrent, je ferme les yeux profitant au maximum de l'instant présent. Sauf qu'au moment même où nos lèvres se séparent, j'entends très distinctement un bruit de poignée.
Oups.
Du coup je me bouge pour me remettre sagement à côté de Taki, les joues toutes rouges. On dirait une adolescente qui a peur de se faire chopper par ses parents... Pourtant c'est juste l'infirmière qui entre et vu le sourire sur ses lèvres, je crois qu'elle a compris ce qui s'était passé. Heureusement pour mes tomates de joues, elle ne fait aucune réflexion et se contente d'injecter à Taki son médicament pour dormir. J'ai encore le droit à un sourire et un bisou sur la joue de la part de mon fiancé, puis je patiente en tenant sa main jusqu'à ce qu'il retourne entre les bras de Morphée. Vous savez... je vais finir par être jalouse de Morphée moi si ça continue comme ça !
En attendant Taki s'est endormi et pour moi il est l'heure de rentrer. Au passage je vais saluer deux trois élèves que je n'ai pas vu depuis quelques temps, puis je vais récupérer mes bébés. Puis c'est retour maison pour m'excuser auprès de Rhyan et essayer cette fois-ci de me comporter en adulte.
Mais passons sur ce sujet là, j'ai pas envie de revenir là-dessus. Pas maintenant. Du coup je nous téléporte - qui a dit que je ne maîtrisais pas la téléportation ? - directement au lendemain matin. Lendemain matin où ma première envie est d'allé voir mon fiancé. Ce que je fais, en emportant avec moi une petite surprise...
Cette fois-ci je ne prends pas Taxi-Jon parce que ma surprise est trop fragile pour la téléportation. Du coup c'est debout à 6h00 pour être à midi là-bas. Mais je peux vous assurer que ma surprise vaut le coup ! Et c'est avec un grand sourire que j'ouvre la porte de la chambre de Taki qui, coup de bol, est réveillé.

- Oh mais regardez qui voilà, c'est papa !

Le sourire de Jace s'agrandit alors que Hana commence à gazouiller joyeusement. Voilà, c'est ça ma surprise. Les deux plus beaux bébés du monde vers le plus beau papa du monde. Ça fait la paire. Du coup j'amène les jumeaux à Taki et Hana tend sa petite main potelée de bébé vers lui. Les bébés réalisent-ils que ça fait longtemps qu'ils ne l'ont plus vu ? Je ne sais pas, j'espère pour eux que non, parce qu'aujourd'hui mieux que personne je sais ce que ça fait d'être séparé aussi longtemps de la personne qu'on aime. Mais ne pensons plus à tout ça, maintenant nous sommes réunis, tous les quatre.
Je pose un baiser sur les lèvres de Taki. J'ai terriblement envie de lui dire quelque chose, parce que je n'ai pas arrêté d'y penser cette nuit et que j'ai besoin de son avis. Alors je finis par me lancer.

- Taki... J'ai envie qu'on se marie bientôt. Dès que tu seras rétablis je veux dire. Je n'ai pas envie d'attendre plus longtemps, j'ai envie qu'on s'échange les alliances, de porter une belle robe, de devenir Mrs Kido, tout simplement. Je n'ai plus envie d'attendre. Et je t'aime.

Surtout je t'aime.
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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Sam 3 Mar 2012 - 23:24

Babies
Love 'em

- Hmm ? Même pas peur...

Je note. Et je m'en rappellerai.
Dès que je suis sorti d'ici... Hrm. C'est pas le bon moment pour penser à ça vu que je suis à demi paralysé. Et donc mal barré si il arrive un truc.
Oh vous voyez très bien de quoi je parle.

- Je t'aime.

Moi aussi, je t'aime Shy.
Après ça, l'infirmière a foutu son produit dans une poche de perfusion, j'ai très mal regardé le médicament, et j'ai fini par m'endormir alors que je ne voulais pas. Même si j'étais crevé. Mais y'avait Shy à côté de moi quand même.
Ce qui n'était plus le cas au réveil.
J'sais pas quelle heure il est. J'sais pas quel jour on est. J'ai aussi un doute sur le mois et l'année pour tout dire.
Mais peu importe. Nos encêtres Australophitèques et Homo Choisissezvotrepréféré étaient dans le même cas. Du coup je me sens comme eux, en moins poilu. Et donc, j'en suis venu à me demander si ils ne s'ennuyaient pas beaucoup, quand même.
Parce que là, dire que je m'ennuie comme un rat mort est l'euphémisme d'un euphémisme.
C'est très profond ce que je raconte là, je vous assure.
Y'a rien à faire dans ces salles, et en plus je suis encore relié à des fils et vous savez quoi ? Je me sens violé là. Voilà. Sortez de mon corps, vous n'y êtes pas invités. Je vais faire un rejet psychologique de ces machins, ils seront obligés de me les enlever. Je sais que le truc transparent là -celui en haut à droite, oui je sais qu'ils sont tous transparents-, c'est un médicament pour mon poumon ou je sais pas quoi qui est troué comme un gruyère. Même que l'infirmière a dit qu'ils avaient failli opérer pour retirer la côte au dessus, j'ai rien compris, mais ils l'ont pas fait.
Tant mieux. Ça sufft, ils m'ont assez percé de trous comme ça.
Oui, je m'ennuie, et j'ai rien de mieux à faire que de râler. J'ai déjà essayé de faire des scoubidous avec les fils, mais ça a pas marché.
Oh, grand nouvelle, je me suis levé tout à l'heure. Ok bon, il faut nuancer tout ça. Je semblais tenir sur mes pattes arrières, mais en fait c'était plus le médecin qui me portait. Parce que mes jambes, c'était pire que des batons de gelée. Non mais elles étaient pas contentes du tout d'avoir été mises en arrête de travail forcé pendant trois semaines. Et encore moins d'avoir eu à subir une fracture pour l'une d'elle.
Le médecin a dit qu'ill allait falloir... Falloir...
Non c'est trop dur à avouer.
... Falloir réapprendre à marcher. J'ai plus qu'à me faire une place dans le berceau de Jace ou celui d'Hana en rentrant.
Et en attendant, docteur a dit qu'il faut me lever plusieurs fois par jour, mais pas tout seul parce que si j'essaie tout seul, je vais tomber et je ne pourrai pas me relever.
Et donc depuis que je vous parle là, je suis assis au bord du lit et je considère l'option de sauter. Sachant que je vais tomber à l'arrivée, ça ressemble un peu à un suicide. Mais vu la taille du saut, ça serait un suicide pour nain. Moi ça va juste m'ajouter des bleus.
D'après l'infirmière, j'avais beaaaucoup plus de bleus et coupures en tout genre quand je suis arrivé, tellement que je me serais fait peur à moi même. C'est parfaitement rassurant.
Si on récapitule, je suis un Australopithèque du futur prêt à se suicider sans mourir parce qu'il s'ennuie.
Glorieux.
De toute façon ici, soit je m'ennuie, soit je dors. Soit Shy est là, mais c'est pas le cas pour le moment. D'ailleurs elle me manque gros comme l'Himalaya, même si je l'ai vue hier. Et les petits, pareil. J'aimerais bien me téléporter là bas mais c'est pas possible...
Prenez bien conscience du fait que je viens d'aligner téléporter et impossible dans la même phrase.
Bon, à trois, je saute. Et après je tente de me relever avant que quelqu'un me voit. Ça m'occupera. Et si jamais on me demande ce qu'il s'est passé, je dirai que j'ai fait un cauchemard et que je suis tombé du lit. Comme ça pouf. Parce que sinon j'allais me faire croquer par un cochon vampire dans le cauchemars, donc je me suis jeté dans la mer à côté. Et je suis tombé du lit.
C'est crédible, non ? Vous pensez pas à cause du cochon vampire ? Mais c'est un rêve ! Moins c'est crédible, mieux c'est. Alors...
Un...
Deux...
Tr- la porte s'ouvre.
Echec du chargement, saut repoussé.

- Oh mais regardez qui voilà, c'est papa !

Et ça ce sont ma -future- femme et nos enfants ! Les petits, que je ne pensais pas revoir de sitôt.
Shy est géniale. Je vous ai déjà dit à quel point elle est géniale ? Oui ? Bah c'était pas assez alors je le redis. Elle est géniale et a donné naissance à deux enfants adorables, qui m'ont tellement manqué.
Les petits ont grandi. Ça grandit vite à cet âge, et je vois les centimètres en plus par rapport à mon dernier souvenir.
Shy les ammène vers moi.
Si je pouvais, je leur ferai un câlin à tous les trois en même temps. Mais je ne peux pas, alors je prends avec précautions la petite Hana qui me tend la main en me regardant. J'arrive pas à dire un mot. Tout est bloqué. Mais j'ai un grand sourire sur le visage.
Shy les a amenés ici toute seule... Je me demande si elle s'est téléportée avec eux ou bien non. Je poserai la question, après.
Pour l'instant je serre Hana doucement dans mes bras. Et je retrouve la parole en chuchotant:

- Ils ont un grandi tous les deux.

Je tends un doigt à Hana et souris quand elle arrive à l'attraper avec ses deux mains. Notre fille est bien réveillée. Alors je lui pose un bisou sur le front, et puis je relève le regard vers sa maman.

- Tu as traversé la moitié des Royaumes-Unis avec eux pour venir ici. Je t'aime Shy.

Et puis je dépose Hana sur mes genoux -comme ça si elle décide d'aller faire un tour en roulant, sait-on jamais, je la rattraperai- et je prends Jace, qui semble heureux comme pas possible et regarde partout autour de lui.
Ils se ressemblent beaucoup tous les deux. Bon, c'est vrai qu'un bébé ne ressemble jamais aussi bien à autre chose qu'un autre bébé, mais eux, ils ont les mêmes yeux, et le même regard. Je me demande si ce seront de petites terreurs qui s'y mettront à deux pour faire les quatre cent coups plus tard. Le tout avec des têtes d'anges.
Peut être... Ils sont trop jeunes pour le savoir.
Mais ils ont déjà les têtes d'ange.
J'ai nos deux bébés dans les bras, et leur maman qui m'embrasse. Il ne manque rien.

- Taki... J'ai envie qu'on se marie bientôt. Dès que tu seras rétablis je veux dire. Je n'ai pas envie d'attendre plus longtemps, j'ai envie qu'on s'échange les alliances, de porter une belle robe, de devenir Mrs Kido, tout simplement. Je n'ai plus envie d'attendre. Et je t'aime.

Shybaï aujourd'hui a décidé de me faire mourir de bonheur. Heureusement qu'il n'y a plus cette machine pour contrôler l'activité de mon coeur, parce que sinon on rameutait tout l'étage de médecins et d'infirmières.
Je caresse sa joue d'une main, l'autre étant rattachée au bras qui tient notre fils et donc occupée. On est jeunes. On est jeunes pour avoir des enfants, pour unir nos vies qui finalement viennent de débuter. On est tellement jeunes avec la vie devant nous, vie qu'on veut passer l'un avec l'autre. Qu'on vieillisse ensemble -sachez qu'on ne vieillit pas physiquement, à 80 ans la patate comme à 20 héhé-, qu'on ait d'autres enfants un jour, qui sait ? Pour l'instant on en a deux qui demandent beaucoup de temps et d'attention. Ça nous laisse moins de temps juste tous les deux. Mais si on a la vie à deux devant nous, ce temps ne sera jamais perdu.
Vivre avec Shybaï, c'est devenu comme une évidence, quelque chose à faire et que je ferai avec joie. Tous les jours comme au premier, temps qu'elle le voudra.
Jace gigotte et émet un petit cri joyeux, alors que Hana n'arrête pas de gazouiller.

- Oui. Oui pour que tu sois mienne et que je sois tien, aussi tôt que possible.

Je l'attire à moi et l'embrasse, à plusieurs reprises, tendrement pour lui montrer que je l'aime fort fort fort, qu'elle s'appelle Artissa ou Kido.
Avec nos bébés au milieu, ça fait un gros câlin à quatre. Il paraît que les enfants le sentent, si leurs parents s'aiment ou non. Jace et Hana ont l'air heureux comme ça.
Je finis par laisser nos fronts reposer l'un contre l'autre en souriant, jetant un oeil aux enfants qui restent sages, dans leur monde de bébé mais souriant au notre. Le souffle de Shy que je sens sur ma bouche me donne envie de la réembrasser. Jouer sur ce terrain là n'est pas plus prudent qu'hier même si là tout de suit, j'en ai très envie.
Alors je me décide à reculer, et tapote le matelas à côté de moi pour lui proposer de s'assoir aussi, pour qu'elle vienne prendre un des bébés dans ses bras. Mes jambes pendent toujours dans le vide, et je ne leur fais pas suffisamment confiance pour me lever. Rappelez vous, le saut a été repoussé. Et puis Hana est sur mes genoux.

- Alors, qui sera la demoiselle d'honneur ?

La demoiselle d'honneur, c'est aussi celle qui suit la future mariée dans toutes les boutiques de robes parce que les hommes n'ont pas le droit d'y mettre les pattes. Tout du moins, le futur marié. Il ne voit la robe et la mariée dedans qu'au moment du mariage.
Parlez donc d'un truc stressant.
Je serai là pour l'aider à l'enlever après le mariage par contre.
Ahum. Terrain glissant, terrain glissant. Mauvais lieu.
Dans la catégorie mariage, je me demande... Si Shy va inviter son père à venir de New York jusqu'ici. Si elle veut qu'il assiste à son mariage ou non.

- Tu comptes inviter ton père ? Je crois qu'il n'a pas encore vu les jumeaux, non ?

Mes parents non plus d'ailleurs. C'est bête, ils étaient là il y a quelques jours, mais ils ne sont pas restés. Ils ont précipitamment abandonné le boulot pour venir ici.
Et puis ma maman est infirmière et je crois qu'elle scrutait trop l'infirmière qui s'occupe de mon cas, et que ça aurait viré en crise maternelle.
Et puis non, c'est pas tout à fait vrai qu'ils ne les ont jamais vus. Ils les ont vus en photo. Et puis plus tard, les enfants seront bilingues anglais japonais, parce que je leur parle souvent dans ma langue maternelle, pour qu'ils l'apprennent. Et Shy leur parle en anglais, alors ils apprendront les deux en grandissant.
Mais pour le moment, maman et papa veulent se marier et s'aimer autant qu'il est possible d'aimer, en les regardant grandir.

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Dernière édition par Takeji Kido le Lun 23 Avr 2012 - 23:46, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Lun 9 Avr 2012 - 11:37

En voyant le bonheur sur le visage de Taki, une bouffée de joie m'envahit. Ça fait longtemps que je n'ai plus ressentis ça. Avec cette période de flou qui m'a parue durer une éternité et qu'on ne savait pas si Taki allait se réveiller ou pas... Enfin ! Je préfère ne pas y penser. Ça m'a déjà assez noirci l'esprit durant des semaines tout ça. Je n'étais plus capable de rien, c'était presque comme si on devait me nourrir à la petite cuiller. Mais que ce serait-il passé s'il ne s'était pas réveillé, si l'attente s'était prolongée, indéfiniment.
Je ne sais pas, je ne veux pas savoir.
J'ai peur de ma lâcheté. Peur parce que je sais bien qu'au bout d'un bout de temps j'aurais fini par lâcher, que j'aurais passé que durant la journée, puis tous les deux jours, puis une fois par semaine, puis deux fois par mois, jusqu'à presque jamais. J'ai peur du désespoir et le fait qu'un jour où l'autre, bouffé par la lourdeur du coma, j'aurais pu tout laisser. Tout abandonner. Abandonner Taki. Sur son lit, alors qu'il dormait avec son si beau visage. Le laisser là au porte de la mort alors que je recommençais à vivre. Retourner au Mystery, peut-être m'arranger pour le venger, puis tout enterrer. Pour continuer ma vie, sans lui. Retrouver mes amis, sourire à nouveau et, qui sait, peut-être même un nouvel homme. Même si je sais pertinemment que le souvenir de Taki aurait continué à me manger et qu'aucun homme ne pourrait jamais être à la hauteur.
Sur le moment, je n'y ai pas pensé parce que je n'en avais pas la force. Mais maintenant je sais. Je sais que j'aurais été incapable de tenir cet enfer trop longtemps. J'aurais fermé les yeux, je m'en serais détournée. Et toutes ces pensées dans ma tête me font mal. Que penserait Taki s'il les entendait, hein ? Alors je m'efforce d'afficher un sourire sur mes lèvres. De ne plus y penser. Parce que Taki est réveiller, qu'on s'aime et qu'on est réunis avec Hana et Jace. Une chose qui aurait pu ne plus jamais se produire. Pour peu, j'en pleurerai presque de bonheur.

- Ils ont un grandi tous les deux.

Je regarde Hana, que Taki a pris dans ses bras, et je me demande comment les enfants auraient fait sans père. Ça aurait été affreux. C'est affreux de vivre sans l'un de ses deux parents. Surtout quand l'autre n'arrive pas à assumer. Et je ne suis pas sûre que j'aurais réussis à assumer.
Mais maintenant on est là, tous les quatre, tout le monde va bien. Il faut que j'oublie tout ça, mais c'est dur. J'en cauchemarde encore la nuit...

- Tu as traversé la moitié des Royaumes-Unis avec eux pour venir ici. Je t'aime Shy.

Je lui souris. C'est vrai qu'un si long voyage avec deux bébés en bas âge n'est pas forcément très facile. Heureusement qu'ils se sont montré sage sur le chemin parce que sinon je crois que j'aurais fini par abandonner et appeler Jon pour la téléportation. D'ailleurs il faut que je dise à Taki qu'on a pris le train, parce que je suis sûre qu'il se demande à l'instant même si je ne les ai pas fait téléporter, levant ainsi mon interdiction de téléportation.

- Je crois que les jumeaux ont bien apprécié le voyage en train.

Je regarde mon fiancé prendre son fils dans ses bras. Ils sont tellement mignons tous les deux que ça me convainc d'arrêter de penser à toutes ces mauvaises choses qui envahissent mon esprit et à me concentrer sur le présent. Notre présent. Et notre futur. Parce que c'est avec lui que je veux passer le restant de mes jours et ces dernières semaines c'est la seule certitude qui m'a maintenue plus ou moins saine d'esprit.
Sa main caresse ma joue. C'est un geste si simple, si anodin et pourtant, il me fait gonfler le coeur. Je l'aime, je l'aime tellement...

- Oui. Oui pour que tu sois mienne et que je sois tien, aussi tôt que possible.

Sa bouche sur la mienne est mieux que le plus beau des rêves. Je crois bien que j'étais en manque de ses baisers, la seule manière que l'ont ait trouvé pour se montrer le millième d'un quart de l'amour qu'on a l'un pour l'autre. Les mots quand à eux sont encore plus faible. Seul les baisers arrivent à la cheville de notre amour. Ils sont là pour dire "je t'aime" et "je serai toujours là pour toi". En mille fois mieux.
Je rouvre doucement les yeux en sentant nos fronts l'un contre l'autre et, une nouvelle fois, je souris. Je l'aime. C'est fou comme je l'aime.

- Je suis déjà tienne et ce, depuis longtemps.

Puis je m'assieds sur le lit à côté de lui, me blottissant contre son corps, me cachant dans sa chaleur. Doucement, je prends Jace dans mes bras et je le sers contre moi. Ce n'est pas pour me vanter, mais je crois qu'on peut dire qu'on est une belle famille. Une très belle famille. Même si on est jeune, on a une tonne d'amour à offrir et on est prêt à assumer nos enfants. J'ai vu des couples plus vieux refuser de s'occuper de leur petits parce qu'ils ne se sentaient pas prêt. Mais ce n'est pas une question d'âge ou de maturité. C'est une question d'amour et de détermination. Avec Takeji on a choisi d'aller jusqu'au bout de l'aventure. Peut-être que je lui ai un peu forcé la main en refusant d'avorter, mais lui aurait pu me quitter. Il ne l'a pas fait. Et maintenant nous sommes quatre et je ne regrette absolument rien.

- Alors, qui sera la demoiselle d'honneur ?

Je n'y ai pas encore pensé, mais quand il me pose cette question, je pense directement à Nérys. Elle est un peu comme une grande soeur pour moi, même si on ne se connaît pas depuis très longtemps alors qu'elle connaît tout l'orphelinat depuis des années. Mais il y a des gens comme ça où un lien fort se tisse entre eux dès le départ. Et je crois bien pouvoir dire que c'est le cas entre nous deux. Je n'aime pas donner aux genre des titres comme "meilleur ami", parce que j'ai l'impression que ça les fait rentrer dans des cases et ça ne me plaît pas vraiment. Mais, en quelque sorte, on pourrait dire que Nérys a pris cette place là. Celle de ma meilleure amie. Et puis elle et moi nous sommes encore plus rapprochées depuis tout ce qui s'est passé avec nos amoureux respectifs. Jon et Taki... Un qui se barre en Afrique et l'autre qui se fait exploser à Londres. On aurait pu choisir plus prudents comme amoureux !
Mais on les aime. Alors le reste on s'en fout.

- Nérys je pense. Il faut que je lui demande si elle est d'accord. Et toi ?

Je sens que ce mariage va être long à organiser. Parce que je veux que tout soit parfait. Evidemment, si je devais me marier en pleine jungle amazonienne avec un singe pour prêtre et deux paresseux pour invités, du moment que Taki soit le marié, je serai d'accord. Mais puisqu'on nous donne l'occasion de faire un beau mariage, autant faire quelque chose de grand, non ? Je veux que ce soit inoubliable parce que, jusqu'à preuve du contraire, je ne prévois pas de me marier plus d'une fois dans ma vie. Alors cette seule et unique fois doit être bien, même si, rien qu'en regardant Taki à mes côtés, je sais que ça sera parfait.

- Tu comptes inviter ton père ? Je crois qu'il n'a pas encore vu les jumeaux, non ?

Je caresse doucement la tête de mon fils. Papa... Je ne suis pas très douée en mariage, mais le père de la mariée n'a-t-il pas un rôle à tenir dans la cérémonie ? C'est vrai que... que je pourrais l'inviter. Je me demande s'il viendrait ; New York c'est loin. Et est-ce qu'il emmènerait son fils et sa nouvelle femme avec lui ? Bonne question... Mais d'un autre côté, ça me ferait bizarre de ne pas avoir mon papa avec moi à mon mariage. Parce que malgré tout ce qu'il a fait et malgré que la situation ait été relativement tendue entre nous quand je suis allée le voir, ça reste mon papa. Et je l'aime.

- Je lui enverrai une invitation. On verra bien s'il vient ou pas.

Je dis ça sur un ton léger, comme si ça m'était égal de le voir. Alors que c'est faux, totalement faux. Je serais blessée qu'il ne vienne pas. Mais au moins ça serait clair si c'était le cas ; les liens seraient définitivement rompus entre lui et moi.
Sauf que... sauf que s'il ne vient pas, j'ai l'impression que ça ne sera pas aussi parfait que ce que je veux. J'ai 23 ans - bientôt 24 -, je suis maman et fiancée et, pourtant, j'ai encore besoin de mon papa...

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Mar 24 Avr 2012 - 1:37



Hana est tout souriante. Hana est trop choue. Hana rigole et je sais pas pourquoi, mais ça a l'air d'être drôle. Je lui fais une grimace pour voir, et elle rigole de plus belle. Alors je lui fais un bisou sur le front et un câlin, parce qu'on ne peut pas ne pas faire de câlin à Hana quand elle rigole.

- Je crois que les jumeaux ont bien apprécié le voyage en train.

En train ! En train, et la téléportation alors ? J'y ai cru...
Le voyage a dû être bien long alors en plus, avec deux bébés. Leur première sortie hors d'Ecosse ! Dommage que l'occasion de cette sortie soit ce qu'elle soit. Je paierais cher pour rentrer avec eux. Très cher.

- Le retour aussi en train ? Tu es sûre de ne pas vouloir un moyen plus rapide ?

Bon ok j'insiste à moitié parce que j'ai toujours pas abandonné l'idée de lui faire faire au moins un manquement à sa règle d'abstinence de la téléportation avec les bébés.
Mais vous savez quoi ? Je suis prêt à fermer les yeux et à faire comme si c'était pas arrivé, juste pour être sûr qu'elle rentre sans problème avec les petits. Oui grosse concession, les concessions sur la téléportation sont toujours parmi les plus grandes, vous devriez le savoir depuis le temps.
Bref. C'est pas le sujet.
Je pourrais passer longtemps à juste regarder Shy dans les yeux. Comme au début de notre relation. Ça va bientôt faire deux ans. Enfin, à quelques mois près. Ok, à la moitié de l'année près mais c'est pas grave ! Ça va bientôt faire deux ans quand même, et j'ai l'impression que c'était hier. Alors que rien que nos enfants sont une preuve que ça fait bien plus qu'hier. Bien plus, et en même temps pas grand chose, parce que deux ans c'est peu. Deux ans c'est peu quand on peut vivre plus de 100 ans, mais en même temps deux ans c'est beaucoup, quand on peut mourir à 22.

- Je suis déjà tienne et ce, depuis longtemps.

Si y'avait pas tous ces fils, si je pouvais bouger correctement, si on était pas dans un hôpital, suite à cette déclaration on...
Bref.
De toute façon pour nous consoler, y'a les enfants. Donc faut rester sages. Mais Shy, je t'aime.
Après ça elle vient s'assoir sur le lit et prendre Jace dans ses bras. Comme ça ils ont chacun quelqu'un pour les porter. C'est fou ce qu'ils sont sages. Alors que je sais pour les avoir vus qu'ils peuvent être deux petites terreurs qui crient très fort. C'est dans ces moments là qu'on se dit qu'on ne regrette rien.
Mais moi en fait, je regrette une chose. Qu'ils aient été conçus "par accident", et qu'on ai pas profité de l'annonce de leur venue dès le départ. Cela dit, c'est un regret largement compensé par tout le reste. La prochaine fois, si prochaine fois il y a, ça sera voulu !

- Nérys je pense. Il faut que je lui demande si elle est d'accord. Et toi ?

Nérys, Nérys ! Si Ren n'existait pas, j'aurais demandé à Jon. J'espère qu'un jour Jon et Nérys se marieront et n'auront plus à se cacher. Ce jour finira bien par arriver.

- Ren. Si il est d'accord aussi.

On ferait bien de commencer à dresser des listes de tout ce qu'il va falloir. A commencer par la liste des invités sur laquelle je suis tenté de mettre une ligne "tout l'orphelinat" comme ça c'est réglé. Non mais en fait, on finit toujours par se dire qu'on a oublié quelqu'un. Alors qu'en invitant tout le monde, y'a plus de problème.
Bon ok je ferai une vraie liste, promis.
D'ailleurs je me demandais...

- Tu as une idée du lieu ? Je veux dire, on pratique la magie, même dans une grotte ça serait joli.

Bon niveau confort et aménagement des lieux par contre, faudra repasser, magie ou pas magie.
Bon ok pas la grotte. De toute façon imaginez y'a un ours dedans... Rien à faire que les ours y'en ait pas en Ecosse d'abord. Pourrait y avoir des chauves souris, ou des insectes bizarres, ou des... N'importe quoi de bizarre en fait. Y'a que des trucs bizarres dans les grottes. Aussi bizarre que l'hexakosioihexekontahexaphobie -à mes souhaits- par exemple. Cherchez sur google si vous voulez la définition. Nan le dico ça sert à rien, il est impuissant, son affichage max est de 25 lettres dans un mot, et là y'en a 29. Il va vous dire que vous ne savez pas parler si vous lui demandez.
Alors que Google, il sait tout.
Ceci était un message sponsorisé par Google. Tous droits réservés.
Pardon.
Hana tend une toute petite main que j'attrape par réflexe. Finalement on a un peu les même réflexes avec les bébés. Si on me met un truc sous le nez, je vais l'attraper. Eux aussi.
La main de Hana est tellement petite. Ma paume est plus grande que sa main en entier. Le contraste ne manque jamais de m'étonner. Ammenant même à se demander où ils trouvent les ressources pour affronter les jours les uns après les autres.
Les bébés animaux quand ils naissent dans la nature, ils savent marcher au bout de quelques heures, et se nourrir plus ou moins seuls au bout d'une durée qui se compte en jours. Même les oisillons, si ils ne tombent pas de leur nid, savent rapidement voler. Ou bien les bébés tortues, qui doivent assurer eux mêmes leur survie dès la sortie de l'oeuf.
Les bébés humains ils n'ont pour eux que le fait d'être ce qu'ils sont. Des bébés humains. Aucun prédateur naturel, en théorie aucun manque de nourriture -même si en pratique, il y a déjà une inégalité dû au lieu de naissance-... Mais pour le reste, ils n'ont rien et sont totalement dépendants. Pire, il leur faut de longs mois avant de pouvoir bouger eux même, et plusiers années avant de pouvoir plus ou moins se nourrir sans aide.
Et pourtant ils sont là tout petits à se faire une place dans le Monde, à réussir à ce qu'on ne les oublie pas, à apprendre tous les jours entre deux siestes. A grandir aussi vite qu'ils le peuvent.

- Je lui enverrai une invitation. On verra bien s'il vient ou pas.

Je rends sa main à Hana et me tourne vers Shy pour l'embrasser sur la joue.

- Il viendra. On pourra lui téléphoner si tu veux.

Il n'a pas le droit d'abandonner sa fille une seconde fois. Il n'a plus le droit de l'abandonner tout court en fait. Surtout maintenant qu'elle a fait l'effort de le retrouver. Mais il viendra, hein ? Est-ce qu'il aurait été là pour elle, si... Si je ne m'étais pas réveillé -ça fait toujours bizarre de parler de sa propre mort-...
Moi j'aurais eu mes parents par exemple.
...
Je viens d'imaginer un instant si les rôles avaient été inversés. Si Shy avait été sur ce lit à ma place.
J'ai eu le coeur et la gorge noués au point d'en étouffer si ce flash avait duré plus qu'il ne l'a fait. Shy disparue... Je passe un bras autour de ses épaules et la serre fort contre moi, mettant ma tête dans le creux de son cou. Pars pas Shy. C'est complètement égoïste, mais ne pars pas. Tout du moins, pas sur un lit d'hôpital.
Même si au fond ce que je veux, c'est ne pars pas tout court.
Je lui chuchote que je l'aime. Une fois, deux fois, trois fois, pourquoi compter ? On les perd, on les dit à nouveau, l'important c'est de le penser à chaque fois. Comme ça, on le pense les fois d'avant, on le pense au moment où on le dit, et on le pense les fois d'après. Les mots n'existent qu'au moment où ils sont prononcés, c'est leur sens et leur signification qui perdure. Ils ont une longévité plus longue sur le papier, mais au final c'est la même chose.

- Tu sais... Je t'entendais parler, quand j'étais assommé.

J'arrive pas à prononcer coma à voix haute. Et j'ose pas avouer que je ne reconnaissais pas sa voix, qu'elle me plaisait seulement et m'était au mieux familière, mais que je voulais l'entendre. Même si pour ma défense, je ne savais même plus mon propre prénom et que j'ai vaguement le souvenir d'avoir eu quelques troubles à savoir si j'existais seulement.
Un peu comme Descartes devant sa cheminée, sauf que c'était pas volontaire, et que je n'irai pas en faire un livre.

- Je comprenais pas grand chose, mais j'entendais et ça me suffisait.

Mais bien évidemment, je préfère la version éveillé où non seulement je comprends, mais en plus je peux répondre et j'ai tout le reste.
Hana s'agite, me forçant à me décoller de Shybaï pour pouvoir la voir.
Oh, elle a la tête du bébé contrarié. La tête du bébé qui va se mettre à crier si on ne devine pas vite et bien ce qu'elle veut. La tête du bébé qui va crier très fort en plus.
Voyons euh... Un biberon peut être ?

- Tu aurais son biberon ?

Arrête de regarder papa comme ça Hana, il aime pas, ça lui fait peur. Plus tard ses copains... AH NON. En fait pas ses copains. On pose pas ses pattes sur ma fille. Non mais oh. Surtout quand on sait de quoi les hommes sont capables. Ils s'approcheront pas d'elle, et attention j'ai un sabre -certes pas sur moi-.
Laissez moi menacer en paix et faire peur aux prétendants. Comme ça si y'en a un qui veut vraiment, il restera courageusement.
Là on pourra négocier.

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EMPLOIS/LOISIRS : Le théâtre
CITATION DU PERSONNAGE : To be or not to be ~ Shakespeare ♥ | Chiri mo tsumoreba yama to naru... ~ Takeji Kido ♥

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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Ven 4 Jan 2013 - 11:10

Les jumeaux sont vraiment les êtres les plus adorables au monde. En même temps avec un père comme celui qu'ils ont... c'est normal. Mais en plus de ressembler à leur papa ils commencent à développer leur propre personnalité. J'ai l'impression que hier encore ils étaient minuscules, mais ils grandissent à toute vitesse. Et ils rient tout le temps, c'est dingue comme leurs rires sont mignons. En fait ils sont mignon tout en entier, pas juste leur rire. Je sais que c'est totalement subjectif comme avis, mais allez vous faire cuir un oeuf. Si je dis que mes bébés sont les plus beaux, c'est la vérité.

- Le retour aussi en train ? Tu es sûre de ne pas vouloir un moyen plus rapide ?

Je souris à mon amoureux et pose un baiser sur sa joue qui veut tout dire. Oui, je suis sûre. Ce n'est pas encore demain la veille que je laisserai mes jumeaux se téléporter. Et puis quoi encore ? Ils ne savent même pas marcher... La téléportation c'est dangereux pour des êtres aussi petits, j'ai pas envie qu'ils égarent certaines cellules en chemin. Ils ont en déjà tellement peu... Ils pourront se téléreporter quand ils auront... 143 ans ! Et encore.
Moi ? Trop protectrice ? N'importe quoi...

- Certaine.

Puis je m'assieds sur le lit et prends mon fils dans mes bras. Il est vraiment adorable ce petit. Tout comme sa soeur d'ailleurs. Oui je sais, je me répète et alors ? Si vous êtes pas contents, laisser nous et aller voir dans un autre hôpital si on y est. J'ai le droit de dire ce que je veux sur mes enfants.
D'ailleurs, Jace est en trai de gazouiller. C'est tellement mignons les enfants qui gazouillent - remarquez que pour une fois je parle en général et pas que de mes enfants. C'est même encore plus mignon que les ronronnement des chats. Et pourtant les ronronnement des chats c'est atrocement adorable. La preuve, même moi j'arrive pas à résister quand le chat ronronne et je lui refile des croquettes. Mes enfants je peux pas leur donner des croquettes, mais des bisous oui. Je les couvre de bisous et de câlins... Faut les habituer tôt moi je dis ! Plus tard ils rejoindront la grande secte des câlinistes. Un point c'est tout.

J'attends encore que Taki réponde à ma question sur le mariage, bien que je me doute que sa réponse sera Ren. Ces deux là sont inséparables depuis qu'ils se connaissent, presque comme deux frères. Je trouve ça incroyable les liens qui se forment au Mystery ; ce lieu est réellement magique et pas seulement grâce à nos dons. Il est bien sûr normal que les orphelins cherchent à recréer une famille entre eux pour les accompagner sur le long chemin de la vie, mais les liens ne se créent pas seulement entre eux, mais aussi entre nous les professeurs. Moi par exemple je ne suis pas arrivée il y a longtemps et pourtant j'ai déjà trouvé des êtres qui me sont aussi chers que des frères, des soeurs et des protégés... Et puis bien sûr j'y ai rencontré Takeji Kido. Cet homme incroyable, le père de mes enfants.
Même les escargots ne peuvent rien contre ça.

- Ren. Si il est d'accord aussi.

Je souris, je m'en doutais. Ce mariage sera forcément merveilleux, il ne reste plus qu'à l'organiser. Le problème c'est que je sens qu'il va falloir un très grand endroit parce que moi j'ai envie d'inviter beaucoup beaucoup de gens. Tous ceux de l'orphelinat, il n'y a pas photo. Même ceux qui ne sont pas dans mes élèves ou les nouveaux arrivants. Ils sont tous extraordinaires et je les veux tous autour de nous pour célébrer l'un des jour les plus heureux de ma vie, avec la naissance de mes bébés - j'espère quand même que se marier est un peu moins douloureux.

- Tu as une idée du lieu ? Je veux dire, on pratique la magie, même dans une grotte ça serait joli.

Je le regarde un peu surprise. Disons qu'une grotte... c'était pas exactement l'idée qui me trottait dans la tête. En plus ça serait carrément trop petit pour accueillir tout le monde. Et puis beaucoup trop humide. En plus ça résonnerait, donc si l'un des enfants se met à pleurer durant la cérémonie, ça deviendra insupportable. Non, moi je voyais plutôt quelque chose comme... Un immense champs. Entouré de pleins de guirlande de lumière pour faire joli et nous illuminer la nuit. Des guirlandes de lumière de toutes les couleurs, ça serait vraiment joli. On commencerait durant l'après-midi et on souperait en regardant le soleil se coucher. Et puis en danserait à la lumière des étoiles et des guirlandes. Et puis j'ai envie d'une fontaine de chocolat. Je sais, c'est pas très original, mais que voulez-vous ?
Oh, j'aimerais bien qu'il y ait un carrosse aussi, tiré par Blow et Blanche-Neige et qui pourrait emmener ceux qui veulent faire un petit tour. Et puis si nos deux chevaux préférés pouvaient assister à notre mariage, ça serait... bien. Vraiment trop bien. Parce qu'au fond si on en est là aujourd'hui, sur le point de se marier, c'est grâce à eux. Bon, évidemment il faudrait faire ça en été et espérer qu'il ne pleuvent pas, mais pour ça... on peut toujours demander à Rhyan de tricher un peu, non ?
On ne se marie qu'une seule fois dans sa vie ! (Enfin j'espère...)

Et puis ma robe aussi... Il faut que je pense à ma robe. Je veux la plus belle et la plus merveilleuse des robes. Je me demande où je vais bien pouvoir trouver ça... Pas à Little Angleton, j'en doute ! Le problème c'est que je peux pas vraiment demander à Taki de me téléporter dans une boutique de robe de mariée, vu qu'il n'est pas sensé la voir. Il va falloir que je me débrouille autrement... D'habitude les futures mariées bénéficient de l'aide de leur maman pour choisir leur robe, mais la mienne est... morte. Mais peut-être que je peux demander à Nérys de m'accompagner ? Je suis presque sûre qu'elle serait d'accord !

- Un champs. Un immense champs, ça serait bien, non ? Avec des guirlandes de lumières multicolores.

Je souris. Je crois qu'avec ces guirlandes, n'importe qui me connaissant et arrivant dans le champs en ignorant ce qu'il s'y passe comprendrait directement que ça a un rapport avec moi. J'aime trop les couleurs, j'en veux partout. Ça serait bien d'avoir un gâteau de mariage avec pleins de couleurs, non ? Ça fait beaucoup de choses à penser en fait d'organiser un mariage...

Je regarde Hana donner sa main à son papa, fascinée par ce contact entre mon bébé et son père. Notre fille est tellement minuscule dans les bras de Taki et je trouve ça adorablement adorable. Et pas seulement parce que c'est mon enfant, mais j'ai toujours trouvé incroyable de voir des être aussi petit, surtout en sachant qu'il grandiront pour devenir comme nous. Et dire qu'un jour moi aussi j'étais comme ça, ma main toute petite dans celle de mon papa...
Oh mon père... J'aimerais bien qu'il vienne quand même à mon mariage. Je ne sais pas sinon qui pourrais bien m'accompagner jusqu'à mon futur mari. Bien sûr, je pourrais y aller toute seule, mais je préférerai tellement que ce soit mon papa qui m'y amène.

- Il viendra. On pourra lui téléphoner si tu veux.

Je hausse les épaules. Avec mon père on peut toujours être surpris. Qui aurait pu croire qu'il allait tourner à l'alcoolique à la mort de ma mère ? Et qu'à mon départ il allait réaliser ce qu'il faisait et se remettre dans le droit chemin, allant jusqu'à se marier et avoir un autre enfant. J'ai un peu l'impression de lui rappeler une période noire de sa vie et... honnêtement je comprendrais qu'il ne veuille pas venir.
Je regarde mes enfants. Comment ai-je pu penser un instant à les abandonner ? Je sais ce que ça fait de n'avoir plus personne alors je ne veux pas qu'ils connaissent cette sensation eux non plus.
Ils sont beaucoup trop extraordinaires.

- Tu sais... Je t'entendais parler, quand j'étais assommé.

Je regarde Taki et je me demande s'il comprenait ce que je lui disais. Parce que je me suis un peu énervée parfois... J'avais pas envie de rester seule, il avait pas le droit de me laisser seule.
Mais je me dis quand même que le médecin avait raison. De me conseiller de lui parler. Parce qu'il m'a entendu. Et que moi, sur le moment ça me faisait du bien. Beaucoup de bien.

- Je comprenais pas grand chose, mais j'entendais et ça me suffisait.

Je pose ma tête contre son épaule et je ferme les yeux. Ça me fait du bien se savoir que ça a pu l'aider. Et surtout que cette terrible épreuve se soit achevée de cette façon. Bien sûr, j'aurais préféré qu'elle n'ait jamais lieu, mais mieux vaut que ça se finisse ainsi que par la... mort.
Je n'arrive même pas à l'imaginer. Taki au fond d'un cercueil, toujours aussi beau, mais plus pâle que jamais. Taki qui ne rira plus jamais, ne sourira plus jamais, ne parlera plus jamais. Qui ne pourra plus jamais me faire de câlin, ni me dire qu'il m'aime. Un trou dans mon coeur.

- C'est fini maintenant.

Il est en vie et tout va bien. Nous avons encore pleins de chose à vivre à commencer par l'enfance de nos enfants. Enfant qui aime bien qu'on leur prête de l'attention, comme se dépêche de nous le rappeler Hana en s'agitant dans tous les ans, une petite mine contrariée sur le visage.

- Tu aurais son biberon ?

Je me lève, Jace toujours dans mes bras pour me diriger vers le sac que j'ai posé à l'entrée et dans lequel il y a toutes les affaires des jumeaux. Mais j'ai à peine fait trois pas que soudainement, je me retrouve à nouveau sur le lit à côté de Taki.
Heu... il s'est passé quoi là ?
Je tourne la tête vers Taki et Hana et je découvre que ma fille n'est plus dans les bras de son père. OÙ A DISPARU MON BÉBÉ ?!
Et puis soudain la petite fille réapparait, là où elle était un instant plus tôt. Ok... résumons... Moi qui me téléporte à côté de Taki et Hana qui disparaît d'un coup avant de réapparaître comme si elle n'avait jamais bougé.
S'il vous plaît, ne me dite pas que mes enfants peuvent se téléporter et se rendre invisible. Sinon j'imagine pas les bêtises qu'ils pourront faire.

- Je crois que Jace n'a pas envie de se séparer de son papa. Et je crois aussi que ces deux petits n'ont pas fini de nous surprendre...

Moi qui voulait pas que mes enfants se téléportent... Et bien voilà. Encore un coup des escargots je parie.

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« Vivre c'est se mettre en danger, réalisa-t-elle. De la même façon qu'apprendre à marcher c'est d'abord accepter l'idée de tomber. »



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MessageSujet: Re: "We can only learn to love by loving"   Lun 7 Aoû 2017 - 21:15

Nooon, Shy est certaine à propos du train. Ce qui veut dire... Pas de téléportation. Comment, pourquoi. Et l'empreinte carbone 0 alors ? Et la non participation à cette société capitaliste ? Et la protection des chemins de fer sur lesquels roulent impitoyablement tous ces trains. Et ces pauvres brins d'herbes qui se prennent des rafales tellement souvent qu'ils en sont constamment pliés. La téléportation n'a que des avantages. Que des avantages je vous dis. Personne n'a encore pu prouver qu'il y a un risque de laisser quelques atomes au point de départ. Per-sonne. Risque 0. Personne ne l'a prouvé parce que personne n'a cherché ?
Et alors.
En attendant, ce n'est pas prouvé. CQFD.
Mais bon, je suis enchaîné à un lit, je ne peux pas y faire grand chose. Ce n'est que partie remise.

- Un champs. Un immense champs, ça serait bien, non ? Avec des guirlandes de lumières multicolores.

Retour sur le sujet du mariage. Vous savez, je n'ai aucun goût en matière de décoration et d'agencement. J'ai entendu celui qui a dit "on avait remarqué". Je te trouverai, mec. Je te trouverai.
Bref. Tout ça pour dire que Shy est mon exact opposé et que, quoi qu'elle fasse, c'est joli. Et non ce n'est pas l'homme transit d'amour qui parle. C'est l'homme qui ne sait rien faire de joli mais qui sait reconnaitre et apprécier ce qui est joli. Ce sont deux compétences totalement différentes et indépendantes, oui monsieur, oui madame.

- Je te fais confiance pour rendre magnifique notre mariage, où qu'on aille.

Je lui souris, notre fille dans les bras. Et je ferai une danse du beau temps tous les jours pendant un mois avant le jour J, afin de s'assurer que rien ne vienne gâcher ce mariage. J'irai chercher le Soleil moi-même pour le ramener par la peau des fesses s'il faut. Comment, le Soleil n'a pas de fesses ? Mais si. En été il est là tout content tout radieux. Et en hiver, il nous montre ses fesses. D'où le froid, le temps, et tout ce qui s'en suit. Pensez-y, c'est une explication tout à fait logique et rationnelle. En hiver il y a plein de nuages pour nous cacher ce fessier flamboyant. Les nuages sont très pudiques et cherchent en fait à nous protéger. Donc, quand il y a des nuages, c'est que le Soleil a décidé de montrer ses fesses. Retenez bien ça.

Shy s'installe contre moi et je pose ma tête contre la sienne, Hana toujours dans les bras.

- C'est fini maintenant.

Oui. Je suis tellement désolé pour cette épreuve, Shy.

- Je t'aime.

Tellement désolé.
Hana se fiche de ce moment de tendresse. Hana prend sa tête de bébé pas content. Hana va pleurer si on n'accède pas à sa demande. Les bébés nous tyrannisent tous. Shy va donc chercher son biberon, pendant que je surveille bébé Hana qui.
Attendez.
Où est ma fille ? Hana ?
La seconde d'après, Hana toujours disparue, Shy se téléporte - littéralement - sur le lit à côté de moi. Hana réapparait deux secondes plus tard.
Oh. Oh oh oh. Hé hé hé hé hé hé hé hé. Je ne peux empêcher le grand sourire qui me grimpe au visage. Jace, mon fils, tu viens de rendre ton père plus fier qu'il ne l'a jamais été de lui-même. Hana aussi, mais Hana est devenue invisible. Jace s'est téléporté. Sans favoritisme, ce moment doit tout de même être célébré.

- Je crois que Jace n'a pas envie de se séparer de son papa. Et je crois aussi que ces deux petits n'ont pas fini de nous surprendre...

- Regarde, sans danger la téléportation. Même les bébés la pratiquent.

Aujourd'hui est un bon jour.
Et là je réalise. Un duo d'enfant dont l'une peut se rendre invisible, et l'autre peut se téléporter. Oh ho. Ils ne vont pas juste nous surprendre, ils vont nous en faire voir de toutes les couleurs.

- Je nous suggère à tous les deux de bien nous reposer tant qu'ils ne maîtrisent pas leurs pouvoirs. Parce qu'après... Ce sera le duo des enfers.

Sur ce, bébé Hana commence à geindre, parce que bébé Hana n'a pas eu son biberon. Bébé Hana n'a cure de son environnement, comme beaucoup de bébés. Et entendant sa sœur, bébé Jace aussi commence à couiner. Je regarde leur mère l'air impuissant.

- Ils n'ont pas l'intention de nous laisser nous reposer en fait. Prête pour les années à venir ?

Moi oui, parce que j'ai ces trois là avec moi. Les trois personnes sur mon lit d'hôpital. Les trois personnes qui comptent le plus au monde pour moi.

[HRP : Si ça te va, ça peut servir de conclusion, ou tu peux ajouter un post Smile]

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