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 La vie est une partie d'échec dans laquelle le roi finit toujours par mourir... [Pv Edwin]

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MessageSujet: La vie est une partie d'échec dans laquelle le roi finit toujours par mourir... [Pv Edwin]   Ven 17 Fév 2012 - 0:17

« J’ai retourné ma veste le jour où je me suis aperçu qu’elle était doublée de vison. »

Londres, février 2012. Il fait bien froid dans la capitale, un froid sévère et calme qui ne rappelle en rien la guerre qui a sévit ici il y a quelques temps. Une guerre que j'ai suivis de loin, sans jamais intervenir. Certains diront que c'est de la lâcheté, mais après 168 années de vie, j'estime que c'est juste de la sagesse. Londres donc... cela fait bien longtemps que je n'y suis plus revenu ; ce n'est pas vraiment l'endroit où il faut être quand on ne veut pas se faire voir. Mais maintenant je suis de retour. Autant dans la belle capitale qu'à la surface de la Terre. Plus de fuite, plus de cachette, plus de dissimulation. Je suis là et je suis bien présent.

Je regarde les volutes de fumée s'envoler dans les airs. Un jour un homme m'a dit que la cigarette me tuerait, ce à quoi j'ai répondu que ne pas fumer ne le rendrait pas immortel non plus. Nous avions tous les deux raison ; il est maintenant enterré depuis belle lurette et je ne tarderais pas à le rejoindre. Pas plus de trois mois a dit le docteur. Je sais bien qu'avec l'aide de la magie je pourrais allonger un peu ces quelques mois qu'il me reste, mais je ne me fais aucune illusion ; personne n'est éternel et je n'ai déjà que bien trop vécu.
La cigarette aura eu ma peau. En attendant j'en profite encore tant que je peux en profiter. Je me laisse donc le plaisir d'aspirer les dernières bouffées de fumée avant d'entrer dans l'immeuble juste devant moi. Un immeuble de riche à voir ses briques... Un petit sourire échancre alors mes lèvres ; je ne pensais pas que la personne que je vais voir finirait un jour dans cet immeuble.
Je monte à l'étage et m'arrête devant la porte que je convoite. Je sors une reine de mon jeu d'échec de ma poche et m'adresse alors à elle :

- Dis lui de se rendre au Sunight. Et qu'il se bouge l'arrière train.

Non, non, ne me prenez pas pour un fou ; je jure ne consommez rien d'autre que du tabac. Bon, ceci est un mensonge, mais il n'empêche que je suis parfaitement sain d'esprit. Celui à qui je m'adresse par contre... il a un don très intéressant voyez-vous. Le pouvoir de parler aux objets. Quelque part, avec mon pouvoir à moi, je me sens proche de lui ; il papote avec les objets alors que moi, j'interprète les signes que les objets m'envoie. Cela ne peut mener qu'à une seule et unique conclusion ; les objets sont vivants.
Je sais aussi que, si moi je n'ai pas le pouvoir de parler avec eux, ma reine comprendra mes dires et les retransmettra à celui que je veux voir. Il ne faut pas croire que parce que vous ne les entendez pas, vos objets ne vous comprennent pas. Bien au contraire, bien au contraire... Or je sais bien que ma reine est amoureuse de celui à qui je veux envoyer mon message. Je me souviens de nos parties d'échec quelques années auparavant et mon cher ami qui me racontait les avances de la jolie reine noire. Ils étaient drôle tous les deux et j'en aurais presque rit si ça ne nous avait pas empêché de jouer.

Après m'être adressé de la sorte à ma très chère reine, je la pose sur le paillasson et un sourire malicieux dessine mes lèvres... Mon doigt se tend vers la sonnette sur laquelle j'appuie trois seconde histoire de bien faire retentir le bruit strident dans tous l'appartement avant de tourner les talons le plus vite possible et de me glisser hors de l'immeuble. Ne croyez pour autant pas que je cours ; j'ai tout de même 168 ans, il faut bien que je ménage mes forces ! Mais cela ne m'empêche en aucun cas de presser le pas pour m'éloigner à grande vitesse et ne pas me faire prendre en plein dans mes malices.
Fier de ma petite blagounette, je me dirige ensuite vers ce fameux café auquel j'ai donné rendez-vous à mon jeune ami. C'est un très vieux café où nous allions quelque fois... L'ami en question grognait beaucoup parce que, faisant fi de toute loi, le barman m'autorisais à fumer à l'intérieur de son établissement. Mon interlocuteur ayant horreur de la fumée... Il grognait. Mais par les temps qui courent à Londres, entre une pluie glaciales et des inconnus dans les rues qui t'agressent, qui n'aurait pas le coeur à laisser fumer un vieillard dans un bar plutôt que de le laisser sortir à la merci du monde ? Lui peut-être. Mais je ne compte pas lui laisser le choix.

Arriver au fameux café, je salue le tenancier d'un signe de la main qu'il me rend avec un sourire. Cela fait longtemps que je ne l'ai pas vu non plus, mais rien ne semble avoir changer pour autant. Je m'assieds à ma table habituelle, une petite table en bois entourée de deux fauteuils bien confortables. Je commande une tasse de thé et approche mon briquet du bout d'une nouvelle cigarette accrochée à mes lèvres. Qu'il est bon de fumer.
La tasse arrive et je remarque la fine tulipe dessinée sur la tasse en question. La tulipe semble malade, un peu comme moi... Il faut dire que cette fleur est un signe qui me relie directement à ma vie. J'attire les signes, des signes qui me prédisent l'avenir et le présent. La tulipe est en train de mourir et moi aussi...
Bien peu de personnes connaissent mon pouvoir et encore moins la relation très particulière que j'ai développé avec les tulipes. C'est l'emblème qui revient le plus dans ma vie et j'ai peur que si des gens le remarquent, ils puissent l'utiliser contre moi. Mes certains de mes amis sont au courant ; Pandora, Edwin...
Et c'est justement ce très cher Edwin qui devrait arriver dans ce café bientôt. Je me demande s'il remarquera la tulipe sur la tasse. S'il verra sa maladie. Et s'il comprendra. Car moi en tout cas, je ne compte pas le lui annoncer. Je suis là pour lui dire que je suis revenu. Et que je compte aller retrouver ma petite-fille. Mais pas que je vais mourir.

Sinon c'est sûr, il me sortira "je te l'avais bien dit ; la fumée tue !"

« Le masque tombe, l'homme reste, et le héros s'évanouit »
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MessageSujet: Re: La vie est une partie d'échec dans laquelle le roi finit toujours par mourir... [Pv Edwin]   Dim 19 Fév 2012 - 2:16

Aujourd'hui, Ed ne bosse pas.
Aujourd'hui, Ed a donc décidé de domir.
Aujourd'hui et comme tous les jours depuis un moment, Ed parle aux objets et les objets lui parle.
Aujourd'hui, Ed avait débranché son réveil pour être sûr qu'il se taise.
Aujourd'hui, Ed a découvert que son réveil peut parler même sans être branché. VDM
Sauf qu'il ne pourra pas la publier sur le site éponyme parce qu'il ne peut pas y raconter tout ça. Sa vie est trop injuste, oui.

Ce matin donc, Ed ne bosse pas. Il avait décidé de faire la grasse mat' la veille. Malheureusement pour lui, ce souhait n'a pas été exaussé, le réveil s'est mis à hurler à 7h. Pourquoi ? Parce qu'il a fait un cauchemar.
Si si. Il a rêvé que le bouton permettant d'aller régler les chiffres soit cassé, le rendant par la même occasion inutile. A priori, c'est suffisamment effrayant pour le faire hurler comme les filles qui se font tuer dans les films d'horreur. Parce qu'il y a toujours une fille pour se faire tuer dans les films d'horreur.
Et donc, à 7h01 -il s'en souvient très clairement-, Ed était en train de consoler le réveil en le berçant.
Jamais, jamais, JA-MAIS il n'aurait de momes. Jamais.

Maintenant, la matinée est déjà bien plus avancée, et Ed songe avec regret en regardant l'heure, que là normalement il devrait se lever. Seulement se lever.
Sauf que ça fait plusieurs heures qu'il est debout, il a même fait de la paperasse, et maintenant il est en tête à tête avec une tasse de café bien fort. La tasse est silencieuse. Elle fait partie de ces objets bienveillants qui comprennent son malheur, et du coup ne disent rien. En fait, tout l'appartement est silencieux.
Bon non pas à tout à fait, il y a un bourdonnement dû aux objets qui parlent entre eux, mais rien de bien méchant. Eddie arrive à le bloquer sans problème.
Du coup, il pousse un gros soupir de contentement. Le silence, c'est presque aussi bon qu'une bonne...
Bref. Tout ça pour dire qu'il apprécie.
Il descend tranquillement sa tasse de café, puis va ensuite la déposer dans l'évier, qui râle parce que la vaisselle s'accumule, alors que selon Ed c'est encore tout à fait raisonnable et il n'y a pas de crise urgente comme le dit l'évier.
Bon, y'a peut être quelques assiettes de trop, des tasses qui donnent l'impression qu'il a invité des gens alors qu'il n'invite jamais chez lui... Oui bon. Il va pas faire chier l'évier. Il fera ça plus tard.
Voilà.
Et puis il revient dans son salon, enfin décidé -maintenant que l'heure de se lever est passée, oui il est resté dans son appart tout ce temps juste pour ça- à sortir au grand jour. Il part donc s'habiller -monsieur s'est trainé en calbut depuis son réveil, et il n'en a rien à faire-, prendre sa douche, la totale. Il ne réémerge dans son salon que 15 minutes plus tard, frottant vigoureusement ses cheveux avec une serviette.

- T'as trois poils sur le caillou, un pet de pigeon suffirait à les faire sécher.

La serviette vole en direction de la lampe sur pied qui vient de parler. Forcément la lampe s'écroule par terre. Heureusement que son abat jour a empêché la frature de l'ampoule.
Et puis la sonnette retenti alors que Ed allait engueuler sa lampe à voix haute, le stoppant net.

- La porte ! C'est qui ?
- Je ne le sais point, son visage ne me revient pas. Et ne m'appelle pas "la porte". Je me nomme Charles-Edouard, sacre bleu !


Edwin joint ses mains en un geste de prière, lève les yeux au ciel pendant approximativement 2.135 secondes, avant de s'avancer vers la porte et de l'ouvrir.

- EEEDDIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE ! Ewdin, Edwin mon beau Edwin, tu m'as tellement manqué, je t'avais dit qu'on se retrouverait Amour.

Le mêlé descend un regard horrifié vers son paillasson -il a un paillasson, il ne sait lui même pas pourquoi il a un paillasson, peut être pour faire comme tous ses voisins-. Là, trônant au milieu des poils dru de l'essuie pied, dans toute sa splendeur, une pièce de jeu d'échec. Mais pas n'importe laquelle. Ce n'est pas "une" pièce, mais LA pièce maudite. A côté celles de Harry Potter dans le film 1, ce sont des JOUETS. Des petites joueuses.

- Edwin, garde moi avec toi ! Maurice disparait tout le temps, et il fait des trucs bizarres, et en plus il fume ! Il veut que tu le rejoigne au Sunight, mais tu ne vas pas le faire hein ? On va s'enfuir tous les deux n'est-ce pas ?

Edwin ferme les yeux. Il est partagé entre la joie de savoir Maurice de retour, et l'envie de lui tordre le cou. Il ne pouvait pas attendre derrière la porte après avoir sonné, comme tout le monde ! En plus il a choisi la pièce qu'il ne fallait pas.
Oui forcément, sinon c'était pas drôle.
Ed se baisse pour ramasser la Dame qui en couine de bonheur, et se met à babiller sur tout ce qu'ils doivent faire pour "rattraper le temps perdu". Le mêlé sent le mal de tête arriver. Alors il range la pièce bien au fond de sa poche de pantalon, rebrousse chemin pour prendre un manteau, et file en claquant la porte.
De toute façon ses voisins savent qu'Ed, il est un peu bizarre. Il gueule souvent dans son appartement des choses étranges, on dirait qu'il parle tout seul. La petite mamie qui vit en face sursaute toujours quand elle le croise, et galope pour s'éloigner le plus vite possible de lui à chaque fois. Ed guette le jour où elle va se gameler. Même si c'est mal.
De toute façon la moquette qui recouvre le sol de cet immeuble est tellement épaisse qu'elle se sentirait même pas qu'elle est tombée.
Bah oui, immeuble de luxe hein. Avec le salaire qu'il se fait aussi. Encore que lui, il n'a pas une grosse et belle voiture très chère pour aller avec tout ça. Alors comparé à d'autres, Ed il est plutôt économe.
Il entend la pièce protester du fin fond de sa poche, et accèlère le pas pour sortir de l'immeuble, allant jusqu'à carrément sauter les palliers. De toute façon il s'en fiche, y'a personne.
Enfin... Il atterrit au rez-de-chaussée après son dernière saut, juste devant sa voisine d'en face. Grand moment de silence où Eddie croit que cette fois c'est bon, elle a fait un arrêt cardiaque.
Mais non, elle lui lance un regard choqué, et s'enfuit vers l'ascenseur, martelant le bouton de la pauvre machine en jetant des regards inquiets en direction d'Edwin. Qui pour une fois, disparait bien vite au lieu de savourer le spectacle.

En courant, il arrive assez rapidement devant le Sunight.
Mais bien sûr, il ralentit avant histoire d'arriver l'air de rien en marchant. Faudrait pas non plus qu'il se fasse des idées.
Il entre en saluant le patron d'un signe de tête, scannant rapidement les tables du regard. Il sait où est la table préférée de Maurice, mais il fait quand même croire qu'il cherche un instant.
Et puis il se dirige vers le vieil homme.
Maurice. Ça fait une paye. Il lui a manqué bien plus qu'il n'osera l'avouer. Parce Maurice, c'est un peu ce père qu'il n'a jamais eu. Un père imparfait et trop peu présent, parce que ce n'est pas son vrai père et qu'ils se sont rencontrés alors qu'Ed était déjà bien adulte.
Mais il fait office de figure paternelle dans l'esprit d'Eddie. Alors à chaque fois, il est content de le voir. Ce vieil homme atypique, usé par la vie, et avec encore une cigarette au bec.

- Tu es une vraie cheminée.

Et puis il pause ses fesses sur la place en face de celle du vieil homme. Il a plein de questions qui se bouscules dans sa tête, qu'il ne posera pas, parce qu'il n'est pas venu là pour ça. Maurice qui réaparait soudainement et veut le voir, c'est qu'il a quelque chose à dire. Ed le fixe, l'observant sans bouger le regard. Chaque détail qu'il peut voir dans son champ de vision est autant d'informations prises sans que l'autre le sache.
Déformation professionnelle.
Le vieux n'a... Pas pris une ride. Enfin, pas en plus de celles qu'il avait déjà, ce qui est déjà pas mal. Il a l'air plus pâle que d'habitude. Mais toujours aussi détaché du reste, avec sa cigarette dans les mains. Ed a toujours dit et répété que fumer, c'est le mal. Et ce type là, il fait carrément plus que fumer. A force, on dirait qu'il la produit carrément, sa fumée.
La pièce d'échec se rappelle à Eddie en criant son nom depuis sa poche. Il plonge alors la main dans la dite poche, et en ressort la pièce.

- Edwin grand fou va ! Tu m'as kidnappée avec tant de hâte, je n'ai même pas pu me préparer.

Le mêlé ne bronche pas.

- Si tu préfère qu'on aille vite, dis le moi je suis tout à toi.

Le mêlé pousse la pièce le plus loin possible de lui, en direction de Maurice.

- Récupère-la, baillone-la, brûle-la, n'importe quoi mais éloigne-la. C'est devenu pire avec les années.

Et puis il remarque la tulipe sur la tasse en revenant en place.
Tulipe. Les tulipes, ce sont le signe de Maurice. Maurice, il lit dans les tulipes. Il lit et voit des choses dans les tulipes. Pourquoi les tulipes ? Il ne doit pas le savoir lui même.
Toujours est-il que cette tulipe là semble mal en point. Et les tulipes sur les tasses et autres services vesseliers, elles ne sont jamais mal en point. Jamais. Elles sont éternellement vigoureuses, toujours là malgré le temps qui passe.
Un peu comme Maurice.

- Maurice, la tulipe sur cette tasse...

Edwin relève son regard vers Maurice. Il n'a toujours pas dit bonjour, toujours pas demandé quand est-ce qu'il est revenu ni pourquoi, toujours pas demandé comment il va. Et maintenant, il a peur des réponses à ces questions, parce que Maurice a l'air fatigué. Parce que Maurice a l'air plus las que d'habitude. Parce que cette cigarette se consumme lentement, comme le temps qui passe. Sauf que la cigarrette a une durée de vie, pas le temps. Maurice aussi il a une durée de vie. Comme les tulipes. Comme les vraies tulipes.
Et Maurice quelque part, c'est plus une vraie tulipe qu'une fausse.
Ed ravale ses conclusions. Des fois, il se trouve trop prompt à penser le pire. Maurice est revenu, autant en profiter, non ?

- Arrête de fumer tu me stresse. C'était comment de disparaitre ?

Les tulipes, aussi bien que cette cigarette, ne peuvent pas s'évanouir instanément. Alors tant qu'on reste dans le présent, qu'on éloigne le passé et qu'on repousse le futur, est-ce que la tulipe restera pour toujours vivante, et la cigarette toujours allumée ?

_________________

Great thanks to Isachoupi ♥:
 


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MessageSujet: Re: La vie est une partie d'échec dans laquelle le roi finit toujours par mourir... [Pv Edwin]   Dim 19 Fév 2012 - 10:54

« Dieu est un fumeur de havanes, C’est lui-même qui m’a dit, Que la fumée envoie au paradis. »

Je n'ai même pas le temps de commencer une deuxième cigarette que voici le petit Edwin arriver. Il a cet air détaché que nous prenons tous lors de rendez-vous galants pour faire semblant de ne pas être totalement excité à l'idée de voir son amant/e. Un air détaché aussi faux que cette fichue Terre, et qui vient décrocher un sourire amusé sur mes lèvres. Je sais bien qu'il est heureux de me voir. Et la réciproque est toute aussi vrai d'ailleurs.
Edwin, je ne l'ai pas connu très longtemps, une année tout au plus. Et pourtant... pourtant il m'arrive de penser à lui un peu comme un fils. Un fils dont je n'ai pas vraiment pu voir l'enfance bien que, il faut avouer, ce petit bonhomme ressemblait fort un un gamin délaissé par la vie et incapable de s'occuper de lui même quand je l'ai retrouvé. De mon côté, je ne devais pas être beaucoup mieux. Deux loques façonnée par la vie... Et pourtant... J'ai tendu la main vers ce jeune homme et il n'a pas hésité à la prendre. Nous sauvons tous les deux d'un même geste. Vous savez, c'est comme ces parents qui, lorsqu'ils perdent un enfant, se tournent vers leur autre enfant, leur seule raison de vivre après ce drame. Moi, j'avais perdue Chloé et je m'étais raccroché à Edwin. Refusant la seule fuite dont on ne revient jamais. Refusant le suicide.

- Tu es une vraie cheminée.

Moi aussi je suis heureux de te revoir, gamin. Je le regarde s'asseoir, et commencer à m'observer. De mon côté je fais pareil. Je sais que, de son côté, c'est la police magique qui lui a enseigné à ne jamais loupé un seul détail de tout ce qu'on lui offre à voir. Il verra la tulipe, j'en suis certain. De mon côté, c'est mon pouvoir qui m'a fait développer cette faculté à tout regarder, tout analyser. Quand on peut trouver des signes partout sur son chemin, il vaut mieux être attentif au moindre détail...
J'attends avec patience que le regard du jeune homme se tourne vers ma tasse, qu'il voit la tulipe, qu'il comprenne. La tension est presque palpable autour de moi alors que je commence presque à espérer. Peut-être ne la verra-t-il pas ?
Puis soudain tout explose. Edwin a finit son observation et il n'a pas vu la fleur mourante. Loupé pour ce coup là. Mais la vie, aussi bien que les partie d'échec, peut soudain prendre un revers que nous n'espérions pas. Aucun pion n'est tombé cette fois là, mais qui dit que ça ne sera pas différent dans deux minutes ? Affaire à suivre...
En attendant je le regarde plongé sa main dans sa poche et en ressortir ma jolie dame noire avant de la pousser le plus loin possible de lui, en ma direction.

- Récupère-la, baillone-la, brûle-la, n'importe quoi mais éloigne-la. C'est devenu pire avec les années.

Restant stoïque, j'aspire une bouffée de cigarette de plus, amusé par la scène et essayant de deviner les paroles de ma reine. Il me taraude, je l'avoue, de pouvoir moi aussi comprendre ce que dise les objets. Même si cela doit être embêtant à la longue ; je n'ose pas imaginer le nombre de brosses à cheveux volantes et de chaises finissants dans une rivière...

- Fais attention, elle risque de t'en vouloir.

Je récupère la pièce et la glisse à l'abris de la méchanceté d'Edwin, au fond de ma poche. Et durant les quelques secondes d'inattention qui ont suivi ce geste, l'ennemi en a profité pour sortir sa carte maîtresse.
Edwin a vu la tulipe.
Echec, la situation devient critique...

- Maurice, la tulipe sur cette tasse...

Je hausse un sourcil, jetant un coup d'oeil à ma tasse, comme si j'apercevais cette tulipe là pour la première fois. Que voulez-vous, je suis un vieux gâteux à la vue défaillante, je n'ai pas bien regarder ma tasse la première fois. Et je n'ai pas vu la tulipe. La tulipe malade. Comme moi.
Je jette un oeil à Edwin. Décidément, il apprend trop vite. Et il n'oublie pas. Mon pouvoir, mes fleurs, mes signes... Il n'oublie pas.
J'ai l'impression d'être un père qui voit son fils grandir, avec un mélange de fierté et de tristesse dans le regard. Mais ça, je ne lui en ferait pas part. Je n'aime pas étaler mes sentiments, les gens que j'aime devront le comprendre tout seul. Oui c'est stupide. Oui c'est lâche. Et ça illustre parfaitement tout ma vie. Car voyez-vous, si j'avais su dire à ma femme et à ma fille à quel point je les aimais, peut-être aurais-je pu rester près d'elles. Et peut-être ne seraient-elles pas morte aujourd'hui ? Qui peut savoir.
Changer le passer pour mieux appréhender le présent. Mais quel présent ? On a à peine le temps d'y penser que déjà on est projeter plus loin. Le présent ne dure pas, seul l'avenir compte. Et mon avenir à moi est rayer. Il est comme la bande son d'une cassette audio. Il arrive à sa fin. Sauf que, ma vie à moi, on ne peut pas la retourner. Ni la rembobiner.

- Ah tiens, je ne l'avais même pas remarquée...

Continue à prendre un air détaché comme ça Maurice, ça ne changera rien du tout. Ni le fait qu'il ne me reste que trois mois à vivre. Ni le fait que ma fille et ma femme soient toutes les deux dans des boîtes sous la terre. Ni le fait que je n'aurais jamais la joie de voir grandir ma petite-fille. Ni le fait que bientôt Edwin devra jouer sans moi aux échecs. Ni le fait que dehors, il commence à pleuvoir... La pluie... on dirait un peu comme des larmes. Des larmes qui sont obligées de tomber des nuages puisque nos yeux à nous ne veulent pas pleurer. On veut rester fort. Quelqu'un près d'ici, souffre. C'est pour ça la pluie.
Et... si c'était juste moi qui souffrais ?

- Arrête de fumer tu me stresse. C'était comment de disparaitre ?

Ma cigarette est finie de toute façon. Alors, à la demande de mon jeune ami, je l'éteins et pose son cadavre dans ma sous tasse. Puis j'en porte une nouvelle, toute neuve, à ma bouche. Edwin croyait-il vraiment que j'allais arrêter à sa simple demande ? Voyons... respectons les dernières cigarettes d'un vieillard...

- Intéressant. J'ai connu de belles femmes. Tu devrais essayer le gamin ; tu ne sais pas ce que tu rates à ne pas aimer les femmes. C'est pourtant la seule chose que la nature ait réussi. Avec la fumée. Et l'alcool.

Je sais très bien que, pour Edwin, ma phrase tient de l'aberration. Trois choses auquel il refuse de goûter... C'est fort dommage voyez-vous. Personnellement, je ne comprends toujours pas comment il fait. Surtout avec les femmes... Ces magnifiques créatures... Au formes si imparfaites, mais tellement harmonieuse. Non, décidément je ne comprendrais jamais quelle folie lui ai passé par la tête de se décider gay. Car oui, évidemment que je suis au courant que lui et moi ne sommes pas du même bord. Même si, comme tout père, je garde l'espoir qu'un jour il se réveille et se rende compte qu'au final, les femme c'est mieux.
Il ne sait pas à côté de tout ce qu'il passe...

- Mais dis moi mon petiot. Es-tu déjà allé à Little Angleton ?

Je détache la cigarette de mes lèvres un instant pour avaler une gorgée de thé, sans cesser de fixer Edwin du regard. Je me demande s'il ne s'est jamais rendu dans ce fameux orphelinat, le Mystery Orphanage, tenu par ma si tendre ami ; Pandora. Je me demande s'il n'aurait pas croisé le regard rieur d'une petite fille répondant au doux prénom de Myaw. Je me demande tout ça et je me rends compte que, moi même, je serais incapable de reconnaître ma petite fille. Le bébé de mon bébé. Ressemble-t-elle à sa mère ? À sa grand-mère ? Ou... à moi ?
Je pense à tout ça sans cesser de fixer Edwin. Ce garçon qui n'est pas mon fils par le sang, mais par le coeur. Et je me rends compte à quel point il m'a manqué. À quel point Edwin et Myaw m'ont manqué.
Pourquoi toujours fuir loin des gens que j'aime ? Peut-être parce que j'ai peur de cette maladie que l'on appelle "amour" ? Et bien il est trop tard. Maintenant j'en suis sûr ; je l'ai déjà attrapée...

« Je voudrais que la terre s'arrête pour descendre »
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MessageSujet: Re: La vie est une partie d'échec dans laquelle le roi finit toujours par mourir... [Pv Edwin]   Dim 19 Fév 2012 - 21:41

Le vieux crouton fumant. Comme un train à vapeur, sauf qu'on a arrêté les trains à vapeur. Mais lui, il n'a pas arrêté de fumer. De toute façon, ce n'est pas à une vieux singe qu'on apprend à faire la grimace.

- Fais attention, elle risque de t'en vouloir.

Ed observe la pièce se faire attraper, et rentrer dans la poche du vieux monsieur. Et il pousse un soupir de soulagement, parce que le manteau de l'homme étouffe les paroles de la pièce. Trop bavarde cette pièce. Toutes les pièces du jeu d'échec sont trop bavardes, mais celle là bat des records. Ed n'a jamais pu mener une partie à son terme car incapable de se concentrer. Les pièces y allaient toutes de leur conseil, de leur anecdote, et dès qu'il en bougeait une, les autres protestaient. Et au milieu de tout ça, la dame qui le draguait.
Ed, quand ça fait trop de bruit autour de lui, il en parle. Du coup il est bavard oui. Mais derrière ça, se cache surtout la seule techniqu'il qu'il ait trouvé pour sortir sa tête de l'eau: se concentrer sur le son de sa propre voix parmi les autres.
Jusqu'ici, ça a toujours marché. Aux échecs malheureusement, ça ne lui permettait pas de se concentrer assez pour jouer. Ce qui est un véritable gâchit selon lui, parce qu'étant cogiste, il aurait pu mettre une rouste à Maurice au moins une fois.

- Si ça peut la convaincre de demander le divorce...

Ed grimace. Quand il entend parler cette pièce, ça le conforte encore plus dans son idée qu'être gay, c'est le bonheur.
Enfin presque, parce que ça reste quelque chose dont on parle moins librement dans la société que le fait d'être hétéro. Et il y a d'ailleurs plus de mâles hétéro de que de mâles gay, ce qui réduit son terrain de chasse. Mais d'un autre côté, comme ça au moins, quand il en tient un, il a moins de chances de se le faire piquer.
Après l'interrogation sur la tulipe, Maurice semble étonné. Ed ne peut concevoir que le vieil homme si attentif à tout ce qui l'entoure, et tellement vif d'esprit puisse ne pas l'avoir remarquée. Il fait semblant.

- Ah tiens, je ne l'avais même pas remarquée...

Le plus jeune fixe le plus vieux sans rien dire. Il n'a pas envie de dire à voix haute ce qu'il a compris, et il n'a pas non plus envie de l'apprendre de la bouche de l'autre. C'est un mécanisme de défense mentale qui s'appelle le déni. Temps qu'il n'a pas eu confirmation définitive, il est crédible pour lui de croire qu'il a faux. Même si il sait qu'il a raison, il peut se conforter dans le déni et dire qu'il a tort, puisqu'il n'a pas eu confirmation. C'est un mécanisme qui peut aller loin, très loin, dans sa non-considération de la réalité.
A un moment ou à un autre, il sera pourtant obligé d'y faire face.
Le contact visuel est rompu par une serveuse qui vient demander à Eddie ce qu'il veut boire. Elle repart une fois que l'homme lui a demandé ce qu'il voulait.
Un Coca. Parce que Ed et le Coca, c'est une grande histoire d'amour.

- La vue baisse avec l'âge.

Même si Maurice, il est remarquablement bien conservé pour son âge. Plus d'un siècle et la moitié d'un autre... Il en a vu des choses. La révolution industrielle, la naissance de la psychanalise, les deux guerres mondiales, la guerre froide, les premières voitures, l'envole de la science, le début des problèmes liés à l'écologie... Toutes ces chose qu'Ed lui, n'apprendra jamais que dans les livres. L'histoire quelque part meurt avec ceux qui l'ont vécue. C'est ainsi qu'on laisse de la place au futur.

- Intéressant. J'ai connu de belles femmes. Tu devrais essayer le gamin ; tu ne sais pas ce que tu rates à ne pas aimer les femmes. C'est pourtant la seule chose que la nature ait réussi. Avec la fumée. Et l'alcool.

Ed grimace. Bwah. Quelle horreur. Femme, fumée, alcool. Il manque plus que le porc et les chaussettes mouillées, et puis Maurice aura cité tout ce qui peut filer des boutons à Eddie.
Les femmes... Bien sûr qu'il en a eu. Avant de se découvrir gay, il se pensait naturellement hétéro, comme tout le monde. Puis il a testé. Une, puis deux, puis trois, jamais il n'y prenait vraiment plaisir. Oh si, c'était sympa quand même mais... Bof. Comparé au pied qu'il peut prendre avec un homme bon sang ! Pour lui, une paire de seins n'est attrayante que si elle n'existe pas. Un torse c'est mieux. Ça ne s'explique pas, c'est comme ça et pas autrement.
Quant à la fumée et à l'alcool... Il est juste particulièrement poitilleux sur ce qu'il ingurgite, et quand on sait de quoi est faite la cigarette... Il en frissonne de dégoût.

- J'ai testé et non approuvé. C'est toi qui loupe des choses fantastiques.

Un sourire louche se dessine sur les lèvres d'Eddie alors qu'il part pendant une poignée de secondes à Gaypornland tout seul dans sa tête.
Puis il revient sur Terre.
Dans le fond, Ed comprend pourquoi les femmes courent après les hommes.

- La cigarette tue. L'abus d'alcool aussi. Y'a aussi un type qu'est mort en couchant avec sa maîtresse, mais je n'ai jamais entendu la même histoire sur un couple gay.

Son verre arrive devant lui comme par magie -non en fait la dame l'a apporté- et il en boit une gorgée avant de sourire comme un gamin au viel homme. Mourir d'une crise cardiaque causée par un orgasme, sympa comme mort non ?

- Mais dis moi mon petiot. Es-tu déjà allé à Little Angleton ?

Eddie appuie son dos sur sa chaise en levant la tête vers le plafond. Little Angleton... C'est drôle, il en entend beaucoup parler dernièrement. Du Mystery Orphanage qui s'y trouve aussi. Luka Era Grey en vient. Luka, tout le monde connait son cas à la Police Magique. Faut dire que ça a fait du bruit. Du coup, tout ce qui s'y rattache a fait du bruit avec. Little Angleton comprise.
Il reporte son regard clair vers son interlocuteur, sa main droite pianotant distraitement sur la table de bois. Il fait toujours ça quand il réfléchit, et est intrigué sans en avoir l'air.

- Non, mais j'en ai plus qu'entendu parler. Toi aussi tu as quelque chose là bas ?

A croire que c'est le meilleur endroit du monde où faire des magouilles. Le seul truc qui devrait y attirer du monde, c'est la plage de surf du village voisin. Parce que oui, Thurso est un endroit prisé des surfeurs. Ils doivent se les geler, mais c'est pas grave. Y'a des grosses vagues, alors ils sont contents.
En fait les hommes sont toujours contents avec des gros quelque chose. Certains ce sont les grosses voitures, d'autres les grosses poitrines, Ed ce sont les grosses...
C'est indécent.

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MessageSujet: Re: La vie est une partie d'échec dans laquelle le roi finit toujours par mourir... [Pv Edwin]   Mer 22 Fév 2012 - 0:00

La seule chose qui ne change pas entre la vie et la mort, c'est que je pourrai toujours baiser des anges...

- Si ça peut la convaincre de demander le divorce...

Je ne peux empêcher un sourire de traverser mes lèvres. Si Edwin savait... Il y a une semaine je suis allé chez un notaire pour faire mon testament. C'est marrant toutes les choses auxquelles ont doit soudain faire face quand il ne nous reste plus que trois mois à vivre... On ne se rend pas bien compte à quel point la mort est un marché. Faire notre testament, choisir le bois de notre cercueil, choisir si on veut des roses ou des marguerites sur notre tombe, dresser la liste d'inviter à notre enterrement... Non, là j'exagère un peu. Même si j'ai véritablement dû choisir quel bois je préférais pour mon cercueil. Je pensais que ça serait quelque chose de terrible de se retrouver face à la boîte qui allait accueillir ma dépouille jusqu'à décomposition. Mais en fait c'était presque marrant. Presque. Parce que d'un autre côté la situation restait dramatique.
Toujours est-il que je parlais d'Edwin. Et de mon testament. Car bien évidemment que le jeune Al Hattal s'y trouve. Couché à l'encre sur le papier blanc. Je me suis décidé à lui léguer diverses choses plus ou moins utiles. Dont mon jeu d'échec. Complet. Avec la reine. Et j'ai même ajouté une petite lettre dont je vous offre un extrait :

[...]
Tu as dû remarquer que la dame noire est présente dans ton héritage. Tu sais le gamin ; ce n'est pas un hasard si cette pièce là précisément est tombée amoureuse de toi. Je ne te l'ai jamais dis, mais elle a été un signe qui a jalonné ma vie ; un de plus. Il y a comme ça des choses et des objets qui amènent les rencontres, qui déterminent les gens. Ma très chère et regrettée fille, Chloé, a toujours été associée aux feuilles d'automne tombant des arbres. Pour ma petite-fille c'était les papillons. Et toi, c'est cette reine noire.
C'est un peu grâce à elle que je t'ai connu. Si tu regardes bien, tu pourras remarquer qu'un bout de sa couronne a été recollé. Je l'ai cassée la veille de notre rencontre. Et le lendemain, alors que je revenais d'un supermarché - un endroit bien trop bruyant à mon goût, au passage - où j'avais acheté de la colle pour la réparer, devine sur qui je suis tombé ?
Depuis, la reine a toujours indiqué nos rencontres.
Cette reine, j'ai envie que tu la gardes. Je devine du haut de mon stylo quelle tête horrifiée tu dois faire et j'espère sincèrement pouvoir observer cette scène là depuis les nuages ; tu dois être drôlement comique ! Mais d'un autre côté, il va falloir te résigner ; tu ne peux pas refuser la dernière volonté d'un vieillard qui sera décédé lorsque tu liras ces mots, non ?
Respecte les morts. Et oui, tu as le droit de penser que je suis un emmerdeur. Et que même quand je suis mort, j'arrive à t'enquiquiner. Sérieusement Edwin. Tu ne pensais pas que c'était la mort qui allait changer cela ? Balivernes ! Je serai toujours sur ton dos. Et la reine noir aussi.
[...]


Evidemment ce n'est qu'une toute petite partie de la lettre. J'ai beaucoup de choses à lui dire à ce cher Edwin. Quelque part, je me dis qu'il vaut mieux que ce soit le cancer qui m'enlève plutôt qu'autre chose. Ainsi, j'ai été préparé à la mort. Depuis ce fameux jour où le médecin m'a balancé qu'il ne me restait plus que trois mois à vivre, j'ai appris beaucoup de choses. Que je n'étais pas immortel par exemple. C'est stupide et pourtant... même à 168 ans je pensais encore pouvoir l'être.
Et bien c'est un sacré seau d'eau froide que je me suis pris à la figure. Un seau d'eau froide qui m'a réveillé de la torpeur dans laquelle m'avait plongé la vie. Et à présent, je peux préparer le dernier voyage qui sera mien.
J'ai toujours été très fort pour disparaître.

Puis soudain je sens le regard du petiot me transpercer. Alors je relève les yeux pour le fixer comme lui le fait. Je sais bien qu'il n'a pas cru un seul millième de seconde à ma déclaration précédente. Il sait très bien que j'ai vu la tulipe. Et je sais qu'il sait. Et il sait que je sais qu'il sait. Au final, tout le monde sait, mais personne n'ose faire part de ses soupçons à voix haute. On se cache la vérité et on se ment à soi-même. Comme si ça pouvait allonger le présent.
Mais le présent ne peut pas se tenir immobile pour l'éternité, sinon il n'y aurait plus de futur et plus d'espoir. Et qu'est-ce donc que la vie sans espoir ? Parfois cependant, on aimerait tout de même qu'un certain instant dure éternité. Comme maintenant. Entre une tasse de thé, une clope et Edwin.
Présent qui est soudainement rompu par une ravissante serveuse qui vient prendre la commande de mon jeune ami. Il prend un coca. Je rigole. Et le temps reprend tous ses droits.

- La vue baisse avec l'âge.

Même si on sait tous les deux que ce n'est de loin pas mon cas.
Il faut dire aussi que je suis plutôt exceptionnel. Cent soixante-huit balais ce n'est pas rien tout de même ! Et je suis super bien conservé pour mon âge... Je crois d'ailleurs que c'est ça qui plaît aux femmes. Un esprit sage dans un corps presque jeune. Presque parce qu'il ne faut tout de même pas exagérer. Ça fait longtemps que j'ai perdu la fraîcheur de ma jeunesse. Heureusement, nous sommes actuellement en 2012 et la médecine est ses petites remèdes miracles n'ont plus aucun secret pour moi. Je n'en dirais pas plus. N'oubliez pas que je viens du XIXème siècle ; je garde un minimum de dignité. Pas comme les jeunes de nos jours...
En parlant des jeunes de nos jours... Edwin. Non, décidément je ne comprends pas pourquoi il n'apprécie pas les femmes. Et vu sa grimace, lui ne semble pas comprendre pourquoi moi je n'apprécie pas les hommes. Il y a des fois où je ne nous sens pas tout à fait sur la même longueur d'onde...
Dommage ; j'aurais bien voulu assister au mariage d'Edwin et sa dulcinée. C'est joli les mariages.

- J'ai testé et non approuvé. C'est toi qui loupe des choses fantastiques.

J'aspire une bouffée de fumée en plus pour ne pas rire. Ma vie a été bercée par les femmes, la cigarette et l'alcool. Je crois bien avoir déjà vécu toutes les choses fantastiques auxquelles tout homme aspire.

- La cigarette tue. L'abus d'alcool aussi. Y'a aussi un type qu'est mort en couchant avec sa maîtresse, mais je n'ai jamais entendu la même histoire sur un couple gay.

Petit sourire. C'est marrant comme les jeunes nous sortent tous la même réponse : ça ça tue, ça aussi, et puis ce truc là aussi,...

- Être homosexuelle ne rend pas immortel. Ne pas fumer non plus. Ne pas boire pareil. Et je continue à penser que tu n'as pas connu les bonnes femmes ; mais après tout tu as fais ton choix. Du moment que tu es heureux...

Au fond, je continue à penser comme un père pour Edwin. À la fois un peu triste que son fil ne sache pas reconnaître la femme dans toute sa beauté, ses courbes magnifiques, ces petits cris qu'elles poussent toutes lorsqu'elles sont au bord de l'orgasme... Mais d'un autre côté, heureux que son enfant soit épanoui. C'est le principal ; voir danser un sourire sur les lèvres du gamin.

Une nouvelle fois la serveuse vient nous interrompre pour remettre sa commande au buveur de coca. Puis une fois que cette dernière est repartie, la conversation change de sujet. De toute façon je sais bien qu'Edwin et moi ne nous entendrons jamais, ni sur les femmes, nis sur le tabac, ni sur l'alcool. Alors autant passer le sujet et en venir directement à ce pour quoi je suis revenu. Little Angleton. Le Mystery Orphanage. Et Myaw Nienta.

- Non, mais j'en ai plus qu'entendu parler. Toi aussi tu as quelque chose là bas ?

Aussi ? Je lève un sourcil, intrigué. Connaît-il d'autre gens qui ont un bout de leur vie là-bas. Ou même un bout de leur coeur... Myaw Nienta... je ne l'ai vu que sur des photos et à l'enterrement de ma fille et de ma femme, de loin. Et pourtant, je sais déjà que ça doit être une gamine extraordinaire. Après tout, Chloé l'était. Il est inconcevable qu'il n'en soit pas de même pour sa fille. Ma petite-fille.

- Je dirais quelqu'un plutôt.

J'avale une gorgée de thé, une bouffée de cigarette, puis regarde Edwin dans les yeux. Et sans la moindre émotion dans la voix, j'ajoute :

- Au fait. Je vais mourir.

J'ai balancé ça cash, direct. Parfois il n'y a que comme ça que les choses passent. Parfois ça casse aussi.
Le roi avance et frôle l'échec...

« Un poison violent, c’est ça l’amour, Un truc à pas dépasser la dose »
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MessageSujet: Re: La vie est une partie d'échec dans laquelle le roi finit toujours par mourir... [Pv Edwin]   Mer 22 Fév 2012 - 22:54

Le brouahaha de fond du Sunight n'est pas seulement causé par les être humanoïdes qui y résident, aux oreilles du mêlé.
Humanoïdes, parce qu'Edwin qui est pourtant très ouvert d'esprit -tant qu'on ne tape pas dans le top 5 des sujets où l'on recevra un non ferme et catégorique d'office-, a quelques doutes sur l'espèce à laquelle appartient la chose un peu sombre dans le coin là bas. Même la banquette sur laquelle l'humanoïde se trouve n'est pas très rassurée.
Pour une fois, Edwin compatit à sa situation d'objet incapable de se mouvoir. Ce n'est pas de tout repos d'être un objet non plus. Après tout, ils n'ont jamais leur mot à dire. On les force. Une fois, un grille-pain, à qui Edwin a servi de psychologue pendant plus d'une heure, a affirmé se sentir violé à chaque tranche de pain inséré entre ses grilles.
Sur le coup, une image assez étrange avait traversé l'esprit du mêlé. Vraiment étrange.
Depuis, il ne mange plus de pain grillé. Adieu les toasts, mais c'est pour la bonne cause. De toute façon, il aimait pas tant que ça les toasts. Voilà, temps qu'il peu avoir sa cannette de Coca, il est content.

- Être homosexuelle ne rend pas immortel. Ne pas fumer non plus. Ne pas boire pareil. Et je continue à penser que tu n'as pas connu les bonnes femmes ; mais après tout tu as fais ton choix. Du moment que tu es heureux...

Eddie hausse un sourcil. Certes ça ne rend pas immortel, mais si il se mettait à fumer, il lui faudrait ensuite trois mois pour oublier qu'il vient d'ingurgiter un composant de la mort aux rats.
Et à ce qu'il sache, il n'est pas un rat.
Et puis l'alcool, comme il a dit à Nawel plus d'une fois, c'est "dégueulasse, et je n'ai aucune raison de boire un truc dégueulasse". Voilà. Ed, quand ça ne lui plait pas, il ne prend pas.

- Et tu n'as pas connu les bons hommes.

Ed pouffe. En fait, il n'a peut être même jamais essayé. Quoi qu'en 168 ans... Il n'a jamais été curieux ? Ed lui est curieux. Terriblement curieux. Trop curieux même, il passe son temps à tester. Et parfois, à accrocher. A même beaucoup accrocher.
Derrière l'armoire à pharmacie d'Edwin, il y a un trou dans le mur -qui était déjà là- et ce trou est une cachette.
Qui est actuellement utilisée. Et ceci ne sera pas explicité plus avant, parce que c'est aussi indécent que ce qu'il se passe à Gaypornland quand c'est tourné dans la tête d'Edwin.
Par la suite, la conversation dévie sur un sujet plus sérieux.

- Je dirais quelqu'un plutôt.

Le plus jeune prend une nouvelle gorgée de sa boisson, regardant le plus vieux par dessus son verre. Quelqu'un ? Maurice aurait quelqu'un à Little Angleton ? Qui donc ? Et pourquoi lui en parler ?
La boisson descend lentement dans la gorde d'Edwin, qui pense que le vieil homme va bien préciser sans qu'il ai besoin de le demander. Parce qu'il est évident qu'il va demander des précisions. Et que Maurice va lui en donner. Car Maurice ne parle pas au hasard, jamais. Comme quand il place ses pièces aux échecs.

- Au fait. Je vais mourir.

Ed s'étouffe dans son Coca. Le tout est suivit d'une quinte de toux où il croit qu'en fait, c'est lui qui va mourir. Sa main droite sert fortement le verre qu'elle tient, comme pour se raccrocher à quelque chose. Réflexe humain, car pendant qu'il tousse il ne voit rien si ce n'est le sol.
Et puis une fois calmé, il se passe le dos de la main gauche sur la bouche, et braque alors son regard vers Maurice. Ses yeux accrochent ceux de l'homme qui a déjà vu tellement de choses. Il ne sait pas ce qu'il y cherche, peut être le défit-il de continuer sur cette voie là avec ce ton froid.

- Comme tout le monde.

Au fond Eddie n'a pas encore bien intégré la phrase, parce qu'il la rejette. Elle et tout ce qu'elle signifie. C'est pourtant une chose simple quil a déjà vu à l'oeuvre. On nait pour mourir, et ce n'est pas autrement. Pourtant, chaque être humain considère naturellement son entourage -et lui même- comme immortel. Surtout lui même, on se sait tous mortels, mais personne n'arrive à envisager sa propre mort. Pas même un suicidaire, qui voit l'arrêt de la vie comme l'arrêt de sa douleur, or pour ressentir il faut être vivant, il le voit donc alors comme une suite de sa vie, inconsciemment.
Alors Edwin ne ressent rien, comme un gamin à qui l'on dirait qu'un de ses proches va bientôt mourir. Le savoir, ce n'est pas l'avoir vu en action. Mais, à la différence du gamin, Ed sait ce que cela signifie. Alors il explose.

- Putain Maurice ! Quand tu crèves, tu le fais, et tu préviens pas à l'avance !

Le mêlé croise les bras et s'enfonce dans sa chaise. La tulipe, la tulipe avait déjà balancé qu'un truc n'allait pas. Mais il n'avait pas eu confirmation orale. Comme pour la mort prochaine, pour le moment Maurice est vivant.
Ce qui n'empêchera pas cette phrase d'hanter ses cauchemars. Et Maurice avec, comme le vieux bâtard qu'il est. C'est pas comme si la mort l'empêcherait de faire des siennes, hein ? Les gens sont parfois plus chiants après la mort qu'avant. Ne serait-ce que par leur absence. Ils ne sont plus là, mais ils font quand même chier le monde. Surtout ceux qui les aimaient, et les aiment encore. Parce qu'après tout, ce n'est pas parce qu'on est mort, que l'on a jamais existé.
Et Maurice, il va être un sacré connard après la mort. Edwin le sent.

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MessageSujet: Re: La vie est une partie d'échec dans laquelle le roi finit toujours par mourir... [Pv Edwin]   Mar 28 Fév 2012 - 3:13

« La queue c’est féminin. Le con masculin. Question de chance. »

C'est marrant, on dirait un enfant quand on regarde Edwin. D'ailleurs c'est un peu ce qu'il est ; un gamin à mes yeux. Parce que j'ai environ cinq fois son âge et toute l'expérience qui va avec..

- Et tu n'as pas connu les bons hommes.

Un sourire malicieux se dessine sur mes lèvres alors que je me demande si ce n'est pas un moyen détourné de me demander si j'ai déjà essayé avec des hommes. Et à cette question je ne réponds rien d'autre qu'un sourire. Edwin n'a pas besoin de savoir, mais s'il réfléchissait bien il trouverait lui-même la réponse à cette question. Sérieusement, en 168 ans de vie, qui n'aurait pas essayé à ma place ? Une fois, deux fois, trois fois. Puis j'ai arrêté, parce que je me suis rendu compte que je préférai les femmes. Et qu'avec les hommes, il était beaucoup moins marrant de se la jouer gros con qui se barre au matin sans laisser de numéro.
Et puis les femmes... Je pourrais faire une ode aux femmes tellement je les trouve belles. Le problème c'est qu'elles se valent toutes et qu'il m'est impossible de vraiment choisir... Du coup je vais de femme en femme, de lit en lit... Moi ? Un salaud ? Voyons... j'entends ce terme à chaque fois que je quitte une femme accompagnée d'une belle gifle. Pourtant je ne vois pas où est le problème ; je suis un gentleman. Je leur offre du plaisir, je m'offre du plaisir, sans m'embarrasser de choses inutiles tel que des sentiments... Pour reprendre un célèbre acteur qui a une mentalité proche de la mienne niveau femme : "What else ?". En parlant de lui saviez-vous que je le connaissais ? Que croyiez-vous, que parce que je suis un vieillard, je ne peux pas connaître les star Hollywoodiennes ? Ah mes enfants, si vous saviez tout ce que j'ai fait de ma vie !

Mais ma vie est presque terminée et c'est d'ailleurs bien pour ça que je suis là. La réaction d'Edwin quant à mon futur décès, ne tarde d'ailleurs pas à se montrer. Il s'étouffe avec son coca et je dois me retenir de ne pas faire une remarque un poil déplacée telle que "je te l'avais bien dit qu'il n'y avait pas que l'alcool qui tue".
Puis je remarque que les yeux du gamin semblent s'accrocher à mon regard, comme s'il avait peur de tomber ou encore qu'il me défiait de continuer sur ce chemin là. Je trouve cependant que le petit devrait mieux cacher ses sentiments ; on sait jamais, ça pourrait lui jouer un tour un de ces jours...

- Comme tout le monde.

Serait-il dans le déni ? J'hésite clairement à finir de lui balancer ma phrase à savoir que le médecin me laisse environ trois mois avant le dramatique jour de mon décès, mais je me retiens sachant bien que je suis déjà allé un peu trop loin en l'annonçant ainsi. Mais que voulez-vous ? Maurice Nienta n'est pas le genre de personne à s'étendre dans ses sentiments et dans ses excuses... Alors je ne fais rien d'autre que me taire, sachant bien qu'à un moment ou un autre je vais avoir droit à l'explosion de sentiment du fiston.
Celle-ci ne tarde d'ailleurs pas et je le regarde s'énerver tout seul, gardant mon calme de l'autre côté de la table.

- Putain Maurice ! Quand tu crèves, tu le fais, et tu préviens pas à l'avance !

Et sur ces mots il croise les bras et s'enfonce dans son fauteuil, exactement comme le ferait un enfant de cinq ans en train de bouder. Je ne sais pas si Edwin se rend bien compte à quel point ses réactions peuvent être puérile quelque fois, mais ce n'est pas moi qui lui ferait cette réflexion là. Pas maintenant. J'ai déjà été trop cru avec lui.
De mon côté, je me contente donc de porter une nouvelle fois la tasse à mes lèvres, toujours aussi calme. Puis, doucement, je repose ma boisson dans sa sous-tasse avant de regarder le petiot droit dans les yeux et de lui répondre.

- Je serais mort sans rien te dire, tu m'en aurais tout de même voulu. Je t'en prie Edwin, ne fait pas ton enfant tu as depuis longtemps passé l'âge !

Si je suis trop dur avec lui ? Peut-être bien que oui. Peut-être aussi que c'est pour ne pas montrer ma propre émotion. Parce que oui, il est possible que ça me fasse quelque chose de voir sa réaction. Personnellement, ça ne me dérange pas de mourir. Je suis bien assez vieux, j'ai vu bien assez de choses sur cette Terre pour vouloir encore m'y accrocher. Et puis je sais bien que, quelque part, Chloé et Elisabeth sont en train de m'attendre pour qu'on puisse enfin construire ensemble ce que nous ne pouvions pas faire de notre vivant.
Cependant, ce n'est pas aussi facile que je le croyais de mourir. C'est du parce que les gens qui nous aime vont nous regretter, c'est inévitable... Je me disais que, peut-être, si je me montrais indifférent à l'idée de cette nouvelle, ça allait mieux passer. Mais ça n'a pas marché, évidemment que ça n'a pas marché... De toute façon, est-il réellement possible d'annoncer pareille nouvelle sans créer la douleur autour de soi ?
Mon regard s'est perdu un instant dans mes pensées, mais je finis par me reconcentrer à nouveau pour fixer mes yeux de centenaire dans ceux du trentenaire en face de moi. Un sourire triste sur les lèvres, je reviens à Little Angleton et à son orphelinat. Je tiens à ce qu'Edwin soit au courant de l'enfant qui rit là-bas... Je ne sais pas... Depuis sa naissance, je n'ai cessé de penser à elle. Et j'ai peur qu'en mourant, plus personne ne s'en donne la peine. Alors j'ai envie que celui que je considère comme mon fils sache au moins que, quelque part, ma descendance est en train de jouer, de pleurer, de crier, de rigoler, bref ; de vivre. Que quelqu'un puisse raconter à ma petite-fille l'histoire de sa famille, que quelqu'un puisse penser à elle, que quelqu'un puisse se présenter un jour devant elle, lui remettre la lettre qui se trouve actuellement dans ma poche et lui dire "Tu as une famille Myaw. Une famille qui t'aimais et qui t'aime toujours depuis les nuages. Cette famille c'est un peu cette lettre, c'est un peu moi". J'ai juste envie que mon souvenir continue de vivre à travers Edwin pour qu'il puisse un jour expliquer à la petite Nienta qu'elle n'est pas seule sur Terre...

- Si je n'ai pas connu le bon homme, c'est peut-être parce que j'ai trouvé en premier la bonne femme. Je sais que c'est dur à croire, mais moi aussi j'ai été amoureux à un moment de ma vie.

Je tire sur ma cigarette, mes yeux se perdant dans le vague alors que je repense aux années merveilleuses que j'ai passé avec la grand-mère de Myaw. Des nuits à nous aimer, des jours à nous sourire, de l'amour, un peu de haine, beaucoup de baisers... La preuve que même les plus grands séducteurs peuvent avoir un coeur... Si j'avais pu, je serai resté avec elle pour toujours. Mais la vie en a décidé autrement, car la vie n'a jamais été vraiment mon amie... C'est ça le problème quand un être magique s'entache d'un humain innocent. Il voit vieillir et mourir son amant dans ses bras, sans rien pouvoir faire pour retenir le temps qui court...

- J'ai eu une fille avec elle ; Chloé. Elle aurait eu une vingtaine d'années à présent. Sauf que le destin en a décidé autrement et qu'à présent elle est morte, laissant derrière elle sa fille, ma petite fille, Myaw Nienta.

Je me tais un instant, me rappelant l'enterrement de mon propre enfant. J'ai observé la boîte en bois descendant dans un trou creusé par des inconnus. Au tout premier rang de cette macabre comédie, se trouvait une petite fille d'à peine 3 ans observant sans vraiment comprendre, pleurant sans vraiment savoir pourquoi. Et la boîte qui descendait sous la terre, sans la moindre difficulté, comme si c'était facile d'enterrer dix-sept ans de la vie de ma fille. Et moi je regardais cette scène de loin, compatissant pour la pauvre petite Myaw dans sa robe noire qui n'avait plus aucune main à laquelle se raccrocher, plus aucun ancrage.

- Tu sais gamin, il faut bien qu'un jour ou l'autre ce soit notre tour de mourir. Et je pense avoir déjà suffisamment trompé la mort pour me cacher plus longtemps dans la vie. Il faut que je laisse ma place aux autres, ne crois-tu pas ?

Encore une bouffée de cigarette alors que j'observe la réaction d'Edwin. Jeune, si jeune... Peut-être comprendra-t-il mieux ce que je veux dire quand il aura ajouté quelques bougies à son gâteau ? C'est mieux que ça se passe comme ça, n'est-ce pas ? Bien mieux que ce soit moi qui meurt plutôt que lui. Lui il a l'âge de vivre, pas de rejoindre l'enfer ou le paradis. Ça c'est mon rôle à moi, et je ne laisserai personne d'autre me le voler...

« Tu pousses le bouchon un peu trop loin Maurice... »
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MessageSujet: Re: La vie est une partie d'échec dans laquelle le roi finit toujours par mourir... [Pv Edwin]   Sam 17 Mar 2012 - 21:56

"If objects could talk... Oh wait !"

Le plafond. Le plafond, les plafonds même, ne parlent pas. Jamais. Ils voient tout dans la pièce où ils se trouvent, mais ne parlent pas.
Et franchement, c'est tant mieux, parce qu'en temps qu'êtres omniscients, ils seraient franchement relous à supporter. La personnalité des objets correspond à la définition même de stéréotype. Un rouge à lèvre rouge pétant sera neuf fois sur dix une grosse sal... Un objet tendancieux de peu de vertue.

Et comme, une fois n'est pas coutume, les objets savent qu'ils ne sont entendus que par très peu de s êt res pen sants, ils n'ont vrai mentpas froid à la langue. Aucun problème à sortir les phrases les plus obscènes comme les plus abjectes. Bien qu'évidemment, il en existe de gentils et bienveillants. Et ceux là, Eddie quand il les voit passer, il se jette dessus comme le chacal civilisé qu'il est. Il a un badge de police, et il n'hésite pas à s'en servir, pour ou contre la morale. De toute façon, comme il dit "y'a pas d'témoins".

Hay je te déteste, et ne viens pas me dire que ça fait pas 5 lignes è_é:
 


Bref, tout ceci n'avait strictement aucun rapport avec la scène en cours, si ce n'est qu'Eddie fixe actuellement le plafond tellement fort qu'il va y faire un trou, tout ça pour éviter d'avoir à poser les yeux sur le -futur- cadavre en face de lui.
Et par extension, tout simplement pour ne pas voir la vérité en face.

- Je serais mort sans rien te dire, tu m'en aurais tout de même voulu. Je t'en prie Edwin, ne fait pas ton enfant tu as depuis longtemps passé l'âge !

Connard. C'est moche, pas poli, irrespectueux au possible, mais c'est tout ce qu'Ed en pense. Plus un gosse ? Et alors, face à son père, il sera toujours un enfant. 168 ans, il ne comprend même pas ça. Il fait quoi entre deux parties de jambes en l'air -peut-il encore seulement les soulever ou est-ce qu'on l'aide ?-, et trois cigarettes ?
Alors oui, Maurice c'est pas son père. Maurice, c'est pas son grand père. Bordel, Maurice il ne le connait même pas depuis une décennie, et sur cette même pas décennie, Maurice s'est évanoui dans la nature avant de réapparaitre. Ouais, Maurice aurait dû naître téléporteur, Edwin est d'accord. Mais en attendant, il n'est pas né téléporteur, il est même né y'a très longtemps, et il ne reste plus beaucoup de sable dans son sablier. Le plus jeune se demande même vaguement si c'est le stock de sable qui va arriver à son terme, ou les vapeurs épaisses dont le vieux est continuellement entouré qui auront brisé le verre du sablier avant la fin.
Qu'importe, il n'accepte pas la nouvelle, la repousse en bloc de toutes ses forces même si ça ne sert strictement à rien: le fait est bel et bien là devant lui, implacable, non effaçable, et il n'y a strictement rien qui puisse être fait contre.
Rien. Comme ce qu'il va rester du vieillard. A cent soixante huit ans, il peut bien prendre la nouvelle avec désinvolture si ça lui chante, mais pas devant le plus jeune. Il va lui lancer son Coca dans la gueule si ça continue, et croyez le, venant d'Edwin ça voudra dire quelque chose de lourd.
Mais avant de parler de sacrifice de Coca, il en reprend une gorgée pour reprendre un minimum contenance. Il ne pleurera pas ici, pas maintenant, pas pour lui, et surtout, pas devant lui. Non, si il pleure à un moment, ça se ne sera pas pour Maurice Nienta le vieux débri qui se tient impassible devant lui sur son siège comme coupé du monde et de son propre sort, mais pour son presque père, homonyme de ce vieux là, qui jouait aux échecs avec lui. Et ce presque père la, il pleurera son absence. Et puis, ce père la, il aimerait vraiment le revoir avant la fin. Rien qu'une minute, peut être avec une dernière étreinte comme les enfants font à leurs parents sur le quai de la gare avant un voyage scolaire. Le câlin qui veut dire "à bientôt", et non pas "à jamais".

- Et toi tu as cinq fois mon âge, et encore des choses à apprendre comme ce mot qui s'appelle tact, ou celui qui s'appelle délicatesse. Lis les dans le dictionnaire avant de mourir. Et arrête de m'appeler gamin si j'en ai passé l'âge.

Ed a parfaitement concience d'avoir une réaction infantile, comme il espère bien que Maurice a conscience d'être un parfait bouffon.
Sans coeur. Putain, cet organe s'est barré avant le reste en fait, voilà l'explication.

- Si tu veux un mouchoir...
- J'ai une gueule à avoir besoin d'un mouchoir ?!
- Pas encore mais ça ne devrait pas tarder.


Le mêlé renifle dédaigneusement à l'intention de la table.
Comme si elle pouvait avoir des mouchoirs de toute façon. Ce que ces objets pouvaient être bêtes.
Même si, il faut le leur reconnaître, ils ont une sacré mémoire. Oooh que oui. Y'a qu'à voir quand il ose regarder la télé, et qu'une pub avec un jingle débile passe... Trois semaines plus tard, son portable sera encore entrain de chanter l'énervante petite musique de fond, ou de refaire une par une toutes les publicités qu'il a vues... Ou du moins entendues.
Mais là pour une fois, son portable ferme son clapet -même si il est tactile-, en fait tout ferme sa bouche autour du mêlé.
Pour une fois.

- Si je n'ai pas connu le bon homme, c'est peut-être parce que j'ai trouvé en premier la bonne femme. Je sais que c'est dur à croire, mais moi aussi j'ai été amoureux à un moment de ma vie.

Il faut avouer, au bénéfice d'Eddie, qu'imaginer que le croulant de 168 ans coureur de jupons -peut être encore plus coureur que certains jeunes apprentis Don Juan-, imaginer que ce vieil homme puisse avoir un jour été amoureux... Qu'une femme, une seule femme, puisse l'avoir gardé auprès d'elle plus d'une nuit d'affilée... C'est dur à concevoir.
Mais concevable. Maurice, quand il n'est pas en train d'annoncer sa mort froidement, n'est pas un être totalement dénué de coeur.
Même si ça reste dur de le voir en couple.
Dur de le voir avec une jeunette tout court corrigerait Edwin.

- J'ai eu une fille avec elle ; Chloé. Elle aurait eu une vingtaine d'années à présent. Sauf que le destin en a décidé autrement et qu'à présent elle est morte, laissant derrière elle sa fille, ma petite fille, Myaw Nienta.

Le mêlé fixe le vieillard sans savoir quoi dire. Oui et ? Accouche papy, tu ne lui as jamais parlé comme le champion de cache cache que tu es, elle ne t'a jamais trouvé c'est ça ?

- Oh laisse moi deviner, elle est dans cet orphelinat près de Little Angleton, le Mystery, c'est ça ?

Deux et deux font quatre, et Ed n'a pas oublié que ce qui a mené à cette révélation en premier lieu est la mention de Little Angleton. Y'a pas trente six milles choses qui pourraient intéresser un être magique là bas, et concerner une petite fille orpheline.

- Elle sait que t'es toujours en vie ?

La réponse étant plus que sûrement non. Le vieux centenaire a peur de la réaction d'une gamine qui doit à peine dépasser les cinq ans d'existance.
Sinon à part ça il annonce sa mort comme on va acheter du pain, et il s'envoie plusieurs jeunettes par semaine. Bonjour, voici Maurice Nienta, et il a des actions chez les fabriquants de viagra.

- Tu sais gamin, il faut bien qu'un jour ou l'autre ce soit notre tour de mourir. Et je pense avoir déjà suffisamment trompé la mort pour me cacher plus longtemps dans la vie. Il faut que je laisse ma place aux autres, ne crois-tu pas ?

Il se cache tout court. Dans et de la vie. Preuve en est cette petite Myaw, à laquelle Eddie fait déjà la promesse mentale de lui rendre visite aussi tôt que possible.
Ce qui peut très bien vouloir dire après demain, juste le temps de se tirer en douce sans se faire choper par son chef.
Le mêlé soupire et décroche son regard des deux orbes colorées mais presque éteintes qui lui font face. Il n'avait même pas eu conscience de ne pas en avoir décroché son regard pendant tout ce temps. Sa main sur la table gratte légèrement le bois sous ses ongles courts, l'autre est autour de son verre comme elle n'en a pas bougé. Et puis le mêlé se penche en avant pour déposer sa tête sur cette même main qui se redresse sur son coude. Maintenant, Eddie a une vue plongeante sur le sol qu'il apperçoit dans le rectangle formé par ses cuisses, le bord de la chaise et celui de la table. Un tout petit rectangle de sol un peu sale, un peu usé, qui a déjà dû voir au moins autant de choses que le plafond, sauf que lui on lui marche dessus, et on ne doit pas si souvent que ça le fixer vraiment.
Pauvre petit rectangle de sol, mais le mêlé en détourne sa tête pour la poser à l'endroit, menton au lieu de front dans la paume de sa main.

- Tu manqueras à toutes les femmes de la Terre vieux fou...

Eddie a un maigre sourire qui est caché par sa main. Il ne manquera pas qu'aux femmes...
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MessageSujet: Re: La vie est une partie d'échec dans laquelle le roi finit toujours par mourir... [Pv Edwin]   Lun 2 Avr 2012 - 0:22

« Tu es faible tu es fourbe tu es fou. Tu es froid tu es faux tu t’en fous »

J'ai beau jouer l'indifférence, ma mort me fait un peu mal. Ce n'est pas tant le fait de disparaître une nouvelle fois pour cette fois ne plus jamais pouvoir revenir qui me fait souffrir, mais plutôt savoir que des gens vont me regretter. Je sais bien que je suis qu'un pauvre vieux con, mais je sais aussi que malgré tout des gens se sont attachés à moi. Or Edwin fait partit de ces gens là. Penser que je vais devoir l'abandonner un jour fait saigner mon coeur un peu plus et je ne peux m'empêcher d'imaginer tous les moments de sa vie que je vais louper. Ses amours, ses peines, ses joies et ses pleurs... Aujourd'hui je regrette de m'être absenter si longtemps ; j'aurais dû rester pour profiter un peu du temps qui nous était offert. Si j'avais su... mais je ne savais pas. Et même ; j'aurais été capable de fuir quand même... Je suis un vieux con et ce depuis 168 ans. J'espère juste que celui que je considère comme mon fils ne m'en voudra pas trop...

- Et toi tu as cinq fois mon âge, et encore des choses à apprendre comme ce mot qui s'appelle tact, ou celui qui s'appelle délicatesse. Lis les dans le dictionnaire avant de mourir. Et arrête de m'appeler gamin si j'en ai passé l'âge.

Au moins a-t-il de la répartie. Un sourire dessine mes lèvres, il me fait rire ce petit. Ce petit que je ne vais pas cesser d'appeler gamin, même s'il a plus de trente ans. Tiens, j'aurais bien voulu être là pour ses quarante ans. C'est toujours un cap angoissant à passer, même pour les doués, les mêlés ou les sorciers. Il y a ces moments de doute, ces questions que l'on se pose sur la vie, ces hésitations... Je me serai bien moqué de lui à ce moment là ; ça aurait pu être drôle. Ça ne le sera pas. Fichu cancer, fichues cigarettes, fichue vie.
Si je regrette ? Bien sûr que non. Ma vie a été longue et bien tracée. C'est pour eux que j'ai de la peine. Edwin et Myaw. Mon fils et ma petite fille. Ils auraient tout les deux mérité quelqu'un de meilleur, de plus droit, de moins égoïste. Pas de bol, ils sont tombés sur moi. Pas de bol pour eux, car pour moi c'est une immense chance d'avoir des gens comme eux dans ma vie. Même si je ne connais pas ma petite-fille. Je suis persuadé qu'elle fera quelque chose de grand. Il faut bien que quelqu'un rachète les erreurs de son grand-père.

- Oh laisse moi deviner, elle est dans cet orphelinat près de Little Angleton, le Mystery, c'est ça ?
- Perspicace.
- Elle sait que t'es toujours en vie ?
- Encore plus perspicace comme question. Et bien sûr que non. Elle ne sait même pas que j'existe.

Il est trop tard pour qu'elle apprenne mon existence maintenant de toute façon. Je n'imagine pas aller vers elle et lui dire "Bonjour Myaw, je suis ton grand-papa. Attache toi bien à moi car je vais mourir d'ici trois mois". Décidément, ça serait bien indélicat de ma part. Cette petite a déjà bien assez souffert pour que je ne lui rajoute en plus la mort de son grand-père sur la conscience. C'est dommage, moi j'aurais bien aimé la connaître.
Je me demande si elle ressemble à Chloé à présent.

Je regarde Edwin et avale une gorgée de thé. Ma cigarette finit lentement de se consumer et, d'un geste expert, je vais l'éteindre avant de déposer le mégot près de celui de ma cigarette précédente. On dirait deux cadavre ainsi, posé l'un à côté de l'autre. C'est marrant. Ou peut-être pas. Mais cette fois je n'en rallumerait point d'autre. Mr anti-tabac, anti-alcool, anti-femme et anti-plaisirs devrait être content, non ?
Il se contente d'aller cacher son visage dans sa main. Relève la tête gamin, c'est moi qui me dissimule normalement. C'est moi qui fuit. Ne me vole pas mon rôle, toi qui a la vie devant toi. Et c'est tant mieux. Je préfère mille fois que ce soit moi qui parte plutôt que le contraire. J'aurais donné ma vie pour le gamin à peine mature qui me fait face. Après tout, il a bien sauver la mienne il y a cinq ans alors que j'étais au bord du gouffre. On peut dire qu'on s'est sauvé mutuellement. Mais je suis sûr que lui m'a été plus utile que moi pour lui. N'importe qui aurait pu le prendre sous son aile. Alors que c'est le seul au monde qui a été capable de me faire faire le deuil de ma souffrance. Mais tout ça, je ne le lui ai jamais dis. Parce que je suis con. Un vieux con maladroit.

- Tu manqueras à toutes les femmes de la Terre vieux fou...

Et toutes les femmes de la Terre me manqueront. Mais pas autant que ne pourra me manquer Edwin.
Vous savez, je n'ai jamais cru en Dieu. Comment un être pourrait-il avoir la toute puissance ? Ce n'est pas que je conteste son existence, c'est juste que comme elle est invérifiable, il me semble vide de sens de penser qu'il puisse exister ou même ne pas exister. Il est donc stupide de se poser la question de son existence. Le plus drôle dans tout cela ? À l'enterrement de Chloé, Myaw avait une petit croix en or autour du cou qu'elle serait aussi fort que possible. Et à ce moment là, je me suis mis a espéré avec elle l'existence d'un Dieu et surtout d'un paradis. Ça serait chouette le paradis. Un endroit où on se retrouverait tous après la mort.
J'aime croire au paradis. Je n'aime pas croire en Dieu. Je suis égoïste. Je suis un vieux con égoïste. Un "vieux fou" comme dit si respectueusement Edwin...
Oh ce Edwin... pour peu il me ferait presque de la peine. Bon, d'accord, j'avoue ; il me fait de la peine. Alors je décide de me lever et de l'attraper par le bras pour le forcer à se lever à son tour avant de lui offrir une étreinte dans laquelle j'espère lui transmettre toute ma force et l'amour que j'ai été incapable de lui transmettre oralement. J'espère qu'il me pardonnera un jour de mourir. Je l'espère sincèrement.

- Viens par là le gamin.

Je sais que je suis un peu maladroit, que j'ai de la peine a toujours exprimé ce que je ressens vraiment, mais je ne manque pas pour autant de coeur. Ce petiot, je l'aime vraiment. Et si je ne trouve pas les mots pour le lui dire, j'espère juste qu'il le comprendra de lui-même.
C'est con ça, être sur le point de mourir et ne pas être capable de simplement dire "je t'aime" aux gens qu'on aime...

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MessageSujet: Re: La vie est une partie d'échec dans laquelle le roi finit toujours par mourir... [Pv Edwin]   Sam 18 Aoû 2012 - 23:25

Enflure.
Pourquoi, oh oui pourquoi, les morts ressentent-ils le besoin de faire chier les vivants quand ils se cassent ? On pourra penser aux fantômes quand on est exorciste, oui. Ceux là aussi ils sont chiants. Ils sont morts merde, qu'ils aillent profiter de leur mort. C'est tellement injuste pour les vivants qui ne pourront jamais se venger des morts à leur tour.
Mais surtout, le truc que les morts excellent brillament à manier en les laissant tout bêtement derrière eux sont les souvenirs.
Et ces choses, ces choses sont ce qui fait le plus mal. Au départ ils vous hantent superficiellement, ils accentuent juste le manque physique de la personne absente, le désespoir de savoir que rien ne peut être fait. Dans l'immédiat ce sont ces sentiments là qui prennent aux tripes. Après tout l'être humain est constitué en grande partie d'espoir. Il se lève le matin en espérant passer une bonne journée. Il se socialise dans l'espoir de ne pas être seul. Il se reproduit dans l'espoir de perpétuer la race, et de laisser une trace de son passage sur Terre. Tout ce qu'il fait ou presque a un but, un but qu'il espère seulement pouvoir atteindre.
Mais la mort ? Rien. Nuit noire, infinie, dans laquelle même la plus brillante des étoiles ne pourrait pas percer. Car à l'évidence, c'est quelque chose qui ne peut pas être surpassé. Cette réalisation est celle qui tombe sur la face en premier. Edwin ne le sait que trop bien pour l'avoir déjà ressentie.
Et ensuite ? Ensuite vienne ces vicieux de souvenirs. Toujours là, dans un coin à attendre le moment propice pour sauter sur le devant de la scène. On peut se distraire, ils reviennent après. Ranimés par des actes, des paroles, des objets, n'importe quoi. Et il est impossible de leur échapper, puisque leur maison, le lieu où ils se terrent se trouve être le cerveau même. Difficile d'échapper à ce qui est en nous, et hors d'atteinte.
Avec le temps, semblable à l'engourdissement qui prendrait l'ouvrier faisant une tâche répétitive, les souvenirs font moins grincer des dents. On s'y habitue. On les regarde en face sans trop trembler. Ce sont toujours les même après tout, puisqu'il n'y en aura jamais de nouveaux.
Mais ils sont toujours là. Vivants.
Quand leur initiateur ne l'est plus.
La seul différence entre un souvenir et une oeuvre d'art, c'est que cette dernière survit mieux au temps, son support étant généralement sujet à une dégradation naturelle plus lente.

La vérité devant être dite, Edwin n'a pas tant de souvenirs que cela avec ce vieux schnock fumant en face de lui. Non pas qu'il ne le connaisse pas depuis suffisamment longtemps - encore que - mais c'est surtout que les occasions ne sont pas présentées. Forcément, monsieur préfèrait jouer à cache-cache au lieu de profiter du temps qui lui était imparti, et qui touche maintenant à sa fin.
Mais les souvenirs sont forts car ils ont pour eux d'avoir été fabriqués à une période complètement pourrie - il faut dire ce qui est - de la vie du mêlé. On oublie difficilement ceux qui nous ont tendu la main dans la misère. Et dans leur cas, ils se sont même mutuellement tendu la main.
Pour tout avouer, Eddie pense tout au fond qu'il doit sa position actuellement au viel homme. Non pas qu'il l'y ait posé là lui même, mais c'est lui qui lui a ouvert grand les mirettes sur cette face cachée du monde qui était pourtant sous son nez et qui l'a toujours été. De là découlent la suite des évènements menant au temps présent. En face à face avec le vieux joueur d'échecs aux pièces franchement douteuses qui finalement s'accordent bien à leur propriétaire.

- Perspicace.

Il résiste à la terrible envie de rouler ses yeux et de lui répliquer au museau que c'est son job.

- Encore plus perspicace comme question. Et bien sûr que non. Elle ne sait même pas que j'existe.

Le plus jeune fait tourner son verre entre ses doigts presque inconsciemment. Le verre froid contre sa paume lui rappelle qu'ici n'est ni le lieu ni le moment d'exploser, et il ne ferait d'ailleurs pas ce plaisir au vieux crouton.
Non.

- T'es nul Maurice Nienta. T'es nul d'avoir passé toute ta vie à te cacher comme un putain de trouillard quand il y en a qui avaient beosin de toi. Et maintenant c'est trop tard pour toi, et trop tard pour elle. Tu te tire avec tout ce que tu aurais pu lui apprendre sur sa famille, en fait tu es sa famille et tu te tires avec. Brillant.

Si il en a d'autres des paroles acide comme ça ? Oui, plein. Au fond il ne veut pas que de leur dernière rencontre - de vivant à vivant - Maurice en garde un vilain souvenir. Mais, semblable à un gamin complètement accablé et dépassé par ses émotions, il n'arrive pas à se contenir. Puisqu'il ne peut pas exploser, il ravale le tout et déverse une pluie acide sur la tête du vieil homme.
Parce qu'en fait, devant Maurice, Ed se sent comme un gosse. Maurice quelque part, c'était un peu sa famille à lui aussi.
Il soupire pour se calmer. Tout de même, il ne peut pas laisser cette déclaration comme ça.

- Qu'est-ce que tu vas faire à son propos ? T'as intérêt à faire quelque chose, ou ton âme ne trouvera pas le repos et tu vas revenir sous forme de fantôme. Et bordel, Maurice, compte pas sur moi pour renvoyer tes fesses translucides d'où elles viennent à ce moment là.

Il est à demi sérieux. C'est qu'il ne faut quand même pas trop plaisanter avec les humains et leurs regrets. Sait-on jamais. Des fois que.
Le mêlé tourne la tête vers le bas et se met à fixer la table.
Qui aussitôt, comme si on l'avait sonnée, commence à lui parler. Action qui lui rapporte un coup de pied dans ... Beh, le pied, de la part d'Eddie, réussissant au passage à faire faire un bond à son verre et à la tasse de Maurice, sans pour autant les renverser. Le mêlé ajoute un grognement à la table accompagné d'un regard noir pour faire bonne mesure.
Ce qui marche plus ou moins. Ce n'est pas que les objets peuvent avoir mal, mais la table doit soupçonner l'homme d'être capable de la brûler en poussant un rire de maniaque ou quelque chose du genre. Ed ne pourrait pas se soucier moins de sa réputation au milieu des objets du moment qu'ils se taisent. Oh oui qu'ils la bouclent.
Fichu pouvoir.
Et puis une main se pose sur le bras d'Eddie, attirant directement son regard vers le possesseur du membre. Sans trop réfléchir, il fait comme Maurice lui intime de faire et se lève.
Et forcément, ce vieux boudin se sent obligé de donner le coup de grâce.

- Viens par là le gamin.

Et lui offre une étreinte. Chose à laquelle le plus jeune ne s'attendait absolument pas. Alors forcément, ses défenses en prennent un coup dans les dents, de cette attaque surprise. La prochaine fois, ça lui apprendra à se préparer sur tous les fronts.
Il sort de son hébètement d'un coup pour s'agripper presque désespéremment au plus vieux. Pratiquement au même moment, alors qu'il sent ses yeux le piquer sans qu'il n'arrive à rien y faire, il va cacher son visage dans l'épaule de Maurice.
Pour sauver le peu de dignité qu'il lui reste. Puisque tout le reste, y compris la vie de Maurice, a décidé de se faire la malle.

- Tu vas me manquer vieux fou.

Il mord sa lèvre inférieure violemment pour éviter qu'aucun sanglot ne s'échappe, comme si c'était pas déjà suffisant comme ça.

- Et j'pleure pas okay !

Mais il serre un peu plus fort l'homme contre lui, démentissant avec succès cette affirmation.


[Hrp= CONTENT MAURICE ? T'as fait pleurer Ed. ED wesh, je pensais que c'était mon perso le plus résistant mentalement mais en fait c'lui la chiffe molle du groupe *sort*. Well au moins il se balade pas à demi bourré la moitié du temps.]

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MessageSujet: Re: La vie est une partie d'échec dans laquelle le roi finit toujours par mourir... [Pv Edwin]   Mar 16 Avr 2013 - 22:36

« Caresses et coups de poing dans la gueule sont les pleins et les déliés de l'amour. »

- T'es nul Maurice Nienta. T'es nul d'avoir passé toute ta vie à te cacher comme un putain de trouillard quand il y en a qui avaient beosin de toi. Et maintenant c'est trop tard pour toi, et trop tard pour elle. Tu te tire avec tout ce que tu aurais pu lui apprendre sur sa famille, en fait tu es sa famille et tu te tires avec. Brillant.

C'est vrai. C'est vrai tout ce que me dit ce bonhomme. Une fois de plus je vais abandonner Myaw. Contre mon choix cette fois, mais je vais tout de même l'abandonner. Elle aurait tout les droits de m'en vouloir. À sa place, je m'en serai voulu. Mais j'ai ce pressentiment que ma petite-fille ne sera pas comme moi. Différente. Plus comme sa fille, un coeur grand comme un monde en or et prête à tout pardonner sans poser de question. Sans hésiter.

- Qu'est-ce que tu vas faire à son propos ? T'as intérêt à faire quelque chose, ou ton âme ne trouvera pas le repos et tu vas revenir sous forme de fantôme. Et bordel, Maurice, compte pas sur moi pour renvoyer tes fesses translucides d'où elles viennent à ce moment là.

Je ne suis pas sûr de vouloir revenir comme ectoplasme sur Terre. Certains sont si insupportables que j'aurais bien peut d'en faire parti. Et je ne suis pas sûr que Myaw ait envie d'avoir un grand-père translucide. Et encore moins de devoir m'exorciser, c'est assez... violent.
Alors bien sûr que j'ai un plan. C'est ma petite-fille, même si je l'ai abandonnée. C'est le bébé de mon bébé et je l'aime. Je les aime toutes les deux.

- Ce que tu as dis avant est faux. Il lui reste une famille. Peut-être pas une famille de sang, mais une famille tout de même. Et cette famille, c'est toi. Je ne te le cache pas, je t'ai toujours considéré un peu comme mon fils. Et j'aimerais que tu la voies elle comme ta nièce. Je sais que c'est difficile pour toi, que tu n'aimes pas vraiment les enfants, mais... mais j'aimerais que tu fasses ça pour moi. Et tu verras, c'est une petite fille extraordinaire. Bien plus que moi.

Je sens l'énervement d'Edwin dans ses grognements et son coup de pied à la table. Alors je lui intime de se lever pour le prendre dans mes bras. Une étreinte d'un père à son fils. Un adieu. Déchirant ?
Je sens Edwin qui s'accroche à moi, un peu comme un enfant de divorcé qui regarde son père rentré chez lui en le laissant chez sa mère le dimanche soir. Sauf qu'on ne se reverra pas le week-end d'après.

- Tu vas me manquer vieux fou.

J'ai envie de lui dire que lui aussi me manquera. J'ai envie, une fois dans ma vie d'être honnête avec les gens. De lui dire que s'il on est là aujourd'hui, ce n'est pas seulement pour lui annoncer ma mort, mais aussi pour lui dire combien il compte pour moi.
C'est mon fils, ma bataille, fallait pas que j'm'en aille.
Que j'aurais aimé passer plus de temps avec lui. Ne pas être tout le temps absent. Être un meilleur père pour lui. Au moins lui avoir envoyé quelques cartes postales. J'aimerais tant avoir plus de temps pour le connaître un tout petit peu mieux.

- Et j'pleure pas okay !

Son étreinte un peu plus forte dément ses paroles. Mais je ne lui en veux pas de pleurer. Moi même je sens mes yeux mouillé. Qui aurait pu croire qu'un centenaire puisse encore pleurer ? Ça fait bien longtemps que cela ne m'était plus arrivé. À force du temps on finit par être plus fort, à ne pas se retourner sur son passé, ne pas toujours pleurer, tout garder en soit.
Mais il y a toujours des brèches dans les défenses.
Et je sens couler les larmes sur mes vieilles joues parcheminées de rides.

J'ai tant de choses à lui dire...

- Je t'aime Edwin.

Et ça tient en si peu de mots.

« Coeur contre coeur le coeur bat plus vite. Comme sous l’emprise de la peur. »

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MessageSujet: Re: La vie est une partie d'échec dans laquelle le roi finit toujours par mourir... [Pv Edwin]   Mer 5 Juil 2017 - 19:40

Edwin ne veut pas lâcher Maurice. Il le sait, c'est la dernière fois qu'il le voit. La dernière, à partir du moment où il sera parti. Donc, s'il ne part pas, ça ne sera jamais la dernière, non ? Cela ne se finira jamais, n'est-ce pas ?
Si seulement. Mais Edwin le sait, pour avoir déjà croisé la Mort. Elle vient, Elle prend et Elle ne rend pas. Jamais. Ou alors sous forme d'ectoplasme et ce n'est jamais très beau à voir. Qu'il lâche Maurice ou pas, Elle viendra réclamer son dû. Et Maurice deviendra un incrément de plus à rentrer dans les statistiques des victimes du tabac. A la prochaine campagne de prévention, quand le nombre de morts sera utilisé pour tenter de détourner certains de la cigarette, Maurice ne sera qu'un chiffre parmi les autres.
Edwin n'est plus qu'un enfant, à cet instant, dans les bras de son père de coeur. Qui va le protéger quand il sera parti ? Qui va s'occuper de lui ? Vers qui est-ce qu'il pourra se tourner dans les moments de désespoir ? Même si au fond Ed sait très bien gérer ses problèmes tout seul, on reste toujours des enfants face aux parents.
Surtout quand ceux-ci s'en vont pour toujours.

Après un temps qu'Edwin serait bien incapable de donner, il finit par lâcher Maurice, non sans s'être frotté les yeux et la truffe sur lui pour tenter de faire croire qu'il est brave.
Et faire une dernière petite crasse à son père de coeur.

- Je t'aime Maurice. Sois sage dans l'autre monde, sinon je viendrai t'y botter le cul.

Ne pas pleurer, ne pas pleurer, ne pas pleurer.

- Je prendrai soin de Myaw, c'est une promesse.

Et, puisqu'il ne peut juste pas se résoudre à partir comme ça :

- Eh. Tu veux pas passer la journée avec moi ? On boit comme des trous, et quand je m'évanouirai tu pourras te casser comme un voleur une dernière fois. Comme au bon vieux temps.

Ça peut sembler cruel mais Ed est très sérieux. Partir sans se retourner est au dessus de ses forces, ce sera donc à Maurice de le faire.
Qu'est-ce qu'un père ne ferait pas pour ses gosses de toute façon, hein ?
Edwin ne lui laisse pas vraiment le temps de choisir. Il laisse de quoi payer sur la table, puis attrape son vieux con de père de coeur et l'entraine hors du batiment. Un dernier caprice pour leur dernier jour ensemble.
Du moins, sur cette Terre. Qui sait ce qui les attend dans l'au-delà.

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La vie est une partie d'échec dans laquelle le roi finit toujours par mourir... [Pv Edwin]

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