Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]


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 Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]

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Sylvester A. Aonghus
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MessageSujet: Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]   Sam 8 Sep 2012 - 23:46

« Rendre l'âme ? D'accord, mais à qui ? »

Les tulipes n'en finissent plus de mourir... Je sais, je sens que la fin n'est plus loin. Chaque frisson me le rappelle, chaque jour la mort se fait un peu plus pesante. La vieillesse marque définitivement mes traits et, si je continue à faire le malin, je sais mieux que personne que les mois qu'on me promettait ne sont plus que des jours. Alors j'ai pris ma décision. Demain je n'irai à l'hôpital, crever au milieu de tous ces autres gens en train de mourir aussi, de naître ou de guérir. J'ai toujours trouvé que les hôpitaux étaient des lieux intéressants. Les gens y sont heureux ou malheureux. Rare sont ceux qui n'en sortent pas changé, que ce soit physiquement ou mentalement. On en sort plus fort ou détruit, mais différent.
Non, demain je n'irai pas à l'hôpital ce qui ne m'empêchera pas de mourir. Je le sais, j'ai vu la mort dans les tulipes. J'ai vu les signes se multiplier, j'ai vu le monde changer. C'est comme si avec la mort s'amenait la clarté. Bientôt... bientôt je crois que tout deviendra enfin lumineux. Je vais mourir et c'est peut-être mieux comme ça.
Mais avant il faut que je fasse quelque chose. Que je vois quelqu'un. Pandora, Pandora Mystery... Ma chère amante, ma tendre amie. Cela fait si longtemps que je n'ai plus eu le loisir de la contempler. Je me rappelle du jour où je l'ai rencontrée comme si c'était hier. Cette femme... elle était d'une telle grâce, d'une telle prestance... Mais je crois que ce qui m'a séduit chez elle, c'est son intelligence. J'ai toujours eu un faible pour les femmes intelligentes, elles sont plus dures à séduire et le jeu en vaut tellement la chandelle ! Pandora possédait une intelligence d'esprit, mais aussi une intelligence de coeur. Si j'avais été plus attentif, j'aurai sans doute tout de suite deviné qu'elle dévouerait sa vie pour les autres.
Je sais qu'au Mystery Orphanage Myaw est heureuse. Pandora est bien la seule personne au monde à qui je peux confier un être aussi précieux que ma petite fille. La chair de ma chair, l'enfant de mon enfant...

Chloé et Elisabeth me manquent. Je savais qu'en partant, vivre loin d'elles serait terrible. Mais au moins je les savais heureuse et en vie. À présent qu'elles sont mortes... Ma seule consolation est ce trésor que la vie m'a offert. Cette petite fille... Oh, je m'interroge. Comment est-elle ? Cela fait des années que je n'ai pas eu ni photo, ni nouvelles. D'un autre côté, c'est normal, il est difficile de correspondre avec un homme qui se cache. Impossible quand il s'appelle Maurice Nienta. Je me demande ce que Pandora pense de cette situation. Me trouve-t-elle lâche ? Ou pense-t-ell que j'ai raison ?
Je n'aurais pas su élever Myaw. Je le sais, c'est une certitude. Et pourtant, parfois, je ne peux m'empêcher d'imaginer une grande maison dans laquelle cette enfant mettrait de la vie. Je lui aurais appris à aimer lire et étudier, comme l'a fait mon nonno d'antan. Elle aurait rit la belle. On aurait invité des amis le samedi après-midi et j'aurais appris à faire des gâteaux au chocolat.

Puis je serai mort.

Ça aurait fait partit des plus belles années de ma vie, sans aucun doute. Le problème, c'est qu'à l'époque je n'en avais pas le courage. Affronter la douleur. Relever la tête. Ne pas voir à chaque sourire celui de Chloé, à chaque froncement de nez la mine boudeuse d'Elisabeth. Je savais que j'allais me couler dans une dépression bien trop profonde et je n'avais pas le droit de laisser Myaw y assister. Puis le temps a passé, j'ai réussis à surmonter ça. Là j'aurais pu reprendre ma petite-fille, mais d'après le peu de nouvelles que j'avais d'elle, elle était heureuse au Mystery. Je n'allais donc pas l'arracher d'un environnement où elle se sentait si bien, n'est-ce pas ? Et puis... et puis j'ai appris pour mon cancer. Et je ne veux pas qu'elle s'attache à moi si c'est pour pleurer après. C'est mieux comme ça.
Mais avant de partir, j'ai envie de savoir si elle va bien. Peut-être voir une photo ou deux. Et puis j'ai aussi envie de revoir ma très chère Pandora...

C'est pour toutes ces raisons que je suis présentement devant son bureau. J'ai rencontré Nérys McLaren - c'est incroyable comme elle ressemble à sa maman ! - à qui je me suis présenté comme étant un vieil ami de Pandora. Elle m'a alors conduit à son bureau et je me retrouve là, devant sa porte, à quelques mètres à peine de cette femme si extraordinaire. Doucement, je toque avant d'y entrer.

- Ma chère Pandora, toujours aussi ravissante à ce que je vois.

Je soulève mon couvre-chef avec un léger sourire. Je pense réellement ce que je dis ; malgré que nous ayons vieilli, je n'ai pas l'impression que nous ayons beaucoup changé... Le temps passe si vite. J'ai l'impression que hier encore nous n'avions que vingt ans...

« L’amour est aveugle et sa canne est rose. »

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Pandora S. Mystery
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MessageSujet: Re: Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]   Ven 7 Déc 2012 - 17:24

Mais les pavots se sont flétris dans les champs du dernier salut...

C'était un matin comme les autres. Un matin gris de début d'automne, tous les enfants et adolescents avaient effectué leur rentrée cette semaine. En ce samedi matin, ceux qui avaient cours restaient au Mystery Orphanage, étant donné que l'école "normale" n'avait pas lieu le week end. Les professeurs de sport, de magie, de dons, d'art ou encore de langues s'affairaient à préparer leurs classes avant que les petits n'aient fini leur petit déjeuner et ne s'engouffrent dehors ou dans leurs salles de classe. Avant d'entrer dans son bureau afin de rédiger une lettre à Miss Deslilas à Londres, elle avait vu Takeji Kido passer dans le hall en grommelant "Mais où est ce fichu sabre ? C'est encore le placard qui l'a mangé. Ou Jack. Rrrm". Pandora avait sourit.

Elle était à présent attablée à son bureau et rédigeait sa lettre à l'encre noire, à la plume, comme elle l'avait toujours fait. Bien sur il lui était arrivé de se servir d'un stylo, mais elle préférait de loin le glissement du métal trempé dans l'encre sur le parchemin. Deux coups portés à la porte la sortirent du fil de la missive qu'elle était en train d'écrire. Elle releva la tête et il était là. Maurice Nienta. Elle lâcha soudainement la plume qui laissa échapper quelques gouttes d'encre sur le bureau d'acajou et la lettre. Elle se leva, les jambes tremblantes, tandis qu'il la complimentait sur son physique. Elle ne put s'empêcher de rougir. La vieille femme essaya de se dépêtrer de ses jupes en s'avançant vers son vieil ami. Sa bouche était sèche. Elle pensa à Myaw. Elle pensa à leurs nuits. Elle trembla. Ce qu'elle croyait être un souvenir se tenait là devant elle. Un merveilleux souvenir, bien entendu. Elle avait reçu cette lettre avant d’accueillir Sa petite fille à l'orphelinat, celle dans laquelle il avait dit bientôt disparaitre définitivement. Toute la tristesse qu'elle avait ressentie à ce moment, lisant ses mots, remonta en elle, et elle s'approcha rapidement de Maurice.

Elle prit ses épaules dans ses mains, et le regarda de haut en bas. Il semblait fatigué. Âgé, bien sur quand même. Mais il portait toujours en lui cette sorte de désinvolture mélancolique. Le temps n'altérait pas tout. Elle le contemplait comme une apparition irréelle. Au bout de quelques minutes, elle finit par reprendre ses esprits et dit :


-Maurice...Tu es venu pour Myaw ?


Elle voulait toucher son visage, s'assurer qu'il était bien vivant, et qu'il n'allait pas mourir. Elle le regardait toujours avec autant d'insistance et finit par lui demander :

-Est-ce que...Tu vas bien ?

Elle avait tout à coup si peur, elle ne voulait pas l'imaginer mort, pas avant elle. Elle avait toujours voulu les autres pour l'enterrer, jamais le contraire. Et pourtant elle avait perdu ses parents, son mari, ses enfants mort-nés...Pandora voulait tant s'accrocher à lui, ne pas le laisser partir. Elle n'osait pas. Elle n'osait pas prendre son visage entre ses mains et pleurer, car après tout, elle le savait, il n'aurait pas écrit de tels mots s'il ne savait pas qu'il allait mourir. Pourtant Pandora se raccrochait à un espoir, l'espoir que cette allusion à son décès n'eut été qu'engendré par la tristesse d'avoir perdu le même jour femme et enfant. Oui c'était ça. Ce devait être ça.

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Sylvester A. Aonghus
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MessageSujet: Re: Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]   Mar 16 Avr 2013 - 21:39

Elle est belle ma Pandora. Je ne peux empêcher mon regard de s'égarer sur la chute de ses reins, toujours aussi parfaite, puis je remonte jusqu'à retrouver ses yeux dans lesquels brillent la même intelligence qu'il y a un siècle. Je jette un coup d'oeil au bureau et aperçoit l'ébauche d'une lettre tracée à l'encre noir avec une plume argentée. Je souris en reconnaissant la plume ; je la lui avais offert lors de son mariage. Je ne pensais pas qu'elle l'aurait gardée - à l'heure où le stylo est supposé bien plus confortable et pratique -, mais cela ne m'étonne pas vraiment non plus. Pandora est une personne vraie et cela me fait plaisir de voir que des femmes comme elle existe encore.
Que des gens comme nous existent encore.

Je la regarde s'approcher de moi et je frissonne en sentant le contact de sa main sur mes épaules. Les mêmes mains qui, des années auparavant effleuraient sans trembler toute ma virilité. À présent je les sens tremblantes, mais toujours aussi heureuse qu'avant de me revoir.
Je ferme les yeux alors que le regard de ma vieille amie se pose sur moi. Je me souviens de nos deux corps nus, serrés l'un contre l'autre au coeur de la nuit. Je me souviens de ce que nous niions être de l'amour tout en sachant pertinemment que c'était plus que de l'amitié. Je me rappelle de nous deux, unis jusqu'à l'orgasme, de cette relation basée autant sur le physique que sur l'intellects avec nos conversations qui continuaient jusqu'au petit matin. Je me rappelle de l'odeur de brûlé, des flammes dévorantes qui avaient dévorés ce même lit dans lequel nous faisons l'amour, emportant avec lui mon nonno. Pandora revenant me serrer dans ses bras. Moi la serrant de la même manière quelques années plus tard à la mort de l'être qu'elle aimait.
Nous avions ce chic pour être là lors des meilleurs et des pires moments.
Des premiers et des derniers.

-Maurice...Tu es venu pour Myaw ?

Myaw. Mon trésor. Ma petite. La seule chose qu'il reste de moi, la seule chose possédant mon sang. Une petite partie de moi. La meilleure sans aucun doute. Mon futur.
Mais je ne suis pas là que pour elle, je suis là pour Pandora. Ma jeunesse. Ma si chère amie. La seule femme encore vivante qui ait compté pour moi. L'une des meilleures chose qu'il ne me soit jamais arrivé. Mon passé.

Deux être complètements différents. Une petite fille et une vieille dame. Et pourtant toutes deux avaient un point commun. En plus de faire partie des choses les plus importantes de toute ma vie. Elles étaient toutes les deux extraordinaires avec un coeur grand comme le monde. Il leur faut bien ça pour réparer toutes mes erreurs.

-Est-ce que...Tu vas bien ?

Je sens l'hésitation dans sa voix. Je sais qu'elle n'a pas envie d'entendre la vérité, qu'elle n'a pas envie de savoir. Mais nous sommes trop vieux pour nous mentir, n'est-ce pas ? J'ai trop fuit dans ma vie pour me cacher encore une fois. Pas à Pandora. De toute façon elle aura déjà deviné, elle me connaît trop bien.

- Je vais mourir Pandora. J'ai un cancer du poumon et la mort semble enfin s'être décidé à me rattraper. Avant de partir, je voulais... je voulais être sûr que tout allait bien avec Myaw. Et te revoir aussi.

Ma voix se brise un peu sur la fin de ma tirade. C'est toujours aussi dur de dire ça, de dire aux gens que j'aime que c'est sans doute la dernière fois que je les verrai. La mort ne me fait plus peur, ce qui me fait peur c'est de laisser derrière moi des gens que j'aime. Et qui m'aime.
Je prends Pandora dans mes bras et la serre contre moi de peur de m'écrouler.

- Il y a un homme, Edwin Al Hattal. Je l'ai connu dans la galère, c'est un peu comme mon fils. Il travaille pour Orphéo. Je voulais... je voulais que Myaw ait quelqu'un à l'extérieur sur qui elle peut compter. Une sorte de famille. Il va venir la voir, si ce n'est pas déjà fait. J'aimerais que tu t'assures que cela soit possible si... si cela ne t'embête pas.

Je me détache lentement de mon amie et regarde le bureau autour de moi. Il y a pleins de photos des orphelins un peu partout. Des centaines de visages d'enfants souriants, les enfants de Pandora, ceux qu'elle aime autant que les enfants qu'elle n'a jamais pu avoir.
Parmi tous ces visage, j'en vois un. C'est une petite fille accompagné d'un jeune homme de 18 ans. Sur le doigt de l'enfant est posé un papillon et elle le regarde en éclatant de rire. Son grand ami à côté la regarde avec un mélange de tendresse et de regard protecteur, un sourire plutôt doux sur les lèvres.
Les papillons. Les papillons ça a toujours été Myaw. Cette envie de voler, son envie de voler. Notre envie de voler. Le signe de Myaw c'est les papillons.

Je me détache de Pandora et m'approche de la photo, mes doigts effleurant le papier glacé. Voilà c'est elle. Myaw, ma petite fille. Tellement jolie.

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Pandora S. Mystery
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MessageSujet: Re: Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]   Dim 26 Mai 2013 - 23:46

Les matins bleus de ma jeunesse s'irisent en flous multicolores...

La nouvelle la frappa comme toutes les années passées dans son ventre, pesant tout leur poids de bonheur, et de mélancolie, à présent. Instantanément, sa main glissa le long de son cou pour agripper son visage, se placer autour de sa mâchoire. Ses yeux parcourent le visage de son vieil ami, ridé, comme le sien, mais pourtant toujours aussi beau, empreint de cette jovialité fataliste, quelque chose qu'elle n'aurait su décrire et qui lui avait toujours plu en lui. Elle pouvait presque sentir la peau se racornir sous ses doigts ridés, pour ne laisser que des os, à la merci du temps et de la terre dans laquelle il serait incorporé. Pandora ne pensait pas à sa propre mort, elle pensait au manque qu'allait créer Maurice lorsqu'il disparaitrait. Ils étaient si vieux tout à coup. Mais surtout elle, oui, surtout elle qui allait rester et vieillir, se dessécher tandis qu'il aurait disparu, happé par un gouffre immense et sans retour. Il allait disparaitre. Ce visage pouvait-il donc vraiment disparaitre ? Ce rire, ces sourires, ce corps brulant contre le sien n'existerait-il plus que dans ses souvenirs ? Sa jeunesse, oui, elle en avait fait le deuil, mais la vie, la vie d'un de ses ais allait être effacée, et elle savait que rien au monde n'empêcherait la maladie de faire son chemin. Pourtant, son autre main glissa sur le torse du vieil homme, au niveau de ses poumons, diffusant une apaisante magie, qui ne serait en aucun cas réparatrice sur les organes touchés, rongés.

-Maurice...murmura-t-elle comme pour empêcher la personne qu'il était et avait été de se fondre dans l'air, et d'être oublié, pour toujours.

Disant ces mots, sa main caressait son visage comme pour le rassurer, et pour ne pas oublier. Ne pas oublier sa peau parcheminée aussi bien que la sienne, la forme de son visage. Il allait mourir. Un homme avec lequel elle avait partagé des moments de vie intense. Si elle avait été féconde, elle aurait peut-être eu un enfant avec lui, par accident,; pensa-t-elle, tout à coup. La contraception était encore très peu développée à l'époque. Mais lui avait eu une fille. Malheureusement, cette fille était morte, et elle ne pourrait jamais observer son visage afin de retrouver celui de son père. Restait la fille de cette fille. Myaw. Ses traits étaient déjà bien éloignés de ceux ce l'homme dont elle caressait la joue et les cheveux en cet instant. Mais il y pensait, oui. Il était aussi venu pour s'inquiéter de sa santé, et de son bien être.

Les caresses sur les rides de son ami se firent plus vigoureuses lorsque sa voix se brisa à la fin de sa phrase, ce qui mena la vieille femme à le rassurer prestement sur sa petite fille.


-Myaw va très bien Maurice, c'est une petite fille aussi jolie que gentille, bien que ses nuits soient hantées par son don. Mais elle est très forte et courageuse, bien entourée. Tout le monde l'aime, tu sais.

Elle se tut un instant, parcourant de ses yeux d'aigue marine les prunelles chocolat de Maurice, essayant de déceler des trésors lointains, qu'elle pourrait emporter pour l'avoir toujours avec lui, lorsqu'il ne serait plus là. Elle se voyait déjà marcher sur sa tombe. C'était si subit, mais elle était si vieille, la mort ne lui paraissait pas un évènement si étranger. Il la serra dans ses bras, et elle entoura son corps de ses bras, appuyant gravement son front contre la base de son cou. Ils restèrent enlacés, il lui murmura certaines choses. Un certain Edwin Al Hattal, il fallait qu'elle lui permette de voir l'enfant. Il travaillait pour Orpheo. Pandora accorda toute sa confiance à Maurice sur ce point. Elle acquiesça tout de suite.


-Bien sur Maurice, tout ce que tu voudras. Je prendrais contact avec cet homme le plus rapidement possible.

Il desserra doucement son étreinte avant de parcourir les photos de la salle du regard. Ses yeux se posèrent sur une photo de Myaw. Bien sur. Il la regarda de plus près, détachant le morceau de papier glacé de son support. Pandora ne savait pas bien si elle avait envie de pleurer. Myaw avait un beau papillon rouge et noir sur le bout des doigts, souriante.


-C'est Ange, dit-elle doucement en désignant le jeune homme qui regardait l'enfant d'un air tendre sur la photo. Il aime énormément ta petite fille. Tu peux être assuré qu'elle est aimée.

Elle fit quelques pas dans la pièce, puis tira d'un tiroir de son bureau une photographie plus ancienne, datée de la fin du XIXe siècle. Deux jeunes gens, assis à une belle table en fer forgé dans un jardin. Il tenait un verre de vin rouge dans la main droite, un cigare dans la main gauche. Elle avait sourire plus réservé, les mains posées sur le velours de sa robe, un oeil patient au photographe. Elle lui tendit le cliché sépia usé, et lui sourit doucement, avec peine, nostalgie, mais également avec amour. Elle se souviendrait jusqu'à sa mort, des instants partagés avec cet homme, ce Maurice.

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Sylvester A. Aonghus
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MessageSujet: Re: Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]   Lun 3 Juin 2013 - 14:50

« Coeur contre coeur le coeur bat plus vite, comme sous l’emprise de la peur. »

Mourir. Je ne pensais pas que c’était une épreuve aussi difficile. Et pourtant, j’en ai vécu des jours, des années de galère. Je pensais tout connaître de la peine et la douleur, je pensais que ma mort ne serait qu’un jour de plus, le dernier d’une si longue liste. Comment aurais-je pu imaginer que tout laisser derrière soit fusse si douloureux ? Au final, la plupart des gens qui m’aimaient sont déjà de l’autre côté de la barrière. Mais pas eux. Pandora, Edwin, Myaw. Même si elle ne me connaît pas.
Pouvez-vous imaginer un monde qui ne repose que sur trois personnes, trois piliers ? Parce que c’est mon monde à moi. Et je ne l’échangerai contre rien au monde.

Je vois la douleur de Pandora dans ses yeux et je sens mon cœur saigner un peu. Je sais bien à quel point il est dur d’être celui qui reste, celui qui jette la première poignée de terre sur le cercueil, qui vient poser des fleurs sur une tombe froide. Combien de fois ai-je dû faire face à la mort ? Qui suis-je pour imposer quelque chose d’aussi douloureux à mes amis, à mes amours, à ma famille ?
Je suis un monstre. Un monstre de regret. Il y a tant de choses dans ma vie que je n’aurais pas dû faire. Abandonner ma femme et ma fille au lieu de leur dire la vérité. Continuer à fumer malgré tout. Fuir loin de ceux que j’aimais. Abandonner Myaw. Abandonner Pandora. Abandonner Edwin.
Je les ai tous laissés. Je les ai fuis parce que j’étais trop vieux et trop con. « Vieux con ! », combien de père entendent ça dans leur vie ? Et bien moi ça serait justifier et je donnerai tellement pour voir ma fille, ma Chloé, se pointer avec ses cheveux en batailles et son air de canaille. Je donnerai ma vie pour juste l’entendre me hurler dessus ces quelques mots avec un air revêche et rebelle.
Vieux con.

-Maurice...

Les mains de ma vieille amie dispense une chaleur apaisante dans mes entrailles, sans parvenir à réparer mes poumons pollués, détruits. Ça fait longtemps que j’ai compris que la magie était quelque chose d’extraordinaire, mais qu’elle avait ses limites. La mort est bien plus forte.
Durant l’une de mes nombreuses disparitions, j’ai rencontré une jeune femme d’une rare beauté. Elle a refusé de coucher avec moi, malgré toutes mes avances. À la place, elle m’a proposé de l’accompagner un jour à son travail à l’IBMM de Paris.
Elle travaillait dans un étage spécialement dédiés aux enfants. Certains se remettaient de blessures magique sans gravité, mais d’autres étaient dans des états plus grave. Il y avait cette petite fille par exemple, touchée par un maléfice incurable. Elle ne venait pas à l’IBMM pour être soignée, mais pour y mourir. Alors qu’elle avait plus d’un siècle et demi de moins que moi.
Cette enfant m’a regardé avec ses grands yeux gelés par la maladie et m’a demandé de lui raconter une histoire. Après ça, je suis allée voir la femme qui m’avait amené ici et je lui ai demandé pourquoi. Pourquoi personne n’essayait de poser ses mains sur cette petite pour qu’elle puisse vivre. Pourquoi on ne pouvait pas lui donner une chance d’exister, de se battre contre le monde, de vieillir. Pour on ne voulait pas la laisser grandir, se marier, avoir des enfants, une famille, un divorce, un remariage, des petits-enfants, des victoires, des défaites.
Pourquoi on la laissait mourir sans rien faire ?
Parce qu’on ne pouvait rien faire. La magie a ses limites là où la mort décide d’exister. Il fallait accepter cette idée là de la vie : nous sommes tous mortels. Certains plus rapidement que d’autres.
Une semaine plus tard la petite fille est mort, sa main dans la mienne. Je lui avais raconté une quantité inimaginable d’histoire, inventant à chaque fois des princes plus beaux les uns que les autres, des donjons le plus dangereux possible, des princesses à la gentillesse incroyable. Tous ça et bien plus encore. Je voulais que mes récits soient la vie qu’elle ne pourrait jamais avoir. Qu’à défaut de pouvoir vivre sa vie, elle puisse au moins rêver celle d’autres.
Après sa mort, la femme qui me l’avait présentée m’a proposé de faire l’amour. J’ai refusé. Et encore une fois, j’ai fuis.

Cette fois-ci, je n’ai plus le choix. Je dois faire face à ma mort et à mes responsabilités. Face à ce départ précipité. Les mains de mon amie glissent sur les rizières créées par les rides sur mon visage. Nous sommes si vieux…

-Myaw va très bien Maurice, c'est une petite fille aussi jolie que gentille, bien que ses nuits soient hantées par son don. Mais elle est très forte et courageuse, bien entourée. Tout le monde l'aime, tu sais.

Myaw… Contrairement à nous elle est tellement jeune. Elle a encore toute une vie devant elle, une vie faite de merveilles et de bonheur. De coup un peu plus dur, mais je sais qu’elle se relèvera. J’en ai la conviction, même sans la connaître. Elle a déjà tant vécu pour son jeune âge, tant pleuré. Je me sens un peu coupable pour son don, car c’est moi qui le lui ai transmis. Mais je sais qu’elle saura trouvé la force en elle de le contrôler.
Si seulement j’avais été là pour elle comme mon nonno le fut pour moi… L’abandonner fut la décision la plus dure de toute ma vie. Même si je savais que c’était une enfant assez épanouie pour se faire accepter de tous.
Mais c’était trop dur, beaucoup trop dur de voir les traits de sa mère et de sa grand-mère à travers ses sourires.
Vieux con.
Les bras de mon ancienne amante viennent m’entourer et je me souviens encore une fois de nos étreintes bien moins innocente, tard dans la nuit. J’ai tout détruit, encore une fois. J’ai fuis devant Pandora parce que c’était plus simple pour moi de la considérer comme une simple amante et amie et non comme une femme avec qui j’aurais pu construire ma vie.
Tout aurait pu être différent. Bien sûr, je ne regrette pas ma vie. Myaw ne serait pas là sinon. Mais je regrette de ne pas avoir montré plus de respect à cette femme qui a bercé toute ma jeunesse. Peut-être que si j’avais arrêté de mentir au monde et à moi même, je me serai rendu compte que je l’aimais ?
Peut-être, je ne sais plus… Cette femme, j’ai eu tant de tendresse pour elle. Mais puis-je dire que je l’ai aimé ? Notre relation est tellement particulière… Et pourtant oui, j’ai bien l’impression que c’est une forme d’amour que j’ai ressenti pour elle.
Tellement plus profonde que de l’amitié.

-Bien sur Maurice, tout ce que tu voudras. Je prendrais contact avec cet homme le plus rapidement possible.

Je sais que je peux avoir confiance en elle pour cela. Je sais que je peux avoir confiance en elle pour tout.
Je prends une inspiration avant de me diriger vers les photos. Le visage de ma petite-fille a l’air tellement vrai, tellement honnête. Elle fera de grandes choses, j’en suis sûr à présent. Et ce jeune homme qui veille sur elle, il y a tant d’amour dans ses yeux…

-C'est Ange. Il aime énormément ta petite fille. Tu peux être assuré qu'elle est aimée.

Tous ces gens… Tous ces gens qui l’ont aimée à ma place. Comment pourrais-je les remercier d’être présent pour cet être si précieux à mon cœur ? Comment pourrais-je un jour les récompenser assez d’avoir été là où moi j’étais absent. Myaw a de la chance d’avoir des amis comme eux. La vie n’a pourtant pas été tendre avec elle. Elle a pris sa famille, égaré son grand-père, enlevé des êtres qu’elle aimait. Mais elle n’a pas cessé de sourire à la vie, jusqu’à ce qu’elle tente de se faire pardonner en lui amenant des êtres aussi extraordinaires que Pandora ou cet ange…
Et moi ? Me pardonnera-t-elle un jour ?

- Tu crois qu’elle me pardonnera ?

J’ai peur qu’elle m’en veuille pour toujours. J’ai hésité à leur demander, à leur demander à tous de ne jamais révéler mon existence. De faire comme si je n’existais pas pour cacher mes erreurs, pour pas qu’elle me haïssse. Hésiter à les supplier de lui dissimuler ma tombe. Mais ne serait-ce pas pire ? Je n’ai pas le droit de lui cacher un passé, pas si je veux qu’elle puisse se construire, devenir adulte. Elle doit connaître son grand-père, même s’il est le pire vieux con de l’Univers.

Je regarde à nouveau Pandora qui est en train de chercher quelque chose dans un tiroir. C’est une photo, jaunie par le temps, représentant deux jeunes gens prêt à conquérir le monde. Deux jeunes adultes immortels.
Que reste-t-il de nous à présent ?
Que reste-t-il de nos vingt ans ?
Ma main tremble en prenant le cliché. Que nous étions beaux et jeunes. Cela me semble à une éternité de nous ; cela est une éternité. Nous avons tant changé, tant appris. Appris à devenir mortels, entre autre.
Mes yeux de vieil homme se remplissent de larme alors que j’effleure la jeunesse de nos visage. Depuis combien de temps n’ai-je plus pleurer ? L’homme sur la photo a depuis bien longtemps perdu toute sa fierté et sa magnificience. Sa jeunesse. Ne lui reste plus que sa connerie.

- J’ai eu deux amours dans ma vie. Ma femme, et toi.

J’attrape la main de Pandora et la serre dans la mienne. Où que me mène la mort, une chose est sûre ; elle me manquera.

« Le soleil est rare, et le bonheur aussi, l’amour s’égare, au long de la vie... »

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Pandora S. Mystery
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MessageSujet: Re: Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]   Mar 18 Juin 2013 - 15:17

Ils étaient sortis de l'enfance, comme des fantômes d'un vestibule, avec des fichiers sur leur chance, et des fleurs sur leurs matricules...

Il se taisait. Il ne dit mot alors que Pandora lui parlait, de sa petite fille, dans ses mots, et dans ses yeux, de leur jeunesse. Il regarda avec attention la photo de l'enfant qu'elle lui montra, en compagnie de cet adolescent calme au charmant sourire, dont le regard montrait tout l'amour qu'il portait à l'enfant, à Myaw. Il la contemplait, lui, cette image, l'image de cette petite fille qu'il n'avait jamais élevée, laissant ce soin à d'autres, pour diverses raisons. La peur de ne pas réussir, peut-être, le chagrin, surement, tant de petits débris coupants qui l'avaient persuadé de laisser la fille de sa fille partir pour l'orphelinat que tenait ton amie de jeunesse. Comme de nombreux parents, grands-parents, oncles ou tantes, il avait eu confiance en elle, en Pandora Mystery. Elle n'aurait jamais l'idée de se plaindre de cette charge, de tous ces enfants que laissaient derrière eux seuls et en larmes les combats contre les fantômes dangereux, les combats contre les sorciers noirs, les humains noirs. Tous ces enfants arrivaient devant elle, et elle les acceptait, elle leur ouvrait les bras et tentait de les rendre heureux et forts, pour surmonter leurs peurs et l'immense tristesse de la perte. Elle avait toujours fait de son mieux, mais n'avait jamais considéré en faire trop, n'avait jamais jugé ceux qui se sentaient incapables de s'occuper de petits, pour une raison ou une autre. Pandora vivait en grande partie pour cela, depuis la mort d'Alfred.


-Elle te pardonnera. C'est une fillette intelligente, et les enfants ici comprennent la douleur mieux que les autres, pour l'avoir intensément vécue. Peut-être te maudira-t-elle durant son adolescence, peut-être. Quand viendra le temps ou son esprit sera troublé, comme le fut le notre à son âge, mais c'est normal, tu sais Maurice...Je lui parlerai de toi, et si je ne suis plus là, quelqu'un d'autre s'en chargera à ma place. Cet Edwin, par exemple. En sachant qui tu es, qui tu as été, elle pourra te pardonner.

Elle sourit douloureusement, mais avec douceur à son vieil ami, son ancien amant, qui contemplait à présent leur jeunesse perdue à jamais. Elle aimait tant cet homme, qu'elle pensait presque impossible que Myaw le rejette en bloc. Du moins pas définitivement. Elle grandirait et deviendrait une adolescente fragile, comme tous les autres, naturellement, encline à se rebeller, un peu ou beaucoup, elle avait le temps de voir cela arriver. Et pourtant. Elle était arrivée ici à quatre ou cinq ans, elle en avait huit à présent. Plus Pandora vieillissait plus elle voyait le temps passer à une allure folle, démentielle. C'en était presque effrayant. Mais elle gardait son calme, et se contentait d'avancer vers sa mort, et vers l'avenir des enfants dont elle s’occupait, ainsi que vers celui de ses jeunes employés.

Maurice dit une seconde phrase. Il lui dit qu'il l'avait aimé. Vraiment. Son visage vieux comme le temps rosit, et elle laissa couleur son regard sur tout son visage, rêveuse, comme si c'était impossible qu'il l'eût aimé à ce point. Bien sur, elle savait qu'il l'avait admirée, elle était belle et son corps aussi, et ils avaient de longues conversations intelligentes, mais elle n'avait jamais pensé qu'il puisse se considérer comme amoureux d'elle. A l'époque, elle ne le pensait d'ailleurs pas capable d'éprouver ce genre de sentiments. Comme beaucoup de jeunes hommes, il semblait voler de lit en lit, de jupon en jupon, profitant d'une longue jeunesse d'humain doué. Il ne s'était marié que plus tard, assagi par le temps, rassasié de toutes les différentes chairs auxquelles il avait pu goûter. Il s'était assagi après elle. Elle avait vingt-sept ans lorsqu'elle avait dit oui à Alfred Lighton. Elle avait ensuite assisté à son mariage avec la belle jeune suissesse qu'il s'était choisi, et ils s'étaient moins revus...Jusqu'à ce qu'elle voie la lueur dans les yeux de Myaw, qui lui avait rappelé son grand-père.

La vieille femme sentit qu'il prenait sa main, elle la serra. Elle réfléchit aux hommes qu'elle avait aimés. L'avait-elle aimé ? Surement, au plus profond d'elle, mais elle se l'était interdit. Elle ne voulait pas éprouver de sentiments pour un jeune fou qui laisserait son cœur et ses rêves de jeune femme déchirés derrière lui. Que se serait-il passé si elle s'était autorisé à l'aimer ? Impossible à dire. Elle ne regrettait pas, à présent. Elle avait intensément aimé Alfred. A sa mort, elle n'était pas retombée amoureuse. Il y avait bien Maysar, qui avait lui aussi été un beau jeune homme, autrefois. Mais elle n'avait jamais pensé à lui comme cela, ou bien furtivement, au détour d'un couloir. Il lui semblait préoccupé par des choses bien plus élevées, il était comme inaccessible. De toute façon, elle se savait stérile. Un mariage n'aurait pas pu lui apporter d'enfants. Elle s'était donc consacrée toute entière à l'orphelinat. Celui de ses parents, puis le sien.


-Je crois bien que moi aussi. Bien que je n'eusse jamais pu me l'avouer, tu étais si volage, j'aurais eu bien trop peur de souffrir, j'étais si fière, tu sais...


Pandora serrait la main de son ami d'une force calme, comme se préparant à affronter avec lui la mort qui le guettait. Elle regardait le paysage qu'elle pouvait observer à travers la baie vitrée de son bureau. Maurice allait être happé par la nature, se perdre dans ce grand tout. Vivre partout, en quelque sorte. Elle se laissa aller à poser sa tête sur son épaule. Elle savait que c'étaient leurs derniers instants.

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Sylvester A. Aonghus
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MessageSujet: Re: Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]   Jeu 4 Fév 2016 - 14:04

« La vie ne vaut d'être vécue sans amour »

Je me demande à quoi ressemblera Myaw quand elle sera plus grande. Sera-t-elle comme sa mère ? Rebelle, fraîche, se battant de toute son âme contre l'injustice. Ou comme sa grand-mère ? Fière, faible, incroyablement belle. Peut-être m'empruntera-t-elle un brin de cette liberté profondément ancrée en moi et qui me pousse à fuir ceux que j'aime.
Je suis vraiment un beau salaud.

-Elle te pardonnera. C'est une fillette intelligente, et les enfants ici comprennent la douleur mieux que les autres, pour l'avoir intensément vécue. Peut-être te maudira-t-elle durant son adolescence, peut-être. Quand viendra le temps ou son esprit sera troublé, comme le fut le notre à son âge, mais c'est normal, tu sais Maurice...Je lui parlerai de toi, et si je ne suis plus là, quelqu'un d'autre s'en chargera à ma place. Cet Edwin, par exemple. En sachant qui tu es, qui tu as été, elle pourra te pardonner.


Quelque part, je le sais. Que ma petite-fille me pardonnera. Je sais aussi que je ne mérite pas son pardon. Myaw est trop généreuse, c'est un fait. Elle a cette qualité de l'âme qui l'éveille à la vie qui qui attire, inexorablement, les gens autour d'elle. Elle a dans son si joli sourire un charisme qui ne laisse pas indifférent. C'est une lumière vers laquelle tout être est attiré, ne pouvant que s'attarder sur sa bonté et sa beauté.
Comment pouvons-nous faire partis de la même famille ?
Parfois je me demande si moi aussi j'aurais pu être comme elle si la vie aurait été autrement. Mais je ne pense pas. Je suis trop lâche, trop fou, trop con. Et maintenant trop vieux. Je sais que Myaw me pardonnera et, quelque part, cela me conforte. Elle est différente de moi ; je ne me serais pas pardonné. Et cela ne peut qu'être bénéfique pour cette enfant de ne pas me ressembler.

Le rose monte aux joues de ma vieille amie. Elle est belle Pandora. Malgré le temps, les épreuves, l'âge, elle reste belle. Les rides sur son front, reflet des miennes, me paraissent l'embellir un peu plus, chuchotant des histoires à ceux qui savent écouter.
Oui, je l'ai aimé. Et quelque part, je l'aime toujours.
On était jeune et beau, on pensait être immortels et plus fort que tout. Nous étions les rois du royaume que nous nous étions forgé dans nos têtes, un peu comme des enfants jouant au roi et à la reine.
Je sens une main serrer la mienne un peu plus fort, comme si Pandora voulait s'accrocher à moi, moi qui ne serait bientôt plus qu'un souvenir.
C'était un amour différent de celui que je portait à ma femme. Très différent. Un amour de jeunesse, fou, passionnel, imprévu. Dans une relation qui ne pouvait être exclusive, car j'avais trop besoin de ma liberté pour me consacrer à une seule femme. Et elle le savait. Evidemment qu'elle le savait. Mais dans ma passion, cela ne m'empêchait pas de revenir à elle, inlassablement. C'était un amour charnel, au rythme de mes mains caressant son corps et de ses hanches ondulant contre moi. Je me rappelle de ses lèvres mordillant mon cou, de ma bouche descendant au creux même de son intimité, de ce plaisir bouillonnant qui nous arrachait des cris, nous laissant gisant, épuisé sur nos draps, au petit matin. C'était un amour intellectuel, fait de longues conversations endiablées, alors que nos idées nous paraissaient révolutionnaires et certaines. Ces mots stimulaient les miens et j'aime à penser le contraire également. Parfois la nuit nous nous perdions dans des conversations, le sexe n'ayant alors plus aucun intérêt tant que nous n'avions pas décidé si la définition de la souveraineté de Bodin était pertinente et si l'éducation proposé par Rousseau dans l'Emile devait être appliquée aux enfants.

-Je crois bien que moi aussi. Bien que je n'eusse jamais pu me l'avouer, tu étais si volage, j'aurais eu bien trop peur de souffrir, j'étais si fière, tu sais...

Je me demande si, dans une autre vie, nous aurions pu être ensemble et si je lui aurais brisé le coeur. Sans doute, je ne suis bon qu'à ça. Sans doute que c'est mieux ainsi, elle avec Alfred et moi avec la grand-mère de Myaw.
Je me rappelle d'avoir été jaloux d'Alfred. Je n'aimais pas ses manières et la façon dont il regardait Pandora. Je sais à présent que ce n'est pas tant car j'aurais aimé être à sa place, mais surtout parce que j'aurais aimé savoir la regarder comme il le faisait, avec cet amour inconditionnel dans les yeux. J'aurais voulu aimé simplement ma si chère amie, laissé de côté cette passion dévorante et destructrice qui nous animait tous les deux pour simplement lui sourire et faire ma vie avec elle. Mais je crois bien que nous en étions tous les deux incapable. Notre amour n'était pas comme ça. Il était différent.

- Notre amour aurait été bien trop destructeur. Peut-être qu'un temps nous aurions vécu plus intensément, mais je pense que ça se serait fini dans la douleur. Il y avait trop de passion entre nous pour que ça ne finisse pas par faire trop mal. C'est sans doute mieux ainsi.


La tête de Pandora se glisse sur mon épaule, comme elle le faisait parfois après l'amour il y a si longtemps. Ses cheveux décolorés par le temps caresse mon cou doucement, comme pour s'assurer que je suis toujours là, que je ne suis pas encore parti.
Ce sont nos derniers moments ensemble. C'est étrange de se dire ça de cette femme avec qui j'ai partagé tant de temps. Elle est la dernière attache à mon ancienne vie, la vie d'avant l'accident, d'avant mon mariage. Une vie où j'étais jeune et séduisant, intelligent et utopiste. Nous étions les dieux de cette fin du XIXe siècle, nous étions inébranlable. Nous pensions que rien ne pouvait nous atteindre et que c'était nous qui gérerions le monde de demain. Un monde gouverné par l'industrie, notre monde à nous, comme les jeunes d'aujourd'hui doivent penser leur monde virtuel.
Elle est moi avons traversé tant d'épreuve. Deux guerres mondiales et destructrices. Des actes infâmes commis par les sorciers noirs. Des inepties abominables perpétrées par des gouvernements qui niaient les droits de l'hommes. Nous avons vu le monde changé et peu à peu nous avons perdu notre statut de roi et de reine pour passer à celui de simples observateurs. Il nous a bien fallu nous rendre compte de notre impuissance face à ce monde colossal. Il nous a bien fallu vieillir.

Je me demande si Myaw sera comme nous. Persuadée de pouvoir changer les choses. Je l'espère, oui  je l'espère sincèrement. Qu'elle aura cet espoir là, cette détermination, ce courage de se battre pour ses principes. C'est une belle qualité, sans doute la plus belle de toute. Et une des rares que je peux me vanter d'avoir possédé.

Mais maintenant mon tour est fini. Je ne peux plus rien faire pour ce monde qui m'entoure si ce n'est le laisser m'engloutir. Je n'appartiens plus à cette société, je n'ai déjà vécu que trop longtemps. Il me faut partir, abandonnant ma vieille amie et les rares personnes qui restent encore dans mon coeur.
C'est le rôle d'Edwin et de Myaw de vouloir changer le monde à présent.

- C'est étrange, n'est-ce pas ? Quand ce monde dont nous étions persuadé qu'il nous appartenait, ne veut même plus de nous. C'est étrange...

Ma main se glisse doucement dans les cheveux de Pandora. J'entortille une de ses mèches autour de mes doigts et, l'espace d'un instant, j'oublie ma main fripée et ses cheveux gris. Nous avons vingt ans à nouveau et la vie devant nous.

« La mort a pour moi le visage d'une enfant. Au regard transparent. »

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MessageSujet: Re: Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]   Sam 26 Mar 2016 - 17:42

Moi je sais tous tes sortilèges, tu sais tous mes envoûtements



C'était un amour fort, douloureux, et bien étrange, qu'ils avaient vécu. Ils avaient jeté au loin les conventions de l'époque, et quel bonheur ça avait été, de sentir un homme délacer son corset, cachés dans un recoin d'un manoir ou d'un château, dans l'angoisse d'être découverts. Braver l'interdiction. Il traçait une rune de contraception sur son ventre humide, et embrassait ses cuisses, son sexe. Pandora, les cheveux fous, retombant en boucles sur ses épaules, passait ses mains partout sur la beau vaguement hâlée de son partenaire, comme pour l'apprendre par cœur, le posséder, se donner l'illusion de l'impossible.

Au final, elle avait rencontré Alfred, et elle n'aurait pu espérer mieux. Elle avait eu du mal à croire que quelqu'un puisse l'aimer autant. Et elle n'avait pas cru pouvoir aimer quelqu'un si profondément. L'intensité qu'elle avait connue avec Maurice, toutefois, elle ne l'avait jamais retrouvée.
La vieille femme hocha donc gravement la tête, tandis qu'il lui expliquait que leur amour aurait pu être destructeur, tenant toujours la main de son ami dans la sienne. Les rides embrassant les rides.
Elle était d'accord avec lui.


-Je pense aussi. Nous n'étions fait l'un pour l'autre que dans la folie et l'insouciance d'une poignée de nos jeunes années.


La tête posée sur l'épaule de Maurice, elle pensa qu'elle était heureuse d'avoir découvert le sexe avec lui, d'avoir eu ces rencontres charnelles et intellectuelles enflammées. Elle avait eu deux hommes remarquables dans sa vie, au final. Elle avait trouvé Alfred, qui avait été le mari parfait. Et Maurice avait eu sa femme, qui avait semblé lui correspondre très bien également. Elle aurait aimé la connaître. Ainsi que sa fille, la mère de Myaw.

Ils restèrent un temps dans cette position, sans bouger, sans parler. Puis Maurice finit par briser le silence. Il parlait du temps qui passe, du monde qui change. Que c'était étrange. Ô combien c'était étrange. Elle hocha la tête doucement, et commença à penser, et à vagabonder dans ses souvenirs, et dans ses hypothèses pour le futur.
C'était vrai. Jeune, on a l'impression qu'on peut changer le monde, et qu'il nous appartient. Puis on fait des choses, pas aussi grandioses qu'on l'aurait voulu, et notre puissance, notre sentiment d'immortalité s'efface, jusqu'à ce que la terre nous rappelle à elle, loin de la surface et des vivants. A partir d'un certain point, on pouvait seulement faire ses adieux, on ne pouvait plus rien changer soi même. Et dire que la vie certains, beaucoup parmi les exorcistes, avait été fauchée alors qu'ils avaient encore une trace à laisser dans ce monde. Pandora pouvait encore agir, un peu, élever des enfants, encore, prendre la parole aux réunions d'Orpheo. Mais Maurice contemplait sa mort de façon imminente.
Et le monde avait changé, c'était inéluctable. En vivant près de deux fois plus longtemps qu'un humain innocent, cette réalité n'était que plus prégnante. Elle était née au XIXe siècle, et mourrait au XXIe. C'était étourdissant lorsqu'on y pensait.
Il y avait eu les guerres, l'évolution des mentalités, des génocides, des œuvres d'art, des enfants, de la technologie à n'en plus finir...

Mais Pandora était plutôt sereine, malgré l'agitation de son temps. Elle voyait sa propre fin venir sereinement. Elle avait Nérys, Jonathan, et tous les autres, plus jeunes.


-Nous n'avons plus que peu à apporter à ce monde, je crois. Et j'imagine que c'est ce qu'il faut, laisser nos descendants prendre le contrôle, devenir importants. Nous nous leurrions, nous n'étions pas immortels. Ou alors, nous le sommes, peut-être, quelque part, dans des souvenirs. Peut-être qu'il reste quelque part quelque chose qui ne s'éteint pas, jamais. Dans tous les cas plus le temps passe, plus je trouve charmante cette idée, de passer le flambeau et de disparaître. Oui, c'est beau.


Elle secoua la tête, comme pour se faire taire elle-même, considérant qu'elle avait trop parlé, et de manière trop floue.
Maurice entortillait une mèche de ses cheveux gris, tombée de son chignon, autour de ses doigts. Pandora sourit. Elle serrait toujours les mains de son ami, une foule de souvenirs envahissaient son esprit, comme une vague, immense et infinie. La vieille femme posa une main sur le visage de son ami, et se plongea dans ses yeux, pour s'imprégner de son âme, qu'elle ne la quitte jamais.

Peut-être pourrait-il aussi lui renvoyer un reflet de leurs souvenirs communs, à travers ses prunelles.

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Sylvester A. Aonghus
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MessageSujet: Re: Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]   Mar 2 Mai 2017 - 20:45

Je me rappelle de Pandora, nue sur moi, mon corps dans le sien, ses seins bougeant au rythme de ses mouvements, son visage explosant de bonheur.
Je crois que je ne l'ai jamais trouvée aussi belle que lorsqu'elle jouissait.
Et puis, à mon tour, mon corps se tendait avant d'exploser en elle.

-Je pense aussi. Nous n'étions fait l'un pour l'autre que dans la folie et l'insouciance d'une poignée de nos jeunes années.

Et quelles années ! Des années de débauche, de sexe et de folie. Comme il était facile d'être heureux en ce temps là. Un autre temps, avant les guerres, avant les tensions, avant l'existence de virus comme le SIDA. Les jeunes de notre temps ont décidément bien moins de chance que nous. Ils se prennent la tête avec des questions comme l'écologie ou leur futur avant même d'avoir mué. Alors que nous nous comportions comme des enfants aussi longtemps que nous le pouvions.
C'était une autre époque.
Un autre siècle.
Pas forcément meilleur. Pas forcément pire. Juste différent. Et sans doute un peu moins difficile.
Alors j'espère que ça ira pour ma petite-fille, parce qu'elle le mérite. Elle le mérite mille fois plus que moi. Mais je sais qu'elle est bien entourée ici. Dans cette nouvelle époque.
C'est à eux de jouer à présent. Aux jeunes d'ici et d'ailleurs.

-Nous n'avons plus que peu à apporter à ce monde, je crois. Et j'imagine que c'est ce qu'il faut, laisser nos descendants prendre le contrôle, devenir importants. Nous nous leurrions, nous n'étions pas immortels. Ou alors, nous le sommes, peut-être, quelque part, dans des souvenirs. Peut-être qu'il reste quelque part quelque chose qui ne s'éteint pas, jamais. Dans tous les cas plus le temps passe, plus je trouve charmante cette idée, de passer le flambeau et de disparaître. Oui, c'est beau.

Peut-être que c'est vrai. Mais les souvenirs finissent par mourir également, une fois que tous ceux qui les possède sont morts à leur tour. On finit tous par mourir à un moment ou un autre. Vraiment mourir.
Mais le monde mourra.

Je regarde ma si vieille amie et je la trouve tellement belle. Elle n'a plus la fougue et la jeunesse d'antan, mais il lui reste un charisme certain, une lumière fascinante.
N'ai-je jamais cessé de l'aimer ?
Ma main parcheminée lâche la mèche grise afin d'effleurer les lèvres de Pandora. Que ne donnerais-je pas pour revivre, un seul instant, une de nos si nombreuses nuits ?

- Tu te rappelles la fois où nos maîtres nous ont amené voir Roméo et Juliette au grand théâtre ? Je pense que notre histoire n'a rien à leur envier...

Nous aurions pu écrire un véritable roman de notre histoire. J'aurais pu le faire, si je n'avais pas passé ma vie à fuir. Maintenant il est trop tard. Mais il n'est pas encore trop tard pour clôre cette histoire de la bonne manière.
Ma main glisse dans sa nuque et je dépose mes lèvres contre les siennes.
Un dernier baiser.
Un baiser d'adieu.

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MessageSujet: Re: Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]   Lun 22 Mai 2017 - 22:45

Put your hands in my hands and come with me, we'll find another end

Alors c'était ça, la vie. Des feuilles d'automne, des pétales de fleurs, emportées dans le vent. Des souvenirs, des sillons dans la peau, dans le cœur dans l'âme. C'était ça, le temps. Quelque force grandiose et ineffable qui allait prendre Maurice, reprendre la poussière qui composait le corps de son ancien amant. Qui composait le sien aussi. Au moins avaient-ils encore leurs souvenirs, qui le maintiendraient en vie, qui assureraient que leurs âmes brillent dans l'éternité, discrètement, juste pour ceux qu'ils avaient aimés, pour leurs enfants, leurs petits enfants, et ainsi de suite.

S'éloignant un instant de l'étreinte de Maurice, elle regarda une autre photo accrochée dans son pèle-mêle sur le mur, une de Nérys chatouillant Myaw sur ses genoux, la petite riant aux éclats. Sa fille, elle, avait le regard hors champ, posé sur quelqu'un que Pandora savait être Jonathan. Elle se retourna vers son ami, son amant, et planta ses yeux dans les siens :


-M'autoriseras-tu à leur raconter, un jour, un tout petit peu de notre histoire ? Que nos souvenirs, notre essence, ne disparaisse pas avec nous ? Ou veux-tu que ces instants restent nôtres à jamais, noyé dans le noir de l'éternité ?

Elle se plierait à la volonté du Suisse, dans tous cas. C'était lui que la mort attendait patiemment, derrière la porte, attendait de lui faire payer ses excès de toujours. La nicotine, l'alcool. La passion pour l'autodestruction, mais la passion pour la vie, au final. L'ultime passion.

Pandora se rapprocha de Maurice, et plaça les mains dans les siennes. Elle aimait ce contact. C'était le même que bien des années auparavant, mais avec le vécu à l'intérieur des paumes, l'expérience. La chaleur, la texture profonde de la peau, étaient restées les mêmes. Il lui parla d'une pièce de théâtre. Du Shakespeare. Roméo et Juliette. L'amour destructeur par excellence. L'amour impossible. L'amour jeune, si jeune. Elle se souvenait. Les costumes étaient magnifiques, comme on savait les faire, à l'époque. La mise en scène était classique, mais sublime. Et les acteurs étaient intenses. Mais pas autant qu'eux. Pas autant que leur histoire, que ses cuisses fermement pressées autour des hanches de Maurice, que la dureté de son sexe. C'était lui qui avait fait naître du sang sur son entrejambe. Lui qui l'avait assez séduite pour que, pas encore mariée, à dix-huit ans, elle s'offre, et qu'elle le prenne en retour, avidement. Elle sourit.


-Non, rien. Nous avons vécu tout aussi fort qu'eux, et plus longtemps. Nous nous sommes aimés, séparés, nous avons donné la vie, nous avons créé des choses.


De belles vies. Ils avaient eu la chance de naître sorcière et humain doué, et ainsi de pouvoir vivre longtemps, assez pour voir le monde se transformer drastiquement, et pour accomplir beaucoup de choses. Mais aussi trop peu. C'était toujours trop peu. Mais peut-être assez, au fond. Voir des enfants grandir, avoir l'occasion de faire l'amour avec quelqu'un quand même, boire un thé sur une terrasse au soleil, c'était déjà beaucoup. Et Pandora était reconnaissante de cette vie.

-Je me souviens...
murmura doucement Pandora.

Et Maurice l'embrassa. C'était différent. Il y avait un peu de peur, du moins, un tremblement. Mais le souffle de la passion était là. Intact. Elle le laissa faire, intriguée par cette sensation qu'elle n'avait pas ressentie depuis longtemps. Puis une de ses mains remonta, imperceptiblement, pour se poser sur la nuque du vieil homme, tendit que leurs lèvres, pas encore fanées, jouaient ensemble, doucement, tendrement. Elle caressa les cheveux grisonnants de Maurice, fermant les yeux. Un dernier baiser, celui pour se rappeler, celui pour le garder, le garder lui, Maurice Nienta, sur sa langue, dans sa bouche, dans son corps tout entier. Elle ne pleurait pas. Pas encore.

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MessageSujet: Re: Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]   Sam 27 Mai 2017 - 16:02

Et chaque fois les feuilles mortes
Te rappellent à mon souvenir
Jour après jour les amours mortes
N'en finissent plus de mourir...


Mes amours ne sont pas mortes. Elisabeth n'est peut être plus de ce monde, mais mon coeur bat toujours aux rythmes de mes sentiments pour elle. Pandora quand à elle est encore bien vivante, en rides et en cheveux gris sous mes yeux cernés par la vie. Et quelque part je sais qu'une part de mon coeur lui est et lui a toujours été dédiée. La folie de notre jeunesse n'a jamais vraiment quitté notre âme et, dans le corps de toutes les femmes que j'ai visité, je ne peux m'empêché de retrouver un éclat de rire qui me fait penser à Elisabeth ou un éclair d'intelligence qui me fait penser à Pandora.
Les deux femmes de ma vie. Si belles. Si fortes. Si intelligentes.
Dieu fut trop généreux avec moi ; je ne méritais pas de telles beautés auprès de moi. Je n'ai jamais été beau, dès le début abîmé par le soleil dans les champs et les clopes dans la bouche. Malgré tout elles sont tombées pour moi comme je suis tombé pour elles. Eperdument fous de ce que nous dégagions, bien au-delà de ce que le physique réel.
Ce que nous appelons charisme n'est rien d'autre qu'un désir inexplicable.

Soudain, ma vieille amie se détache de moi, son regard allant caressé une photo d'une jeune femme tenant dans ses bras une petite fille. Je reconnais Nérys au premier coup d'oeil ; bien que je ne l'aie vu que bébé, babillant dans les bras de ses parents, elle ressemble tant à sa défunte mère que le doute n'est pas permis. La petite fille avec elle n'est autre que Myaw, ma petite-fille. Le même regard plein d'intelligence que sur la photo avec son Ange gardien, le même sourire plein d'éclats de promesses.

-M'autoriseras-tu à leur raconter, un jour, un tout petit peu de notre histoire ? Que nos souvenirs, notre essence, ne disparaisse pas avec nous ? Ou veux-tu que ces instants restent nôtres à jamais, noyé dans le noir de l'éternité ?

C'est tentant d'imaginer nos enfants transmettre nos histoires. L'histoire de deux jeunes gens nés au plein milieux du XIXe siècle, en même temps que la Révolution Industrielle. Deux adultes qui ont connu des guerres atroces et pas juste les vagues récits qu'on en fait dans les livres d'histoire.

- Oui, pourquoi pas ? Et puis je me doute que, lorsqu'elle m'aura pardonné, Myaw voudra connaître la vérité...

Un jour sans doute elle racontera cette vérité à ses enfants qui la raconteront peut-être à leurs propres enfants. Jusqu'à ce que l'histoire ne soit plus qu'une vague légende d'un ancêtre enterré depuis longtemps, jusqu'à ce que le temps transforme les mots pour finir par les enterrer lorsque d'autres héros ressortiront de l'histoire de nos famille. Et cette fois-ci nous serons vraiment morts, à peine un regard terne que l'on pourra croiser sur les vieilles photos de famille sans être capable de le reconnaître.

Pandora s'approche de moi, ses mains fermes malgré la peau détendue s'accrochant aux miennes. Ce contact m'ouvre le coeur ; il y a tant de souvenirs dans ce simple geste. Combien de fois nous sommes-nous tenus par les mains de la sorte ? Lorsque, emporté par une idée nouvelle et géniale, l'un de nous s'agrippait à l'autre pour obtenir son attention. Lorsque, trop plein de désir, elle ou moi saisissions la main de l'autre pour l'attirer dans un lit. Lorsque nous sortions du théâtre ou d'un concert également, empli du charme des acteurs, quelques pas derrière nos maître qui, et nous en étions sûrs, ne se doutaient pas de notre relation.
Que nous étions naïfs ! À présent je suis presque sûr qu'ils devaient bien rigoler dans notre dos, ayant sans doute griller notre relation avant même qu'elle ne commence. Peut-être même avaient-ils anticiper la chose, se doutant que nos corps et nos coeurs de jeunes êtres plein de fougue et de désir ne désirait que mourir chaque jour dans une étreinte.

-Non, rien. Nous avons vécu tout aussi fort qu'eux, et plus longtemps. Nous nous sommes aimés, séparés, nous avons donné la vie, nous avons créé des choses.

De si longues vies... Du haut de toutes ces années qui se sont accumulées, j'ai eu le temps de voir des gens mourir. Des simples humains pour lesquels je m'étais préparé. Mes parents et mes frères et soeurs, morts depuis déjà plus d'un siècle. Des exorcistes morts au combats ou pas vengeance comme mon nonno ou le mari de Pandora. Des êtres aussi, qui m'étaient si chers, et qui n'auraient pas dû mourir. Elisa, ma soeur, du haut de ses six ans. Elisabeth, ma femme, bien trop belle et trop jeune pour mourir ainsi. Et Chloé, ma fille, mon bébé. Chaque fois des encoches supplémentaires à mon coeur.
Comment tenir le coup avec un coeur si abîmé ? Autant de deuils dans une seule vie ?
C'est difficile. Impossible presque. Et je pensais que cela me serait insurmontable après la mort de ma femme et de ma fille. Pourtant je suis toujours là, en partie grâce à Edwin, en partie grâce à Pandora.
On ne remplace jamais un être aimé, mais on s'appuie sur tant d'autres pour survivre.
De si longues vies comblées de tellement de souvenirs...

-Je me souviens...

Alors mes lèvres viennent à la rencontre des siennes. Elle accepte mon baiser, comme si nos bouches après tant de distance se reconnaissait, appréciait de pouvoir se retrouver, pour la dernière fois.
J'avais été sa première fois, peut-être même son premier baiser.
Elle serait sans aucun doute mon dernier baiser. Elle m'avait offert sa vie, je lui offrais à présent ma mort.
Le goût de ma langue contre la sienne, dans une dernière étreinte.

Et ce jour là mes amours mortes
En auront fini de mourir.

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MessageSujet: Re: Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]   Mar 6 Juin 2017 - 0:24

Et finalement, finalement, il nous fallut bien du talent, pour être vieux sans êtres adultes

A présent, elle pleurait. Le baiser touchait à sa fin, il lui échappait, il allait partir, elle le savait.
Maurice pensait que Myaw voudrait certainement connaître la vérité, plus tard. Pandora trouverait bien le moment idéal pour lui raconter cela. Peut-être lorsqu'elle même connaîtrait l'amour, la passion. Si la sorcière ne tenait pas jusque là, si la mort l'emportait, elle s'assurerait de transmettre cette histoire à Nérys à temps.

Elle hocha la tête, le nez contre la joue de son ancien amant, ses mains retombées dans les siennes, ses quelques larmes coulant doucement. Il emporterait ces gouttes salées comme gage de son amour avec lui, où qu'il aille. Même dans la tombe. Elle ne se sentait pas faible, elle ne se sentait pas ridicule. Elle pleurait car elle allait perdre un ami, un amant. Celui qui avait fait vibrer son corps pour la première fois. Et maintenant, c'était la fin.


-Oui, elle voudra la connaître, dit la vieille femme d'une voix légèrement étranglée par un sanglot.

Et ce fut tout. Ils ne parlèrent plus. Leurs restèrent ainsi, l'un collé à l'autre, pendant de longues minutes, et puis leurs corps se séparèrent, et ils comprirent chacun que le temps de l'adieu était venu, alors ils se déchirèrent un peu, mais il n'y eut pas de cri, car la sagesse et les années l'avaient rendue plus silencieuse. Elle le raccompagna sans mot dire jusqu'à la sortie de l'orphelinat, Myaw était à l'école, elle ne risquait pas de les croiser. Leurs yeux se chantaient des chansons d'amour vieilles comme le monde, ils se parlaient encore, dans leurs corps, leurs doigts se frôlant à peine alors qu'ils avançaient à travers les couloirs du Mystery.
C'était la fin d'après midi lorsqu'elle ouvrit la porte.
Et il s'éloigna, et elle le regarda s'éloigner, dans une tristesse incommensurable, mais une tristesse paisible. Tout ce qu'elle espérait à présent, c'était qu'il ne souffre pas. Et elle le lui dit en pensée. "Adieu Maurice. J'espère que tu ne souffriras pas". Il ne pouvait pas l'entendre. Elle espérait tout de même qu'elle l'accompagnait dans son cœur.

Heureusement alors, qu'ils laissaient tout cela derrière eux, ces souvenirs, qu'ils gardaient précieusement en eux, et qu'elle se chargerai de transmettre, des âmes en peine libérées, exorcisées, au fil du temps, moins de sorciers noirs, d'humains noirs. Et des gens, de nouveaux humains, de nouveaux sorciers, de nouveaux mêlés. Lui laissait une petite fille, elle beaucoup d'enfants un peu plus heureux que la moyenne des enfants privés de parents, l'espérait-elle, et de l'amour, surtout, beaucoup d'amour. C'était ce qui comptait. Ca et le fait qu'ils avaient vécu pleinement, qu'ils s'étaient aimés, puis séparés, avaient aimé d'autres personnes, puis s'étaient retrouvés. Ils s'étaient remémoré. Et maintenant ils se disaient adieu.

Alors c'était ainsi, à ce moment, que toutes les années de jeunesse disparaissaient. Dans un soleil presque couchant, pas tout à fait, avec une douleur sourde au fond d'un corps fatigué et usé, un corps ayant rempli son usage. Avec des oiseaux qui chantaient un peu, doucement. Un ou deux enfants qui couraient dans le jardin.

Alors d'accord, adieu, mon amour.

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Zaubererbruder, wo bist do gewesen, in all diesen finsteren Jahren ?
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Oh ma chère amie... que le temps passe vite... [PV Pando]

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