Le citron est une entité supérieure.


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Solitaire
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Ambre Esyll
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MessageSujet: Le citron est une entité supérieure.   Ven 19 Oct 2012 - 0:04

Au dehors, la tempête se déchaînait. Ambre Esyll faisait les cent pas dans sa cellule. Impossible de sortir. Elle avait tout essayé, mais il n'y avait rien à faire. Les barreaux étaient trop solides, la porte trop blindée, les murs trop épais... Comment avait-elle pu en arriver là ?
Deux jours s'étaient écoulés depuis qu'elle était arrivée sur l'île de Bornéo avec la ferme intention de mettre un terme à la destruction massive de la forêt tropicale. Elle avait donc commencé fort en mettant le feu à toute une parcelle de palmiers à huile, ces arbres dont la culture était à elle seule responsable de presque la totalité de cette ignoble déforestation. Motivée par ce succès, elle avait décidé de continuer en ce sens, et avait, quelques heures plus tôt, tenté d'entrer dans une usine indonésienne trempée jusqu'à la tête dans ces histoires de déforestation, en profitant de la nuit tombante et de la tempête qui arrivait pour passer inaperçu. Elle était parvenue sans difficulté à franchir la barrière de sécurité et avait pénétré dans le bâtiment principal à la recherche de documents susceptibles de lui servir, s'intéressant aussi de près à la meilleure façon de détruire l'édifice, quand son pouvoir s'était mis en marche. Tous les bruits qu'elle faisait, si infimes fussent-ils, s'était soudain retrouvés amplifiés par cent, alertant les gardes et rendant impossible toute dissimulation. Elle avait maîtrisé sans difficulté les premiers hommes, mais la milice avait été appelée, et elle s'était finalement retrouvée encerclée par un mur d'humains pointant leurs armes à feu sur elle. Son don de résistance n'était pas encore assez développé pour qu'elle puisse supporter sans broncher une trentaine de personnes tirant sur elle à volonté. C'est ainsi qu'elle s'était faite capturer et qu'elle avait été emmenée ici, dans la prison de Samarinda.
Mais elle avait autre chose à faire que de pourrir en taule, bon sang ! Et qui sait ce qu'ils allaient faire d'elle après ça ? Elle ne savait pas comment fonctionnait la justice ici, mais d'après ce qu'elle avait vu, elle risquait de passer des moments assez désagréables... Il fallait qu'elle sorte d'ici au plus vite. Ambre s'approcha de la porte et examina la serrure. On voyait tout de suite où les responsables de la prison avaient placé leur argent : cette serrure était étonnamment complexe comparé à l'aspect plutôt miteux et inconfortable de la cellule. Mais elle pouvait toujours essayer... Elle se pencha et se mit à fouiller dans la poussière du sol. Elle ne tarda pas à retirer un vieux fil de fer tordu, sur lequel était accrochée une plaque en métal avec un nom gravé dessus - probablement celui d'un ancien détenu. Ambre revint alors à la porte et entreprit de forcer la serrure. Elle retira le fil de fer et le retordit de telle façon que seul un petit bout à l'extrémité soit incliné à 45° par rapport au reste. Puis elle l'enfonça dans l'interstice étroit de la serrure. Elle ferma les yeux pour mieux sentir le relief sous le fil de fer, qui était devenu comme un prolongement de ses doigts, et ne tarda pas à se faire une idée assez précise de l'intérieur du mécanisme. Il y avait sept pistons alignés dans l'axe du trou, chacun divisé en deux parties à une hauteur différente des autres. Ce type de serrure était un classique, mais malgré tout assez difficile à crocheter. Le principe était simple : pour actionner le loquet, il fallait faire en sorte que la césure entre les deux parties de chaque piston se trouve à la limite entre la partie mobile centrale et la partie fixe autour de celle-ci. Ainsi, les pistons pouvaient se séparer en deux et la partie centrale pouvait tourner dans son emplacement. Par ailleurs, un ressort était placé sous chaque piston pour le faire revenir en place dès qu'il n'était plus maintenu. D'ordinaire, les clefs permettaient d'enfoncer chaque piston à la bonne hauteur et de tourner dans le même temps la partie centrale. Il fallait donc qu'elle fasse de même avec les deux pièces de métal à sa disposition. Pour ce faire, elle devait jouer sur le léger jeu qu'il y avait entre les pistons et leur logement...
Avec la main gauche, elle enfonça la plaque métallique dans le trou pour s'en servir de levier. Tout en y appliquant une force de rotation, elle prit le fil de fer dans sa main droite et enfonça le septième piston, celui le plus au fond. Il ne se passa rien. Elle passa au sixième piston, puis au cinquième, etc. jusqu'à ce que le troisième piston se bloque grâce au jeu de la serrure. Elle recommença la même chose à partir du septième piston. Cette fois le cinquième se bloqua. Elle continua ainsi jusqu'à ce que tous les pistons soient bloqués. Alors seulement elle put faire tourner la serrure. Le déclic que celle-ci produisit était plus que satisfaisant. Ambre ouvrit lentement, et regarda à gauche et à droite dans le couloir où elle se trouvait, inquiète d'avoir été entendue. Mais la tempête qui faisait rage dehors couvrait tous les bruits. Elle se fraya un chemin jusqu'à la sortie, passant telle une ombre silencieuse devant la salle des gardes. Elle parvint au dehors, et fut aussitôt saisie par la violence des éléments. Plus qu'une tempête, c'était un véritable cyclone qui passait au-dessus de l'Indonésie cette nuit-là. Les vents de 100 km/h faisaient plier les arbres. Mais vu le ciel ce n'était qu'un début. Quand ils atteindraient les 300 km/h, alors les toits voleraient, les voitures décolleraient du sol... Les trombes d'eau qui tombaient du ciel la trempèrent jusqu'aux os en quelques secondes. Au moment où elle escaladait le mur d'enceinte, les éléments se déchaînèrent, et elle fut projetée à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol. Juste avant de s'éloigner à toute vitesse, elle eut le temps de voir un éclair d'une puissance inouïe frapper de plein fouet la petite prison, dont les murs volèrent en éclats, les pierres fragilisées soulevées par le vent.
"Ça valait bien la peine de s'embêter à forcer la serrure ! pensa-t-elle en regardant d'un air détaché une baignoire voler à côté d'elle. Il aurait suffi que j'attende encore quelques minutes pour pouvoir sortir...
Une pierre la frappa de plein fouet. Heureusement, elle était suffisamment concentrée sur son don de résistance pour encaisser le choc. Elle finit ainsi par s'écraser lourdement sur le sol, mais s'en sortit relativement indemne.



Le cyclone avait fini par s'en aller, laissant derrière lui un sillage apocalyptique. Les maisons détruites, les cadavres jonchant les rues encore inondées... Les forces de l'ordre s'étaient mobilisées, l'ONU était intervenue avec ses militaires... Cette situation de chaos était certes propice à ses activités, mais elle savait que si elle faisait quoi que ce soit elle aurait toutes les Nations Unies à ses trousses. Elle ne pouvait donc réaliser qu'une seule action avant de devoir quitter le pays en douce. Elle fit exploser d'une manière spectaculaire l'usine où elle avait été capturée, histoire de ne pas laisser un travail inachevé, et mit une journée à courir pour rejoindre la côte, évitant le plus possible les zones habitées où elle risquait de tomber sur des militaires. Arrivée au bord de l'Océan Indien, elle trouva une pirogue à balancier dont le propriétaire était mort lors du cyclone, et fit voile vers le large.

La traversée lui donna le temps de se ressourcer. La pirogue n'était pas grande - c'était une de celles qui était d'ordinaire utilisée pour le commerce côtier -, mais assez pour qu'elle puisse naviguer au long cours en se nourrissant de poissons, et assez stable pour qu'elle puisse naviguer sans crainte de chavirer. L'Océan Indien, d'ordinaire assez capricieux, semblait vouloir se reposer lui aussi du cyclone, et lui permit une navigation relativement calme. Après avoir fait voile vers l'Est pendant un mois le long de l'archipel indonésien, elle vira au Sud-Est pour contourner l'Australie et tenter d'atteindre la Nouvelle Zélande. Elle avait toujours voulu y aller, car on lui avait dit que c'était un pays en avance sur son temps, très respectueux de son environnement. C'est ainsi qu'elle finit par accoster sur la côte néo-zélandaise, dans un endroit sauvage au milieu de la mangrove, cette forêt amphibie où les légendaires palétuviers plongent leurs racines dans l'eau salée. On était en début mars, fin de l'été dans l'hémisphère sud, et fin de la saison de cyclones.

Ambre prit la voile de la pirogue et noua ses extrémités entre deux palétuvier. S'allongeant dans ce hamac de fortune au-dessus de l'eau, heureuse d'être là tout simplement, elle s'endormit.
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