C'est une longue histoire...


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 C'est une longue histoire...

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Admin | Solitaire plutôt occupé
EMPLOIS/LOISIRS : Solitaire en quête de raison
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CITATION DU PERSONNAGE : La vie est un conte, l'amour est une vie

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Ren Takahata
Admin | Solitaire plutôt occupé
MessageSujet: C'est une longue histoire...   Jeu 20 Déc 2012 - 23:00

Dans un premier temps, je tiens à m'excuser auprès de mon personnage Ren qui m'accompagne depuis 3 ans déjà et qui a le plus morflé dans sa vie. Alors excuse-moi, je sacrifierai du boudin sur ta tombe, même si je crèverai certainement avant toi. Ou avec toi, à voir. À la droite de Dieu le père. Amen.

Si aujourd'hui, je me suis levé plus tôt que d'habitude, c'est pour une raison que je voudrais éviter d'ébruiter. De préférence, si j'avais pu éviter à ce jour d'arriver, je l'aurai freiné avec tout mon corps. Malheureusement, le voilà venu. Je savais pertinemment qu'il arriverai un jour ou l'autre, mais mon égoïsme m'a toujours empêché de voir le futur ainsi. Même si, pourtant, malgré moi, je le sentais apparaître depuis un certain temps déjà. Voilà déjà deux jours que mon père m'appelle de plus en plus souvent. J'ai de plus en plus de soucis à régler, de plus en plus de dossiers à remplir. Loin de moi l'idée de penser à mon père comme à un idiot, mais je sens bien qu'il cherche à me donner davantage de responsabilités. Il a compris que je ne me résoudrais jamais à choisir entre mon travail de professeur et celui de chef d'entreprise. Il a donc provoqué les choses de façon à me faire comprendre qu'on ne prend pas à la légère la gestion d'une entreprise dans une période aussi florissante. Je sentais bien que son message était clair, mais un jour il s'est lui-même exprimé sur le sujet.



Il m'a appelé en plein milieu de la nuit, s'étonnant que je ne sois pas encore couché. Malheureusement, cette soirée-là n'était pas la meilleure choisie pour me faire des reproches. Certainement pas. Je croulais sous les devoirs de professeur, mais les dossiers que mon père m'envoyait n'arrangeait rien du tout. La discussion était partie d'un sujet bénin. Comment allais Ayumi ? Et Miyaki ? Et moi ? Très bien. Certainement pas assez cependant. Et alors, mon père avait prononcé un mot. Un seul. Surmenage. Alors, lui aussi s'y était mis. Les trop nombreuses discutions portant sur ce sujet avec Miyaki m'avait rendu très très frustré. Le problème fut tout autre lorsqu'il me demanda -avec intensité- de rentrer au Japon. Non pas de choisir entre les deux. Non. Il me demanda de rentrer aussitôt. La phrase se voulait sans détour. Alors, j'ai moi-même explosé, forcé de sortir de la maison afin de m'exprimer de façon plus... audible.

-Ren, c'est ton travail ! Si je n'étais pas là, tu y serais, à ma place. Je t'ai donné un certain temps pour t'y faire, mais tu dois prendre tes responsabilités à présent.

La voix de mon père gardait un certain calme dont j'avais toujours jalousé. Même lorsqu'il s'énervait, dans les pires moments, il possédait une voix qui clouait le bec, peu importe les arguments sortis. Sans doute était-il davantage apte à exercer mon métier. Il vivait avec un charisme sans pareil. Mais cette fois, je ne me laissais pas dicter par mon instinct et poursuivit, furieux.

-Tu ne m'as jamais prévenu que j'allais devoir reprendre les rennes un jour.
-Non en effet, mais tu devais t'en douter, ai-je tort ?

Il a toujours réussi à me cerner. Toujours. Et c'est le pire. Mon énervement était à son comble et je devais me faire fureur sur moi-même pour ne pas céder à la pression de ma forme fusionnelle. Peut-être même cette dernière avait-elle peur de moi. Il n'empêchait pas que ma bouche, elle, restait close. Je n'avais rien à répliquer, il avait visé juste, comme à son habitude. Un soupir parcouru le combiné, bientôt suivi par d'autres paroles.

-Qu'en dit Miyaki ?
-À ton avis ? Ne pus-je m'empêcher de prononcer d'un ton amer.
-Elle a raison, Ren. Tu travailles suffisamment. Ça ne peut plus durer ainsi. Reviens à la maison. Tu as le charisme et la volonté pour être un digne héritier. Tu ne peux plus simplement fuir. Ni même nous renier.

Je restais silencieux. Non, il n'avait pas terminé. Il savait pertinemment que je n'allais pas renoncer à la succession. Quoique l'argent de Miyaki aurait pu largement nous suffire à tous les trois, en plus de mon travail de professeur et celui d'exorciste. Mais d'un côté, je ne pouvais pas me résoudre à m'effacer du monde des célébrités. C'était renoncer à trop d'avantages. D'autant que Miyaki, elle, poursuivrait sur cette voie-là. Sans penser à toutes ces éventualités, je compris que mon père s'apprêtait à poursuivre sa phrase.

-... et je te traînerai ici de force s'il le faut.

Oh, la force je ne la connaissais que trop bien. Et cette force n'était que trop liée à une histoire d'argent. Il était certainement capable d'amener un hélicoptère et de m'y jeter dedans comme un sac. Mon père était vraiment quelqu'un de gentil, sauf quand évidemment il voulait avoir raison. Sans doute avait-il raison aujourd'hui aussi. Il devait se douter qu'il avait déjà gagné. Mais j'avais une dernière carte à jouer. Une dernière chose qui me rattachait trop au Mystery pour pouvoir l'abandonner si facilement.

-Et mon travail d'exorciste ? Je suis soumis à des règles strictes qui m'empêchent de démissionner aussi facilement.
-Si ce n'est que ça, expliquer ta situation devrait régler le problème. Leur spécifier que tu ne deviendras pas sorcier noir leur suffit à te lâcher dans la nature. Si ça ne suffit pas, je suis prêt à faire pression. Ren, j'ai vécu bien plus longtemps que toi, des contacts j'en ai autant dans le monde de la magie que dans celui des humains innocents.

L'envie de lui répondre me brûlait les lèvres. Moi aussi, j'en avais un sacré nombre, des contacts. Mais s'opposer à mon père, c'était un peu comme vouloir gravir l'Himalaya sans matériel. Il trouvait toujours quelque chose à redire. Sa gentillesse, elle aussi, était sans pareille, mais il restait quelqu'un de très strict. C'était assez violent en vérité.



Quoiqu'il en soit, aujourd'hui me voilà face à mon bureau. Très tôt, il est vraiment très tôt. Je n'ai pas encore averti Miyaki de la décision de mon père, et donc de la mienne. Mais elle ne devrait pas refuser l'offre de retourner au Japon. Après tout, une partie de sa famille s'y trouve aussi. Ce sera l'occasion de retrouver d'anciens amis. Lorsque j'y pense, je me dis que je n'ai prévenu personne. Pas même Takeji. La première à le savoir sera Pandora Mystery, via la lettre que je m'apprête à lui envoyer.

En parlant de cette dernière, je suis penché dessus, les mains de chaque côté de la table. Je reconnais aisément mon écriture assez élancée, légèrement en italique. Mais le graphisme est une option, seul le contenu possède un vrai intérêt.


« À l'attention de Mrs Mystery,

Madame, je viens aujourd'hui déposer ma démission sur ma qualité de professeur. Vous avez certainement eu vent de mon travail en dehors du Mystery, et c'est ce dernier qui aujourd'hui m'empêche de pouvoir continuer à exercer mon métier. Croyez bien que cela m'attriste profondément, et je viens donc libérer les postes de métamorphose, japonais et musique à quiconque le souhaite.
J'en suis réellement profondément attristé, et si ce problème ne s'était pas présenté aussi rapidement, croyez bien que je serai venu vous faire part de toute l'histoire. Malheureusement, les circonstances sont toutes autres, et je dois, d'ici demain, enclencher la procédure de déménagement ainsi que les nombreuses choses qui me rattachent à l’Écosse.

Je compte également stopper mon travail d'exorciste, en considérant le travail qui m'attend au Japon. Je vous envoie donc le duplicata de cette même lettre de démission pour Orphéo.

En espérant pouvoir garder contact malgré mon brusque départ, je compte rester un maximum à votre disposition. Si l'envie vous prend de me solliciter pour une affaire de la plus grande importance, je tâcherai de pouvoir me libérer afin de vous aider.

Cordialement,
M. Takahata. »


Les mains posées sur la table, le regard fixé sur la lettre, je ne peux m'empêcher de songer que je fais une grosse bêtise. Certainement la plus grande de ma vie. Je me plais énormément ici. Mais à présent il me faut choisir. Choisir entre deux destins aux conséquences bien opposées. Un monde magique, l'autre totalement ignorant. Il va falloir cacher mes pouvoirs. Ça va être dur. Très dur pour quelqu'un ayant l'habitude de se transformer à qui veut le voir.
Mon regard s'élève un peu pour se fondre au-delà de la fenêtre. De la neige. Plein de neige. Des grandes étendues libres et verdoyantes en été. Ça aussi, ça risque de me manquer. Kyoto n'est vraiment pas une ville très verte. Je dirais même plus que c'est l'inverse.

Ah... et puis, il va falloir que je règle ce problème d'apprenti. Ça m'étonnerai franchement que Yoren accepte de se séparer de tout le monde pour aller au Japon, même tout frais payés, mais je peux toujours essayer. Quoique, vu mon arrêt de travail pour l'exorcisme, il est même possible qu'on me retire la charge d'apprentis. Ça me permettrait pourtant de pouvoir continuer à m'entraîner malgré tout. On utilisera le garage de ma maison principale... Cette maison qui m'a vu grandir et que je n'ai pas souvent eu l'occasion de revoir depuis. Mes souvenirs d'enfant la pensent absolument énorme, de 50 pieds de haut, mais l'imagination est certainement venue y mettre son grain de sel.

Ma main effleure la deuxième lettre du bout des doigts. Orphéo. J'en ai vécu des choses. Il faut dire que ma vie promet d'être beaucoup moins dangereuse à présent. Beaucoup moins palpitante aussi. Mon père m'a assuré ne pas s'ennuyer avec le travail qui s’amoncelle de jours en jours. Je me demande s'il continuera à m'aider ou si je vais tout devoir gérer tout seul à présent. Il va falloir se déplacer constamment. Pff. Peut-être que ça ne m'intéresse pas, en fin de compte. De toute façon, comme mon père l'a dit, je n'ai effectivement pas le choix. C'est triste.

Je referme la lettre, la met dans une enveloppe et les laisse sur le bureau. Mon père viendra me chercher sous peu si je ne me dépêche pas d'en avertir toute la famille. Ayu a à peine 1 an. Je l'aurais volontiers fait grandir en Écosse. Parce que je me suis beaucoup attaché à cet endroit. D'autant plus qu'elle aussi risque d'avoir des pouvoirs. Et cacher un enfant dont les parents possèdent une certaine fortune et donc une certaine attention risque d'être assez compliqué. Mais pour rien au monde je ne la céderai à l'orphelinat. Certainement pas.


Un soupir de plus s'échappe de ma bouche lorsque je vois apparaître l'orphelinat. Autant déposer la lettre directement chez eux. Ça me permettra d'être sûr qu'ils la reçoivent. Je sors de ma voiture, lettre en main. Il n'y a encore personne, ou tout le monde est en train de dormir. Les vacances. Pour moi, elles se terminent. Hésitant sur le bord de la boite métallique, je relâche mes doigts, faisant passer la lettre dans le mince interstice prévu à cet effet. Voilà, à présent, il va falloir avertir Miyaki. Et s'apprêter à déménager. J’appellerai Yoren d'ici peu. Et puis, il y a aussi le soucis de Nephilim. Et puis Genki... en fait trop de choses me rattache à cet endroit. Ça va vraiment pas être simple. Malgré tout, je fais demi-tour et rentre à la maison, en prenant soin de déposer la lettre de démission pour Orphéo dans une autre boîte aux lettres.

Mon destin s'amuse véritablement bien avec moi.

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