LYA&CAT&CLAIRE&TELMA ✟ « Un nouveau départ »


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 LYA&CAT&CLAIRE&TELMA ✟ « Un nouveau départ »

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Shae's slave
CITATION DU PERSONNAGE : Je perds du temps, frappée par une lassitude où sentiment de solitude est insistant...

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Bastila Black
Shae's slave
MessageSujet: LYA&CAT&CLAIRE&TELMA ✟ « Un nouveau départ »    Mer 17 Avr 2013 - 21:43


« Un nouveau départ »

    « Mademoiselle Smith, je suis ravie de voir que vous êtes toujours aussi sérieuse dans vos études, vous avez été absente durant un long moment, mais vous avez l'air de pouvoir rattraper votre retard... N'hésitez à venir me poser des questions à la salle de prof, si quelque chose vous échappe. »

    Cela fait du bien de reprendre les cours, à vrai dire je ne les avais jamais vraiment lâché, même enceinte, je prenais des cours par correspondance. Aujourd'hui que Telma est capable d'aller à la crèche, je peux aller en cours et passer mes examens. Je suis heureuse, me comporter comme une personne normal, être une maman, j'espère que grand-mère est heureuse de là où elle est en me voyant. Bien sûr, ma vie n'est loin d'être loin, même si j'essaye de m'en redonner l'illusion, j'en suis consciente. De plus, j'ai embarqué ma meilleure et la petite amie de Matt dans mes problèmes. Après les cours, je passe par la crèche pour récupérer ma fille tout en vérifiant qu'il n'y est un espion dans les parages, ni un épuisant paparazzi qui me collerait au cul depuis l'Université. Auparavant, je dormais au campus, j'y avais une chambre et une colocataire. Mais depuis que j'ai Telma, je ne peux plus trop me le permettre, j'ai donc acheter un petit appartement.

    C'est dans ce même appartement que j'y ai laissé ce matin Mademoiselle Heather et Kirsten... Qui désormais ce nomme Catelyn et Lyanna, refaire leur identité sur le passe-port a été le plus facile, les convaincre d'accepter leur nouvelle identité a été le plus difficile. Je crois, qu'elles me font encore la tête, je crois que Kirsten me déteste, j'en sais rien, mais elle est en colère, très... La maîtresse indique à Telma que je suis à la porte et que je l'attends, je crois qu'à chaque fois que je vois cette situation, j'imagine Telma crier maman avec joie... Cependant, elle se contente à chaque fois de sourire et courir vers moi et me saute au cou. Ce n'est pas de sa faute et puis, c'est mieux que rien, cela me rend tout de même heureuse. Oui, ce n'est pas de sa faute si Telma ne peut pas crier le mot « maman », parce que elle a tellement grandi qu'elle n'a pas encore eu le temps d'apprendre à parler. Non, non. C'est juste, parce que ma fille est muette de naissance.

    J'ai évidemment commencé à apprendre le langage des signes et à l'enseigner à Telma, elle grandit vite, peut-être qu'elle arrive apprendre les choses à la même allure qui sait. En voiture, Telma s'amuse avec un jouet que je lui ai acheté, j'ai pensé qu'à cette âge commençais à vouloir exploiter ses capacités. D'ailleurs, la capacité magique de la petite c'est manifestée, quand elle pleure il se met a pleuvoir, qu'on elle est parfois en colère, ce qui arrive souvent quand elle a faim, il se met des vent violent à l'extérieur. Quand elle est heureuse et contente il se met à neiger, son surnom flocon lui va très bien. Arrivé à l'appartement, je demande à Telma dans un premier temps en langage des signe d'aller enlever ses chaussure, puis je lui demande à voix haute. J'essaye de l'habituer au deux langages. Elle essaye de défaire ses chaussures comme une grande, quand je constate que pour l'instant elle a vraiment du mal, je viens l'aider.

    « Vous n'êtes pas restées toutes les deux ici toutes la journée, quand même ? »

    Dis-je en regardant Catelyn et Lyanna près de la fenêtre, je rajoute...

    « Ils n'iront pas vous trouver dans cette partie du monde, sortir respirer ne vous tuera pas... Telma, va embrasser tes tatas. »

_________________


.:
 


Dernière édition par Claire Smith le Sam 27 Avr 2013 - 19:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LYA&CAT&CLAIRE&TELMA ✟ « Un nouveau départ »    Ven 19 Avr 2013 - 3:22



❝ I close my eyes. I pray to stone.

Do angels weep when they’re alone ? ❞

J'entends les bruits de la circulation dehors. Les bruits d'une grande ville, des bruits dont je ne suis pas habituée même après une semaine. Moi qui ai toujours vécu dans deux petits villages si différents.. Mais pourtant si semblables sur certains points. Deux villages calmes et tranquilles. Deux villages en Ecosse, pas si loin l'un de l'autre maintenant que j'y pense. C'est drôle, il a fallu que je sois loin, vraiment très loin pour ouvrir les yeux sur ça. Pour me rendre compte que toute ma vie d'enfant j'ai vécu à côté de ma vie d'adulte. Qu'elles étaient si proches l'une de l'autre. Il a fallu que je sois de l'autre côté de la planète, sans aucun repères pour le savoir. Savoir que j'étais.. Destinée depuis toujours à sortir de Stromness pour arriver à Little Angleton. Qu'une fois là-bas je vivrais tellement de choses plus.. Folles, merveilleuses et certaines idiotes les unes que les autres. Que je rencontrerais autant de gens qui me marqueraient à jamais. Depuis toujours.. Il était fait pour moi, on est fait l'un pour l'autre. Lui et moi, ensemble, nous deux contre tous s'il l'avait fallu.. S'il avait fallu se battre on l'aurait fait. A deux. Gagner, perdre, vivre ou mourir.. Mourir. Et moi qui lui avais promis il y a si longtemps, je lui avais fait la promesse que jamais il ne me perdrait. Je serais là avec lui comme il se doit, comme c'était décidé. Jamais rien ne pourrait nous enlever l'un à l'autre, fou serait celui qui essayerait de nous briser. Les autres s'ils veulent, qu'ils aillent détruire les autres mais pas nous. Non nous.. Nous sommes nous. Un seul être qui ne peut être écarté, qui ne doit pas l'être. Personne n'aurait réussis à nous éloigner l'un de l'autre. On s'était juré, promis que même la mort n'aurait pas assez de pouvoir, de force pour nous séparer.

« If stories end.
If we should fall.
We fall together or not at all
»


J'aurais tout fait pour lui, absolument tout s'il me l'avait demandé. Et il le savait, tout le monde le savait. On ne peut pas être aveugle et stupide à ce point. On pouvait lire en nous comme dans un livre ouvert. Et le premier qui me dit que notre histoire n'était pas magnifique je le.. Je le.. Je n'ai même pas la force pour dire la moindre insulte, je n'ai pas la force de bouger et parler non plus. J'ai l'impression de ne plus exister, de n'être absolument plus rien du tout. Et.. Et c'est le cas officiellement. Je ne suis plus rien, je suis poussière. Et ça me fait mal. Ca me fait trop mal, beaucoup plus que ce que je peux supporter. Beaucoup plus que je ne peux contenir. Alors, je me noie sur le lit dans mes larmes. Je me noie dans mon océan salé plein de douleur, plein de tristesse. Plein de regrets. Et je me recroqueville sur moi-même. Je reste en position du foetus et resserre mon coussin contre moi. Je l'entoure de mes bras à l'étouffer en sanglotant. Je veux que ma douleur disparaisse, je veux qu'elle s'en aille. Par pitié faites la disparaitre je n'en peux plus. Je n'en peux plus.. Par pitié.. Je ne veux pas mourir pour de vrai. Je ne peux pas c'est interdit. Je dois rester forte, pour mes parents, pour mon frère, pour tous les gens qui m'aiment. Je ne dois pas m'effondrer. Pour mon mari.. Pour notre fille. Pour notre bébé qui ne sait rien. Pour cet ange qui en ce moment doit dormir bien au chaud dans son berceau sans se douter que sa mère ne reviendra plus.. Plus avant un long moment. Et lui, lui il lui dira un jour que sa mère est partie très loin, qu'elle flotte parmi les étoiles. Qu'elle visite d'autres planètes et vit de nouvelles aventures. Mais que jamais elle ne laissera tomber son bébé. Qu'elle veille sur eux depuis là haut, qu'elle le fera toujours. Il lui dira qu'elle est encore vivante, là dans son coeur, dans son être. Il le fera.. Il dira de magnifiques paroles à notre fille. Et il la verra grandir, il la verra marcher et dire ses premiers mots. Et moi dans tout ça.. Moi je serais loin à tout imaginer, mais ils n'en sauront. Ils ne doivent pas. Ce serait trop dangereux pour eux de me savoir en sécurité ou même en vie. Et même si c'est cruel, même si ça nous détruit on ne peut rien changer à ça. Et il va m'en vouloir, je sais je.. M'imagine qu'il m'en voudra quand il apprendra un jour. Mais quel jour ? Quand est-ce que je pourrais à nouveau les revoir et les serrer dans mes bras ? Quand est-ce que je pourrais revoir les visages de mes parents, avoir peur en entrant dans une pièce pour découvrir mon frère suspendu au plafond, revoir le magnifique sourire de mon bébé et entendre mon mari me dire je t'aime Kirsten ? Quand dites moi ! Je veux savoir, j'ai le droit de savoir quand ce trou dans ma poitrine s'en ira. J'ai le droit.. Et elle ne me dit rien, absolument rien. Elle..Claire. Celle que je croyais être une amie, une personne proche de moi. Je ne la soupçonnais pas pourvoir faire du mal à quelqu'un. Et pourtant elle a détruit ma vie.

❝ Mon nom est Kirsten Hope Who, et voici l'histoire de ma mort.. ❞

Trois heures du matin affichait le réveil. Ils dormaient tous dans la maison silencieuse. Aucun bruit. Dans les chambres on entendait seulement la respiration des habitants plongés dans leur rêve. Des doux rêves que faisait Kirsten ce soir-là. Des rêves qui ne pouvaient rien présager de ce qu'il allait arriver. Rien n'aurait pu présager cela. Juste avant de se coucher elle avait bercer sa fille, elle lui avait raconté une petite histoire en voyant ses yeux se fermer doucement. Elle s'était endormie tout naturellement, un véritable angelot. La rouquine l'avait embrassé sur le front et installée dans son berceau toujours dans leur chambre. Elle avait du mal à la laisser dans l'autre chambre bien qu'elle soit toute équipée et décorée. C'était son bébé, elle avait besoin de l'avoir près d'elle et aurait beaucoup de mal de s'en séparer le temps venu. Mais pour le moment elle n'avait que quatre mois, sa Melody, son bébé, son bien le plus précieux. Alors, elle était restée là, la regardant pendant plusieurs minutes dormir paisiblement sans le moindre tracas qu'ont les adultes. Puis elle s'était couchée dans son lit à son tour, seule encore. Elle ne pouvait lui en vouloir de travailler encore, elle ne pouvait jamais lui en vouloir pour rien même si elle disait le contraire parfois. Kirsten c'est une grande gueule. Elle crie beaucoup et menace énormément. Mais au final elle ne fera rien. C'est un pain Kirsten au fond, elle n'a pas une mauvaise âme. Et puis son Fergus est tout pour elle, elle l'aime c'est tout ce qu'il faut savoir. Alors, elle ne s'endormait pas, elle n'allait pas dormir tant que lui ne venait pas la rejoindre. Tant qu'il ne venait pas la serrer dans ses bras elle ne se laisserait pas aller dans le monde des rêves. C'était un ordre qu'elle se faisait à elle-même et elle l'accomplirait.
Elle avait attendu dans le noir les yeux fermés. Une faible lumière pénétrait par les stores pas totalement fermés. Elle était couchée dans ce grand lit qui commençait à refroidir. Elle détestait quand il prenait trop de temps. Elle avait horreur quand il n'était pas là. Ça ne la rassurait pas de ne pas le savoir avec elle. Qu'il soit en bas à régler ses papiers, à mettre de l'ordre. Le nombre de fois qu'elle était descendue l'engueuler pour qu'il monte dormir. Qu'elle l'avait dérangé juste pour être dans ses bras. Mais maintenant c'était différent, elle n'allait plus se comporter comme ça. Elle avait décidé de changer, elle voulait changer et ne plus être cette casse pieds. Alors, elle ne bougeait pas même si elle en avait furieusement envie. Elle se tournait et retournait dans tous les sens faisant trembler le lit. Si Melody se réveillait maintenant ça n'allait pas le faire du tout, mais vraiment pas. Kirsten se coucha donc de côté, la tête sur un bras elle ne bougeait plus et avait le regard fixé sur l'obscurité. Il ne lui en voudra pas si elle s'endormait.. Non pourquoi le ferait-il. Il n'avait aucune raison. C'était à elle d'aller lui crier dessus.. Mais demain. Demain ce serait mieux.

Elle ferma les yeux, prête à laisser son esprit s'endormir. Elle l'était déjà à moitié quand le lit bougea. Elle aurait voulu se retourner vivement pour lui donner un coup et dire qu'elle n'avait pas fait exprès. Elle aurait pu s'il ne l'avait pas entouré de ses bras. C'est peut-être la chose qu'elle détestait, mais en même temps aimait le plus chez lui. Qu'il s'excuse sans le savoir avec ses gestes tendres. Et après elle ne peut plus rien lui dire, parce que c'est un vicieux, c'est son vicieux qu'elle aime. Et Kirsten se rapprocha de lui un sourire aux lèvres pour finalement laisser son esprit s'éteindre.

Cela aurait pu en rester là si des coups brutaux et répétitifs frappés à la porte d'entrée n'avaient pas réveillés les deux parents. Trois heures du matin. Avec difficulté ils s'étaient levés. Kirsten s'était approchée du berceau de sa fille. Elle dormait pas d'inquiétudes à avoir à son sujet. Alors, elle avait pris son peignoir pour ne pas rester en pyjama et était descendu derrière son mari. Ils s'étaient regardés, à cette heure qui pouvait frapper comme ça ? Ils auraient dû y penser deux fois, ils auraient dû être prudents avant d'ouvrir la porte. Ça c'était passé si vite, trop vite pour comprendre quoi que ce soit. Un bruit, un courant d'air et il s'effondre à terre devant Kirsten les yeux grands ouverts. Lui son mari, son meilleur ami, sa vie. Elle veut crier, elle veut hurler et se jeter sur lui pour le secouer. Elle veut savoir pourquoi son mari est étendu sur le sol. Elle lève les yeux, elle voit la personne. Elle n'a pas de visage non elle a pris soin de le cacher.

« Je suis désolée Kirsten, c'est pour ton bien.. »

Elle prononce ses mots, elle sait son nom. Et la rouquine veut l'attraper pour lui forcer à dire ce qu'elle voulait.. Puis elle s'effondre à son tour. C'est le trou noir. C'est fou comme en quelques secondes une vie peut changer du tout au tout.

Maintenant elle rêve. Elle est couchée dans son lit tout chaud et rien n'est arrivé. Sa fille est là aussi. Étendue entre ses parents qui la regarde amusés. Elle joue, elle essaye d'attraper ses petits pieds et de se relever. Et elle tombe en arrière en riant, un rire pur, un rire de bébé. Et ses parents sont là, de l'amour pleins les yeux. De l'amour pour eux et leur bébé. De l'amour à donner pour tout le monde. Et tous les trois ils forment une famille. La famille que Kirsten et Fergus ont créé depuis leur mariage jusqu'à la naissance de leur Melody. Une famille qui agrandiront encore sûrement. La rouquine aimerait d'autres enfants, d'autres joies et galères à partager avec les deux amours de sa vie.

« Je vous aime, tous les deux.. »

Une secousse. C'est pas normal. Il n'y a pas de tremblements de terre, il ne devrait pas y en avoir. Une autre secousse. L'image s'estompe peu à peu, elle s'éloigne, devient floue. Kirsten commence à paniquer. Non elle ne veut pas qu'ils s'en aillent. Non. Elle veut les retenir, les garder près d'elle à jamais. Elle les regarde disparaitre. Ils ne peuvent pas les lui enlever. Pas eux, non pas eux. Ce serait la tuer, ce serait la brûler à petit feu la faire horriblement souffrir. Et elle hurle à plein poumons, elle hurle aussi fort qu'elle peut pendant que tout se détruit autour d'elle. Pendant que tout devient ténèbres.

« Non.. Non.. NON ! »

Une autre secousse qui finit par la réveiller. Elle a mal partout, son corps est courbaturé et elle a la sensation d'entendre des tambours dans sa tête. C'est pire qu'une gueule de bois. Multipliez le tout par cent pour avoir un résultat approximatif de la chose. Elle ouvre ses yeux avec difficulté, elle voit flou. Elle sent qu'elle a une couverture sur elle. Pourquoi ? Où est-elle ? Les choses se dessinent enfin petit à petit. En face d'elle se trouve quelqu'un.. Quelqu'un qu'elle connait. Mais elle n'a pas la force de parler, pas la force de réagir. Sa tête tombe sur le côté. Des nuages, le ciel bleu C'est tout ce qu'elle voit à travers le hublot. Alors, Kirsten se force à regarder la personne dans les yeux et ouvre la bouche prête à dire tout un flot de paroles sans que personne ne puisse l'arrêter.

« Je sais que c'est dur à comprendre. Je sais que tu es en colère, mais j'ai été obligée d'agir comme je l'ai fait. Tu n'aurais pas voulu me suivre sinon... Des gens mauvais en veulent à ta vie simplement parce que j'ai été imprudente. Je ne peux pas t'en dire plus, mais t'en que tu restes avec moi je serais en mesure de te protéger.. »

Pourquoi ? C'est la seule véritable question qu'elle veut poser. Pourquoi elle ? Pourquoi se retrouvait-elle ici maintenant ? On en voulait à sa vie oui mais.. Pourquoi ? Qu'avait-elle fait de mal ? Elle ne savait rien, son esprit était dans le néant le plus total. Aidez la, elle veut savoir. Dites lui.

« Je voulais que ta famille te pense morte. S'ils te croit morte, les gens qui te veulent du mal n'auront aucune raison de s'en prendre à eux... C'est pour cela que j'ai fait brûle un mannequin.. Un corps sur seuil de ta porte d'entrer. Il devront tous penser que c'est toi. »

Elle explose intérieurement. Son coeur se brise, il se détruit à chaque parole. Il est comprimé. Elle ferme les yeux avec force, elle souhaite que tout ça soit faux. Elle veut, non elle ordonne que tout ça ne soit qu'une immonde et dégueulasse blague. Elle sent sa gorge se serrer, se nouer. Et ça remonte, ce qui est coincé remonter jusqu'à ses yeux. Les larmes coulent le long de ses joues. Elle n'a même pas assez de force pour se recroqueviller sur elle-même alors elle reste là, couchée les bras le long du corps à pleurer. A laisser toute l'émotion sortir. Elle ne peut même pas faire de bruit, aucun son ne veut sortir. Toute la rage reste à l'intérieur pendant que sa tristesse sort. Elle pleure en silence. Sa poitrine lui fait affreusement mal. Elle a du mal à respirer. On lui a arraché son oxygène, on lui a tout pris. Non pas on.. Elle, Claire. C'est elle qui lui a tout pris. Elle est seulement elle. Kirsten ne veut pas la regarder, non. Elle veut juste continuer à se vider de ses larmes, continuer à avoir mal en silence jusqu'à ce que tout s'arrête.

Plusieurs heures de vol. Des heures durant lesquels Kirsten n'avait rien fait d'autre que scruter le ciel . Elle ne pensait plus à rien, elle était un zombie complètement. Une personne vivante en apparence, mais complètement détruire à l'intérieur. Plus rien ne vivait chez-elle. Elle était totalement déconnectée. C'est à peine si elle avait prêté attention à Telma qui était venue un moment accompagnée de sa mère. Elle ne les avait pas regardés. On venait de lui enlever ce qui comptait le plus pour elle, rien n'avait d'importance. Rien. Toute sa vie, toute sa joie étaient derrière elle. Ils étaient là-bas à Little Angleton et ils la pensaient partie à jamais. Quelle serait la réaction de Fergus en découvrant ce tas calciné devant sa porte et aucune trace de sa femme ? Comment allait réagir son frère ? Irait-il tout geler sur son passage ? Que penseraient tous les autres quand il comprendront que Kirsten Hope Who n'est plus là, qu'elle n'est plus de ce monde ?

« Tu dois changer d'identité, pour ta sécurité ! »

Elle s'en fichait pas mal de sa sécurité à elle. Elle n'en avait rien à faire. Tout ce qu'elle voulait c'était retourner chez-elle, que rien ne se soit passé. Retourner le temps pour revenir en arrière. Elle voulait, mais elle ne pouvait pas. Claire lui avait bien fait comprendre le reste du voyage que c'était faire courir un risque à ses proches. Qu'elle les mettrait en danger si elle tentait quelque chose. Et même si elle était déchirée, mais si elle souffrait elle ne pouvait pas même si son être entier lui disait de le faire pour être soulagé.

« Now that i’m here.
Can I just say :
I’d love to come back..
But not today ?
»

Pas aujourd'hui, pas demain. Quand ? Ça personne ne lui avait dit et personne ne lui dira sûrement. Ils s'en foutaient tous royalement d'elle. Elle en était sûre, persuadée. Alors, elle ne disait rien à personne. Rien, muette une vraie carpe. Elle l'avait décidé, elle ne parlerait plus. Elle resterait dans son mutisme jusqu'à ce que tout rentre dans l'ordre. Et c'est comme ça qu'elle arrivait à Los Angeles, dans un jet, muette sans rien ni personne pour la soutenir moralement, pour l'aider. Elle s'était retrouvée dans cette ville inconnue, cette ville trop grande. Claire l'avait emmené dans son appartement et Kirsten avait dû s'installer, résignée elle ne pouvait rien faire d'autre. Elle devait accepter sa situation aussi difficile soit-elle et changer d'identité. Son identité, ce qu'elle était. Elle devait changer ça, elle devait se changer pour vivre.. C'était la chose la plus ridicule qu'elle avait entendu de sa vie. Mais Claire insistait, elle devait le faire. Alors, Kirsten avait pris un morceau de papier et avait écrit ce qu'elle n'avait pas arrêté de penser dans ce maudit jet. " Amelia-Rain Lyanna Hawkins. Amelia comme pour une vie qui s'est trop rapidement terminée et Rain comme la tristesse que je vis par ta faute.. ". Elle ne l'avait pas épargné et ne le fera pas. Suite à cela elle s'était enfermée dans cette chambre qu'on lui avait donnée. Elle s'était enfermée pour continuer à pleurer dans le noir, seule.

❝ .. And this is how it ends ❞

Le soleil illumine ma chambre, il est tard. J'ouvre les yeux, mes paupières sont collées par mes larmes sèches. Mon oreiller est trempé, le coussin que je serre contre moi également. Mon visage me fait mal, j'ai trop pleuré cette nuit. J'ai besoin d'aller aux toilettes aussi, mais je ne veux pas bouger. Je veux continuer à rester cloîtrée dans cette pièce sans bouger. Elles ne pourront pas me forcer à sortir si je ne veux pas. D'un coup de manche j'essuie les larmes qui restent aux coins de mes yeux et les frotte. Je rapproche ma main gauche de mon visage. S'il y a bien une chose qu'on n'a pas pu m'enlever c'est mon alliance. Jamais, je n'autoriserais personne à la prendre et s'il la veulent qu'ils viennent me l'arracher. Qu'ils viennent me couper le doigt. Jamais je ne l'enlèverais, elle est tout ce qui me reste.. La seule chose. Je n'ai pas un seul bout de tissu avec leur odeur, par une seule photo.. Pas une seule et unique photo. Je n'ai plus rien, rien du tout à part cette bague. Ma bague, celle qui nous unis par le mariage. Celle qui dit que je suis à lui et que lui est à moi pour l'éternité. Même plus que l'éternité.. Même après la fin du temps.

Je me lève et renifle avant de sortir de la chambre. Je prends seulement une serviette avec moi. Je n'ai plus mes habits non plus et je ne suis pas allée en acheter d'autre. A quoi bon, je ne sortirais pas de l'appartement. D'un pas lent je me dirige vers la salle de bain et je ferme rapidement la porte à clé. Je ne veux pas qu'elle me voit comme ça, la situation est tout aussi dure pour elle. J'enlève le pyjama sale qu'on m'avait prêté et le lance dans la corbeille à linge sale. Je veux tout enlever, tous les vêtements que j'ai sur moi m'encombre trop. Et je me regarde dans la glace. J'ai l'impression d'avoir un cadavre devant les yeux. J'ai perdu mes couleurs, tout ce que je vois c'est une tâche d'un blanc étrange et une autre tâche rouge. J'ai perdu du poids également. Le poids de grossesse s'est complètement envolé, je suis en dessous du poids que je devrais avoir. Je ne m'alimente plus ou si peu. Mon corps est horrible et mon visage également. J'ai les yeux rouges et enflés d'avoir autant pleuré. Mes lèvres sont mauves. Toute vie m'a quittée, je n'existe plus. Je ne suis plus que l'ombre de ce que j'ai été un jour. A me voir j'ai des doutes sur ce que j'ai été. Je suis horrible.. Je n'ai jamais pu être belle ou ne serait-ce que désirable. A me voir je ne peux que me haïr pour me laisser aller comme ça.

Je rentre dans la douche. L'eau chaude coule sur ma peau, beaucoup trop chaude. Mais je ne dis rien, je ne grimace même pas. Je reste là debout. Je respire à peine. Et si finalement je changeais d'avis et me noyais maintenant, si je me noyais tout serait plus simple n'est-ce pas ? Je ne ressentirais rien, plus rien. Je n'aurais plus jamais mal. Je n'éprouverais aucune sensation à nouveau. Rien. Ni joie, ni amour, ni solitude ni tristesse d'aucun genre. Le vide total. Je me laisse glisser contre le mur froid et ramène mes genoux contre moi pendant que j'éclate à nouveau en sanglots. Mes larmes se mêlent à l'eau de la douche. C'est trop dur toute seule, c'est trop dur..

Je ne sais même pas combien de temps je suis restée là. Ma peau est totalement fripée quand je coupe l'eau et met la serviette autour de moi avant de sortir. Je prends sur moi, je ne dois pas craquer devant Heather. Je n'ai pas le droit de lui faire subir ça. Mais j'imagine bien qu'elle m'entend le soir. J'imagine bien que toutes les deux m'entende hurler dans mon oreiller quand je n'arrive vraiment plus à me contenir et que je cauchemarde. Je rêve de mon village. Je rêve de mes parents en larmes, de mon frère qui fait tout geler autour de lui. Je rêve de Lester et de Kim qui se retiennent de craquer. Des gens proches de moi tous en noir, tous à essayer de se contenir pour ceux qui y arrivent. Je rêve de Fergus anéanti, je le vois le visage décomposé le visage dans ses mains qui pleure. Je les vois tous devant cette pierre parmi toutes les autres. J'y vois mon nom gravé dessus. C'est moi qu'ils enterre, c'est à moi qu'ils disent adieu.

« This is farewell.
The last there'll be.
My waiting's done now.
Remember me
»

Mais je suis là.. Invisible à côté d'une grande statue d'un ange. Je regarde la scène en essayant de leur dire que je vais bien, que je suis là et que par pitié ils ne pleurent pas. Leur larme me font trop mal. Alors, je cris, je cris et ça s'entend dans tout l'appartement. Mais personne ne vient, personne. Je ne leur demande pas de le faire. Ça ne servirait à rien de toute façon.

Je traine des pieds jusqu'à la cuisine. Je prépare du thé, j'en ai besoin et Heather en voudra peut-être elle aussi. Avec des gestes extrêmement lents je termine le tout que je sers dans deux tasses que je pose sur un plateau avec la théière et un paquet de Jammie Dodgers à grignoter. Je vais poser le tout sur la table du salon et me racle la gorge.

LYANNAHeath.. Euh Cat' ! J'ai fais du thé si tu veux.. Au salon !

On ne se connaissait pas beaucoup avant. Je lui avais juste parlé les fois ou elle tenait l'épicerie de Lestat. Elle n'habitait pas à Little Angleton, je n'avais pas beaucoup d'occasions de la voir. Et maintenant elle se retrouve dans la même galère que moi. Elle aussi a dû.. disparaître sans laisser de traces. Enfin d'une autre façon elle a dû. Elles ne m'ont pas dit pourquoi. Juste que des gens en voulait à sa vie aussi. Tout ce qui touche à Claire de manière indirecte ou directe termine par être mauvais. Je m'en rends bien compte. Je prends ma tasse et vais m'asseoir sur le rebord de la fenêtre. Regarder le beau temps qu'il fait dehors. Ça ne ressemble pas du tout à mon village, rien sur cette terre n'est pareil. Je laisse ma tête se cogner doucement contre la vitre. Là-bas j'adorais me poser sur les rebords de fenêtres. J'aimais regarder le paysage. Quand j'étais enfant Logan venait déposer un baiser sur mon front et s'asseoir à mes côtés ou sur le sol puis on discutait durant des heures, il me consolait. Il savait, quand je faisais ça c'était le signe que quelque chose n'allait pas. Et puis en grandissant c'est mon Fergus qui a pris la place de mon frère dans ces moments-là. C'est lui qui venait m'embrasser et me caresser les cheveux. Qui venait entourer mon corps qui se faisait fragile de ses bras et qui me laissait me coucher contre son torse tout chaud pour sentir sa peau contre la mienne et renifler son odeur..

LYANNATu en es à combien de mois en fait ? Je ne te l'avais pas demandé je crois..

J'essaye de lui sourire le plus sincèrement possible. J'ai vécu une grossesse moi aussi, j'ai eu ma petite Melody que j'aime comme il n'est pas permis. Je pourrais peut-être l'aider Heather, même si ça me fait mal de repenser à ses souvenirs heureux..

CLAIREVous n'êtes pas restées toutes les deux ici toutes la journée, quand même ?

Je tourne la tête vers les deux nouvelles venues. Mon regard change complètement, il est haineux, plein de colère. Je ne vois même pas l'intérêt de perdre mon temps avec elle, elle ne le mérite pas.

CLAIREIls n'iront pas vous trouver dans cette partie du monde, sortir respirer ne vous tuera pas... Telma, va embrasser tes tatas

C'est vrai qu'elle en sait beaucoup elle. Madame sait tellement de choses suis-je bête ! Évidemment que je le suis voyons, comment rivaliser avec elle et ses plans ? Comment rivaliser avec son cerveau ? Ils n'iront pas nous cherche ici.. Ah j'ai envide d'éclater d'un rire jaune, mais me retient en voyant Telma approcher. Elle ne m'a rien fait elle, ce n'est qu'une enfant.. Une enfant qui a grandi très vite. Je la prends dans mes bras et lui sourit. Celui-ci est vrai, je ne peux rien contre les enfants ils sont beaucoup trop innocents pour leur jeter la faute dessus. Je regarde Telma, et dire qu'elle n'a qu'un mois de moins que ma propre fille. Elle est très grande, elle ressemble à une enfant de quatre ans. Une enfant qui ne peut pas parler. La magie donne, mais reprend toujours également. Je l'embrasse sur le front en pensant à ma Melody, je ne sais pas si je suis un monstre pour ça.. Mais ma petite fille me manque j'ai besoin d'elle, j'en ai vraiment besoin. Je repose la petite sur le sol et jette un regard froid à Claire. Je n'éprouve plus rien pour elle. Plus d'amitié plus de compassion, tout c'est envolé le jour ou elle m'a enlevée à ma famille. Le jour ou elle nous a brisés.

LYANNATu en sais grand-chose toi évidemment. Sur ces gens qui nous veulent du mal, sur comment faire croire à une mort.. Sur comment détruire des vies. Tu es sûre qu'ils n'ont pas placé un quelconque gaz dehors pour nous anéantir ? Qui sait, si ces gens sont si dangereux comme pour vouloir faire du mal à des personnes qui ne les connaissent même pas.. Peut-être qu'ils savent où nous sommes en ce moment même et qu'ils nous espionnent dans une capsule invisible !

Je ne me suis pas fait un complot dans ma tête non. Je pourrais très bien après ce que je vis, mais non je suis très lucide. Je veux juste être froide et ironique avec Claire. Je veux juste être un mur de glace pour elle, un mur qui essaye de rester debout tant bien que mal.

Spoilers sweetie:
 

_________________

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Milles Rêves en moi font de douces brûlures.


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Heather-Emily Sykes
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MessageSujet: Re: LYA&CAT&CLAIRE&TELMA ✟ « Un nouveau départ »    Mar 23 Avr 2013 - 17:25


“I wish you to know that you have been the last dream of my soul…
A dream, all a dream, that ends in nothing…”



Vide… Il ne reste plus rien. Je ne ressens plus rien. Je m’efforce de ne plus penser. Ne plus penser, ne plus penser, ne plus penser… Je suis seule. Nous sommes seules. Toi et moi. Je reviens dans mon pays, ce pays qui n’est plus le mien finalement. Je veux retourner là-bas, là où j’ai vraiment été heureuse. Mais je ne peux pas. Nous ne pouvons pas. Alors nous sommes seules. Il n’est pas là. Il ne sera jamais là. Tu ne Le verras pas. Je regarde le ciel. C’est le même partout non ? Peut-être qu’Il le regarde aussi. Que fait-Il ? Je suis partie. C’était mon choix. Je n’avais pas vraiment le choix. Serait-Il parti aussi si je le Lui avais demandé ? Il ne te connaîtra pas. Comment ai-je pu Lui faire ça ? Ça n’a jamais été facile pour Lui, ça ne le sera pas plus maintenant. Comment ai-je pu Lui faire ça ? Je n’avais pas le choix. C’était mon choix… Et si je ne l’avais pas pris ? Je suis seule, et j’ai froid. Nous sommes seules toutes les trois. Toi, ma culpabilité et moi. Je ne dors pas. Je ne peux pas. Ce lit me fait peur. Il me rappelle La nuit. Il me dit que c’est un nouveau départ. Il rit, il rit de moi. Et moi je me cache dans le fauteuil. Je ne regarde pas le lit, je préfère les étoiles car je me dis que peut-être, oui peut-être l’une d’entre elles le regarde, Lui. Nous cherche-Il ? C’est ma faute, ma faute, ma faute… Mon choix, choix… Il n’est pas là. Nous sommes seules. Et c’est ma faute. Tu ne connaîtras pas ton père, et c’est ma faute.

“And I started to walk, pretty soon I will run.”


C’était une soirée comme les autres. Je regardais par la fenêtre comme ce soir. Il dormait. Je n’y arrivais pas. Je devais faire un choix. Il ne restait plus beaucoup de temps. Je regardais les chiffres du réveil tourner. J’entendais les tics et les tacs de la pendule. En réalité mon choix était fait, je ne voulais simplement pas le croire, je voulais retarder l’heure du départ. Je cherchais une autre solution qui n’existait pas. Je voulais comprendre. Je voulais arrêter le temps pour que jamais je n’aie à partir. Je me repassais sans cesse la même scène dans la tête. Mais rien ne devenait plus simple. Dès que je fermais les yeux je la voyais, Elle.

Deux jours avant Cette nuit :

Je tenais l’épicerie, râlant parce que Lestat avait oublié des tas de produits dans l’inventaire et qu’il avait encore commandé beaucoup trop de jambon et de pots de cornichons. Je venais de faire tomber mon stylo sous le comptoir lorsque j’entendis :

-Heather-Emily Sykes ?

Je me relevais en me cognant la tête contre la caisse. Je hochais la tête, ce qui n’étais pas exactement ce qu’on pourrait appeler une bonne idée, ce n’était pas normal la manière dont penchaient les étagères n’est-ce pas ? Je vis une jeune femme blonde, je l’avais déjà vu quelques fois mais nous n’avions jamais vraiment parlé. Je l’avais vu parler avec la femme du docteur. Elle me demanda alors si elle pouvait me parler un moment. Je n’avais évidemment rien contre mais son intonation était étrange et surtout elle disait que c’était important ? Elle m’intriguait, vraiment. Je comptais lui demander de faire vite si possible car j’avais encore plein de choses à faire et j’étais en retard sur mon programme, j’étais toujours en retard. Mais elle ajouta quelque chose qui me fit frissonner.

-Ca concerne Matt Eogan Drust.

Mon visage se crispa. Pourquoi ? Qui était-elle ? Même si je savais pour Matt, les sorciers et caetera, je n’avais jamais eu à m’en inquiéter. Mais là quelque chose me disais qu’il était temps pour moi de le faire. Alors j’acceptais de la suivre. Est-ce que les choses auraient été différentes si j’avais refusé ? Nous marchâmes pendant quelque temps en silence. Je n’osais pas lui poser de questions, et puis elle était venue me voir, qu’elle parle. Je ne fus pas déçue… Elle dit exactement ce que je ne voulais pas entendre. Elle me parla de ce à quoi j’essayais de ne pas trop penser quand j’étais avec Matt.

- Vous ne me connaissez pas, mais moi je vous connais et je connais encore mieux Matt... Je sais quel métier il fait et pour qui il travaille, son travail n'est pas le genre de travail que l'on effectue sans ce salir les mains.

Je n’étais pas vraiment naïve mais je me forçais à bloquer toute pensée où Matt tuait quelqu’un. C’était trop. Et ça ne collait pas avec l’image que j’avais de lui. Quoiqu’il en soit je ne répondis pas. Elle n’était sûrement pas venue là pour me parler de ça. Non, il y avait autre chose, quelque chose de difficile à dire, elle tournait autour du pot et ça ne me plaisait pas, qu’elle aille droit au but ! Je ne savais pas quel était le but de cette femme mais elle me montra quelque chose que je ne pourrais pas oublier. Elle sortit des photos de son sac et me les tendis. On y voyait Matt, mais ce n’était pas vraiment lui. Mon cœur loupa un battement. C’était lui sans que ce soit vraiment lui, il était si différent ! Son visage était crispé, sa bouche pincée. Et ses yeux, il n’y avait aucune pitié, aucune émotion. Je ne l’avais évidemment jamais vu ainsi, et ça me faisait mal. Son bras était tendu et il pointait une arme vers quelqu’un qui avait les bras levés. Il y en avait d’autres. D’autres photos plus insupportables encore. Des photos, des preuves, qui montraient un assassinat de sang-froid, un meurtre, commit par Matt. La femme parla, encore. Elle ne pouvait pas se taire ? Qu’elle se taise ! C’était trop. Si je savais ce qu’était Matt, si je savais ce qu’il faisait, je ne voulais pas y penser. Je ne lui posais pas de questions, il ne m’en parlait pas, et c’était bien comme ça. Mais là c’était différent, j’avais vu, et cette vision ne me quitterais pas.

-Le travail de Matt, peut paraître radical à première vue, mais il fait cela pour une bonne cause, croyez-moi... La personne que l'on voit se faire tuer d'une balle dans la tête, par Matt, est un criminel de la pire espèce, le genre à violer les gamines de 7 ans et les tuer après.


Tais-toi ! Mais tais-toi ! Je ne veux pas savoir ! Je ne veux pas l’excuser ! Je ne veux pas avoir de raisons de l’accuser ! Arrête ! Je t’en prie… Je voulais pleurer, mais il était hors de question que je me laisse aller devant elle. C’en était trop, je voulais partir. Elle reprit ses photos et parla encore, comme elle sait si bien le faire.

-Matt est poursuivi par ce genre de personne, des gens mauvais... Et ces personnes-là, vont essayer de s'en prendre à vous pour atteindre Matt. Je vais vous laisser faire un choix, soit venir avec moi, ainsi disparaître et changer d'identité, quitte à ne rien dire à Matt. Soit prendre le risque d'être prise pour cible. Que ferez-vous, pour votre vie, mais aussi celle du bébé qui grandi en vous ?


Je la regardais droit dans les yeux. Elle mentait, elle devait mentir, obligé. Je ne pouvais pas faire ça, n’est-ce pas ? Ce qu’elle proposait était… Non je ne pouvais pas faire un tel choix… Alors que j’essayais encore de comprendre comment je m’étais retrouvée dans une telle situation elle me tendit un bout de papier. Il y avait ses coordonnées.

-Vous avez deux jours pour réfléchir à la question, l'avion qui vous permettra de disparaître par dans deux jours.

Deux jours, deux jours… Je relevais la tête, elle était partie. Je ne dormais plus, je ne pensais qu’à deux choses : deux jours pour faire un choix, et Matt tuant une personne. Ça me rendait dingue.

LA nuit était arrivée et je n’avais pas pris de décisions. Cette soirée était comme les autres.

“Well I woke up today
And the world was a restless place
It could have been that way for me”


3H00

L’avion partait à 4h00... Et j’étais toujours là, allongée auprès de Matt…sa main tient l’arme… Il respire doucement, comme si de rien n’était…il semble calme… Ses yeux sont fermés… ses yeux sans pitié… Sa main serre la couverture…ses mains pleines de sang…La mort, la mort…Lauren…Mort…Sa fille, notre fille… Lauren…Lauren… Je me suis levée doucement et j’ai récupéré mon jean élastiqué et l’ai enfilé, j’ai passé mes bras dans ma chemise et je l’ai boutonnée. Je n’ai fait aucun bruit. J’ai envoyé un message à Claire pour lui annoncer ma décision et lui demander où je devais la retrouver. Puis je me suis assise sur le lit et je l’ai regardé. Des larmes roulaient sur mes joues. Je me suis revue entrer dans cette même chambre la première fois. Je ne pensais pas à ce qui pourrait arriver. Je ne voyais que lui et l’instant présent. Et puis le jour où il m’a demandé en mariage et où je lui ai dit que j’étais enceinte. Mariage… Il n’y en aura pas. Il ne connaitra pas sa fille. Ma vie, celle que je m’étais imaginée avec lui est partie en fumée. Je devais dire adieu à ma vie, à mes rêves, mes espoirs. Mais surtout je devais lui dire adieu à lui. Un adieu muet, sans étreinte, sans explication, sans même un regard échangé. Je devais partir et je n’emportais rien pour moi. Mais je lui arrachais sa fille. Quel monstre suis-je ? Mais quelle mère serais-je si j’avais décidé d’exposer Lauren à… à quoi exactement ? Je n’en sais rien, Claire le sais, et je lui ai fait confiance, je l’ai crue et j’ai suivi son conseil. Je suis allée devant la fenêtre. Elle était embuée, il faisait froid dehors cette nuit-là. Du doigt je traçais telle une enfant des lettres sur la vitre mouillée : A-D-I-E-U. Un message éphémère destiné à disparaître avec l’arrivée du soleil. J’avais passé toute ma journée avec Matt. Je pensais que cela m’aiderais à prendre une décision. J’avais tort, j’étais encore plus confuse et indécise. J’ai de nouveau regardé l’heure, 3H23. Il était temps de partir. Mais je n’y arrivais pas. J’ai séché mes joues trempées. De nouvelles larmes sont venues retracer des sillons sur ma peau. Je me suis approchée de lui. J’ai déposé un seul baiser sur son front. Je me suis redressée et j’ai marché à reculons jusqu’à la porte de la chambre. Un dernier regard… Et je me suis retournée.

“And I started to walk
Pretty soon I will run”
 

J’ai marché d’un pas vif vers la porte d’entrée que j’ai ouverte. Je suis restée un instant sur le seuil, pris une grande inspiration et j’ai fermé derrière moi sans me retourner. J’ai couru dans les escaliers, j’ai couru dans les rues désertes jusqu’à ma voiture. J’ai démarré et suis partie comme si j’étais poursuivie. Ce qui était le cas d’une certaine manière, j’étais poursuivie par les regrets, la peur, la honte et la culpabilité. Je roulais vite, il n’y avait personne. Ma vision était brouillée par les larmes que je n’arrivais pas à arrêter. Je laissais à ses pieds nos souvenirs, ceux que nous avions et ceux que l’on aurait dû avoir. J’arrêtais la voiture au bord d’une route de campagne. Je vis au loin un petit avion. J’effaçais les messages de Claire et les miens. Finalement je pris la carte Sim et la jetait par la fenêtre dans le fossé qui évacuait le surplus d’eau des champs. J’ouvris ma portière et traversa la route, je ne pris pas le temps de refermer la porte. Je traversais le champ sans me soucier de mes chevilles qui s’enfonçaient dans le sol meuble et humide. Je ne ressentais plus rien. J’avais laissé toutes mes émotions, tous mes sentiments derrière moi lorsque j’ai fermé la porte de son appartement. J’étais vide. Une simple coquille. Un robot qui se contentait d’avancer. On me fit monter dans le jet. Claire me regarda mais je tournais la tête. J’avançais alors au fond de la cabine la tête relevée et m’assis dans un fauteuil sans un mot. J’aperçu alors le dessus d’une tête rousse. Le décollage commençait, et je sentais une douleur dans ma poitrine. J’étais déchirée entre deux vision de l’homme que j’aimais, entre l’envie de rester et le besoin de fuir, entre l’envie de me laisser aller et celle de ne rien montrer. On m’arrachait du lieu, de la personne qui m’avait rendue véritablement heureuse. Je sentais au plus profond de moi que j’appartenais à cet endroit. J’avais envie de hurler, mais après qui ? C’était ma décision. Rapidement, trop, nous étions dans le ciel et nous filions à toute allure loin de Little Angleton et de ses habitants. Il n’y avait maintenant plus qu’un trou dans ma poitrine qui aspirait toutes mes pensées, me laissant hagarde. Je m’étais perdue. Je voulais m’endormir et oublier, mais je n’y arrivais pas. La rousse se réveilla et Claire alla lui parler. Je ne comprenais pas ce qu’elle lui disait mais ce qui est sûr c’est que la rousse ne lui répondait pas. Elle ne parla pas de tout le voyage d’ailleurs, moi non plus. C’était Kirsten Who la femme du docteur, l’amie de Claire, et de Lestat aussi. Je ne voulais pas trop la regarder, elle semblait détruite, il ne fallait pas que je me laisse aller, pas devant elle. Nous atterrîmes à Los Angeles où Claire nous mena chez elle. Un appartement donnant sur la mer. Je n’y prêtais pas attention. Quand elle nous laissa seules, nous allâmes chacune dans notre chambre pour ne plus en sortir. J’ai entendu Kirsten, ou plutôt Amy, pleurer et hurler.

"And I wandered around
And I thought of your face”


Nous sommes là. Seules. Je veux partir et rester sur place. Je veux m’excuser et me taire. Le revoir et l’oublier. Oublier…oublier…oublier. Je suis dans le fauteuil et je regarde par la fenêtre. Je suis toute ankylosée, mes jambes me font mal et mon dos aussi. Mais à l’intérieur il n’y a plus rien, rien qui puisse me faire mal. C’est vide…une coquille vide…vide…Qui se brise. Mes yeux restent fixés sur la plage. J’attends de pouvoir rentrer. J’attends…attendre…j’attends. Je n’ai plus vraiment de pensées claires. Claire…Elle…L’arme de Matt… les lettres A-D-I-E-U… Je sombre dans un monde où il n’y a ni joie ni bonheur mais où il n’y a ni peine ni douleur. Je tombe…une chute sans fin…vers la folie…la folie…folie…folie… Je suis folle. Mais c’est mon choix, je n’avais pas le choix. Je le fait souffrir et je l’aime… Je suis folle.

“Where ever you are
I’m thinking of you oceans apart
I want you to know”


Je n’ai pas dormi. Je ne sais pas si Amy a réussi à dormir entre ses hurlements. Je l’entends ouvrir les portes, puis le bruit d’une douche. Je ne sais pas qu’elle heure il est mais le soleil redescends. Amy… Moi aussi j’ai perdu mon nom, moi aussi je me suis perdue…perdue…perdue…Heather-Emily Sykes future Drust n’existe plus. Je l’entends qui s’affaire, des bruits de placards et de théière. Une odeur envahit l’appartement, une odeur familière qui rappelle la maison, le bonheur, un passé révolu. Mais cette odeur me réchauffe le cœur. Du Earl Grey, mon thé préféré. J’essaie de me composer un visage normal, pas celui de quelqu’un qui vient de craquer. J’entre dans la cuisine, Amy n’a pas l’air tellement mieux. Mais elle aussi fait semblant. Je dois faire semblant aussi, pour elle, elle qui n’a plus sa fille ni son mari. Elle qui souffre tellement, je le sais, je l’entends. Elle me demande à combien de mois j’en suis, je lui réponds quatre mois et trois semaines. C’est là qu’entre Claire. Je ne veux pas lui parler. Mais ai-je le choix ? Après tout je vis chez elle. Elle nous demande si nous sommes restées ici aujourd’hui. Que croit-elle ? L’humeur n’était pas à la promenade. Plus tard peut-être. Telma est là aussi, sa fille. Je me demande si elle ressemble à son père… Claire pense qu’on ne sort pas par peur d’être trouvées… Comprend-elle ce que nous ressentons ? Je crois que s’en est trop pour Amy. La question de Claire n’a pour nous aucun sens.

-Tu en sais grand-chose toi évidemment. Sur ces gens qui nous veulent du mal, sur comment faire croire à une mort... Sur comment détruire des vies. Tu es sûre qu'ils n'ont pas placé un quelconque gaz dehors pour nous anéantir ? Qui sait, si ces gens sont si dangereux comme pour vouloir faire du mal à des personnes qui ne les connaissent même pas... Peut-être qu'ils savent où nous sommes en ce moment même et qu'ils nous espionnent dans une capsule invisible !

C’est la première fois depuis Cette nuit-là qu’Amy crie ainsi. J’en ai le souffle coupé. Mais je comprends. Nous sommes seules.

-Que pouvons-nous faire d’autre ? Tu t’attendais à quoi ? A ce qu’on saute de joie et parte jouer sur la plage ? Nous sommes venues ici parce qu’on n’avait pas le choix, pas si on voulait les protéger, alors ne t’attends pas à ce qu’on te saute dans les bras quand tu rentres le soir, ne t’attends pas à nous voir te sourire. Ne t’attends pas à être notre amie.

Je dis cela d’un ton froid et cynique. Je ne veux plus être celle qui est pleine de joie, c’est fini, parti, pas tant que je serais loin de… Lui.

“Well I woke up today and you’re on the other side
Our time will never come again
But if you can still dream
Close your eyes it will seem
That you can see me now and then”

_________________







The story of the day I chose to leave you


I don't blame you if you hate me,
I wish you would.
As long as I can still dream,
I'll dream of you.


But now, I'm running away ::
 



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Telma S. Smith
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MessageSujet: Re: LYA&CAT&CLAIRE&TELMA ✟ « Un nouveau départ »    Sam 27 Avr 2013 - 20:05

Je regarde la lune, pleine, ronde et blanche, quand je m'aperçois qu'un renard s'approche de moi et vient me parler, comme un être humain. Je suis triste car j'ai envie de lui répondre. Alors, il tend la patte et me fait signe de la prendre. Je la prends doucement entre mes petites mains et je sens une incroyable sensation de bien-être se répandre tout en moi : comme une chaleur. Instinctivement, je fais un sourire pour remercier le renard de ce bonheur mais je me sens capable de parler. Je commence à essayer de parler et je me rends compte que ça marche ! Je suis super heureuse et je m'apprête à vouloir lui raconter tout pleins de choses mais soudain je sens mon monde trembler.

J'ouvre alors les yeux et je vois maman me faire un tendre bisou sur le front en m'indiquant que c'est l'heure de se lever. Je suis un peu triste car je suis revenue dans la réalité et que je ne peux plus parler mais je suis tout de même contente de voir maman. Je ne la reverrais que ce soir, elle me dépose à la crèche, ça me rend un peu triste mais elle m'a dit qu'elle n'avait pas trop le choix. Je lui adresse mon premier sourire de la journée, comme tout les matins. Je trouve maman vraiment belle et j'aimerais plus tard lui ressembler.

Maman m'a déposé à la crèche, comme à son habitude. Je regarde le monde qui m'entoure. Je commence à bien connaître l'environnement ici et à comprendre le mode de fonctionnement. Par exemple je sais que si Jennifer ne veut pas prêter ses jouets à Brittany, elle se fait un peu gronder. J'ai bien compris qu'il ne fallait pas faire de bêtises ici parce que sinon la maîtresse le rapportait directement à maman et elle était obligée de me gronder. Je dis obligée car j'ai bien compris que maman n'aimait pas me disputer.

La journée s'est presque passé sans soucis. Je me suis bien amusé, même si les autres enfants m'ont l'air très bêtes mais ce n'est pas grave. Je joue tout de même avec eux, pour faire plaisir à la maîtresse à maman. Amber, c'est le nom de notre maîtresse. Elle est plus vieille que maman, ça c'est sur. Maman m'a dit que ça pouvait se remarquer à ses cheveux un petit peu blanc ou gris. Ce n'est pas une école spéciale pour ceux qui ne parlent pas du coup parfois je me sens un petit peu seule quand tout le monde parle. Mais au moins je suis sage comme une image.

La maîtresse me fit un signe pour m'indiquer que ma maman était là. Je me retournais et lançais un de mes plus beaux sourires, comme d'habitude. Je ne pouvais pas crier maman mais si je le pouvais, je crierais en me jetant dans ses bras, pour qu'elle soit contente. Je me mis à courir et à lui sauter au cou pour retrouver ses bras et son odeur. Elle m'avait manqué, encore aujourd'hui. Je me sentais bien qu'avec elle. Je montais dans la voiture, à l'arrière et prenait un jouet que maman m'avait acheté. Je m'imaginais des centaines de scénarios à chaque instant. Par exemple, je me disais, à cet instant, que peut-être que le jouet allait faire comme le renard de cette nuit. Mais il n'en était rien.

On était enfin arrivé à la maison. J'étais contente de pouvoir retrouver mon chez-moi. Maman m'indiqua d'aller ranger mes chaussures en language des signes, j'avais compris mais elle le rajouta à haute voix. Parfois, je crois qu'elle ne se rend pas compte que j'évolue très vite et que j'ai appris beaucoup de choses depuis qu'elle a commencé à m'apprendre le language des signes. J'ai encore un peu de mal avec les chaussures et j'essaye de les enlever tant bien que mal mais c'est dur. Maman au bout de quelques instants me rejoint et m'aide. Je retiens bien la manière dont elle procède : la prochaine fois je saurais le faire tout seul. Mon ventre gargouille. J'ai un peu faim. Je fais un bisou pour remercier maman de m'avoir aidé. Elle, elle regarde tata Kirsten et tata Heather, installée dans le salon, en train de boire quelque chose.

« Vous n'êtes pas restées toutes les deux ici toutes la journée, quand même ? »

Je regardais alternativement maman et mes tatas. Elles semblaient en colère, toujours, contre maman mais je ne comprenais pas pourquoi. Elles avaient peur de sortir apparemment. Isaya m'a dit l'autre fois qu'il y avait des gens qui n'aimaient pas sortir parce qu'ils n'aimaient pas voir des gens. Leca m'a dit que c'était parce que sinon ils se retrouvaient endormis avec cette tâche rouge. Je ne sais qui croire dans cette affaire parce que je me dis quand même, ça m'étonne que tata Heather et tata Kirsten n'aiment pas sortir, elles ont l'air de tellement m'adorer, elles doivent sans doute rêver de trouver un bébé elles aussi mais d'un autre côté, ça m'étonne parce que ce n'est pas l'heure de s'endormir en pleine journée alors cela ne risquait pas de les voir se retrouver avec une tâche rouge. Enfin, un jour, je demanderais à maman de m'expliquer.

« Ils n'iront pas vous trouver dans cette partie du monde, sortir respirer ne vous tuera pas... Telma, va embrasser tes tatas. »

Maman parle souvent de "Ils" mais c'est qui Ils exactement ? Je sais que cela décrit un groupe de personnes comme on me l'a expliqué l'autre fois mais quel groupe de personne pourrait jouer à cache-cache avec Heather et Kirsten ? Et puis la partie doit durer sacrément longtemps pour qu'elles continuent à se cacher. Je voulais répondre à l'ordre de maman en lui disant que j'étais d'accord avec les signes mais elle ne me regardait pas alors je courus vers Kirsten pour lui faire un bisou tandis qu'elle parlait.

« Tu en sais grand-chose toi évidemment. Sur ces gens qui nous veulent du mal, sur comment faire croire à une mort.. Sur comment détruire des vies. Tu es sûre qu'ils n'ont pas placé un quelconque gaz dehors pour nous anéantir ? Qui sait, si ces gens sont si dangereux comme pour vouloir faire du mal à des personnes qui ne les connaissent même pas.. Peut-être qu'ils savent où nous sommes en ce moment même et qu'ils nous espionnent dans une capsule invisible !»

Kirsten utilisait des mots un peu compliqué mais je savais que cela n'inaugurait rien de bon, parce qu'elle n'avait pas l'air contente. Je lui fis un petit câlin et un bisou sur la joue pour tenter de lui remonter le moral. Je n'aime pas quand elle est pas contente tata Kirsten. Quand on est que tout les deux, on joue comme des petites folles ! Tata est super gentille avec moi. Je m'amuse bien avec et je l'aime beaucoup mais j'aimerais beaucoup qu'elles s'aiment bien avec maman. Je préférerais que tout le monde s'aime plutôt que de parler. Maman m'a dit l'autre fois que cela finirait bien par passer. Je me tournais vers Heather quand elle se mit également à parler.

« Que pouvons-nous faire d’autre ? Tu t’attendais à quoi ? A ce qu’on saute de joie et parte jouer sur la plage ? Nous sommes venues ici parce qu’on n’avait pas le choix, pas si on voulait les protéger, alors ne t’attends pas à ce qu’on te saute dans les bras quand tu rentres le soir, ne t’attends pas à nous voir te sourire. Ne t’attends pas à être notre amie. »

Même si ce qu'elle avait dit n'était pas très gentil, je lui fis un petit bisou et un câlin. J'aimais bien aussi tata Heather, on s'amusait bien toute les deux. Elle avait un bébé dans son ventre, on m'a dit. Je veux bien qu'il soit là dedans mais comment il a fait pour rentrer ? Et surtout comment il va faire pour sortir ? Maman m'a expliqué quelque chose avec un oiseau et une plante mais je n'ai pas trop compris et je crois qu'elle n'était pas sérieuse. Je fais des signes avec les mains à maman pour lui montrer que je meurs de faim. Après, j'ai envie de jouer un peu aussi mais je ne sais si quelqu'un voudra bien jouer avec moi vu comment tout le monde n'a pas l'air très content. Peut-être maman.. Je me dégageais de l'étreinte de Heather puis suivit maman pour pouvoir manger quelque chose.

_________________

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort.
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.
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MessageSujet: Re: LYA&CAT&CLAIRE&TELMA ✟ « Un nouveau départ »    Dim 28 Avr 2013 - 17:47


« Incomprise, quoi que je dise »

    Les jours sont compliqués et cela pour tout le monde, mais quand il y a des personnes pour les rendre que plus compliqué, on finit par rester bloquer, sans avoir une chance d'avancer et évoluer. Kirsten et Heather pensent qu'elles sont les seules à avoir tout perdu, moi j'ai perdu mon humanité en étant forcé de voir des êtres humains se faire décapiter sous mes yeux, alors que je ne devais à peine avoir trois petites années. Elles au moins retrouveront leur vie une fois cette histoire terminer, mais moi, je ne retrouverai jamais ce que j'ai perdu. Le monde ne tourne pas seulement autour de Kirsten et Heather, si j'avais laissé Kirsten à Little Angleton sa famille aurait périe avec elle, peut-être même qu'elle aurait vu son propres enfant brûler. Heather, aurait servir seulement d'appât pour attraper Matt, elle aurait sûrement été tuée sous les yeux de celui-ci, avant de mourir aussi. Je les héberge de bonne foi, mettant en péril la couverture de Telma, alors que je ne suis pas obligée...

    « Tu en sais grand-chose toi évidemment. Sur ces gens qui nous veulent du mal, sur comment faire croire à une mort.. Sur comment détruire des vies. Tu es sûre qu'ils n'ont pas placé un quelconque gaz dehors pour nous anéantir ? Qui sait, si ces gens sont si dangereux comme pour vouloir faire du mal à des personnes qui ne les connaissent même pas.. Peut-être qu'ils savent où nous sommes en ce moment même et qu'ils nous espionnent dans une capsule invisible ! »

    Je reste silencieuse, pourquoi prendrai-je le temps de répondre à sa colère, qui lui fait dire des stupidités. Non parce que je trouve que c'est très stupide et pas réfléchis du tout ce qu'elle vient de dire. Je cache mon identité ou que j'aille, je change tous les jours d'itinéraire pour vérifier si je suis suivie, j'ai loué cette appartement temporairement, car moi et Telma vivons en Nomade et pour ne jamais être retrouvé par les localisateurs et détecteurs, j'utilise des beaucoups de formules Runiques. Mais je ne vais pas essayer de me justifier, surtout quand il y a Telma dans les parages.

    « Que pouvons-nous faire d’autre ? Tu t’attendais à quoi ? A ce qu’on saute de joie et parte jouer sur la plage ? Nous sommes venues ici parce qu’on n’avait pas le choix, pas si on voulait les protéger, alors ne t’attends pas à ce qu’on te saute dans les bras quand tu rentres le soir, ne t’attends pas à nous voir te sourire. Ne t’attends pas à être notre amie. »

    Je frappe sur la table assez forte pour y créer un petit cratère avec mon poing, c'est la première fois que je ressens cette émotion qui est « sûrement » la colère. Je regarde Heather...

    « Je ne suis pas votre amie et je ne vous protège pas plaisir... Arrêtez de croire que vous êtes les seules dans la galère, seules à souffrir de la dureté de la réalité. Pour la sécurité de Telma, je n'aurai pas dû vous prendre sous ma charge, mais je l'ai fait quand même. Toi Kirsten par respect à ton amour pour Melody et toi Heather pour Matt. »

    Je serre le poing déjà ensanglanté due au coup dernier et refrappe dans le cratère plus fort encore...

    « Vous n'avez connu que la belle vie jusqu'à maintenant, vous n'aurez pas tenu une seconde dans mon monde. Vous n'essayez même pas de donner de solution pour résoudre l'affaire, vous m'avez même pas demandé ce qui allait advenir de votre avenir. Cela fait déjà une année que je fuis ma réalité, pour protégé celle que vous tenez dans vos bras. Vous avez la chance de pouvoir retrouver un vie paisible après cette histoire régler, pas moi et Telma. Alors, arrêter de croire que plus jamais vous reverrez vos familles, parce que, j'ai l'impression de risquer ma « Putain » de vie, pour vos beaux yeux pour rien. Je me fous que vous me fassiez la gueule, j'en ai connu pire, mais un effort devant la petite est trop demander ? »

    Je sors l'argent, je pose sur le table, et je rajoute...

    « Je ne vous retiens pas, vous n'êtes pas des otages, si vous voulez retourner « maintenant » à Little Angleton, je vous en prie, faite-le... L'argent vous permettra de vous acheter un billet... Si vous rester et c'est « votre » choix, évitez de vous plaindre où allez trouver un travaille et un hôtel pour vivre ailleurs que devant l'horrible Claire. »

    Je tends un petit paquet de gâteau à Telma, avant d'aller m'enfermer dans ma chambre... mon cœur bat, vite et mes yeux commencent à être submergés par les flots de peine. Je me laisse coucher dos au lit, les paupières fermées, je laisse les larmes silencieusent se tracer un chemin sur mon pauvre visage. Cette sensations douloureuse dans la poitrine, est ignoble...

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MessageSujet: Re: LYA&CAT&CLAIRE&TELMA ✟ « Un nouveau départ »    Dim 9 Juin 2013 - 5:36



❝ You see them when you close your eyes.

Maybe one day you'll understand why

everything you touch surely dies  ❞

Je reste devant cette fenêtre, assise le front collé contre la vitre. Je soupire, je renifle. J'ai envie de laisser mes larmes couler. J'ai envie de laisser ma tristesse m'envahir à nouveau, exploser, hurler à m'en déchirer les poumons. J'ai envie de m'étaler dans ce lit froid, de continuer à me vider de toute l'eau dans mon corps. Je n'ai aucune envie de faire des efforts pour les autres. Je veux être égoïste, ne penser qu'à moi et seulement à moi sans me soucier des autres pour une fois dans ma vie. Pour une fois je veux être la seule qui compte. J'aimerais tellement. Mais je ne peux pas, Catelyn est dans le même cas que moi. C'est tout aussi difficile pour elle qui en plus est enceinte. Je n'ai pas le droit de lui infliger ça. Je me le répète encore et encore pour ne pas craquer. Mais tout me manque tellement que cela en devient cruel. Ma maison me manque à un tel point, un point que je n'aurais jamais cru atteindre. Je suis ici je me rends compte que toutes les aventures que je voulais. Tous ces voyages que je voulais faire en réalité ne compte absolument pas pour moi. Je veux ma maison, tout simplement. Retrouver mon foyer, ma vie d'avant sans aventures juste eux.

« Only know you've been high
when you're feeling low.
Only hate the road
when you’re missin' home.
»

Je regarde l'océan depuis cette fenêtre. Bleu, tout bleu. Si bleu que je pourrais m'y jeter sans y penser deux fois pour me laisser porter par les vagues. Peut-être m'entendront-elles et elle me ramèneront à nouveau chez moi. Peut-être. Je renifle. Le soleil est toujours là dans le ciel, il semble ne jamais vouloir partir, ne jamais vouloir quitter. Mon merveilleux soleil, pourquoi m'as-tu laissé là si seule dans le froid de mon hiver. Mon merveilleux soleil qui illuminait mes journées. Si tu m'aimais pourquoi m'as-tu laissé partir si loin de toi. Là où je n'ai rien d'autre que ma solitude et mes larmes. Ni ta chaleur pour me réconforter, ni ton amour pour pouvoir avancer sans tomber. Parce que j'ai plus que jamais besoin de toi, plus qu'autre chose. J'ai besoin de tes rayons autour de moi, de me sentir protégée contre le monde. Contre ce vide en moi qui ne veut pas me quitter. Ce vide qui est là pour me rappeler sans cesse depuis une semaine que je vous ai perdu à cause de ma stupidité. On s'est perdu par ma faute et je ne me le pardonnerais jamais. Je ne me pardonnerais jamais le mal que je vous ai fait à vous tous. Parce que on se déteste tellement quand on blesse les gens à qui on tient. On se hait à en vouloir en mourir pour avoir fait couler des larmes sur leur joue. Et je pourrais me faire violence, parce que je les aime tellement que je sens ma poitrine se resserrer à chaque pensée. Je les aime si fort que j'en meurs si loin d'eux.

« Staring at the ceiling in the dark.
Same old empty feeling in your heart.
'Cause love comes slow and it goes so fast.
»

J'essuie une larme qui allait couler et boit une gorgée de mon thé. Je n'ai aucune idée du thé que j'ai fait et à vrai dire je m'en fiche. On a besoin d'avaler quelque chose toutes les deux, on ne peut pas rester indéfiniment le ventre vide. Surtout elle, elle doit manger quelque chose. Elle doit penser à son bébé avant tout, ça doit être sa priorité et je ferais en sorte que qu'il passe avant tout. Parce que je ne veux pas qu'elle le perde dû au stresse ou à une sous alimentation. Je ne pourrais pas la voir se faire du mal et le transmettre à son enfant. C'est plus fort que moi. Ça devient un besoin petit à petit. Peut-être que prendre soin d'elle me permettra de.. De ne pas m'effondrer chaque soir et d'avoir une cause pour laquelle rester ici et ne pas partir parce que je veux les retrouver et risquer de tout détruire. Risquer de foutre tout en l'air et de les mettre en danger. Catelyn je t'en supplie aide moi à ne pas tout rater, je t'en supplie aide moi à ne pas les détruire encore plus parce qu'ils me manquent. Pitié.

LYANNAJ'ai tellement besoin de toi..

Un murmure, ça sort tout droit de mon coeur qui s'épuise de tant pleurer. Alors, je regarde le ciel pour que ce murmure se propage dans les airs. Pour qu'il vole loin le retrouver. Qu'il vole contre les vents forts. Qu'il le retrouve toujours où qu'il soit. Qu'il l'atteigne, le touche comme une douce caresse sur sa peau. Qu'il reste à jamais gravé dans son coeur, dans son être. Et qu'il le transmette ensuite à un angelot pour qu'elle remplisse le vide froid qui s'est installé de son rire pur..
La porte de la chambre de Catelyn s'ouvre. Celle-ci vient s'asseoir sur une des chaises. Toutes les deux dans le même pétrin. Toutes les deux qui essayent de rester forte en présence de l'autre. On a chacune eut une vie différente qui a terminé par se rejoindre ici. Tous les chemins mènent à Rome dit-on. Moi je dirais que tous les chemins à un moment ou un autre mènent à la tristesse ou l'isolement. Et on ne peut y échapper, on doit y être confronté au moins une fois dans sa vie. Et c'est horrible quand on doit y faire face et qu'on n'a aucun repère, aucune base, de notre vie à laquelle s'accrocher. C'est horrible, mais il ne faut pas céder, jamais, même si on aimerait se laisser aller.

« Cause you loved them too much.
And you dived too deep.
»

Je lui demande à combien de mois elle est. Doucement elle boit son thé en me répondant. Quatre mois bientôt cinq. Elle devrait commencer à le sentir bouger dans peu de temps, si ce n'est pas déjà le cas bien sûr. Chaque grossesse est différente, j'ai souvent paniqué parce que j'avais des douleurs dans le bas dos ou que mes nausées revenaient ou que je ne sentais plus Melody bouger. J'avais maman avec moi, elle était là pour me réconforter et me dire que c'était le lot des femmes enceintes. Rare sont celles qui ne paniquent pas pour la moindre petite chose. Et Catelyn elle doit bien se trouver seule, sans sa mère pour l'aider dans ces moments ou le père de l'enfant pour être simplement un énorme en soit rien que par sa présence. J'ai l'impression d'être un monstre à me plaindre de ma situation alors qu'elle, elle est vraiment en plus mauvaise posture. Elle est dans un état délicat sans son amoureux ou sa maman. Il pourrait lui arriver quelque chose de grave et réellement tout perdre. Et personne ne devrait subir ça non plus, personne. J'ai vraiment la sensation d'être un monstre d'égoïsme en pleurant pour moi sans l'aider. Et ça fait encore plus mal à ma blessure.

LYANNATu sais si tu as besoin de quoi que ce soit, un conseil, une épaule sur laquelle pleurer, une cuisinière attitrée, une conteuse d'histoires, une amie ou même une maman..

J'ai besoin de m'arrêter, parce que je sens la boule dans la gorge remonter. Cette boule d'émotions qui paralyse notre visage en une expression de douleur. Celle qui fait que notre voix flanche, monte dans les aiguës. Cette boule remplie d'émotions que personne ne peut contrôler. Qu'aucune personne possédant un coeur ne peut contrôler, rectifions pour mettre ça au clair une bonne fois pour toute. Pas tout le monde ne peut être gentil ou sauvé, c'est impossible. Il serait temps que j'ouvre les yeux. Que je les ouvre et me concentre sur les personnes qui montrent qu'elles ont besoin d'aide au lieu de courir derrière celles qui ne veulent pas l'admettre. Se concentrer sur ceux qui ne se renferme pas.

LYANNA.. Je suis là. Ça nous fera plus de bien que de mal de se serrer les coudes, de parler et de se laisser aller ensemble que chacune dans notre coin.

Je lui souris, toujours sur ce rebord de fenêtre pensant que rien ne viendrait nous déranger. J'avais tort. Claire et sa fille arrivent. La petite vient vers moi et je la prends dans mes bras. J'aimerais avoir la mienne aussi, toute serrée contre moi. A me regarder avec de grands yeux ronds me montrant qu'elle n'a pas compris mais que peu importe elle m'aimait. C'est compliqué de communiquer avec Telma, je ne sais pas le langage des signes. Mais elle est très intelligente pour son âge, elle apprend très vite. Et malgré ça je crois bien qu'elle ne comprend pas notre situation. Le pourquoi du comment nous sommes remontées contre sa mère et que nous lui hurlons dessus presque. Je crois être dans le droit d'affirmer qu'après ce que nous vivons nous n'avons pas à nous justifier pour ça.

CATELYNQue pouvons-nous faire d’autre ? Tu t’attendais à quoi ? A ce qu’on saute de joie et parte jouer sur la plage ? Nous sommes venues ici parce qu’on n’avait pas le choix, pas si on voulait les protéger, alors ne t’attends pas à ce qu’on te saute dans les bras quand tu rentres le soir, ne t’attends pas à nous voir te sourire. Ne t’attends pas à être notre amie.

Et je ne peux qu’acquiescer à ses paroles très justes qui expriment parfaitement nos deux situations. Qu'elle ne joue pas les hypocrite avec nous, nous ne sommes pas d'humeur à sautiller chaque fois qu'elle rentre. A lui sauter dessus et la prendre dans nos bras pour lui montrer combien on l'aime alors que pas du tout. Elle a volé nos vies et même si c'est pour une bonne chose, même si c'est pour notre protection à tous, on ne peut que lui en vouloir. Nous sommes humaines, l'être humain agis comme ça et le premier qui pense le contraire n'a encore rien vécu. Absolument rien et il pense que oui.

Je laisse Telma aller vers Catelyn quand Claire s'emporte et frappe la table. Le tasses valsent dans les airs et se fracassent sur le sol avec un bruit assourdissant. Un silence tombe, le silence qui n'augure rien de bon. Il fallait bien que ça éclate de toute façon.

CLAIREJe ne suis pas votre amie et je ne vous protège pas par plaisir... Arrêtez de croire que vous êtes les seules dans la galère, seules à souffrir de la dureté de la réalité. Pour la sécurité de Telma, je n'aurai pas dû vous prendre sous ma charge, mais je l'ai fait quand même. Toi Kirsten par respect à ton amour pour Melody et toi Heather pour Matt.

Je sens que je vais m'emporter, elle n'a pas le droit. Elle n'a absolument aucun droit de nous dire ça. Elle n'est rien, rien du tout. Nous n'avons aucun compte à lui rendre. Elle devrait ouvrir les yeux, savoir qui est le véritable responsable de tout ça. Réfléchir un peu pourquoi nous sommes dans cette situation au lieu de faire une victime, de prendre inconsciemment sa fille comme bouclier pour nous atteindre. Elle devrait penser, murir un peu plus.

LYANNATu n'as aucun droit. Ne t'avises plus jamais.. NE T'AVISES PLUS JAMAIS DE PARLER DE MA FILLE !

Je me lève brusquement et lance ma tasse qui vient s'éclater contre un mur. Je me fous de combien ça coûte, je me fous si elle m'en voudra pour ça, en ce moment je me fous même de faire peur à Telma. Elle n'a pas le droit de me voler mon bien le plus précieux comme ça. Aucun droit de prononcer le nom de mon bébé. C'est le mien, mon enfant, elle est à moi et moi seule peut parler d'elle ou pour elle. Moi seule, parce que je suis sa mère. Je suis celle qui l'a porté durant neuf mois, celle qui pourrait tout faire pour elle. C'est ma fille, je la protégerais bec et ongles contre l'univers entier.
Et ça Claire n'a pas l'air de s'en soucier plus que ça.

CLAIREVous n'avez connu que la belle vie jusqu'à maintenant, vous n'aurez pas tenu une seconde dans mon monde. Vous n'essayez même pas de donner de solution pour résoudre l'affaire, vous m'avez même pas demandé ce qui allait advenir de votre avenir. Cela fait déjà une année que je fuis ma réalité, pour protégé celle que vous tenez dans vos bras. Vous avez la chance de pouvoir retrouver un vie paisible après cette histoire régler, pas moi et Telma. Alors, arrêter de croire que plus jamais vous reverrez vos familles, parce que, j'ai l'impression de risquer ma « Putain » de vie, pour vos beaux yeux pour rien. Je me fous que vous me fassiez la gueule, j'en ai connu pire, mais un effort devant la petite est trop demander ?

S'en est trop, beaucoup trop pour moi. Elle m'a cherché, elle m'a trouvé. Je risque encore moins de me calmer maintenant. Je ne lui pardonnerais jamais, c'est terminé. C'est le vide entre nous. Tout ce qui un jour a pu exister vient de s'envoler dans les airs. Tout a éclaté en un milliards de petits morceaux après ses paroles. Se rend-elle seulement compte de ce qu'elle dit ? Non bien sûr pourquoi le ferait-elle. Comparer nos vies, pourquoi le fait-elle si elle sait pertinemment qu'elles n'ont jamais été pareilles et qu'elles ne le seront jamais. Mais bien sûre, elle doit les mettre sur le tapis pour nous faire encore plus culpabiliser. Bah voyons.

LYANNANos vies n'ont jamais été les mêmes, je ne sais même pas pourquoi tu fais une comparaison entre elles. Que veux-tu qu'on y fasse hein ? Tu veux qu'on remonte le temps pour te donner une vie meilleure, pour te donner une vie comme les nôtre que tu dis ? Sache que le fait que tu es eu une vie misérable n'est en aucun cas notre faute alors ne nous dis rien à ce respect. Et ce serait plutôt à toi de faire un effort devant ta fille au lieu de détruire le mobilier comme ça.

Je tremble, mes poings sont serrés si forts que je pourrais presque planter mes ongles dans ma peau. Ça m'est égale, tout m'est égale. Qu'elles me regardent comme un monstre, comme quelqu'un d'autre, quelqu'un de changer. Une situation comme celle que nous vivons change beaucoup une personne, change sa vision du monde. Alors, oui. Moi aussi vous pouvez dire au revoir à Kirsten. Kirsten est morte, Kirsten n'existe plus. On lui a arraché le cœur, elle n'éprouve plus rien pour ceux qui lui font du mal. Tout ce qui reste d'elle c'est une carcasse, une coquille vide. Kirsten Who est morte, Lyanna fait maintenant son entrée. Une personne qui ne se préoccupera plus des gens qui n'en valent pas la peine. Une personne nouvelle. Une personne sans rien.

LYANNASi aujourd'hui tu risques ta putain de vie comme tu le dis si bien, réfléchis un peu, pense pourquoi c'est arrivé. Reviens en arrière et prends toi une énorme claque en découvrant pourquoi nous sommes toutes dans le même pétrin que toi aujourd'hui. Comment veux-tu qu'on puisse nous te dire comment mettre cette situation au claire maintenant. Matt croit Heather disparue, elle l'est, partie envolée avec leur enfant. Pense à comment il doit se sentir lui.

Mes yeux deviennent humides, ma voix se brise petit à petit. Mon cœur rate un battement, plusieurs même. Je sens mon âme s'effondrer, je sens tout mon être prêt à tomber sur le sol et hurler à nouveau. A pleurer. Ça fait tellement mal.

CLAIREJe ne vous retiens pas, vous n'êtes pas des otages, si vous voulez retourner « maintenant » à Little Angleton, je vous en prie, faite-le... L'argent vous permettra de vous acheter un billet... Si vous rester et c'est « votre » choix, évitez de vous plaindre où allez trouver un travaille et un hôtel pour vivre ailleurs que devant l'horrible Claire.

Elle s'en va, s'enfermer dans sa chambre nous laissant avec Telma. Je ne sais pas quoi faire, je ne sais plus quoi dire. Rien ne tourne autour de moi, plus rien n'est vivant ou a de l'importance. Je suis seule dans ma bulle. Seule avec moi-même et je me noie lentement. Je veux juste hurler, je veux juste crier pour qu'elle voit à quel point ça fait mal.

LYANNAComment crois-tu que se sentent les miens. Te rends-tu seulement compte jusqu'à où tu as dû aller pour notre "sécurité" ? Tu as détruit ma famille, tu as fait perdre une mère à son enfant. Te rends-tu comptes de ce qu'ils ont dû trouver en se réveillant ? L'horreur dans leur yeux, la peur. Je me l'imagine chaque soir depuis que je suis loin d'eux. Chaque soir j'entends un coeur se briser pour une perte encore et encore. Ça se répète sans fin et je sais que ce n'est pas le mien. Je pourrais le supporter ça si c'était moi seule qui me brisait en un milliard de morceaux. Mais là non, là je sais ce que c'est. C'est pire qu'un cauchemar, c'est la plus dure des tortures sentir chaque jour qu'on a détruit les gens qu'on aime le plus sur cette terre.. Me faire brûler vive sur un bucher serait une douleur plus surmontable que celle que j'ai maintenant Claire. Tu n'aurais jamais dû apparaitre dans ma vie, jamais, tu as tout ruiné. Tu nous as tous ruinés..

J'ai hurlé du début à la fin. Ma gorge me fait mal. Les larmes coulent le long de mes joues. J'étouffe, j'asphyxie lentement. J'agonise tout simplement. J'agonise d'y penser, de le sentir. Je supplie le ciel pour qu'ils ne m'en veuillent jamais. Je le supplie à genoux même, je tombe. Je tombe et ne me relève pas. Mes mains posées sur le sol. Je tremble, tout mon corps tremble de rage, de tristesse de désespoir. Elle ne se rend pas compte. Nous avons vécu dans deux univers bien différent toutes les trois. Comment pourrait-elle savoir ce que ça fait de perdre l'homme que l'on aime le plus dans cet univers, dans sa vie ? De perdre une famille et des amis qui nous aiment.


« 'Cause you only need the light
when it's burning low.
Only miss the sun
when it starts to snow
Only know you love them
when you let them go..
»

Je rampe presque sur le sol en pleurant. Je ne me préoccupe pas du regard de Cat'. Seulement du fait qu'elle aussi craque comme moi, qu'elle se retrouve à verser toute l'eau dans son corps sur le sol. Alors, je me relève difficilement, très difficilement en m'appuyant sur la table. Je me mets à genoux devant elle, je n'ai pas la force de faire plus, pas maintenant

LYANNAJe suis désolée.. Je suis tellement désolée Cat'.. Tellement..

Je continue à verser d'incalculables larmes en tenant fermement le linge autour de moi qui me couvre. Oui, j'ai seulement un linge pour couvrir mon corps faible. Et pourtant je me sens à découvert, je me sens dévoilée à la vue de tous. Exposée. C'est une sensation gênante. Et pourtant je m'en fiche. Complètement. Mes cheveux roux trempés me tombent sur le visage tordu de douleur.
Déchirement.

« .. And you let them go. »

HRP:
 

_________________

sleeping at last.
Milles Rêves en moi font de douces brûlures.


Dernière édition par A-R. Lyanna O'Connell le Jeu 8 Aoû 2013 - 1:15, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: LYA&CAT&CLAIRE&TELMA ✟ « Un nouveau départ »    Mer 7 Aoû 2013 - 22:59

Je me souviens du jour où je me suis fait une fracture de l’humérus proximal. J’étais tombée pendant des vacances à la montagne. C’est fou ce que j’avais mal. J’arrivais à peine à penser à autre chose. C’était comme si la douleur m’aveuglait. Arrivée aux urgences ils m’ont mise sous analgésiques, la Nalbuphine. Ce truc est absolument merveilleux, vraiment génial. D’après ce que j’ai compris c’est comme s’il bloquait le signal nerveux disant au cerveau qu’on a mal. Grosso modo c’est la mise en pratique du vieux dicton : ce qu’on ignore ne peut pas nous faire de mal. Ce médicament dupe le cerveau, complétement, et ça fonctionne. Mais moi je dis que la personne censée ignorer le mal est tout de même au courant, elle a un pressentiment. Par exemple prenez une femme trompée. Vous n’avez jamais eu une copine qui venait vous voir pour vous annoncer que son mari la trompait ? Au cas où ce ne serait pas le cas je vous expose la situation : La bonne copine s’appellera Ann et la femme trompée sera une Sydney.

Sydney : Georges me trompe.
Ann : Impossible ça fait 10 ans que vous  êtes mariés et tu me disais que vous parliez d’avoir un enfant.
Sydney : Pourtant il me trompe. J’en suis absolument certaine.
Ann : Comment peux-tu en être sûre ? Tu as des preuves ?
Sydney : Non. C’est tout comme avant, rien n’a changé dans son comportement et je n’ai pas de preuves.
Ann : Ben alors ? Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
Sydney : Je le sais, c’est tout.


Le mari peut bien se dire que ce que sa femme ignore ne peut pas lui faire de mal mais elle sait, elle SAIT c’est tout, c’est comme ça. Et ça vaut pour plein de situations. Il y a des choses dont on a la certitude sans avoir de preuve, mais on fait comme si de rien était pour se protéger en quelque sorte,  on fait l’idiot, celui qui n’a pas compris pour ne pas à avoir à affronter le problème en face. Ben je pense que le cerveau c’est pareil. Il sait bien qu’un os s’est brisé, il sait bien que c’est censé faire mal mais à cause de l’analgésique il n’a pas de preuve véritable de la douleur. Alors il fait l’idiot, il ferme les yeux et fait comme si il ne se passait rien. Du coup il s’occupe d’autre chose comme l’infirmier super sexy qui est à votre droite et d’une soudaine envie de banana split. Et vous êtes là à flotter dans du marshmallow sans plus rien sentir. Ben c’est un peu dans cet état que je me trouve actuellement. Je sais que ça va pas bien, je sais que je viens de dire un truc affreux et injuste à Claire, Je sais que j’ai envie de partir en courant mais c’est comme si j’étais déconnectée. Comme si je ne ressentais plus rien, c’est ça je suis anesthésiée et tout le reste est flou et dénué de sens. Et le seul truc qui arrive à retenir mon attention c’est la mouche qui se cogne contre la vitre de la fenêtre de la cuisine. Je n‘entends que vaguement le poing de Claire frapper la table.

C’est juste que je n’aie plus envie de faire quoi que ce soit.  Je ne veux plus rien faire, juste m’allonger et dormir d’un sommeil profond et me réveiller dans cent ans pour voir si la situation s’est améliorée. En attendant j’essaie de ne plus penser à tout ça. Mais c’est ça le problème, quand vous essayez d’arrêter de penser au scone bien gras que vend la boutique au coin de la rue pendant votre régime, et bien…. Vous pensez au scone bien gras que vend la boutique au coin de la rue. Donc je pense quand même à tout ça et je me revois encore commettre une erreur que je regrette amèrement tout en sachant que c’est trop tard. Je revois la buée sur la fenêtre, je revois les rues désertes, je me revois jeter mon téléphone. Et je le revois lui, en train de dormir profondément dans le lit pendant que je sors sur la pointe des pieds de l’appartement.


"I remember years ago
Someone told me I should take
Caution when it comes to love
I did"


Ce que j’ai dit était cruel et injuste. Je sais qu’elle veut bien faire, mais cela ne change rien. Je suis coupable, c’est ma faute, et je ne veux pas être souriante, agréable ou sympathique.  Je ne veux plus être celle que j’étais. Je préfère de loin faire l’autruche et dormir. Dormir pour me retrouver dans cet espèce de gouffre qui m’aspire et me fait tout oublier. Juste dormir, et rien d’autre. Je veux dormir. Dormir d’un sommeil profond, sans rêve. Je veux glisser dans un monde où je pourrais me perdre et ne plus revenir. Je n’ai plus envie de rien. Je me sens si vide. C’est une sensation étrange. Je me souviens d’une exposition que j’étais allée voir dans le New Jersey. C’était dans un jardin rempli de haies de buis. Il y avait des viornes blancs et des seringats en fleur qui attiraient les papillons. Et dans ce labyrinthe parfumé, au détour d’un buisson, on tombait nez à nez avec les œuvres d’une artiste japonaise dont j’ai oublié le nom.  C’étaient des sculptures de papier aux formes humanoïdes. Les sculptures étaient d’une blancheur éclatante, la lumière estivale transperçait le papier fin comme de la soie. Ces sculptures n’étaient faite que de papier, elles étaient creuses, vides, si bien que l’on se demandait comment elles pouvaient bien tenir debout. En fin d’après-midi des enfants chahutaient entre les allées de buis et l’un d’eux tomba sur l’une des figures, qui s’écrasa sous le poids du maladroit gamin. J’ai l’impression d’être comme cette sculpture de papier. Je suis vide, et il ne faudrait pas grand-chose pour déchirer la fine membrane qui m’enveloppe et que je m’effondre.


"And now when all is done
There is nothing to say"


Alors que je rouvre les yeux je relâche mon souffle que j’avais sans m’en rendre compte retenu. Je laisse l’air s’échapper d’entre mes lèvres entrouvertes et desséchées.  De là où je suis assise je peux m’apercevoir dans le miroir de l’entrée. J’ai  peine à me reconnaître. Tout dans mon corps tend vers le bas. Mes joues ont perdues de leur tonus et j’ai des cernes sous les yeux. Mes épaules sont voutées. Comme si mon corps était sur le point de se liquéfier et de se répandre sur le carrelage de cette cuisine californienne. Le jour s’en va et le soleil maintenant bas dans le ciel laisse ses derniers rayons entrer par la fenêtre et teinter la pièce d’une lumière dorée. J’ai toujours aimé ce moment, les infimes particules de poussières normalement invisibles apparaissent telles des paillettes dans la pièce et voltigent comme animées d’une volonté propre. Quand j’étais petite je m’asseyais en face des baies vitrées de notre appartement au 32ème étage d’un immeuble donnant sur central parc. Et je restais là à regarder ces particules. J’aurais pu rester là des heures durant, mais le soleil se couchait et c’était tout.


-Tu n'as aucun droit. Ne t’avise plus jamais... NE T'AVISE PLUS JAMAIS DE PARLER DE MA FILLE !

Le cri de Kirsten et le bruit de sa tasse qui se fracasse contre le mur me tirent de mon état végétatif.  Je regarde autour de moi et la douleur qui transperce de leurs traits me frappe de plein fouet. Les hormones doivent me jouer des tours parce que ce n’est pas mon genre de faire une course d’endurance pour savoir laquelle d’entre nous pleure le plus, et pourtant je sens les larmes me monter aux yeux, je les sens venir, mouiller mes cils, perler à la base de mes paupières avant de rouler silencieusement sur mes joues puis de se laisser couler dans mon cou tandis que j’essaie avec difficulté de retenir un sanglot.

- Vous n'avez connu que la belle vie jusqu'à maintenant, vous n'aurez pas tenu une seconde dans mon monde. Vous n'essayez même pas de donner de solution pour résoudre l'affaire, vous ne m’avez même pas demandé ce qui allait advenir de votre avenir.

Je parle mais d’une petite voix étouffée.


-Quel avenir ? Je me fiche de mon avenir, il m’importe peu. Et je me fiche de savoir si j’aurais tenu le coup dans ton monde parce qu’on en sait rien. A quoi bon parler de choses qui ne sont pas ? Parce que si nous avions été dans ton monde, nos vies auraient été complétement différentes, et peut-être aurions-nous tenu le coup mieux que toi. Et il n’y a pas de solution à l’affaire, car partir était censé être la solution. Et puis ce n’est pas toi qui peux nous expliquer l’avenir, alors non nous ne t’avons rien demandé.

Encore une fois je regrette mes paroles. Ou plutôt mon ancienne moi bien cachée le regrette, moi maintenant je ne fais pas la différence entre ce qui est correct ou pas, et je me fiche de blesser l’autre. Mais Claire continu sur sa lancée.

-Cela fait déjà une année que je fuis ma réalité, pour protégé celle que vous tenez dans vos bras. Vous avez la chance de pouvoir retrouver une vie paisible après cette histoire régler, pas moi et Telma. Alors, arrêter de croire que plus jamais vous reverrez vos familles, parce que, j'ai l'impression de risquer ma « Putain » de vie, pour vos beaux yeux pour rien. Je me fous que vous me fassiez la gueule, j'en ai connu pire, mais un effort devant la petite est trop demander ?

Je ne comprends pas de quoi elle parle. C’est elle qui est venue me dire de partir, elle qui m’a convaincue que c’était la meilleure chose à faire. Elle qui a placé le doute dans mon esprit. Et ça y est je sais pourquoi je lui en veux. Je lui en veux de m’avoir fait douter de lui. Suffisamment douter pour me rallier à son idée première : me faire partir. Elle est arrivée à me faire croire que Matt était trop dangereux et que la seule solution étais de partir secrètement au plus vite. Et maintenant il est trop tard. Je suis sortie la nuit dernière pour marcher et j’ai utilisé une cabine pour appeler à la maison, rien. Rien non plus à la boutique. J’ai compris qu’il s’était passé quelque à Little Angleton. Et même si partir nous a « protégées » rien ne m’assure que si j’étais restée quelque chose nous serait arrivé. Elle n’avait peut-être pas raison, ce n’était peut-être pas l’unique solution. Alors elle pourrait au moins témoigner d’un minimum de tolérance envers nous.

"Broken trust and broken hearts"


- Nos vies n'ont jamais été les mêmes, je ne sais même pas pourquoi tu fais une comparaison entre elles. Que veux-tu qu'on y fasse hein ? Tu veux qu'on remonte le temps pour te donner une vie meilleure, pour te donner une vie comme les nôtre que tu dis ? Sache que le fait que tu es eu une vie misérable n'est en aucun cas notre faute alors ne nous dis rien à ce respect. Et ce serait plutôt à toi de faire un effort devant ta fille au lieu de détruire le mobilier comme ça. Si aujourd'hui tu risques ta putain de vie comme tu le dis si bien, réfléchis un peu, pense pourquoi c'est arrivé. Reviens en arrière et prends-toi une énorme claque en découvrant pourquoi nous sommes toutes dans le même pétrin que toi aujourd'hui. Comment veux-tu qu'on puisse nous te dire comment mettre cette situation au clair maintenant. Matt croit Heather disparue, elle l'est, partie envolée avec leur enfant. Pense à comment il doit se sentir lui.

Et ça y est ça recommence, je sens une énorme vague d’émotion en tout genre me submerger. Culpabilité, colère, tristesse, nostalgie, peur… Non je ne peux pas, je ne veux pas penser à lui. J’en ai assez, ça fait mal, ma tête va exploser, je ne veux plus les entendre crier. Je suis fatiguée, je veux dormir et me perdre dans cet espace noir et vide de toute émotion.

-Je ne vous retiens pas, vous n'êtes pas des otages, si vous voulez retourner « maintenant » à Little Angleton, je vous en prie, faite-le... L'argent vous permettra de vous acheter un billet... Si vous rester et c'est « votre » choix, évitez de vous plaindre où allez trouver un travail et un hôtel pour vivre ailleurs que devant l'horrible Claire.

Sur ce elle va dans sa chambre, laissant derrière elle Telma. Je peux lire la détresse de kirsten sur son visage, la douleur qui l’habite. Je sens sa rage qui la transperce. Bien que Claire ait quitté la pièce Kirsten ne la laisse pas s’en tirer sans avoir entendu tout ce qu’elle a à lui dire. Et c’est avec ses tripes que Kirsten achève sa terrible condamnation qui résonne tel un cri venu tout droit de son cœur.

-Comment crois-tu que se sentent les miens. Te rends-tu seulement compte jusqu'à où tu as dû aller pour notre "sécurité" ? Tu as détruit ma famille, tu as fait perdre une mère à son enfant. Te rends-tu comptes de ce qu'ils ont dû trouver en se réveillant ? L'horreur dans leurs yeux, la peur. Je me l'imagine chaque soir depuis que je suis loin d'eux. Chaque soir j'entends un cœur se briser pour une perte encore et encore. Ça se répète sans fin et je sais que ce n'est pas le mien. Je pourrais le supporter ça si c'était moi seule qui me brisait en un milliard de morceaux. Mais là non, là je sais ce que c'est. C'est pire qu'un cauchemar, c'est la plus dure des tortures sentir chaque jour qu'on a détruit les gens qu'on aime le plus sur cette terre... Me faire brûler vive sur un bucher serait une douleur plus surmontable que celle que j'ai maintenant Claire. Tu n'aurais jamais dû apparaitre dans ma vie, jamais, tu as tout ruiné. Tu nous as tous ruinés…

Et sur cette phrase je la vois s’effondrer sur le sol le visage ruisselant de larmes, le corps tremblant.  Son désespoir me pénètre de part en part, je pourrais être frappée d’une demi-douzaine de lames que je ne souffrirais pas plus que je ne souffre déjà de la voir ainsi. Elle reste prostrée sur le sol. La lumière toujours  dorée se déverse dans la cuisine enflammant ses cheveux et faisant éclater la blancheur de sa peau. Elle semble si fragile et pourtant elle est peut-être la personne la plus forte que je connaisse.  Je laisse les larmes couler comme si elles ne devaient jamais s’arrêter, et je laisse mes sanglots s’échapper de ma bouche tandis qu’elle tente de se redresser mais reste à genoux face à moi serrant son linge autour de ses épaules.



"All we had is gone now"


Je me souviens alors de ce qu’elle m’a dit un peu plus tôt alors que nous étions encore seules. -Tu sais si tu as besoin de quoi que ce soit, un conseil, une épaule sur laquelle pleurer, une cuisinière attitrée, une conteuse d'histoires, une amie ou même une maman... Je suis là. Ça nous fera plus de bien que de mal de se serrer les coudes, de parler et de se laisser aller ensemble que chacune dans notre coin. Et elle avait bien raison. Alors je m’agenouille à ses côtés sans un mot, et c’est toujours sans un mot que je la prends dans mes bras. Nos deux têtes enfouies dans le cou de l’autre. Je sens l’odeur de ses cheveux sous mon nez, une senteur de citron. Je sens son souffle dans ma nuque lorsqu’elle m’adresse ces quelques mots :


-Je suis désolée... Je suis tellement désolée Cat'... Tellement...

Je la serre encore un peu plus contre moi et frotte mes mains dans son dos la berçant doucement.

-Désolée de quoi ? Arrête, demain ce sera moi qui craquerai devant toi. Et même je m’inquièterai si tu ne montrais aucune émotion. Je sais que la situation semble désespérée mais… Tu vois la lumière et la poussière qui voltige ? Quand j'étais petite je croyais que c'était de la magie. De la magie à l'état libre si tu veux. Et pour moi ça représentais l'espoir. On les reverra peut-être, quand tout ça sera fini, Claire nous dira peut-être quand les choses se calmerons et alors on ira les retrouver. On va se battre pour ça d'accord ? Toutes les deux, on va on va s’aider, toujours, promis ?

"Tell them I was happy
And my heart is broken
All my scars are open
Tell them what I hoped would be
Impossible, impossible"

_________________







The story of the day I chose to leave you


I don't blame you if you hate me,
I wish you would.
As long as I can still dream,
I'll dream of you.


But now, I'm running away ::
 



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