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 Visite d'un chat [PV Alicia]

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Sorcier Noir
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MessageSujet: Visite d'un chat [PV Alicia]   Ven 2 Mai 2014 - 16:23

Comme à son habitude, Jeremiah flânait dans les rues urbaines, tout entier à ses réflexions que venaient nourrir tout ce qui passait devant ses yeux. Son regard félin observait avec discrétion et précision l’effervescence des citadins, les angoisses, les désirs, les interrogations qu’il cueillait sur les visages et les attitudes. Paris lui plaisait tout particulièrement. C’était l’héroïne d’un paquet de légendes et de mythes roses et romantiques, et, peut-être parce que sa réputation lui assurait toujours une grande attractivité, elle pouvait se permettre d’être en réalité rude et inhospitalière. Les rues allemandes incitent plus à la flânerie : les trottoirs sont plus larges, les gens moins pressés, les boutiquiers plus souriants. La foule de Paris favorise assez moins l’échange humain, et cela faisait sourire Jeremiah. Il calquait son pas sur l’allure rapide des humains qui l’entraînaient en avant, et son regard passait sans s’attarder sur les visages, surtout féminins, qu’il rencontrait. Oh, que ce serait délicieux que tout ce petit monde connaisse la vérité, l’existence de la magie, et reconnaisse la supériorité des sorciers. Cette foule qu’il traversait ne serait plus aussi indifférente à sa présence, il serait comme un capitaine de navire pirate qui fend les flots en se sentant maître de la mer ! Les boulevards bondés de Paris étaient également un excellent entraînement pour développer sa capacité féline dans son corps d’homme ; les mouvements rapides, furtifs, il se glissait partout, presque invisible, baladait ses mains où il le voulait, volait des cigarettes à même le paquet, créait des altercations entre deux personnes, bref, il s’amusait comme un petit fou et se sentait un peu comme catwoman, mais sans la paire de seins. Son petit jeu l’occupa tant qu’il finit par se transformer en chat – en fait, son goût tout félin de la flânerie et de la puissance insoupçonnée faisaient en sorte qu’il était bien plus souvent sous forme animale. En chat, il passa sur les toits et les balcons, passait par les fenêtres ouvertes… La vie parisienne dans son intimité était presque aussi captivante que dans ses rues. Confortablement installé sur le rebord d’une haute lucarne, il observait tranquillement une humaine nue et franchement bien foutue qui faisait cuire du bacon dans une poêle. Chacun ses trips, après tout. Elle lui faisait penser à une esclave qu’il avait connue dans un camp de détention en Sibérie, lors de son grand voyage autour du monde. C’était un camp plutôt petit mais de très bonne qualité, la marchandise venant principalement des contrées pauvres d’Europe de l’est. Quand il y pensait, il avait toujours un petit regret du fait qu’il n’avait pu en ramener, ça n’aurait pas été pratique de se trimbaler une humaine pour un si long voyage. Alors que ses pensées dérivaient en cette direction, il se souvint soudainement qu’il avait reçu un mail de la part du propriétaire du camp, avec qui il s’était brièvement lié d’amitié. Orphéo l’avait repéré et son ami craignait une intervention de ces cons d’exorcistes ; Rosenrot, n’ayant pas trop de temps en ce moment, avait répondu un truc vague à son alerte, et il s’était tourné vers Jeremiah. Qui, non plus, n’avait pas beaucoup sourcillé en lisant ce message. Mais à présent, les bons moments passés dans ce camp lui revenaient en mémoire et, bien que ce ne fût pas un camp très important, il décida d’aller enquêter sur les intentions d'Orphéo à son égard. Surement que cet élan d’altruisme lui passerait dans quelques jours. En l’espace d’un instant, alors que l’humaine s’était retournée pour chercher quelque chose dans un placard, il bondit, vola le bacon encore tout chaud, puis repartit de là où il était venu.
Puisqu’il flânait, autant flâner utile : le QG parisien d’Orphéo ne se trouvait qu’à quelques rues de là. Il courut si vite sur les toits des immeubles qu’il lui semblait voler ; le ciel était immense et tout près, l’air doux. Il se sentait faire une bonne action, pour aider un ami (et ce n’était pas courant), pour soutenir l’esclavage d’humains qui était, somme toutes, dans l’ordre des choses. Il œuvrait donc pour l’ordre des choses, pour l’équilibre du cosmos, tout ça. Bref, il était un peu un héros. Arrivé à destination, par les hauteurs, il se laissa glisser comme du velours sur le toit haussmannien puis sauta sur le premier balcon. Celui-ci donnait sur un riche bureau, décoré simplement mais avec goût. Une jeune femme plus âgée que lui était penchée sur des papiers, la tête dans les mains. Elle était encore mieux foutue que l’humaine de tout à l’heure. Jeremiah avait beaucoup de chances car la fenêtre là encore était ouverte ; après avoir fini de mastiquer son bacon, il sauta sans un bruit. La jeune femme ne tourna même pas la tête, visiblement très concentrée dans sa lecture. Ses sourcils étaient froncés et ses lèvres remuaient sans bruit comme pour appuyer les mots qu’elle lisait.
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MessageSujet: Re: Visite d'un chat [PV Alicia]   Sam 14 Juin 2014 - 19:35

People help the people, and if you're homesick, give me your hand and I'll hold it

Alicia travaillait calmement, les yeux rivés sur un dossier de recrutement dans un foyer pour anciens esclaves au Canada. Orpheo souhaitait les intégrer dans la société magique du mieux qu'ils le pouvaient. La sous directrice planchait là dessus depuis le matin. Elle allait bientôt se rendre sur place pour parler à ces jeunes gens. Elle préparait donc son départ, étudiant les lettres écrites par les ex-esclaves en question, qui représentaient pour certains, une candidature en tant qu'exorcistes, pour d'autres, un simple remerciement. Alicia souriait parfois, souvent émue.

De temps à autres, elle levait les yeux vers la fenêtre. De là, elle pouvait voir la Seine, chevauchée par quelques ponts. Et elle souriait. Elle allait bien. Elle était assez heureuse en ce moment, sa vie était bien remplie, elle s'était faite un nouvel ami, Robb, lui aussi ancien esclave. Elle aimait bien Paris, elle trouvait cette ville apaisante, tout du moins dans les quartiers chics. Oui, Alicia avait un petit côté bourgeoise du XVIe arrondissement, mais elle avait peur des coins sombres et "qui craignent" depuis son enlèvement. C'était comme ça.

Elle était actuellement très concentrée, l'expression écrite du jeune homme qui avait écrit la présente lettre était très approximative. Il ne savait pas très bien ponctuer ses phrases, utilisait des termes étranges, et souvent inexacts, il semblait hésiter comme à l'oral.
Toutefois, cette maladresse de l'écriture ne donnait que plus d'intérêt à Alicia pour cette lettre. A travers elle, elle comprenait que certains esclaves ne comprenaient simplement pas le monde dans lequel ils venaient d'être plongés, ils avaient du mal avec la liberté, la vie en autonomie, les questions philosophiques de la vie...

Tout à coup, Alicia entendit un léger bruit derrière elle. La jeune femme se retourna pour découvrir un chat tout noir, jeune, surement dans la force de l'âge, disons 5 ans maximum. Elle sourit tendrement, elle adorait les félins. Sa fenêtre était ouverte, il avait du passer par là. Elle se pencha pour le grattouiller sous le menton.


-Bonjour Minou, dit-elle alors avec un sourire, remarquant au passage que le félin avait du chaparder quelque chose avant d'entrer ici, il avait le museau et les moustaches qui semblaient huileuses.

Prenant la visite du chat comme une pause bienvenue dans son travail, elle commença à lui caresser le dessus de la tête. Il ne semblait pas particulièrement sauvage. Alicia sourit de plus belle :

-Alors dis-moi, qu'est-ce que tu fais là ?

Elle ne comptait pas vraiment sur le chat pour lui répondre, d'autant qu'elle n'était pas télépathe animale, donc, à quoi bon. Alicia prit le chat et le posa sur ses genoux, continuant à le caresser rêveusement. Son esprit était un peu engourdi, elle avait beaucoup travaillé.

_________________


Ouais c'est pas faux.
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MessageSujet: Re: Visite d'un chat [PV Alicia]   Lun 8 Mai 2017 - 15:46

Cette jeune femme avait le toucher habile. Quand elle le grattait sous l'oreille gauche, elle opérait une pression des doigts contre sa peau puis elle les relâchait doucement tout en le massant. Pression, relâchement. Juste ce qu'il fallait. Tout en se demandant si la main de la jeune femme faisait preuve de la même dextérité avec un sexe masculin, il dardait un œil sur les documents qui jonchaient le bureau. Un foyer d'ex-esclaves du Canada ? Orphéo accueillait vraiment la vermine de tous horizons. A croire qu'ils avaient vraiment de l'agent et du temps à gaspiller. Jer remarqua aussi des enveloppes sur le bureau, adressées à Madame Alicia Roussel. Il releva les yeux et la regarda plus longuement. Elle avait tout l'air d'une petite bourgeoise engoncée dans sa bonne conscience et ses bonnes manies de samaritaine. A tous les coups, elle sauvait des enfants bâtards en leur trouvant un CAP photocopie financé par Orphéo puis allait s'acheter un manteau en fourrure, ou chassait le chien mal odorant du concierge quand il s'approchait de ses chaussures impeccablement cirées. La conscience vernie des sorciers blancs était complètement vomitive. Un jour, Jer était sur le point d'apprendre la politesse à un humain dont le fils lui avait manqué de respect, et il l'avait surpris ramassant un hérisson blessé sur le bord d'une route. Alors il l'avait laissé tranquille, sans un mot, sans se gorger d'une autosatisfaction émue pour tant de mansuétude. Une vie pour une vie, c'était tout.

Roussel lui parlait. Elle lui adressait un sourire vague, comme si elle pensait à autre chose tout en babillant. Comme l'on fait usuellement en s'occupant d'un animal. Toujours, c'est soi-même que l'on regarde, c'est notre propre tendresse qui nous émeut. La boule de poils, on la rejette vite quand elle rappelle, d'un coup, qu'elle n'est pas seulement une peluche, mais un être vivant.

Jer respectait la vie. Il la respectait infiniment ; c'est pour cela qu'il fallait la mériter. Jamais, en tuant, il n'avait rabaissé la qualité d'être vivant d'une de ses victimes.

- Alors dis-moi, qu'est-ce que tu fais là ?

Il se le rappela soudainement. Il avait un ami à mettre à l'abris. Cette Roussel s'occupait d'un foyer d'ex-esclaves au Canada ; certainement, l'affaire d'un camp de traite d'humaines en Europe de l'Est ne devait pas lui être inconnue. C'était plus ou moins la même chose : des humains utilisés pour leurs corps ou force de travail, qu'Orphéo voulait libérer. Ah, le monde était vraiment un Disney pour ces gens-là. Ils aplanissaient tout, ils séparaient tellement le bien et mal qu'ils les confondaient. Ce n'était pas aussi simple. Il n'y avait pas assez de dignité sur Terre pour qu'elle soit partagée par tous, depuis toujours il y avait des asservissants et des asservis. La Grèce Antique fonctionnait sur le fondement de l'esclavage.

Il sauta lestement sur le bureau. Son mouvement fit tomber une liasse de feuilles ; et, tandis qu'elles virevoltaient jusqu'au sol, une forme tracée sur le papier attira soudainement son attention. Comme un flash. Une réminiscence. Un signe égyptien, ou celte, enfin, quelque chose de figuratif et d'ancien. Un rond, non, une spirale plutôt, à mi-chemin entre un œil et un soleil. Roussel s'était déjà penchée pour ramasser le bazar. Jer atterrit sous le bureau et, alors que la jeune femme avançait la main pour ramasser les feuilles, il la griffa sauvagement. Assez vite, du sang barbouilla les feuilles là où, par réflexe, elle avait reculé sa main.

Le signe avait été tracé au bas d'une feuille, une lettre, qui venait de ce foyer au Canada. Et Jeremiah le savait, le sentait autant dans son cœur d'homme qu'avec son instinct d'animal. C'était un signe magique qu'on avait oublié, une fantaisie, ce qu'on appelait dans les histoires une "rune". C'était un délire d'enfant obsessif et trop imaginatif, un enfant qui recherche des repères désespérément, jusqu'aux tréfonds de l'Histoire, jusque dans les fictions.

Il fallait qu'il y aille. Il avait toujours voulu aller au Canada. C'est joli, le Canada, c'est grand. Oh, il allait se faire adopter par la petite bourgeoise. Il allait réclamer ses tendresses.
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MessageSujet: Re: Visite d'un chat [PV Alicia]   Dim 28 Mai 2017 - 22:29

Soft kitty, warm kitty...

Le chat avait l'air content, il ne ronronnait pas, mais presque. Alicia connaissait assez bien les animaux pour savoir qu'un chat pouvait manifester son contentement autrement qu'en ronronnant. Et que le ronronnement pouvait parfois être signe de douleur. Et puis il ne fallait pas oublier, elle était sortie avec un chat. Eh oui, Ren, Renou le chat, le métamorphe félin, il avait partagé sa vie pendant quelques années. Il faudrait d'ailleurs qu'elle pense à prendre de ses nouvelles. Il était marié, à présent, et papa d'une petite fille. Elle se demanda en souriant d'amusement comment était le nippon en tant que père. Probablement un gaga qui ne s'assume pas. Elle sortit son agenda et nota en bas de la page de la semaine "Passer un coup de fil à Ren pour prendre des nouvelles". Le pauvre devait être overbooké, comme toujours.

Bref, Alicia connaissait les chats.

Après l'avoir observée un long moment comme si c'était une créature digne d'intérêt -que d'égards de la part d'un félidé !- le petit animal sauta sur son bureau, et, nonchalamment, sans aucune gêne, marcha allègrement sur ses papiers, les répandant sur le parquet de son bureau. Al posa son stylo, puis ses mains à plat sur le meuble, et considéra le chat d'un air sévère, avant de déclarer :

-Ce n'est pas très aimable ça, Monsieur Chat.

Monsieur Chat était un surnom qui allait bien au petit matou noir. Il semblait un peu sauvage, mais également élégant, avec le regard qui juge, comme le regard de beaucoup de chats, d'ailleurs.

Alors que la jeune femme baissait la main parmi les papiers éparpillés à récupérer, la bestiole, énervée par elle ne savait quoi, la griffa sèchement, violemment. Elle retira immédiatement la main, des gouttes de sang se perdirent sur les pages. Alicia laissa passer un sifflement de douleur et secoua frénétiquement son extrémité blessée.


-J't'ais fait quoi, tabarnak' ? maugréa l'exorciste, prenant malgré elle l'accent québécois.

Elle planta ses yeux bleus, dans ceux, verts et très beaux, presque magiques, du félidé. Il avait l'air tout innocent. Du genre "j'ai rien fait moi, j'ai un alibi, j'étais au cinéma". Elle fronça de nouveau les sourcils, tout en souriant tout de même parce qu'au final, elle aimait trop les animaux pour leur en vouloir. Par habitude, elle choppa tout de même l'animal par la peau du cou, et l'avança devant son visage -pas trop près, pour ne pas se faire griffer- et lui dit fermement :

-Non.

Vilain matou. Elle le gratifia tout de même d'une caresse distraite et très légère sur le dos et la queue avant d'aller désinfecter sa blessure dans sa salle de bain. Saleté, va.

_________________


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