Round 2 [PV Silver]


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 Round 2 [PV Silver]

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Sheryl Charity
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MessageSujet: Round 2 [PV Silver]   Ven 30 Juin 2017 - 17:33

« Un jour, je t’emmènerai regarder la lumière d'un lampadaire qui rougeoie qui vacille sur les berges du fleuve endormi. »


Dissimulée dans un coin sombre de la cage d’escalier, Sheryl fixait son reflet dans le miroir de l’immense hall de cet immeuble bourgeois du Tiergarten. Le noir la noyait. L’épaisse frange de la perruque jetait une ombre sur son visage juvénile. Seule la détermination de ses yeux brillait dans la pénombre et donnait une note étrange à son apparence de jeune sorcière aristocrate qu’elle avait mis deux mois à élaborer. Elle avait choisi un carré plongeant d’un roux éclatant et avait sculpté son visage d’un maquillage ombré. Elle n’avait pas voulu être discrète ; sa mort serait éclatante.

Elle jeta un coup d’œil à sa montre puis reporta le regard sur la haute porte d’entrée. Des arabesques en fer forgé et une lourde vitre la séparaient pour l’heure de sa mort prochaine. Derrière le carreau, un lampadaire brillait. Il constituait une boule de lumière floue, qui la fit cligner des yeux, mais pourtant elle supporta sa lumière vacillante dans sa rétine. Le vent hurlait. Celui qu’elle attendait n’allait pas tarder désormais. Un certain R…, troisième branche d’une famille vieille comme le monde. Sorcier noir. Autant naïf que méprisant. Le genre à n’avoir jamais souffert vraiment. Il l’emmenait danser.

On était le 30 juin. Bientôt, les deux plus longs mois de l’année commenceraient. Sheryl ne les verrait pas passer, elle ne sentirait pas leur chaleur sur sa peau. Elle ne se réchaufferait pas non plus auprès des victoires à venir.

Un mois plus tôt, elle attendait aussi dans l’ombre. Ses mains aussi tremblaient alors. Ses yeux aussi fixaient une lumière vacillante, rougeoyante. Le feu qui projetait dans la nuit des visions d’horreur, des montagnes rouges et dansantes qui broyaient des vies. Le 30 mai, Sheryl était allongée contre le muret de pierre qui parcourait la lande, sur une colline qui dominait Little Angleton. Cette herbe, Sheryl l’avait foulée dans les jours heureux, désormais elle devenait le parterre d’un théâtre de violences. A plusieurs endroits, Little Angleton brûlait. Des sorciers noirs assassinaient sans scrupules les habitants soupçonnés de complicité avec le groupe résistant Ogmios.
« Ogmios est un dieu magicien. C’est le dieu de la magie guerrière. Il terrasse ses ennemis par la ruse et la parole. Il porte une peau de lion. Il est terrible et fascinant comme le ciel nocturne. », se répétait Sheryl, comme on le lui avait appris.
Elle avait été l’une des premières à rejoindre Ogmios. Le groupe résistant s’était formé de façon spontanée, dans l’urgence, après la prise du Mystery. Quelques personnes qui étaient parvenues à s’enfuir n’avaient pas pu se résigner à abandonner l’orphelinat, et les enfants qui s’y trouvaient. Réduite en esclavage parmi les domestiques de Mystery, il avait fallu plusieurs mois à Sheryl pour sortir de sa torpeur. La haine alors l’empêchait d’agir ; puis elle l’avait transformée en force motrice. Elle était devenue une taupe. La taupe. Elle versait du poison dans les tasses de thé, elle écoutait aux portes, elle cachait des fugitifs au cœur même de l’antre ennemi. Quand elle était rattrapée après avoir manqué un service, ou si un de ses regards noirs avait été surpris par un sorcier noir, elle recevait les punitions corporelles sans sourciller. Son visage restait de marbre, il ne versait plus de larmes ni n’affichait aucun sourire. Elle avait l’air de ne plus penser. Son évolution au sein d’Ogmios avait été fulgurante ; elle avait mis ses émotions de côté, et était devenue une machine qui acceptait tous les risques. Sa propre existence n’avait plus de sens en-dehors de son action militante. Cela faisait des mois qu’elle ne dormait plus vraiment. La nuit, elle restait des heures à regarder le ciel, yeux dans les yeux avec la lune. Elle ne se souvenait plus précisément de ce qui avait provoqué sa prise de conscience, sa plongée dans l’action sans corde de survie. Parfois, furtivement, quand elle réfléchissait aux raisons qui l’y avaient poussée, surgissaient dans son esprit l’éclat triste et fort de deux yeux gris-bleus dans un visage pâle et beau. Elle les chassait bien vite. C’était la dernière fois qu’elle avait pleuré : il avait passé la porte et elle était restée assise sur le lit, à sangloter comme une enfant de 16 ans qui ne parvient pas à comprendre pourquoi il y a le bien et le mal. Le soir, elle avait voulu le retrouver et s’excuser, elle avait désiré, d’un coup, lui accorder sa confiance pleine et entière. Elle l’avait cherché partout, dans la vaste bâtisse puis dans la campagne environnante ; il était parti. C’était la dernière fois qu’elle avait pleuré, la dernière fois qu’elle avait eu du désir, un désir positif et humain. Désormais, son seul désir était la mort de tous les sorciers noirs, l’abolition de leur race jusqu’au dernier survivant de la plus petite de leurs familles.

« Il est terrible et fascinant comme le ciel nocturne. », se répéta-t-elle encore, dans l’ombre de l’immense escalier berlinois, fixant toujours la lumière éblouissante du lampadaire.

Elle avait choisi le nom de code de Ceridwen. Ceri, pour les intimes : ça ressemblait à son surnom Cherry. C’était comme ça qu’on l’appelait à l’époque où elle était libre. Ceridwen était un autre personnage de la mythologie celtique, la déesse de la magie, de la mort et de la fertilité. C’était une sorcière rancunière et tenace qui avait mangé celui qui l’avait trompée. Cette nuit-là, en observant les maisons brûler, elle sut que Ceridwen avait tué Sheryl pour tout jamais. Se précipiter au cœur du massacre aurait été du suicide : les sorciers noirs étaient trop nombreux et Ogmios ne comptait qu’une dizaine de membres.

C’est également cette nuit-là qu’elle le vit pour la première fois. Il se tenait droit et fier sur le perron de Mystery, les mains sur les hanches. La campagne et la nuit sans vent portaient les cris des assassinés jusque-là, leurs faibles échos alourdissaient l’air que Sheryl respirait. Un haut dirigeant de Rosenrot, ici ?! Il était entouré du directeur de Mystery et de plusieurs autres membres de la direction. Ogmios agissait depuis le début de la guerre, et jamais ces imposteurs qui avaient pris Mystery, aussi sanguinaires soient-ils, n’avaient ordonné un massacre comme celui-là. Sheryl comprit instantanément que ce degré de cruauté ne pouvait se trouver que dans les hautes sphères des ordres des sorciers noirs. La hiérarchie des sorciers noirs ne pouvaient que correspondre à leur malveillance. Tous les sorciers noirs avaient dans le cœur une germe du mal, et encore plus ceux des grandes familles car ils l’avaient ancrée dans leurs gênes. Du point de vue de cet homme, c’était sans doute une soirée routinière : il avait effectué une visite de routine au Mystery, avait peut être entendu parler d’Ogmios, et avait décidé d’une action de représailles pour les dissuader d’agir encore, en leur coupant leurs soutiens parmi la population humaine locale. Il n’y penserait déjà plus le lendemain, quand les ruines fumeraient encore et que les cadavres bouches ouvertes se gorgeraient de pluie.

Sheryl décida que pour cette banalité, seulement, il mourrait. Elle le tuerait pour cela, pour ce rien, pour cette poignée de cadavres d’humains de Little Angleton qu’il ne considérait pas. Certainement, cet homme avait accompli nombre monstruosités plus terribles encore que le massacre de ce soir-là, mais c’est pour celui-là qu’il mourrait. Ceridwen s’en chargerait.

Et si Sheryl était morte, avalée par Ceriwen, Ceridwen elle-même ne vivait plus que pour l’action. Et son action à elle serait de tuer cet homme : sa résistance ne pouvait plus durer sous les traits invisibles de la domesticité à Mystery, sa résistance désormais serait éclatante.

Plus rien d’autre ne comptait. Et pourtant. Pourtant, elle ne pouvait passer sous un lampadaire sans en observer longuement la lumière tantôt puissante, tantôt vacillante, et en frémir d’un sentiment diffus qu’elle ne parvenait pas à définir.



La lumière changea et elle sortit de ses pensées. Au halo du lampadaire s’étaient ajoutés les phares puissants d’une voiture qui, elle le devina, se garait le long du trottoir. Son portable vibra. R… était arrivé. Il l’attendait.

Elle prit de grandes inspirations et, tout en comptant lentement jusqu’à dix – le temps qu’il aurait fallu pour sortir d’un de ces appartements bourgeois et descendre les escaliers –, elle s’observa une dernière fois dans le miroir. Elle renvoyait l’image d’une jeune femme audacieuse et déterminée. Elle s’était habituée à un physique de jeune fille discrète, pâle et enfantine. Mais, pour mourir, elle avait choisi une identité tapageuse, scandaleuse, séduisante. Il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour adopter l’attitude de la sulfureuse Ceridwen. Plus rien ne subsistait de Sheryl. Sheryl cette petite idiote était restée dans cette chambre au deuxième étage de Mystery, à attendre que des bras marqués de piqûres entourent son corps secoué de sanglots.

Enfin, elle sortit. Sur le pas de la porte, R… l’accueillit avec un large sourire.

« Chelsea, vous êtes ravissante ! »


Le chauffeur se leva pour lui ouvrir la portière et elle ne lui accorda pas même un regard. C’était un humain. R… aussi agissait comme s’il n’existait pas.

Les boulevards défilèrent et, tout en conversant aimablement avec son cavalier, elle resta les yeux rivés sur les halos blancs et jaunes des lampadaires qui formaient presque une ligne continue sous l’effet de la vitesse.

Elle avait tout monté toute seule. Ogmios ne lui avait apporté qu’un soutien logistique. Elle avait appris que sa cible organisait dans son manoir une grande réception pour fêter une victoire militaire des sorciers noirs contre les exorcistes d’Orphéo. C’était un bal, il était apprécié de venir accompagné. Les traditions parmi l’aristocratie des sorciers noirs pouvaient rendre ces derniers prévisibles et manipulables. Elle avait eu accès à la liste des invités. Elle avait retenu les jeunes hommes célibataires, et les avait observés un à un. Elle avait jeté son dévolu sur R…, un jeune homme élevé dans du coton, aux capacités intellectuelles parfaitement réduites à l’idéologie de son milieu. Médiocre, naïf et imbu de lui-même ; il avait suffi de lui débiter ce qu’il voulait entendre pour le ferrer. Sheryl s’était fait passer pour une cousine Cross éloignée, revenue d’un périple de plusieurs années aux Amériques. Chelsea l’aventurière, la sorcière noire fascinante et sortie de nulle part. R… avait hâte de l’exhiber à cette réception, il pensait certainement avoir fait une belle prise. Il l’introduirait sans mal au cœur de l’antre du loup, au plus près de sa cible, le propriétaire des lieux.

Auprès de R…, Sheryl était morte une seconde fois. Leur liaison durait depuis deux mois. Il représentait tout ce qu’elle haïssait : la bêtise, l’arrogance, l’égoïsme, le mépris, la cruauté. Une machine, un produit de ce monde malveillant, qui n’avait jamais une seule fois réfléchi par lui-même. Sheryl avait senti son sexe dur entre ses jambes, elle avait simulé du plaisir en agrippant de toutes ses forces les barreaux de son lit luxueux. Elle n’avait pas pu le regarder, elle avait obstinément gardé les yeux fermés, et au plus fort de son dégoût et de sa colère, elle s’était autorisée, une fois, une seule fois, à songer à la douceur des yeux bleus-gris, à ce corps fort et dévasté qui aurait pu lui faire du mal, et qui lui avait tendu la main. C’était la seule façon pour que son corps se détende, et accepte en son sein cet étranger qu’elle haïssait. En faisant semblant qu’il soit quelqu’un d’autre, ce quelqu’un d’autre. Ensuite, encore une fois, elle avait scellé ses pensées avec la haine de Ceridwen. La haine était un bon ciment.

Sheryl ne pouvait songer à cette rencontre si incongrue qu’elle avait vécu il y avait déjà quatre années. Elle ne le pouvait pas, car cette rencontre dérangeait sa raison de vivre. Le terreau dans lequel était née Ceridwen était un terreau de haine et de vengeance, et sa haine réifiait les sorciers noirs en monstres. Les sorciers noirs n’étaient pas des êtres de pathos, leur chair était la cruauté, leur esprit la domination, leur cœur le mal. Ils apportaient le mal et rien que le mal. Ils devaient être décimés. Il n’y avait pas d’exception possible, car l’exception aux yeux bleus-gris venait chambouler tout l’édifice qui la faisait encore tenir debout.

Enfin, la voiture s’engagea dans la longue allée qui menait au manoir des Soul. Sheryl était morte dans les larmes de son esclavage, dans le feu de Little Angleton puis dans le sperme du sorcier noir ; en pénétrant dans la demeure ennemie au bras de l’ennemi, le cœur de Ceridwen ne battait pas. Seule la haine l’animait.

Un lustre massif était suspendu au centre de l’immense salle de réception. Comme à l’ancien temps, il était constitué de mille bougies et non pas de lumière électrique, ce qui rendait l’ambiance mystérieuse et vacillante. Les grandes tentures le long des murs étaient rouges et la lumière des bougies dansaient sur les tissus. La lumière… qui rougeoie et qui vacille… Où avait-elle entendu cela ? Ceridwen ne l’avait jamais entendu. Elle chassa cette pensée et adressa un sourire à R… qui l’entrainait toujours plus en avant. Les berges du fleuve endormi… Tout à coup elle se souvint de ses yeux pâles et bleus, un peu gris-mélancolie, mais calmes, très calmes, tristes, ils l’avaient appelée, doucement, sans un mot… ils ressemblaient à la surface d’un lac sans fond, froid et majestueux, qui aurait reflété une aube claire. Pourquoi pensait-elle à ça maintenant ? Elle chancela et R… la retint avec surprise. Elle posa sa main sur son épaule et hocha la tête pour lui signifier qu’elle allait bien. Elle n’avait plus de mots. Sheryl, soudainement, comprit pourquoi elle était ici, au manoir des Soul. Ceridwen paniqua. Elle plongea sa main dans son sac, et tout en souriant, trouva, entouré dans un tissu gorgé de poison, le poignard qu’elle avait apporté. Elle en caressa la lame, doucement. Sa haine ne tarda pas à revenir, et Sheryl à se terrer loin, très loin sous elle.

Elle était venue pour tuer Allen Soul. Il n’y avait rien à ajouter.

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Dernière édition par Sheryl Charity le Mar 20 Nov 2018 - 17:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Round 2 [PV Silver]   Mar 4 Juil 2017 - 13:40



Round 2

Avec Sheryl Charity

C'est l'histoire d'une rencontre avortée. Comme une promesse arrachée. Comme un rendez-vous manqué dans lequel les deux protagonistes continuent à avoir des regrets quelques années aprés. Un des deux s'est enfuit car c'est la seule proposition qu'il a eu toute sa vie : s'enfuir face à l'adversité, face à la peur, face à l'amour, face à sa vie.

Il y a quelque chose au fond de moi. Quelque chose auquel je ne pourrais jamais échapper, c'est Amandine. Je sais que quand elle est partie, tout a changé. J'ai plongé. J'ai fuis comme d'habitude car mon coeur n'était qu'un vide, un espace sans fond et sans matière qui ne pouvait se résoudre à être rempli. J'ai commencé à me droguer parce que c'était les moments où j'étais capable de ne plus penser à toi.

Puis j'ai rencontré Sheryl. Je ne dirais pas que ma vie a été changée car ce n'est pas vrai. Mais, à la lueur d'une lumière faiblissante, il m'arrive de me souvenir de ton regard, de tes airs un peu indignés, de ton attitude lunatique. Ce matin là, j'étais loin d'imaginer que j'allais te rencontrer. Aprés des premières minutes qui semblaient agréables, tu avais fait volte face et t'avais voulu m'attaquer. Je m'étais enfuis. Comme d'habitude.

Je ne suis pas un sorcier noir comme les autres. Je ne suis pas Red, je ne veux pas que le sang coule à chacun de mes passages. Je ne suis pas comme Anja, je ne suis pas d'une froideur sans égal. Je ne suis pas Bleuann, cynique et sans espoir. Je suis juste Silver. Je ne veux pas être apprécié, je ne veux pas être détesté. Je veux juste qu'on me laisse tranquille.

Durant ces années où je ne t'ai plus vu Sheryl, j'ai arrêté la drogue et j'ai arrêté de faire n'importe quoi. J'ai compris que ca m'apporterait que des merdes. Que de me laisser couler n'étais pas la solution sauf si je tenais à voir les abysses de prés. Je crois que je les avais déjà frôlé, un soir où la vie me semblait être une perte de temps.
Quand j'ai compris que Bleuann ne serait pas là.
Quand j'ai compris qu'Amandine ne reviendrait pas.
Quand j'ai compris que toi, tu étais perdue.

J'ai essayé tant bien que mal de m'investir dans Rosenrot. Je fais ça pour qu'on me lâche. Pour que mon père arrête de me rabaisser à longueur de temps. J'ai perdu mon sourire. J'ai perdu mes yeux rieurs. Je suis loin d'être la joie. J'en veux à la terre entière. Ma tristesse a laissé place à une putain de haine. La haine qui vous prend aux tripes. La haine d'un monde injuste, la haine d'une famille sans rapport, la haine d'une vie ratée.

Le temps est bon.
Le ciel est bleu.
J'ai deux amis qui sont
Aussi mes amoureux.
Link


C'est notre histoire Sheryl. Je ne serais pas ton héros. Je ne suis pas celui qui va venir te sauver au fond de ta misère. Je sais même pas ce que t'es devenue. Est-ce que t'es toujours une esclave ? Parce que je ne suis plus aussi pitoyable. J'aimerais me sortir de cette morosité, de cette haine et devenir te délivrer. Mais c'est trop pour moi. Te choisir alors que je ne te connais pas c'est impossible.
J'ai voulu te retrouver parfois mais quand je savais que je touchais au but, je t'évitais. Je suis comme ça. Tu sais, je te l'ai déjà dis. Je fuis.

Je suis au manoir Soul en ce moment. On m'a bougé, fini l'orphelinat. Cet endroit était malsain de toute façon. Je ne supportais plus de penser à toi. Pourquoi tu m'as marqué comme ça Sheryl ? T'as rien fait. T'es juste... Quelqu'un que je connais à peine. Je suis vraiment irrationnel. Les coups de foudres existent mon coeur me le dit. Mon cerveau me dit que je ne devrais pas. Que je ne suis pas capable d'aimer et de me consacrer à qui que ce soit. Je suis un être dénué de sens et rempli de sentiments inutiles. J'aimerais être quelqu'un que l'on regarde. Pas un simple fantôme que l'on ne considère pas. Je ne suis pas une machine à tuer, je le sais. Je ne suis pas celui que tout le monde aimerait que je sois.

Qu'est ce que je fous à la maison ? Ben, j'attends d'être "staffé" comme on dit. La période est un peu creuse et je n'ai pas de mission. J'occupe mes journées en lisant et en écrivant. Je n'ai jamais été trés doué pour écrire mais j'apprécie le faire de temps à autre. C'est la seule manière que je trouve pour supporter à cette pression ambiante. Allen et Aria sont vraiment... spéciaux. Pourquoi aucun de leurs enfants ne les aiment ? Ça doit être une situation difficile à vivre. Oh je sais pas Silver, parce qu'ils sont cons ? Sans doute. Mais je ne peux m'empêcher de ressentir un pincement au coeur. Et puis je les croise et je me rappelle à quel point c'est justifié.
Je les hais.
Ils ont tués mes rêves.
Ils ont fait de moi un clone de couleur.
Ils ont assassinés ma famille.

C'était le soir, il y avait une réception où mon père devait encore être le centre de l'attention. Par politesse mais aussi et surtout par obligation. J'étais vêtu d'un beau costume bleu foncé, avec des boutons argentés sur ma veste. J'avais aussi une belle ceinture. Tout ça avec l'argent de papa. Par papa, pour papa. Je me sentais comme un clown dans ces habits qui ne reflétaient en rien ma personnalité. Qu'est ce que j'étais mal à l'aise entouré de tous ces gens qui sont là pour montrer leur puissance et leur richesse.
Une réunion des sorciers noirs, seriously ?
I'm not in for this.

Père aimerait que je me trouve une femme à marier ce soir. Il y avait en effet de charmante jeunes femmes mais il les connaissait déjà à peu prés toutes et elles avaient tous un problème. Certaines étaient des folles. Mais au sens propre du terme. Prêtes à dérailler à n'importe quel moment, à mentir, à tuer, à voler. Tout ça pour parvenir à leur fins, si diverses soit-elles. D'autres cherchaient l'argent. Certaines étaient moches. Enfin, on pouvait aussi trouver des femmes avec la perspicacité d'une loutre autiste. Autant dire que ce n'était pas brillant.
Je pensais à toi Sheryl ce soir. Où étais-tu ? Que faisais-tu ?

Une coupe à la main, je regardais cette fourmilière de pouvoir.
Non, décidément, je ne suis pas fait pour ça.


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Sheryl Charity
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MessageSujet: Re: Round 2 [PV Silver]   Jeu 6 Juil 2017 - 14:33

L'espace d'un instant, un voile rouge recouvrit la vision de Sheryl comme un électro choc. Il était là, il se tenait au milieu du grand escalier recouvert de bleu, un coude nonchalamment posé sur la rambarde. Sa prestance le faisait paraître plus grand qu'il ne l'était.

Quand Allen Soul fit son apparition, une clameur enfla parmi les invités, puis elle s'évanouit quand il leva une main dans un sourire. Le sourire d'un homme pleinement auto satisfait. La musique elle aussi s'arrêta pour laisser place à son discours.

"Amis sorciers, je vous souhaite la bienvenue. Ce soir encore, nous écrivons une page de l'Histoire."

Oh mon dieu. Encore un discours politique fumeux. S'ensuivit toute une myriade de conneries sur la suprématie bientôt entièrement acquise des sorciers noirs sur le monde, le recul pathétique d'Orphéo, et autres sujets tout aussi réjouissants. Le patriarche Soul déblatérait les croyances et illusions typiques de sa situation de vieux sorcier cis mâle blanc issu d'une famille privilégiée anciennement illuminée. De façon assez classique, il dessinait les contours d'un horizon stable et final de progrès du monde où l'ordre naturel des choses - la domination des sorciers - s'épanouirait dans un ciel bleu azur.

La guerre qu'ils menaient rentrait dans les plans d'une fatalité ordonnatrice.

Tant que cette poignée de cons illusionnés ne comprendraient pas que tout système dominant ne peut se maintenir sans une idéologie crédible et acceptée par le plus grand nombre, ils n'auront rien gagné du tout. Et pardon, poursuivit Sheryl dans sa tête, mais la tautologie de "Nous devons dominer car nous sommes les dominants" ne constituait pas un argument apte à remplir cet office.

Enfin, il fallut danser.

Allen Soul descendit les quelques marches qui le séparaient de ses invités et, en se dirigeant vers sa femme, passa près du couple que formait R… et Sheryl. Sa manche frôla l’épaule de la jeune fille et elle leva les yeux. Il avait les yeux gris-bleu.

Devant R…, le maître des lieux s’arrêta.

« Je suis ravi de te voir ici mon petit. Toujours pas décidé à rejoindre les rangs de Rosenrot ? », le salua-t-il dans un sourire distrait.

R… eut un petit rire intimidé. Face à son aîné, il faisait beaucoup moins le fier.

« Rien ne me ferait plus plaisir, Monsieur, soyez-en assuré !, s’exclama-t-il, Mais je suis encore en période d’entraînement. »

Allen Soul lui adressa un sourire de connivence et répliqua :

« A ce que je vois, c’est surtout que tu as des préoccupations de ton âge, jeune homme. »

Et il désigna Sheryl, qui, durant tout l’échange, n’avait pu émettre un mot, et était restée les yeux rivés sur le visage de celui qu’elle se destinait à tuer. Allen Soul la regardait, Allen Soul lui souriait. D’un coup, elle comprit qu'elle ne s’était absolument pas préparée à ce moment. Elle était une gamine partie se brûler les ailes trop tôt. Son soi-disant courage était enrobé sous une épaisse couche de mauvaise foi, et, en terrant si loin sous terre la moindre de ses émotions, elle ne pouvait plus réagir quand celles-ci revenaient en force et assiégeaient ses pensées et son cœur.

« Monsieur, j’ai l’honneur de vous présenter l’exquise Chelsea Cross, déclara bêtement R…, Elle nous revient tout droit d’Amérique où sa famille est partie s’oublier depuis trop de générations ! »

La petite histoire de la famille exilée d’une lointaine cousine Cross ne parut pas satisfaire le sorcier noir. Il gardait les sourcils froncés et son sourire s’était crispé. Mais Sheryl n’y faisait même plus attention. La dure et inébranlable Ceridwen paraissait avoir complètement disparu de son visage. Elle gardait les yeux fixés sur l’homme qui lui faisait face. Il avait les mêmes yeux que Silver. Enfin pas exactement. La couleur, l’abysse. Quelque chose qu’on ne devinait pas tout au fond. Sheryl crut qu’elle allait suffoquer mais, pour un regard extérieur, elle demeurait parfaitement impassible. Elle ne se souvenait que vaguement ce qu’elle faisait là. Oui, les sorciers noirs, oui, le massacre de Little Angleton. Il fallait qu’elle fournisse un énorme effort de son esprit pour se remémorer ces images destructrices qui l’avaient pourtant hantée des mois durant.

Heureusement, un élément extérieur vint mettre fin à son trouble. Aria Soul avait pris le bras de son mari.

« Allen ! Tout le monde n’attend que toi pour lancer la danse. »

Allen Soul adressa un hochement de tête poli à Sheryl et son cavalier et son dos disparut dans la foule. R… se tourna vers elle pour l’inviter à danser. Elle le repoussa poliment, en prétextant aller chercher des verres, et il accepta la proposition d’une autre jeune femme visiblement elle aussi abandonnée.

Sheryl souffla profondément et se dirigea vers le buffet. Ces yeux-là, les yeux Soul, ne paraissaient pas pouvoir faire du mal. Elle pouvait observer Allen Soul aussi longtemps qu’elle le voudrait, elle ne voyait qu’un être social, mondain, père de famille, mari, aimable voire prévenant pour ses invités, maîtrisant sa réception comme on maîtrise sa cour. Elle ne voyait pas un monstre sanguinaire. Il était un sorcier noir, pourtant. Ses crimes auraient dû marquer son visage ! Ils ne pouvaient pas être tous des Dorian Gray cachant un portrait de leur âme noire quelque part derrière un de leurs lourds rideaux !

Mais elle ne pensait même plus à sa mission ni à son but. Une pensée, insidieusement, avait fait son chemin de son cœur jusqu’à sa tête.

Je suis chez Silver. Je suis chez Silver. Il vit ici. Il descend ces escaliers tous les matins. Il est servi, à chaque repas, par ces humains et ces humaines en tenue de domestiques, et que personne ne voit. Lui non plus certainement ne les voit pas. C’est un sorcier noir.

Elle s’empara d’une coupe de champagne qui était passée devant ses yeux, et sut, à la première gorgée, que c’était faux. Silver les remarquait, Silver ne traitait pas les humains comme les autres sorciers noirs. Il l’avait bien remarquée, elle, il l’avait prise dans ses bras. Et ça avait été un des moments les plus doux que Sheryl ait connu depuis le début de cette putain de guerre. Alors pourquoi l’avait-elle attaqué ? Elle avait eu envie de le détruire, parce qu’il cassait tout, il foutait tout en l’air. Comment pouvait-elle combattre les sorciers noirs s’il y en avait comme Silver ? Comment pouvait-elle avoir des ennemis si son ennemi était Silver ?

Non. Stop. Elle était Ceridwen, et elle allait tuer le plus de sorciers noirs qu’elle pourrait. Tous, sans distinction. Silver devait être hypocrite ce matin-là. Il le fallait. Il fallait qu’elle le voie et qu’il soit un sorcier noir, comme les autres.

Il fallait qu’elle le voie.


Il était adossé contre une colonne, pas très loin de la sortie, et observait les danseurs tourner sans beaucoup de conviction. Il paraissait profondément ennuyé.

Sheryl se souvenait de lui dans un état piteux, drogué et hagard. Désormais il se tenait droit et était vêtu d’un costume propice à l’occasion. Il ressemblait déjà plus à un sorcier noir.

Elle s’avança le cœur battant. De toute façon, il était absolument impossible qu’il se souvienne d’elle et la reconnaisse. Les esclaves de Mystery étaient invisibles. Et puis, sa couverture et son déguisement étaient convaincants.

« Moi aussi, ce genre de mondanité m’ennuie quelque peu. », déclara-t-elle quand elle fut à son niveau.

Son ton était ferme et sans un bémol, son sourire doux et discret. Elle enchaîna sans qu’il n’ait eu le temps de répondre :

« Chelsea Cross, enchantée. »

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MessageSujet: Re: Round 2 [PV Silver]   Jeu 6 Juil 2017 - 23:48



Round 2

Avec Sheryl Charity

Que pensiez vous qu'il allait arriver ? Mon père bien évidemment. Dans toute sa splendeur. Les cheveux brossés en arrière, un costume impeccable et sobre. Lorsqu'il fit son apparition en haut des marches, une clameur monta dans la salle.
Oh mon dieu, pourquoi je suis là ? Je ne le supporte pas. Regardez le, regardez le ! Il fait son petit fier mais quand on sait d'où provient son argent, on peut tout simplement rigoler. Oh c'est par héritage, oh t'as rien fait de ta vie. Je sais, c'est un peu acide. Il léve la main tel un petit chef et la salle se tait. J'ai envie de balancer ma coupe et me casser. C'est d'un ridicule.

- Amis sorciers, je vous souhaite la bienvenue. Ce soir encore, nous écrivons une page de l'Histoire.

Une page de l'histoire du ridicule ? Oui t'es pas mal placé pour l'écrire, père. Qu'est ce qui se serait passé si j'étais né dans une autre époque ? Ca aurait été pas si mal. Maintenant, t'es juste jugé sur la qualité de ton sang et sur ta capacité à tuer. Mais moi je ne sais pas vraiment faire ça. Je me contente de survivre. J'aimerais exprimer mes qualités autrement. Au travers de l'art par exemple. Je me vois bien artiste... Ou sportif.

- Le sang dans le monde magique est de plus en plus ! Nous progressons et bientôt ces mêlés seront réduit à néant !

C'est ça. Je suis presque sûr qu'il y en a encore beaucoup et qu'ils sont juste cachés. Le jour où ils vont se soulever ça va te faire mal. Je le sais. Je bois encore un coup. Ca m'aide à écouter tes conneries, père. Je pense à Bleuann, je pense à Green, je pense à Cyan. Est-ce qu'ils sont là ce soir ? Je sais même pas. C'est bien la preuve que je suis de plus en plus isolé du reste de ma famille.

- Réjouissez vous ce soir auprés d'une compagnie pure ! Bonne soirée, amis sorciers.

Dans un tonnerre d'applaudissements, il descendit le reste des escaliers qui le séparait des invités puis pris un "bain de foule". Oh. J'ai loupé une partie de ton discours, père. Désolé, mais tu n'étais pas trés intéressant. Je sais, je suis parfois un peu amer. Et acide. Mais au fond, si ce soir je vois quelqu'un qui tente de l'assassiner, je le sauve.
C'est un questionnement complexe, même au fond de moi même. Je ne l'ai pas encore totalement résolu, je crois. Je ne l'aime pas, c'est définitivement quelqu'un de détestable, d'arrogant et il est responsable de la mort d'Amandine. Je lui en voudrait toute ma vie pour ça. S'il mourrait en ma présence, je devrais vivre une vie de réclus parce que je sais que ça me retomberait sur la gueule. Comme d'habitude. Qui blame-t-on si y a un problème dans la famille Soul ? Ben Silver évidemment. Pas assez classe, pas assez bien, pas assez clean. Je soupire. Encore une soirée à voir des dégénérées.

On ira, on saura.
Sauver notre existence.
Se donner une chance
De tout effacer,
On ira, on saura
Sauver notre existence
Pour refaire, un monde sans danger.

- Moi aussi, ce genre de mondanité m’ennuie quelque peu.

Et bah tiens. Quand on parle du loup. Je ne prends même pas la peine de tourner la tête. Je sais que c'est une dégénérée. Qu'elle veut mon sexe et ma semence Soul. Youpi. Encore une. Qu'est ce qu'elle veut celle là ? Mon argent ? Le nom de famille ? Je soupire intérieurement tandis que les danseurs tournoient en face de moi. Je me demande un instant si mon père ne l'a pas envoyée. Je finis ma coupe d'un trait tandis qu'elle poursuit.

- Chelsea Cross, enchantée.

Cross... Cross... Cross !!! Je relève la tête un peu paniqué. Dans ma tête les gyrophares rouges font des tours à toute vitesse. Cross. Ce n'est pas un bon nom de famille à côté de moi. Ou plutôt c'est un trés bon nom de famille et ca confirme totalement le fait que c'est probablement mon cher père qui me l'a envoyé.
Son prénom par contre, me dit qu'elle n'est pas de la famille française. C'est la pire branche de la famille. Dorian, le fameux Dorian, le tueur, le stratège, le chef. Ses enfants, Dylan, Antoine, Gabryelle. Son ancienne femme. Vous savez comment il l'a tuée ? Il la battu à mort. Je ne connais pas les raisons donc je m'avancerais pas mais je ne suis pas sûr que ça soit une raison valable pour la tuer. C'était probablement juste pour s'amuser. Bref. Dans tout les cas Chelsea ne sonnait définitivement pas français.

Je me tournais enfin vers elle. Une jeune femme, bien maquillée, les lèvres pulpeuses. Les cheveux châtains et attachés. Des yeux bleus qui me transperçaient. Un petit sourire aux lèvres. L'alarme continuait de sonner dans ma tête en me disant que ce n'était pas un bon signe qu'une Cross vienne me voir. Comment je devais la jouer ? Est-ce que je devais fuir ? Non. Je devais me montrer courtois et discipliné. C'est pourquoi, je me suis armé de mon sourire le plus automatique possible avant de dire d'une voix neutre.

- Silver Soul, enchantée mademoiselle Cross.

Je lui ai pris la main et embrassé brièvement, comme le veux la tradition. Ca me faisait penser aux rallyes. Vous savez, ces espèces de réunions où des enfants de bonnes familles se rencontrent afin de former des futurs couples pour faire des alliances entre famille. Si Père me l'avait envoyer, je devais au moins avoir la courtoisie de faire semblant de m'intéresser à elle. Je ne suis pas un chien non plus, la jeune femme n'avait pas l'air forcément désagréable.
J'ai regardé un instant derrière elle. J'avais du mal à trouver mes mots. Elle avait l'air si confiante comparé à moi. Un frisson me parcourut. Je n'étais toujours pas à l'aise. Pas à ma place. C'était pas moi, cette personne a peu prés correcte qui se tenait la droit devant une femme avec le nom Cross.

- Je suppo...

- Oh Silver, tu es en ravissante compagnie.

Je m'étais fait brutalement coupé par Aria, ma mère. Grande, mince et élégante, c'était l'alter ego parfait de Père. Elle avait les cheveux châtains et mi longs et elle faisait très sévère.
Elle avait dit cette phrase sur un ton froid et acide, comme à son habitude. Elle ne savait pas montrer de la chaleur. Mère était toujours dans cette froideur, cette rigueur qui la caractérisait.
Elle tendit la main à Chelsea et lui serra assez froidement.

- Bonsoir Mère, voici Chelsea Cross.


Mère la regarda avec dédain. Je crois tout de même avoir vu un soupçon de fierté dans ses yeux. Je pense qu'elle serait heureuse si j'épousais une Cross. Comme ça je ne serais plus un poids pour la famille. J'ai jeté un œil à Chelsea, elle ne semblait pas particulièrement secouée par cette rencontre. Elle avait l'air plutôt impassible. Mère s'éloigna non sans un dernier regard hautain envers moi.
Je suis ton fils. T'as pas besoin de me jeter ce genre de regard avec tes yeux foncés, ton regard noir et ta dégaine de m'as-tu-vu.

- Je suis désolé. Mère peut être un peu acerbe parfois.

J'ai jeté un regard entendu à Chelsea. Je n'étais pas responsable des actes de mes parents mais je me sentais tout de même obligé de m'excuser. J'ai jeté un regard vers le plafond, ce plafond luxueux et ancien. Je n'ai cesse de me le répéter mais je ne suis pas à ma place. Définitivement.
Un sentiment de malaise qui régnait dans mon dos.
Quelque chose ne se passait pas comme prévu.

- Je suppose que...

Et encore une fois, je me fis interrompre.



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Sheryl Charity
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MessageSujet: Re: Round 2 [PV Silver]   Mer 18 Avr 2018 - 22:43

Silver avait bien changé. Il avait pris de l'assurance, il ne semblait plus au bord d'un gouffre, près à basculer, comme au jour de leur rencontre. Simplement, un agacement dissimulé et un profond ennui apportaient une fausse note à son amabilité, mais l'éducation des Soul étant ce qu'elle est, ses mécaniques de politesse étaient assez huilées pour qu'il présente un visage à la fois parfaitement impénétrable et tout à fait cordial à Sheryl. Tout au plus montra-t-il une émotion ressemblant à de la curiosité quand il entendit le nom de Cross.

- Silver Soul, enchantée mademoiselle Cross.

Sheryl ne put réprimer un frisson quand il lui prit la main. Elle était tellement nerveuse que le moindre contact physique tendait ses muscles au maximum.

Toutefois, Sheryl sourit. Silver n'était plus cet être touchant qui l'avait tant ébranlée quand elle n'était encore qu'une petite idiote impressionnable. Il était un sorcier noir en costume, tellement habitué à tout ce luxe qu'il avait fini par en être blasé, mal à l'aise certes, mais parfaitement adapté à ce milieu. Aucun signe révélant une addiction quelconque, aucune détresse - Sheryl en vint à douter de son souvenir. Oui, c'était cela : elle s'était trompée, la gamine qu'elle avait été, quand elle avait rencontré Silver, était tellement désespérée à ce moment-là qu'elle avait inventé cette humanité, cette empathie chez ce sorcier noir. Il ne pouvait qu'en être ainsi.

Sheryl prit une grande inspiration. Ses pensées allaient à toute vitesse dans sa tête. Oui, il fallait que Silver soit aussi détestable que les autres de sa race. Il le fallait, car sinon, sa haine des sorciers noirs en était ébranlée. Si un sorcier soir pouvait être différent, alors le doute s'insinuait dans son action, et l'enrayait. Non. C'était impossible. Ce soir, elle tuait Allen Soul, et ce soir, elle prouvait que Silver, son fils, était de la même trempe que lui - que tous ces connards nourris de mépris.

Elle vengerait ses morts, elle vengerait son enfance arrachée. Elle lacérerait son beau visage pourtant si aimable.

Aria Soul les interrompit. Glaciale, expéditive. Un monstre - comme les services de renseignements de Ogmios l'avaient décrite - et elle aussi, elle mourrait sous le coup de Ceridwen. Ce serait facile, Sheryl pourrait même la regarder droit dans les yeux en la tuant, tant ses yeux étaient glacés. Et pourtant. Pourtant, quand elle repartit, elle jeta un regard par-dessus son épaule, un regard de mère fière de son fils, et même un demi-sourire rompit le masque glacé de son visage. Probablement qu'elle était fière de l'attitude sociale de son fils, en compagnie d'une jeune lady Cross. Mais alors, même ces monstres sanguinaires pouvaient être des mères, des pères, des fils fiers et aimants.

Non, Sheryl, lui intima fermement Ceridwen. Ne te laisse pas berner. Ce sont des animaux politiques, tous, toutes, ils font semblant. Il n'y a pas de place pour l'amour dans leur petit monde aux murs décorés de sang.

Silver avait parlé, mais Sheryl n'avait pas écouté. Elle se reconnecta difficilement à la discussion. Elle ouvrit la bouche pour lui répondre, mais elle n'avait plus de salive, plus de mots. Dans son coeur, elle le sentait, battait faiblement - très faiblement - le doute. Heureusement, ils furent encore interrompus, et elle accueillit l'intervention avec soulagement.

-Ah, Silver !, lança un homme que Sheryl ne connaissait pas, mais dont la forte voix sonna désagréablement à ses oreilles. Il était accompagné d'un autre homme tout aussi inconnu. Nous te cherchions. Tu as été affecté dans cet orphelinat perdu en Ecosse, n'est-ce pas ? - Il n'attendit pas d'acquiescement et enchaîna immédiatement - Mon ami et moi-même en parlions justement, et...

Il s'interrompit soudainement et se tourna vers Sheryl. En la découvrant, son visage se fendit d'un large sourire que Sheryl identifia immédiatement comme celui d'un prédateur.

- Mais je suis impoli, pardonnez-moi mademoiselle. Je ne crois pas vous avoir déjà croisée, un visage aussi charmant ne peut pas s'oublier ! Comment cela se fait-il ?


Son ton était interrogatif, et Sheryl répondit d'un ton qu'elle voulut énergique :

- Chelsea Cross, enchantée. Je suis arrivée sur le Vieux Continent seulement il y a trois mois, je viens tout droit du Nevada.

Il partit dans un grand rire extrêmement dérangeant.

-Eh bien, vous devez être bien dépaysée ! Figurez-vous - vous n'allez pas me croire - que ces bouseux d'Orphéo avaient établi une sorte d'établissement miteux, complètement perdu dans une sombre campagne d'Ecosse, enfin, quelque chose d’invraisemblable, où ils mélangeaient le jeune sang sorcier - c'était un orphelinat - à tout va avec des raclures locales, je vous passe les détails.

Comme il marquait une pause, Sheryl, raidie jusqu'à la racine de ses cheveux, et comme Silver ne disait rien, se sentit obligée de répondre :

- J'en ai entendu parler, oui.

L'autre enchaîna rapidement :

- Eh bien, je vous rassure, tout est rentré dans l'ordre, nous le contrôlons à présent. Mais toutefois, j'ai eu vent d'un groupe d'agitateurs qui, semble-t-il, mène leur petite gueguerre de leur côté contre nos hommes sur place. Et surtout, contre nos propres élèves ! Pauvres enfants, être le spectacle de tant de médiocrité. Allen, je crois bien, est allé mettre un terme à leurs agissements il y a peu, mais je me demandais, Silver, si vous en aviez des nouvelles ? Vous étiez sur place il n'y a pas si longtemps.

Décidément, cet homme parlait beaucoup, trop plein de son ego, comme tous les sorciers noirs, en somme. Si surs de leurs propres supériorités. Sheryl aurait voulu, lentement, lui trancher la gorge, avec minutie, pour l'empêcher de déblatérer ses insultes à l'encontre de Mystery Orphanage. Tandis qu'encore !, il reprenait la parole, Sheryl observait d'un oeil impassible la peau nue de son cou et sa glotte s'agiter à chacune de ses intonations, et elle imaginait la lame dessiner une traînée rouge de la gauche vers la droite.

- Je vous avoue, mon cher ami, qu'en vérité, si je vous en parle, c'est que cette histoire m'amuse beaucoup - il émit un petit rire, presque gloutonneux - Ils se sont d'ailleurs affublés d'un nom ridicule, comment est-ce déjà ? Ogmios. ça ne veut rien dire, c'est parfaitement ridicule...

- C'est le nom d'un dieu magicien guerrier, intervint tout à coup Sheryl d'une voix sombre. Dans le panthéon de la mythologie celtique, c'est le troisième dieu le plus puissant. Je vous déconseille fortement de l'insulter.

Elle l'avait coupé sans réfléchir. Quand il avait commencé à évoquer Ogmios, un feu soudainement avait brûlé l'intérieur du ventre de Sheryl et allumé son regard. Ceridwen s'était réveillée. Elle n'avait même pas dissimulé sa colère, son masque mondain s'était écroulé, et elle n'avait pas pu empêcher son ton d'être menaçant.

Soudainement paniquée, elle balbutia :

-Je... J'aime beaucoup la mythologie.

Et se tourna vivement vers Silver en quête de secours.

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Dernière édition par Sheryl Charity le Jeu 19 Avr 2018 - 20:02, édité 1 fois
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