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 Young fools | Bleuann

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MessageSujet: Young fools | Bleuann   Ven 28 Juil 2017 - 10:33

And we know that love is, overrated in this goddamn world

Plusieurs mois qu'Ange s'était retrouvé dans ce lit, dans cette chambre d'hôtel, à Londres, avec cette fille. Bleuann. Maintenant il connaissait son prénom. Et elle connaissait le sien. Enfin tout du moins, c'était son prénom qui s'affichait lorsqu'elle recevait un SMS de lui. Un SMS qui proposait souvent de se retrouver, chez lui. Parfois encore dans un hôtel. A l'hôtel, c'était quand Oli-le-colocataire était là, et que lui aussi comptait ramener une conquête le soir même. Les deux jeunes hommes s'arrangeaient sans trop de problèmes sur cet aspect là. De toute façon, l'américain était tellement plein aux as qu'il pouvait se permettre des chambres d'hôtel bien plus souvent que son ami, et ce, sans même travailler.

C'était donc un de ces jours là, un milieu d'après midi, et Ange devait retrouver Bleuann à Kensington, dans les jardins. Pourquoi là et pas directement à l'appart ? Simplement parce qu'aujourd'hui il avait reçu un message de la part de la jeune femme alors qu'il était en train de remplir un rapport de mission au QG d'Orpheo, et qu'elle se trouvait dans le coin, alors autant se retrouver là, et faire le trajet ensemble. Peut-être même qu'elle accepterait de faire un tour dans le parc avant qu'il ne se réfugient dans son lit, ou sur son plancher, et qu'il lui fasse l'amour.

Il avait du mal à appeler ça autrement, tellement le sexe était intense avec cette fille. D'ailleurs, il n'en avait pas vue d'autre depuis cette fameuse matinée, où ils s'étaient déchirés, et leurs corps s'étaient violemment aimés. Bien sûr, il ne lui avait jamais dit ça. Eviter de se retrouver dans une position de faiblesse, devant cette sorcière si froide, si belle, inaccessible sauf dans les instants de plaisir charnelle, durant lesquels ils se donnaient l'un à l'autre, sans réserve.

Et en dehors, ils parlaient peu. Il ne savait même pas si elle faisait partie d'Orpheo, ou pas. Si elle avait un travail dans le monde des innocents. Qui étaient ses parents, avait-elle des frères et sœurs, ce qu'elle aimait faire pendant son temps libre. Il savait juste que les rares fois où ils partageaient des mots, ce qu'il entendait lui plaisait. Ils avaient un peu le même langage, et petit à petit, ils s'apprivoisaient. Il aimait son léger accent allemand. La langue de sa mère, après tout. Il ne lui avait jamais dit ça.

Ange venait de quitter le QG de Londres, et il pensait à elle, Viola Schmitt, avec une mélodie dans la tête, une chanson en allemand. Il ne savait plus trop où il l'avait entendue, il ne savait plus trop quel était le titre, ni les paroles exactes, il savait surtout que c'était vieux, et triste. Et il pensait à Bleuann, les mains dans les poches de son jean, la tête un peu baissée, sans vraiment prêter attention au brouhaha de la ville autour de lui. Bien sûr, il voyait encore plus ou moins les grosses silhouettes rouges des bus, entendait des éclats de conversations, mais ce n'était qu'un décor, un décor pour lui, et son gros cœur de petit garçon. Heureux de voir Bleu'. Heureux de pouvoir la prendre dans ses bras.

Sauf qu'il aurait aimé la prendre dans ses bras, juste pour la prendre dans ses bras. Il la désirait bien, sûr, toujours plus intensément, mais plus il la fréquentait, plus il sentait ses membres souples et fin ployer dans l'effort, sa peau contre la sienne, plus il avait envie de faire autre chose, parfois, juste d'être avec elle, diversifier ses façons d'être avec Bleuann. Et il avait peur, un peu, peur de ses réactions.

Il se demanda si elle allait se décider à lui rendre son t-shirt, un jour. Il oubliait à chaque fois de le lui demander. Pourtant il y tenait à ce t-shirt. Mais peut-être que c'était un joker, quelque chose pour pouvoir la relancer un jour, si besoin. Il ne savait pas. Il se trouvait stupide.
Il se trouva encore plus stupide lorsqu'il la vit, droite et froide, belle, devant les grilles des jardins de Kensington. Il y avait un peu de vent, et ses cheveux étaient éparpillés, même sur son visage. Il sourit, et pressa le pas, sans même vraiment le vouloir, et se retrouva devant elle en un rien de temps, son visage très près du sien, à vouloir l'embrasser. Son odeur. Un parfum frais, mais brut, qu'il n'aurait su définir. Peut-être que c'était magique, ça aussi. Juste une odeur de sorcière, le parfum d'une fleur de nuit qui n'existait que dans leur monde.

Ange lui prit le bras, et pencha vers elle, déposant un baiser sur son front. Il se sentit tout à coup très stupide, et brûlant. Qu'est-ce qu'elle allait penser de ça, la sorcière ? Il avait paniqué. Il s'était dit qu'un baiser sur les lèvres, tout passionné qu'il était, dans l'instant, ça n'allait peut-être pas lui plaire. Ca a allait la perturber. Comme lorsqu'il lui avait demandé de lui faire l'amour. Mais un baiser sur le front, c'était peut-être pire. Le jeune homme serra les dents. D'un coup, il retira sa main du bras de Bleuann, et lui adressa un sourire forcé.

-Ca va ?

Pathétique, peut-être. Mais authentique, malheureusement pour lui, Ange, toujours, trop, naturel. Toujours trahi par son attitude de gamin, son cerveau désobéissant, ses instincts animaux. Même en face d'une méchante sorcière. Comme s'il lui donnait lui-même les armes pour le poignarder. Et qu'il s'efforçait de garder une contenance. Coucou Bleuann, je t'aime bien.

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MessageSujet: Re: Young fools | Bleuann   Lun 31 Juil 2017 - 18:10

Tu avais mis un certain temps à coiffer tes longs cheveux, à choisir ta tenue et à essayer de te maquiller. Cependant le résultat ne t’avait pas vraiment plu et tu t’étais démaquillée à grand coup de lingette avant de filer sous la douche parce que tes cheveux te semblaient gras. Une fois ressortie de sous l’eau glaciale, tu avais renversé ta valise sur ton lit, désespérée de trouver une tenue un peu jolie. Dans ton fort intérieure, tu avais envie d’enfiler le t-shirt que Ange t’avait un jour laissé et que, depuis, tu mettais souvent, afin de penser un peu plus à lui. Cependant, tu savais que tu devais le rencontrer le jour même et tu avais peur qu’il te reprenne le seul souvenir palpable qu’il t’avait laissé.
Les souvenirs impalpables étant les nombreux orgasmes que tu avais ressentis aux cours de vos rencontres.
Finalement, agacée par tes hésitations, tu finis par enfiler un jeans difforme et un t-shirt un peu trop large pour toi. Tu ne doutes pas que ces habits finiront assez vite par échouer sur le parquet.

Tu quittes enfin la chambre d’hôtel dans laquelle tu résides, non sans oublier de fourrer dans ton sac à main ton téléphone ainsi que le t-shirt de Ange – un réflex qui te suit depuis votre rencontre. Tu glisses ensuite jusqu’au métro et somnole presque jusqu’à Kensington, lieu où le jeune homme t’a donné rendez-vous.
Tu te postes alors devant les grilles du parc, un peu impatiente alors même que tu sais être en avance. Pour passer le temps, tu regardes les enfants défiler avec leurs glaces multicolores et tu réfléchis à tes dernières entrevues avec celui qui t’appelle toujours malicieusement « sorcière ».
Depuis votre première rencontre, tu as connu et fréquenté d’autres corps. Tu t’es laissée tomber, presque désespérée, dans les boîtes berlinoises, l’alcool te tournant la tête afin d’oublier que les hommes qui te pénétraient n’étaient pas celui mystérieux qui t’avait tant fait vibrer. Jusqu’au jour où Green avait débarqué dans la chambre d’hôtel d’un de ceux qui avait réussi à t’entraîner et qu’il lui avait littéralement explosé la cervelle contre le mur. Tu n’aimais pas beaucoup penser à ce jour là. Non pas à cause de la mort de cet inconnu – tu avais déjà vu tant de morts dans ta vie -, mais surtout parce que c’est ce jour là que tu avais compris que Myaw, l’esclave que tu avais offerte à ton aîné Red, était la fille de Chloé, celle que Green aimait. Et ton frère t’en voulait pour cet acte. Terriblement.
Depuis tu n’avais plus vraiment osé le regarder en face et tu avais décidé d’éviter les bras et les boîtes. Tu ne te raccrochais plus qu’aux des messages de Ange qui t’invitaient dans son appartement ou dans une chambre d’hôtel. Tu aimais ces moments là de sexe dur, presque animal. Mais tu aimais également les moments qui suivaient l’acte, où tu apprenais un peu à le découvrir. Parfois vous parliez allemand et tu rigolais de son accent. Tu savais que lui aimait bien le tien, rustre, quand tu parlais anglais. Les questions personnelles étaient mises de côté entre vous. Par pudeur, par timidité. Et surtout par peur que l’autre parte, vexé.
Peu à peu tu t’étais accommodée à cette vie. Tellement que tu avais fini par tomber amoureuse. En t’en apercevant, tu avais brisé tes principes et, sautant sur l’occasion d’un message explicite envoyé par Mike, tu avais couché avec ton ancien plan cul.
Ça t’avait fait douloureusement mal.
Cette fois-ci, tout ça était allé trop loin, trop vite. Tu avais l’impression d’être Green avec Chloé ou Silver avec Amandine. Tu t’en voulais pour ces sentiments qui te hantaient et te collaient au cœur. Alors tu faisais tout pour oublier. Par peur que ce ne soit pas réciproque. Par peur qu’Ange te balance un jour « c’était que du cul ». Par peur qu’il fuit.
Alors tu enterres, tu refoules, tu rejettes.

Enfin tu vois sa silhouette se détacher au loin. Le bel Ange, un sourire sur les lèvres. Tu aimerais sourire à ton tour, te précipiter vers lui, dans ses bras, dans son odeur, mais tu n’oses pas. Toujours cette peur du rejet. Toujours ce manque de confiance.
Enfin il arrive à ton niveau et dépose un baiser sur ton front. Ce geste te surprend. C’est un geste plus fraternel ou amical que amoureux. Comme s’il avait une certaine tendresse envers toi, mais guère plus. Tu te renfrognes un peu.
C’est pire encore lorsque, brusquement, il retire la main qu’il avait posé sur ton bras. Tu l’observes, presque déconcentrée et remarque son sourire. Si peu naturel.
As-tu fait quelque chose de mal ?
Ou est-ce que c’est déjà la fin ?

- Ca va ?

La peur s’ancre un peu plus profondément dans ton ventre.
Lorsque tu avais reçu son message qui te proposait de vous rencontrer à Kensington plutôt que chez lui ou à l’hôtel, ça t’avait rendu heureuse. Tu t’étais dit que tu pourrais le connaître un peu plus, un peu mieux. Que vous auriez pu discuter avant de vous jeter dessus comme des bêtes.
À présent tu aurais tout donné pour te retrouver dans un lit avec Ange, sans les mots autour de vous, sans gestes maladroits. À croire que, ensemble, vous n’étiez doué que dans un seul domaine, celui du sexe.
Tu ne voulais plus parler avec Ange parce que tu avais peur de ce que le jeune homme pouvait bien dire. Alors au lieu de répondre à sa question, tu fais ce que tu sais faire de mieux. Tu passes tes mains autour de sa nuque et plaque tes lèvres sur les siennes. Pour pas qu’il ne t’abandonne toute seule dans ce parc. Pour pas qu’il puisse parler. Pour qu’il comprenne tout ce dont il risque de passer à côté s’il te quitte.

S’il te quitte ? Vous n’êtes même pas vraiment ensemble Bleu. Tu es ridicule, comme d’habitude. Tu t’attaches toute seule. Et quand tu constates que ce n’est pas réciproque, tu utilises ton corps comme une arme, parce que tu es bien trop maladroite pour faire autre chose.
Ridicule petite Bleu qui finira toute seule...

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MessageSujet: Re: Young fools | Bleuann   Dim 6 Aoû 2017 - 15:19

I'm a fool addicted, to the touch of you, to your poison kisses

Un baiser. Ange ne s'y attendait pas, et il eût le souffle coupé. Agréablement. Comme dans une aventure sans précédent.
Rapidement, il lui rendit fougueusement son baiser, comme si sa vie en dépendait, souriant contre les lèvres de Bleu.

Elle avait eu l'air tendue lorsqu'il l'avait embrassée sur le front et lorsqu'il lui avait demandé si ça allait. Elle ne lui avait même pas répondu. Peut-être que ça n'allait pas. Peut-être qu'elle ne voulait pas lui en parler, peut-être qu'elle voulait juste se noyer dans lui, dans leur espèce de délicieuse petite relation empoisonnée qui n'allait nulle part. Pour l'instant. Pour l'instant, espérait-il. Il se voyaient régulièrement, et elle avait accepté de le voir en dehors d'un espace clos, d'une chambre. Cette fois-ci leurs corps vibraient l'un avec l'autre sans être nu, et le cœur du jeune homme battait la chamade, pas d'excitation sexuelle, mais de ce qui allait se passer, de savoir quel était le moment qu'ils allaient passer ensemble.

Il passa sa main sur sa nuque, dans ses cheveux, pressant la taille fille de son amante de l'autre, enivré par son odeur, son odeur de sorcière.

Lorsque leurs lèvres se séparèrent, il souriait. Toujours un peu nerveux, oui, car il la voyait, un peu boudeuse, un peu tendue, comme toujours. Mais elle l'avait embrassé, à l'entrée d'un parc, juste comme ça.
Ange déposa sa main dans la sienne et la maintint fermement, avant de commencer à marcher vers l'intérieur des jardins, tout en lui envoyant par télépathie un message qu'il n'osait pas formuler à voix haute :


-Si ça ne va pas tu peux m'en parler. Si tu veux.

Puis il détourna son regard de la jolie brune, comme si le fait qu'il n'avait absolument pas bougé les lèvres signifiait que personne ne l'avait entendu, alors que c'était faux, complètement faux, il se leurrait un peu, comme un gamin. Comme si se concentrer sur le vol des oiseaux et les rires des enfants pouvait effacer ce qu'il avait dit, ou le rendre moins niais.
Mais Ange se contenta de sourire et de marcher d'un pas presque sautillant dans les allées des jardins de Kensington. Il aimait ça, avoir cette main toute fine dans la sienne, l'emmener là où il le voulait, du moins, tant qu'elle se laisserait faire.

Ils passèrent non loin d'un lac, et des canards s'envolèrent à l'unisson. C'était joli, c'était paisible. Ange aperçut une petite cahute à quelques mètres de là, et se souvint qu'il y avait un stand de glaces à l'italienne dans cette zone là du parc.
Ne résistant pas à la gourmandise, et trouvant ainsi une bonne raison de traîner encore un peu plus dehors, il regarda Bleuann d'un air presque malicieux, et lui demanda :


-Tu veux une glace ?

Si elle était un peu triste, ou contrariée, cela lui remonterait peut-être le moral. Ou peut-être était-elle de ceux auxquels le chagrin coupe l'appétit. Il n'espérait pas, sinon sa tentative d'être adorable allait tomber à l'eau. Oui bien, Ange, continue d'essayer d'amadouer tes conquêtes avec de la nourriture. Surtout les sorciers noirs, j'ai entendu dire que c'était très efficace sur eux. Tiens d'ailleurs, pourquoi Orpheo ne propose-t-il pas à Dorian Cross et à Anja Von Duisbourg de partager un gros gâteau au chocolat avec eux, ça résoudrait tout, non ?
Heureusement pour lui, Ange n'était pas au courant de l’allégeance de la jeune femme à ses côtés. Il pouvait encore se permettre d'être un peu naïf, d'espérer.

Et même de piquer encore un baiser sur les lèvres de la belle allemande.

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MessageSujet: Re: Young fools | Bleuann   Lun 7 Aoû 2017 - 11:02

Des papillons s’affolent dans ton ventre lorsque tu sens Ange te rendre ton baiser. Puis tu soupires mentalement, aussitôt agacée par ce sentiment que tu ne maîtrises pas. Une fois de plus, ce baiser, même si tu l’as provoqué et cherché, ce n’est pas ce que tu désires. Ce n’est rien d’autre que le reflet futile de votre relation superficielle. Une relation qui tourne autour du sexe, un sexe violent et animal qui fait mal et qui déchire tout en vous provoquant des orgasmes renversants.
Allez Bleu, convins toi que ce n’est que ça. Que du cul. Ça fera moins mal quand il te brisera le cœur pour partir avec celle qu’il aime vraiment. Celle qui n’a pas besoin de jouer de son corps et de ses charmes pour l’attirer. Celle qu’il ne désire pas mais qu’il adore d’une passion amoureuse à la fois folle et tendre.

Si tu savais Bleu. Le destin se moque parfois délicieusement de ses prisonniers. Si seulement, à ce moment là même où les lèvres de Ange rencontrent les tiennes, tu pouvais deviner que l’amour de la vie de cet homme qui te retourne le cœur, est une fillette à peine sortie de l’enfance. Un sourire innocent et un rire de clochette que tu as parfois surpris en débarquant dans le quartier des esclaves du Mystery Orphanage. Des yeux déterminés qui retiennent les larmes de souffrance en suivant Red. Un visage enfantin si ressemblant à la femme qu’a autrefois aimé Green.
Si seulement tu savais que celle qui est destinée à Ange n’est autre que Myaw Nienta.
Dans un premier élan tu en rirais. Irréaliste, tout simplement. Cette humaine qui ne te rappelle que trop bien celle qui a brisé ta famille, ton foyer, la grande et immonde Chloé Nienta, ne peut pas attirer un homme comme Ange. Le lion fougueux dans l’homme déchirerait la fragile femme au corps d’enfant et au visage chérubin. Le bec pointu de l’oiseau qui sommeillait en l’homme la grifferait jusqu’au sang, rouvrant les plaies quotidiennes que lui infligeait Red. Le cheval majestueux l’écraserait de ses sabots et de sa hauteur. Ange ne pouvait pas s’abaisser à aimer une enfant comme Myaw. Une esclave. Une humaine. Un déchet.
C’était ridicule.
Puis peu à peu ton rire se saccaderait pour laisser place à la colère. Tu comprendrais que le destin, joueur mais pas menteur, prédestinerait tout cela. Tu verrais le pégase des contes de fée prêt à se déployer pour emmener rêver la petite fille. Tu découvrirais dans les yeux de Ange un lion doux, capable de se blottir calmement contre un corps blanc et nu ayant à peine perdu sa virginité et pourtant toujours pur. Oui, si tu étais un peu plus attentive, peut-être aurais-tu aperçu tout cela dans le sourire doux de l’homme qui t’embrasse.
Et peut-être que cela t’aurait empêché de souffrir comme tu souffriras ?
Peut-être.

Mais tu ne devines pas tout ça, tu ne vois rien. Rien d’autre que tes sentiments qui t’aveugle et te font mal. Rien d’autre que les lèvres brûlantes de Ange sur les tiennes glaciales et vos langues qui s’entrelacent. Rien d’autre que sa main qui te presse contre lui, t’oppresse contre son cœur.
Le tien de cœur se calme gentiment. Tu as un peu moins peur, tu te dis qu’un baiser aussi fougueux ne peut pas être un baiser d’adieu. Ou alors ça serait un baiser d’adieu entre deux amants maudits qui se serait éperdument aimés mais qui seraient incapables de rester ensemble à cause d’une relation bien trop destructrice. Ce qui n’était pas votre cas.
Du moins pas encore.
Lorsque vos lèvres se séparent, tu rends avec bonheur le sourire qui danse sur les lèvres de Ange. Puis, tu souris encore un peu plus fort quand tu sens sa main glisser dans la tienne et l’attraper fermement, comme s’il ne pourrait jamais plus te lâcher. Tu as envie de sautiller, mais tu t’astreins à rester calme et à ne pas écouter ton cœur s’emballer dans ta poitrine alors que tu le suis dans Kensington.
À peine avez-vous fait quelques pas que sa voix te parvient. Dans ta tête.

-Si ça ne va pas tu peux m’en parler. Si tu veux.

Tu hausses alors les épaules. Geste tout à fait inutile puisque le jeune homme s’est détourné de toi et ne pouvait pas te voir.
Est-ce que ça n’allait pas ? Tout était relatif. Tu grandissais depuis toujours entourée de parents qui ne t’aimaient pas. Tes frères s’étaient tous peu à peu désintéressés de toi et certains te détestaient même. Dès ton plus jeune âge on t’avait appris à mépriser les humains et à voir les mêlés comme des êtres abjectes dont il fallait se débarrasser. Sans parler de toutes ces âmes que tu avais fait monter au ciel pour Rosenrot. Des membres d’Orpheo. Des mêlés. Des enfants, parfois.
Trop souvent.
Mais tu ne pouvais pas dire ça à Ange. Après tout, vous vous connaissiez à peine. Que savais-tu de lui ? Un prénom, sa magie et ce qu’il aimait au lit. Lui, de son côté, ne savaient pas beaucoup plus sur toi. Il ne savait même pas que tu étais une Soul. Et quelque part, c’était tant mieux.
Car tu ne savais toujours pas de quel côté était le jeune homme. Avec un nom pareil, tu avais envie de dire qu’il ne pouvait être que du côté des gentils. Enfin des « pseudo-gentils ». Orpheo. Ceux qui prétendaient défendre la liberté et l’égalité pour tous. Tes parents trouvaient ça stupide et déclaraient que rien n’était tout blanc et tout noir. Que ceux de Orpheo se leurraient. Toi tu n’en pensais rien. Tu suivais juste tes parents.
Et si Ange était à Orpheo ? Ce serait plus difficile. Peut-être même que vous ne pourriez pas resté ensemble. Un instant tu te prends à vous imaginer en Roméo et Juliette des temps modernes mais avec une fin moins tragique. Quoique. Tu ne t’étais jamais imaginée vivre vieille.

Ta main toujours ancrée dans celle du jeune homme, tu le suis sur le chemin qui longe le lac. De là tu peux voir les canards s’envoler et les cygnes flottant paisiblement. Soudain, Ange se tourne vers toi et te demande dans un sourire :

-Tu veux une glace ?

Tu le regardes, un peu surprise. Tu as l’impression d’avoir 6 ans à nouveau et que ce n’est pas Ange au bout de ta main, mais l’un de tes grands frères. Tu imagines un des jumeaux, Cyan ou Olive. Ça a toujours été eux les plus gourmands. Quand tu étais petite ils aimaient bien t’offrir des bonbons ou t’amener dans les parcs d’attraction pour te voir dévorer des barbes à papa plus grande que toi qui te collaient aux doigts.
Mais les jumeaux s’étaient peu à peu détachés de toi et des friandises à mesure qu’ils grandissaient. À présent il ne restait que leur relation un peu au dessus des autres, une relation que tu enviais un peu. Cyan avait Olive et Olive avait Cyan. Quelque part, ils ne seraient jamais seuls. Comme une âme dans deux corps.

Tu te reconcentres sur Ange et chasse de ta mémoire les souvenirs de ton enfance. Tes frères ne sont plus là, mais il y a un jeune homme en chair et en os, devant toi et avec les yeux brillants qui attend ta réponse. Qui attend pour t’offrir une glace. Tu souris.

- Une glace à la fraise, s’il te plaît.

Tu attends patiemment que l’homme dans la petite cabane vous serve vos glaces. Puis tu laisses glisser ta langue sur la crème glacée rose. Tu es du genre à manger lentement une glace, à ne pas te précipiter. Tu n’es pas de ceux qui mordent avidement dedans en se glaçant le cerveau. De manière générale, tu manges plutôt rapidement, pour ne pas que les repas avec ta famille s’éternisent. Mais pas la glace.
En même temps on n’en sert jamais à la table des Soul.
Après quelques coups de langues sur le cornet, tu relèves les yeux et regarde fixement Ange. Tu as envie de lui demander, tu as envie de savoir. Alors tu lâches, l’air de rien, un air presque renfrogné sur ton visage :

- On est quoi tous les deux pour toi ?

Puis tu poses la glace gelée contre tes lèvres, un peu comme si les mots balancés t’avaient brûlée.

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MessageSujet: Re: Young fools | Bleuann   Lun 7 Aoû 2017 - 15:12

Yeah I like it, when you smile, won't you stay with me, just for a little while ?

Elle ne répondit pas à sa question, elle se contenta de garder sa main bien enfermée dans la sienne, et de le suivre, et Ange en fut à moitié content. De toute façon, que pouvait-il bien attendre ? Qu'elle se confie à lui ? Non vraiment, pas le genre de Bleu, maintenant qu'il y pensait. Mais il aimait laisser cette porte ouverte, qu'elle sache qu'il y avait cette possibilité, qu'il tenait à elle, un peu. Pas trop, pour ne pas souffrir. Elle avait l'air de vouloir garder ses distances. Lui aussi, tant qu'il n'était pas sûr de ce qu'il pouvait avoir avec elle. Déjà, elle acceptait de le revoir. C'était déjà quelque chose. Mais il ne savait pas. Peut-être se noyait-elle simplement dans ces échanges corporels avec lui pour en oublier un autre, ou juste parce qu'il lui donnait du plaisir, que leurs chairs avaient cette osmose particulière et qu'elle ne voulait de toute façon pas s'engager.

Pour le moment, sa main était toujours dans la sienne, il faisait beau, c'était la fin d'après midi, les oiseaux volaient, les écureuils sautillaient autour des humains qui faisaient tomber des miettes, puis retournaient rapidement dans leurs arbres avec leurs butins. Et ils étaient bien. Lui en tous cas oui. Et Bleuann serrait sa main. Alors peut-être qu'elle était bien, elle aussi.
Peut-être qu'elle appréciait tout comme lui le vent sur son visage, qu'elle voulait prendre son temps. Un frisson parcourut le corps du jeune sorcier. Il ne fallait surtout pas qu'il s'emballe.

Mais tout de même, elle s'était tournée vers lui, et l'avait regardé avec ses grands yeux clairs, et avait sourit. Elle avait sourit. Un sourire encore plus grand se dessina sur les lèvres du jeune homme, il eut presque envie de rire, mais il l'écouta plutôt avec bonheur lui demander d'un ton presque enfantin si elle pouvait avoir une glace à la fraise.
Il rit doucement et déposa un autre baiser sur ses lèvres, avant d'accélérer légèrement vers le stand de glaces.

Et alors qu'il marchait, Ange fut à nouveau frappé par la tristesse, par la réalité. Il pensa à Myaw. C'était une chose qu'elle aurait pu lui dire, ça, si elle était encore libre, si elle était encore avec lui. "Une glace à la fraise, s'il te plait". Il sentit les larmes lui monter aux yeux. Un sourire d'enfant. Des yeux verts. Sa princesse marchombre. Sa petite protégée, au mains des sorciers noirs. Elle qui entrait dans l'adolescence, cette année. Peut-être aurait-elle ses premières règles seule, apeurée, sans Nérys, Shybaï, ou une des adolescentes du Mystery pour la soutenir là dedans. Peut-être qu'elle serait punie pour avoir taché les affaires de son maître. Peut-être qu'elle se ferait violer. Ange s'entendit hurler "NON !" dans tout son être et son esprit, tandis qu'une aiguille acide lui déchirait le ventre. Non. Il ne pouvait imaginer cela. Il ne pouvait laisser Myaw souffrir autant. Mais il ne pouvait pas partir seul à l'assaut du Mystery Orphanage. Il avait déjà tenté, et failli mourir. C'était stupide. Il devait être coordonné au reste d'Orpheo. A moins qu'il ne trouve le maître actuel de Myaw. Et qu'il arrive à le traquer.

La voix du vendeur de glace qui lui demandait ce qu'il désirait le fit brutalement revenir à la réalité. Ange ravala les larmes prêtes à s'écraser. Il ne voulait pas que Bleuann le voie pleurer. Il voulait passer un moment joyeux et doux avec elle. Même si à présent, il s'en sentait coupable.
Toutefois, voir la douceur inhabituelle sur son visage lorsqu'il lui tendit le cornet artistiquement rempli de crème rosée, il sourit, et se détendit un peu. Il y avait au moins ça. Lui avait demandé une glace au goût de schtroumpf, toute bleue. Il régla le vendeur, et prit de nouveau la main de sa sorcière, pour aller la déguster au calme.

Il les dirigea un peu plus loin vers le centre du jardin, il avait bien envie de lui montrer un de ses endroits préférés, souvent lieu de rendez-vous, car assez distinctif. Il jeta un œil à Bleuann qui léchait doucement sa glace, prenant probablement son temps pour la déguster. Il la trouvait mignonne, et excitante à la fois. Elle lui donnait des frissons. Des bons frissons. Il était content de marcher ainsi, avec elle. Il se sentit un peu plus apaisé.

Jusqu'à ce qu'elle prenne un air renfrogné, le fixant très intensément, comme pour sonder son âme, voir ce qu'il pensait réellement, et lui demande ce qu'ils étaient. Il n'était pas prêt. Il avala par réflexe une énorme bouchée de glace et grimaça instantanément à cause du froid. Il manqua d'avaler de travers. Bah. Un plan cul ? Un plan cul mais j'aimerais bien plus. Si toi tu veux. Je veux pas forcer quoi que ce soit. Je t'aime bien mais si toi tu n'aimes que ma peau, que mon sexe, d'accord, ça me va. Je peux vivre avec. Mais si elle demandait, peut-être qu'elle voulait plus ? Ou peut-être que, tout simplement, elle trouvait que ça allait trop loin ?

Sans le vouloir, Ange avait à présent un air de chiot dépité, pris en flagrant délit de dévorage de chaussures. La main qui ne tenait pas la glace jouait machinalement avec le passant de ceinture de son jean. Toutefois, il se força à ne pas baisser les yeux. Il réfléchit un instant, afin de trouver les bons mots, s'adossa contre un arbre, et répondit, alors que Bleuann le fixait toujours, sa glace contre ses lèvres :


- Concrètement, deux corps qui s'accordent fabuleusement bien, je veux dire, je n'ai jamais ressenti ça avec personne. Mais pour être honnête avec toi, Bleuann, même si actuellement on est un genre de... Plan cul régulier ? Tu me plais. Oui, voilà, tu me plais. Mais, surtout, pas de panique, si tu ne veux pas plus, si tu ne veux pas autre chose, je peux faire avec. Je comprends.

Voilà, c'était dit. Elle pouvait en faire ce qu'elle voulait. Ange était un sentimental, oui, mais les années lui avaient appris à se détacher des choses, à ne pas rechercher l'amour et l'affection partout. Il aimait le sexe, et ça pouvait lui suffire. Si Bleuann ne voulait que ça, oui, il serait triste, c'est sûr. Mais il y en aurait d'autres. D'autres jolies filles, d'autres beaux garçons, qui savait. Il était jeune, très jeune pour un sorcier. Et si Luka, Louis, Hayley, Ian, Carla, Athénaïs et Autumn étaient déjà tous casés, alors quoi ? Son tour à lui viendrait bien aussi. Un jour.

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MessageSujet: Re: Young fools | Bleuann   Mar 8 Aoû 2017 - 14:03

En attendant votre glace, ton don d’empathe avait bien perçu la mélancolie de ton compagnon de l’après-midi. Un mélange de tristesse, de regret et d’amour. Pourtant c’était lui qui avait proposé de manger une glace, alors pourquoi l’idée semblait elle le rendre aussi triste à présent ? Tu n’avais pas osé le lui demander. C’était comme ça entre vous. Encore une fois. Pas de question trop personnelle, pas de confidence sur l’oreiller au petit matin, pas de discussion emballée sur la vie.
Tu aurais pourtant aimé tout ça. Sûrement. Après tout comment savoir si l’on aime quelque chose que l’on a jamais vécu ? Mais en tout cas tu en avais envie. Envie de te réveiller le matin à ses côtés et de pas se sauter directement l’un sur l’autre, mais plutôt te blottir dans ses bras et lui confier tes problèmes familiaux. Envie de t’asseoir près d’un des canaux qui courait sur Londres avec un bière bien anglaise dans la main et de philosopher sur la vie, la mort et tout le reste. Envie d’en savoir un peu plus sur cet homme.
Et puis il y avait toutes ces autres choses aussi. Ces choses que les couples faisaient dans les livres ou dans les séries. Aller au restaurant. Partir en voyage. Regarder les étoiles. Et manger des glaces. Alors tu t’accrochais à cette idée de glace comme si ça pouvait sauver votre relation, la faire évoluer en quelque chose de plus, quelque chose qui t’intriguait et faisait battre les papillons dans ton ventre. C’est aussi pour ça que tu n’osais pas lui demander pourquoi le doux parfum des glaces semblaient le rendre aussi mélancoliques.
Comme si tu avais peur que poser la question brise le moment présent.

Lorsqu’il te tend ta glace, il sourit. Un sourire doux, qui te rappelle un peu celui de Green la veille de son départ avec Chloé. Est-ce que ton frère savait déjà à ce moment là qu’il partirait ? Qu’il briserait toute votre famille ? Et surtout, qu’il te briserait le cœur ? Sûrement. Cela expliquait le sourire calme qui ne l’avait pas quitté de la journée en cette veille de départ. Et maintenant Ange avait le même. Allait-il partir lui aussi ?
Tu repousses cette pensée de ta tête et tu suis le jeune homme jusque vers le centre du jardin. Vous n’êtes de loin pas les seuls à avoir eu cette idée. Sur la pelouse il y a des familles en train de pique-niquer, des enfants qui jouent au ballon ou encore des couples qui se tiennent par la main. Des couples...
N’importe qui qui vous croiserait à cet instant penserait sans doute que vous êtes l’un de ces couples. Un couple un peu atypique entre cet homme aux nombreux piercing et aux yeux soulignés de noir et cette femme aux yeux gris presque inexpressifs qui semble ne jamais sourire. Mais un couple tout de même avec vos glaces bleues et roses et vos doigts emmêlés.
Tu soupires à cette pensée. Tu t’en veux un peu de te donner ainsi de faux espoirs.

Alors tu finis par poser la question à Ange. Qu’est ce que vous représentez à ses yeux. Ces mains profondément ancrées l’une dans l’autre et cette glace à la fraise, est-ce juste une conséquence du sexe ou cela signifie-t-il plus dans son esprit ?
Il ne répond pas tout de suite, se contentant dans un premier temps d’avaler une grande bouchée de sa glace au schtroumpf qui semble lui monter désagréablement au cerveau vu la grimace qui se forme sur son visage. Sa main a à présent lâché la tienne pour attraper nerveusement le passant de sa ceinture, ce qui ne t’échappe pas. Tu redoutes sa réponse, tu redoutes ses mots qui peuvent à présent tout brûler, tout casser.
Pourquoi a-t-il fallu que tu poses cette question précisément à cet instant ? Pourquoi n’as-tu pas d’abord profité de ta glace et de ses lèvres un peu bleues à cause des schtroumpfs ? Au fond de toi, tu sais exactement pourquoi ; si ce n’était pas maintenant, ça aurait été jamais. Jamais tu n’aurais retrouvé le courage de lui poser la question.
Mais tu regrettes tout de même.

- Concrètement, deux corps qui s'accordent fabuleusement bien, je veux dire, je n'ai jamais ressenti ça avec personne. Mais pour être honnête avec toi, Bleuann, même si actuellement on est un genre de... Plan cul régulier ? Tu me plais. Oui, voilà, tu me plais. Mais, surtout, pas de panique, si tu ne veux pas plus, si tu ne veux pas autre chose, je peux faire avec. Je comprends.

Ta tête te semble tourner alors que tu te rends compte que cela fait un moment que tu retenais ta respiration. Aussitôt tu ouvres la bouche, avale une goulée d’air et sens un poids s’envoler de ton cœur. As-tu bien compris ses paroles ? Ange était prudent, mais il t’avait tout de même dit que tu lui plaisais. Et ça, c’était déjà beaucoup. Plus qu’on ne t’en avait jamais dit.
Bien sûr, des hommes t’avaient dit ce genre de choses. « Comme tu es belle, tu me plais beaucoup ». Mike lui avait même dit quelque chose du genre une fois, même si, maintenant que tu y réfléchissais, ça ressemblait plus à « Tu es trop bonne, enlève ta culotte ». Mais cette fois c’était différent. Ange ne voulait pas dire par là que tu étais jolie ou une déesse au lit, mais qu’il y avait plus. Qu’il pouvait y avoir plus que ça.
Ton cœur battait la chamade.

- Tu me plais aussi. J’ai envie qu’on soit plus que ça. Plus que juste du sexe. Même si j’adore coucher avec toi, bien sûr. Mais j’ai envie de faire d’autres choses. Des choses que font... les couples ?

Tu grimaces un peu afin de cacher ton embarras. Tu ouvres rarement ton cœur ainsi Bleu. Même à tes frères alors que ce sont les personnes sur Terre que tu aimes le plus au monde. Même si tu leur en veux, tu continues de les aimer. Pourtant tu le leur dis rarement. Tu n’es pas tellement faite pour ça, les grandes déclarations d’amour. Parce que c’est tellement plus facile d’utiliser ton corps et de garder les mots pour les cracher au visage quand ça ne va pas. Ça oui, tu es très forte pour les mots empoisonnés, mais pas ceux de velours.
Puis, un peu parce que cette situation te rend mal à l’aise et un peu parce que ton âme d’enfant a remarqué que Ange tenait sa glace un peu trop près de son nez depuis quelques instants, tu utilises ta main libre pour pousser son poignet vers le haut jusqu’à ce que la crème glacée bleue vienne tartiner le bout de son nez.

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MessageSujet: Re: Young fools | Bleuann   Mar 15 Aoû 2017 - 22:43

I could put a little stardust in your eyes

Ange avait du mal à déchiffrer le visage de Bleuann, alors qu'il lui faisait comprendre qu'il aurait bien aimé avoir un peu plus, qu'elle comptait pour lui, qu'elle n'était pas juste jolie, ni juste belle, elle rayonnait, dans son cœur, de ce halo bleuté et sombre, car la fusion de leurs corps lui avait donné envie de se fondre avec son âme aussi, s'il le pouvait. Si la sorcière ne l'empoisonnait pas. Mais elle n'avait plus l'air si méchante, à présent. Elle avait l'air de chercher ses mots. Ange se prit même à penser qu'elle avait l'air de le regarder avec une certaine affection. Allez oui, s'il te plait, pensait-il, faites que cette froideur que j'aime bien, au fond, ne soit qu'une façade, une protection, parce qu'elle a souffert, qu'elle n'a pas confiance en les hommes, ni en personne, peut-être, d'ailleurs.

Mais il attendait tout de même une réponse, un geste, peut-être, mais au moins quelque chose. Lui avait répondu à sa question, à elle, avec honnêteté, prenant le risque de se faire déchirer le cœur, lacérer la poitrine. Elle le regardait, il la regardait, et il attendait, n'osant pas la toucher, de peur de briser son temps de latence, de trop la presser. Comme si elle allait exploser en million d'éclats de cristal, fins et douloureux. Comme lors de l'orgasme, il avait toujours cette impression, qu'elle allait disparaître, être détruite.

Et finalement les mots vinrent. Il les happa immédiatement, tenta de les réaliser, de les comprendre, instantanément. Elle réussit à formuler les choses, mieux que lui, trouva-t-il, et ses paroles lui crevèrent le cœur de bonheur. Il lui plaisait aussi. Elle voulait plus. Elle l'avait dit. Ange resta pantois, estomaqué alors que Bleuann grimaçait, probablement par peur de sa réaction, parce que ça faisait mal à la sorcière qu'elle était de prononcer des paroles de fée.

Alors, pour se rattraper, certainement, jouer la sale gosse, la méchante, peut-être impatiente, agacée du silence de son amant, elle donna un petit coup sur son poignet afin que la glace du jeune homme se retrouve en partie sur son nez.
La première réaction de l'exorciste, fut, étrangement, de souffler très fort, ce qui envoya une partie de sa délicieuse crème glacée au schtroumpf valser sur l'herbe du parc. Il s'en trouva assez fortement contrarié, et foudroya donc Bleuann du regard, non sans une certaine ironie, et la poussa loin de lui, pour jouer, évidemment. Rien que pour l'embêter.


-Sorcière ! lui cria-t-il par télépathie, avant de la poursuivre comme s'il allait la dévorer.

Un lion. Un lion gamin, mais un lion quand même. Tout en courant, Ange happa quelques bouchées de sa glace afin de lui éviter de couler, puis finit par arriver au niveau de l'allemande. D'un geste, il passa un de ses bras sous ses genoux, et l'autre atour de sa taille, prenant garde à ne pas écraser le reste de sa glace dans la précipitation, et la souleva du sol. Il planta un instant ses yeux dans les siens, la caressant doucement du regard, lui exprimant sans rien dire son bonheur, ce qu'il ressentait à son égard. Puis Ange, la sorcière toujours dans les bras, fit demi-tour, et se mit à courir. Il courut cinq bonnes minutes, essoufflé, mais pas trop, l'entraînement devait bien servir à quelque chose, enivré par les couleurs d'été des feuillages, par le vent frais, anglais, par les bruissements des oiseaux et des écureuils.

Jusqu'à arriver à l'endroit qu'il cherchait. La statue de Peter Pan. Par chance, ce n'était pas une heure trop touristique, et l'endroit était désert. C'était rare. L'instant était à eux. Le petit garçon de bronze entouré de fées veillait sur l'endroit, sans les regarder.

Reprenant son souffle, il happa de nouveau le regard tout bleu de Bleuann, la trouva belle, comme à chaque fois qu'il posait ses yeux sur son visage, et sourit. Il pressa ses lèvres l'une contre l'autre, savourant l'instant, malgré la douleur qui commençait à s'installer dans sa gorge, d'avoir trop couru.


- Et ça, c'est une chose que font les couples ?, demanda-t-il doucement, presque innocemment. Il n'y avait qu'une très légère pointe de malice dans sa voix.

Ange embrassa sa copine. Sa nouvelle amoureuse. Dos à Peter Pan, qui n'en avait rien à faire des considérations puériles des adultes. Même si ces adultes là étaient de très grands enfants.

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MessageSujet: Re: Young fools | Bleuann   Sam 26 Aoû 2017 - 18:59

Tu ne peux t'empêcher de laisser échapper un rire devant la mine bleue et déconfite de ton amant. Comme un éléphant, il a soufflé et la crème glacée s'est retrouvée échouée sur les brins d'herbe verts. Bleu sur vert.
Un instant ton regard se trouble alors que tu observes la glace fondre sur l'herbe. Tu ne peux pas t'empêcher de penser au plus jeune de tes frères et à votre relation si particulière. Forcément. Bleu et vert. Bleuann et Green. Toujours la même chose, la même relation en dents de scie perpétuellement compliquée et tendue. Tu observes alors Ange et tu te demandes ce que Green penserait de cet homme. Tu te dis, un peu avec espoir, un peu pour te convaincre que ton frère t'aime toujours, que Green serait un peu jaloux de Ange. Tu as toujours été la petite princesse de tes aînés, la petite protégée et tes frères ne pourraient pas accepter facilement la présence d'un homme dans ta vie. Tu te dis aussi que, après cette première impression, Green et Ange pourrait bien s'entendre. Ils ont une façon différente de voir la vie, mais pourtant tu sens les mêmes failles, les mêmes douleurs dans leur coeur. Des trous béants dans lesquels tombe ton pouvoir.
Et tes autres frères ? Si Ange est sorcier, Red s'en ficherait certainement. Mais tu n'es pas certaine de la race de ton amant et tu sais que s'il est humain ou, pire, mêlé, ton frère aîné n'hésiterait pas à le tuer.
Olive le détesterait certainement dans un premier temps, avant que Cyan, la partie plus mesurée et patiente de leur étrange binôme ne tente de convaincre d'attendre avant de décider s'ils l'apprécient ou pas. Sans doute que ça ne changerait pas le premier avis d'Olive d'ailleurs. Et que Cyan finirait par s'y ranger.
Bianco... D'ici que Bianco comprenne vos relations les poules auraient des dents. Il était tellement concentré sur sa montée dans la hiérarchie de Rosenrot qu'il ne remarquerait sans doute rien. Et puis il ne savait pas vraiment ce qu'était qu'une relation amoureuse. Ou sexuelle même. Bianco était un être à part, focalisé sur le monde du paraître.
Et Silver... La couleur argentée serait sans doute la seule véritablement heureuse pour toi. Il apprécierait Ange, tu en avais presque la certitude, du moment que celui-ci te rendait heureux.
Décidément, il était bien compliqué d'avoir six frères aînés.

Tes pensées s'étiolent alors que Ange te bouscule gentiment en grommelant un "Sorcière !" par télépathie. Enfin, s'il est seulement possible de grommeler par télépathie. Et soudain tu le vois se lever et se jeter sur toi, alors tu te mets à courir, zigzaguant entre les amoureux sur l'herbe et les enfants en train de jouer. Tu sais que tu vas vite, très vite, ta condition physique n'est pas quelque chose sur lequel tu fais l'impasse. Cependant tu te rends compte assez vite que Ange est aussi, voir même plus rapide que toi.
Et puis, peut-être aussi un peu parce qu'un rire te tords le ventre et que ta glace te coule sur la main, tu ralentis un peu et ton compagnon arrive à ta hauteur et t'attrape par les hanches. Il te soulève alors dans les airs et te porte un peu comme une princesse alors que tu es une sorcière. Tu le regardes en rigolant puis t'interrompt soudainement en sentant ses yeux te caresser et un sentiment étrange se dégager de lui. Un bonheur mêlé d'un véritable attachement.
Tu souris.

Tu n'as pas le temps de dire quelque chose qu'Ange se remet à courir alors que tu t'accroches à l'aide de ta main libre autour de son cou pour mieux équilibrer ton poids. Après une course qui te montrait une fois de plus que le jeune homme était tout aussi bien entraîné que toi, vous arrivez dans un endroit bien particulier et magique du parc. La statue de Peter Pan.
Peter Pan, l'amoureux de Wendy.

- Et ça, c'est une chose que font les couples ?


Avant que tu n'aies le temps de dire quoi que ce soit, les lèvres de Peter Pan se posent sur celles de Wendy. Les yeux fermés, tu profites de cet instant un peu hors du temps, comprenant soudainement mieux que jamais les motivations de Peter Pan. Si seulement le temps pouvait s'arrêter, si seulement vous pouviez rester là pour toujours, comme deux grands enfants.
Si seulement... ainsi tu n'aurais jamais eu le coeur brisé.
Tu ne sais pas encore tout ce qui se passera par le futur. Tu ne sais pas qu'Ange est à Orpheo, mais que malgré ça votre amour saura dépasser la haine de vos deux camps. Tu ne sais pas que le nom Soul le fera tiquer, mais que là encore, vous saurez passer au dessus. Et tu ne sais pas, que ce qui causera votre fin, ta douleur, est encore si jeune, fragile et innocent.
Pour l'instant, tu profites juste du moment présent.
Tu te dégages ensuite des bras d'Ange puis, après que tes pieds aient retrouvé le sol, tu l'embrasses délicieusement à ton tour.

- Mon baiser. Je te l’ai donné, il t’appartient et pour toujours.


Ensuite tu attrapes sa main puis l'attire un peu plus loin, dans une autre partie du parc un peu plus passante. Tu t'assois sur un banc et l'attire à côté de toi avant de lécher ta glace à moitié fondue.
Puis tu attends.
Que quelqu'un passe.

C'est un vieil homme promenant un vieux chien. Il marche lentement, une canne dans une main et une laisse dans l'autre. De tous petits pas, tout comme le canidé. Tu le désignes à ton amant :

- Il est mélancolique, mais heureux. C'est parce qu'il pense à celle qu'il a aimée il y a bien longtemps, pendant la seconde guerre mondiale. Il s'était fait tirer dessus et avait été laissé pour mort jusqu'à ce qu'une jeune allemande le ramène chez elle et le soigne malgré le fait que leurs deux peuples soient en guerre. Il est resté plusieurs jours inconscient mais, lorsqu'il en est sorti, ils ont fait l'amour passionnément. Pendant des semaines. Jusqu'au jour où il fut suffisamment rétabli pour pouvoir retourner au front. Ce jour là il lui a promis de revenir après la guerre. Mais lorsque la guerre s'est terminée et qu'il a enfin pu retourner chez elle, la petite maison dans laquelle elle vivait avait été bombardée. Il ne l'a jamais revu, mais depuis tout ce temps il n'a jamais cessé de l'aimer.

Tu regardes l'homme s'éloigner avec sa démarche toujours aussi lente, puis tu te tournes vers Ange.

- Je suis empathe. Je ressens les sentiments des gens, mais je ne sais pas ce qui les provoque. Alors j'invente. Ça fait un peu moins mal comme ça.


Puis tu regardes à nouveau le chemin devant vous et aperçois une petite fille sautiller avec une barbe à papa dans la main. Aussitôt tu la montres du doigt.

- À ton tour. Cette petite fille dégage énormément de joie, mais un peu de peur.

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MessageSujet: Re: Young fools | Bleuann   Mar 19 Sep 2017 - 19:41

Put a little sunshine in your life

Amoureux. Trop vite. Trop fou. Oui, amoureux. Allez, presque. Disons presque. Presque amoureux alors que Bleuann posait ses lèvres sur les siennes et qu'il se prit à essayer d'en apprécier chaque millimètre carré, ressentir leur texture, leur goût, leur odeur. La sensation de son nez sur le sien. La chatouille légère des quelques mèches de cheveux noirs sur sa joue. Bleuann, Bleuann. Petite fleur bleue, petite sorcière. La mienne si tu le veux bien. Je crois bien, oui, je crois que c'est un oui. Un oui implicite, un non dit entre eux, mais c'était là, c'était vrai, ils étaient en couple.

Elle était descendue de ses bras juste avant de lui offrir ce baiser, et il pouvait à présent la contempler, un peu de haut, car si Bleu était grande et mince, Ange était carrément une grande perche de plus d'un mètre quatre vingt dix. Un mètre quatre vingt treize, pour être exact. Contraste saisissant avec sa jumelle Luka, d'ailleurs, qui n'avait jamais dépassé un mètre cinquante cinq.
Il pouvait alors pencher son visage sur celui de sa sorcière, glisser dans ses yeux, juste comme, dans ces petits océans, minuscules, infinis. Il était très niais, Ange, très emporté, flottant, en cet instant, sur un petit radeau d’insouciance, heureux de n'être pas rejeté, heureux de partager quelque chose. Parce que poser ses mains autour d'une taille, en sachant qu'elles y sont les bienvenues, qu'elle feront vibrer, trembler, se sentir en sécurité, aussi, peut-être, c'était du bonheur. Allez savoir pourquoi, c'était du bonheur. Et quand on vit en temps de guerre, qu'on a peur, chaque jour, pour ses amis, qu'on souffre de la perte des êtres aimés, que l'incertitude enserre le cœur, on s'accroche au bonheur. A tous les petits fragments de bonheur qu'on peut trouver.

Quitte à tomber amoureux d'une sorcière noire ?

Il ne le savait pas. Ange, trop innocent, trop utopiste, au final. Même après avoir tué des gens. Bizarre hein. Il ne lui décollait pas de la peau, cet prénom, il lui allait toujours aussi bien.

Et les mots de Bleuann semblaient taillés pour lui, lumineux, pleins d'amour, au moins d'affection. Oui des mots qu'un ange pourrait accrocher à ses ailes.

Elle lui donnait un baiser. Pour toujours.

Tout en songeant que c'était un des plus beaux cadeaux qu'on lui avait fait, le jeune homme lui offrir un sourire lumineux. Doux et fort. Il sentait qu'il n'avait pas besoin de mots, alors qu'elle l’entraînait par la main vers un peu plus loin, vers un banc.
Il passa un bras autour de sa taille tout en tentant de finir sa glace dans l'autre main.

C'était de ça dont il avait rêvé, dont il avait eu envie. Juste s'asseoir sur un banc, quelque part, n'importe où aurait fait l'affaire, et sentir la chaleur d'une autre personne. Quelqu'un qu'il estimerait, avec qui il aurait autant envie de faire l'amour que de parler pendant des heures. Quelqu'un dont il aimerait jouer avec les cheveux, passer les mains sur le corps sans pour autant que cela mène à du sexe, juste pour la douceur, pour dire avec des gestes "être avec toi, c'est le bonheur". Quelqu'un avec qui rire, avec qui avoir des nœuds, et puis des papillons dans le ventre. Et peut-être qu'il avait trouvé ça avec Bleu.


-Merci, dit-il tout doucement, en piquant un baiser sur sa joue.

Merci de ton baiser, de me l'avoir offert. Merci de ne pas avoir planté un poignard dans mon cœur. Merci d'exister, ma sorcière. Ma jolie sorcière.

Et soudain, elle fit apparaître ses pouvoirs magiques.

Alors qu'un vieil homme passait devant eux, dans les allées de Kensington, tenant en laisse un petit terrier blanc. Alors la voix de la jeune allemande retentit, et elle commença à lui raconter une histoire. L'histoire de cet homme. Une histoire d'amour tragique. Comme toutes les histoires d'amour ? Ce n'était pas une chose à laquelle Ange voulait penser pour le moment. Alors il serra la main de sa copine, et la regarda intensément. Est-ce qu'elle aussi était télépathe ? Ou autre chose ? Pouvait-elle lire dans le passé des gens, quelque soit le nom que ce don porte ?

L'explication vint assez rapidement, et lui arracha un petit sourire. Empathe. C'était de cela dont elle avait honte ? Pourquoi cela l'avait-elle énervé ? Peut-être était-elle comme Ian, et qu'elle trouvait cela ridicule. Le garçon disait même que c'était un "don de fille". Peuh. Quelle idiotie. C'était un très joli don, empathe. Et qui lui allait bien, surtout vu l'usage qu'elle en faisait. Inventer les histoires des gens, basées sur leurs émotions. C'était beau. Et l'histoire de cet homme était triste. Il lui serra un peu plus la main, et posa ses yeux sur elle, pensif.


-J'aime bien ce don. Dit-il doucement. Mais c'est vrai que ça doit être douloureux. Alors si tu veux on partage.

Et à ce moment, elle lui demanda, à lui aussi, de s'essayer à ce jeu étrange, inventer des histoires sur les passants. Elle lui donnait l'émotion. Lui devait broder à côté. Il plissa les lèvres, et fronça les sourcils.


-Ca va être dur de ne pas lire dans les pensées...

Il dessina un blocage dans sa tête, visualisa un mur, afin de ne pas laisser son propre don empiéter sur l'exercice, et regarda l'objet de leur observation. Une petite fille, avec une jolie robe bleu ciel, qui sautillait presque sur le chemin, tenant une barbe à papa toute rose dans la main. Très joyeuse, donc, disait son amante. Mais aussi un peu effrayée. Il réfléchit, essaya de ne pas le faire trop vite, pour dire quelque chose de pas trop banal, pas trop nul. Etre à la hauteur de sa jolie fleur bleue.


-Elle est joyeuse, évidemment, car l'école est finie, son papa est venu la chercher et lui a offert une barbe à papa, il lui a fait un énorme câlin et un bisou lorsqu'il est venu chercher à la grille. Elle est très heureuse, elle vient d'avoir un petit frère, en plus. Mais la peur, elle est là parce qu'elle a toujours été très angoissée. Elle a peur que le bonheur s'écroule, à chaque fois qu'elle est heureuse. Parce qu'elle n'a que sept ans, mais qu'elle sait déjà que la vie est comme ça. Que tout peut aller très bien, et que tout peut s'écrouler. Elle le sait parce qu'un jour, elle venait de fêter son anniversaire, et son chien est mort. Un autre jour, c'était la rentrée après les vacances de Noël, et elle voulait raconter à son meilleur ami tous les cadeaux qu'elle avait eu, et comment s'étaient passé les fêtes. Mais la maîtresse lui a expliqué qu'il avait une leucémie. Et qu'il ne reviendrait probablement pas.

Oh. C'était triste. Quel idiot. Il se sentit tout à coup très stupide, vraiment idiot d'avoir autant extrapolé, presque gâché leur instant avec tant de tristesse. En plus, cette histoire était vraiment nulle. Il s'empressa de serrer Bleuann dans ses bras et de l'embrasse sur le crane, le nez dans ses cheveux.

-Je suis désolé. Elle était nulle cette histoire. Raconte moi la prochaine, toi., murmura-t-il par télépathie.

Sa glace était finie. Dommage. Mais d'un côté, il aurait bien mangé quelque chose de chaud, le vent était frais. Il décida que toute à l'heure, si elle avait faim il emmènerait sa copine dîner. Peut-être dans un endroit où il y aurait des chandelles, s'il en trouvait. Si toutefois elle ne regrettait pas la décision qu'elle avait prise de se mettre en couple avec lui en voyant qu'il était si déprimant.

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MessageSujet: Re: Young fools | Bleuann   Mer 4 Oct 2017 - 21:24

Tu aimes l'odeur boisée de Ange. Tu aimes le sourire que tu aperçois quelque fois sur son visage, si sincère et lumineux. Tu aimes son côté bestial, qui ressort quand vous couchez ensemble. Tu aimes la mélancolie qui se dégage de lui, même si tu ne la comprends pas vraiment. Tu aimes sa manière de t'embrasser. Tu aimes sentir sa main autour de ta taille. Tu aimes les muscles durs que tu sens lorsque tes mains caressent son corps. Tu aimes le goût de sa bouche.
Aimes-tu Ange ?
Tu aimerais bien l'aimer. Mais tu ne sais pas si tu pourras y arriver.

Tu ne sais pas si tu pourras y arriver, mais tu décides quand même de t'ouvrir à lui. Tu lui racontes ton don, ton jeu secret, celui que même tes frères ne connaissent pas. Même pas Green ! La façon que tu as d'inventer des vies aux gens en te basant sur ce que tu vois et ce que tu ressens. Tu t'ouvres à Ange sur ton don, ton don si difficile que tu hais tant. Celui là c'est certain, tu ne l'aimes pas ! C'est un don faible qui ne fait que renforcer les convictions de ton père à ton égard : tu n'es qu'une pauvre femme tout juste bonne à tenir un ménage.
Alors tu dois te battre deux fois plus fort pour compenser le manque d'offensivité de ton don.

-J'aime bien ce don. Mais c'est vrai que ça doit être douloureux. Alors si tu veux on partage.

Un sourire triste s'égare sur tes lèvres. Oui, c'est douloureux. Une douleur que rien ne peut régler, si ce n'est l'éloignement de toute civilisation ou l'alcool. Mais tout ça ce ne sont que des solutions temporaires, et destructrice pour la seconde. Et tu ne peux pas partager la souffrance. Tu la gardes enfouie, tout au fond de toi. Parfois tu te dis que, au lieu de recevoir les émotions des autres, tu aimerais bien pouvoir leur communiquer les tiennes. Pour qu'ils aient aussi mal. Pour que eux aussi souffrent.
C'est sans doute une vraie pensée de sorcière noire.
Mais toi tu ne donnes rien, tu reçois. Ou plutôt tu subis. Et tu ne peux pas partager, même avec Ange, même s'il aimerait bien, même si tu étais d'accord.
Alors tu hausses les épaules et, pour détourner l'attention, tu lui proposes de se plier également à ton jeu en lui désignant une petite fille. Tu as hâte d'entendre l'histoire qu'il pourrait bien lui inventer.

-Ca va être dur de ne pas lire dans les pensées...

Tu attrapes sa main et la serre un peu fort.

- Si tu triches, je le saurai !

Et puis tu sais qu'il n'a pas besoin de ça pour inventer une histoire. Tu le sais, tu le sens, c'est quelque part profondément ancré en toi, l'idée que Ange a la capacité de toucher le monde avec ses mots. Des les façonner pour créer la magie. Pas celle qui coule dans vos veine, une autre magie ; celle de l'imagination.
Tu es persuadée de tout ça. Pourquoi ? Tu ne le sais pas très bien. Mais tu commences à connaître ton amant. Pas juste son corps, ses lèvres, son sexe. Mais également ce qu'il y a à l'intérieur.

-Elle est joyeuse, évidemment, car l'école est finie, son papa est venu la chercher et lui a offert une barbe à papa, il lui a fait un énorme câlin et un bisou lorsqu'il est venu chercher à la grille. Elle est très heureuse, elle vient d'avoir un petit frère, en plus. Mais la peur, elle est là parce qu'elle a toujours été très angoissée. Elle a peur que le bonheur s'écroule, à chaque fois qu'elle est heureuse. Parce qu'elle n'a que sept ans, mais qu'elle sait déjà que la vie est comme ça. Que tout peut aller très bien, et que tout peut s'écrouler. Elle le sait parce qu'un jour, elle venait de fêter son anniversaire, et son chien est mort. Un autre jour, c'était la rentrée après les vacances de Noël, et elle voulait raconter à son meilleur ami tous les cadeaux qu'elle avait eu, et comment s'étaient passé les fêtes. Mais la maîtresse lui a expliqué qu'il avait une leucémie. Et qu'il ne reviendrait probablement pas.

Cette histoire est triste et tu baisses la tête, un peu secouée. Tu penses à cette petite fille et tu te retrouves dangereusement en elle. Une enfant qui sait que le bonheur est fragile, tellement qu'elle a fini par ne plus y croire. Tu es cette gamine en robe bleu ciel qui sautille, sans se rendre compte que tout vacille, que tout s'écroule autour d'elle. Tu te retrouve petite fille, entourée de tes frères. Mais dans le bonheur rôde le malheur. Et pour toi ce sont tes parents. Le départ de Green. Celui de Silver.
Tellement d'épreuves qui ont brisé tout ce en quoi tu croyais.
Et tu te demandes : "Et nous ?". Tu n'oses pas poser la question à haute voix, mais elle te titille, te fais mal : "Est-ce que nous aussi on va s'écrouler ?". Maintenant tu as peur. Le bonheur que tu as trouvé avec Ange ne peut pas durer, tu ne peux pas être aussi heureuse ?
Tu te raccroches à l'idée que si, enfin, toi aussi tu as le droit au bonheur.
Pour ne pas sombrer.

C'est ironique n'est-ce pas ? De croire que cet homme t'apportera le bonheur alors qu'il est déjà en train de te détruire. Par ce doute qui s'insinue en toi et te brûle, te consume, te consomme. Par son appartenance, par ton appartenance.
Et pour cette gamine qui ressemble un peu à celle qui sautille dans l'allée.

-Je suis désolé. Elle était nulle cette histoire. Raconte moi la prochaine, toi.


Tu t'accroches aux mots qui coulent dans ton esprit. Tu regardes Ange dans un sourire, passe ta main dans une caresse le long de sa mâchoire. Tu prends ton temps avant de répondre, de raconter la prochaine histoire. Tu regardes attentivement autour de vous pour trouver la bonne. Et puis tu as une idée. Tu croques dans le cornet de ta glace - il ne reste que ça à présent - avant de regarder ton amoureux - ce mot n'est-il pas pensé un peu trop vite ? - droit dans les yeux.

- C'est l'histoire d'un homme en train de tomber amoureux d'une sorcière. Il est heureux d'être avec elle, du moins, la plupart du temps. Mais parfois, le temps d'un soupir, une trace de mélancolie, presque de la tristesse, peut se lire sur son visage et dans ses sentiments. Il a mal quelque part, une blessure que la sorcière voit sans oser l'effleurer. Il a mal et la sorcière se demande pourquoi. Est-ce qu'il pense à une autre ? En aime-t-il une autre ?

Tu détournes les yeux pour observer l'horizon. L'étendue d'herbe devant vous, les gens qui rient, s'amusent, papotent. Ils ne se rendent pas compte de l'importance du moment. Et ils ne sauront sans doute jamais à quel point les secondes qui s'égrène, dans ce parc, sont précieuses pour la sorcière aux yeux gris.
Précieuses parce que les mots risquent de tout ébranler.
De tout briser.

- C'est une histoire, bien sûr.

Ta voix n'est que murmure, ta voix n'est que mensonge.
Rien de tout ça n'est une histoire. Ou plutôt si ; la vôtre. Ici, dans ce parc. La vôtre qui commence à peine, la vôtre qui pourrait se voir stoper nette.
Cassée.
Pourquoi Ange est-il parfois si triste ?

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MessageSujet: Re: Young fools | Bleuann   Dim 17 Déc 2017 - 22:16

Les deuils se ramassent à la pelle, en bas, dans la Ruelle des Morts

C'était l'été et pourtant un vent frais faisait vibrer la peau d'Ange, presque autant que le fait d'être à côté d'elle. De la jolie fleur bleue. De Bleuann. La sorcière. Celle qui était peut-être en train d'empoisonner son cœur. Mais au cœur de la guerre, des conflits, un chagrin d'amour ne semblait pas très effrayant. Le jeune homme le voyait bien, ce risque, comme une petite ombre fantomatique au loin, il savait qu'il existait. Mais qu'était-il, face à la mort ?
Pas la sienne, d'ailleurs, à la limite, cela lui était égal. Mais face à la mort de personnes qu'il aimait ? Face à leur douleur, emportés, enlevés, pris malgré eux dans la chape de ténèbres, la nuit sans espoir de la guerre ?

Ce n'est rien. Elle pourrait bien tordre son cœur, dans tous les sens, juste par jeu, pour voir ce que ça fait. Elle pourrait aussi le piétiner, le rouler dans des graviers, y faire des plaies ouvertes et y mettre du sel et du vinaigre. Rien de tout ça ne serait aussi grave que tout ce qui s'était passé depuis cinq ans. Rien de tout ça n'avait l'importance du sang ou des larmes d'un enfant, de sa peur, sa peur viscérale, peur de mourir vraiment. Plus rien à voir avec un monstre caché sous le lit.

Tout ça, ça n'était que des bêtises de gamin, quelque chose qu'il faisait pour tromper l'angoisse, pour rechercher l'espoir, ailleurs. Un semblant de bonheur.

Et là, dans ce parc londonien un peu venteux, il pouvait presque le toucher, en serrant la longue main fine de sa jolie sorcière. Lui aussi souriait, presque serein, la chérissant du regard comme un trésor, une entité de valeur qu'il espérait ne pas se faire retirer par les frasques de la vie, ce serait bien aimable.

Mais comme tout trésor qui se respecte, elle défiait l'aventurier téméraire, le jeune homme arrogant, d'un haussement d'épaule, révélant un verrou, solide. Probablement un parmi tant d'autres.
Loin de se montrer découragé, Ange souffla bruyamment pour signifier son mécontentement, non sans une certaine malice, et déposa un baiser dans la nuque de Bleuann. Signe qu'il n'abandonnerait pas. Si elle était sa copine, à présent, alors il pouvait, et voulait se permettre de la découvrir, de la comprendre, vraiment, avec des mots en plus de la vibration de leurs chairs.

Son sourire était trop triste pour ne pas lever le voile qui recouvrait ses lèvres.

Pourtant de nouveau, elle jouait, serrant fort sa main, à son tour, lui interdisant de tricher.
Un sourire malicieux s'empara du visage d'Ange, et il répondit :


-De toute façon je ne maîtrise pas trop ça. En temps normal, je ne peux que communiquer par télépathie. Récemment, j'ai commencé à pouvoir entendre des bribes. Mais ce n'est vraiment pas développé. Alors pas d'inquiétude.

Après son histoire, elle avait baissé la tête, et s'était perdue dans ses pensées, avait-il supposé. Car elle n'avait plus rien dit, sa bouche scellée, les yeux remplis de nuages, le corps immobile, qu'il avait entouré de ses bras, comme de peur qu'il n'attrape froid, alors que c'était l'été.
Tout penaud, il s'en voulait d'avoir déversé sa tristesse, ses angoisses, son passé d'orphelin dans ce jeu. Il se doutait que Bleuann n'avait pas besoin de ça.

Puis, alors qu'il s'excusait par télépathie, elle finit par tourner son visage vers le sien, et de caresser sa joue, comme pour tenter de le définir, de le percer à jour. Elle semblait réfléchir, croquant de manière enfantine dans ce qu'il restait de son cornet de glace.
Ange imprima cette image dans ses yeux, se promettant de se le remémorer, afin de le chérir. Elle était tellement jolie, paraissait presque heureuse, sa sorcière, en cet instant.

Finalement, elle le regardait dans les yeux, et commençait à lui raconter une histoire. Cette histoire, dont les premiers mots l'amusèrent, finirent par figer le jeune sorcier. Car Bleuann avait cette façon de dire les choses, tout en l'interrogeant, presque, comme s'il avait fait une bêtise. Elle lui parlait de ses blessures.
Voulait savoir.

Au début, Ange ne sut trop quoi répondre. Raidi, il se sentait comme piégé, dans un instant de bonheur, à devoir parler de quelque chose qui le blessait.
Mais avec quelques secondes de recul, il réalisa, qu'au final, c'était surtout pour se rassurer elle-même que la sorcière lui avait posé une telle question. Et la vraie question pour elle se trouvait probablement tout à la fin : "en aime-t-il une autre ?". Et c'était mignon. C'était adorable. Une petite poussée de jalousie. Ou même simplement une fille qui veut savoir dans quoi elle met les pieds.

Et puis, s'il voulait découvrir son trésor, il faudrait bien qu'il se découvre lui aussi, un petit peu. Il avait de l'affection pour Bleuann, des petites pousses de sentiments. Il lui devait bien ça.
Son corps se détendit légèrement, et il soutint le regard de la sorcière, prenant ses deux mains dans les siennes. Maintenant, il n'y avait plus qu'eux deux, et ils étaient les protagonistes de leurs propres histoires
.

-Une histoire, oui, dit-il rêveusement, ses longs doigts calleux caressant ceux de sa copine.

Le jeune homme, bientôt amoureux, un peu heureux, prit une profonde inspiration, et commença à raconter :

-L'histoire de ce jeune homme, c'est qu'il est orphelin. Était orphelin, disons, car la vie a semé une nouvelle famille sur son chemin. Mais comme rien de tout cela n'a jamais été facile, la mélancolie est devenue une part de lui. Bien sûr, il lui arrive, souvent, de penser à d'autres. Des frères, des sœurs, des parents, des oncles et tantes dont il ne retrouve plus les chemins, mais pas une sorcière. Il n'en aime pas une autre de la façon dont il aime sa sorcière.
Que la sorcière se rassure
, murmura-t-il, cette fois-ci par télépathie.

Pensant cela, il attira la grande brune à lui, déposant sa tête contre son épaule, et il la maintint un instant, dans une étreinte qu'il voulait rassurante. Il n'avait pas de raison de l'abandonner. De plus, elle aussi avait de la magie, il n'aurait jamais à lui mentir pour la protéger. C'était déjà, en soi, un soulagement.

- En plus, comme la sorcière a parfois l'air triste, elle aussi, il a le sentiment qu'elle peut le comprendre.

Peut-être qu'il se trompait. Peut-être qu'elle ne voulait pas le comprendre. Peut-être était-elle blessée, peut-être avait-elle donc besoin de quelqu'un de plus solide que lui pour avancer, pour être heureuse. Peut-être était-elle du genre à cacher, enfouir la souffrance, très loin. Peut-être n'était-elle pas prête. En tous cas, Ange était patient. Et il n'avait pas le cœur au conflit. il avait le cœur à la prendre dans ses bras, lui dire des choses douces, partager un moment presque insouciant qui serait un trésor, partagé, cette fois ci. Un trésor réconfortant pour les froides nuits d'hiver, en temps de guerre.

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Dernière édition par Ange H. Rejes le Lun 18 Déc 2017 - 9:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Young fools | Bleuann   Dim 17 Déc 2017 - 23:26

Il était une fois une sorcière terriblement triste.
Tellement triste, qu’elle s’acharnait sur les gens, les démolissait de l’intérieur, les saignait de l’extérieur. Elle suivait à la lettre les ordres d’une entité plus puissante et plus cruelle qu’elle. La sorcière détruisait parce qu’elle n’était pas heureuse.
C’est l’histoire d’une sorcière, mais pas seulement.

Il était une fois un prince un peu mélancolique.
Le prince avait perdu sa princesse au détour d’une guerre. Une guerre terrible, qui avait pris le monde à la gorge, qui avait étouffé les bons comme les mauvais. Un de ces guerres qui fait couler le sang, qui fait bander Satan.
C’est l’histoire d’un prince, mais pas seulement.

Il était une fois une sorcière et un prince se rencontrant sur le bord d’un chemin. Tout de suite, ils s’aimèrent bien. Il y avait entre eux une alchimie inexplicable, des atomes crochus. La sorcière, pourtant habituée à manipuler les gens, n’avait plus envie de tuer, de saigner, de maltraiter. Le prince, pourtant habituer à pleurer la perte de ceux qu’il aimait, retrouvait le sourire, le temps d’une glace avec la sorcière.
On pourrait presque croire qu’ils tombèrent amoureux.
Se marièrent.
Et eurent beaucoup d’enfants.
Oui mais voilà. C’est l’histoire d’un prince et d’une sorcière qui ne vivent pas dans les contes de fées. Ils ont beau rêver, ils ont beau se rapprocher, leur destinée est toute tracée. Un jour ou l’autre, ils se déchireront le cœur, ils s’arracheront leur ardeur, ils brûleront leurs heurs.
Car dans le monde réel, jamais prince et sorcière ne se sauveront.

Ce ne sont que des histoires, tu l’as toi même dit. Pourtant tu brûles de connaître la vérité, de comprendre les souffrances qui détruisent le cœur de Ange. Tu as peur des mots qu’ils pourraient te souffler. Peur qu’ils te disent que, quand il te regarde, il en voit une autre, que quand il t’embrasse, il pense à d’autres lèvres, que quand il jouit, il fantasme sur un autre corps.
Ton cœur noir de sorcière souffre de la jalousie.
Tu as déjà été jalouse auparavant dans ta vie. Jalouse de Chloé, parce que ton frère Green, le frère dont tu étais le plus proche, l’a préférée à toi. Jalouse de tes frères également, parce que tes parents leur passaient tout alors que toi ils ne te regardaient jamais. Mais jalouse par amour ? Jalouse pour un homme ?
Non, ça jamais.
Pourtant, maintenant ça te dévore la chair à t’en faire mal. Tu sens le mal monter en toi, te bouffer le cœur. Tu as envie d’être dans la tête d’Ange, de vérifier, de faire le ménage là-dedans. Ce sentiment t’étouffe, te détruit.
Te rend encore plus sorcière que tu n’es déjà.

- Une histoire, oui.

Rien qu’une histoire.

Sa main vient caresser la tienne et tu entrelaces tes doigts avec les siens. Tu n’oses pas le regarder dans les yeux. De peur qu’il te mente ? De peur qu’il puisse lire la jalousie en toi ? Vos dons ne sont pas si différents, finalement. Toi tu peux lire dans les cœurs et lui lire dans les esprits. Même s’il dit qu’il maîtrise encore mal cette partie de son don. Quelque part, ça vous rapproche encore un peu plus.

-L'histoire de ce jeune homme, c'est qu'il est orphelin. Était orphelin, disons, car la vie a semé une nouvelle famille sur son chemin. Mais comme rien de tout cela n'a jamais été facile, la mélancolie est devenue une part de lui. Bien sûr, il lui arrive, souvent, de penser à d'autres. Des frères, des sœurs, des parents, des oncles et tantes dont il ne retrouve plus les chemins, mais pas une sorcière. Il n'en aime pas une autre de la façon dont il aime sa sorcière.
Que la sorcière se rassure.


Tu soupires de soulagement.
Tu aimerais bien jouer la grande sorcière, fière, animale. Celle qu’il a rencontrée dans un lit un matin d’ivresse. Tu aimerais bien jeter tes cheveux d’un geste assuré et dire que tu n’as pas besoin d’être rassurée, que les sorcières sont au-dessus de tout cela.
Mais tu ne dis rien et tu glisses contre lui, dans son étreinte. Tu te fonds dans son être.
Tu es faible comme sorcière. Pitoyable ?
Quand il relâche son étreinte, tu gardes ta tête sur son épaule. Tu n’as pas envie de relever les yeux, pas envie d’affronter le monde. Tu aimerais rester là blottie pour toujours. Oublier la vie et tout le reste. Plus de Soul. Plus de Rosenrot. Plus de sorciers noirs. Même plus de magie.

- En plus, comme la sorcière a parfois l’air triste, elle aussi, il a le sentiment qu’elle peut le comprendre.

La sorcière aurait donc un cœur ? C’est ce que le prince semble penser, imaginer.
Pauvre prince éperdu de la sorcière au cœur de pierre... Ne voit-il pas que tout est déjà perdu pour elle ? Qui pourrait s’abaisser à l’aimer. Elle, Bleuann Soul, minable enfant rejetée du monde.
Ce ne sont que des histoires.
Lentement, tu relèves la tête pour regarder Ange dans les yeux. Tu ne lâches pas ses mains. Tu serres fort, comme pour t’y accrocher, comme pour être sûre qu’il ne partira pas, que tu peux le retenir.
Comme si une sorcière pouvait retenir un prince autrement qu’en le séquestrant au fond d’une forêt sombre.

- C’est parce que l’histoire de la sorcière aussi est triste. Différente, mais triste.

C’est ton tour à présent. Ton tour de raconter l’histoire de la sorcière au cœur brisé, la sorcière enfermée dans une enfance déglinguée.

- La sorcière elle était heureuse quand elle était petite. C’était pas une enfance possible, mais elle avait six grands frères qui l’entouraient. Tu vois, c’est une histoire différente, elle n’était pas orpheline.

Si seulement ton histoire s’était arrêtée ici. Tu ne serais pas déglinguée. Tu ne serais peut-être même pas véritablement sorcière. Biologiquement oui, ça tu ne peux pas changer. Mais ton cœur lui aurait pu avoir une couleur. Comme ton prénom.
Une âme.

- Puis un jour alors qu’elle était encore bien jeune, un de ses frères est parti et tout a changé. Plus tard il est revenu, mais c’était trop tard. La famille avait changé, la sorcière avait changé. Elle était plus capable d’aimer. Elle voyait des hommes, mais ce n’était que des coups, comme ça, même pas vraiment des histoires. Elle préférait souiller son corps avec d’autres corps que son cœur avec des sentiments. Elle refusait de s’attacher pour ne pas faire comme son frère qui les avait tous lâché. La sorcière est devenue un peu folle, tu sais ?

Ta main s’est mise à trembler, sans même que tu ne comprennes véritablement pourquoi.

- Tu devrais faire attention à la sorcière, tu sais ? Elle est pas seulement triste, elle a aussi le cœur en miette.

Ce sont sans doute les paroles les plus sensées que tu aies prononcées depuis longtemps. Si seulement le prince avait su les entendre, su les écouter.
Il n’est pas trop tard pour qu’il s’enfuit sur son cheval blanc...

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MessageSujet: Re: Young fools | Bleuann   Sam 6 Jan 2018 - 17:42

Komm her meine Süße und reich mir deine Hand
zeig mir wer Du bist und Du wirst sehen wie es ist


Ange enfouit son nez dans le cou de Bleuann lorsqu'il entendit un long soupir sortir d'entre ses lèvres. Il l'entoura de ses bras, pour la rassurer, au fond, pour se rassurer, au fond. Pour partager un peu de chaleur, de réconfort. Créer une petite bulle, rien qu'un instant, en dehors de l'abrupt monde réel, les trottoirs râpeux et gris, comme les passants qui les foulaient.
Le jeune homme hésita un instant à lui demander si elle avait souffert de la guerre actuelle, si elle lui avait pris quelqu'un, ou si elle l'avait blessée, tout simplement.
Mais à la réflexion, il avait envie de la laisser en dehors d'eux et de leurs moments, la guerre. Elle était déjà bien assez présente, la guerre.

Et puis elle viendrait bien assez tôt dans leur relation.

La guerre.

Car la tristesse, elle, y était déjà. Pourquoi sa sœur ne la suivrait-elle pas, par la suite, dans le cœur des deux amants ?
Ces deux enfants au cœurs encore presque immaculés, malgré tout Encore pleins d'espoirs, malgré le sang qu'ils avaient versé, les larmes qu'ils avaient provoqués. Oui, car même un prince orphelin d'Orpheo fait ce genre de chose. Ange était si jeune lorsqu'il avait tué pour la première fois. Un ennemi, un sorcier noir, mais une personne quand même. Certes, il ne l'avait pas fait seul, mais il ne pouvait oublier qu'il avait fait partie de la famille de sa sœur jumelle. Il ne pourrait jamais oublier le nom de Quentin Cross. Et c'était peut-être tant mieux, se disait-il souvent, lorsqu'il n'arrivait pas à dormir.

La tristesse était là, parce qu'elle l'avait décelée, qu'il ne l'avait pas contredite, et que là, juste maintenant, elle aussi était en train de lui parler de sa propre tristesse.
Alors Ange la serra un peu plus fort contre lui, et l'écouta de tout son être, tant il savait que c'était rare, que la sorcière s'ouvre. La sorcière qui était à présent sa copine. Un peu de bonheur dans la tristesse. Il écouta son histoire différente, mais tout aussi triste.

Elle lui parla de son enfance, entourée de tas de grands frères. Ange en avait eu quelques uns, aussi. Qu'ils soient professeurs ou orphelins. Même s'il s'était, pendant la plus grande partie de sa vie, senti un aîné. Il avait très rapidement appris à s'occuper des plus jeunes, même parfois des plus âgés. Comme Hayley. Il ne se sentait pas beaucoup plus jeune qu'elle d'ailleurs. Mais là n'était pas le sujet. D'ailleurs, Hayley était sûrement morte, à présent, personne n'avait plus entendu parler d'elle depuis des années. Cette pensée lui soutira une grimace.

Mais il n'avait pas pourtant cessé d'écouter Bleu, qui lui transmettait, dans ses mots, toute sa douleur, cette déception, cette déchirure de l'absence de son frère. Et puis son retour, qui n'avait fait que l'agrandir. Car contrairement à lui avec Luka, elle ne semblait pas lui avoir réellement pardonné. Elle semblait avoir fermé son cœur.
Il aurait voulu prendre la petite Bleuann dans ses bras, celle de l'époque, et lui dire que ça allait, que son frère allait revenir, qu'il fallait être patiente. Qu'elle ne devait pas lui retirer son amour. Que probablement son aîné avait besoin de partir pour se trouver, pour être lui-même. Il aurait voulu prendre la main de ce frère, et la mettre dans celle de sa cadette, les réconcilier. Car il était Ange, un ange naïf, et trop gentil. Un ange qui était persuadé que maintenant, tout pouvait s'arranger, car elle s'était jetée dans son corps, oui, avec inconscience, mais maintenant, elle lui dévoilait un peu de son cœur, c'était un premier pas, alors oui, il y avait de l'espoir. Il n'était même pas effrayé par le fait qu'elle lui dise être folle. La folie, c'est bien, pensa-t-il. Peut-être même que sans la folie, le monde est ennuyeux. Il n'avait jamais eu le sentiment de vivre dans un monde parfaitement équilibré, normal ou sain. Il pouvait donc bien accepter un peu, beaucoup de folie de la part de la jolie sorcière, si fragile.

Ange continua d'écouter même après qu'elle se soit tue, à s'imprégner de son histoire, de ses mots, la serrant légèrement plus fort à chaque seconde, pour s'imprégner de son corps, également, de son odeur.

Après qu'elle l'ait mis en garde, et que ses paroles se soient diluée en lui, parsemées en milliers de taches de couleur, de petits flocons en lui.


- Ich habe keine Angst vor Hexen. Noch vor verrückte Hexen. Ich hab' keine Angst...

Il passa pensivement ses doigts dans les cheveux presque noirs de Bleu. Il savait que son accent lorsqu'il parlait allemand l'amusait. Puis il ajouta, en anglais :

- Je ne veux pas te faire la leçon, je veux juste que tu prennes ces mots et que tu y réfléchisses. -Il marqua une courte pause- Peut-être que ton frère avait une bonne raison de partir. Peut-être que vous pourriez en parler, et vous pardonner.

Elle pouvait bien faire ce qu'elle voulait de tout ça, de sa naïveté, de son envie tellement grande de voir les familles unies et heureuses, lui qui avait du s'en construire une toute sa vie. Elle pouvait bien entendre les mots sans les écouter, les jeter aux loin et ne plus jamais y penser. Elle pouvait aussi bien le jeter lui.
Il n'osait à présent plus rien dire, se préparant à tout, même à une tempête de colère de la part de sa copine. Ou à rien. Si elle ne disait rien, il passerait à autre chose. Jusqu'ici, la journée était belle, alors il ferait de son mieux pour que cela dure.


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MessageSujet: Re: Young fools | Bleuann   Lun 22 Jan 2018 - 0:13

Tu racontes ton histoire sans te rendre compte de la toile que tu tisses autour d’Ange. Araignée, petite araignée, qui monte à la gouttière... Qui entoure cet homme de ses charmes et de son enfance, qui glisse sur sa folie sans vraiment l’avouer. Mais tu ne dis pas vraiment toute la vérité, n’est-ce pas Bleuann ? Tu ne lui dis pas tout, parce que si tu le faisais, nul doute qu’il fuirait.
Que dirait Ange s’il savait que tu es de Rosenrot ?
S’il savait que tu avais participé à l’attaque du Mystery Orphanage ?
S’il savait que tu avais sur les mains, le sang de ses amis, de sa famille ?
De sa princesse.
Tu es l’unique responsable de ces actes. Tu aurais pu dire « non » il y a longtemps et t’enfuir à ton tour, te réfugier au Mystery Orphanage. Tu connaissais son existence. Tu aurais pu dire « non » à tes 18 ans, emporter ton sac et te glisser parmi les humains ; tu n’es pas assez importante aux yeux de ton père pour qu’il dépense de l’argent à te retrouver. Tu aurais pu dire « non » aux ordres d’Anja qui te demandait de tuer, attaquer, esclavager les enfants de l’orphelinat.
Mais à la place de dire « non » tu t’es posée en victime et tu as fait tout ce qu’on te demandait. Tu es atroce Bleuann, et tu le sais. Car celui qui se cache derrière le diable, n’est-il pas pire que Satant en personne ?

Que dirait Ange de tout ça ?

Mais Ange ne sait pas. Tu ne dévoiles pas tout cela, tu le gardes pour toi. Tu dissimules, n’égare derrière toi que quelques informations ; un frère parti, une immense tristesse, mais pas beaucoup plus. L’histoire est en fait bien plus compliquée que cela, n’est-ce pas ? Si Green et toi ne vous parlez plus désormais, c’est aussi par ta faute. C’est parce que tu es partie sur le mauvais chemin, que tu as tourné le dos à la petite princesse élevée par six grands frères et dont la plus grande perversité était de lancer des boules de neige sur ses aînés.
Tu n’es plus rien de tout cela. Juste une adulte en mal de vivre. Une sorcière aux ongles crochus.

- Ich habe keine Angst vor Hexen. Noch vor verrückte Hexen. Ich hab’ keine Angst…

Les doigts d’Ange viennent caresser tes cheveux alors que tu souris en entendant son accent. Tu aimes bien lorsqu’il parle allemand. C’est étrangement réconfortant, comme un refuge, alors même que l’allemand est peut-être la langue dans laquelle tu t’es faite le plus engueuler. Par tes parents, par tes supérieurs à Rosenrot, par tes frères même, parfois. Et pourtant, lorsque Ange parle allemand, tu trouves cette langue qui te paraît ordinaire devient passionnante et belle. Elle sonne comme des soleils à tes oreilles. Tu aimes bien.

- Du müsstest.

Tes yeux se perdent dans les siens, avec une sincérité inhabituelle chez toi. Ton cœur hurle à celui de Ange : Allez, barre-toi ! Emporte ton cheval et tes rêves avant qu’il ne soit trop tard, avant de t’empêtrer totalement dans la toile de la sorcière. Casse-toi, sauve-toi tant qu’il est encore tant ! Tu ne sais pas dans quoi tu t’embarques, ni avec qui. C’est le moment de partir, sinon il sera trop tard. Là encore, nous sommes honnêtes. Mais ça ne va pas tarder. Bleuann va redevenir la sorcière qu’elle a toujours été, avec moi en miette et la tête à l’envers. Elle est mal montée cette gamine, elle est détraquée. Alors fuis ! Fuis avant qu’il ne soit trop tard.
Et pourtant, il reste là, tranquillement assis sur un banc avec toi.

- Je ne veux pas te faire la leçon, je veux juste que tu prennes ces mots et que tu y réfléchisses. Peut-être que ton frère avait une bonne raison de partir. Peut-être que vous pourriez en parler, et vous pardonner.

Quelque part en toi, un mécanisme se bloque. Alors que tu avais commencé à parler à Ange, alors que tu voulais lui raconter ton histoire, ses conseils détruisent tout.
Parler à Green.
Comme si tu n’y avais pas pensé.
Comme si ça ne pouvait marcher.
Ange est trop naïf et la toile d’araignée s’est désormais refermée sur lui. Plus d’échappatoire à vos deux cœurs, les voici face à face. Fais gaffe Ange, l’araignée va te croquer... C’était avant qu’il aurait dû enfourcher son cheval blanc pour s’enfuir au galop... Désormais, tu es redevenue sorcière et le jeu est terminé. Tu n’as plus envie de parler de Green, ni de ta famille, mais uniquement de te complaire contre le corps de Ange... Avec le corps de Ange.
Le jeu n’a que trop duré.

- Qu’importe, à présent il est trop tard.

Tu hausses les épaules avant de sauter sur tes pieds pour te mettre debout. Tu piques un baiser sur les lèvres de Ange avant de lui attraper la main.

- Ton coloc est chez toi ? J’ai bien envie de rentrer à présent...

Rentrer pour oublier Green, rentrer parce que les gestes sont plus simples que les mots. Tu as envie que vous redeveniez ces deux bêtes sauvages qui se sautent à la gorge, qui baisent sans penser au lendemain et à rien d’autre qu’au plaisir. Le sexe est pratique pour cela et c’est pour ça que tu l’apprécies autant. Pour ne plus penser à tout le reste.
Parce que tu commences à ressentir quelque chose pour Ange. Parce que tu aimerais l’écouter, arriver à décrocher ton téléphone, appeler Green et lui demander de vous rejoindre. Tu aimerais bien lui présenter Ange à ton grand frère, et peut-être même à tes autres grands frères. Sauf peut-être Red - tu aurais trop peur qu’il ne l’égorge - et Bianco - il ne comprendrait pas ton engouement. Tu aimerais te fondre avec Ange, passer tout ton temps avec lui, emménager à Londres, te marier, faire des gosses.
Tu t’emballes.
Alors tu fuis ta propre tête. Tu fuis puisque lui n’a pas été capable de le faire. Et ta fuite t’emmène dans le seule endroit que tu maîtrise vraiment. Le sexe.

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MessageSujet: Re: Young fools | Bleuann   Ven 9 Fév 2018 - 22:30

Oh, zu lieben, ich zeig dir wie es geht

Elle était là, à le regarder, à jouer son rôle de fille froide et dur, de sorcière. A le regarder avec une intensité violente, à lui crier silencieusement de fuir, sans pour autant prononcer un mot. Ange ne bougeait pas, hors du temps, hors de tout, les mains de Bleuann dans les siennes. Il ne céderait pas à cet espèce de caprice, cette envie bizarre d'être la méchante, de lui montrer qu'elle pouvait le faire souffrir. Oh oui, elle pouvait. Il le savait bien. Elle ne se laisserait pas faire, elle résisterait à ses sentiments bienheureux, mais le garçon s'en fichait, il était las de se battre, il aimait non seulement la peau de l'allemande contre la sienne, mais aussi ses yeux, ces yeux là, qui voulaient à la fois le repousser et le retenir. Cette espèce de fierté. Une démonstration de force inutile, de toute façon, tout coulait sur lui.

Tu sais Bleuann, j'ai perdu ma jumelle, je me suis enfui pour la retrouver, j'ai tué un membre de sa famille, je me suis pris des baffes dans la gueule, des coups dans mon cœur dont j'ai cru ne jamais pouvoir me remettre. Je l'ai retrouvée. J'en ai perdu d'autres, des amis, des membres de ma famille si difficilement construite. Certains sont morts, certains ont été capturés, certains ont simplement été happés par la Terre, disparu du jour au lendemain. Mes parents, ma grand-mère ont été blessés, j'en ai été séparés. Alors tu peux me faire souffrir si tu veux, mais je ne me battrai plus que pour ce que je risque vraiment de perdre. Si tu es si horrible que tu semble le penser, je finirai par partir, et ce sera tout.

Voilà ce qu'il aurait voulu lui dire. Les questions, les prises de tête, il n'en voulait pas d'inutiles, il voulait juste profiter du temps avec cette jolie femme aux membres fins et musclés, à l'esprit vivace, au regard si perçant, qui l'effrayait un peu, parfois, de tant de lucidité. Lui qui n'était qu'un Ange naïf, malgré tout, malgré la guerre. Ils avaient décidé d'être un couple, alors il allait essayer, et faire de son mieux. Si elle tenait temps à leur mettre des bâtons dans les roues, elle précipiterait leur chute, mais lui n'en ferait rien. Il était heureux et exalté avec Bleuann, il voulait son visage, ses mots et son corps.

Alors il ne dit rien, se contentant de la regarder d'un air un peu triste, caressant ses cheveux, essayant de lui montrer qu'il y avait cette soirée d'été autour d'eux, et que ça suffisait, pourquoi compliquer ?
S'il le fallait, il l'écouterait des heures parler de ses frères, de son mal-être, il essaierait d'être le meilleur petit ami possible. Alors, qu'elle cesse de sortir les crocs. Lui aussi en avait, et apprenait à en user avec parcimonie.

Elle fit une moue, sembla incommensurablement triste, l'espace d'un instant, et Ange crut la voir partir. Parce qu'il n'était pas assez attentif, pas assez apaisant, pas assez magique, peut-être, pour comprendre ses maux, tenter de les soigner. Il n'avait que des mots, tout petits, parfois trop peu nombreux. Ou plutôt, ils étaient des milliers, mais les bons étaient si dur à trouver. Et ils ne suffisaient pas. Peut-être Ange ne suffisait-il pas.

Elle dit simplement que c'était trop tard.

Il fit doucement glisser sa main le long de son bras.

Peut-être, pensa-t-il. Tandis qu'elle sautait sur ses pieds, plantait un baiser furtif sur ses lèvres et lui prenait la main. Elle demanda si Oli était à l'appart, car elle voulait rentrer. Elle voulait surtout ne plus en parler. Une autre fois peut-être.

Le sorcier sortit son portable et envoya un simple "home ?" à l'américain avec qui il vivait depuis peu après l'attaque sur Little Angleton. Plus de trois ans, donc. Lui s'était inventé un job de consultant en bien être et comportement animal qui lui requérait de voyager souvent. Chuck-Oliver (car c'était son nom complet), ne faisait rien de ses journées à part chercher (activement, il fallait le reconnaître), sa sœur disparue. Ange voyait qui c'était, Heather avait assisté Lestat durant ses dernières années en tant qu'orphelin. Selon lui, elle était soit morte, soit esclave. Il espérait qu'il s'agissait de la seconde option, et effectuait des recherches de ce côté lorsqu'il en avait le temps.

Ange se leva à la suite de Bleu, en entoura ses épaules de son bras, d'un geste protecteur, car il n'avait pas de mot à mettre sur sa tristesse d'avoir perdu son frère, alors il lui restait les gestes, les actions. Le temps, peut-être.

Son téléphone vibra dans sa poche arrière. Oli était à Edimbourg, sur une "piste". Le grand brun fit une légère grimace avant de répondre un "ne rentre pas bourré ou avec une écossaise, espèce de minet". Il aimait bien lui lancer ce genre de piques. Le New Yorkais d'origine avait absolument toutes les femmes qu'il voulait, et aurait probablement aussi eu des hommes s'il s'y était intéressé. Quoi qu'il n'avait jamais été le genre d'Ange.

Il se demanda ce que Bleu penserait de son attirance pour les deux sexes. Il l'embrassa sur la joue. Ce n'était pas le moment d'y penser. Il ne désirait personne d'autre qu'elle, en ce moment.


- Il est pas là. On va en profiter pour se vautrer par terre comme des gros chats.

Ou faire l'amour, comme des bêtes. Dans toutes les pièces, si tu veux. Tant que tu n'es pas triste, Bleu.

Il commença à marcher le long des allées, l’entraînant avec lui, ne la lâchant pas.

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