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 I can't remember the first time I heard your voice

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MessageSujet: I can't remember the first time I heard your voice   Ven 11 Aoû 2017 - 16:27

Au feu, les pompiers,
V'là la maison qui brûle !
Au feu, les pompiers,
V’là la maison brûlée.

Sans blague. Mes doigts visqueux balancent le bidon d’essence droit sur le bâtiment enflammé et se saisissent du torchon rayé bleu et blanc trônant dans ma poche. Tout en m’essuyant les mains et le début des avant-bras, je laisse mon esprit se perdre dans les langues de feu brûlant la ferme. Encore trois meurtres. Deux gars bien baraqués et une nana à l’allure assez peu innocente. Mon corps me brûle et ce n’est pas dû à la chaleur à proximité. L’odeur d’essence me monte à la tête et provoque vertiges et nausées. Que s’est-il passé, cette fois-ci ? Je suis blessé. Des coupures provoquées par un bon couteau de cuisine ou bien un poignard, une dizaine de bleus sous ma chemise rayée de violet et de gris. Une bonne vingtaine d’égratignures. J’ai dû me retrouver projeté plus d’une fois contre un mur. Des entailles de verre. Je contemple d’ailleurs l’un d’eux venu élire domicile entre deux bouts de chair. Je grince des dents et déloge l’éclat. J’en ai marre. Ma main passe sur mon visage pour essuyer la sueur tandis qu’un frisson parcoure mon échine. J’ai aussi été blessé au visage.
Une nouvelle explosion retentit, m’obligeant à lever mon bras par réflexe pour protéger mon visage.

-Qu’est-ce que c’était, cette fois ?

Je prononce ces mots d’un ton nonchalant ponctué d’un léger agacement. J’aimerais pouvoir dire que je ne suis toujours pas habitué à visiter des scènes de crime mais ce serait me mentir à moi-même. Tout comme renier le fait que je sois, physiquement tout du moins, responsable de ces meurtres. Hector se retire toujours lorsque le dernier homme est à terre. Que ce soit moi ou ses victimes. C’est donc à moi de trouver une solution de repli pour éviter de terminer ma vie en prison. Je m’étonne de ne pas encore avoir été arrêté.

Un règlement de compte. Visiblement, ces mecs t’en voulaient vraiment. Pour une fois, il a bien fait d’intervenir.


Je me doute que le « il » s’adresse à Hector. Bien entendu. Et pourquoi pas le remercier ? Et puis quoi encore. Cherchons d’abord à savoir pourquoi ces mecs-là m’en voulaient. Sans doute pour un méfais que cette même chauve-souris aurait commis avec ma personne. Je ne suis… Je n’étais pas un homme à problème avant que cette satanée chose, présence ne se décide à me paralyser et me confiner dans un rôle ma foi for peu plaisant.

Mon esprit émerge doucement. Les récents événements, jusque-là effectués avec professionnalisme et pure habitude, reparaissent doucement, chronologiquement. La vision des trois cadavres, de leur sang éparpillé sur le sol les entourant d’un halo, la réflexion qui s’ensuit pour enflammer la paille à proximité. La recherche d’essence dans le garage proche, les allées et venues entre les tracteurs et autres machines. Et puis l’allumage.
Je tourne la tête à droite et à gauche pour observer mon environnement. Nous sommes en pleine campagne, les vaches qui paissaient tranquillement se sont éloignées et la fumée commence à monter dans un épais nuage de cendre grisâtre. Je fais craquer mes vertèbres cervicales et m’approche de l’enclos en jaugeant la clôture. Elle n’a pas l’air électrifiée. Par mesure de sécurité néanmoins, je préfère prendre appui sur le poteau en bois pour passer par-dessus la barrière. D’ici, je fonce à l’abreuvoir et me nettoie une nouvelle fois les mains et avant-bras. L’eau n’est pas si propre mais ce sera suffisant. Les sourcils froncés, je lance :

-On se casse.

Sur ces mots, je continue mon chemin et traverse la cambrousse. J’aurais bien pu utiliser la voiture des victimes, mais si, par malheur la clé ne se trouvait pas sur le contact, je n’aurais aucune possibilité de pouvoir m’échapper et je laisserai mes empreintes. Mauvaise idée. Il devrait bien y avoir un village à proximité. J’espère. J’ignore tout à fait où je suis. Enfin. Presque. Je me souviens… de la France. Je me dirigeais vers la capitale. Mais ça, ça n’a pas tout à fait l’air d’être Paris. Merde. Où est-ce que je me trouve ?
Je continue d’avancer, Georges sur les talons. Rapidement, tout n’est plus que champs. J’ignore vers où je me dirige. Georges a l’air d’être plus optimiste que moi. Il a toujours été plus optimiste. En même temps, il est mort, alors concrètement il ne risque plus grand-chose. Ce qui n’est pas mon cas.

-Va voir ce qui traîne là-bas.

J’ai pas besoin d’articuler plus de mots, le lamantin comprends très bien. Alors, sans se faire prier, l’allure fantomatique de Georges disparaît et ses cheveux semblables aux algues animées par la marée par la même occasion. Il ne fait heureusement pas trop chaud mais je doute pouvoir supporter une marche trop longue. En peu de temps, à ma vision vient s’en superposer une autre, en noir et blanc. Je m’arrête un instant pour ne pas tomber et observe une enfilade de maisons. Un panneau rectangulaire blanc bordé de rouge indique « Crécy-la-Chapelle » en majuscules. Où diable sommes-nous tombés.

Environ trois kilomètres de marche.

Je crache au sol. Environ trente minutes de marche à un bon débit. Sans doute plus dans mon cas. Bien, me voilà heureux de le savoir. J’inspire et me concentre pour faire disparaître la vision de Georges et continue d’avancer. En peu de temps, ce dernier reparaît devant moi.

Transition parfaite, me voilà finalement arrivé à bon port après avoir entendu les alarmes de pompiers retentir quelques minutes auparavant. Je suis fini. Qui accepterait de venir m’aider, vu mon look de caïd, ma chemise, cachant un débardeur, remontée aux coudes et décousue à certains endroits, mon jean en tout aussi piteux état et mes baskets. Je ne sais pas. Vraiment, j’ai peu de chances de m’en sortir. Peut-être moins que dans une grande ville, finalement. Je m’accorde une pause aux bordures de la ville, derrière une haie. Je suis épuisé et mes membres tirent et brûlent. Au moins, je suis certain que la chauve-souris ne va pas faire irruption avant un bon paquet de temps. Le temps de réparer les pots cassés. De gros pots cassés.

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MessageSujet: Re: I can't remember the first time I heard your voice   Ven 8 Sep 2017 - 17:55

- Non maman, veux pas. Porte moi !

Je lève les yeux alors que Laure-Anne tire sur ma main aussi fort qu'elle peut pour que j'arrête de la trainer derrière moi. Il faut dire que, ces derniers temps, ma fille est dans une phase particulièrement... agaçante. Je l'aime, hein. Je l'aime énormément, je serais prête à donner ma vie pour elle, à lui filer mes reins, mes poumons et mon coeur si elle en avait besoin et à me réduire à la famine si, un jour, en venait à ne plus avoir assez de nourriture pour toute la famille.
Mais là, je vous avoue que j'ai juste envie de la laisser dans un champ en compagnie des vaches et de revenir la chercher dans deux heures après m'être fait couler un bon bain chaud accompagné d'un cocktail.
Parce que Laure-Anne a découvert le mot "non". Pas juste la sonorité du mot - elle sait qu'il existe depuis déjà un bail, ce n'est pas vraiment un mot compliqué -, mais sa véritable signification. Et surtout, son pouvoir. Depuis elle en use et en abuse. Tous les jours. Toutes les heures. Et plusieurs fois par heures. Au début ça m'amusait et je les comptais même. Maintenant ça ne m'amuse plus du tout.
Surtout que son père ne fait rien pour l'aider. Lesty rêvait tellement d'avoir une enfant que Laure-Anne est un peu sa princesse, sa chérie. Il lui passe ABSOLUMENT TOUT. Les cookies avant le repas. La télévision en rentrant de l'école. Le ketchup sur les pâtes. L'autre jour, quand je suis rentrée du boulot, j'ai même vu ma fille en train de négocier - et sur le point de gagner - avec son père pour ne pas prendre de bain.

Je dois vous avouer que, là tout de suite, je regrette le temps où elle ne parlait pas encore.

- Non Laure-Anne. Tu marches maintenant, et si tu continues comme ça je te laisse ici.
- Maman méchante ! May tu as vu, maman méchante !

Et la voilà en train de piailler vers notre fantôme de compagnie. Et maintenant May me fait de gros yeux, comme si j'étais une mauvaise mère.
Ce qui m'agace encore plus que la phase "non" de ma fille, c'est l'alliance entre elle et May. Elles sont mutuellement fan l'une de l'autre. Il faut dire que Laure-Anne considère mon fantôme un peu comme une grande soeur. Une grande soeur invisible pour tous les autres et morte depuis des années, mais une grande soeur tout de même. C'est May qui la surveillait quand j'étais sous la douche, May qui est la meilleure pour retrouver son doudou, May qui raconte le mieux les histoires du soir. Et surtout, May qui dit oui à tous les caprices contrairement à maman-la-plus-méchante.
Il n'a d'ailleurs pas été facile de cacher May à Lesty. Il ne comprenait pas pourquoi notre fille parlait toujours de May et j'ai dû lui dire que Laure-Anne s'était sans doute inventé une amie imaginaire. J'ai aussi essayé d'expliquer à ma fille qu'il ne fallait parler avec May que quand elles étaient que toutes les deux ou avec moi, mais au début elle ne comprenait pas très bien. Maintenant ça va un peu mieux, heureusement. Je crois qu'elle commence à grandir.

Bref, entre les problèmes de parent d'une enfant normale et de parent d'une enfant avec des pouvoirs, je vous avoue que j'ai assez peu de temps pour me reposer. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai décidé de prendre une semaine de congé et de partir de la pollution de la capitale pour respirer l'air frais des bouses de vaches. Lesty malheureusement avait trop de boulot à l'épicerie pour venir et on se retrouve en tête à tête à tête translucide Laure-Anne, May et moi.
Et une bonne centaine de vaches.

Enfin bon. Devant les gros yeux de May et les pleurnicheries de ma fille, je finis par craquer et me baisse pour la prendre dans mes bras.

- Elle n'a que trois ans Melany. Sois pas aussi dure avec elle.
- Elle a bientôt quatre ans. Et elle me remerciera quand ses profs la feront marcher pendant des heures.

Laure-Anne dans les bras et May sur les talons, je décide de retourner au village et donc d'avorter notre petite promenade. Une dizaine de minutes assez épuisante plus tard - message à tous ceux qui veulent se muscler : lâcher votre abonnement à la salle de musculation et prenez un gosse, ça muscle beaucoup plus qu'on ne pourrait le croire entre les portés, les bains mouvementés et réussir à leur faire manger des légumes - nous voilà de retour à la lisière du village. Epuisée, je commence à presser le pas en imaginant le cocktail que je vais me prendre au bar du village pendant que ma fille mangera une glace - seul moyen d'être certain qu'elle se taise quelques minutes - quand je vois May quelques pas devant moi se figer.
Je tourne la tête pour voir ce qu'elle regarde et j'aperçois tout de suite un fantôme à l'air inquiet. Il n'a pas l'air d'être un fantôme juste perdu comme on en croise souvent - sérieux, les gens mettent un bail à comprendre qu'ils sont morts et je commence à en avoir assez de leur expliquer. Non, lui, ça se sent, c'est un vieux fantôme. Je veux dire, un fantôme qui est mort depuis quelques temps déjà.

- Monsieur bizarre.

Forcément, Laure-Anne l'a vu aussi et le montre du doigt avec un air plus intrigué que inquiet. Telle mère telle fille puisque moi aussi je suis curieuse de savoir ce qu'un fantôme fait là. Ma télépathie se tend aussi tôt vers lui pour le sonder et j'aperçois dans son esprit l'image d'un homme en mauvais point. Un homme qui est juste à côté de lui.

Je sais qu'à ce moment là j'aurais dû aller au village, aller au bar prendre une glace et un cocktail, puis profiter de la piscine de l'hôtel. Mais quelque chose en moi m'en empêche. Je ne peux pas décemment abandonner un homme au plein milieu de la nature.
Aussi je m'approche du fantôme, ma fille dans un bras, l'autre main levée pour qu'il voit que je ne suis pas armée.

- Je veux vous aider. L'homme par terre, c'est votre ami ? Je veux juste voir s'il va bien, ne vous inquiétez pas.

Derrière une haie, je finis par voir l'homme blessé. Il est dans un sale état et je ne dis pas seulement ça à cause de ses habits sales et rapiécés. Il saigne et son visage et noirci comme s'il sortait d'un incendie. Maintenant que j'y pense, je me rappelle avoir entendu les sirènes des pompiers quelques minutes auparavant.

- Surveille Laure-Anne.

Je pose ma fille dans l'herbe près de May et m'approche de l'homme. J'ôte aussitôt mon pull afin d'éponger le sang qui coule de son visage. Certaines de ses blessures sont relativement profondes et mériterait même d'être recousue. Heureusement, l'homme est conscient.
Je sors de mon sac une petite bouteille d'eau que j'approche prudemment des lèvres du blessé avant de sortir mon téléphone portable.

- Ne vous inquiétez pas monsieur, je vais appeler une ambulance.

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MessageSujet: Re: I can't remember the first time I heard your voice   Mar 3 Oct 2017 - 23:51

Dans l'herbe mouillée,
Qu'as-tu rencontré
Petite souris
Habillée de gris ?

Odeur d’herbe, d’herbe verte. Le sol est mouillé, humide et m’offre un socle assez inégal. Je souffle, parfois par à-coup, parfois sans difficulté. Une migraine vient frapper à mes tempes, masquant un chant d’oiseau au loin. Et ces éraflures, ces douleurs qui filtrent partout sur mon corps, ce sang qui n’apprécie guère le contact de l’air et se regroupe en masse pour se solidifier et calmer les afflux d’hémoglobine. Ce doit être un véritable chantier dans mon corps. Un mélange d’effroi, de bousculades qui mène parfois à un manque d’air. Je pourrais tout aussi bien m’étouffer avec ma salive. M’étouffer avec n’importe quoi, mourir. Ça oui, j’aurais sans doute pu mourir de milliers de façons.
Mais ce n’était jamais vraiment l’heure.

Je lève les yeux et appose rapidement ma main en visière, réflexe habituel face à un ciel un peu trop aveuglant. J’ai l’impression d’avoir zoné ici depuis des lustres. Mes muscles, encore chauds, me font pourtant remarquer que, même à bout de souffle, ils peuvent encore fonctionner un peu. Mais ce ne sont que des ragots. Je sais qu’à l’instant même où je me lèverai, ma tête se mettra à tourner et je tomberais sur le côté. J’ai appris à me méfier de mon propre corps, de mes sensations qui, chaque jour un peu plus se précisent de manière encore plus intense après le passage d’Hector. C’est comme la vision d’un nouveau-né. Un être qui s’ouvre, comme fleur qui se dévoile pétale après pétale. Malheureusement, je suis loin de ressembler à une fleur et je n’ai pas les rimes faciles pour m’autoproclamer poète.

Je regarde donc Georges et sa candeur naturelle. Ses yeux grands ouverts sur le monde, l’air de pouvoir apprécier quelque chose que seuls les êtres spectraux sont en mesure de sentir. Je ne sais pas. Je l’observe, il me regarde puis, sans un mot, s’éloigne un tout petit peu. Quelques mètres seulement, trois pas au plus. Je décide d’abandonner mes questionnements et pousse un profond soupir en ramenant mes yeux sur le sol, la tête basse, l’air abattu. Combien de temps encore cela durera-t-il ? Quelques mois, un an, des décennies, toute la vie ? J’aimerais frapper le sol du poing et crier au monde mon ras-le-bol, mais qui m’écouterait ?
Personne,
Probablement personne.

- Je veux vous aider. L'homme par terre, c'est votre ami ? Je veux juste voir s'il va bien, ne vous inquiétez pas.

Le bras appuyé sur mon genou plié, un frisson de peur suit le tracé de ma colonne vertébrale comme un cyclone en plein cœur des Caraïbes. La fraîcheur qui m’envahit est alors aussi intense qu’une pleine période de lutte contre Hector. Pourtant, je sais que la chauve-souris ne se montrera pas de sitôt. Pourquoi faut-il que l’on s’évertue à vouloir me secourir ? Et pourquoi diable dois-je toujours refuser ces mains tendues ? Un mécanisme de défense sans doute, bien ancré.

Puis, un certain déclic s’effectue, rouages un peu laissés à l’abandon. Je relève les yeux, fronce les sourcils. De la peur mène l’inquiétude, puis la stupeur fait son irruption. Cette phrase ne m’était clairement pas destinée. Pas moi, pas directement. A en juger par l’attitude de Georges, il se peut que cette femme ait effectivement un certain… don pour voir les non-vivants. Mais comment ? Pourquoi ? Répondrait-elle à ce principal questionnement ? N’étais-je donc pas seul ? Non bien évidemment. Elle n’était pas la première à faire face à Georges en le considérant comme un être à part entière. Et l’entité était toujours toute guillerette lorsque cela se produisait. Aujourd’hui ne faisait pas entorse à la règle.

Je regarde au-delà du lamantin et de son attitude digne de son très lointain âge, environ treize ans. Une femme, les mains levées en l’air, l’air pacifique, les cheveux blonds tirant sur le brun, assez longs, un visage bien proportionné à mi-chemin entre le rond et l’ovale. Elle est plutôt jolie, mais à vrai dire je reste concentré sur ma résistance à la douleur. Qui sait ce qu’il adviendrait si je décidais de me relâcher un peu.

Laurens, il s’appelle Laurens. Il… Il s’est fait frapper là-bas, dans la…

Je lance un regard noir en direction de Georges, jugeant qu’il en racontait bien trop sous réserve d’avoir la bouche déliée par une dame capable de l’écouter. Sa phrase fut donc laissée en suspens, ravalée avec une légère crainte. La peur d’avoir mal fait, d’avoir agi de manière déraisonnée. Je porte une main à ma tête et opte pour la position debout. L’inconnue s’approche de moi, Georges sur ses talons, ombre lumineuse mais translucide.

La première reprise d’équilibre se solde par quelques pas titubants. Ma main se pose, à la recherche d’un appui, sur la haie proche et ramène à vif les plaies sur mon bras. Je grimace de douleur et décide, après des tentatives sommes toutes très inutiles, de repasser à une position assise, quelques mètres plus loin. Cette mascarade ne semble pas gêner la dame, qui s’approche toujours un peu plus et retire son pull pour nettoyer les plaies sur mon visage. Par manque de force, par confiance aveugle, que sais-je, je parviens à me laisser faire et cela me vaut des œillades drôlement surprises de la part de Georges.

Mais le pas est rapidement repris et ma main vient bloquer la sienne à l’instant où elle me tend une bouteille d’eau. Non pas que boire ne m’intéresse pas, mais j’ai pu voir son regard penché sur son téléphone et bientôt proche de son oreille, prête à appeler on ne sait qui.

- Ne vous inquiétez pas monsieur, je vais appeler une ambulance.

J’ouvre de grands yeux à l’entente de ces mots et réplique un :

-NON !

Puissant et unique. Joignant le geste à la parole, je lui retire son combiné et le garde en main, pas certain d’avoir réellement envie de l’envoyer balader au loin. Ces bêtises coûtent tout de même assez cher. Assez maladroit, blessé comme la plupart du temps, je trouve pour seul refuges les paroles acerbes ressorties maintes et maintes fois. Un sourire mauvais, moqueur se dessine sur mes lèvres et je provoque :

-Ça vous arrive souvent de secourir des gens blessés en plein milieu de la cambrousse ? Un conseil, mêlez-vous de vos affaires.

Sur ces mots, je repose brusquement – tout de même suffisamment doucement pour ne pas me blesser encore plus – le cellulaire dans sa main et la fusille du regard. Mon regard passe sur son arrière-plan mais la haie me cache absolument toute visibilité. Pourtant, j’en suis certain, elle n’est pas seule. Je ne suis clairement pas en sécurité. Georges, assez proche, vient alors s’expliquer près des oreilles de la concernée.

Il est un peu sauvage mais je vous assure qu’il vous remercie en vérité.

Je grince des dents à un point tel que ma mâchoire s’en décrocherait. Quel entêté, quel inconscient. Comment peut-on se permettre ce genre de remarques ? Qui est l’adulte ici ? Je siffle entre mes dents ces quelques mots :

-Ferme-là Georges. Et comment pouvez-vous le voir, lui parler d’ailleurs, à ce gosse de dix ans ?

La fin de phrase se destine évidement à la jeune dame. Une fois encore, je tente de me relever. Je recule, m’éloigne un peu d’elle et passe enfin un regard par-dessus la haie, de toute ma hauteur. Il y a deux personnes. Une toute petite, une enfant et… Et un fantôme.
Dans quelle histoire me suis-je encore embarqué.

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MessageSujet: Re: I can't remember the first time I heard your voice   Dim 17 Déc 2017 - 18:44

L’homme est vraiment dans un sale état. Je me demande ce qui a bien pu lui arriver. Une explosion ? Une bagarre avec une vache ? Après tout nous sommes à la campagne ici, on ne sait jamais avec ce genre d’animaux...
J’espère que ce n’est « que » ça. Juste un accident banal. On appellera une ambulance, un membre de sa famille qui le rejoindra à l’hôpital et Laure-Anne, May et moi on pourra tranquillement finir notre balade et aller se boire un petit mojito - enfin un mojito pour moi, une glace pour Laure-Anne et rien du tout pour mon fantôme de compagnie.
Oui mais voilà, j’y crois moyen en vrai à toutes ces histoires. Ce mec est accompagné d’un fantôme. Un putain de fantôme. Ce qui équivaut à de la magie.
Et qui dit magie, dit ennui.

- Laurens, il s’appelle Laurens. Il… Il s’est fait frapper là-bas, dans la…


Et voilà ! En plein dans le mille ! Je me demande parfois si je n’ai pas des dons de voyances...
Récapitulons ; ce mec pisse le sang ET sent la saucisse cramée. Il a un fantôme à ses basques. Et ledit fantôme vient de dire qu’il venait de se faire craquer. Dans quelle histoire me suis-je encore embarquée ? J’espère au moins que ce n’est pas un sorcier noir. Ou pire... un humain noir. J’ai eu ma dose pour l’année avec cette histoire avec Amy... Et je n’ai pas gardé que des amis chez les humains noirs... Loin de là, même. Etrangement, ils n’ont pas trop aimé le moment où je me suis cassée avec un bout de leur fortune.
Oups.

Je plaisante, je plaisante, mais dans mon for intérieur je ne fais pas trop la maligne. En tant normal je n’aurais pas vraiment peur ; j’en ai vu bien d’autres et ce mec est à moitié mort par terre. Mais suivant ses dons, je ne sais pas si je fais le poids, d’autant plus que mes dons à moi... Ce n’est guère très glorieux. C’est sympa pour réparer des moteurs et se taper des barres par télépathie avec des fantômes, mais pour se battre... un peu moi.
Et puis il y a Laure-Anne.
Ma fille, ma chérie, mon amour. Il est hors de question que quiconque touche à un seul de ses cheveux.

- May, si ça commence à sentir un peu trop le roussi, tu prends Laure-Anne et tu te casses.

Autant prévenir que guérir. Je jette un coup d’œil vers mon amie pour voir si elle a bien reçu mon message. Elle ne quitte pas des yeux l’autre fantômes, mais je la vois glisser lentement son corps translucide devant ma fille. Vu son statut de poltergheist, je doute que cela soit très utile, mais au moins cela montre qu’elle m’a bien entendue.
Je me reconcentre ensuite sur le blessé - le fameux Laurens - et lui tend une bouteille d’eau qu’il repousse avant d’attraper mon téléphone et de balancer en criant :

- NON !

Ma main glisse immédiatement en direction de ma cheville où, je le sais, se cache une lame. Quand on a été humaine noire un temps, on ne cesse jamais de l’être totalement et les vieux réflex on la vie dure... Surtout ceux qui concernent notre instinct de survie. Il ne m’a pas toujours été facile de cacher cette arme à Lesty, mais je n’ai pas trop le choix. S’il découvre que je me balade avec un poignard à la cheville, il ne comprendrait pas et se méfierait. Et comme je n’ai pas envie que la police secrète lui efface sa mémoire - il paraît que parfois ils effacent un peu trop... - je dois tout lui cacher. Surtout en ce moment alors que les conservateurs prennent de plus en plus de pouvoirs...
Ma main glisse donc en direction de ma cheville, prête à l’action, mais je ne sors pas l’arme pour autant ; je préfèrerais éviter d’effrayer l’inconnu et ne pas avoir à me battre.

-Ça vous arrive souvent de secourir des gens blessés en plein milieu de la cambrousse ? Un conseil, mêlez-vous de vos affaires.

Après ces mots acerbes il me redonne doucement mon téléphone.
Bon. Il n’a pas l’air bien méchant, mais juste un peu con. Je suis légèrement vexée de me prendre ce genre de réflexion dans la face alors qu’à la base je venais pour le sauver... Mais je préfère avoir affaire à un con qu’à un cruel sorcier/humain noir.

- Il est un peu sauvage, mais je vous assure qu’il vous remercie en vérité.

Le fantôme qui vient de parler à l’air, lui, d’être nettement plus sympathique. Ça n’empêche pas Laurens de grincer des dents et de lui balancer :

-Ferme-là Georges. Et comment pouvez-vous le voir, lui parler d’ailleurs, à ce gosse de dix ans ?

Pauvre Georges !
Si je plains ce gentil fantôme d’avoir une si méchante compagnie, je réalise que quelque chose ne va pas quand il me pose sa question. Comment puis-je voir ce fantôme ? Si Laurens était un humain ou un sorcier noir, il le saurait forcément... Toute personne ayant été un minimum formé à la magie sait bien que, pour nous - humains doués et sorciers - les fantômes ne sont pas qu’une légende, mais des êtres bien réels. Enfin... à moitié réels. Translucides quoi ! On va pas jouer sur les mots non plus, si ?
Soit. Ça élimine déjà quelques ennemis si Laurens n’est ni sorcier ni humain noir. Cela veut probablement vouloir dire que personne ne lui a appris à maîtriser ses pouvoirs. Il faut juste espérer que ses pouvoirs ne soient pas trop violents et je devrais être capable de le maîtriser si les choses tournent mal. Enfin, dans le doute, on va éviter de le provoquer.
D’autant plus que Laurens a réussi à se relever et à reculer de quelques pas. Et au regard qu’il lance par dessus la haie, je comprends tout de suite qu’il a repéré ma fille.
Il va falloir la jouer prudemment.

- Très bien Laurens. Moi c’est Melany et là-bas c’est ma fille Laure-Anne et mon amie May. Vous ne voulez pas que j’appelle une ambulance ? Soit, c’est votre choix. On a deux solutions désormais. Je peux vous abandonner ici dans la campagne à vous vider de votre sang. Avec un peu de chance une vache débarquera et vous marchera sur la tête et vous mourrez assez vite pour ne pas agonir pendant des heures et des heures. Ou sinon, je vous aide à marcher jusqu’à ma chambre d’hôtel, vous me laissez vous soigner et je répondrai à certaines de vos questions. Sur Georges et May par exemple.

Je me relève à mon tour et lui tend la main.

- Et pour votre gouverne, sachez que vous n’êtes pas la première personne blessée que je sauve. Peut-être pas en pleine cambrousse, c’est vrai. Mais si vous connaissiez un peu mieux mon monde, qui est aussi le votre par ailleurs, vous sauriez que tout cela n’est pas si extraordinaire...


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MessageSujet: Re: I can't remember the first time I heard your voice   Dim 7 Jan 2018 - 13:41

Sans l'innocence
C'est beaucoup moins léger
Sans l'innocence
C'est moins facile à porter

Il y a des vérités que l’on n’ignore pas. Comme un ciel bleu ou teinté d’épais nuages. De l’ombre projetée d’une canopée d’un arbre isolé. Du grésillement des pieds sur un sol irrégulier. De la couleur tantôt verte, tantôt brune, de touffes d’herbes en dessèchement, sauf peut-être pour certains daltoniens. Il est si facile de croire en ce que nous voyons, alors que notre vue est sans conteste notre plus belle ennemie. Je dois pour le moment avouer qu’un mince filet de sang s’écoulant de mon front m’oblige à porter ma main à cette blessure. C’est vrai, mon état ne me permettra pas d’aller bien loin. Je pourrais toujours me servir de mon don à me projeter dans Georges pour tâter le terrain à l’avance et limiter des déplacements inutiles, mais cela ne règlerait en rien mon problème. Sans doute devrais-je encore voler dans une pharmacie à la nuit tombée. Je deviens assez doué pour ça.

Néanmoins, la dame se trouve là, devant moi. La frustration se lit sur son visage et je devine qu’elle ne m’estime certainement pas beaucoup face à mes réactions disproportionnées. Quoi de plus normal. Je ne demande pas à ce que l’on m’apprécie, simplement qu’on me fiche la paix. Littéralement. Est-ce si dur à comprendre ? Quel est ce besoin intrinsèque qu’ont donc les hommes à vouloir venir en aide aux personnes « en danger » ? Cela ne devrait-ils pas plutôt les… éloigner ? N’éprouvent-ils donc aucune peur ? D’autant plus qu’ils sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à Georges, à le voir, à échanger avec lui. Par quel procédé cela fonctionne-t-il ? Pourquoi maintenant ? Serais-je en train de me lier à un monde que je ne connais pas encore ? Ai-je seulement envie d’en apprendre plus ? Qu’adviendrait-il alors d’Hector ? J’aime me méfier de tout, parce que tout est déformé depuis qu’Il est entré en moi. Et si l’on m’internait ? Bien trop de risques pour peu de résultats.

Laurens… est-ce que ça va ?

Je me recentre sur le présent. Sur mon corps, sur les douleurs, sur la sensation. Me lève, titube un peu, laisse un temps à ma vision pour se stabiliser. Observe derrière la haie un fantôme et une très jeune fille. Georges m’envoie délibérément des signes d’inquiétudes. Des regards hésitants. Bien sûr que ça va. J’ai vu pire. J’ai vu…
Paf.
Ma main attrape le tronc comme s’il s’était agi d’une bouée pour m’empêcher de tomber. De couler. Hector est allé trop loin cette fois-ci. J’ai couru, j’ai escaladé des barrières, j’ai marché jusqu’à mon dernier souffle. Je n’ai plus d’énergie, même plus pour parler. Les plis sur mes paupières se font si marqués qu’on pourrait y voir couler des fleuves. Putain, j’ai mal.

- Très bien Laurens. Moi c’est Melany et là-bas c’est ma fille Laure-Anne et mon amie May. Vous ne voulez pas que j’appelle une ambulance ? Soit, c’est votre choix. On a deux solutions désormais. Je peux vous abandonner ici dans la campagne à vous vider de votre sang. Avec un peu de chance une vache débarquera et vous marchera sur la tête et vous mourrez assez vite pour ne pas agonir pendant des heures et des heures. Ou sinon, je vous aide à marcher jusqu’à ma chambre d’hôtel, vous me laissez vous soigner et je répondrai à certaines de vos questions. Sur Georges et May par exemple.

Me vider de mon sang. En finir. Cette phrase sonne presque libératrice. Pourtant non, je m’accroche désespérément à la vie. Et il en sera ainsi encore pour longtemps. Je ne perçois pas distinctement tout son discours, mais le plus important parvient à percer mon épaisse boîte crânienne. Des questions ? Ai-je des questions. Ah. Oui, j’ai effectivement posé quelques questions. Sur Georges. Sur ce qui s’apparente également à un fantôme, plus loin. May ? Ce doit être son nom. Me faire écraser par une vache. Curieuse imagination. Ai-je seulement le choix. Elle ne semble pas me vouloir de mal, mais je n’ai jamais fait confiance.

Dilemme.

Enchanté May, moi c’est Georges !

Le susnommé semble faire de grands signes en direction de l’apparition plus loin, de son grand sourire amical et enfantin. Mais quel crétin. Sympathiser ne m’a jamais effleuré l’esprit. Avoir des amis ? Pourquoi, les tuer par inadvertance, quelques semaines au plus, plus tard ? Quelle bêtise. Mais ça, ça ne survole même pas les pensées de Georges. Le temps que mon cœur cesse de tambouriner dans mon crâne, je relève les yeux vers Melany. Allons bon, elle attend une réponse. Un « non » brusque et dur devrait lui rabattre définitivement son caquet. Elle me laisserait alors me faire écraser par une vache et cette mascarade cesserait enfin. Je soupire profondément, avec un agacement non dissimulé trouvant sa force on ne sais où.

- Et pour votre gouverne, sachez que vous n’êtes pas la première personne blessée que je sauve. Peut-être pas en pleine cambrousse, c’est vrai. Mais si vous connaissiez un peu mieux mon monde, qui est aussi le votre par ailleurs, vous sauriez que tout cela n’est pas si extraordinaire...

Elle pique ma curiosité aussi avide qu’inexistante paradoxalement. Inexistante ou tout du moins complaisante à l’ignorance. Il y a donc bien un monde en jeu. Où iraient-ils ? Y’avait-il un portail ou un truc de ce genre quelque part ? Partiraient-ils sur une autre planète ? Et si elle me voulait du mal, en prétextant agir pour mon bien ? Mon expérience prouve que les plus avenant sont souvent les plus dangereux. Ma décision est prise. Je reprends une stature que j’espère un peu moins bancale et articule mes mots pour bien me faire entendre et comprendre.

-Laissez-moi tranquille.
Suis-les.
-Je ne t’ai pas demandé ton avis, Georges.
Moi non plus. Tu es peut-être gravement blessé. Tu as besoin de soins.
-Je sais ce que je suis capable d’endurer.

Georges a l’air de fulminer en son for intérieur, chose assez inattendue. Il sait qu’il a raison et je fais mine de l’ignorer. Je tombe de nouveau sur le côté et respire assez fortement.

Bien.

Sur ce mot, Georges déclenche le don que nous avons en commun Je vois à travers ses yeux, me voit, voit May, Melany, la petite fille dont j’ai oublié le nom. Et je sens mon énergie drainée à pleine vitesse. Il n’en faut pas plus pour faire tomber une enclume sur ma tête et me faire sombrer.

Georges observe, satisfait. Il sait que Laurens ne tardera pas à se réveiller, tout alerte qu’il a toujours été, même inconscient. Il se tourne alors vers Melany et s’incline très respectueusement.

S’il vous plaît, soignez-le. Il ne vous fera pas volontairement mal. Si vous avez besoin de n’importe quel renseignement, demandez-moi.

A situation désespérée, mesures désespérées.

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MessageSujet: Re: I can't remember the first time I heard your voice   Lun 5 Fév 2018 - 23:39

Non mais sur quel imbécile suis-je tombée ? Sérieusement, c’est quoi cette énorme blague ? Je venais à la campagne pour me relaxer, pour oublier la guerre sans merci qui prend en otage mes amis et dont je tente de m’éloigner le plus possible à contre cœur et non sans culpabilité pour ne pas mêler mon mari innocent et ma fille qui, même si elle a mon sang, n’a pas encore développé de dons et qui, de toute façon a 3 ans. C’est trop demander un petit weekend sans tracas, sans fantôme - à l’exception de May, celle-là ça fait longtemps que j’ai abandonné l’idée qu’elle me lâcherait un jour - et sans pouvoir ?
Oui, apparemment. Il faut que je tombe sur le seul mec à la ronde avec des pouvoirs, un fantôme, une sale tronche et qui, EN PLUS, summum du summum, est le paroxysme de l’impolitesse. Je rêve. Je dois être maudite, ce n’est pas possible autrement.

- Enchanté May, moi c’est Georges !

Bon, au moins son fantôme est poli LUI et salue May qui, plus sobre lui adresse un petit signe de la main tout en gardant un œil sur LA. LA c’est Laure-Anne. C’est son nom de code vu qu’on est en train de tomber sur une mission secrète. Il lui faut bien un nom de code, comme M dans James Bond. Et oui, on a la classe dans la famille.
Celui qui, en revanche n’a pas du tout la classe, c’est l’abruti allongé par terre. Il ne se rend pas compte de sa position de faiblesse en fait ? Vraiment stupide. Et il continue dans l’impolitesse :

- Laissez-moi tranquille.

Je lève les yeux au ciel. Mais que quelqu’un assomme ce type ! Il est insupportable bordel. Désolée pour le gros mot, mais bon, il abuse aussi. J’en peux plus de ce mec.
Un dialogue s’engage entre lui et son fantôme de compagnie et je me demande si, effectivement, je ne ferais pas mieux de m’occuper de ce qui m’occupe pas et de l’abandonner sur place. Ça m’apprendra à me mêler de ce qui me regarde pas. Promis, la prochaine fois que je vois un type en sang veillé par un fantôme dans un pré aux vaches, je m’enfuis en courant. On me l’a fait une fois, mais pas deux.
Et, alors que j’en étais à considérer très sérieusement l’idée de me casser pour siroter un mojito bien corsé en terrasse, voilà que l’autre débile s’évanouit. Non mais la blague. Et son fantôme qui s’adresse à moi :

- S’il vous plaît,, soignez-le. Il ne vous fera pas volontairement mal. Si vous avez besoin de n’importe quel renseignement, demandez-moi.

Heu oui. Là tout de suite j’aurais bien besoin du poids de ce type. Parce que pour le ramener jusqu’à ma chambre d’hôtel pour le soigner, ça va être intéressant. Non mais sérieux, pourquoi cet idiot s’est-il évanouit. Comment je suis supposée transporter un mec de cette stature-là maintenant. Je suis en PLS là. Et je change très sérieusement à planter tout le monde sauf LA sur place.

- Te casse pas Melany. Je te connais, t’as un cœur et tu regretterais trop de les abandonner.
- J’ai jamais prévu de faire un truc pareil.
- Melany. Je te connais.


Je soupire intérieurement à la suite de cette conversation par télépathie. May a raison, je ne peux pas abandonner cet inconnu, tout aussi insupportable et impoli soit-il. Je me tourne donc vers Georges :

- Garde un œil sur lui. Je vais chercher la voiture pour le transporter et je reviens.

J’embarque donc LA et May avec moi, me dépêche de retourner au village pour poser ma fille à l’hôtel sous la surveillance de mon fantôme et j’en profite également pour racheter la moitié de la pharmacie du village. Puis je file avec ma voiture. Moins de dix minutes plus tard, je suis de retour.
Avec la voiture, je m’approche le plus prêt possible en espérant ne pas rouler dans une bouse de vache, mais la haie m’oblige à m’arrêter et je suis obligée de traîner cet imbécile impoli sur plusieurs mètres avant de pouvoir enfin le poser à la place passager. Je l’attache péniblement, puis mets le contact avant de retourner à l’hôtel. Maintenant, le plus drôle va encore être à faire : réussir à retourner dans ma chambre sans me faire voir par l’accueil. J’ai pas envie qu’on me prenne pour une kidnappeuse ou une femme qui viole des hommes en les droguant. Ou une meurtrière, vu l’état de Laurens.
Je me tourne donc vers Georges :

- Va dans l’hôtel et essaie de faire tomber des objets et bouger des trucs histoire de les distraire. Puis rejoins nous dans la chambre 33.

Je patiente ensuite un moment, jusqu’à ce que j’entende un cri - est-ce Georges qui m’a écoutée ou une souris qui s’est glissée dans le hall ? ça n’as pas d’importance, j’en profite seulement pour me glisser jusqu’à l’ascenseur qui est miraculeusement vide et me précipiter ensuite vers ma chambre. Enfin. Autant qu’il est possible de se précipiter jusque dans une chambre en traînant un tel boulet avec soit. Une fois la chose faite, je l’allonge sur le lit dont les draps blancs se gorgent rapidement de sang.
Ça va être intéressant lorsque je vais faire mon check out. Je pense que ces gens vont sérieusement me demander si je n’ai pas assassiné quelqu’un dans ma chambre. Gé-nial. Enfin. Chaque problème en son temps.
Je commence à soigner Laurens. Evidemment, comme je n’ai aucune compétence d’infirmière, je me contente de faire ce qui me semble être le plus malin. C’est à dire désinfecter ses blessures avec du désinfectant et les enrouler plus ou moins bien dans du bandage. Et pour les petites coupures, je lui colle des pansements Winnie l’Ourson. Parce que c’est tout ce qu’ils avaient à la pharmacie.
Et parce que ça apprendra à ce crétin à être aussi impoli.
À l’aide d’une serviette de la salle de bain mouillée et d’un bac rempli d’eau, j’éponge également ses blessures et le sang en essorant consciencieusement la serviette au-dessus du bac qui se teinte rapidement de rouge. Je sais pas si c’est très efficace, mais j’ai vu ça dans les films et je ne sais pas quoi faire d’autre.

Finalement, cet idiot, une fois soigné et avec un pansement Porcinet en plein sur le nez a l’air presque gentil. J’espère qu’il va pas recommencé à être insupportable à son réveil. Même si j’ai quelques doutes à ce sujet. On ne change pas un idiot.
M’enfin. Plus qu’à attendre son réveil et que son fantôme nous rejoigne. En attendant je décide d’aller jouer à la poupée avec LA et May sur le tapis devant le lit. Bah quoi ? Que je veille sur lui ou pas, ça le fera pas se réveiller plus vite, non ? La seule chose que je pourrais faire pour accélérer les choses, c’est lui balancer une bassine d’eau gelée à la figure ou une paire de gifle. Mais je doute qu’il soit très amical après ça.
Donc bon. Jouons à la poupée plutôt.

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« Lorsque le premier bébé rit pour la première fois, son rire se brisa en un million de morceaux, et ils sautèrent un peu partout. Ce fut l'origine des fées. »

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MessageSujet: Re: I can't remember the first time I heard your voice   Mar 1 Mai 2018 - 17:21


"I can't remember the first time I heard your voice"


On aura beau dire que l'empathie c'est bien, moi je pense surtout que c'est dangereux. Aider quelqu'un dont on ne connaît rien et qui pourrait tuer sur un coup de tête sans vraiment le savoir alors qu'on possède un gosse, ça s'appelle être suicidaire.


Il était une fois
Des truands, des méchants,
Des diablesses et des princesses.

Georges regarde, moitié peiné, moitié soulagé, le corps à terre. Des émotions assez diffuses. Demande le plus poliment possible s’il est possible de le soigner. Il ne se figure pas à un seul instant que la demoiselle pourrait refuser. Il est assez innocent et suppose qu’en demandant, il verrait ses efforts récompensés. Et puis, il n’a pas de problèmes de poids. Il ignore ce que la gravité représente, ce que porter suppose. Le seul lien qu’il garde avec l’humanité c’est lorsqu’il voit à travers les yeux de Laurens. Tout est plus véritable, les sensations et tout le reste.

Pourtant, il sent la dame hésiter. Il se demande ce qu’il pourrait advenir de Laurens si elle le laissait là. Une légère crainte monte en lui comme les vagues qui s’écrasent sur le sable. Puis repartent. Elle n’a pas le regard. Elle n’a pas ce regard qui veut dire « non », qui ne laisse place à aucune autre réponse. Elle hésite. Il incline la tête sur le côté, tâche de se rendre utile malgré sa présence très superficielle.

- Garde un œil sur lui. Je vais chercher la voiture pour le transporter et je reviens.

Le sourire remonte jusqu’à ses yeux, rosissant ses joues blafardes. Il acquiesce vivement de la tête et s’attache à tenir son rôle avec toute l’énergie qu’il est capable de produire. Il effraie les oiseaux qui viennent trop prêt, menace les vers de terre, se cache lorsqu’une voiture passe, reste les yeux rivés sur le corps étendu à terre. Elle va chercher une voiture n’est-ce pas ? elle va revenir, non ? Le contraire n’effleure même pas son esprit infantile. Blaguer oui, trahir non. Il ne songe pas une seule seconde à la possibilité d’être abandonné. Il croit en cette demoiselle et son grand cœur, à celui plus petit du min-humain et à celui de l’autre fantôme. Il songe à tout ce qu’il pourrait échanger avec cette autre dame. Est-ce qu’elle l’apprécierait ? Il faudrait que Laurens se calme un peu, mais Georges était persuadé que les personnalités pourraient finir par bien s’entendre, non ? Il espérait tant offrir à l’humain une once de normalité dans sa vie douloureuse et blessée.

La dame revient. Il se souvient, elle s’appelle Melany. C’est un joli prénom. Tout doux, comme elle et ses beaux cheveux. Il devrait penser à bien la remercier. Il lui offrirait bien quelque chose, mais il n’a parfois pas même la force d’extraire une fleur de sa terre. Il se contentera de mots.

Elle le traîne jusqu’à la voiture et Georges reste muet, se contentant de les suivre. S’il l’encourageait, elle pourrait croire qu’il se moque d’elle. il n’a pas envie. Il est gentil. Il doit faire basse figure, ne pas l’énerver. La vie de son humain en dépend. La sienne aussi par extension. Elle l’installe sur le siège passager assez difficilement et il se rend compte à quel point Laurens a l’air lourd. Il faut dire qu’il est très athlétique. Et puis c’est un homme. D’un côté, Melany a beaucoup de courage d’accepter de les aider après les menaces qui lui ont été adressées. Georges ne sait pas s’il aurait fait la même chose. Est-ce ce que l’on appelait la maturité ?
Occupé à peser le pour et le contre de cette dernière question, il leva brusquement la tête, posé à l’arrière de la voiture, lorsque la dame s’adressa à lui :

- Va dans l’hôtel et essaie de faire tomber des objets et bouger des trucs histoire de les distraire. Puis rejoins nous dans la chambre 33.

Des bêtises ? Oh super, pour une fois qu’on lui proposait d’attirer l’attention. Il attendit d’être arrivé pour savoir de quel bâtiment il s’agissait et passa à travers la porte pour entrer dans le hall. Il n’y avait quasi personne. Juste une dame à l’accueil, un peu distraite par son téléphone. Elle avait le regard rivé dessus, à vrai dire. Pas drôle. Circulant discrètement dans le hall, il arriva au niveau du comptoir et le traversa pour flanquer son visage devant l’écran, grimaçant. La dame poussa un cri horrifié et lâcha brutalement son téléphone avant de fuir à toute jambe, suivit de près par le fantôme fortement amusé.

Il passait tantôt derrière, tantôt sous, tantôt devant elle. Elle continuait à hurler, faire demi-tour, sauter, courir. Certaines personnes s’ajoutèrent à cette peur environnante. Deux à trois personnes. Il y en avait des plus vaillants que d’autres. On tenta de l’assommer avec un parapheur. Mais il ne fit que le traverser et cela provoqua une nouvelle série de cris en tout genre.
Puis, il se rendit compte qu’il s’était perdu. Chambre 33. Il se mit à sa recherche. Qui sait, si par malheur il y avait un exorciste dans le bâtiment, cela pouvait devenir dangereux pour lui. Il pouvait appeler plus d’exorcistes…

Se frayant un passage à travers les quelques cris, il parvint enfin jusqu’à ladite chambre. Simple. Il vit le lit en premier et s’approcha de Laurens. Il avait toujours ce visage totalement détendu lorsqu’il dormait. Pas de rides. Pas de sourcils froncés. Ça le rajeunissait, pour sûr. En plus, il avait un pansement avec un drôle de dessin dessus sur son nez, alors ça le rendait même amusant. Un léger rire s’extrayait de ses lèvres puis il se rendit compte de la présence des autres dames et demoiselles. Toutes les trois. En train de jouer à la poupée. La petite humaine est tellement mignonne. En effectuant un looping au-dessus des dames, Georges s’incrusta dans le trio et s’exprima avec vigueur.

Merci Melany. Vous êtes très gentille. J’espère que Laurens ne sera pas trop embêtant quand il se réveillera. Comment elle s’appelle la petite humaine ? Et mon autre amie fantôme ?

C’est bien son amie, non ? Il faut peut-être attendre un peu plus avant de dire ça ? Après tout, Georges doit davantage de choses à ces trois-là qu’elles ne le leur doivent. Ce n’est pas de l’amitié mais de la pitié ? Ou un autre sens plus aiguisé ? Aucune idée.

Est-ce que je peux vous aider pour quelque chose ? Je ne sais pas, n’importe quoi. Je vous dois beaucoup après tout.

Il voudrait bien jouer aussi. Et parler avec l’autre fantôme. S’il fallait qu’il calme Laurens pour avoir quelques minutes de plus, il n’hésiterait pas. Peut-être qu’avec un peu de chance, son humain serait trop fatigué pour s’énerver ? Après tout, il est plutôt rare pour lui d’être secouru. Pour dire vrai, Georges n’a aucune idée quant à la réaction qu’il produira. Il pourrait prendre peur, mais face à trois femmes dont une enfant, peut-être pourrait-il s’assagir ? Il n’avait pour l’instant pas l’air de se réveiller, sa respiration était lente. Peut-être Georges a-t-il un peu trop forcé sur l’utilisation du pouvoir…

C’est pas habituel de voir des fantôme avec des humains. Comment vous vous êtes rencontrés ?

Est-ce que c’est mal de poser autant de questions ? Georges est simplement curieux, il a l’impression de voir se refléter sa propre vie dans celle d’autres, mais de manière bien plus douce. S’il pouvait toucher du bout du doigt un Eden, alors il était prêt à braver n’importe quoi. Et s’il pouvait apprendre de ces dames aussi, ce serait doublement intéressant.
Mais il le savait. Ce qui empêchait d’arriver à cette tranquillité c’était Hector. Juste lui.

Mieux valait ne pas parler de lui tout de suite. Qui sait si elles ne se décideraient pas à le balancer par la fenêtre après ça.

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I can't remember the first time I heard your voice

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