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 Maybe it's just time to be ourselves now

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Nounours ennemi des épinards || Directeur Orpheo Canada || Modo
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MessageSujet: Maybe it's just time to be ourselves now   Ven 11 Aoû 2017 - 21:59

[[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] au 30 Mai 2017]

« Quand on rabiboche Twix droit et Twix gauche. »

Ne croyez pas, ce n’est pas quelque chose de facile. Je dirais même que cette satané visite m’a pris bien plus de temps que prévu. Bien trop longtemps. Or, il se trouve que ce soir, j’ai un rendez-vous. Pas un rencard, un rendez-vous. A 20h pétante. Et pas avec n’importe qui. Bref, ça a vraiment failli mal tourner cette histoire. Non pas notre précédente discussion – quoique – mais surtout cette visite à Gatineau. J’ai dû hausser le ton et jouer au vrai directeur. Menacer même. Brr. Je déteste ça. Si vous m’aviez vu à ce moment, vous ne m’auriez certainement pas reconnu puisque moi-même, j’ai fini comme une carpe une fois rentré dans la voiture, assez choqué. Je hausse rarement la voix, encore moins pour me faire respecter car je ne trouve pas que ce soit la solution. Et puis se mettre en colère, ça finit par faire péter les plombs, littéralement.

Mais bon là, ces gens étaient vraiment immatures. Ils s’évertuaient à me balancer que blabla concurrence déloyale. Satané profit. On travaille pour la même personne, Orpheo. A partir de là, il ne devrait même pas y avoir de concurrence. Je sais qu’il faut de l’argent et je gère ça très bien, alors cessez de vous entretuer. C’est ce que j’ai dit. Et là, je me suis pris plus ou moins posément un flot d’insultes en me disant que j’étais plus ou moins pas qualifié pour le poste et que Orpheo Canada était en train de se casser la figure à cause de moi etc. J’ai tenu bon et suis passé au-delà de la provocation. Sauf que l’un des deux en a remis une couche en proférant qu’il était sûr que les conservateurs finiraient par récupérer le Canada avec mon peu de professionnalisme et que je devais m’estimer heureux qu’il s’agisse d’eux et pas des sorciers noirs. Là, c’était un peu trop et ma secrétaire n’a rien pu faire pour me calmer. Je me suis levé brutalement de ma chaise et j’ai juste clairement indiqué que s’ils le voulaient, je pouvais franchement me la jouer conservateur voire sorcier noir et fermer définitivement l’un de leur bâtiment. Au hasard. Le scandale est rapidement monté alors je suis passé au-dessus de l’attablée présente et j’ai lancé l’ultimatum. Si ça les gênait vraiment, je pouvais simplement fermer les deux entreprises. Que j’en avais le pouvoir et que leurs employés seraient non seulement dédommagés mais également mutés en d’autres emplacements avec des directeurs moins immatures à leur bord.

Bizarrement, ça les a calmés. Dans le genre directement. Quand nounours s’énerve pour de bon, ça peut donner un méchant grizzli. Un très, très méchant grand ours. Sauf que moi aussi, ça m’a sonné. Je suis rentré bien plus tard que prévu, mais assez tôt pour le rendez-vous. Encore heureux, il ne manquerait plus que ces gars-là m’aient retardé.
Je monte à mon étage et ouvre la porte d’un coup. Pas de sous-directeur, pas de dame. Bien, me voilà donc seul. Seul face à mon bureau et sa paperasse. Pas pour aujourd’hui. Les documents attendront. Je file me changer pour revêtir un jogging et un débardeur classique, une serviette et descend aux étages d’entraînement. J’ai juste envie de me dépenser là. Alors je passe partout, le tapis de course, la boxe, l’entraînement avec mes pouvoirs. J’en fais sans doute un peu trop d’ailleurs car la fatigue me tombe rapidement dessus.

Le temps passe assez vite et je dois me dépêcher de passer à la douche. Je sèche mes cheveux en troisième vitesse, remonte et change de smoking pour passer de noir à bleu marine. Ça ne se verra que pour les yeux aguerris et ça me permet de changer physiquement de moral. Passer à autre chose. J’ai à peine le temps de vérifier l’état de mes cheveux que me voilà déjà descendu au rez-de-chaussée, ma foi très bien présentable. Il faut croire que je suis on ne peut plus à l’heure. Parfaitement à l’heure même. Mon sous-directeur passe à mes côtés quand je m’apprête à sortir, suivit par la charmante dame d’Allemagne. Je le retiens par le bras et il me notifie finalement en me détaillant de la tête aux pieds. Quoi. Y’a quelque chose qui ne va pas ? Je suis trop présentable peut-être ? Je sais pas, Phil a tendance à faire beaucoup pour pas grand-chose. D’ici à ce qu’il ait vu une poussière sur mon smoking et me dédaigne du regard pour ça, il n’y a pas des kilomètres. Sauf que Phil s’en fiche de la mode. Bref, je ne cherche pas midi à quatorze heures et me dirige vers Madame en m’inclinant légèrement :

-J’espère que vous avez pu vous reposer et visiter un peu les environs.

Je me doute qu’ils n’ont pas vadrouillé toute la journée. Après tout, Mme Porter doit être relativement fatiguée par son voyage et Phil est une pipelette lorsqu’il s’agit de faire découvrir le Canada. Faire découvrir n’importe quoi d’ailleurs. Ça peut en devenir rapidement lassant. Saturant même. Je fais demi-tour pour sortir et ouvrir la porte de la belle berline noire attendant au pied du QG. Ouvrant la porte arrière, je fais signe à la dame de s’asseoir, mon co-directeur ayant quitté le navire pour vaquer à ses occupations.

Ceci fait, après avoir évidemment réservé une place au restaurant en question, nous nous retrouvons bien rapidement devant la belle allure du bâtiment. Je n’ai pas souvent l’occasion de manger ici, parce que c’est assez cher. Jouant une seconde fois le rôle de portier une fois que le chauffeur l’ait fait pour moi, je tends mon bras, très galant parce que la galanterie c’est la vie et annonce, pourtant assez sérieux :

-Passé cette porte, Madame, je mettrais mes différends avec votre pays de côté. Oublions un instant que nous travaillons pour Orpheo et mettons les relations diplomatiques de côté. Bien sûr, je n’ai nullement l’intention de faire de l’ombre à votre mari.

Je souris de manière malicieuse. Très malicieuse. Non pas que je pense faire le contraire mais je pense réellement mes paroles et cela m’amuse de songer qu’il aurait pu en être autrement. Je respecte beaucoup cette femme et le peu des talents que j’ai pu découvrir jusqu’à présent. Nul doute qu’elle aurait beaucoup à m’apprendre, si elle l’acceptait. Et je ne suis jamais fermée à apprendre. Ah et :

-Vous pouvez m’appeler Allen, également.

Est-ce que je vais trop loin ? Non, je trouve juste ça terriblement lourd de devoir appeler quelqu’un par son nom de famille pendant tout un repas. Lourd et ma foi très peu « hors cadre de travail ». Nous ne sommes certes pas non plus en blind date mais il y a des choses auxquelles je tiens. Et puis, c’est typiquement canadien d’avoir l’air ami avec tout le monde.

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MessageSujet: Re: Maybe it's just time to be ourselves now   Dim 10 Sep 2017 - 23:23

Rouge ou noir ?
Pour ce genre de repas, la robe cocktail est de norme, mais quant à la couleur.... je mettrai plutôt du noir. Oui, une belle robe noire arrivant en dessous des genoux, avec une belle paire de chaussures classiques noires, et une parure de perle qu'un jour quelqu'un m'a offert. Vous allez me dire : j'avais prévu tout ça ? Et bien mesdames messieurs, je tiens à vous dire que oui, je prévois toutes les tenues possibles que je puisse prendre dans ma petite valise de voyage diplomatique. Bien évidement, arrivée à l'hôtel je les ait faites repasser et mettre à la penderie. En tout je prévois généralement deux tenues de cocktail, une tenu de soirée, une tenu de rendez vous, une tenu de sport -oui on sait jamais...- et plusieurs robes de tout les jours. Evidement quand je dis petite valise... ce n'est pas exactement ça mais presque. Je prévois quelques vestes aussi, et des châles, encore une fois on sait jamais quel temps il fera. Ainsi donc pour ce soir, je mis une cape noire par dessus le tout, après mettre coiffée en chignon élégant pourvu de quelques mèches rebelles. Il en va également de mon image d'être tenue au courant des nouvelles règles de mode sur les coiffures et les habits. Je met un point d'honneur à mon image. Généralement elle me permet d'être prise directement au sérieux. Puis vient le temps du maquillage. Je ne suis pas très douée pour ça, je fais généralement le minimum vitale, le teint, un peu les yeux, et surtout les lèvres. Pour ce soir, une jolie rouge Chanel. Je suis particulièrement fan des rouges à lèvres, je dois en avoir une centaines. Mais je ne me trimbale généralement qu'avec les cinq indispensables : le nude glacé, le rosé transparent, le rouge matte, le violine, et pour finir mon préféré : le marron/rouge 'garçonne'. Allez savoir pourquoi il s'appelle comme ça celui la....
Quoi qu'il en soit, j'étais prête en moins d'une heure. Un exploit ! En même temps, l'hôtel avait beau être un quatre étoile, je n'était pas fan de la baignoire, ce qui raccourcis ma visite de quelques minutes. Arrivée à l'accueil, le gardien m'ouvrir la porte avec un grand sourire.

-Passez une bonne soirée madame.

-Vous de même !

Puis, mon taxi arriva, et ce fut au chauffeur de m'ouvrir la porte, en me complimentant dans un miaulement professionnel. Je le remercie d'un signe de tête. Il en va de soit que c'est surtout pour avoir un pourboire plus élevé à la fin, mais j'avoue apprécier les compliments. Il glissa sur la voie centrale et me promena le long des beaux bâtiments du centre avant de me déposer devant l'immense QG d'Orpheo. Avec ses lumières, il était encore moins discret que le jour mais je le trouvait encore plus beau, plus majestueux. Le hall par contre, résonnait toujours de tout les clapotis des talons certes un peu moins dansants que la journée mais tout aussi pressés et solennels. Au final cet air devait être triste à l'oreille de ceux qui y sont habitués depuis toujours... clap clap clap.... Le sous directeur m'attendait, il me demanda si j'avais pu me reposer, et m'invita à attendre son cher directeur qui arriva dans les 5 secondes qui suivirent, à peine le temps pour moi d'essuyer un petit dépassement de rouge à lèvre. Arriver à notre niveau, il reteint un instant son sous directeur avant de venir faire une petite révérence.

-J'espère que vous avez pu vous reposer et visiter un peu les environs.

-J'ai pu en effet me reposer merci de poser la question, et j'ai eu le droit à une charmante visite de votre ville. Ma foi, elle me paraissait grande, elle est en fait immense !

Il me sourit et m'ouvrit la porte de la voiture qui nous attendait sagement devant la porte, une belle voiture noire reflétant sur ses courbes assez sport les lumières qui passaient par les portes de verres et les fenêtres de l'immeuble. Je n'étais pas très douée pour reconnaître les voitures, ni pour deviner leur marques, il y en avait tellement...
Le bâtiment d'arrivé avait belle allure. Les moulures style renaissances m'indiquait à peu près le style de restaurant qui nous attendait derrière : quelque chose d'extrêmement classe. La voiture s'arrêta, et mon cavalier d'un soir sortis pour m'ouvrir lui même ma porte, comme l'auraient fait les véritables gentlemans, encore un bon point pour ce jeune homme. En sortant de celle-ci, je faillis décapiter mon chignon. Monsieur Kristiansen me présenta son bras avec un sourire plutôt charmeur.

-Passé cette porte, Madame, je mettrais mes différents avec votre pays de côté. Oublions un instant que nous travaillons pour Orpheo et mettons les relations diplomatiques de côté. Bien sur, je n'ai nullement l'intention de faire de l'ombre à votre mari.

De l'ombre à mon mari ? J'eu un petit rire. Personne ne fera jamais de l'ombre à Cormag... Il eu un sourire encore plus malicieux qu'avant. Il apprend vite ce petit.

-Vous pouvez m'appeler Allen, également.

-Très bien, monsieur le directeur, mais à deux contions !

Il eu un petit moment de silence.

-Appelez moi Elizabeth, et c'est moi qui offre le vin.

A mon tour de sourire.
Le réceptionniste nous indiqua la salle du restaurant, après avoir bien noté que nous sommes arrivés. Dans ma tête je m'imaginais le tableau : un jeune homme plutôt séduisant au bras d'une femme plus âgée. Même si mon sang sorcier me permet de ne pas vieillir à la même allure que les humains, je reste visuellement plus vieille et plus mûre. Qu'en bien même, cette soirée pourrait être intéressante, rien que de pouvoir bavarder avec lui m'en fera apprendre beaucoup et Ca peut toujours servir. Un serveur nous demanda de le suivre avant de nous présenter de sa main gantée blanche une table à la nappe rouge et aux couverts en argents bien brillants. La salle était splendide, et le mobilier choisi avec grand goût. Le directeur me ôta ma cape et me tira ma chaise, toujours avec son joli sourire et dans son élan de gentilhomme parfait.

-Le restaurant est magnifique !

C'était plutôt une pensée qu'une vrai réflexion à voix haute mais j'admirais l'espace environnant. Une fois que mon cavalier fut assis face à moi, le serveur nous donna une carte du menu chacun et avant que Allen ait pu attraper la carte des vins et bouteilles que le serveur lui tendait à lui, je souris et tendis ma main vers elle.

-Merci, mais celle-ci est pour moi.

Le serveur resta un instant, le regard bloqué sur moi.

-[color]Oui, ça arrive que ce soit les femmes qui décident pour le vin ! [/color]

J'avais dis ça avec la pointe d'ironie qu'il fallait, le serveur semblait un peu perplexe.

-Bien madame.

Décidément, quand il s'agit de combattre les stéréotypes de la société moderne, rien ne suit derrière.

-Je vous taquine ! Je vous remercie pour la carte.

Il s'inclina et nous dit de l'appeler lorsque notre choix sera fait. J'eu un léger sourire et mis mes doigts devant la bouche.

-J'espère ne pas l'avoir vexé... je m'en voudrai.

Suite : inspection du menu. Tout avait l'air si délicieux... j'admirais les personnes qui savaient cuisiner sans tout faire brûler. Quand jetais petite, je me voyais bien derrière les fourneaux d'un grand restaurant cinq étoiles, à jouer avec les couteaux et poêles, tourner autour des aliments et pouvoir sentir tant plein d'odeurs. Mais le bon dieu en a décidé autrement, il m'a doté d'un sens inné pour la catastrophe culinaire, surtout pour la bouillie cramé et j'étais même dangereuse. Du coup j'ai vu ma carrière de chef étoilé s'envoler. J'étais bien plus douée pour parler que pour faire la cuisine.
Après une longue réflexion, je regarde mon ami en face de moi.

-Alors, Allen...-je pris ma voix spéciale, vous savez ? Quand vous appelez pour la première fois quelqu'un par son prénom et que ça vous fait tout drôle...-qu'avez vous choisis pour ce soir ?

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MessageSujet: Re: Maybe it's just time to be ourselves now   Jeu 14 Sep 2017 - 21:32

« Est-ce qu’on considère ça comme un dîner d’affaire ou un dîner d’ami ? »

J’aurais tendance à dire les deux et aucun des deux. Elizabeth n’est pas une amie. Elle n’est pas non plus une ennemie. Elle est sage, calme, gracieuse et tout cet amoncellement de qualités font d’elle une femme que je me contente de respecter. Elle sait diriger sa vie, avait déjà mon âge avant même ma naissance. Même si elle pourrait être ma mère – qui n’a d’ailleurs que six ans de plus – je n’arrive pas tant à la considérer comme une si vieille dame. Sans doute est-ce dû à notre capacité de sorcier de stopper notre croissance au plus bel âge de la vie pendant si longtemps. Quelle chance nous avons. Aux yeux du monde, cette belle dame n’aurait qu’une trentaine d’années. Et moi… moi je pourrais encore faire mon âge.

J’admire un instant la belle robe dans laquelle évolue la dame de manière très fluide. Toute de noir vêtue et un beau rouge à lèvres venant trancher avec le reste de son allure. Et pourtant, tout est soigneusement préparé, il n’y a pas un cheveu qui dépasse de sa coiffure. Il n’y a pas à dire, elle a de l’expérience dans ce qui est de s’apprêter pour une soirée. Je me sens honoré, quelque part. Peut-être est-ce dans l’espoir de lui faire bon effet que ma galanterie est poussée à son paroxysme. L’art du mimétisme, c’est moi qui vous le dis.

-J'ai pu en effet me reposer merci de poser la question, et j'ai eu le droit à une charmante visite de votre ville. Ma foi, elle me paraissait grande, elle est en fait immense !

Je laisse échapper un demi-sourire, ravie de ce genre de réponse. J’ai beau ne pas être natif du Canada, j’y suis devenu profondément attaché et tend à m’y raccrocher davantage encore qu’à mon pays de naissance. Cela fait déjà sept ans que je travaille ici et il est vrai qu’entendre que cette ville est fantastique me permet de reprendre conscience de ses véritables richesses. C’est un peu comme tout, lorsque vous passez devant un château splendide, matin après matin vous finissez par l’oublier et alors le moindre brin d’herbe vu en vacances vous paraît plus impressionnant que l’environnement dans lequel vous évoluez quotidiennement. L’herbe est toujours plus belle de l’autre côté de la barrière, c’est à peu près ça.
Mais le Canada c’est beau, oui.

-Et encore, vous n’avez certainement visité qu’une partie de la ville.

Outre le fait qu’il est certain qu’elle n’ait effectivement visité qu’une petite portion de la ville, je sais que Phil n’aime pas trop passer à Gatineau, la partie québécoise d’Ottawa – pour une raison totalement inconnue. Il est donc for peu probable qu’il l’ai emmené de l’autre côté de la rivière. Enfin bref, je m’empresse de diriger la dame vers la voiture et la voilà qui nous emmène dans un très charmant restaurant, le Wilfrid’s comme je l’avais prévu. C’est un restaurant implanté au cœur même du Fairmont Château Laurier, à quelques mètres à peine des chambres du Parlement canadien, du musée des beaux-arts, de… du centre-ville quoi. C’est un endroit parfait si elle n’est jamais venue à Ottawa. Il y a une vue splendide. Il est vrai que l’on aurait pu y aller à pied, mais ce ne sont pas des choses qui se font. Voyons. Nous le feront peut-être en rentrant si Mme Porter souhaite marcher, mais pas à l’aller.

Bref, nous voici arrivés à bon port. Je lui ouvre la porte et lui offre mon bras avant de lui présenter mes quelques exigences de la soirée. De petites exigences en vérité. Mais la dame n’a visiblement pas dit son dernier mot car la voilà qui enchaîne dans l’instant :

-Très bien, monsieur le directeur, mais à deux contions ! – Je lui montre un petit visage curieux et attend sa fin de phrase – Appelez-moi Elizabeth, et c'est moi qui offre le vin.

Ah, il va falloir que j’apprenne à cesser de sourire à tout va. Mais je n’y peux rien. Elle est pleine d’humour, cette dame. M’offrir le vin. Haha, on ne m’aura pas comme ça. Voilà que je l’invite et qu’elle me propose déjà de payer une partie du dîner. Eh bien, quelle énergie. Amusé, je laisse filtrer ces quelques paroles, en appuyant bien sur son prénom.

-Ce sera un honneur, Elizabeth. Néanmoins, en vous ayant invité, vous comprendrez que je souhaite vous offrir le repas. Mais va pour le vin, je ne saurais vous faire du tort en vous refusant cela.

Nous montons les quelques marches et nous présentons à l’accueil où le réceptionniste nous attend. Après quelques échanges rapides, un des serveurs accoure et vient nous placer en bordure de salle, près d’une des baies vitrées orienté vers la rivière et le Parlement. Il commence à faire nuit et bientôt les premières lumières artificielles commenceront à baigner Ottawa dans une atmosphère particulièrement grisante. J’aime beaucoup me balader dans le centre-ville en pleine nuit, quand le flux incessant de voitures cesse. Une quiétude s’installe. J’aide la dame à s’installer et vient me placer face à elle quelques instants plus tard.

-Le restaurant est magnifique !

Le serveur me regarde brièvement pour savoir si cette réflexion lui donne droit de s’exprimer ou si elle m’était destinée. Je lui lance alors un regard encourageant et le laisse répondre de manière très professionnelle, en joignant ses mains gantées autour des deux menus soigneusement protégés dans un cuir carmin.

-Nous sommes réellement enchantés par votre remarque. Vous serez aux premières loges pour profiter de la vue nocturne sur la rivière et le parc.

Son sourire est très charmant. Nul doute qu’il aurait pu faire tomber pas mal de demoiselle en mal d’amour, celui-là, avec ses bouclettes blondes et son petit air d’ange. Mais bon, tout le monde sait qu’être serveur, ça ne marche pas lorsque l’on est timide et tout réservé. C’est donc très certainement un genre qu’il se donne. Enfin bon, je ne vais pas l’en blâmer. Elizabeth possède un anglais parfait mais il est certain qu’il sonne étranger à l’oreille d’un canadien. Et un canadien soignera toujours son image. Qu’importe, sur ces mots, le serveur nous tendit les menus ainsi que la carte des vins, naturellement orientée vers moi.

-Merci, mais celle-ci est pour moi. Oui, ça arrive que ce soit les femmes qui décident pour le vin !

Les préjugés ont la vie dure. Que va-t-il s’imaginer dans sa tête ? Quelque chose comme… Non Allen, on a dit pas de lecture de pensée aujourd’hui. Un petit effort. Voilà. Au calme le don. Enfin, ça ne l’empêche visiblement pas de penser que c’est fort peu habituel d’avoir une dame qui choisit les vins et que notre relation doit être un peu étrange sur les bords, qu’il s’empêche de penser davantage et que… Bon. J’abandonne. Je suis curieux, c’est pas grave. On prendra des résolutions quand j’aurais 180 ans et que je serai devenu aigri à cause de l’âge. Voilà.

-Bien madame.
-Je vous taquine ! Je vous remercie pour la carte.

Le pauvre est tout embarrassé et ne sais plus où se passer. Il trouve que la dame est assez peu « conventionnelle » et qu’il se demande d’où elle vient. En fait, il est en train de comparer l’accent mais a quelques problèmes parce qu’elle parle tout de même franchement bien anglais et que cet anglais n’est tout de même ni l’anglais américain, ni le britannique. Du coup, il penche pour les pays européens parce qu’ils font majoritairement partis de la clientèle caucasienne. Il dégage immédiatement la France parce que ces gens-là ont souvent un accent à trancher au couteau, mais il s’interroge sur le vin et se dit que, peut-être, la dame est-elle juste très douée en langues. Il opte aussi pur l’Allemagne et les pays du nord. Puis, il revient sur le Royaume-Uni. Il n’en sait rien à vrai dire et cette réflexion lui vaut cet instant de latence traduit pour une extrême gêne.

Une fois en possession des menus, le serveur disparaît aussi vite que faire se peut et j’entends Mme Porter faire une remarque à moitié pour elle-même, très amusée par le comportement du plus jeune.

-J'espère ne pas l'avoir vexé... je m'en voudrai.
-Il se demande simplement d’où vous venez pour avoir une coutume pareille. Mais c’est vrai, les préjugés ont la vie dure.

Voilà mes paroles très sérieuses prononcées tandis que mon regard est focalisé sur les belles lettrines du menu. Je relève un instant les yeux sans bouger ma tête vers la brune et lui sourit avec malice avant de me concentrer de nouveau sur le contenu du menu. Elle doit bien savoir que je suis lecteur de pensée. Enfin bon, c’est pas le tout de jouer les bruns ténébreux tout chou tout mignon mais j’aimerais m’intéresser plus en détail à ce que me propose ce repas. Je devrais être de de ceux qui proposent des plats, mais je ne suis pas un très fin goûteur. À vrai dire, ça peut paraître affreux dis comme ça, mais j’apprécie la bonne cuisine au même titre qu’un fast food. Tant que ça ne me reste pas trop sur l’estomac, tout me suffit. Et puis, j’ai beau savoir cuisiner, je ne suis pas non plus un expert des plats canadiens et je fais avec ce qui me tombe sous la main au magasin. Moralité, lui conseiller quoique ce soit est plutôt difficile. Ce restaurant est réputé pour ses plats typiques du Canada, alors je suppose que tout est bon dans le jambon, comme on dit.
Sauf que j’ai bien envie de prendre du fruit de mer, pour une fois.

-Alors, Allen, qu'avez vous choisis pour ce soir ?

Je n’arrive pas à savoir si c’est gênant ou non de m’appeler par mon prénom ou si c’est simplement cette drôle de sensation qui investit son corps quand on prononce délibérément un prénom que l’on ne s’était jusque-là pas autorisé à formuler. Aucune idée et je n’ai pas non plus envie de le lui demander ou de briser les barrières de son esprit, ce serait très mal vu de ma part. Enfin, j’ai plutôt l’habitude qu’on m’appelle par mon prénom. Bon, souvent c’est vrai que c’est plutôt M. le Directeur mais entre Phil et Kelyann qui me hèlent à longueur de journée… Bref.
Elle m’a posé une question, non ? Oui, belle déduction.
Je jette un dernier coût d’œil au menu. Il est vrai que ce restaurant reste assez abordable en fin de compte. Ce n’est certainement pas le genre de restaurant où manger tous les soirs, mais ce n’est pas non plus hors de prix et la cuisine y est bonne, sans parler du point de vue. J’aime somme toute beaucoup cet endroit.

-En effet, mais voulez-vous un apéritif ? Je prendrais bien un petit cocktail avant d’entamer le repas. Et même si je ne suis pas particulièrement un bon conseiller en matière de repas, je peux en tout cas vous dire de faire confiance aux cuisiniers. Je n’ai jamais été déçu. Et je vais m’orienter vers du poisson pour ma part. Des croquettes de crabe en entrée et la salade panzanella à l’omble chevalier probablement.

Certains diront que j’ai des goûts de nana et que je pense à ma ligne, mais comme je ne suis pas très doué avec la cuisson du poisson, j’avoue que j’ai tendance à sauter sur l’occasion lorsque je suis au restaurant. Je sais que le jeune homme nous ayant servi n’attend certainement qu’un geste de ma part pour revenir mais je le sens un peu tendu et occupé à d’autres tables. Nous ne sommes pas tant pressés non plus et le restaurant ne va cesser d’accueillir davantage de clients alors j’en profite pour poser le menu à côté de moi et renvoyer la question :

-Et vous ?

Ah, des milliers de questions me brûlent déjà les lèvres. Lui demander de me parler de son pays, de ses coutumes, de ce qu’elle aime bien au Canada, de ce qu’elle aime faire, de plein de choses en fait. Mais je dois garder la tête froide, n’est-ce pas. Rester aussi patient qu’Elizabeth. L’apprenti qui veut se faire aussi doué que son maître.

menu:
 

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MessageSujet: Re: Maybe it's just time to be ourselves now   Lun 25 Sep 2017 - 17:44

s fois les choix s'impose à toi, et d'autre fois l'hésitation est trop grande. Dans ces moment là tu essayes de ne pas penser à autre chose qu'aux conséquences pénitentielles qu'un mauvais choix puisse avoir. Et si le premier choix était le bon ? Mais le deuxième à l'air tout aussi bon... c'est plus facile, hein ?, quand le choix s'impose, quand tu le sens au plus profond de toi que c'est ça que tu dois choisir. Vauvenargues disait : "La nécessité nous délivre de l'embarras du choix". A des moments oui, et à ces moments là, tu te dis : oui, je dois faire ce choix la, et pas un autre. A ce moment là tu te sens entier, puissant et fort. A ce moment là, n'importe quoi peut t'arriver, tu ne sentira rien, car la béatitude et la certitude t'envahira et tu sera sur de faire la bonne chose à faire. Sûrement que ton choix te sauvera la vie, ou sauvera l'humanité. Sûrement que ce choix sauvera le monde même, de sa dévastation et de son chaos. Mais en attendant il te reste un choix à faire.
Un choix crucial.

Au final, le seul mauvais choix, sera l'absence de choix.

Ainsi donc, je restais muette devant la carte, à ne savoir quoi prendre au menu de ce soir.

Mon ami du soir m'avais assuré que le serveur était juste intrigué de pas savoir d'où je vient, suite à mes coutumes. Mais qu'entendait-il par "Les préjugés ont la vie dure" ? Avait-il entendu ce que j'avais pensé ? Je me suis rappelé brièvement ce que Cormag m'avait dit sur lui avant que je parte : c'est un lecteur de pensées. Bon, bien, à la bonne heure !
En attendant que ce cher Allen réponde, j'avais moi même entreprit de décortiquer intégralement ce menu, savoir si je pouvais découvrir des goûts nouveaux ce soir.
Bon, au premier coup d'œil, c'était pas clair dans mon esprit.
Et puis, le directeur avait l'air de connaître la carte, et j'avoue que je me suis sentis piégée. Que faire ? Bien prendre son temps pour choisir ou alors faire un peu au hasard et puis on verra plus tard ? Hm......

--En effet, mais voulez-vous un apéritif ? Je prendrais bien un petit cocktail avant d’entamer le repas. Et même si je ne suis pas particulièrement un bon conseiller en matière de repas, je peux en tout cas vous dire de faire confiance aux cuisiniers. Je n’ai jamais été déçu. Et je vais m’orienter vers du poisson pour ma part. Des croquettes de crabe en entrée et la salade panzanella à l’omble chevalier probablement.

Nous en revoilà au fait que je ne savais toujours pas quoi prendre à manger ce soir.
Je relis le menu et surtout la composition des plats qu'il avait prit. Croquette de crabe : aïoli au tomates fumées, salade de fenouil et Jicama.. Jicama ? Non, cela ne me disait rien. Salade Panzanella à l'ombre chevalier : Croûtons au beurre, tomates séchées au four, ail rôti, roquette, confiture d'oignon. Ca avait l'air appétissant.

-Et vous ?

Et moi ? Et moi. Et bien et moi... Moi je suis perdue. Évidement je ne laisse aucun trait de n'importe quoi paraître sur mon visage. Juste, pendant les quelques minutes qui suivent je suis une sorte de coquille souriante vide qui essaye de faire un choix. Et après mûre réflexion interne et débat philosophique....

-Un cocktail serait une excellente idée en effet ! Je me baserai plus sur un Cosmipolitan, tandis que pour l'entrée je pense prendre un Cari & Moules.

"Mon accent était étrange... Cari & Moules, Cari & Moules... "
Hm.... je mis un doigt sur ma bouche... nan, définitivement nan, je ne savais pas quoi prendre pour le plat. Le magret de canard avait l'air délicieux, mais le/la Pakora m'intriguait. Que faire ? Je déteste être dans ce genre de situation. C'est à ce moment que les personnes observent tout les faits et gestes. Et comme notre cher directeur n'est pas un grand ami, je suppose qu'il va m'observer... bien.

-Et pour le plat je prendrai le magret de canard ! Ca m'a l'air tout à fait excellent.

Ouf, mon cœur était plus léger. J'avais l'impression de courir un marathon mental et être en présence d'un homme qui -même si il a mis de côté toutes ses rancoeur vis à vis de mon partie- ne m'apprécie guère pour autant, et bien cela ne me rendait pas plus sereine. Je devais vraiment fatiguer. Ce genre de comportement ne me correspond pas, heureusement je fais en sorte que cela ne se remarque pas, mais il lis les pensées.... allez savoir ce qu'il va y trouver ?
Bon ! Reprenons les choses sérieuses. Comme c'est lui qui invite, mais que c'est moi qui choisis le vin, je lui laisse appeler le serveur pour passer commande pendant que j'examine les vins. Évidement, je n'allais pas prendre n'importe quoi. En entrée, nous nous basons sur des produits de la mer, donc du blanc, et au plat je serai tentée par du rouge, mais cela est parfois désagréable pour certain de devoirs changer de vin à chaque plat. Du coup, il faut se la jouer caméléon. Un Rosé ? C'est dommage car j'aurai bien vu un Riesling en entrée, mais cela ne conviendrai pas au plat. En rosé ils proposent... une bouteille nommée "Excise collection Côte de Provence 2016", Pourquoi pas... apres tout la Provence fournie les meilleure gamme de rosés du monde. Un rouge peut être ? Oh ! Ils ont un Château Latour, Pauillac...Encore une fois, le vin est français. Le choix est trop vaste. L'envie est trop grande. Si ça tenait qu'à moi j'aurai pris 3 verres : un pour chaque partie du repas. Mais après tout, le rosé est un vin délaissé de part son aspect un peut trop ambivalent et aussi à cause de son prix bas. Les personnes pensent que la qualité c'est garanti par le prix élevé, et que l'image que renvoie quelqu'un qui boit du vin cher, est meilleure que celui qui vois du vin bon marché. Alors que finalement, grâce à mon amie Alicia, j'ai découvert le rosé et ce fut la grande révélation de l'année.

Bien encore une fois je suis en plein débat mental pour savoir quel vin pourrait nous donner envie a tout les deux. Ou alors.... pourquoi pas du champagne ? Ce qui est pratique, c'est que ça se marie avec tout. Et ce qui est encore meilleur, c'est que j'adore ça....

Je pars donc sur un verre de Riesling année 2011 et en plat et dessert un Château Latour. Espérons qu'il aime.

Je lève mon nez de la carte avec un sourire de victoire. Marathon mental : gagné !

Le serveur était la et attendait. Il m'attendait moi ? Ah mince. Étant tellement déconnectée de la réalité, je n'avais pas suivit ce qu'il se passait. Il venait à peine de se tourner vers moi alors.... ce n'était pas si grave.

-Un Cari & Moules et un magret de Canard sim vous plait ! A boire nous prendront un verre de Riesling 2011 en entrée et une bouteille de Château Lautour pour la suite du repas.

Puis je me tourne vers mon partenaire du soir.

-Cela vous convient-il ?

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MessageSujet: Re: Maybe it's just time to be ourselves now   Mar 3 Oct 2017 - 22:29


"Maybe it's just time to be ourselves now"


La nappe est douce, soyeuse, impeccablement dressée, les couverts dans un angle parfaitement perpendiculaire au bord de la table. La musique douce, classique, résonne en fond comme un écho venu apaiser les esprits les plus tourmentés. Je regarde Elizabeth et constate derrière elle, à travers les carreaux, que la nuit tombe doucement.


« Les goûts culinaires ne se discutent pas, sauf pour les andouilles. »

Et sachez que cette phrase est volontairement à double-sens. Les français ne sont quand même pas doués pour nommer des plats. Les andouilles. A quel moment tu nommes de la viande – est-ce seulement de la viande ? - de la même façon qu’un imbécile ? J’ai eu l’occasion d’en manger une fois, en voyage en France pour une histoire dont je ne me souviens pas. On avait été tenté de me proposer cette chose. L’odeur m’avait suffi mais en tant qu’amateur des gastronomies locales je me suis laissé embarqué.
Grossière erreur.
Erreur que je ne referai plus, pour sûr.

Je m’autorise une légère rêverie. Mes yeux se posent sur l’arrière-plan, sur la nuit qui ne tardera pas à se lever, à déposer son épais manteau sur le ciel grisâtre d’une journée chargée en nuages mais laissant filtrer quelques minces filets de soleil. Je songe aux plats, me tâte sur le choix, m’oriente sur les plats offerts par la mer, goûte mentalement chacun des menus jusqu’à tomber sur celui qui retiendrait mon attention. L’omble chevalier semble faire l’affaire. Et du crabe en entrée. Le crabe est fort et j’ose espérer qu’il ne viendra pas obstruer la douceur du poisson. Je fais confiance au chef cuisinier.

Je propose à Elizabeth de commencer par un petit apéritif pour commencer. Nous avons tout notre temps et si la dame a eu le temps de se reposer en après-midi, j’ose espérer qu’elle ne désertera pas ma compagnie trop vite. Le serveur et ses jolis cheveux – je dois avoir quelque chose avec les cheveux – s’approche pour nous donner les menus puis s’éloigne vaquer à ses autres occupations, gérer les autres tables avec agilité. Nul doute qu’il aurait pu s’agir d’un don tant il passe d’un endroit à un autre sans difficulté. Stressé sans doute mais professionnel.

J’inspire profondément et réfléchit aux alcools qui se présentent sous mes yeux, en belles lettrines. Je n’ai pas de goûts particulièrement raffinés mais j’aime beaucoup le rhum. Au-delà du whisky même. Loin d’être un poivrot tout de même, mais j’ai toujours une bouteille au fond de mes tiroirs. Cette même bouteille de rhum qui dans deux mois tout pile servirait d’échappatoire lorsqu’on m’aura annoncé ma mise à pied.
Mais bon, hey, ça, je ne suis pas encore censé le savoir. Allen qui étouffe sa colère dans la brume alcoolique n’existe pas encore, alors Allen choisira une simple Pina Colada. Pas sûr que le coco se marie bien avec le crabe qui viendra par la suite, mais j’aurai tout le temps de faner le goût entre deux bouchées de pain.

-Un cocktail serait une excellente idée en effet ! Je me baserai plus sur un Cosmipolitan, tandis que pour l'entrée je pense prendre un Cari & Moules.

Ah, finalement, il semble que l’européenne se soit finalement décidée. Seulement pour l’entrée cela dit. Je ne peux m’empêcher de sourire, assez amusé par la véritable guerre des goûts qui se produit dans son esprit. Non, je n’ai pas vraiment besoin de déclencher mon don pour le savoir, cela se sent. Ses mimiques, ou plutôt dans son cas l’absence de mimiques, son regard sérieux, je pourrais presque l’imaginer penser à la préparation des plats, à leur saveur avant même de les avoir sous les yeux.
Je fais mine de continuer à chercher mon plat afin de ne pas paraître impoli et de la fixer de manière assez désagréable – surtout qu’il paraît que les lecteurs de pensées et les télépathes ont une manière de fixer bien à eux, bien dérangeante – et m’intéresse alors aux desserts, juste par curiosité. Le sucre ? Ça passe bien. Plutôt très bien que bien même, si vous voulez tout savoir.

-Et pour le plat je prendrai le magret de canard ! Ca m'a l'air tout à fait excellent.

Voilà, je peux cesser ma mascarade et dépose alors le menu sur le bord de mon assiette, sans déranger le parfait alignement des couverts. Mais la voilà alors qui s’intéresse à la carte des vins. Ah, j’avais oublié ce détail. Ils ont de très bons crus ici. C’est presque une encyclopédie tant leur cave regorge de bouteilles. A en juger par son choix de viande et mon choix plutôt poisson, il va soit falloir séparer les bouteilles, soit s’accorder sur un rosé léger ou un blanc. Bah, le blanc avec du canard, ça passe, mais il y a mieux. Je dis ça, mais mes connaissances œnologiques sont sommes toutes assez limitées et je préfère accorder mon entière confiance à une dame plus proche de ce fabuleux pays bourré de clichés qu’est la France.

Elle relève sa tête et affiche un sourire victorieux. J’ai envie de rire mais j’ai peur qu’elle l’interprète mal aussi je me contente d’un regard avenant et plein de douceur. Je fais signe au serveur de s’approcher et le voilà à notre table en un instant. Tellement rapidement que j’ai à peine de temps de cligner des yeux. Un téléporteur, ma tête à couper que c’est une téléporteur très agile pour faire genre en fait il fait que marcher mais en fait non. Ça peut passer pour des non-doués, peu sont ceux qui se posent réellement la question, mais moi ça ne m’échappe pas. Aussi près du QG d’Orpheo en plus, ça agit comme une assurance tous risques. Quoi, c’est de la paranoïa. Je vous jure que ce mec est téléporteur.

-Un Cari & Moules et un magret de Canard sim vous plait ! A boire nous prendront un verre de Riesling 2011 en entrée et une bouteille de Château Lautour pour la suite du repas. Cela vous convient-il ?

Je hoche la tête tandis que le serveur note le tout sur son calepin. Maintenant, ce sont souvent des calepins électroniques, mais je suppose que pour garder l’esprit grand restaurant, ces derniers sont restés sur les bases. L’homme se tourne vers moi pour m’inciter à faire ma commande et j’enchaîne :

-Je prendrais vos croquettes de crabe en entrée et la salade panzanella à l’omble chevalier comme plat principal. Ah, et nous prendrons également un apéritif. Un Cosmopolitan pour madame si je ne me trompe pas et une Pina Colada pour moi. Merci.

Je lui offre un joli sourire auquel il me répond par un sourire de la même intensité et file aux cuisines sans demander son reste après avoir récupéré les menus. Bref, nous voici à notre point de départ, les yeux dans les yeux, l’un face à l’autre et des dizaines de questions plein la tête. Mais je suis un mec chiant, alors quelque part, je ne m’adresse pas tout de suite à elle mais me pose de manière un peu plus confortable sur ma chaise. Gêne ou non, c’est simplement une manière pour moi de me mettre à l’aise.
Bon, commençons par des bases non ?

-Alors, dites-moi, pour moi qui ne suis jamais allé en Allemagne, qu’avez-vous comme paysages qui me changeraient de mon pays ? Je suis assez curieux.

Tout est tellement grand ici. Partout l’on sent que la place n’est pas ce qui manque. On s’étale comme un enfant qui étend ses bras pour joindre les deux côtés de son lit. L’étoile de mer, le soleil. J’inspire profondément et fait mine de lancer un regard dépité :

-Je suis contraint de l’avouer, mais vous m’avez véritablement mené pendant nos négociations. Je sais que je vous avais promis de ne pas parler de travail avant de rentrer, mais il fallait au moins que je vous fasse cette remarque. Avec u titre de directeur en moins, j’aurais désespérément cherché à devenir votre apprenti pour en apprendre un peu plus.

Mais c’est pas une raison pour faire remonter ça aux oreilles du mec allemand qui siège au Conseil, est conservateur, accessoirement votre mari et a un pouvoir de décision important. J’aimerais éviter de perdre mon poste. Allez, rigolez, c’était une blague – non ce n’est pas une blague. Certains pourraient considérer que ce ne sont que des compliments un peu mal placé, un brossage dans le sens du poil comme on dit, mais je n’ai pas trop pour habitude de jouer le lèche-botte. Et je compte bien sur mon regard, de nouveau centré sur les prunelles d’Elizabeth, pour lui transmettre ces sentiments.
Bien.


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MessageSujet: Re: Maybe it's just time to be ourselves now   Jeu 5 Oct 2017 - 21:29

Je me pris à rêver le regard dans le vide, en attendant un mouvement de la part du jeune homme. Qu'allait-on bien pouvoir se dire ? Parler de la pluie et du beaux temps ? Ou alors démarrer un sujet en espérant ne pas rentrer dans un débat qui rallierai à nos idées nos convictions politique. Non, nous n'étions pas censé parler politique. Ni travail. Ni négociation.... Bon, je vais le laisser commencer la discussion dans ce cas, la je sèche.

-Alors, dites-moi, pour moi qui ne suis jamais allé en Allemagne, qu’avez-vous comme paysages qui me changeraient de mon pays ? Je suis assez curieux.

Oulah... très bonne question.

-Je suis rarement aller dans les campagnes germaniques, je me suis directement installée à Berlin il y a assez longtemps maintenant, je peux vous dire que nos deux villes se ressemble un peu, sauf que Berlin je trouve est plus... charismatique, il y a plus de monuments qui ont du cachet, comme les portes de Brandebourg ou le palais du Reichtag... Mais Ca reste un avis personnel. Sinon...

Je me rappelle les rares voyages en compagnie de Cormag, en forêt noire. Je me mis à tout imaginer dans ma tête.

-Les campagnes sont évidement plus petites, mais mon endroits préféré c'est les forêts du sud, lorsque l'hiver vient et les recouvre de neige. Je n'imagine même pas ce que cela doit être ici !

Voila, j'avais envie qu'il neige.
L'hiver, c'est ce que je préfère. La neige est quelque chose de magnifique que j'admire tout le temps. Le silence y est plus intense et le calme reposant, les paysages s'endorment et cela nous fait généralement réfléchir à la vie. Et puis, c'est la saison qui m'a permis de conquérir Cormag... donc inconsciemment, j'y suis extrêmement attachée.
L'hiver au Canada doit être une saison magnifique. Je sais que déjà, pour l'automne, j'ai l'image de forêts d'érables jaune, orange et rouge vif, avec les feuilles volant au vent, bourdonnant et voltigeant. Mais l'hiver doit être lui, entourée de bleu et de blanc... beaucoup plus silencieux. Je me demande si j'aimerai pas retourner ici en hiver, Ca doit être bien ! Très bien même.
Le regard du directeur devint sérieux, puis il eu un petit souffle.
Le serveur arriva avec l'apéritif et déposa délicatement nos verres devant chacun de nous.

-Je suis contraint de l’avouer, mais vous m’avez véritablement mené pendant nos négociations. Je sais que je vous avais promis de ne pas parler de travail avant de rentrer, mais il fallait au moins que je vous fasse cette remarque. Avec un titre de directeur en moins, j’aurais désespérément cherché à devenir votre apprenti pour en apprendre un peu plus.

-Oh ! Vous me flattée !

Je me mis à rire. Ce jeune homme sait trouver les mots. Je pris une petite gorgée de mon cocktail. Son regard avait été sérieux et profond, était-ce une sorte de drague ? Pour me mettre dans sa poche ou tout juste pour prouver que ses sentiments sont sincères...?

-Mais, si déjà vous brisez les promesses en début de soirée... je n'imagine pas comment se déroulera la suite du repas ! Quelles surprises me réservez vous dont ? Haha... sinon, ne vous en faites pas, vous vous débrouillez très bien ! Évidement il vous manque à mon gout, quelques bases importantes mais cela vous l'apprendrez au cours de votre vie et de vos expériences personnelles. Mais je suis honorée par votre enthousiasme.

J'avais repris mon sérieux, et je pensais réellement tout ce que je disais. Apres plusieurs autres gorgées de mon Cosmopolitan, je détourna le regard vers la baie vitrée et observa quelque minutes le ciel.

-Tant que vous abordez le sujet... Que pensez vous de votre place à la direction ? Je suis curieuse de savoir ce que vous pensée de tout ceci.

C'est vrai nous ne devions pas parler travail, mais je voulais savoir comment un si jeune homme à la plus haute place du QG se sentait. Cormag est plus vieux et à de l'expérience, mais lui... comment le vivait-il au quotidien ? Le serveur arriva avec nos assiettes dressées à la perfection et nous souhaita un excellent repas, puis débarrassa nos apéritifs et revint nous apporter bis vins.

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MessageSujet: Re: Maybe it's just time to be ourselves now   Mer 11 Oct 2017 - 1:10


"Maybe it's just time to be ourselves now"


La nappe est douce, soyeuse, impeccablement dressée, les couverts dans un angle parfaitement perpendiculaire au bord de la table. La musique douce, classique, résonne en fond comme un écho venu apaiser les esprits les plus tourmentés. Je regarde Elizabeth et constate derrière elle, à travers les carreaux, que la nuit tombe doucement.


« L’on rêve de voyage lorsque l’esprit est tourmenté en journée. »

Les rêves, ça a toujours fait partie des plus grands mystères de ma vie. Comment naissent-ils, pourquoi ? Pourquoi s’en souvient-on parfois, les oublies-t-on la plupart du temps ? Pourquoi y’a-t-il des rêves des purges et des rêves de prévention, des émotions alors que notre corps n’assure clairement que ses fonctions vitales. Pourquoi le cerveau est-il aussi complexe. Depuis que je suis lecteur de pensée, c’est-à-dire depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours aimé savoir ce qu’il se passait au-delà, dans ce qu’on appelle le conscient et l’inconscient. Qu’est-ce qui a pu produire la conscience, ce détachement psychique avec l’environnement, cette capacité à évoluer, penser, imaginer, construire. Détruire.

Je réfléchis trop. En journée comme la nuit, je me prends à penser aux milles et unes vies qui auraient pu être les miennes sans vraiment m’appartenir, me laisser le choix de les vivre. J’aurais pu être né dans un pays pauvre ou bien avec de l’or dans les mains. J’aurais pu vivre réellement ou à travers un récit. Quelle certitude a-t-on de vivre dans le monde, le vrai monde. Le vrai du faux n’est-il pas une donnée abstraite née de la réflexion humaine ? Comment peut-on être vrai quand on ne connaît pas le faux ? Et si ce qu’il y avait après la mort était le vrai que l’on recherchait ?
Débat interminable, n’est-ce pas ? Vaste sujet.

Je me prends à lui demander des raisons de me pousser à visiter l’Allemagne. Je ne me suis jamais vraiment représenté ce pays. Il a soit été si proche du mien que je n’ai pas daigné m’y intéresser, soit trop loin pour m’en occuper. Je suis curieux de savoir ce que recèle cet endroit. Un plus petit pays, assez riche cependant. Je suis persuadé que de nombreux mystères s’y cachent. Et puis, ils ont un passif plus important que le nôtre, si l’on considère ma culture comme étant celle blanche importée de… bah de ces pays-là, d’Europe justement.

-Je suis rarement aller dans les campagnes germaniques, je me suis directement installée à Berlin il y a assez longtemps maintenant, je peux vous dire que nos deux villes se ressemble un peu, sauf que Berlin je trouve est plus... charismatique, il y a plus de monuments qui ont du cachet, comme les portes de Brandebourg ou le palais du Reichtag... Mais Ca reste un avis personnel. Sinon… Les campagnes sont évidement plus petites, mais mon endroits préféré c'est les forêts du sud, lorsque l'hiver vient et les recouvre de neige. Je n'imagine même pas ce que cela doit être ici !

Oui, voilà, ces histoires d’Histoire justement. Des bâtiments avec une âme, des cris de joie ou de tristesse qu’on croirait entendre entre les murs ou bien des silences lourds de sens. C’est ce qu’il manque ici, ce que j’apprécie retrouver lorsque mes pas me forcent à rejoindre la patrie de mes pays du Nord.
Je laisse filtrer un maigre sourire tandis que ses dernières paroles s’échappent entre ses lèvres. Ce que c’est ici ? C’est le froid. Enfin, l’hiver c’est le froid. Normal. Enfin bon, le serveur nous apporte l’apéritif et je sirote rapidement mon cocktail avant d’ajouter :

-Il faut prévoir de quoi bien se couvrir et apprécier les mètres de neige si vous sortez des grandes villes mais effectivement, les forêts de pins particulièrement sont très jolis en hiver.

Je me souviens d’une mission, à l’époque où j’étais encore apprenti. On avait coursé un poltergeist dans la forêt, sous -25°C. Ce n’était pas excessif et à vrai dire, ayant toujours vécu dans le froid, j’ai toujours été habitué aux températures fraîches. J’étais chaudement vêtu et je me remémore très nettement avoir progressivement retiré mes couches de vêtements jusqu’à finir en sweat aux manches retroussées. J’avais fini en nage et le lendemain avait signé le début de 3 bonnes journées de fièvre. Je n’avais pour lors pas trop pu apprécier le climat ni même la beauté du décor mais je me rends compte aujourd’hui à quel point cela avait dû être magnifique.
Bon, maintenant, quand il neige, je reste dans mon bureau et je surchauffe mon bureau encore plus que les couloirs déjà surchauffés. Avec mes petites habitudes, je suis devenu un papi à moins de 30 ans. Normal.

Bref, viens ce moment où je fais finalement part à ma charmante compagnie qu’elle m’a époustouflée pendant notre rapide… altercation ? Discussion. Hm. Négociation.

-Oh ! Vous me flattée !

Et la voilà qui rit. Je me joins à elle tout en plongeant mon regard dans le sien, assez sérieux malgré tout. La pensée est plus rapide que la parole et quelques mots tirés à la volée me parviennent malgré moi. A jouer le garçon aux yeux de braise, je finis par perdre le contrôle de mon don. Elle émettait des doutes sur la raison de ce regard. Haha, je ne me serais pas risqué à draguer pareille dame. Ne serait-ce que parce que, voyez-vous, elle est mariée. A l’être le plus… Hm, bref elle est mariée, c’est tout ce qui compte. Je passe ma main dans mes cheveux pour me détendre un peu – je suis le premier à découvrir que je suis somme toute finalement assez tendu – et écoute Elizabeth poursuivre.

-Mais, si déjà vous brisez les promesses en début de soirée... je n'imagine pas comment se déroulera la suite du repas ! Quelles surprises me réservez vous dont ? Haha... sinon, ne vous en faites pas, vous vous débrouillez très bien ! Évidement il vous manque à mon gout, quelques bases importantes mais cela vous l'apprendrez au cours de votre vie et de vos expériences personnelles. Mais je suis honorée par votre enthousiasme.

Encore une fois, je viens gratter la naissance de mes cheveux, gêné. Impossible de me dire si je joue si bien la comédie que j’en ressens les effets ou si c’est l’inverse, toujours est-il qu’il me faut détourner les yeux un instant. Je me sens un peu jeune à ses côtés. Ça arrive souvent, c’est vrai, je suis trop jeune pour être directeur. Mais la majorité du temps, j’ai à défendre mes positions et c’est assez simple. Luter pour se démarquer, pour se faire accepter, ça fait partie du jeu. Là, c’est un dîner à mi-chemin entre celui d’affaires et celui d’amis, où les compliments semblent venus d’une autre dimension, réelle. D’où la naissance de ma gêne. C’est facile de faire des compliments. En recevoir…

-Je n’ai pas préparé d'interrogatoire, ne craignez rien. Et j’espère effectivement qu’il me reste encore bien des savoirs à maîtriser sinon la vie serait bien triste, vous ne pensez pas ?

C’est vrai. Je n’aime pas les érudits. Parce que le mot même érudit ne veut rien dire en soi. Connaître beaucoup de choses. Certes. Mais tout un chacun a à apporter à un autre. Personne ne peut tout savoir et désirer trop savoir est… orgueilleux ? C’est comme ça que je le perçois. J’aime bien me renseigner, à ma vitesse, apprendre auprès des autres car l’on apprend toujours mieux en discutant. C’est comme ça que les débats naissent. Je pense qu’une vie n’est pas faite pour passer sa vie à apprendre mais pour savoir comment vivre au mieux. Et donc apprendre en conséquence. Ça peut paraître complexe, mais c’est en réalité tout simple, tout dépend des besoins de chacun. Je m’y connais extrêmement bien en sciences magiques mais je ne saurais vivre sur une île sans connexion à l’Internet. Voilà. Pour d’autres, ce sera l’inverse, pour d’autres encore autre chose.
Epanouis-toi dans ton domaine et cherche parce que cela te plaît.

-Tant que vous abordez le sujet... Que pensez vous de votre place à la direction ? Je suis curieuse de savoir ce que vous pensée de tout ceci.

En train de siroter une nouvelle fois mon cocktail, je relève un peu les yeux sur elle sans masquer ma surprise. Quel drôle de question. Ce que je pense de mon poste de directeur ? C’est une vaste question. Je marque un temps d’arrêt, appuyé encore davantage par la venue rapide du serveur, toujours au taquet, pour dresser les entrées. Je finis rapidement mon cocktail et le laisse débarrasser les alcools avant de ramener les verres de vins.
BIEN.
Je me saisis de mes couverts, prends le temps d’apprécier l’effort de présentation et apprécie une première bouchée avant de reposer ma fourchette, inspirer profondément et me lancer :

-Si vous parlez d’un point de vue affectif, je peux vous assurer que j’adore mon travail. Il est certes chronophage, provoque parfois insomnies et lourdes responsabilités, mais si j’ai commencé par vouloir passer deux petites années à ce poste, je souhaite aujourd’hui le garder le plus longtemps possible. Sans même parler du salaire évidemment avantageux, je le trouve épanouissant. Pouvoir être mis en contact avec autant de personnalités et tenter de me mesurer à eux, avoir un pouvoir de décision important et savoir rester humble face aux nouvelles découvertes, gérer les centres de recherche, maintenir le Secret. Soutenir et se sentir soutenu. Je pense que c’est à la fois la soif de découverte du chercheur que j’aurais dû être et le besoin d’humanité qui me font apprécier ce métier.

Et voilà, j’aurais certainement pu déblatérer encore quelques longues minutes mais je ne veux surtout pas l’ennuyer alors la version raccourcie passera certainement mieux. Être directeur n’est pas facile, surtout pour ce QG. Il y a des fois om ça ne va pas, où même des journées de 48h ne suffiraient pas. Il y a des jours où le stress me maintient debout plusieurs nuits d’affilées sans même me servir une tasse de café. C’est à la fois un travail que je recommande à tout le monde et que je pourrais facilement haïr tant il me tue à la tâche.
Heureusement, le QG est vraiment très bien dirigé et les différentes sections créées par l’ancien directeur fonctionnent aujourd’hui si bien qu’il m’est aussi possible de pouvoir m’accorder quelques jours de congés de temps à autre. Enfin qu’importe.

-Pourquoi cette question ? Vous vous demandiez sans doute comment j’ai pu me retrouver parachuté à ce poste en étant aussi jeune ? Vous ne seriez certainement pas la première à me faire la remarque. Et vous ? C'est assez rare de voir des membres d'une même famille à des postes aussi proches et aussi élevés. Ou peut-être cela se fait-il beaucoup en Europe ?

Je préfère poser l’interrogation ici puisque je reste somme toute assez curieux de l’explication. J’ai fait l’effort de rester honnête et d’oublier comme je l’ai dit le fait qu’elle soit la femme du chef des conservateurs. A elle de me montrer sa vraie valeur également.

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