Passage au niveau 3 | La mort est rouge comme une rose


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 Passage au niveau 3 | La mort est rouge comme une rose

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Ange H. Rejes
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MessageSujet: Passage au niveau 3 | La mort est rouge comme une rose   Mar 23 Jan 2018 - 23:46

Ich trag mein Herz in meinen Haenden

Il ne faisait pas si froid pour un hiver à Berlin. Le ciel était gris, les trottoirs humides, constamment arrosés par une pluie qui semblait sans fin. Mais depuis décembre, le vent avait perdu sa violence glacée. Il était toujours présent, il était présent dans toute l'Europe, mais il semblait que l'humidité ambiante et morose lui avait enlevé de sa superbe. Et Ange se sentait tiré vers cette apathie du monde, qui dégoulinait de tous les toits, de toutes les corniches. Il se sentait comme un peu fatigué, embrumé.
Il aimait bien Berlin, mais Bleuann lui manquait. Bleuann était à Londres. C'était stupide, car Bleuann était allemande. Pourquoi n'était-elle pas avec lui alors ? Car rien n'avait de logique, rien n'avait de place, surtout dans le monde magique.

Ca faisait également longtemps qu'il n'avait pas vu Luka, ni Louis. Encore moins Hayley, Ian ou Carla. Il fallait vraiment qu'il reprenne contact avec Carla. Elle allait finir par penser que ses amis bizarres l'avaient abandonnée. Et ça, il ne le voulait pas. Carla faisait partie du groupe, même sans magie. Il y tenait. Même le Secret ne pouvait pas les séparer.

Mais pour le moment, Ange était à Berlin, pour se forger une expérience. Il avait hérité d'un appartement là bas, et il avait découvert que l'actuel directeur d'Orpheo Allemagne, Cormag Scrimgeour, était le fils d'une cousine de sa mère. Il devait avoir un entretien avec lui le lendemain, afin de savoir s'il acceptait de l'affecter pendant quelques mois à certaines missions en Allemagne. Ange, en accord avec son responsable actuel au QG de Londres. Le sorcier voulait acquérir une expérience ailleurs qu'au Royaume Uni, et il s'était toujours senti attiré par le pays de sa mère. Il parlait la langue, mais pas assez bien à son goût. Il aurait aimé ne pas avoir d'accent. Il voulait s'imprégner de la ville, des mots, des gens, la consistance de l'air, l'insondable nature des choses.

De toute façon, Bleu était un peu distante en ce moment.
Alors lui aussi fuyait un peu, prendre l'air, un autre air. Pour avancer, essayer de savoir des choses.

Rosenrot l'intriguait, il paraissait que Myaw "appartenait" désormais à un de ses membres.
Peut-être sa princesse était-elle en Allemagne ?

Il se demanda si son destin était de toujours se trouver à la recherche des gens qu'il aime.

Le jeune homme releva les yeux, et tenta de d'éveiller ses sens. Peut-être sa mélancolie le leurrait-il, mais il sentait dans Berlin comme un arrière goût de sang.

Il n'y était que depuis quelques jours, mais il l'appréciait déjà. Il était intrigué, fasciné. Fasciné par les morceaux d'histoire disséminés aux hasard des rues, du mélange de cultures turques, vietnamiennes, allemandes, et d'autres qu'il n'aurait su nommer. Le temps et la pluie glissaient sur lui, il errait dans les rues, entre les monuments, les échoppes de kebab, les œuvres d'art à ciel ouvert, les parcs, les touristes, les familles, les bandes de jeunes expatriés. Il se nourrissait des mots et de la grisaille, il s'enfonçait dans la ville jusqu'à faire corps avec elle, de Kreuzberg jusqu'à Pankow. Le long de la Spree et des bâtiments de style soviétique.

Il avait dépassé Charlottenburg depuis peut-être une heure, à présent, il ne savait pas. Il n'avait pas faim, simplement, alors il en déduisait qu'il ne devait pas être plus de seize heures. Il y avait déjà quelques sorties d'école. Ses bottes noires produisaient un bruit d'eau agréable lorsqu'elles rencontraient une flaque.
Il se sentait invincible, avec son long manteau noir qui lui arrivait aux genoux, et qu'il avait ouvert, juste pour pouvoir sentir le vent s'y engouffrer.

Ange ferma un instant les yeux, et essaya de trouver quelque chose, une trace, un souffle, qui aurait pu être celui de sa mère. Quelque chose qui aurait pu lui dire qu'il avait une place dans un tout, qu'il pouvait être chez lui, ici. Peut-être s'inventa-t-il la très légère mélodie, indéfinissable, au fond de son esprit, accompagnée d'une vague odeur de violette. Pas de grande révélation. Sa vie n'était pas comme ça. Personne n'était en quête de lui, aucune épiphanie ne lui était destinée, le divin ne s'arrêterait pas sur le garçon au prénom prétentieux, un peu bizarre, décalé. Ce jeune homme qui avait acquis une douceur de femme, riant au nez des conventions, des préjugés. La féminité, ça ne voulait rien dire, après tout. Au diable la masculinité, aussi. Mon deuxième prénom est bien Hannelore.

Un sourire fendit son visage. C'était à lui de chercher les réponses, les solutions, les autres. Il n'était pas de ceux recherchés par la vie.
Il devait se battre pour récupérer celle qu'elle lui prenait.

L'hispano-écossais s'était enfoncé dans des ruelles anciennes, préservées des bombardements, probablement, car elles ne semblaient pas reconstruites. La grisailles semblaient s'être encore plus imprégnée de ces lieux que du reste de la ville. Un quartier riche et froid, enfoncé dans des conventions, des histoires de grandes familles, d'héritages, peut-être que c'était pour ça.

Et Ange avançait, intrigué, se sentant de plus en plus mêlé à la ville, à son béton et à ses pierres.

Un de ses pas résonna un peu plus fort que les autres, et il s'arrêta, comme un animal à l’affût, tournant la tête de trois quart. Un bourdonnement tiraillait l'arrière de sa tête. Il entendait quelque chose. Non. Il n'entendait rien. Ses oreilles n'étaient pas en train de recevoir quoi que ce soit. C'était de son esprit dont il s'agissait. C'aurait été étrange que quelqu'un essaie de lui parler par télépathie. D'habitude, il recevait clairement chaque message, surtout lorsqu'il était en forme, sans avoir utilisé sa magie récemment, comme maintenant.

Il fit doucement glisser ses doigts sur les plis de son manteau, pour se rassurer, faire fonctionner un sens qu'il comprenait.
S'il se montrait tout à fait honnête, il avait l'impression de sentir une présence, avec plus de ferveur, comme si la personne ou l'animal émettait un bruit inhérent à sa personne, quelque chose qu'il ne pouvait empêcher.

Ange inspira. Il était télépathe. Parfois, depuis peu, il avait l'impression que son don était en train de s'étendre. Qu'il entendait des choses, obtenait de vagues informations, sans tendre son esprit, sans avoir engagé une conversation. Il se souvint du jeu dans le parc avec Bleuann. Il avait eu la sensation de presque pouvoir entendre les pensées de la petite fille à la robe pastel. Si toutefois les pensées étaient un brouillard dense de sensations indicibles.

Il n'avait pas de mots. Juste un ressenti. Et ce qu'il ressentait actuellement était négatif. Rouge. Il ressentait ce petit brouillard rouge à l'arrière de sa tête. Quelque chose comme de la haine, mêlée à de la détermination et du dégoût. Enfermé dans un nuage de tensions.
Ange ferma de nouveau les yeux. Il n'avait pas d'arme sur lui. Il serra simplement les poings, et essaya de ralentir sa respiration. Il n'y avait peut-être rien. Il se laissait peut-être simplement submerger par ses peurs, et sa solitude. Il était un grand garçon, maintenant, un adulte. Il devait faire face, et se débrouiller seul.

Ange se retourna d'un quart. Il ouvrit les yeux, et fit face à la nuée rouge.



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Dernière édition par Ange H. Rejes le Mer 16 Jan 2019 - 19:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Passage au niveau 3 | La mort est rouge comme une rose   Ven 26 Jan 2018 - 23:47

Le sang tache ses vêtements. Silencieuse, Anja regarde par la fenêtre alors qu’un guérisseur s’applique à refermer les blessures profondes qui la constelle.
Pourquoi fallait-il que tout tourne toujours aussi mal ?
Droite sur sa chaise, la sorcière noire fixe l’horizon, un masque de glace posé sur son visage. L’homme qui s’occupe d’elle n’ose pas poser de question ; elle n’a pas l’air de très bonne humeur et il sait qu’à Rosenrot, plus on se tait, moins on craint pour sa vie. Aussi, se dépêche-t-il de terminer son travail avant de s’éclipser en silence. La jeune femme blonde se retrouve seule dans son bureau, dans cette immense pièce qui lui offre une impression d’écrasement.
Au bout d’un moment interminable, elle se lève et se dirige vers le bureau qui trône au centre de la pièce. Plusieurs dossiers s’empilent, prenant du retard malgré la rigueur de la jeune femme. D’un geste brusque, elle les repousse afin de créer une place suffisante pour y poser une pièce.
Dans un silence intime, les premiers mots sont tracés.

Liebe Elaïa,

Comment commencer cette lettre ? Comment décrire tout ce qu’il s’est passé pour que j’en arrive là ? Où est le début, où est la fin, j’ai de la peine à distinguer où va la vie...
Peut-être devrais-je te parler de ton père pour commencer. Oui, ça me semble être une cause initiatrice de la journée que je viens de vivre. Green... Malgré les fiançailles, malgré les corps qui se lient dans le noir, malgré la vie à deux, il reste celui qu’il a toujours été : secret, incapable de laisser les mots franchir le contour de ses lèvres. En ce moment, les missions s’enchaînent et nous n’avons que peu de temps ensemble pour parler ou, plus exactement, nous prenons peu de temps pour parler. Lorsqu’il est là je fonds dans ces bras, l’attirance physique qui nous consume et nous a toujours dépassé nous forçant à tomber dans le désir et le plaisir charnel. Les mots sont pour plus tard, les mots sont pour jamais.
Qui plus est, ton père a l’art de bâcler ses rapports de mission. L’autre jour encore, je lisais le rapport de la dernière mission qu’il a effectué avec son frère, Cyan. Cette mission fut plus confuse et difficile que prévue et j’ai vu ton père revenir dans un état lamentable... déchiré. Cependant, il n’a pas voulu me donner les détails, préférant m’embrasser que de parler du boulot et, son rapport de mission étant incomplet, je ne sais pas bien ce qui a pu le mettre dans un tel état.
Parfois, je ne le comprends pas. Souvent, à vrai dire. J’ai l’impression que nous sommes à des kilomètres l’un de l’autre et je ne sais pas comment faire pour réduire cette distance.
Alors je fais ce que je sais si bien faire. Fuir.

C’est ainsi que, lorsque l’un de mes soldats a déposé le dossier « Schmitt » sur mon bureau, je m’y suis plongée un peu trop sérieusement dedans. Ce n’était pas la première fois que j’entendais ce nom ; bien que je fusse trop jeune à cette époque, la famille Schmitt s’est, par le passé, fortement opposée à Rosenrot. Leurs idéaux, très noir, n’allaient pas dans le même sens que les nôtres et ils tentèrent de nous décimer. C’était à une époque où l’organisation n’était pas aussi forte qu’aujourd’hui et nous subîmes de lourdes pertes de cet affront... Mais pas autant que les Schmitt.
Depuis ce jour, nous n’en avions plus entendu parler.
Jusqu’à ce dossier, balancé sur mon bureau parmi tant d’autres. Un informateur disait avoir aperçu le fils de Viola Schmitt au cœur de Berlin. En pleine Allemagne. Le dossier était très maigre ; le jeune homme, Ange, était exorciste pour Orpheo, mais rien n’indiquait les raisons de sa venue dans le pays de sa mère.
Venait-il terminer le travail commencé par sa famille ? C’était ridicule, mais la menace ne devait pas pour autant être sous-estimée et la fierté de Rosenrot était en jeu. Je ne pouvais pas laisser une occasion de nous venger.

J’aurais pu, simplement, envoyer l’un de mes soldats contre lui. J’aurais pu et pourtant en fermant le dossier, la flamme de la détermination brillait dans mes yeux ; je voyais cette venue comme un affront personnel et j’étais décidée à régler cela par mes propres moyens. Green n’était pas le seul capable de se battre.
Tu sais, ma fille, j’ai commencé tout en bas de l’échelle. Presque pire, même, chez Croix, bien peu me considéraient. J’étais la fille de ceux qui avaient trahi et je crois bien que je ne doive la vie à Diego, mon grand-père, qui avait des amis hauts placés. Mais ce n’était pas facile et je dus beaucoup me battre pour parvenir à me défaire des démons de mes parents.
J’étais forte.
Depuis Rosenrot, j’ai l’impression de perdre ce pouvoir. Je continue à m’entraîner, à passer de longues heures en salles, mais je ne rencontre que peu le danger. Je suis en deuxième ligne, cachée derrière les soldats, la reine derrière ses pions. Et j’en avais assez de me laisser ainsi aller.
Aussi, pris-je mon manteau pour m’enfoncer dans le gris de la ville. La pluie frappait sur les trottoirs et le soleil ne se laissait plus voir, dissimulé par les nuages. Le dossier mentionnait une adresse, un hôtel en plein centre de la capitale. J’eu tôt fait de m’y rendre et de me poser dans un café donnant directement sur l’entrée principale du bâtiment ; Ange n’avait aucune raison de se méfier.
Je n’eus pas à attendre longtemps avant de voir l’homme que je cherchai. Je l’identifiai immédiatement grâce à une photo que j’avais embarquée avec moi. Je réglai ma consommation et me glissai dans ses pas.
La traque pouvait commencer.
Elle dura longtemps. L’animal se glissait parmi la foule, choisissant des rues passantes et je faillis le perdre à plusieurs reprises ; mais c’était aussi ça qui m’excitait. Ange avait réveillé un instinct en moi, celui du prédateur qui sort les crocs à l’odeur du sang. Son sang.

Enfin, ma proie pivota et choisi une rue déserte. La traque devenait plus difficile ; il ne fallait pas qu’il puisse me repérer, pas qu’il m’entende. Aussi, utilisai-je ma lévitation pour que le bruit de mes pas dans les flaques ne puisse pas le troubler.
Comment sentit-il ma présence ?
L’instinct ?
Toujours est-il, qu’Ange se retourna. Je ne cherchai même pas à me cacher ; il n’y avait rien pour se dissimuler et, après tout, n’étais-je pas venu ici pour l’affronter ? Pour faire couler le sang ? J’aurais préféré bénéficier d’un effet de surprise, mais, finalement, pourquoi pas ? Un combat face contre face, poing contre poing, sang contre sang.
N’est-ce pas encore plus excitant ?
Le danger.
La mort qui rôde.
À ce moment je ne regrettais que l’absence de Green. J’aurais aimé qu’il soit là pour me voir me battre. Pour voir l’animal derrière la femme.
Je sais que c’est ça qui l’attire, ça qui l’excite.

Mes yeux se fichèrent dans ceux de l’exorciste et je crachai :

- Les Schmitt et leurs descendants sont bannis de Berlin.

Je le détaillai ; sa stature n’était pas si imposante, mais je savais par expérience que cela ne voulait rien dire. Mon instinct m’avait fait prendre une position défensive, prête au combat que je savais inévitable.
Inévitable parce que j’allais le provoquer.

- Du bist tot.


J’ignorais même si le fils de Viola maîtrisait la langue de sa mère, mais cela m’était égal. Ma sentence avait été prononcée, et elle était irrévocable.
On ne viole pas le territoire de la reine.

[...]


Anja serre les dents alors que son poignet tremble lorsqu’elle écrit. Le guérisseur a bien essayé de lui expliquer ; une fracture, la douleur, il faut du repos à son poignet. Elle ne l’écoute pas, serre le stylo un peu plus fort et continue à écrire.

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Déchirure.  »



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Ange H. Rejes
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MessageSujet: Re: Passage au niveau 3 | La mort est rouge comme une rose   Mar 13 Fév 2018 - 20:25

Ich trag die Seele in den Augen

Ange vit une femme blonde, très belle. La femme la plus froide qu'il ait jamais vu. Ses yeux bleus étaient de glace, sa splendeur était celle d'un hiver meurtrier. Ange la reconnut presque immédiatement. Anja Von Duisbourg, cheffe de Rosenrot depuis maintenant plus de cinq ans. Elle faisait environ trente centimètres de moins que lui, mais était imposante, droite et fière. Ecarlate.
Mortelle.

Fasciné, pourtant, le sorcier ne bougea pas tout de suite. Comme s'il contemplait un animal mythique, une espèce rare. Il avait beaucoup entendu parler de cette femme, et a fortiori, de son organisation, celle qui avait massacré la famille de sa mère. Il n'y pensait pas souvent, même en foulant le sol de Berlin. Il s'était souvent senti très détaché de Viola Schmitt et de son histoire, peut-être pour éviter toute la souffrance qu'avait subi Luka à cause de sa propre génitrice. La sienne était morte et enterrée depuis peu après sa naissance, alors à quoi bon y penser. Et puis, on lui avait toujours dit qu'elle était folle.

Il avait combattu les soldats de Rosenrot, leurs idées, leur cruauté, mais n'avait jamais imaginé se retrouver un jour devant celle qui les menait, et qui avait son âge, d'ailleurs, lui semblait-il. Comme si elle était née pour le détruire. Ce qu'elle s'apprêtait à faire, à en croire par la sentence qu'elle prononça avec mépris à son encontre, alors qu'elle avait attrapé son regard avec le sien.

Ange prit une grande inspiration précipitée. Puis il sourit avec un peu de mélancolie. Alors voilà, il était un Schmitt. Il restait un Schmitt, malgré le nom espagnol qu'il portait, malgré la vie passée en Ecosse. Sa mère le rattrapait malgré tout, et il aurait un instant voulu pouvoir lui prendre la main, être aidé. Rosenrot me veut du mal, Maman. Il y a bien des gens qui me cherchent, finalement. Personne ne m'a jamais préparé pour ça. Tu ne m'as jamais préparé pour ça. Il se demanda un instant si sa mère l'aimait, malgré sa folie. Elle avait pris la peine de lui donner un nom, une identité.

Dans l'instant, il avait besoin de cet amour, même inventé. Alors il cessa d'y réfléchir, et se mit en posture de défense. Il ne savait pas quels étaient les dons et pouvoirs d'Anja. Il allait falloir se montrer habile.

Inspirant une nouvelle fois, il se blinda mentalement, gonfla le torse, essayant de posséder froideur et détachement.


- So, und ich bekomme die Ehre, die Cheffin Rosenrots zu haben, meiner Urteil voll zu ziehen.*

*:
 

Il avait répondu en allemand, par fierté, pour se montrer un adversaire à la hauteur. Il n'était pas sûr de gagner. Il n'était pas un jeune présomptueux au point de penser pouvoir saisir cette occasion pour la capturer et la livrer à Herr Scrimgeour. Herr Scrimgeour qui la ferait exécuter. Bizarrement, Ange n'avait pas envie de tuer cette fille de son âge, qui aurait pu être sa copine, être Bleuann, surtout avec un air froid comme celui là, une beauté presque effrayante. Trop belle pour être douce. Il voulait juste survivre.

Elle disait qu'il était mort. Pas encore. Pas encore.

Sachant qu'elle ne lui laisserait pas le choix de la fuite, et ne souhaitant pas lui révéler son pouvoir inutilement, si toutefois elle ne le connaissait pas déjà, il l'attrappa à l'épaule, et lui enfonça un poing violent dans le ventre, tout en énonçant à voix haute le fond de sa pensée :


- Noch nicht.**

**:
 

Pas encore mort Anja, pas encore. Le petit Ange sait encore se défendre. Ce gosse qui n'a jamais eu sa famille biologique, mais que tu veux tout de même tuer à cause de celle-ci. De son sang.

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Anja L. von Duisbourg
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MessageSujet: Re: Passage au niveau 3 | La mort est rouge comme une rose   Jeu 26 Avr 2018 - 16:16

La douleur irradie dans le poignet de la jeune femme et l’écriture se fait tremblante, les lettres rondes se transformant en pâtés. Pâtés de sable sur page blanche, frissonnement dans la neige des grains. Absurde. Anja divague. Le souffle lourd et acide au-dessus de cette main tellement humaine ; les reines peuvent-elles avoir mal ? La cheffe de Rosenrot en est la preuve évident. La voilà tombée de son échiquier, déchiqueté par un chevalier blanc d’Orpheo.
Mais le jeu n’est pas fini. Et les reines renaissent toujours ; il faut juste que les pions arrivent de l’autre côté, parviennent à la limite du sacrifice, pour qu’enfin les reines puissent revivre.

[...]

Orgueilleuse ?
Oui, sans doute que je le suis un peu trop. Cela me perdra. Dorian Cross, lui, ne va pas se battre ainsi sur ce genre de mission. Il ne va que sur les terrains de guerre, une fois la bataille passée, pour piller et violer. Le chef de Croix ne prend pas de risque inutile, pas comme moi.
S’il l’apprenait, sans doute se rirait-il de ma jeunesse et de ma bravoure mortelle. Surtout maintenant, surtout après aujourd’hui. Il me regarderait du haut de ses yeux bleus qui ne peuvent s’empêcher de me déshabiller - regard pervers qui amplifie encore mon dégoût pour cet homme tordu - et il rirait, ajoutant sans aucun doute une réplique désobligeante. « Je vous avais prévenue, Rosenrot n’est pas de taille ». Il me méprise. Sans doute un peu parce que je suis une femme, beaucoup parce que je viens d’une autre organisation. Pourtant sans nous, Croix en serait au même stade qu’il y a cinq ans, bloquée au statut quo, lançant de temps en temps des petites attaques contre Orpheo mais sans jamais parvenir à toucher le cœur. Ils nous doivent tout, mais cela, jamais leur chef ne le reconnaîtra.
Tu vois Elaïa, l’orgueil.
Poison des sorciers noirs.

L’orgueil m’avait conduite dans cette ruelle sombre, face à cet homme au prénom étrange, qui poussait dans ma tête une allégorie pestilentielle. Un Ange face à un Démon, ailes contre griffes, amour contre haine, blanc contre noir. Une fois de plus une frontière manichéenne qui envahissait tout, soufflant un parfum de simplicité sur ce qui ne peut pourtant se réduire à une coupure si simple ; nous ne sommes pas dans un film ou un roman et nos motivations sont bien plus complexes que cela. En tout ange se cache un démon. Et une faiblesse.
Le fils Schmitt était jeune, mais je suis bien placée pour savoir à quel point il ne fallait pas le sous-estimer sur son âge. Le même que le mien, d’ailleurs. Peut-être que dans une autre vie nous aurions été camarades de classe, amis, amants ? Mais la vie n’est pas faite de peut-être et, ce jour-là, dans cette ruelle, nous étions ennemis.
Et j’étais bien décidée à le briser en charpie.
L’exorciste devant moi bomba le torse, désormais également prêt au combat, dans la jeunesse et la fougue que lui procurait son âge. Notre âge.

- So, und ich bekomme die Ehre, di Cheffin Rosenrots zu haben, meiner Urteil voll zu ziehen.

Un maigre sourire échancra mes lèvres. Ainsi parlait-il l’allemand, la langue de sa mère. Je n’ai pas pu m’empêcher de me demander si toi, ma fille, tu parlais également cette langue ? Ce lien qui pourrait nous relier, tous les trois avec ton père. Pensons-nous dans la même langue ? Rêvons-nous en allemand ?
Finalement Ange n’est pas si différent de toi. Depuis tout petit il s’est retrouvé ailleurs, loin de sa famille et cela ne tient qu’à quelques maigres fils que le destin s’est amusé à chambouler. Si les Schmitt n’avaient pas été si virulents, peut-être ne les aurions-nous pas chassés de l’Allemagne ? Peut-être même que Viola ne serait pas devenue folle et aurait pu intégrer Rosenrot. Alors Ange aurait grandi parmi nous au lieu du Mystery Oprhanage. Et toi ma fille... Si tout n’avait pas été tendu, si tu étais née quelques années plus tard, après mon mariage avec Green... Peut-être aurais-tu pu grandir parmi nous ?
Il est drôle de voir que la vie tient à si peu. Nous ne sommes que des marionnettes et nos fils sont manipulés par un destin cruel qui s’ennuie et joue à la guerre comme les enfants avec leur soldat de plomb.
Et ce jour-là j’étais bien décidée à couper un fil. Celui de la vie de Ange Schmitt.

Mais le pantin en face de moi n’était pas décidé à se laisser avoir aussi vite et bougea rapidement, mais pas dans la fuite comme j’aurais pu m’y attendre. Il décida de suivre la voix du combat et enfonça son poing avec violence dans mon estomac tout en crachant deux mots :

- Noch nicht.

Pas encore. Pas encore mort, encore debout. Encore vivant et prêt à se battre. Alors que, sous le coup je reculai, un goût métallique se dessinant dans ma bouche, un étrange sourire trahi le bonheur sur mes lèvres ; il allait se battre et la destruction de ma proie ne s’en faisait que plus excitante. En effet, quel est l’intérêt de la chasse sans la traque ? Pourquoi les hommes parient-ils sur des boxeurs ? À quoi servent les combats de chiens ?
Le plaisir de la violence, le goût du sang. Et Ange semblait prêt à m’accorder tout cela.

Je profitai du fait d’avoir dû me plier en deux sous la violence de son coup pour prendre appui sur ma jambe droite et pivoter rapidement dessus, mon pied gauche s’élevant pour aller percuter sa mâchoire. Si je ne doutais pas que son coup avait remuer mes boyaux, nul doute qu’un beau bleu marquerait son visage.
S’il avait le temps de se former avant sa mort.
Je reculai ensuite de quelques pas et fit glisser une lame le long de mon bras. Son chuintement réveilla mon instinct de chasseur et mon envie de joueuse. Je ne voulais pas abîmer la proie trop rapidement, je préférais jouer avec, persuadée d’être supérieure, comme un chat avec dans sa gueule un oiseau.
L’orgueil, encore.
Au lieu de viser le cœur pour en finir, j’utilisais mon pouvoir pour porter la lame contre la joue de mon adversaire, laissant une belle balafre rouge sur la peau blanche. Puis, la lame retourna vers moi et je la laissai tournoyer en lévitation au-dessus de ma main, comme une promesse de mort.

- Tu n’es pas de taille Ange Schmitt. Mais par le sang des sorciers noirs qui coule en toi, je suis prête à être indulgente et à t’offrir une mort rapide si tu te rends à genoux.

À ces mots je crachai un peu de sang, une légère douleur irradiant toujours dans mon ventre, même si je ne désirais en aucun cas la montrer à mon adversaire.
Rester grande et forte quand nous serons dans la bataille.

[...]


Le regard de la sorcière glisse en direction de l’échiquier posé sur une table près de la fenêtre. Cases blanches contre cases noires. Reine noire dressée fièrement d’un côté, yeux dans les yeux avec la prestance du roi blanc. Couleur contre couleur. Rosenrot contre Orpheo. Anja contre Ange.

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Ange H. Rejes
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MessageSujet: Re: Passage au niveau 3 | La mort est rouge comme une rose   Mar 28 Aoû 2018 - 21:24

Ich lebe immer noch
- Immer noch


Ange vit Anja sourire. Serra les dents. Elle était si belle. Si jeune. Le genre de fille qui aurait pu être dans son groupe d'amis, avec qui il aurait ri, bu des verres le soir après le boulot. Qui lui aurait peut-être confié sa frustration de ne pas avancer avec le gars qui lui plait. Qui aurait lancé des regards complices à Bleuann en les voyant s'amouracher.
Mais Anja avait du pouvoir, des responsabilités. Elle avait été élevée différemment d'Ange, ils n'avaient jamais été amis, n'avaient pas été ni enfants, ni adolescents ensemble. Elle ne connaîtrait sûrement jamais Bleu. Ironie des pensées du jeune homme, alors que le pied de la sorcière noire s'envolait pour atterrir dans sa mâchoire. Sentant ses dents claquer entre elles, il recula de quelques pas, sans pour autant trébucher. Il fut ravi de constater que son équilibre s'était amélioré. Aussi ravi qu'il puisse être face à une femme déterminée à mettre fin à ses jours.

Toutefois, en se relevant, l'exorciste n'eut pas le temps d'éviter la lame qui vint trancher la peau de sa joue. Il plissa douloureusement les yeux, sentant presque instantanément le sang s'écouler le long de sa pommette.

Lorsqu'il les rouvrit, elle était toujours là, magnifique et froide, le couteau en lévitation pointé vers lui. Elle le considérait avec supériorité, assurée qu'elle était de l'emporter. Mais Ange était déterminé, il voulait vivre. Ce n'était pas l'avis d'Anja Von Duisbourg, mais il il se sentait tout aussi légitime à vivre qu'elle. Le fait même de voir la haine dans les yeux de l'allemande, son envie de le tuer, de le supprimer de la surface de cette planète, de rayer son nom de ses listes, lui donnaient une envie incommensurable d'en réchapper.

Lorsqu'elle prit la parole pour lui accorder une mort "rapide", ce fut encore pire. L'idée d'une telle humiliation, la réalisation qu'Anja Von Duisbourg accordait si peu de valeur à son existence -mais tant à son annihilation- le plongea dans une rage folle. Cette jeune femme, jeune allemande, beauté froide et sans amour -aimait-elle ? avait-elle des amis dans son monde de sorciers noirs ?-, sans pitié, n'avait pas de droit sur sa famine dévorante pour la vie. Se battre, au quotidien, la guerre, c'était parfois juste un fond flou sans risque direct, sans douleur. Les jours de remplissage de dossier, les jours de week-enfd où il arrivait à ne pas penser à Myaw.

La rage qui submergeait Ange appelait le lion, et le lion rugissait déjà dans son ventre. Sans y penser, il retirait déjà son manteau, des crocs sortaient, un coup de griffe balafra l'épaule de la cheffe de Rosenrot. Et son sang à elle était aussi rouge que le sien. Il le vit très distinctement couler, courir sur son bras, une seconde. Et il réalisa qu'il n'était pas complètement métamorphosé. Il pensa à la fuite, à l'après combat; Après combat qui existerait, oui, il le fallait, il ne fallait pas laisser tomber Bleu, Louis, Luka, Myaw, surtout Myaw, qu'il n'aurait pas eu le temps de revoir avant que son corps ne soit plus qu'un bloc froid, tout juste bon à recevoir les larmes des vivants. Il ne doutait pas des capacités de ses collègues exorcistes, surtout pas de celles de son grand oncle Cormag. Mais s'il perdait à tout jamais sa conscience aujourd'hui, il ne pourrait jamais être sûr que sa princesse réchapperait de sa captivité. Peut-être deviendrait-il une âme en peine, un poltergeist, fou de rage de ne pas avoir pu la sauver.

Chouette. Ange s'enfuit de ses vêtements. Il vola au dessus d'Anja. Anja qui pouvait aussi léviter. La dague, toujours dirigée vers lui, en était la preuve. Une inspiration, et il fondit dessus, réussissant à la saisir. Peut-être aurait-elle toujours du contrôle dessus, il se devait de rester prudent.

Ce furent ses pieds d'homme qui touchèrent le sol, le corps seulement recouvert de ses bandes de métamorphe. Deux métamorphoses déjà, et il se sentait toujours animé de la même énergie. Mais il n'eut que faire de ce type de considération sur l'instant. Ses capacités étaient là, et elles le sauvaient. Il montra les dents à la sorcière, et répondit, dur comme la pierre :


- Jamais.

Il tenait le beau poignard au manche sobrement ciselé de la jeune femme, de la cheffe de cette si puissante organisation. Elle lui semblait à la fois inaccessible et complètement identique à lui. C'était une sensation qu'il ne parvenait presque pas à détruire, une sensation rouge, dans son esprit, c'était flou, c'était brouillé, c'était Anja. Et elle devait comprendre, réaliser, que jamais, non, il ne se laisserait mourir avec facilité, sans bataille. Sans honneur. Sans amour.

L'idée était là, il pouvait la vaincre. Ils avaient le même âge, ils étaient tous deux blessés. Toutefois, il ne savait pas quoi faire. Il n'avait aucunement l'intention de tenter de la tuer. Aucune de fuir. Il n'imaginait qu'avoir le dessus, pas réussir à la capturer. Il n'osait pas imaginer le traitement qu'elle recevrait au sein du QG berlinois, la belle rose rouge qui lui faisait face. Fragile.
Délicate ?
Alors faute de cruauté, Ange se contentait de regarder son bourreau dans les yeux, son alter égo féminin, cruel. Quelle était la vie d'Anja derrière les armes ? Il n'avait pour toute réponse que ce nuage rougeâtre dans la tête, insistant.

Il n'avait dans le corps que cette énergie furibonde et essentielle.

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MessageSujet: Re: Passage au niveau 3 | La mort est rouge comme une rose   Dim 23 Sep 2018 - 14:26

La douleur se fait de plus en plus intense alors que les mots se couchent sur le papier. La blessure, tétanise les muscles qui se bandent, remontant jusqu’à l’épaules, tendant le biceps, faisant lâcher les maigres cicatrices, pas encore prête à tenir sur la peau. La blessure, profonde, se révèle alors, le sang recommençant à couler le long de la porcelaine. La trace, indélébile de la bête qui s’est dressée contre elle.

Anja ne fait rien, ne lève même pas les yeux sur la blessure ou le sang qui goutte, s’infiltrant jusque dans le parquet. Un esclave nettoiera, ne posera pas de question sur les raisons de cette hémoglobine figée sur le bois. En attendant, la sorcière noire ignore la douleur qu’elle prend comme une juste punition pour sa défaite.
Pour sa faiblesse.

[...]

Il aurait pu obtempérer et se mettre à genoux. Il aurait dû faire cela, pour laver le nom de sa famille, excuser les pêchers commis dans le passé. Mais Ange, élevé à la manière d’Orpheo ne l’entendit pas de cette oreille, ne reconnaissant pas mon règne comme digne et préférant se battre pour sa vie. Ainsi, au lieu de tomber sur ses genoux et de me confier sa mort, il se transforma, les crocs et les griffes perçant la peau avec violence et rapidité. Avant que je n’aie pu réagir, réajuster ma garde face à ces armes inattendues, l’être, mi-homme mi-animal, tendit ses griffes qui se plantèrent dans ma chair, la déchirant avec une précision chirurgicale. Vitesse, précision, force. Pour la première fois depuis que j’avais croisé le regard de l’exorciste, j’eus peur.
Sans que j’aie le temps de réagir, le voilà devenu chouette, légèreté qui fila de ses vêtements et s’envola dans mes cheveux, dérobant la lame qui lévitait pourtant au-dessus de ma main. Et le voilà redevenu homme, presque nu, sa virilité à peine dissimulée par une bande de métamorphe. Le poignard dans sa main, mon poignard dans sa main.

-Jamais.

Ce furent ses dents qui me répondirent dans un souffle lourd et arrogant. La bête hurlait toujours en son sein alors qu’Ange venait de me prouver que je l’avais sous-estimé. La rage au bout du souffle, il se tenait là, droit, alors que je sentais le sang glisser le long de mon épaule.

- Soit.

Au moins étions nous tous les deux blessés et je me disais que ses transformations successives avaient dû l’affaiblir. Cependant je renforçais ma garde, comprenant que je me battais pas uniquement pour prendre ma revanche sur la famille Scmitt.
Je me battais désormais également pour rester en vie.

- Le nom de ta mère sera donc sali une fois de plus par ta présomption.

Oiseau sévère et dangereux, je me dressai à mon tour sur mes griffes, prêtes à fondre sur cet être plus fort qu’il n’y paraissait. Cet être jeune, si semblable à moi dans son ambition, sa puissance, sa volonté de vivre.
Un spécimen à épingler sur un tableau.

Réunissant ma force mentale, je concentrai mon pouvoir pour projeter cet ennemi contre un mur de la ruelle, puis me propulsai à ses côtés, mes pieds effleurant à peine le sol avant de viser de mes poings les points les plus fragiles : une tempe, une gorge, un ventre. Dans le même temps, me genou remonta rapidement pour frapper dans les parties génitales de mon adversaire. Un seul but ; le mettre à terre, le terrasser pour alors enfin pouvoir lui glisser ma lame contre la peau, l’égorger dans cette ruelle sombre et mal famée des bas fond berlinois, écueil final de la vie de cet homme, cercueil mortel.
Vraiment ?

[...]


La blessure suinte et brûle contre la peau d’Anja. La jeune femme essaie de n’y pas prêter attention alors que la plume continue de s’agiter au-dessus du papier blanc se teintant lentement sous un bec acéré.
Au moins, désormais elle ne pense plus à la douleur qui tape contre les os de son poignet.

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Ange H. Rejes
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MessageSujet: Re: Passage au niveau 3 | La mort est rouge comme une rose   Dim 28 Oct 2018 - 21:27

Ich taumle weiter -
Vorwaerts !
Abwaerts !


Ange la chouette aurait bien vu un corbeau en face d'Anja. Un beau corbeau fin, noir, imposant. Au cri glacial comme la mort. Ou peut-être un de ces oiseaux, ces sortes de colombes qui ont une tache sanglante au niveau de la poitrine. On les croirait sur le point de rendre leur dernier souffle, mais elle sont bien vivantes, prêtes à s'envoler. Elles ont ainsi un aspect d’écorchées vives. L'air de dire au chasseur "tu peux bien essayer de me tuer, mon cœur est déjà transpercé". Ce n'est que la couleur des plumes, et pourtant.

Gallicolombe poignardée. C'était ça le nom. Ange se surprit lui même. Son cerveau était-il en train de planter complètement à cause de la menace de mort imminente ? Obsédé par la couleur rouge. Ange voyait le cœur d'Anja saigner, en filigrane. Il n'était pas sûr, il était juste au bord de pouvoir lire ses pensées. Comme si la télépathie s'était légèrement entrouverte, permettant une légère intrusion. Une couleur. C'était tout ce qu'il ressentait.

Et le danger, il le voyait. Cet oiseau de proie qui, de rage, était prêt à fondre sur lui. Qui le condamnait à mort, encore et encore, à travers ses paroles. C'était si absurde. Il se sentait agacée, irrité par ces paroles inconvenantes à propos de sa mère, mère qu'il n'avait jamais connu. Mais ce qui le choquait le plus, dans toute cette situation, c'était que cette jeune femme soit son ennemie mortelle, plutôt que sa collègue canon et brillante, la pote sympa avec qui on va boire des bières le vendredi soir, la chouette vendeuse de la boutique de thé au coin de la rue, une amie de Bleuann, ou une cousine, la copine d'un de ses frères, peut-être... Mais non. Elle parlait de sang, de pureté. De présomption. La sienne. Il en était fier. Il releva son menton d'oiseau. Danger.

Ange ne réussit pas à anticiper l'attaque assez bien pour lui échapper. Télékinésie. Il ne lui avait jamais pris l'envie de se renseigner sur les dons et pouvoirs des membres les plus importants de Rosenrot ou de Croix. Tant pis. Peut-être qu'elle savait tout de lui. Le combat était peut-être profondément déséquilibré, sans qu'il s'en soit douté. Tant pis maintenant. Trop tard, surtout. Il était pris dans ce combat, et s'il reculait, il mourrait. La mort n'attirait pas tant le jeune exorciste que cela. La fascination ne se faisait que de loin. Son métier lui faisait déjà la côtoyer bien assez.

Il eut l'impression que sa colonne vertébrale allait exploser lorsqu'il se retrouva projeté contre un mur de béton, impitoyable. Redevint humain à cause du choc. Il y avait tant de froideur émanant de son adversaire. Ainsi qu'une furieuse folie rouge, pulsion de mort. La douleur pleuvait de cet esprit ennemi, sur sa tête, dans ses côtes, dans ses organes internes, puis subitement, la douleur aiguë d'un coup à sa virilité. Et il se trouvait presque nu devant Anja, les sens brouillés par la violence et par le changement brutal de forme.

Le sorcier prit une grande inspiration, et transforma le cri de douleur en hurlement de rage. Il agrippa l'épaule de la jeune femme et la plaqua à son tour contre le mur. Il se surprit lui même d'y voir subitement aussi clair, de se sentir capable malgré tout de gagner ce combat.
Empoignant toujours Anja Von Duisbourg, il la jeta de toutes ses forces à terre, et se changea de nouveau en lion, prêt à l'attaquer, griffes et crocs. Elle reviendrait à la charge, c'était sûr.

Il lui semblait qu'il était temps d'en finir avec ces notions arriérées de pureté et d'espèce devant en dominer une autre. Il n'y avait pas d'explication biologique 100% tangible sur les différences entre sorciers, humains, et mêlés. Pourquoi pouvaient ils donner des descendants féconds ? Pourquoi les humains pouvaient-ils tout de même utiliser la magie ? Personne ne savait. Dans l'instant présent, il n'y avait que des hypothèses, des mots et des chiffes dans les yeux et les écrans de chercheurs passionnés, financés par Orpheo, Blaidd Ddrgw, ou autre. Alors pourquoi Anja, pourquoi ?

Il se refusait à croire qu'elle était stupide. Malgré ses idées datées et sa fierté digne d'un vieux général de guerre, il ressentait du respect à l'égard de celle qui avait décidé de venir le tuer en personne. Pourquoi hein, d'ailleurs ? Probablement parce qu'Anja n'était pas une vieille cheffe. Elle avait encore besoin et envie de la fièvre du champ de bataille, de la fraîcheur des nouveaux sangs versés, l'ivresse du combat, sentir la mort, tout près. Rouge, toujours si rouge.

Ange, malgré son corps meurtri, se sentait parfaitement apte à combattre, à changer son corps, à tracer des runes. Les muscles valides, l'esprit lucide. La chair animale grondant à l'unisson avec son esprit sous sa peau. Ses babines se retroussèrent, et il la regarda, cherchant où blesser pour la mettre hors d'état de nuire. Car elle ne le laisserait pas partir à moins d'être au bord de sa propre mort. Il devait se rendre à l'évidence : c'était tuer, être tué, ou ramener la jeune femme à son grand oncle.

Il lança un coup de griffe vers l'avant bras gauche de son adversaire, serrant les dents hanté par la haine qui habitait son monde, leur monde depuis tant d'années. Il ne voulait pas tuer. Mais il voulait surivre, alors il obtempérait, et entraînait son corps, développait sa magie, plantait des armes dans des corps ennemis, et des runes dans le sien. Il avait beaucoup cherché, beaucoup rêvé, et pourtant, il n'existait pas de monde où il n'eût pas besoin de faire tout cela.

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MessageSujet: Re: Passage au niveau 3 | La mort est rouge comme une rose   Ven 11 Jan 2019 - 12:48

Une goutte de sang chuta lourdement sur le papier blanc. Salissure douloureuse qui répétait sans cesse la scène qui venait avoir lieu dans une ruelle sombre de Berlin. Douleur physique à peine éprouvée face à la honte de l’humiliation et à la haine qui se développait au creux des entrailles de la jeune reine.
Elle était tombée. La reine noire avait chuté de l’échiquier, prise par un simple pion. Et la pièce, échue sur le sol, souffrait de cet affront.
Cependant la reine a un grand avantage sur le roi ; lorsqu’elle tombe, le jeu n’est pas encore terminé et Anja pouvait revenir sur le plateau de jeu. Tel le phénix auquel on associait si souvent Rosenrot, la sorcière se relèverait, prête à décapiter celui qui avait oser s’en prendre à elle.
Ange avait déclenché la colère de la reine.

[...]

Un cri de douleur traversa la gorge de ma cible, échancrant brièvement mes lèvres. Mais cette faiblesse ne fut que d’un court instant puisque le cri se transforma en feulement animal, rage contenue qui traversait le corps d’Ange. Et je ne pus rien faire avant qu’il ne me saisissent pour me plaquer à mon tour violemment contre le mur, un craquement douloureux se faisant entendre à hauteur de mon épaule. Mais je n’eus pas le temps d’avoir mal avant de me retrouver éclatée contre le sol, un lion féroce au-dessus de moi.
Encore une métamorphose.
Combien serait-il capable d’en enchaîner avant de s’écrouler de fatigue ?
Mes questions sur la résistance inattendue que m’opposait ce soldat d’Orpheo devrait attendre. Le lion - majestueux malgré le sang qui coulait dans ses veines - lança sa patte en avant, ses griffes venant se planter profondément dans mon épaule déjà blessée. Aussitôt, le sang se mit à couler, cascade rouge qui teintait le bitume berlinois.
Ne m’attardant pas sur la souffrance, je tirai sur mes abdos pour effectuer une roulade arrière afin de m’éloigner de mon adversaire tout en me relevant.

Un coup d’œil à mon bras m’indiqua que la blessure n’était pas anodine et que je devais m’en occuper immédiatement si je ne voulais pas perdre trop de sang. J’ôtai ma veste - de toute façon déchirée - et la balançai dans un coin avant de déchirer rapidement une bande de mon tshirt pour l’utiliser comme bandage de fortune. La cascade diminua sur ma peau, sans pour autant se tarir.
Il fallait que ce combat se termine vite si je ne désirais pas que mon corps entier finissent comme mon bras, lacéré par les griffes du félin.
Choisissant d’ignorer le tissu qui se gorgeait de sang à mon bras, je réfléchis rapidement à la stratégie à adopter avant de passer par les airs. J’avais déjà utiliser mes pouvoirs précédemment et m’envoler aussi haut que ce que je prévoyais de faire revenais à me fatiguer énormément, surtout si je voulais avoir la force de contrôler ma chute. Cependant mon adversaire était déjà à trois métamorphose et je ne l’avais pas épargné non plus aussi pouvais-je m’autoriser un coup de fatigue puisqu’il était lui-même dans un cas similaire.
J’écartai alors les bras afin de concentrer mon pouvoir afin de m’élever dans les airs, plusieurs mètres au-dessus du rejeton Schmitt. Tel un oiseau, je volais, ailes mortelles déployées au bout desquelles brillaient des lames telles des griffes meurtrières. Puis, arrivée assez haut, je relâchai mon pouvoir afin de chuter tête la première sur mon adversaire, contrôlant à peine ma chute, mes lames visant sa nuque.
Il fallait en finir.
Reine devenue oiseau de proie, je filai à la vitesse du vent, portée par la gravité.

[...]


La mâchoire serrée, l’âme froissée, la plume écrit presque toute seule alors que le sang continue à venir tacher le papier.

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MessageSujet: Re: Passage au niveau 3 | La mort est rouge comme une rose   Mer 16 Jan 2019 - 21:05

Ich seh', die Seele in den Augen

La belle rose rouge était blessée, plutôt gravement mais ne renonçait pas. Elle était forte, sa couleur était celle du sang. Elle se mêlait au liquide vital, c'était naturel. Et ses épines étaient là pour combattre. Ange sentit que l'issue était proche, car elle ne se laisserait pas tuer. Tout comme lui. Il eut un bref instant la vision de ce qui aurait pu advenir s'il la ramenait à Cormag, vivante ou morte. Ange couvert de gloire, mais surtout de sa propre culpabilisé poisseuse, à l'intérieur. Anja enterrée dans une fosse commune, ou même brûlée, pour ne pas laisser d'endroit à ses fidèles pour se recueillir, ou torturée. Torturée probablement jusqu'à la mort, car à présent qu'il l'avait devant les yeux, il ne pouvait l'imaginer trahir sa fonction et son sang.
Peut-être que les conservateurs auraient de toute façon ordonné sa mise à mort. C'était ça l'ennui de se battre si jeune, on sacrifiait beaucoup d'années, de possibles.

Anja s'était fait un rapide bandage, évitant le lion toujours prêt à se jeter sur elle gueule ouverte et griffes dehors.
Il entrevit la couleur de ses pensées lorsqu'elle décida de s'élever, arme à la main. Il perdit ensuite le fil, se contentant de bondit avec réactivité, pour observer ce qui allait se produire. Il avait à demi conscience de jouer sa vie, n'était pas certain de saisir toute l'ampleur de cet réalité. A l'instant, il fallait juste faire, agir. Il serait traumatisé plus tard. Ou mort.

Et soudain la couleur revint, l'intention mortelle de son adversaire aux cheveux dorés et à la peau pâle, reine maléfique. Il vit l'impulsion peut-être moins d'une seconde avant que le mouvement n'advienne. Elle fondait sur lui.

Ange se décala. Saut sur le côté, elle allait certainement heurter durement le sol, si elle n’interrompait pas sa descente. Il ne savait pas vraiment comment fonctionnait le pouvoir de l'allemande, ni où elle en était dans ses ressources. Il devait réfléchir très vite à la suite des événements. Il pouvait fuir, mais sous cette forme, il compromettait fortement le Secret, ainsi que sa sécurité.
Combien de temps avant que la police, accompagnée par des soigneurs du Tiergarten ne le rattrape armés de fusils à balles sédatives ? ou même simplement de leurs pistolets de service ? Ils pourraient très bien recevoir l'ordre de tirer à vue s'ils ne risquaient la vie de personne d'autre que l'animal.

Fuir nu ne semblait pas une très bonne option non plus, pour des raisons évidentes de praticité et de risques de poursuites pour atteinte à la pudeur.
Il pouvait essayer de la tuer, pour ensuite contacter Orpheo, et pouvoir récupérer à terre ce qui lui restait de ses vêtements. Peut-être qu'il en avait la capacité, la capacité de surpassé cette rage de survie que la cheffe de Rosenrot partageait avec lui. Et pourtant c'était comme si une part de lui criait "ELLE NE SAIT PAS CE QU'ELLE FAIT ! C'EST UNE GAMINE COMME TOI !". Comme s'il pouvait qualifier Anja Von Duisbourg d'innocente dans tout cela. Il savait surtout qu'il n'éprouverait aucun plaisir à contempler son cadavre.

Il considéra la possibilité de prendre un autre aspect pour fuir. Il ne se sentait étrangement pas si fatigué qu'il aurait dû l'être en temps normal. Pas d'explication ? Adrénaline ? Progrès ? Pas le temps d'y réfléchir.
Chouette ou chauve-souris. Husky était encore trop risqué. Et le devoir. Le devoir putain. Celui de rendre justice aux enfants morts de Little Angleton, à ses professeurs aux têtes montées sur des piques, à tous les cadavres et tous les humiliés, les mutilés. Ange fonça sur Anja.

Il la bloqua de tout son poids de lion et se griffa pour faire couler son propre sang. Vite, forme humaine, une rune d'entrave sur la peau de l'allemande. Avoir un peu de répit, en finir avec tout ça. Peut-être que malgré tout ce qu'il essayait de se dire sur lui-même, il n'avait jamais été fait pour la guerre.

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