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 Un jour, on finira globe-trotteurs

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Nounours ennemi des épinards || Directeur Orpheo Canada || Modo
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MessageSujet: Un jour, on finira globe-trotteurs   Mar 6 Fév 2018 - 15:01


"Un jour, on finira globe-trotteurs"


On est perdus. Perdus en plein milieu du désert, dans une ville qui survit sur des réserves épuisables. Simje, parfois j'ai l'impression que ça nous définit bien. Je sais jamais ce que tu penses. Je ne sais même pas ce que je pense de toi.


« Ville lumière, ville de pognon. »

Las Vegas, honnêtement, ça fait partie de ces villes que je n’ai jamais visité et qui, sans raison valable de m’y rendre, ne me viennent pas naturellement à l’esprit pour des vacances. Las Vegas c’est… le monde de l’artifice. Du matérialisme. De la dépense pour les uns, des recettes pour les autres. La ville du faux-cul par excellence où chaque micro-pavé est pensé pour te faire acheter. Hormis le fait qu’il soit situé en plein désert et dépense des litres d’eau astronomiques menant progressivement à l’assèchement du lac Mead, cette ville est tout simplement une aberration. Une volonté de l’homme de se sentir indépendant des conditions climatiques. Du vivant en général. Ça m’irrite et m’intrigue. Ça m’énerve et me fascine.

L’opportunité s’est présentée il y a quelques jours. Vendredi dernier, pour être exact. Piper Caldwell, la directrice d’Orpheo Washington, m’a convaincu de venir l’assister à Las Vegas pour une histoire d’implantation d’un nouveau service d’exorcistes, Las Vegas état curieusement très peu surveillé. Comme cette histoire ne me concernerait que partiellement, elle m’a proposé de venir sur mon week-end. Mais ce week-end s’est rapidement transformé en rattrapage de nombreuses histoires, une masse de boulot étant venu s’ajouter en fin de semaine.

Bref, une fois d’accord, il a donc été décidé de déplacer ça au mardi. Une bonne opportunité pour s’offrir des vacances d’une journée. En plus, cerise sur le gâteau, il se trouve que Simje passe au Canada. Pourquoi ? Aucune idée, il n’a pas précisé. E fait, on peut même dire que si Kelyann n’était pas venu cafter l’histoire, je ne serai même pas au courant de sa présence. Genre il m’évite ? Non, d’accord, je pourrais concevoir la chose mais… Mais non en fait, je ne comprends pas. C’est vrai, la dernière fois je l’ai embrassé. Mais bon, ensuite on a parlé et tout et ça s’est bien passé non ? Je ne pense pas qu’il se soit arrêté à ça, si ? Oh, je n’en sais rien. Quoiqu’il en soit, je l’ai invité à venir me retrouver dans la ville lumière.

Le rendez-vous avec Piper est matinal. Vers neuf heures. Autant vous dire que mon avion a décollé à une heure du matin. Et par-dessus le marché, je peux vous assurer qu’en ayant mal dormi le week-end, l’entièreté du trajet s’est déroulé dans le plus grand silence. Pas un bruit, vraiment. Je me suis endormi très rapidement pour atterrir quelques nombreuses heures plus tard en plein désert. Chouette.
Et là, la sortie fut remarquable. Quand on passe d’un -9°C à un 14°C, je vous assure qu’on sent la différence. J’aimerais dire que j’ai très chaud, mais j’ai tout de même passé sept heures dans un avion plutôt bien chauffé. Il est certain que je n’ai néanmoins plus besoin de ma grosse doudoune. Seulement de mon écharpe, je suis assez chaudement vêtu.

Il y a plein de touristes. Plein de langues, de couleurs. L’aéroport fait déjà très peur. Il y a plein de panneaux lumineux avec du « Welcome to Las Vegas » inscrit dessus. Les tapis roulants sont décorés comme les numéros de roulettes russes au casino. En noir et rouge. Ça pourrait paraître drôle, ça me fait un peu peur. Je dois être vieux jeu. Peut-être pas jeu tout court. Trouvez du temps pour jouer quand vous êtes directeur. Je n’ai pas de bagages et file donc rapidement de cet endroit. Le temps de trouver un taxi et je contacte immédiatement la directrice pour l’avertir de mon arrivée. Je suis plutôt en avance et arrive en quinze minutes à l’endroit prévu. Vingt compte tenu des bouchons déjà présents. C’est assez marrant, je me serai attendu à voir des gratte-ciel partout mais en vérité ils sont condensés en centre-ville. Le reste est composé de maisons de plein pied, sans étage, de couleur sable et fondu dans une atmosphère de désert un peu oppressante à mon goût. Franchement, avant d’arriver en plein centre, rien ne m’aurait vraiment indiqué que je me trouve à Las Vegas, si ce n’est les grandes affiches publicitaires. Et encore, elles savent se faire discrètes dans cette immensité désertique. Franchement, ce n’est clairement pas un endroit dans lequel je vivrais. Imaginons une catastrophe basique : Plus d’eau. Dans ce genre de scénario, tous les habitants devraient quitter leurs maisons, qui finiraient ensevelis sous des nuages de poussières et de sable. Comme une ville fantôme. Et pour avoir étudié Tchernobyl, ça fait franchement flipper les villes fantômes.

Comme il est à peine huit heures, que je suis arrivé à mon point de rendez-vous avec d’ors et déjà une tasse de café dans la main je soupire et sort mon téléphone. J’ai donné rendez-vous à Simje au centre-ville à 16h. Bon, le centre-ville, c’est large. Surtout celui de Las Vegas où la probabilité de retrouver quelqu’un dans la cohue frôle le zéro absolu. Il faut… trouver un point de rendez-vous visible de loin. La tour Eiffel ? Un gratte-ciel ? Ah ! Pourquoi pas la stratosphère ? Enfin, la tour de Las Vegas.

« Hello, j’espère que t’as bien dormi. Je te propose de nous retrouver à la tour de Las Vegas. Enfin au pied. Je t’envoie les coordonnées au cas où. À tout à l’heure. »

J’envoie le sms et me masse les tempes. Je suis fatigué, pour changer – vous saisirez l’ironie. J’ai envie de dormir mais si la directrice déboule d’un instant à l’autre, ça ne le fera pas. Alors je prends mon mal en patience et passe ma vie près de la machine à café. Fort heureusement, Mme Caldwell arrive peu de temps après moi.
Et la journée commence. Visite d’un centre comprenant des personnalités douées à la direction et acceptant l’expansion de leur bâtiment pour initier un micro centre de surveillance d’Orpheo. Bien sûr, les frais sont à la charge de l’Ordre. Ce genre de discussion entre personnes convaincues est en général assez frustrant parce qu’il n’y aucun challenge. Pas de points de vue à défendre, juste un hochement de tête et une poignée de main. Ça pourrait bien se faire à distance, non ? Oui, mais en étant présent, ça me permet aussi de tirer mon épingle du jeu. La directrice ne m’aurait pas proposé cet endroit s’il ne pouvait pas m’être utile d’une manière ou d’une autre. Elle doit bien être l’une des seule à avoir confiance en mes capacités, même si elle ne le montre pas.
J’en profite donc pour acquérir quelques nouvelles relations et partenariats. Quitte à mentir un peu sur ô combien cette ville est magnifique et qu’il y a tant de choses à faire. Bref, rentrer dans le jeu du faux-cul par excellence.

Mine de rien, cet échange prend plusieurs heures. L’homme nous fait visiter les bâtiments, propose des idées. Il est à l’aise et semble vraiment ravi d’accueillir des membres d’Orpheo. Il raconte un peu sa vie aussi, comme quoi il a quitté l’Ordre très jeune mais qu’il aimerait bien que sa fille suive un entraînement d’exorcistes parce que waouh Orpheo ils sont trop bien. Je crois qu’il idolâtre un peu trop cette organisation mais soit, ça ne rend la tâche que plus facile. Un peu ennuyeuse aussi. Il nous parle de l’histoire de la ville, en véritable passionné qu’il est. Bref, cette rencontre prend des tournures de retrouvailles entre vieux amis et c’est finalement assez agréable.

Les adieux se font aux environs de treize heures. Encore trois heures à attendre. Dormir ? ça me semble être la meilleure des solutions. Mes yeux se ferment tous seuls. Je prends le premier taxi et file dans un hôtel de bord de route pour m’offrir de quoi me doucher et dormir le temps de quelques heures.
La douche bien chaude me fait tellement de bien qu’en quelques minutes je tombe sur le lit et m’endors.

Mon téléphone vibre si brutalement que, posé sur le bord de la table, il tombe. Le bruit, un « pouf » discret, me ramène à la réalité. Heureusement que le sol est en moquette. Je me relève en catastrophe et tend le bras pour récupérer l’appareil.
Il est 16h35.
Je suis. En. Retard.

Pas le temps de checker si Simje a laissé un message.
Je me lève, récupère mon sac, mon écharpe que je balance sans ménagement autour de mon cou, mon manteau, enfile mes chaussures et descend les étages, sort de l’hôtel, saute sur un taxi pour qu’il m’amène au lieu de rendez-vous. Dix minutes plus tard. J’envoie un second message au moment de rentrer dans la voiture.

« Désolé. Je me suis endormi. J’arrive. »

Et hop, me voilà. Presque une heure plus tard. Oh la la quelle misère. J’espère qu’il ne m’a pas cherché. En fait, s’il pouvait être lui aussi en retard ça m’arrangerait mais je ne sais même pas à quelle heure son avion est arrivé. Ça se trouve il poireaute depuis plusieurs heures. Fantastique. Ah Allen, tu mérites d’être connu. Je pousse un long soupir et cherche Simje du regard, au pied de la tour.

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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Mer 7 Fév 2018 - 16:19

Je sais même pas par où commencer, tellement j’suis énervé. Vous pouvez témoigner en plus à quel point c’est rare que j’en aie plein les couilles à ce point là, mais clairement, faut pas abuser non plus, là, c’est le lamantin qui fait déborder le vase, croyez-moi. Déjà Rosie qui évite un peu mes messages et tout, qui ne répond pas ou alors à côté, ça me gave. Mais surtout que j’apprenne de la part de NAWEL, entendez-le bien, NAWEL que j’ai une réunion de famille au Canada, c’était vraiment délicieux. Un très bon moment, ce moment où vous réalisez que pour cette petite conne de Narcyz - oui, ma soeur - l’autre folle de Nawel fait actuellement plus partie de la famille, ou du moins a plus accès aux informations que moi.

Mais le pire.

Mon dieu le pire, l’avion.

Les parents, comme d’habitude, ils ont absolument voulu qu’on garde les places attribuées sur le billet. Ca aurait du être moi, au hublot, Rosie, à côté, et après le reste qu’importe, mais non, JE SUIS AU MILIEU, oui messieurs, entre Narcyz et Maman.

Entre, Narcyz, et, MA MÈRE.

Tout ça pour quoi ?

TOUT ÇA POUR QUOI ?

Je frôle l’hystérie.

Pour - je vous jure - un rendez-vous avec les cousins, les tantes, les oncles, une vraie cousinade, entre, métamorphes.
Bien sûr que j’ai été obligé de venir, et je dire que je ne sais pas muter - alors que c’est juste pas mon pouvoir quoi, dites à un téléporteur de muter, enfin je sais pas, c’est quoi votre soucis les gars ?


Voilà dans quel état débarque à peu près Simje, dans quel état il vit la chose, à grand renfort de regards noirs, de shots de tequila avec Rosie, petits - très grands - séjours dans la forêt tout seul, sourire de politesse, sourire de politesse, oh ? Un sourire de politesse.

Et puis un sourire de politesse bien entendu !

De très bonnes sensations. Mais le meilleur moment a été quand Papa et Maman m’ont filé les billets retour sans me demander mon avis sur si je rentrais, ou non, qu’on a comparé les emplacements et que je devrais être à côté de Papa et de Jan, et qu’après ça, APRÈS ÇA, j’ai pu dire « et non les connards, je rentre pas avec vous, ahahaha ! » c’était absolument fantastique, mais j’aurais du le dire à Rosie avant, parce qu’Ambrozy, elle fait genre elle est pas susceptible, mais elle était bien vexée de ne pas avoir l’exclusivité de ce savoir, mais elle avait qu’à pas me cacher cette réunion de famille débile - parce que c’était pour ça qu’elle m’esquivait, cette sale bête - et elle m’a regardé bien bizarre quand je lui ai dis « vlà-t-y pas que c’est Allen le caribou que je vais voir » et puis j’ai ajouté « je sais tout, AHA ! » mais elle a rien répondu, parce que je l’avais déjà vexée.

C’qu’ils sont relous dans cette famille.

Ou peut être que j’aurais du lui proposer de venir avec moi ?

Boh, au pire.
Elle s’en remettra.


Trajet jusqu’à Los Angeles, humeur absolument massacrante, sombre histoire de petits crackers donnés gratuitement, mais absolument dégueulasses, avion, petite mamie qui renverse son thé brûlant sur tes cuisses, mais comme elle est mignonne et horrifiée par son acte, je peux pas passer mes nerfs dessus, et comme je suis guérisseur et pas régénérant, j’ai pas envie de mettre de la magie sur ma peau, du coup je reste là, comme un con, tout mouillé.

Trajet jusqu’à l’hôtel, dépôt de bagages en tout genre. Le chien, c’est Hannah qui le garde - elle aussi, elle a bien fait la gueule, mais qui c’est qui s’est tapé tous les dossiers et la paperasse le mois dernier ?
Donc elle se tait.
et puis SMS « Hello, j’espère que t’as bien dormi. Je te propose de nous retrouver à la tour de Las Vegas. Enfin au pied. Je t’envoie les coordonnées au cas où. À tout à l’heure. »

Mais il est quelle heure ? Il se rend compte que c’est le matin, il a mille ans pour glander tout seul dans une ville qu’il ne connait pas, où il fait chaud sa mère, c’est rempli de gros, riches, ou désespérés américains, de drogue, de putes, d’enfants potelés et insupportables, les bruits des casinos, y’a des lumières géantes de partout, c’est sous naturel, sous productif comme ville et qu’il va donc pouvoir en profiter globalement, pour, se, détendre.

Il reste donc glander dans sa chambre, se réserve le luxe de prendre un bain dans l’immense baignoire de l’hôtel. L’eau brûlante forme rapidement de la vapeur à la surface qu’il regarde monter paresseusement de ses yeux bleus glacés, les cheveux bruns mouillés retombant sur son front. Il reste plus d’une heure dans l’eau bouillante, la peau pâle rougie par la chaleur, les doigts frappés et les joues roses. Il sort de l’eau, incroyablement plus calme, comme s’il avait laissé dans l’eau toute sa colère pour se glisser à nouveau dans le moule de Simje le silencieux.

Et puis un SMS : « Tu sais que j’ai réussi à muter en polatouche de Sibérie » de la part de Rosie, il sait que c’est pour l’emmerder, sa façon à elle de l’emmerder lui comme il l’a emmerdée elle.

Il ne répond pas, rage profondément, retourne faire des bulles dans le bain.

Bref, 15h15, il graille rapidement un truc, s’habille, tout les trucs nécessaires pour apparaître convenablement et sort sous la pire canicule que l’histoire ait jamais connue, au moins mille et quelques degrés.

16h, au pied de la tour.

16h10, assis sur les escaliers de la tour.

16h20, debout, devant la tour, le téléphone en main.

Peut être que vous connaissez cette sensation, peut être pas. En général quand vous ressentez cette émotion étant petit, une fois sur deux elle est irréelle, c’est vos peurs paniques qui font ça.
Cette sensation qui vous dit : il m’a pris pour un con, il ne viendra pas, il va s’excuser au dernier moment d’une excuse bidon, il m’aura fait déplacer pour rien, il aura dit ça en l’air mais il n’y sera pas, il sera ailleurs, voir pire, il est peut être dans le bureau d’en face et il se moque, il se moque parce que c’est drôle, ils rigolent tous que j’y ai cru, que je sois venu alors que c’était évident qu’il ne viendrait pas, ce que je suis naïf, putain, putain mais t’es trop con, tu le savais très bien, il viendra pas et toi t’es là avec ta chambre t’es coincé là hors de question d’aller voir Kelyann avec ça, t’as plus envie d’aller nulle part là, mais c’que t’es con putain, aucun discernement, aucun, tu le sais en plus que ça t’arrives ces choses là mais t’arrives jamais à les voir venir, jamais t’apprends, jamais tu comprends que t’es ce genre de personne qu’on lâche 
Vous savez, quand on s’est fait prendre pour un con, et ouvertement moqué, on n’oublie pas. Surtout quand ça arrive une deuxième fois, puis une troisième fois.

Il appuie doucement sur son plexus solaire, il sent l’angoisse dans sa gorge et l’envie de s’arracher la peau pour avoir été aussi con.

16h30, il n’a toujours pas bougé, complètement tétanisé, bloqué, rongé. Il ne sait absolument pas ce qu’il est censé faire, réagir, envoyer un message assassin ? Pas du tout, il est du genre à s’enterrer et rester dans le déni pour toujours et à jamais, en Pologne.

Et si Hannah me fait un coup comme ça ?

Non, c’est faux, il ne pense pas comme ça.

Et quand Hannah te fera un coup comme ça ?

Paranoïa.

16h35.

Il sort une clope, allume, tire. Les vieux tics reviennent, il se gratte le bras, a envie de passer au travers.

16h40.

Il se décide enfin à bouger. Il a envie de héler un taxi mais peut être que marcher pourra le faire redescendre en pression. En appelant deux ou trois contacts, peut être qu’il pourra obtenir un accès sur un site de runes poussiéreux de la région et il n’aura pas perdu son temps.

16h45

« Désolé. Je me suis endormi. J’arrive. »

La pression qui retombe brusquement, douloureusement. Il fait demi-tour au beau milieu de la rue sous le regard étonné que deux trois passants, le bras ne gratte plus, la clope qu’il tenait dans la main est sagement rangée dans le paquet, paquet dans la poche. Il remarche tranquillement, la tête complètement vide.

Vide. Le mot est exact.

Il arrive, Allen cherche vaguement quelqu’un et Simje se glisse devant lui tel un ninja des temps modernes, téléporteur de son espèce qu’il n’est pas d’ailleurs et qui dit, sans serrer la main ni taper la bise pcq c’est chelou non ? Les gens qui se tapent la bise ça fait très « coucou mamie ! » affreux, insupportable, insurmontable même.

Et puis :

- Hé. Alors comme ça madame Caldwell t’as épuisé ?

Wink wink wink wink.
Il est amical, simple, tout est oublié - les névroses ne sont jamais longues à passer, n’est-ce pas ?
N’empêche que ça doit être chiant d’être directeur, imaginez que vous devez toujours être égal à vous même, juste, droit, impartial. Vous faites quoi si vous ne pouvez pas encadrer la personne devant vous ? Rien.
RIEN.

Comme quand vous pouvez pas saquer votre famille, tiens.

_________________


Spoiler:
 

- Est-ce que tu as déjà tué quelqu’un ?
- Oui mais c’était des méchants !


You'll be loved but not by me.


Dernière édition par Simje Voniestosiwjski le Jeu 8 Fév 2018 - 16:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Jeu 8 Fév 2018 - 0:09


"Un jour, on finira globe-trotteurs"


On est perdus. Perdus en plein milieu du désert, dans une ville qui survit sur des réserves épuisables. Simje, parfois j'ai l'impression que ça nous définit bien. Je sais jamais ce que tu penses. Je ne sais même pas ce que je pense de toi.


« Arriver en retard, c’est la pire des choses. »

Franchement, je hais ça. J’ai tendance à descendre le premier qui ose arriver en retard, vraiment. Si c’est une connaissance, je me contenterai de lui faire une petite remarque discrète. Si c’est un ami, je blaguerai même si dans le fond ça me fera bien chier, si c’est un inconnu, il se retrouverait immédiatement blacklisté. Je ne plaisante pas du tout avec la ponctualité et en général j’arrive à l’heure exacte – sauf quand il y a un avion en jeu et en général j’arrive toujours assez tôt.

Je me permets de définir un peu cet état d’esprit pour vous expliquer celui dans lequel je me trouve en ce moment. La voiture est encore en train de rouler et je panique complètement. Ce n’est pas le tout d’envoyer un message. Il est quarante-cinq. QUARANTE-CINQ. Non, vous ne vous rendez pas compte de ce que ça fait de patienter quarante-cinq minutes dehors sans avoir aucun message de la personne qu’on est censé rencontrer. En plus, je vois qu’il ne m’a rien envoyé. Pas même un appel, ni un message. Est-ce qu’il est parti ? Je serais parti à sa place, après avoir incendié sa boîte mail de spams en tous genre. Mais Simje n’est pas Allen et j’ignore comment il réagit dans ce genre de cas. Si ça se trouve, il a cru que je me foutais de lui. Si ça se trouve il est parti. Je peux l’appeler maintenant pour vérifier ? Et puis c’est quoi ce message. Plus froid tu meurs. Enfin, je ne vais pas lui mettre un cœur à la fin, mais quand même ça mérite d’être un peu plus humain. J’étais un peu endormi, un peu paniqué, j’ai balancé les premiers mots qui me venaient à l’esprit et donc c’est parti. Et donc c’était trois petites phrases avec un micro désolé. Ça pue la vieille excuse, jamais il n’acceptera ça. Ça se trouve je vais venir il aura disparu et ce sera bien fait pour moi.

Ça se voit que je panique ? Hm, à peine. Et cette voiture qui arrive finalement au point de rendez-vous. Sérieusement, parfois j’aimerais avoir des talents de téléportation. Enfin, dans ce cas de figure ça ne m’aurait pas énormément aidé, je ne connais pas bien la ville et ça paraîtrait louche de voir une personne qui clignote toutes les deux secondes pour avancer plus vite. Préférons la voiture. N’empêche que j’ai vraiment plutôt assez peur. Oui, je minimise les dégâts dans mon cerveau, on ne se refait pas.

Mes actions vont plus vite que ma pensée et je sors en trombe tandis que le chauffeur me rattrape pour récupérer sa paye. Ah oui, je suis dans le monde réel. Y’a un monde fou. J’aimerais bien que Simje s’affiche en surbrillance là, comme dans les films. Ou… plutôt les dessins-animés en fait. Pas que j’en regarde beaucoup, mais ça paraîtrait plutôt louche dans un film. Bref. J’ai un peu la nausée, tout s’est passé assez vite et j’ai paniqué bien trop vite pour un directeur. Oui, parce que je panique tout de même assez rarement, il faut le dire. Parce qu’en général je ne m’endors pas comme une masse comme ça, que j’arrive à mes rendez-vous à l’heure et que la plupart de mes actions est soigneusement calculée pour ne pas trop me stresser. Voilà pour l’information.
Les billets sont éclatés dans la main du chauffeur qui n’a rien demandé à personne et je ne demande de toute façon pas mon reste. Je l’entends râler très fort à mon intention mais alors là, je n’en ai franchement rien à faire. Je suis obnubilé par mon retard, que voulez-vous.

Bien. Bien bien bien bien bien.
T’es où ? Je veux dire, c’est un peu bondé comme endroit. Sérieux, j’ai choisi la pire heure de l’après-midi pour un rendez-vous. La populace est tellement mélangée qu’on dirait du porridge. Oui, du porridge d’humain. Une fourmilière de porridge d’humains. Vous ne me suivez pas, moi non plus, je raconte n’importe quoi. Et ça n’a rien à voir avec l’embonpoint de certaines personnes. Oh mais regardez-moi ce garçon. A croire qu’il y a une frontière entre les Etats-Unis et le Canada pour ce qui est de la prise de poids. Ce commentaire est un peu raciste. Peut-être qu’on brûle les calories en survivant par -21°C. Voir moins. Voir beaucoup moins. Ah, y’a pas à dire, mon pouvoir en hiver, il est tout content. Je l’utilise sans stress pour tout et n’importe quoi. Souvent pour n’importe quoi.

Bref, parenthèse sur cet enfant rondouillet fermée. Où est Simje ? Il est parti. Je suis persuadé qu’il est parti. Soit logique un instant : qui resterait faire le piquet pendant trois quart d’heures ? Certainement pas moi. Certainement pas lui. Enfin, je veux dire, je me sentirais très honoré si c’est le cas, mais après coup, la culpabilité viendrait frapper à ma porte. Enfin, peut-être qu’il n’est pas encore arrivé. Je m’en fais sans doute pour rien. Hein ? Rassurons-nous comme on peut.

Et toujours pas de message. Il est peut-être aussi en train de dormir ? Non, personne ne dort en plein milieu d’après-midi à moins d’avoir dépassé les âges peu recommandables. Ou d’être très fatigué. Je suis dans la deuxième catégorie, au cas où vous voudriez faire une blague nulle. Je tourne la tête à droite à gauche. Ça traverse les passages piétons en masse, comme si tout d’un coup le monde s’animait, jusqu’au prochain feu rouge. Merde je n’ai pas le temps de faire du tourisme. Où est-ce qu’il…

- Hé. Alors comme ça madame Caldwell t’as épuisé ?

Je sursaute et imite ce réflexe consistant à faire un pas en arrière et passer d’un regard de fugu qui ouvre la bouche à celui du poisson lune. Puis soupirer de soulagement. Ou évacuer d’un seul coup toute la pression toujours inutilement emmagasiné. Il se présente comme ça, bien face à moi, d’un coup sans prévenir. L’objectif, ce n’est pas de me faire mourir d’une crise cardiaque, même si je me pointe avec beaucoup de retard. Je le regarde un instant sans rien dire, dans une expression indéchiffrable. Ça fait quelques mois qu’on ne s’est pas vus. En fait… En fait ça fait plutôt longtemps. J’ai été complètement happé par mon tour du monde et le retour au travail ne m’a pas laissé beaucoup de répit donc tout s’est enchainé très rapidement. Mais là, face à lui, je me rends compte que ça fait tout de même un certain temps. Presque six mois. C’est passé en un claquement de doigts mais quand je le regarde je ressens tout d’un coup ces longs mois. C’est étrange. Ça me rend un peu triste. Impossible de mettre des mots dessus. Je ne dirais pas qu’il a changé, ça ne fait pas si longtemps que ça. Mais c’est comme si je le redécouvrais à chaque fois. Et comme j’ai encore le mal de la pensée – oui c’est comme le mal de mer, mais pour lire dans les pensées – depuis mon « « « évolution » » » – sérieux ce truc est devenu une malédiction en fait – je limite grandement l’utilisation de mon don. Grand bien lui fasse. Hors de question que je lui en parle.

Bref, ce n’est pas bien de fixer les gens comme ça. Je secoue brièvement la tête pour me ressaisir et fait ressurgir mes émotions précédentes. A savoir l’anxiété, au cas où vous n’auriez pas suivi.

-Sim, désolé. Franchement. Enfin, je sais pas ce qui m’a pris, j’ai oublié de mettre un réveil, je me suis endormi d’un coup. Vraiment, pardon. J’ai super mal dormi ce week-end et avec l’avion et les heures de décalage, je… Bref, je me sens trop mal. T’as pas trop attendu ?

S’il me dit qu’il est là depuis seize heures, je peux partir m’enterrer. Je ne me pardonnerais jamais cette histoire. Pas possible d’être manchot à ce point. C’était un réveil. Un simple réveil. Peut-être l’ai-je fait sonner. Honnêtement j’en ai aucune idée, aucun souvenir. Peut-être a-t-il sonné et ne me suis-je pas réveillé. Honnêtement, il est temps que je passe à autre chose.
Je ne sais même pas où aller. Je ne connais rien ici, mis à part l’endroit où je me suis retrouvée quelques heures auparavant. Je n’ai même pas encore pris de billet retour mais je ne m’éterniserai certainement pas plusieurs jours. Peut-être ferais-je un détour dans la Death Valley. Ce n’est pas si loin que ça et ça me videra un peu la tête. Peut-être que je ferai un tour au lac aussi. Aucune idée, même en voiture, ça va prendre plusieurs heures alors ça ne se fera sans doute pas.

-Tu… vas bien ?

Non, cette hésitation n’est pas liée au fait que je ne sais pas quoi dire. J’ai juste besoin de vérifier son état actuel et je ne sais pas l’annoncer autrement que par cette phrase bateau. C’est bizarre ? Je n’en sais rien, on a toujours été bizarre de toute manière. En plus il m’a parlé de la directrice de Washington. Il sait ce que je suis venu faire ? Je lui en ai parlé ? Aucune idée. Bah… Au pire on s’en fiche.
J’ai un peu faim. Nan, en fait, maintenant que j’y songe consciemment, j’ai vraiment faim. Il date de quand mon dernier repas ? Pas de souvenir d’avoir mangé quoique ce soit jusqu’à mon hôtel, ni après. J’ai donc juste le repas de l’avion de ce matin dans le ventre. Ce n’est pas gras ça monsieur. Heureusement que je ne suis pas marié, sinon j’entendrais d’ici ma femme m’engueuler.

-Et… Tu as mangé ? Mon dernier repas remonte à celui pris dans l’avion.

C’est le pompon, parce qu’en plus d’être arrivé grave en retard, je n’ai pas mangé depuis des heures et je ne m’en rends compte que maintenant. Oh, je suis hydraté avec les litres de café sifflés – et ça ne m’a pas empêché de dormir visiblement – mais la faim est passée en arrière-plan. Comme une personne normale, Simje il devrait déjà avoir pensé à prendre quelque chose. Je suis un véritable boulet et ça ne fait pas trop partie de mes habitudes alors je me gratte l’arrière du crâne en soupirant, un peu gêné.

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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Ven 9 Fév 2018 - 22:43

Savez-vous que les chats ont un angle de vison supérieur aux humains ?
Moi aussi, par extension. Peut être est-ce la raison qui fait que j’aperçois Allen en premier et qu’il sursaute et se recule brusquement alors qu’il faut l’avouer, je ne suis pas bien impressionnant.


Allen n’a pas changé, soigné et au carré comme si son apparence pouvait lui donner plus confiance en lui ou comme si il se sentait toujours obligé d’être comme ça, comme s’il n’existait pas sans cela. Comme s’il faisait partie de ces personnages que tu ne verras jamais en lendemain de soirée, ton jogging mais tes chaussures en cuir, un t-shirt qui sent vaguement la clope et tes cheveux totalement enfumés. Un mec pas vraiment réel ?

Il sent immédiatement l’odeur du canadien. Il voudrait expliquer aux autres parfois comme ça compte, pour lui, les odeurs, que rien ne pue mais tout explique mais comment un odorat humain pourrait comprendre ? Il ne pourrait pas. Il ne pourrait pas non plus saisir que la première information qui arrive à Simje c’est une anxiété de surface qui l’emplit.

Vases communicants.

-Sim, désolé. Franchement. Enfin, je sais pas ce qui m’a pris, j’ai oublié de mettre un réveil, je me suis endormi d’un coup. Vraiment, pardon. J’ai super mal dormi ce week-end et avec l’avion et les heures de décalage, je… Bref, je me sens trop mal. T’as pas trop attendu ?

Le surnom le rend mi figue mi raisin. Ca lui fait un peu penser à sa tante, maintenant, qui n’est pas polonaise et qui est une pièce rajoutée de la famille, décalée et pas présente, celle qui n’écoute personne mais répond à tout le monde.
Il aurait voulu.. il ne sait plus.
Il chasse ça, il chasse tout. Il ne doit rien y reste, il faut laisser le temps au temps ; quelques minutes au moins pour tout laisser retomber.

- Mais non, c'est pas grave, j’étais en retard un peu aussi.

Il lui sourit franchement parce qu’il est vraiment content de le retrouver - mais absolument pas apaisé. Mais il est en pleine forme, paré à être épuisé d’émotions. Il se rappelle le Sri Lanka, la voiture, les camps, la chambre d’hôtel.

Soaked.

Il se pince les lèvres doucement, conscient de se tic qu’il aimerait éradiquer. Mais que voulez-vous, il traine rarement avec d’autres gens, alors ça lui fait toujours un peu bizarre de devoir contrôler son corps. Déjà qu’avec Allen, il doit bien contrôler ses pensées, ça serait idiot de laisser des lèvres pincées le trahir.
Des lèvres pincées pour dire quoi, par ailleurs ?

-Tu… vas bien ?


Mais le visage du polonais ne trahit rien, il est ouvert, confiant. Confiant comme il se doit de l’être en public, bien entendu.

- Oui, mieux que toi visiblement.

Il fronce le nez pour illustrer ses propos, un sourire barrant son visage. Il est quand même conteeeeeent de revoir le caribou, ça l’étouffe un peu parce qu’il sait bien que ça sera sûrement les montagnes russes et que ça ne se passera sûrement pas bien, mais quand même.
Content, content, content.
Même si il pue le renne angoissé.

- Tu sens le stress. J’espère que c’est pas un petit retard qui te met dans cet état quand même, tu peux poser ton costume de directeur ici.

Ca lui fait un peu bizarre de le retrouver à vrai dire. Ils ressemblent à deux amis de lycée qui se retrouvent après des années. Ils ne peuvent pas communiquer sur leur quotidien, ils ne sont pas proches à ce point. Ils connaissent les grandes lignes, les grands traits et puis c’est tout. Privés ?
Peut être pas.
Leur relation a encore le temps d’évoluer et après six mois, Simje a arrêté de se poser des questions et de se torturer. Mais c’est toujours pareil, quand on refuse de ressentir l’anxiété, l’angoisse, la colère, on s’ampute une partie de ses sentiments positifs également. Il se sent du coup plus loin qu’il ne l’était auparavant d’Allen.
Et c’est putain de casse-couilles.

-Et… Tu as mangé ? Mon dernier repas remonte à celui pris dans l’avion.


Ce moment où tu hésites à grailler deux fois mais que tu te dis que tu vas passer pour un obèse.
Puis t’as pas faim gros, t’as pas faim.
Mais oublie pas qu’Allen fait dix putain de kilos de plus que toi quand même, c’est ouf.
Donc bon.


- On va manger où tu veux. Déjà que les états-unis pour moi c’est déjà dépaysant, t’imagines pas l’effet que me fait Las Vegas.

Des gros immeubles, des gros gens, des grosses rues.
Et puis aussi :
Des grosses voitures, des grosses pancartes, des gros magasins.

- On dirait que Varsovie c’est même pas sur la même planète.

Et puis honnêtement, c’est quoi cet accent quand les gens parlent ? Je sais que j’ai pas un accent anglais parfait, mais y’a des limites, arrêtez de mâchouillez vos mots, genre, cow boys du sud ouest les mecs.
Puis vous vivez dans le désert en plus. N’importe quoi.


- Alors comme ça, dans les valeurs que tu inculques à Kely, y’a le fait de balancer ? Mh ?

Je le revois le gosse, je le, torpille. Jamais faire attention à un enfant. Je le savais ! Bon, c’est un peu gratuit quand même comme pique.
MAIS VRAI.
Mais gratuit.

Puis ça lui fait bizarre, au polonais, cette histoire de Kely, genre, qu’est-ce qu’il pourrait bien faire lui si d’un coup on lui pondait un gosse comme ça ? Si on lui disait qu’il en avait la garde et qu’il faudrait retrouver son frère, et que le gosse claquerait des crises pour un rien ?
Il dirait non.
Il aimerait penser qu’il dirait oui mais il le sait, il dirait non et il irait s’enterrer un peu plus loin, parfaitement conscient qu’en disant oui il ferait trop de tord et, au gosse, et à lui même. C’est pas possible d’avoir la garde d’un enfant 24h/24h quand on arrive pas à s’assumer tout seul, qu’on oublie de manger parfois et qu’on aimerait se réveiller qu’un jour sur deux..
Moyennement sain, imaginez l’état du gamin au bout d’un mois. Recroquevillé dans un coin, comme Simje petit sous son lit. Une belle transmission de valeurs, et puis surtout une très bonne ambiance pour bien démarrer dans la vie.

_________________


Spoiler:
 

- Est-ce que tu as déjà tué quelqu’un ?
- Oui mais c’était des méchants !


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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Dim 11 Fév 2018 - 18:40


"Un jour, on finira globe-trotteurs"


On est perdus. Perdus en plein milieu du désert, dans une ville qui survit sur des réserves épuisables. Simje, parfois j'ai l'impression que ça nous définit bien. Je sais jamais ce que tu penses. Je ne sais même pas ce que je pense de toi.


« J’avais oublié qu’être avec Simje, ce n’est pas comme être avec n’importe qui. »

Ça sonne négatif, en vrai c’est un peu plus compliqué. Si je devais nous comparer au reste de la population présente autour de nous comme une faune de jungle attirée par la nourriture, je dirais que nous serions des… licornes et eux des chevaux. Des chevaux dans la jungle oui je sais l’image n’est pas tout à fait réaliste. Il suffit de changer de biome et plus de problème. Bref, nous sommes donc des licornes. Magiques. Associé à un imaginaire commun sans véritable certitude d’existence. On cache notre corne comme on le peut, avec une certaine conviction. Aux yeux du monde, nous sommes deux hommes arrêtés l’un face à l’autre, enclenchés dans une discussion classique. Non pas que l’issue soit différente mais je ne peux donc fatalement pas dire que Simje est « n’importe qui ». Après, il est vrai que je fréquente finalement assez peu de non-doués. Lorsque les échanges doivent se faire avec des politiques non-magiques ou jugées trop dangereuses vis-à-vis de la protection du Secret, ce n’est pas moi que l’on envoie gérer ça, mais des personnes bien plus influentes dans le monde des gens normaux.
Car après tout, moi, sans Orpheo, je ne suis pas grand-chose. Trop jeune. Diplômé sans véritablement l’être. Sans ce monde magique vivant parallèlement à celui des autres, bon nombre d’exorcistes se retrouveraient sans emploi, d’un coup. Enfin qu’importe, Simje et moi nous trouvons un peu au-dessus de ça. Au-dessus de ces touristes. Loin de moi l’idée de paraître hautain, mais c’est une réalité. D’une manière ou d’une autre, nous protégeons tous ces petits humains des menaces qui les guettent dans l’ombre. J’aime bien le sentir protecteur de mon environnement, ça me rend utile. Et j’ai besoin de l’être.

Pourquoi Simje n’est donc pas n’importe qui ? Parce que c’est Simje. Parce qu’aucun souvenir ne me permet de dire « ça c’était calme ». Parce que tout a toujours tout vécu mille fois trop intensément. Qu’on s’est battu contre la mort même si le recul me fait progressivement oublier. Depuis le temps, cette histoire se pose de plus en plus en arrière-plan. Il y a Garrett, bien sûr, pour me rappeler de cet incident, mais finalement, j’ai tant de choses à penser que le Sri Lanka ne devient parfois qu’un songe. Voir ne se transforme en poussière. Mais avec Simje, c’est différent. C’est avec lui que tout ceci s’est déroulé. Sans cet événement, nous n’aurions certainement pas gardé contact. Je pense.
C’est un peu triste. Est-ce qu’il pense à la même chose ?

Je suis quelqu’un qu’on pourrait qualifier de généreux. Capable de me plier en quatre quand cela vaut le coup. Capable de faire n’importe quoi pour un ami. Pour Simje. Pourtant, les premières émotions qui me viennent ne sont pas nécessairement les plus agréables. Bon, je suis arrivé en retard et ça, ça me met en rogne contre moi-même. Ans mon for intérieur, je songe également à ce qu’il adviendra d’aujourd’hui. Une journée calme ? Je suis fatigué, on pourrait tout aussi bien mettre de côté notre malchance légendaire pour profiter de Las Vegas, simplement. De nous deux. Des mois qui nous ont séparé.

C’est vrai, je suis un peu vidé. Je sors du lit, je souffre du décalage horaire et de mon surmenage de ce week-end, j’ai subitement faim bref, ce n’est pas la grande forme. Du coup, lorsqu’il apparaît devant moi, frais, souriant, comme un ami et comme un inconnu et qu’il me pose sa question avec cette petite ironie dans la voix, je ne peux m’empêcher de déballer un flot d’excuses. Assez long. Et terminer sur une autre question dont au final je ne désire pas connaître la réponse.

- Mais non, c'est pas grave, j’étais en retard un peu aussi.

Je me retiens de souffler brusquement. Il n’a donc pas eu à attendre trop longtemps. Je suis rassuré. Peut-être même est-il arrivé avec une petite dizaine de minutes de retard. Ça n’efface pas mes quarante-cinq minutes mais… mais non, trois quarts d’heure ça fait beaucoup trop. Sans message. Tu as le temps de manger deux fois en quarante-cinq minutes. Heureusement, il ne fait pas si froid mais ça n’excuse rien. Je ne me souviens même pas avoir déjà été autant en retard. Je déteste ça, vous l’avez compris. Mais quelle idée de s’endormir d’un coup comme ça. Et si je ne m’étais pas réveillé ? Il serait parti, il m’en aurait terriblement voulu. Il aurait été en droit de le faire, même maintenant, j’aurais peut-être même préféré qu’il m’insulte un bon coup. Mais il n’en est rien. Il dit simplement « ce n’est pas grave ». C’est grave. Ça m’inquiète qu’il me réponde simplement ça, même avec le sourire. Il peut tout se passer dans sa tête et je pourrais aller chercher mes informations directement dans cette dernière mais… je ne veux pas finir avec une migraine. Je devrais m’entraîner d’ailleurs, parce que ce n’est pas en tournant le dos à mon don qu’il deviendra moins désagréable.

Il se pince les lèvres. Vraiment, à quoi pense-t-il ? C’est terriblement frustrant pour un lecteur de pensée de ne pas savoir ce genre de choses. Je crois que mon crâne a atteint son point de rupture en terme de fatigue intellectuelle. C’est un « non » décisif qu’il me pose sur le front dès que mon don fait mine de sortir de son trou.
Est-ce que tu vas bien ?
J’ai le sentiment d’être évasif, un peu distant. Pourtant, ça ne se voit sans doute pas puis ce n’est pas non plus ma volonté. Mais je ne sais pas, qu’es-t-on en mesure de dire lorsque six mois nous séparent ? Pas assez de choses. Un ça va ? Ça va. Presque comme des inconnus. Pire que des inconnus.

- Oui, mieux que toi visiblement.

Mieux que moi ? J’ai l’air d’aller mal ? Bien sûr que j’ai l’air d’aller mal, je me suis levé en hâte il y a tout juste quinze minutes. Je suis un peu stressé de savoir ce qu’il pense de moi et ça m’angoisse d’être arrivé autant à la bourre alors que ça ne fait pas partie de mes habitudes. Comment pourrais-je avoir l’air d’aller bien ? Bah, il devrait savoir qu’un rien me bouscule. Enfin, tout dépendant du « rien ». Et il continue à sourire. Est-ce qu’il se fiche de moi ? Non, je ne pense pas. Il est toujours si sympathique. Enfin, en vue d’extérieur après l’avoir connu un certain temps. D’abord réservé ou tout du moins impassible. Et qu’est-ce qu’il pense vraiment ? Ça m’irrite de ne pas le savoir. Ça me frustre même de penser qu’il continue de se cacher. Si ça se trouve, il est tout à fait honnête avec ses sentiments. Si ça se trouve, je m’imagine mille et un scénarios. Je n’ai pas tant de personnes que ça à qualifier d’amis et comme ma meilleure arme est la comédie, j’ai souvent tendance à refléter mes méthodes dans les caractères des autres. Je ne peux m’empêcher de sentir de la distance. Une distance qu’il met ou la mienne. Ou les deux.

- Tu sens le stress. J’espère que c’est pas un petit retard qui te met dans cet état quand même, tu peux poser ton costume de directeur ici.

Il a raison. Mais il a aussi tort. Je ne suis pas un directeur avec lui. Oh, bien sûr, je suis bien habillé, mais c’est uniquement à cause du rendez-vous de ce matin. Je n’allais pas prendre une valise de vêtement, d’autant que je ne compte pas m’éterniser ici. D’ailleurs, j’ai rangé la cravate après la douche. Et je suis souvent en jogging à la maison. Enfin parfois. Oh, c’est bon hein. Bref, tout ça pour dire que mon costume n’est là que par obligation. Et puis, en Pologne, je n’étais pas toujours aussi bien habillé, si ? Je ne sais même plus. Bon, c’est vrai que je n’ai pas dû sortir le jogging très souvent mais peu importe.

Je relève un coin de lèvres et affiche un regard consterné. Je lève ma main libre et soulève les doigts un à un, énumérant :

-Premièrement, ce n’est pas un petit retard. Deuxièmement, je suis un psychorigide des heures de rendez-vous. Troisièmement, tu me dis « c’est pas grave » alors que ça l’est. Quatrièmement, le fait d’être à l’heure n’a rien à voir avec mon boulot et cinquièmement, je me serai jamais pardonné si t’étais parti.

Ça oui. Je n’ose imaginer mon état s’il s’était décidé à mettre les voiles et repartir en Pologne. M’excuser ? De quoi, de lui avoir posé un lapin sans même avoir cherché à le contacter ? Que je me suis endormi, même si c’était le cas ? Comment regagner une confiance après ça ? Qui accepterait ce genre d’excuse ? Ça ne vaut rien et j’en suis parfaitement conscient.
Mais ça ne sert à rien de se poser la question des « et si ». Ça ne s’est pas produit, fort heureusement. Je remonte la lanière de mon sac à mon poignet et fourre mes mains dans mes poches de pantalon en regardant un peu ailleurs, avant de recentrer mon regard sur Simje. Un peu éteint. Absent.

-Je suis content de te voir. C’est bizarre à dire après six mois sans avoir cherché à prendre de tes nouvelles, mais… tu m’as manqué.

Un sourire doux et posé. J’aurais pu lui taper dans le dos et dire ça sur un ton fort et entraînant. Mais ma petite boule de stress n’est pas tout à fait partie. Mon don inutilisable ne me met lui aussi pas non plus dans une situation agréable. Enfin, ça ne m’empêche pas d’ajouter :

-En même temps si tu avais la décence de garder une ligne sur laquelle te contacter, ce serait plus facile.

Ouais. Voilà. Et toc. Ce n’est pas tout ça, mais j’ai pas tout à fait tort. S’il ne lit jamais ses messages ou s’il perd ses téléphones je ne sais où, ce n’est pas de ma faute. Vrai, je n’ai pas cherché à le contacter. En même temps, j’étais en vacances les deux-tiers du temps et je ne pensais qu’à me détendre. Non pas qu’il me rappelle au travail, mais indirectement, un peu quand même. En plus Kelyann me monopolisait souvent mon temps. Donc bon.

Quoiqu’il en soit, j’aimerais bien manger. Ça me réveillera. Ça remontera un peu ma tension. Musculaire, pas psychologique. Celle-là elle a eu un pic très récemment et j’aimerais qu’elle retombe.

- On va manger où tu veux. Déjà que les états-unis pour moi c’est déjà dépaysant, t’imagines pas l’effet que me fait Las Vegas. On dirait que Varsovie c’est même pas sur la même planète.

Je ris. C’est vrai que d’un endroit à l’autre du globe, on sent les différences. L’Asie et ses toitures, l’Amérique et ses larges territoires… L’Europe est toute petite en comparaison. Si tout est démesuré ici, c’est bien parce que la place est disponible. On peut se permettre d’ajouter de larges routes pour de larges voitures. Coloniser l’espace alentours et les hauteurs pour faire toujours plus dans la démesure.

-Je te rassure, je suis aussi un peu perdu.

Bon, ce n’est pas tout ça, mais les restaurants ne manquent pas. Reste à en connaître les prix et vérifier l’état du produit. Je suis chiant. Oui. Quoiqu’en fait tout me va à condition de manger actuellement. Par où commencer ? Suivre le flux de fourmis. On finira bien par tomber sur quelque chose. Enfin, sur quelque chose qui donne envie plutôt car le « quelque chose » foisonne par ici. Le Canada, je suis désolé, mais c’est quand même plus calme. Bon, c’est vrai qu’Ottawa en heure de pointe, ça te donne des poussées meurtrières. Surtout en voiture. Je plains ceux qui habitent ici. Toujours trop de monde. C’est épuisant.

Du coup, nous commençons à marcher. Traverser la route, poussé par le flot de personnes.

- Alors comme ça, dans les valeurs que tu inculques à Kely, y’a le fait de balancer ? Mh ?

Hein ? Le temps que l’information remonte au cerveau, je lui lance un regard dubitatif. Hmm. En vérité… Ce n’est pas tellement les valeurs que je lui ai inculquées. Je ne sais pas, peut-être qu’il a voulu bien faire ? Aucune idée. Ou alors, il voulait embêter Simje ? Ces deux-là s’entendent au final plutôt bien non ? Je crois. Enfin, ça avait l’air d’aller, la dernière fois que Simje était venu faire la nounou l’espace d’un – long – moment. Je le réquisitionne vraiment pour attendre en fait. Méchant moi.
Je hausse les épaules. Je raconte la vraie vérité ou je laisse planer le doute ? Non, parce que ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça, même si je le martèle et que je vais finir par m’en persuader. Soyons honnête ? Allez, ça fera de la discussion pendant qu’on marche.

-Eeeeen fait, ça s’est pas passé tout à fait comme tu crois. Kelyann avait juste l’air… Bizarre ? Genre, avec son air de « j’veux faire une bêtise ». Sauf que tu crois bien que je l’ai arrêté, c’était un vendredi matin et j’étais au bureau avec lui. J’ai en quelque sorte insisté jusqu’à ce qu’il me déballe ton histoire. D’ailleurs, si tu pouvais éviter de transformer ce garçon en pyromane, j’apprécierai. Bref, c’est comme ça que j’ai su que tu étais au Canada. Et que tu n’avais décemment pas l’air de vouloir m’en informer, j’dois le prendre comment ?

Voilà, je te renvoie l’ascenseur. A quel moment il pense à Kelyann avant de penser à moi ? Quoi, je suis jaloux. C’est normal, non ? Enfin, je ne suis pas non plus traumatisé mais tout de même. Dis-le si tu ne voulais pas me voir, mais ne fait pas sept heures d’avion dans ce cas pour me suivre jusqu’ici. Sérieux, Simje, des fois je ne le suis pas trop. Encore un truc de polonais, ça.

Ce n’est pas tout ça, mais les restaurants sont à la chaîne et les bonnes odeurs de bouffe bien grasse vont finir par me remplir l’estomac. Le problème, c’est qu’il finira par comprendre la ruse et se vengera après. Moralité, mieux vaut rentrer quelque part au hasard. Un mexicain, voilà, pour le comble de l’ironie sur le climat américain actuel.

-Le mexicain, ça te dit ? Je mangerai n’importe quoi.

Tellement n’importe quoi que je n’attends pas vraiment et entre sans demander mon reste. Commande. M’assoit. On pourrait faire le parc aquatique, histoire de donner de l’argent à des gens qui se prennent pour Dieu. Ou aller dans la Death Valley mais ça commence à faire loin.

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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Dim 11 Fév 2018 - 23:08

Vous savez ce qu’est un mec névrosé ? Allen l’est. Simje aussi, mais dans une autre dimension et, sûrement ne sont-ils pas faits pour vivre sur la même planète. Alors pourquoi insister ? Parce qu’on adore se compliquer la vie, se construire des montagnes, parce que quand la montagne est finie, où est-ce qu’on irait ? J’crois qu’au fond on adore en baver.
Alors j’me fais pote avec quelqu’un qui n’habite pas sur mon continent, ne parle pas ma langue, ne partage pas mon quotidien.


Il ne sait pas ce qu’il veut à dire dire, Simje.
Ou peut-être le sait-il et préfère-t-il se cacher les yeux ?
S’il enlevait les mains de ses orbes il n’assumerait jamais ce qu’il veut, de toute façon. Jamais, dans le sens : jamais.
Pas dans le sens : si il laisse la porte ouverte alors peut être que j’y mettrais un pied.
Jamais, dans le sens : tout est cassé et mes mains sont coupées; je ne répare plus rien depuis des années.

-Premièrement, ce n’est pas un petit retard. Deuxièmement, je suis un psychorigide des heures de rendez-vous. Troisièmement, tu me dis « c’est pas grave » alors que ça l’est. Quatrièmement, le fait d’être à l’heure n’a rien à voir avec mon boulot et cinquièmement, je me serai jamais pardonné si t’étais parti.

Un sourire ironique naît sur son visage, spécialement pour se moquer. Dommage, j'mens pour le rassurer, et l'autre, vlà-t-y pas qu'il continue de paniquer. Il se retranche derrière un peu d’ironie pour laisser le temps glisser sur eux avec plus de facilité, pour le laisser respirer, aussi.
Le directeur tout organisé qui me fait des parties et des sous parties, ahah. Il se mord les joues pour ne pas répondre mais je ne pars pas, moi, je suis fidèle, a good boy you know, juste like a dog parce que l’amertume se traine sous sa peau en permanence et qu’il serait injuste. Il préfère laisser son sourire s’élargir, parce qu’il lui plaît bien le petit Allen, et que ça lui fait du bien d’être là.

-Je suis content de te voir. C’est bizarre à dire après six mois sans avoir cherché à prendre de tes nouvelles, mais… tu m’as manqué.

Moh, ce petit sourire tout doux. Il mériterait un patpat le caribou.
Il ne le touche pas.

- Toi aussi, va.

Est-ce qu’il sait, au moins ? Exprimer ce qu’il ressent à l’intérieur ? Il se souvient vaguement de Rosie lui crachant au visage des « tu me saoules Simje tu sais que reculer quand tu vois des gens ! Jan a failli crever et tout ce que tu fais c’est de déménager ? T’as eu peur pour moi au moins ? » et puis, plus dramatique encore : « est-ce que tu m’aimes ? Est-ce que tu t’en soucies ? »
Il s’en souciait.
Il avait secoué la tête pour dire « tu comprends pas. »
Elle avait compris.
« Non, je ne t’aime pas. »
Le débat avait était clos, elle avait bien compris qu’il était inutile de forcer Simje et lui avait compris qu’il était plus simple de rester handicapé. Il ne comprenait pas, mais alors pas du tout Ian qui tournait autour d’Autumn, lui touchait la main, glissait son nez dans son cou et puis repartait, revenait pour la serrer dans ses bras comme s’il n’était pas capable de la lâcher, de ne pas la toucher pendant quelques secondes, comme s’il n’était pas capable de lui dire sans cesse ce qu’il ressentait. Il avait dit « c’est de la triche, moi je sais tout ce qu’elle ressent. Je nous mets sur un pied d’égalité »

Simje trouvait ça stupide et dégradant.
Simje trouve ça inutile et désolant.

-En même temps si tu avais la décence de garder une ligne sur laquelle te contacter, ce serait plus facile.

Simje fronce le nez comme un chat mécontent mais juste vaguement agacé, vous savez, quand vous embêtez votre gros minet et qu’il râle juste pour la forme ? Même état, même froncement de sourcils.

- Nia nia nia.

Gamineries pour ne pas dire « tu avais le numéro de Rosie pour me parler, mon nom dans l’annuaire, Orpheo, des pigeons voyageurs, des caribous si ça te fait plaisir ». Il n’en veut pas à Allen bien sûr que non, à vrai dire c’est mieux comme ça, je n’ai pas pris de nouvelles non plus. On se voit, c’est bien, on ne se voit pas, tant pis. Et comme ça quand l’un ou l’autre est disponible on peut se croiser, c’est parfait.
C’est les meilleures amitiés, vous voyez ?


-Je te rassure, je suis aussi un peu perdu.

Le polonais se laisse emporter par le flot humain. Il aimerait pouvoir mettre son don sur pause - surtout l’odorat bon sang, arrêtez les déodorants ça crame le nez vos merdes - mais il ne peut pas ; aussi se surprend-il à détailler Allen, sa façon de marcher. Il adore lire les langages du corps, surtout quand il connaît déjà quelques tics comme chez le canadien.

-Eeeeen fait, ça s’est pas passé tout à fait comme tu crois. Kelyann avait juste l’air… Bizarre ? Genre, avec son air de « j’veux faire une bêtise ». Sauf que tu crois bien que je l’ai arrêté, c’était un vendredi matin et j’étais au bureau avec lui. J’ai en quelque sorte insisté jusqu’à ce qu’il me déballe ton histoire. D’ailleurs, si tu pouvais éviter de transformer ce garçon en pyromane, j’apprécierai. Bref, c’est comme ça que j’ai su que tu étais au Canada. Et que tu n’avais décemment pas l’air de vouloir m’en informer, j’dois le prendre comment ?

Le brun se glisse devant son ami en lui faisant un clin d’oeil, léger et rieur tout en lâchant - esquivant à peu près tout :

- Mal.

Bien sûr que c’est ironique, le prend pas mal. Y’a des tas de raisons qui font que je n’ai rien dit, et si tu lis dans ma tête là maintenant, tu en sors, sinon je vais penser en polonais, et mes mots et les imbrications de mes phrases vont devenir polonaises à l’oral, et tu vas non seulement plus rien comprendre, et en plus tu seras bien arrangé, tiens. Sale bête.

-Le mexicain, ça te dit ? Je mangerai n’importe quoi.

Le polonais hoche la tête et entre dans le restaurant sans trop réfléchir. Il n’a pas encore totalement faim, mais il pourrait quand même bien s’enfiler deux trois petits nachos. Burritos. Fajitas ? Est-ce que tout ça est mexicain où suis-je totalement raciste et inculte ?
Il se pose donc à une table à deux. Et maintenant, je dis quoi ? Je partage nos souvenirs commun du Sri Lanka ? Ahah ! Bordel, c’que tu peux être aigri en ce moment mon pote, tu devrais faire une petite psychanalyse ou aller te paumer dans un p’tit trou quelque part. Il attrape le menu et le parcourt sans vraiment le lire. En vrai, j’irai bien dans le parc national de la vallée de la Mort, Death Valley, mais genre vu le manque de chance ultime et absolu qu’on s’est payé les dernières fois, autant dire que je préfère ne pas tenter le diable, vu le nom et notre karma, faudrait pas non plus trop pousser. Puis on va pas parler boulot - y’a eu des sales échos comme quoi de la torture avait été pratiquée dans les locaux du Canada, je ne sais pas si il est au courant Allen mais si il le sait pas, il va rager en l’apprenant, le but c’est pas de le mettre en PLS. M’enfin, si, ça va sûrement arriver, on est des pôles incompatibles qui finissent toujours en position foetale, m’enfin je vais pas provoquer ça volontairement.
Malin le lapin.

- T’as prévu des trucs à faire du coup ? Ou on joue aux touristes beaufs dans les Casinos, comme on a pu merveilleusement se mettre d’accord par messages ?


[i]Parce que le mec, il parle, il parle, mais c’est lui qui a pas répondu au final au dernier message, donc c’est lui l’injoignable dans tout ça. Donc il pourra plus jamais me râler au nez, c’est clairement devenu un délit.


- D’ailleurs, en parlant potins, (bon, okay, on ne parlait pas du tout potins jusque là mais c’est une transition comme une autre, et c’est sûrement pas le moment de la critiquer. ) tu sais pas sur qui à craqué la petite Rhyan ? Je sais pas si tu vois qui c’est, elle faisait partie de l’équipe crame-QG - désolé - la petite blonde ? Ton co-directeur. Complètement fascinée. Elle voulait pas cracher le morceau, j’ai cru qu’elle était tombée sous ton charme irrésistible, et bien non, c’est tombé sur le loup. Fou, non ? C’est pour ça qu’on risque de se déplacer une fois en fin de printemps. Elle veut absolument revenir, quitte à inventer une excuse.

Il sourit.

- Un peu folle à lier c’te gosse. M’enfin, ça me fera une raison pour venir voir Kelyann.

Il sort son immense sourire de jsuis content, content, content, j’embête Allen et c’est marrant, marrant, marrant. Avant d’ajouter :

- Mais tu vends pas la mèche, hein ? Je te fais confiance.

Et c’est pas le genre de choses qu’il dit tout les jours le polonais, peut être est-ce la seule fois qu’Allen entendra pour toujours et à jamais. Donc faut prendre c’qui vient et pas pinailler. Même au milieu d’une plaisanterie. Balancer les autres c’est toujours un excellent début de conversation. Surtout si il se souvient pas de Rhyan, ça va être absolument très gênant et j’aurais bien les boules d’être passé pour un con.

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- Est-ce que tu as déjà tué quelqu’un ?
- Oui mais c’était des méchants !


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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Mer 14 Fév 2018 - 15:00


"Un jour, on finira globe-trotteurs"


On est perdus. Perdus en plein milieu du désert, dans une ville qui survit sur des réserves épuisables. Simje, parfois j'ai l'impression que ça nous définit bien. Je sais jamais ce que tu penses. Je ne sais même pas ce que je pense de toi.


« Y’a tellement de sortes d’amitiés qu’en les comptant on pourrait faire le tour de la Terre. »

C’est assez poétique comme façon de voir les choses, mais c’est aussi une pensée auquel je crois. J’ai la chance d’être très entouré de par mon travail et la malchance de ne compter de vrais amis que sur mes doigts. C’est un peu le cas pour tout le monde, non ? Même les plus populaires d’entre nous ne peuvent poser leurs innombrables amis sur un même pied d’égalité. Les vrais amis, il y en a peu sur Terre. Certains que nous ne connaîtrons peut-être jamais. Mais personne ne peut vraiment rester tout seul. Principalement parce que nous sommes avant tout des animaux sociaux. Sans interaction, c’est difficile de vivre. Il y a des ermites bien sûr, des vrais, mais ils restent une minorité et s’adonnent souvent à des activités extrêmement chronophages. Pas pour rien qu’on déprime lorsque l’on reste enfermé. Même les plus cons, même les plus ignobles des humains vivent avec des amis. À chaque caractère son association. Vivre avec les autres, ou vivre avec soi.

Simje et moi, c’est une drôle d’amitié. Une amitié un peu forcée par les événements. Une cohabitation extrême aussi nécessaire qu’elle aurait pu nous mener à la mort si nous en avions décidé autrement. Je parle bien entendu du Sri Lanka. Ça a été le point déclencheur. La base de la relation. En entretien d’embauche en général, on indique souvent de connaître sur le bout des doigts ses vingt premières secondes car c’est durant ces quelques instants que l’employeur se fera une idée de vous. Trente minutes ne suffiraient pas à lui ôter cette première impression.
C’est la même chose pour les relations. Le premier regard. Les premiers échanges. Oh, bien sûr, Simje je ne l’ai pas rencontré là-bas, mais bien dans mon bureau pour cette histoire d’explosion. A cette époque d’ailleurs, il m’avait déjà laissé un souvenir impérissable et pas dans le meilleur sens du terme. La différence, c’est que je ne comptais pas le revoir. Il n’y avait aucune raison à cela, de toute manière : il habitait en Europe. Ça suffisait amplement à mon cerveau pour passer à autre chose.

Oh, et puis, il y a eu cette seconde histoire. Et c’est à cet instant que s’est vraiment construit la base de notre relation. Où la notion de bien et de mal n’existe pas vraiment. Où l’on se pose à la fois des questions sur l’autre mais sans vraiment chercher à en apprendre plus. Relation distante et paradoxalement parfois trop profonde. Un peu comme la tour de Pise. Menaçant de s’effondrer mais toujours ancré sur ses pieds. Mais le pire de tout, c’est qu’on ne pourrait même pas qualifier cette relation de conflictuelle. Ni même problématique.

Ambiguë.

Ça ne me dérange pas de ne pas le voir pendant six mois. D’un autre côté, c’est en le retrouvant qu’un léger picotement vient toquer vers mon cœur. Je n’ai pas besoin de te voir, mais quand je te vois, je me rends compte que ça fait trop longtemps. C’est vraiment étrange. Inhabituel. Perturbant. J’aimerais poser des mots sur des sensations, sans y parvenir. Ça me frustre.

- Toi aussi, va.

C’est exactement comme ça. De la distance et puis des mots qui se veulent rassurant. Sans vraiment les penser ? Ça sonne comme un rassurement. A la manière de ces enfants qui ont fait une bêtise et qui craignent la réponse de leurs parents. Les parents qui répondent par un « c’est pas grave ». Le même ton un peu flegmatique.
« C’est bien, ça aurait pu être mieux. »
J’incline un peu la tête sur le côté, petit espoir physique de voir débarquer derrière lui un autre mot un peu plus rassurant. C’est bizarre. Est-ce qu’il dit ça juste pour me répondre sans me blesser ? Est-ce qu’il le pense vraiment ? Un petit « va » qui n’a rien à faire là. Un petit mot tout seul, abandonné tout au bout d’une phrase, isolé d’une virgule du reste de la troupe. Un petit mot qui peut changer tout le sens d’une phrase. Celle-ci particulièrement. Je soupire, ça ne sert à rien de se prendre la tête là-dessus, les problèmes de communication ne datent pas d’aujourd’hui.

Alors, pour m’occuper l’esprit d’une autre manière, je relie mes excuses aux accusations. Non fondées, pas vraiment crédibles mais suffisantes pour faire passer mes secondes d’égarement en quelques petites choses plus agréables. Ce à quoi Simje répond :

- Nia nia nia.

Voilà, ne pas s’éterniser sur les sentiments de l’autre. Rester toujours en surface, sans frôler de trop près les vagues. On pourrait bien finir noyés. Rester légers, en toutes circonstances. Nous savons tous deux comment les gestions de crises se terminent. L’un des deux pète un câble – souvent moi d’ailleurs – et ça met un malaise sur quelques heures, au moins. C’est gênant et angoissant. D’ailleurs, c’est en cela que notre amitié est étrange. Parce qu’elle frôle sans toucher l’autre. On en revient toujours à cette distance visiblement satisfaisante.
Mais pas tant satisfaisante que ça.

Les pas nous poussent vers un restaurant. N’importe quoi, le premier qui nous tombe sous la main et me donne un minimum envie. La discussion enchaîne sur les réels événements ayant mené à connaître l’emplacement de SImje. Mon attitude de papa poule, en quelque sorte. Enfin non, ce n’est pas être papa poule, c’est éviter les situations conflictuelles. Et franchement, avec Kelyann ça devient une seconde nature de l’observer du coin de l’œil chaque seconde passant. En plus il était dans mon bureau. Vous imaginez le bordel si ce petit bout d’homme piquait une crise et faisait voler tous les documents. Ça réveillerait Allen le grizzli et il ferait de la chair à pâtée de la tempête ambulante. Et j’ai beau le répéter, vous n’avez pas envie de voir Allen le grizzli. Bref.

- Mal.

Je lui tirerai bien la langue à celui-là mais je m’en retiens. Parce que je n’ai plus trois ans. Autant je ne me serai pas gêné si nous étions chez lui, autant nous sommes dans un endroit public et c’est pas super de…
Tirage de langue subtil, furtif, gratuit. Bonus pour le regard totalement indifférent.

Virage à quatre-vingts dix degrés et proposition de repas.
Direction immédiate vers le restaurant.
Posage des affaires, posage des fesses aussi et menu en face des yeux.

BON.

Je devrais faire la fine bouche, mais je n’oublie pas qu’il s’agit d’un restaurant de bouffe rapide. Et que nous sommes à Las Vegas. Y’a peut-être des grands restaurants, mais franchement ce n’est pas ici que je dépenserai des fortunes pour de la nourriture. A y réfléchir, il est même probable que je ne veuille pas dépenser d’argent du tout. Manque de pot, j’ai la vraie dalle. Du coup, je commande à peu près ce qu’ils ont de plus gros. Juste pour dire de remplir le gros ventre. Ma coatch me le fera payer mais hey, j’ai aussi le droit d’être malhonnête et de lui mentir. Sept heures dans un avion, cette graisse aura disparu. J’espère. Au pire, j’ai faim actuellement donc on s’en fiche de ce que les autres diront. Faut me nourrir.

Je ferme et repose le menu.

- T’as prévu des trucs à faire du coup ? Ou on joue aux touristes beaufs dans les Casinos, comme on a pu merveilleusement se mettre d’accord par messages ?

Je hausse un sourcil. Se mettre d’accord ? Non, alors on va remettre les pendules à l’heure. Je sors mon téléphone et ouvre la messagerie avant de citer, pas trop fort non plus :

-« Pour qu’on aille aux putes, aux machines à sous et à la cocaïne. » J’ai dû être sérieusement ailleurs pour te répondre « on fera ça alors. ». T’as renouvelé ton humour sur quelque chose de perturbant quand même là. Et pour ta réponse, non, j’ai rien prévu. Je vis une seconde après l’autre mais tu as besoin de quelque chose ici tant qu’à faire, profitons-en.

La cocaïne et les putes. Je vous jure. Eh, ce gars un jour il va me sortir un truc je vais rester de marbre tellement il y aura eu une erreur système dans mon cerveau. Il a un grain. Un gros grain. Même avec de l’imagination je ne pourrais pas sortir un truc pareil. Et ma réponse. J’ai tilté que sur les putes. Qu’est-ce que je faisais à ce moment ? Aucun souvenir, mais ça devait être bien ancré dans mon esprit.
Bref. En vérité, si Simje n’avait pas été là, je serais déjà rentré. Donc bon. Après oui, de l’activité c’est mieux. Mais l’avantage d’être scotché à une table c’est que rien ne peut vraiment nous arriver de mal. Non, parce que la malchance légendaire c’est quand même plus un mythe.

- D’ailleurs, en parlant potins, tu sais pas sur qui à craqué la petite Rhyan ? Je sais pas si tu vois qui c’est, elle faisait partie de l’équipe crame-QG - désolé - la petite blonde ? Ton co-directeur. Complètement fascinée. Elle voulait pas cracher le morceau, j’ai cru qu’elle était tombée sous ton charme irrésistible, et bien non, c’est tombé sur le loup. Fou, non ? C’est pour ça qu’on risque de se déplacer une fois en fin de printemps. Elle veut absolument revenir, quitte à inventer une excuse.

Rhyan ? Une blonde ? Aucune idée de qui c’est. Elle ne fait même pas partie de mon QG, non ? Ça ne me dit rien, à vrai dire, je n’étais pas trop censé gérer cette histoire de QG brûlé donc j’ai récupéré l’histoire en route et je me suis plutôt focalisé sur Simje que sur les élèves. Mais bon qu’importe.
La seconde partie de monologue me tire une face longue comme trois pieds. Phil ? Genre Philip ? Le gringalet métisse bizarre fourré cinq fois sur six dans mon bureau à dormir sur le tapis ? Wah. Non mais wah. Je ne dénigre pas son charme humain s’entend, mais étant donné qu’il mute à tout bout de champ et à l’air d’être plus loup qu’humain par moments, je me rends difficilement compte de l’attirance qu’on peut avoir pour lui. La fascination encore je comprends. J’avoue qu’en revenant de mes vacances, j’ai tout bonnement été impressionné par ses satanés capacités à tenir ce QG en l’état. Il est même peut-être plus doué que moi. Et il ne foutait rien à l’époque. Et il ne foutra certainement pas plus une fois que tout sera revenu à la normale.

L’autre chose que je retiens c’est qu’il revient au printemps.

- Un peu folle à lier c’te gosse. M’enfin, ça me fera une raison pour venir voir Kelyann.

Et il sourit comme… Comme un…. Je ne sais pas. C’est hyper trop méchant.

- Mais tu vends pas la mèche, hein ? Je te fais confiance.

Et je m’apprête à répliquer, talents d’acteurs à l’appui lorsque le téléphone se met soudain à vibrer sur la table. Avec le nom de l’émetteur en toutes lettres : P-H-I-L. Lui aussi il doit avoir des talents. Des talents de tact. Je ne sais même pas si ça existe. Bref. Toujours là quand on parle de lui, même à des milliers de kilomètres de là. Allez comprendre Charles. Peut-être qu’il m’a mis un mouchard. Je déverrouille le téléphone. C’est un message.

« Je sais que tu penseras à moi mais je préfère te rappeler de penser à moi. Ramène un truc de Las Vegas pour ton gentil co-directeur qui travaille si bien en ton absence. »

Ouais. J’pense à toi tu ne peux pas savoir comment. Du coup, il faut lui ramener un truc à cette bestiole. De Las Vegas. Ok, d’abord, on relance l’autre discussion parce que j’ai des choses à dire.

-Si je vends la mèche, ça se verra, Phil n’est pas discret pour un sou. Enfin passons. – Je passe ma main en appui-tête et sourit avec ironie – je suis ravi que tu reconnaisses mon charme. – Puis je pouffe un peu – Rhyan, je ne vois pas qui c’est mais elle a quand même beaucoup de courage d’avoir craqué sur lui. Enfin, il est gentil, aucun problème là-dessus. Et puis, si ça se trouve, il fera un très bon copain. On peut être surpris quand les gens se mettent en couple. C’est plus pour la gamine que je me fais du souci. Après, ce n’est pas trop une nouveauté, Phil a déjà eu des prétendantes tu sais. Il est pas vraiment moche et super extraverti.

Je hausse les épaules. Puis sourire carnassier.

-Si tu veux jouer le tonton une seconde fois, je t’en prie. Je t’enferme avec lui pendant une journée et je te récupère à la fin.

Le serveur arrive et prend notre commande. Repars. C’est rapide. Avec un peu de chance on ne s’éternisera pas ici. Bon, le cadeau. Cadeau. Cadeaaaau. Mes yeux parcourent la salle. Des affiches. Ah, des affiches. Fantastique. Un aquarium. Pourquoi pas. Une peluche de dauphin. Je suis sûr qu’il adorerait. Il serait capable de le placer dans son dos pendant qu’il fait coucouche panier bouboule en rond pour se sentir comme… dans un panier justement. Mais il faudrait que ce soit gros. Et il est absolument hors de question que je me trimballe avec un dauphin en peluche d’un mètre dans l’avion. Bonjour la crédibilité. Je pourrais dire que c’est pour mon chien, mais je ne vais pas faire de pancarte sur mon dos pour en informer mon environnement. Ce ne serait pas crédible non plus. Genre une excuse. Bref.

Plats qui arrivent.

-Le parc aquatique. Je dois acheter une peluche. Et avant que tu demandes : non ce n’est pas pour moi.

Et je commence à manger.

-Au fait, tu faisais quoi au Canada ? Pas que ce soit à l’opposé de la Pologne, mais c’est pas tout à fait proche quand même.

C’est vrai, ça ne parlais pas trop de la raison de sa présence par ici. Une mission ? J’en aurais été informé. Ça se trouve il s’est trouvé une copine haha

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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Jeu 15 Fév 2018 - 15:24

Allen, c’est un peu le grinch. Mais avec un enfant, - pas le sien mais ça revient au même. Il s’est fait douiller au final, il a pas tiré son coup mais il se retrouve quand même avec un enfant sans avoir un famille. Child without benefits. C’est donc le grinch parce que je suis presque sûr et certain qu’il ne fume pas, ne se drogue pas et boit rarement - m’enfin, même si la photo de Rosie prouve que y’a eu quelques exceptions - et c’est quelqu’un de tempéré, de respectueux, de calme. Pourquoi je l’aime bien autant ? Je sais pas.
Autant c’est parce qu’il fait partie de la safe zone, qu’il est rassurant ?
Non, pas du tout. Quand on traine ensemble c’est tout, sauf rassurant. Mais du coup, on revient au point de départ : je sais pas pourquoi j’aime traîner avec de type. Pas que je sois très société et grosses soirées non plus, mais j’ai un caractère de merde et l’air de rien, même si je déteste voir ma famille ce jeu de boutades et de « j’essaie de dire le truc le plus méchant possible sans me faire démonter par les parents » reste assez amusant.
Surtout quand je gagne.
Surtout face à Jan.


Passons sur Allen le grincheux.

-« Pour qu’on aille aux putes, aux machines à sous et à la cocaïne. » J’ai dû être sérieusement ailleurs pour te répondre « on fera ça alors. ». T’as renouvelé ton humour sur quelque chose de perturbant quand même là. Et pour ta réponse, non, j’ai rien prévu. Je vis une seconde après l’autre mais tu as besoin de quelque chose ici tant qu’à faire, profitons-en.

Ne passons pas du tout sur Allen le grinch, mon dieu. Il veut pas aller aux putes, oh là là, tout de même ! Payer pour disposer d’un corps et d’une personne qui simule, quelle partie de plaisir ! Même pas juste pour tester ? Je ne comprends pas. On est à Las Vegas là pas dans les rues sales de France où vous avez le droit d’aller dans une camionnette pour baiser sur un matelas qui pue, qui sue, qui dégoûte. J’ai pas testé, mais croyez-moi que ça me tente pas.
Bref. Toujours aussi charmant de jouer avec le caribou.


Le polonais voit bien sur le visage d’Allen qu’il ne sait pas qui est Rhyan. Pas que la petite blonde ne fasse vraiment partie de la vie de Simje, mais il leur est déjà arrivé d’aller boire un ou deux café et il se rend bien compte qu’ils n’ont rien en commun, même pas des amis, même pas des connaissances. Il ne sert donc à rien de raconter des potins.

Allen entr’ouvre la bouche avant d’être interrompu par le téléphone qui vibre. Il regarde un peu distraitement l’appareil, autant c’est Rosie et elle va balancer un truc gênant, ah, ah. Non non, je blague. Je sais bien que j’suis pas le centre de l’attention du monde entier. Autant c’est Kely qui a mis le feu au QG, ahahaha; ça serait vraiment hyper marrant.

-Si je vends la mèche, ça se verra, Phil n’est pas discret pour un sou. Enfin passons. je suis ravi que tu reconnaisses mon charme.Il rigole – Rhyan, je ne vois pas qui c’est mais elle a quand même beaucoup de courage d’avoir craqué sur lui. Enfin, il est gentil, aucun problème là-dessus. Et puis, si ça se trouve, il fera un très bon copain. On peut être surpris quand les gens se mettent en couple. C’est plus pour la gamine que je me fais du souci. Après, ce n’est pas trop une nouveauté, Phil a déjà eu des prétendantes tu sais. Il est pas vraiment moche et super extraverti.

Il fera un très bon copain ? Il fera, un très bon, copain ?

-Si tu veux jouer le tonton une seconde fois, je t’en prie. Je t’enferme avec lui pendant une journée et je te récupère à la fin.

Simje éclate de rire. Le serveur arrive, il commande quelque chose de léger - il a déjà graillé après tout - et le polonais attendre qu’il reparte avant de reprendre.

- Alors autant je suis doué pour faire des plans pour la comète, autant toi t’es pas mal dans le genre non plus. J’pense juste qu’il lui a tapé dans l’oeil et que ça n’ira pas plus loin. Outre le fait qu’il faudrait que ça soit réciproque et que je ne pense pas que ton co-directeur se souvienne d’elle, ils sont sur deux continents séparés, ils ont rien en commun. Elle n’est pas réaliste, il ne se passera rien.

Il plane, absolument pas au courant qu’il est totalement en train de plus ou moins décrire sa situation avec Allen. Il plane et n’atterrit pas.

- Et puis pour Kely, j’appelle pas ça « vouloir » jouer le tonton, j’appelle ça « hé Simje, tiens, voici Kelyann, au revoir ». Tu m’as laissé avec un enfant. Un enfant, Allen. T’es trop confiant.

Les plats arrivent mmmmmmmmmmh, le feu, c’est vlà gras, vlà bon, c’est vraiment cool, je kiffe, très bon choix.

- Et non, j’ai rien de spécial à faire ici.

Je sais même pas trop ce que je suis en train de manger, je ne préfère pas me poser la question. Pas qu’en Pologne y’ait des normes de ouf sur la bouffe mais je cuisine en vrai.
Et je parle pas de sandwichs de poulet.


-Le parc aquatique. Je dois acheter une peluche. Et avant que tu demandes : non ce n’est pas pour moi.
- Si tu me dis que c’est pour Kelyann, je serais pas plus rassuré.

Parce qu’il a un peu passé l’âge non ? Y’a un âge pour les peluches ? J’ai toujours trouvé ça chelou, une peluche, avec des yeux vides et encore du vide à l’intérieur. Je dis pas que les gens ne devraient pas en avoir, je dis que moi ça me met un peu mal à l’aise, genre, tu serres du vide dans tes bras, t’en as conscience ? Je préfère les trucs vrais, genre, monsieur le chien. Madame le chien en l’occurence.
Elle m’manque un peu en vrai.


-Au fait, tu faisais quoi au Canada ? Pas que ce soit à l’opposé de la Pologne, mais c’est pas tout à fait proche quand même.

Simje relève les yeux de sa nourriture, ses yeux clairs et globuleux comme dirait Billie, hein, super gentil tout ça, et déglutit. Le pire, c’est que j’ai rien à en retenir, rien à en dire de tout ça, de toute cette histoire. Habituellement ça m’indiffère à mort mais là ça me fait un peu chier pour Ambrozy, c’était pas contre elle mais bon, elle avait qu’à ne pas commencer. On est vraiment des gosses mais en même temps, c’est de sa faute. Elle, a, commencé.

- Euh. Réunion de famille. Et toi Las Vegas ? T'as appris des trucs ?


Qu’en dire de toute façon ? Rien. Il a appris Simje, non pas à enfermer ça dans des boîtes mais à les jeter. Il transforme leurs mots en poussière, il se fiche de l’opinion de son père, il enterre l’amour de sa mère sous un plancher qui ne lui appartient pas. Et ça lui va, ça lui va bien. Pas tout le monde a besoin d’une famille, pas tout le monde chercher avec insistance la reconnaissance de ses géniteurs. Je ne suis pas ce qu’ils veulent mais ils sont loin d’être ce que j’espère. Et c’est pas comme si j’en demandais beaucoup de la part des gens, croyez-moi. Pas facile à vivre mais pas exigent. Ils sont juste. . ils m’encoeurent un peu, ils sont faux, j’suis pas certain qu’ils se mentent à eux-même mais leurs espèces de valeurs, sérieusement, qui construit une vie comme ça ? Personne.
J’espère qu’ils se rendent compte qu’ils ont raté. Que leurs enfants se détestent et qu’ils sont éclatés. Qu’ils partent parce qu’on ne leur a jamais dit que c’était possible de rester.
Il se rappelle surtout de Rosie qui se pleure dessus sans bouger, le visage inondé de larmes, et de son père qui dit tu pleures pour des choses futiles et que putain, Simje il aurait bien voulu gueuler que rien n’est futile. Ou que tout l’est. Mais à lui, on ne lui a pas appris à ne pas pleurer. On lui appris à la fermer.

Imaginez quand même le jour où Rosie va se ramener avec un gars, Jan et l’autre aussi, et que du coup je serai eeeencore plus seul. Imaginez comment je vais plus jamais y aller, jamais. JA-MAIS.
Ou alors je ramène une meuf moi aussi, genre Hannah, et on rigole comme des gros beaufs pour mettre à l’aise tout le monde. Ahah. Un jour j’vais l’épouser juste pour faire chier les autres, tiens.


Jolie Hannah.

Il fini son repas, go le parc aquatique. Le polonais n’est pas fan des zoos et autre parc OK JE DETESTE, ILS METTENT DES ANIMAUX DANS DES BOITES ET APRES NE COMPRENNENT PAS POURQUOI ILS MEURENT mais en général, y’a des yaourts glacés avec des myrtilles dans ce genre d’endroit, ce qui n’est pas le cas en Europe en hiver. Mais là, en plein désert, ça serait quand même le feu. Le serveur revient, Simje paye l’intégralité de la (sérieusement petite) addition, bam, retour de quand on était à la mer et que monsieur le caribou a décidé qu’il était le fournisseur officiel de monnaaaaie.

Ils sortent dans la rue c a n i c u l e et Simje s’arrête, incapable de savoir comment où c’est pour aller au parc aquatique chercher des peluches pour une personne inconnue.

- Tu sais que si on gagne la guerre, mon directeur prend sa retraite ? Il paraît que le poste devrait me revenir.


Comme ça je pourrais dire non, rigoler dans ma moustache et le refiler à Hannah pour continuer à glander. Je sais que c’est pas pour tout de suite t’façon et qu’il nous reste sûrement des mission, mais pour passer directeur il faudrait que je fasse d’autres missions de terrain, et ça, croyez-moi, ça n’arrivera pas.

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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Jeu 15 Fév 2018 - 22:15


"Un jour, on finira globe-trotteurs"


On est perdus. Perdus en plein milieu du désert, dans une ville qui survit sur des réserves épuisables. Simje, parfois j'ai l'impression que ça nous définit bien. Je sais jamais ce que tu penses. Je ne sais même pas ce que je pense de toi.


« Pose-toi, respire et pense à ce que tu viens de dire. »

Ça cause de Phil. C’est dingue, je pense qu’en laissant vaquer mon esprit un peu plus souvent, je pourrais ramener chaque instant de mon existence à mon co-directeur. Franchement, c’est pire qu’une colocation. Au moins le coloc, on le voit en rentrant du boulot. Et la phrase « tu passes deux-tiers de ta vie au travail » n’est pas un mythe. Moralité, si j’avais une copine, je la verrais quand même moins que Philip. Des anecdotes, j’en ai pléthore et ça n’est pas prêt de s’arrêter. Et quand je ne pense pas à lui, c’est lui qui me rappelle de penser à lui. Je vous jure, il y a un jour où un nouveau viendra toquer à ma porte de directeur, verra Phil allongé sur le tapis sous forme de loup et posera la fameuse question « mais est-ce que vous êtes en couple ? ». Non, je sais très bien que personne ne poussera ma porte pour demander ça, encore moins un nouveau. Mais c’est simplement pour poser l’ambiance. Je suis sûr, Phil, il exploserait de rire et serait capable de m’emmerder avec ça pendant plusieurs semaines.

Du coup, je me mets à réfléchir. A ce que Phil donnerait en copain. Non pas avec moi, hors de question, nous sommes totalement incompatibles, mais avec une nana bien entendu. Il est amusant, mais un peu flemmard sur les bords. Très intelligent, il cache bien son jeu, surtout du temps où il était en mission. Être bon tacticien ou fort ne le sera pas d’une grande utilité auprès d’une copine. Enfin, quand j’y pense, il pourrait effectivement être un bon amant, si ce terme n’est pas totalement dépassé.
Je fais part à Simje de mes réflexions. Et l’autre, il rigole. S’esclaffe même. Quoi, j’ai dit un truc qui ne fallait pas. Je le regarde, étonné, attendant qu’il s’expliquer. Je ne vois pas la blague. A vrai dire, j’ai été plutôt sérieux. A moins qu’il s’amuse de ma proposition de futur tonton officiel.

- Alors autant je suis doué pour faire des plans pour la comète, autant toi t’es pas mal dans le genre non plus. J’pense juste qu’il lui a tapé dans l’oeil et que ça n’ira pas plus loin. Outre le fait qu’il faudrait que ça soit réciproque et que je ne pense pas que ton co-directeur se souvienne d’elle, ils sont sur deux continents séparés, ils ont rien en commun. Elle n’est pas réaliste, il ne se passera rien.

Oh. Moi la Rhyan, je ne la connais pas du tout, alors je parle de mon point de vue. Phil il peut être en couple. Je pense qu’il le vivrait bien. Sa copine, peut-être un peu moins. Après, j’avoue que je ne m’intéresse pas trop à sa vie privée. Si ça se trouve, il sort en boîte tous les soirs. Ce qui expliquerait pourquoi il dort la journée. Si ça se trouve, il cache juste très bien son jeu et est un coureur de jupons en puissance. Vous savez quoi, je ne veux pas savoir.
Je me renfrogne un peu, ce qui se traduit par un enfoncement dans la chaise et des bras croisés. Je ne fais pas des plans hauts perchés. Pardon d’avoir une âme romantique et de souhaiter le bonheur des autres hein. Je vous jure.

La seconde raison de mon bougonnement très léger s’intéresse à sa seconde moitié de discours. Ça me blesse un peu, et je ne sais pas pourquoi. Un truc très léger, mais aussi très profond, comme si on avait touché du bout du doigt le centre tout fragile de mon âme. Bah, ce ne sont pas mes histoires et après tout, il a raison, il ne se passera rien. La vie de Phil ne m’intéresse pas au point que son bonheur m’angoisse à ce point.
Puis, la petite lumière s’allume au-dessus de ma tête. Eclairant ses mots et la résonnance produite.
Je souffle. Un mélange de désespoir. De fatalité. D’irritation.

Pas de centre d’intérêt. Trop loin l’une de l’autre.
Pourquoi ça pourrait en être autrement.

J’ai envie de faire une remarque. Ça remonte dans ma gorge brutalement, comme le souffle chaud d’une bombe qui éclate dans mon estomac. Mais rien à faire, la barrière de dents est impénétrable et les lèvres scellées. Un truc comme « c’est vrai, j’me demande bien pourquoi t’es là du coup. » ou « Arrange-toi pour que la prochaine fois que tu passes par ici, tu ne préviennes ni Kelyann ni moi. ». Quelque chose de brusque qui n’a même pas lieu d’être. Je baisse les yeux puis les relève sur la fenêtre, un moyen de penser à autre chose juste quelques secondes.
Mais la même question revient en boucle :

Est-ce que c’est ce que tu penses, finalement ?

- Et puis pour Kely, j’appelle pas ça « vouloir » jouer le tonton, j’appelle ça « hé Simje, tiens, voici Kelyann, au revoir ». Tu m’as laissé avec un enfant. Un enfant, Allen. T’es trop confiant.
- Et tu t’en es presque merveilleusement bien sorti.

Les bras toujours croisés et le regard au large, les mots sortent sans émotion. Ou peut-être avec une once de peine. Minuscule. A peine perceptible. Je soupire. Et puis, les plats arrivent. Et je sursaute. Et me rends compte de mon état, jusqu’ici passé totalement en arrière-plan sur ma liste des priorités. Je me saisis de la fourchette et lance un :

-Désolé, mon esprit s’est un peu perdu.

Pourquoi il suffit d’un millième de phrase pour me mettre à plat ? Comment il fait, sérieusement ? On m’attaque directement ou indirectement au boulot et franchement, je suis prêt à parer à n’importe quelle situation. Mais Simje, parfois, il a cette capacité à sortir de micro bouts de mots en plein milieu d’une discussion banale et ça me bouleverse. Peut-être parce qu’il ne m’attaque pas justement. Il pose des faits. Des faits qui me déplaisent. Ce serait tellement mieux si on arrêtait de se voir. Oui, mais ça aussi ça ne me plaît qu’à moitié. C’est « cache-toi la face et laisse faire le temps. ». Ça ne fait pas partie de mes habitudes. Simje il déteint un peu trop sur ma personnalité parfois.

- Et non, j’ai rien de spécial à faire ici.

Bah, parfait, on va aller au parc aquatique. Voir des animaux enfermés et nourrir les lobbys qui vont chercher les dauphins dans leur milieu naturel et les arrache à leur famille pour leur apprendre des tours qui sont mauvais pour eux, forcés de vivre en surnombre poussant parfois au cannibalisme. Ah, fantastique. Participer également indirectement au réchauffement climatique et à l’aberration d’animaux aquatiques en plein désert. Au pire, on peut simplement faire le tour et directement passer acheter la peluche et basta. C’est aussi une idée. Ou aller faire du golf. Histoire de donner de l’argent exactement pour les mêmes raisons citées ci-dessous, à l’exception des dauphins en cage. Quoique, nous sommes à Las Vegas, qui sait s’ils n’ont pas foutu des orques dans leurs mares pour épater la galerie et se démarquer des autres greens.

Va pour le parc aquatique alors. Surtout pour acheter la peluche.

- Si tu me dis que c’est pour Kelyann, je serais pas plus rassuré.

Et encore, même s’il n’a clairement pas le caractère pour aimer les peluches, il est encore jeune. C’est acceptable d’aimer les peluches à treize ans. A presque trente ans, ça l’est moins. Si vous voyez ce que je veux dire. Enfin, Phil n’est pas tout à fait humain dans sa tête, alors je suppose qu’en le comparant à une sorte de chien, son affection pour les peluches est évocable.
Enfin, laissons-le penser que c’est pour Kelyann. Ne démontons pas trop notre pauvre co-directeur qui doit très certainement bosser en ce moment. Ou dormir, j’ignore l’heure qu’il est là-bas. Le connaissant, il serait capable de se mettre un réveil en pleine nuit pour tomber en synchro avec mon début d’après-midi.

-Crois-moi, c’est mieux si tu penses que c’est pour lui.

Laissons fonctionner l’imagination des autres. Parti dans ce sens, il faudrait s’imaginer des choses bien pire que d’offrir une peluche à un gamin. Mais attends, si ça se trouve, il va croire que c’est pour moi. Ah non, je lui ai tout de même précisé que c’était en quelque sorte un cadeau. Pas de blague pourrie comme ça. Pas de blague tout court. Qu’il ne parte juste pas trop loin sur les suppositions, qui sait, Simje, ça fait longtemps qu’il est surprenant. Comme parler de putes sur mon téléphone de service. Bon, c’est celui qui j’utilise le plus souvent parce que l’autre est réservé à la famille et le plus souvent posé sur ma table de nuit. Mais tout de même. Et de la cocaïne. Est-ce qu’il se drogue ?
Est-ce que je suis trop sage ?

Ne réfléchissons pas trop à cela. C’est vrai que depuis que je suis devenu directeur, franchement mes sorties se sont divisées par deux. Et celles où je finis torché encore plus. La fatigue, tout ça. Ce n’est pas comme si je me contentais simplement d’aller au boulot. Quand tu es un peu gras le matin, au pire tu te prends une remarque, au mieux, on se fout de ta gueule. Moi, si j’arrive mal en point, ça jase déjà et avec les conservateurs dans les parages ça pourrait même finir par un report à je-ne-sais-trop-qui et ça jouerait en ma défaveur. Ce n’est pas tant par choix que par obligation.
Désolée de ne pas trop avoir profité de ma période de jeune adulte. De toute façon, j’ai encore aucune idée de comment je suis arrivé ici aussi vite. A trente ans, je commencerais à peine à être crédible dans mon poste. Qu’importe.
Il fait quoi au Canada ?

- Euh. Réunion de famille. Et toi Las Vegas ? T'as appris des trucs ?

Ça n’avait pas l’air drôlement chouette pour qu’il me réponde aussi brièvement. Un souci ? Après tout, je ne connais pas grand-chose de sa famille, mis à part Ambrozy. Ils n’ont d’ailleurs pas l’air de se détester. Je ne parle pas non plus de ma famille, principalement parce qu’il n’y a rien à dire. Nous sommes juste une famille normale. Bon, qui se tabasse parfois mentalement et oralement avec les Jørgensen pour des minuscules territoires vieux comme le monde, mais bon, ça ne date pas d’hier et c’est visiblement quelque chose qui se passe chez les vieux. C’est marrant d’ailleurs parce qu’on dirait que c’est un gène typiquement de Kristiansen et Jørgensen, mais qui ne se développe qu’à partir d’un certain âge avancé. Limite ils rigolent entre eux et paf, le passage à la nouvelle année ils se tapent dessus. J’espère que je ne serai pas comme eux. Bon, déjà moi je suis suédois de naissance. Je ne suis pas né sur mon « territoire » et j’ai quitté le domicile familial très rapidement. Avec un peu de chance, ces gènes-là ne se déclencheront jamais.

Je hausse les épaules.

-Rien de transcendantal. Caldwell m’a proposé de venir parce qu’à deux, ça veut dire plus de poids et j’en ai profité pour proposer un partenariat. J’ai juste appris que Las Vegas ne possédait aucune délégation d’Orpheo, ça m’a un peu surpris pour une ville pareille. – je marque une pause – Et après j’ai dormi.

Et Voilà, concrètement. Je lui souris un peu, amusé par ma propre chute. C’est un bon résumé ça « j’ai dormi ». Terriblement bien dormi. Alors que j’étais complètement habillé. Aucune idée de comment ce truc a pu se produire.et j’ai failli poser un lapin à Simje par la suite. Franchement, je n’aurai pas dit non à quelques heures de sommeil supplémentaires, j’étais vraiment bien parti.

Le repas est bien entamé. Voir fini. J’ai tout avalé sans vraiment faire attention au goût. J’avais faim. Simple constatation oui. La fine bouche repassera la prochaine fois. En vérité, tant qu’on ne me sert pas d’épinards ça va bien. Je vais finir par croire qu’il s’agit d’un traumatisme d’enfant, ça. Pas possible de détester un aliment aussi longtemps et pour aucune raison valable. Et puis le polonais il sort tellement vite son argent que je n’ai pas le temps de réagir. Il n’est pas sérieux, ce gars. A quel moment il se dit qu’il m’offre un repas comme ça ? Je vous jure. En plus, j’ai pris un gros truc donc passablement moins donné que la petite salade. Quoique. Bref. Nous voilà dehors et je sors mon GPS. J’ai vu un parc aquatique en venant et les affiches avaient l’air de plutôt bien l’indiquer, pas trop loin. Enfin, il va tout de même falloir prendre le taxi sinon on est quand même bon pour trente minutes de marche surtout si l’on s’y rend sans s’y rendre. Je hèle un taxi déjà à l’affut.

- Tu sais que si on gagne la guerre, mon directeur prend sa retraite ? Il paraît que le poste devrait me revenir.

Sérieux ?!

-Mais c’est génial ça ! Ça fait une sacrée promotion.

Dixit le mec qui connaît le métier et taf comme un forcené depuis quelques années maintenant. Bon, « génial » n’est pas le terme approprié. Disons que c’est une belle occasion de monter en grade d’un seul coup. Et puis, s’il est aussi directeur, ils pourront discuter de leurs problèmes ensemble. Ça ferait un vrai point commun et ils se verraient bien plus souvent, même à l’autre bout du globe. Peut-être même seraient-ils parfois forcés de se voir sans vraiment le vouloir, avec toutes ces histoires de conservateurs. Ce serait bien.

Je ne sais pas trop pourquoi, sur le coup, et c’est vraiment tellement par réflexe, mon don vient effleurer les pensées de Simje. Mais alors déjà je ne lui ai rien demandé, mais de deux, je reçois ce qu’il pense vraiment de ses paroles. De trois, je me reçois un flot de triangles et de cubes et de formes bizarres dans la tête qui finissent par me donner des étoiles dans la tête. Qui vont bientôt la survoler en rond. Aussi rond que les étoiles de l’Europe.

Le taxi arrive au bon moment et je pose ma main sur le capot pour ne pas perdre l’équilibre. Waouh. Pas pour aujourd’hui qu’on va redevenir Allen le lecteur de pensées en puissance. Je suis encore crevé, je ne sais vraiment pas ce qui m’a pris.

-P’tain. Oh, Simje, faut que je te raconte un truc sur mon don.

Je n’avais pas prévu de trop lui en parler, mais puisqu’il a décidé de se manifester d’un seul coup… haha, je me voile tellement la face à faire l’innocent. C’est tellement logique d’avoir voulu savoir ce qu’il pensait. Mais ce n’est pas facile de le reconnaître. Et d’évidence, mieux valait ne pas connaître la réponse. Ça m’apprendra. L’amertume qui remonte un peu comme ça puis qui redescend l’instant suivant. Je rentre dans le taxi et il démarre. Je choisis soigneusement mes mots pour ne pas éveiller les soupçons dans la voiture auprès du chauffeur, ou tout du moins en le laissant dans le flou le plus absolu.

-Ça s’est amélioré. Je veux dire, avant c’était des mots, c’était clair. Maintenant, je comprends toutes les langues – désolé pour toi – et c’est toujours aussi fluide mais c’est des assemblages de formes et de… couleurs. Et bordel, tu ne peux pas savoir à quel point c’est douloureux.

Oui, ça veut dire que concrètement j’ai fouillé tes pensées il y a environ deux-trois minutes. Mais hey, l’avantage c’est que maintenant tu le sauras immédiatement. Chacun son truc. Le taxi nous dépose quelques… Enfin plus loin. Epargnez-moi le nombre de kilomètres, ma tête est particulièrement plus HS que d’habitude. Et je précise « que d’habitude » parce que les migraines sont mon lot quotidien.

Il y a un grand hall avec plein de trucs à acheter. Nous ne sommes mêmes pas encore arrivés aux caisses pour entrer qu’il y a déjà plein de choses à acheter. Des machines à sous. Un casino un peu plus loin. Je ne tenterai pas les jeux de hasards. Je vous rappelle que nous sommes tous les deux. Après tout, peut-être que l’extrême malchance pourrait fonctionner à l’envers pour une fois. Hm. Oublions cette idée. Allons acheter une peluche et ce sera un bon début.

Effectivement, il y a tout un rayon dédié aux peluches. C’est le monde des peluches. C’est tout doux. Tout est très voire trop doux. Il y a clairement trop de couleurs et ça part rapidement en cacahuète sur la logique des animaux. Non, les orques ne sont pas roses et verts. On finira par ne même plus savoir ce que c’est. Tiens, regarde ça, ça ressemble à un pingouin. Enfin, je crois. C’est tout sauf noir et blanc. Des animaux aux couleurs aussi flash se seraient faites bouffées. Ou auraient survécu parce que les autres auraient pensé qu’il s’agissait d’animaux toxiques. Or, les pingouins ne sont pas encore toxiques. Je suis horrifié et fasciné par l’imagination du designer. Il y a une loutre brune. Hop, je la lance à Simje en me tournant vers les dauphins aux couleurs naturelles et ajoute :

-Je trouve qu’elle te va bien celle-là. En plus, elle est mignonne.

Et je fouille dans les peluches de dauphins pour en sortir une ni trop petite ni trop grande. Bon, voilà, ça, c’est fait. Maintenant, on peut se tirer d’ici et visiter des trucs plus intéressants. La caissière a intérêt à me l’emballer comme il faut pour ne pas qu’un micro bout de poil ne dépasse du sac. Je fais ça pour Phil, d’accord ? Ça n’a rien à voir avec moi. Même si c’est tout doux et que bon, ok, dormir sur un oreiller comme ça, ce n’est pas trop déplaisant. Au pire je m’en servirai d’appui-tête dans l’avion. Et on me jugera mais ça ne marchera pas parce que j’aurai l’air trop mignon.
Wah. Rendez-moi Allen.

Je me dirige à la caisse. Paye. Et la dame qui semble subitement s’extasier sur le code barre puis ce qui est affiché sur son écran. Elle annonce alors :

-Félicitations, vous avez gagné une invitation gratuite pour le parc aquatique ! Enfin, pour vous et votre conjoint ! Vous êtes ensemble, n’est-ce pas ?

Je me tourne mécaniquement vers Simje. Puis ver le stand de dauphins. Il y a une magnifique pancarte au-dessus avec un gros cœur et la mention « Faites de votre lune de miel un voyage inoubliable, gagnez deux places pour le parc aquatique ! ». Ok.
Ok ok ok ok.
Alors d’accord, j’ai compris comment ça fonctionne. Genre la chance dans la malchance. Genre t’as gagné. T’as gagné le droit de t’afficher haha. Haha. Ha. Non, ce n’est pas drôle du tout. Objection ? Vous savez, dans ces moment-là, au lieu de penser à des trucs qui vous font reprendre pied, non, vous vous souvenez de toutes les autres qui vous font sombrer. Vous savez de quoi je parle. SI non, débrouillez-vous.

Je pique un fard. La gêne, la gêne. J’ai envie d’éclater de rire, mais c’est juste super nerveux. Sérieux, j’abandonne.
Vous avez pigé ? J’abandonne. Désolé Simje, mais je ne crache pas sur une place gratuite, surtout qu’il n’a pas l’air donné. Tu me frapperas après si tu veux. La dame me sourit avec une extrême douceur. Genre, elle croit je suis gêné parce que je suis timide ? Haha, il y a des chances. Ok, surfons sur la vague du mec timide, ça passera peut-être. Si quelqu’un me reconnaît, je suis foutu. Foutu.
Raclement de gorge. Hochement de tête. Affirmatif.

Elle joint ses mains, visiblement ravie et sort un appareil photo. Euh oui, non ?

-Une petite photo pour fêter ça ? Vous serez affiché avec tous les autres couples gagnants et vous pourrez récupérez votre photo à la fin !
-Hors de question.

Timide, Allen. Timide. Oublie le ton de directeur. Elle a presque l’air surprise. Non, en fait, elle est complètement ébahie.

-Enfin… Non, je veux dire… – Je m’approche un peu – On ne veut pas trop s’afficher.
-Très bien, mais il va falloir prouver que vous êtes en couple, sinon je ne pourrais pas vous délivrer les places.

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Ce n’est pas comme si la dernière fois, je lui avais foutu une porte dans le nez. Bon, on abandonne ou pas ? Après tout, je veux juste cette peluche et nous pouvons aller autre part. Je me suis bloqué tout seul et du coup j’observe Simje alors que la dame nous fixe avec un vif intérêt. C'est un peu dangereux. En fait, si j'étais Simje, je refuserai. Imagine ils nous prennent en photo dans le parc et ça se retrouve sur Internet.

Ils sont tarés ces gens à Las Vegas.

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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Ven 16 Fév 2018 - 16:34

J’espère que j’aurais pas d’enfants, mais si j’en ai, et qu’ils sont curieux, imaginez comment je suis supposé raconter cette histoire ? L’histoire d’Allen et moi ? Alors oui en fait j’ai brûlé un QG, mais ça, ça a aucun rapport, pour moi c’était juste le type qui me mettait en tord et mal à l’aise, Mr Kristiansen mais voilà, et après, on s’est retrouvés en mission ensemble et bon. C’était pas bien mais on était vivants et après on s’est revus et..
Ouais bref, ça sert à rien de continuer. J’sais même pas ce qu’on fait là, y’a 100% de chance qu’on ait chacun des millions d’autres choses à faire et pourtant on est là, à glander à Las Vegas alors que de manière assez évidente, la ville ne m’inspire pas plus que lui. Et on peut même pas dire que c’est une coïncidence. On dirait juste que de temps à autre, mon chemin croise celui d’Allen et puis c’est tout. J’ai pas mon mot à dire là dedans, on doit faire quelque chose du temps qui nous est imparti, parce qu’il est limité. Et on se recroisera dans six mois, toujours aussi handicapés de la relation.


Bref.

- Et tu t’en es presque merveilleusement bien sorti.

Simje regarde Allen qui n’est plus là, qui ne le regarde pas, qui s’est renfermé. Un frisson parcourt la peau du polonais ça y est, je l’ai froissé je crois, j’ai rien fait et il n’est plus là. Dérangeant Simje, t’es dérangeant, tu vois bien que tu l’es. Il baisse la tête, pas certain d’à quel moment il a foiré et plonge ses yeux dans l’eau claire du verre face à lui. Il aimerait se remettre à gratter son cou ou ses bras mais il sait qu’il aura l’air anxieux. Il se laisse retomber doucement en pression, laissant une chanson lui creuser l’esprit à la place de la réflexion.

come back home
to the hearth you wallowed
all that time out your own damn body
soul worn down to the pavement, bloody
the corner store still takes our rubbish

Il a peut être juste pensé à autre chose qui me concerne pas. Sur Kelyann ? Est-ce que ça le rend triste ? Totalement autre chose. Je peux pas deviner, j’peux pas savoir pour la bonne et très délicieuse raison qu’en fait Allen, j’le connais pas vraiment.

-Désolé, mon esprit s’est un peu perdu.


Le brun hoche la tête, regardant ailleurs. Très bien, très très bien. Très bien, tout va bien et c’est bien que tout aille bien. Peut être qu’il est juste malheureux en ce moment et qu’un rien pourrait suffire à le faire burst into tears ? J’sais pas, j’espère pas, j’espère qu’il est malheureux, j’espère qu’il est juste fatigué et qu’il en a un peu marre de moi et des mots.
Des maux ?

Le polonais regarde son ami vaguement revenir par ici, remonter la pente qu’il a roulé sans que Simje ne puisse savoir pourquoi. Bordel, pourquoi est-ce que la magie c’est pas un peu contagieux ? Tu devrais dire tout ce qui te passe par la tête Allen, comme ça on serait sur un putain de pied d’égalité. Comme Ian et Autumn. Sans être en couple. J’vois pas pourquoi on exige pas autant de nos amis, hein, je suis sûr que ça pourrait être pareil. En échange, j’dirai ce que moi j’entends. On serait égaux, égaux.

-Crois-moi, c’est mieux si tu penses que c’est pour lui.

Autant c’est pour sa meuf, et il veut pas me le dire parce que c’est assez creepy de savoir qu’il sort avec une fille de quinze ans. Je connais pas les lois au Canada mais autant c’est légal et il s’est trouvé une ado qui lui plaît, ahah.
Allez, je blague. Je préfère pas imaginer, je sais très bien imaginer, j’arrête pas d’imaginer même quand c’est pas utile, surtout quand c’est pas utile et super, super déplacé.

Il hoche donc la tête d’un air un peu convaincu, pour s’auto convaincre surtout, très bien, j’imaginerai pas. Qui a dit que Simje était névrosé ?

Allen hausse les épaules.

-Rien de transcendantal. Caldwell m’a proposé de venir parce qu’à deux, ça veut dire plus de poids et j’en ai profité pour proposer un partenariat. J’ai juste appris que Las Vegas ne possédait aucune délégation d’Orpheo, ça m’a un peu surpris pour une ville pareille. Et après j’ai dormi.


Simje lui rend volontiers son sourire, très grand, et puis très sincère aussi. D’abord parce que c’est drôle, parce que ahah, qu’est-ce qu’on s’amuse, ah, ah, quarante-cinq minutes de sommeil, vraiment marrant (en vrai il aime bien ce sens de l’humour) mais aussi parce que c’est une victoire absolue, pas de question sur sa famille. Il est toujours dans le suspens avec les nouveaux gens. Quand on lui pose une question et qu’il répond à côté, y’a trois types de cas : celui où la personne laisse couler et ils peuvent passer à autre chose, celui où la personne insiste et que Simje, bloqué, lâche un gros mensonge dont il faudra se souvenir pendant longtemps, et cette situation où le polonais essaie de répondre quand même par amitié ou affection mais que y’a rien à dire et qu’il a l’impression d’essayer de poser ses intestins sur la table. Douloureux et assez dégueulasse.

Le repas se fini donc, Allen a mangé comme environ onze personnes réunie dans une rapidité qui m’étonne, j’espère qu’il vomira pas quand faudra faire coucou aux otaries. et puis il hèle un taxi.

-Mais c’est génial ça ! Ça fait une sacrée promotion.

Simje hoche la tête alors que le visage d’Allen se décompose mais, encore ?! J’ai rien dit là, j’ai rien dit du tout, autant c’est son travail qui le fait prendre cette tête ? Non en vrai j’vous jure on dirait que c’est moi, mais je n’ai, rien, dit.

- Ouais.. je verrais en temps voulu, c’est pas encore fait.

Il dit ça prudemment et sur un ton distant parce qu’il n’est pas bien sûr de ce qu’il est censé faire et dire. C’est là tout le problème quand on est un adapté mental : quand on n’arrive pas à cerner l’autre, ça devient compliqué d’être ce qu’il faut.

-P’tain. Oh, Simje, faut que je te raconte un truc sur mon don.

AH VOILA.
IL A DU FOUILLER DANS MA TETE, LE CON.
Ils entrent dans le taxi. Il fait encore plus chaud dedans, ils sont enfermés dans une boîte en métal qui roule, l’air est saturé d’une odeur de parfum. j’aime les humains et les grandes villes, j’aime les humains et les grandes villes.

-Ça s’est amélioré. Je veux dire, avant c’était des mots, c’était clair. Maintenant, je comprends toutes les langues – désolé pour toi – et c’est toujours aussi fluide mais c’est des assemblages de formes et de… couleurs. Et bordel, tu ne peux pas savoir à quel point c’est douloureux.

Est-ce qu’il sait quoi répondre, Simje ?
Non.
Et puis alors vraiment pas. Grand 1, il est baisé il ne pourra plus jamais se protéger, grand 2, son pote lui dit que ça s’est amélioré et que c’est douloureux (donc c’est pas trop ce qu’on peut appeler quelque chose de mieux voyez-vous) et grand 3, c’est abstrait. Si Allen le ressent c’est bel et bien que ça lui appartient, et ça semble totalement chelou au polonais des formes et des couleurs qui donneraient des pensée. Il se sent un peu teubé.

- Genre, toutes les langues du monde ?

Oui, il est un peu resté bloqué.
Je pourrais donc plus jamais me protéger, jamais. On pourrait penser que ça le fait rire, mais ça va surtout grave lui compliquer la vie. Comme quand il a menti pour faire genre il était arrivé en retard alors que non, et ben Allen l’aurait su. Comme pour la famille, comme pour tout. Son ventre se serre mais il reprend.

- C’est fou, quand même, c’est trop bien que tu puisses .. upgrader euh (il se rend compte que le chauffeur de taxi peut l’entendre) ça. Autant avec le temps ça passera, la douleur.

Il est sincèrement content pour son ami.

- Mais putain, ça veut dire que tu pourras toujours tout comprendre. C’est hyper flippant, tu ferais un trop bon espion.

Autant des gens maîtrisent ça, genre ils ont un pouvoir anti lecture de tête. Ou peut être est-ce qu’il y a des runes ? Est-ce que Dorian Cross se fait lecturer la tête ? Rien n’est moins sûr les amis, rien n’est moins sûr.
Bref, ils arrivent donc au parc en question. Ca va pas être gentil mais oh là là, ça fait très, très, très américain tout ça. Et c’est pas un compliment. C’est pas positif. Heureusement qu’Allen il est pas américain, parce que sinon je passerais ma vie à le juger fort, mais alors fort ! Fort fort fort. Simje balaye du regard les peluches-LSD en se demandant un peu pourquoi elles ont été crées parce qu’obviously elles sont très laides. Très, laides. Et je suis objectif en plus, ici. Il en patpat une - même pas très douce- quand il se prend une loutre, de manière totalement gratuite dans la tête.

- Oh!

ON PROTESTE.

-Je trouve qu’elle te va bien celle-là. En plus, elle est mignonne.

On proteste moins !
Mais qu’est-ce que je ferais d’une peluche ? J’ai personne à qui l’offrir, moi, ahah ! Hannah ? Ahahah. Au chien ? ahahahahah.
Putain, c’est vrai qu’il peut lire dans les pensées. Je peux même pas me faire une crise existentielle tranquillement, je peux pas savoir si monsieur Allen est là ou pas, j’peux même pas parler polonais, putaaaaain.
Frustrant. Change de don stp.


Il reste donc sans répondre parce qu’il sait plus trop à quoi il est censé penser alors qu’Allen farfouille dans son coin pour tirer un dauphin alors que Simje repose la peluche bien sagement avant de trottiner comme un enfant pour rejoindre le caribou. Il est tout content, il sait pas pourquoi, la bipolarité c’est pas vraiment un choix.

Allen paye et sa carte de crédit a une tête vraiment hyper bizarre quand la madame dit alors :

-Félicitations, vous avez gagné une invitation gratuite pour le parc aquatique ! Enfin, pour vous et votre conjoint ! Vous êtes ensemble, n’est-ce pas ?

Simje ouvre grand, grand, grand ses yeux globuleux et ne bouge pas d’un poil. Gelé. Instinct de survie oblige, on hésite entre une syncope et un AVC ici, pourquoi est-ce qu’Allen n’a pas encore répondu, on a gagné quoi, on s’en fiche du parc, il faut dire non Allen maintenant, c’est le moment, on répond non à la madame, non on ne regarde pas les dauphins, on répond, maintenant à la dame.
Il a très chaud le polonais, très très chaud.

Le pire c’est qu’il rougit, calmement, et que j’ai envie de passer devant elle, lui arracher la peluche, des mains, et dire NOPE et on fuit. Très bon plan, nickel bien bien bien, REPOND PUTAIN !
Il ne répond pas. Et la dame qui attend ! La dame qui attend mon dieu. Arrête d’attendre, prend ça pour un non puisque il veut pas répondre l’autre.

Il hoche la tête.

..

IL HOCHE LA TÊTE, MAIS QU’EST-CE QUE C’EST, SON, PROBLEME, POUR, UNE ENTREE, DANS UN PARC, QUI PUE ?

Simje reste toujours sans bouger, mort à l’intérieur.

Il a mi envie d’éclater de rire, mi de disparaître.

-Une petite photo pour fêter ça ? Vous serez affiché avec tous les autres couples gagnants et vous pourrez récupérez votre photo à la fin !
-Hors de question.

Ah ben oui, merci, super, c’est un peu tard pour réagir hein, super.

-Enfin… Non, je veux dire… On ne veut pas trop s’afficher.

Alors comme ça on n'assume plus ?

-Très bien, mais il va falloir prouver que vous êtes en couple, sinon je ne pourrais pas vous délivrer les places.

Le rire monte dans la gorge du polonais, mais alors vous savez, ce rire nerveux que vous pouvez pas contrôler ? Il sent qu’il va décéder de rire juste là, sous leur nez, passant pour un malade mental, mais c’est bon, la gêne est passée, il a perdu tout respect et n’a plus aucune race.
L’arroseur arrosé.

- Ça va chaton, c’est juste une photo.

Ne pas décéder de rire, pitié, ne pas rire, reste sérieux, ahah, sérieux sérieux sérieux, ahahahahah, ne rigole pas. Fiou. Souffle. La photo ! La photo ! La photo ! Il attrape la main d’Allen pour la glisser dans la sienne, tout content qu’il est le Simje de pousser à bout le caribou. Le pire c’est que je fais pas ça pour une place gratuite, on m’achète pas comme ça, non, non. CHATON, AHAHAH, putain, qu’est-ce qu’on fait là.

Et la madame attend toujours avec son appareil photo, toute contente. Le polonais lui jette un coup d’oeil l’air de dire yup vas-y c’est bon

Et Simje s’avance, bien sûr de lui et embrasse Allen de l’exacte même façon qu’Allen l’avait embrassé dans la chambre d’hôtel. De, la, même, façon. Comme ça, on est quittes tu vois.
Il fait tout pour rester léger mais c’est chiant quand même, c’est compliqué pour lui. Oui, c’est léger et marrant, et tout ça, mais ça le saoule, c’est toujours trop compliqué ces histoires, ça fini jamais bien avec Allen.

Le flash s’est déclenché et la photo est bonne.

- Tenez, vos places ! On vous attend à partir de 17h pour récupérer le cliché, il sera développé avec les autres.

Simje attrape tout, putain, j’aurais du l’appeler mon p’tit chat ou mon petit caribou ou ma puce ou mon sucre d’amour ç’aurait été encore plus drôle mais j’aurais éclaté de rire et ça aurait tout, gâché, ahahaha. Bien fait, Allen-qui-se-fait-acheter-avec-des-places-pour-un-parc-gratuit. Le mec est prêt à tout quoi. Il se dirige vers l’entrée, fait quelque pas et éclate de rire.

- T’as vraiment des problèmes Allen, des gros problèmes.

Et ben très bien, allons voir les dauphins en se tenant la main.

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- Est-ce que tu as déjà tué quelqu’un ?
- Oui mais c’était des méchants !


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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Sam 17 Fév 2018 - 16:10


"Un jour, on finira globe-trotteurs"


On est perdus. Perdus en plein milieu du désert, dans une ville qui survit sur des réserves épuisables. Simje, parfois j'ai l'impression que ça nous définit bien. Je sais jamais ce que tu penses. Je ne sais même pas ce que je pense de toi.


« Si on vivait pas sur la même planète, ça ne ferait aucune différence. »

J’ai un peu tendance à rabâcher l’impasse entre nos deux personnes. Un chemin qu’on croit à double sens et qui finalement n’est ni dans l’un, ni dans l’autre. C’est une impasse, un passage qui n’a jamais existé autre part qu’au travers d’une pensée. Une certitude lentement décomposée à l’approche de la vérité. La vérité vraie, celle que tes yeux te montrent et que ton esprit interprète rationnellement.

C’est vrai, j’aime cette relation au même temps que je la déteste. Parce qu’elle est comme cette rue. Une impasse que l’on n’a pas encore vue et qu’on se surprend à croire toujours à double-sens. Des rêves et puis la réalité. Pourquoi ça doit toujours partir dans tous les sens, hein ? Est-ce qu’on ne peut pas simplement faire comme tout le monde, avoir une relation saine ? À croire que non. A croire que sans ces choses qui nous arrivent continuellement, on ne serait pas capable de se poser l’un face et l’autre et simplement discuter. En apprendre un peu plus sur l’autre. Quelque chose d’habituel lorsque l’on finit par apprécier quelqu’un. Se renseigner sur ses activités, ses centres d’intérêts, sa famille, s’attacher à des petits détails insignifiants.
Et pourtant si importants.
Ça ne me gêne pas de parler de moi. Si je dois faire le premier pas, ce n’est pas si grave. Je n’ai pas grand-chose à dire, mais s’il y a quoique ce soit qui l’intéresse, je suis prêt à m’ouvrir. Je lui fais assez confiance pour ça. Mais l’impasse elle est là. La case départ n’a jamais vraiment été franchie pour Simje. C’est comme si on recommençait toujours tout de zéro. Il n’a pas envie de s’exprimer. Pas sur lui. Dès que ça touche plus ou moins directement – souvent indirectement – notre relation ou des données privées, il se referme comme une moule. Je ne vais pas faire l’égoïste, ça peut devenir mon cas. Mais pas sur les questions abordées sur moi-même, plutôt sur sa façon de me percevoir.
Ça me martèle l’esprit. Est-ce que je suis un ami ? Je veux dire, un vrai ami ?

- Ouais.. je verrais en temps voulu, c’est pas encore fait.

C’est sans doute pour savoir ce qu’il pense de cette promotion que mon don se déclenche sans prévenir, ou en écho d’une curiosité inconsciente. Curiosité rapidement assouvie mais douloureuse. Sur les plans physiques et psychiques. Sa phrase ne vient que renforcer sa prise de position et je suis bienheureux de ne l’entendre qu’à moitié, sonné comme je suis.

C’est bien de se concentrer sur l’utilité de son don plutôt que sur la raison de l’avoir déclenché. C’est bien, Allen, dans quelques années, si ça continue, tu seras devenu l’exact copie de la personne en face de toi. Et ça, tu sais que ça ne te fait pas plaisir. Que ça t’énerverais d’avoir à rester dans ta coquille. Ce n’est pas ce qu’on demande à un directeur. Si je n’ai plus mes sentiments, si je ne suis plus aussi extraverti et chaleureux, alors je ne m’appelle plus Allen. C’est ce qui me construit. C’est ce qui fait que les gens m’apprécient en temps normal.

- Genre, toutes les langues du monde ?

J’acquiesce en tâchant de reprendre doucement le contrôle de mes idées. En effet. Toutes les langues du monde. Pas que j’ai pu les tester, mais étant donné la date de début de mon amélioration et la synchronisation quasi exacte avec mon voyage, on peut dire que j’ai pu tenter l’expérience sur un certain nombre de langues. Toujours pareil. Je ne pige rien à l’oral, mais alors c’est limpide comme de l’eau dans leur tête. Ce qui est, ma foi, très perturbant.
Imaginez, on vous parle, vous ne comprenez rien, par contre quand on vous insulte dans la tête et qu’on vous traite de gros mongol là ça va. Ou pire encore, on vous pose une question avec tellement d’intensité que vous la comprenez à travers les pensées sans pouvoir répondre parce que ce n’est pas votre langue. C’est atroce. Heureusement, pour le moment je n’ai pas trop le moyen de répondre sans balbutier ou tituber parce que c’est affreusement douloureux. Moralité, je m’entraîne doucement dans des endroits où je suis assis sans risque pour moi ou mon entourage.

- C’est fou, quand même, c’est trop bien que tu puisses .. upgrader euh ça. Autant avec le temps ça passera, la douleur. Mais putain, ça veut dire que tu pourras toujours tout comprendre. C’est hyper flippant, tu ferais un trop bon espion.

Il vaut mieux que la douleur s’atténue avec le temps, en effet. Question de pratique. D’accord, c’est vrai, ce n’est pas très bien de fouiller dans les pensées des autres. Mais bon, je ne suis pas non plus un saint, à un moment il faut bien avoir quelques mauvaises habitudes. Et croyez-moi, les mauvaises habitudes je peux en avoir pas mal quand je le veux. Enfin, ce n’est pas le sujet.
Un espion ? C’est une idée, c’est vrai que peu de lecteurs de pensées développent le multilinguisme. Je ne sais même pas si j’en connais un, même si ça doit très certainement exister. Enfin, si mon don est destiné à devenir aussi douloureux que ça, ça risque de m’handicaper au quotidien. Je ne sais même pas si j’ai notifié l’amélioration de mon don à Orpheo. Je veux dire, ce n’est pas exactement comme une nouvelle forme de métamorphe. C’est un pouvoir invisible et si je ne le dis pas, personne ne le saura.

Et oui, je pourrais tout comprendre. Si j’arrive à bien le gérer, ça va devenir difficile de penser librement. A moins de s’inscrire une rune sur le front, pas vrai Simje ? Je me porte toujours volontaire pour te la faire au marqueur. On est à Las Vegas, je suis certain que ça passera parfaitement les marques « tribales »

-Ouais… J’espère juste que ça va se calmer, parce que ce n’est pas un cadeau pour le moment.

Pas du tout même. Enfin, ce n’est pas le moment de s’attarder sur les disfonctionnements de mon don. On est à Las Vegas, il faut s’amuser, pour peu qu’on sache s’amuser comme de vrais américains, dilapider la monnaie dans des trucs superficiels. Comme cette peluche, même si au final elle n’est pas pour moi et sera très certainement utile à celui qui la récupèrera. Au pire, il la mettra en pièces quand il s’énervera. Est-ce qu’il s’énerve Phil ? Il sait être sérieux – et c’est un peu flippant quand ça arrive d’un seul coup – mais énerver ? Mis à part lors de l’attaque du QG, je ne l’ai jamais vraiment entendu élever la voix.

- Oh!

Quoi, c’est qu’une peluche. Bon, d’accord, je la lui ai lancée à la figure. Je teste tes réflexes mon vieux. Et visiblement y’a des progrès certains à faire. Haha. Bon, cette peluche. C’est joli une loutre. Mais j’ai déjà jeté mon dévolu sur le dauphin.
Direction les caisses.

Et la cloche sonne au-dessus de ma tête lorsque la dame nous propose deux places gratuites sous réserve que l’on soit en couple. Vous savez, ce n’est pas parce qu’on est relativement riche qu’on crache sur la gratuité. Je sais que c’est une technique commerciale et que je tombe dedans. Que la place doit être largement rentabilisée par le nombre d’achats sans gagnants. Mais bon, je suis tout de même tombé sur un ticket gagnant. Le seul hic c’est la mention obligatoire pour accéder à la gratuité.
Bah, allez, ce n’est pas la première fois qu’on tombe dans un panneau pareil, on n’a rien à perdre hein ?
Non, rien, à part la crédibilité. Est-ce qu’une place gratuite vaut le potentiel bousillage de ma carrière ? Oui, je pars dans les aigus directement, le pessimisme ça aide à faire passer les bonnes nouvelles pour des miracles. Et donc la réponse est bien évidemment non.

Du coup, lorsque la dame propose une photo, que je refuse et qu’elle nus demande de prouver notre relation, j’ai subitement envie de faire demi-tour. Ce n’est pas grave, merde, c’est qu’une place. Une petite place de rien du tout que je peux très bien me payer, sans problème. Est-ce que j’ai vraiment envie de rentrer dans ce parc aquatique ? Absolument pas. On pourrait faire autre chose, ce n’est pas comme si les jeux manquaient par ici. Je me suis fait happé par leurs techniques commerciales comme le bleu que je ne suis pas.
C’est dingue, on va mettre ça sur le compte de la fatigue.

Et l’autre, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, à l’air de bien s’amuser. Vas-y, j’ai fait le con, on part de cet endroit. J’attrape la peluche des mains de la dame, prêt à fuir à toute jambe, subitement clairvoyant. Pas foutu de réfléchir cinq secondes aux conséquences de mes actes.

- Ça va chaton, c’est juste une photo.

Ch… CH… aton ? Genre, wouah, genre, mais qu’est-ce qu’il te prend. Haha, ça doit être la première fois qu’on me donne un surnom pareil. En fait, on ne me surnomme pas souvent pour deux raisons : on n’ose pas et mon prénom est déjà ultra condensé et facile à la prononciation. Hey, reconcentration. D’où c’est une photo. C’est juste une photo ? Ça peut devenir une catastrophe si ça se retrouve sur internet.
Je m’apprête à répliquer avec tellement de hargne que ça va partir en règlement de compte sous peu. Et toi la nana, tu lâches cet appareil des mains. Je ne veux pas savoir. Lâche-le, c’est tout.

Recule. Recule recule recule. Tu entres dans mon espace personnel, Simje, je ne sais pas trop si tu t’en rends compte mais mon regard de mec perdu devrait t’aiguiller un peu. Recule. Je fais un pas en arrière et paf, il m’attrape et m’embrasse. A. Son. Tour. Ça a un goût de déjà-vu. Je vous assure, il y aurait une porte, il se la reprendrait dans le nez. Sans hésitation.
Puis, un blanc. Genre, la réalisation de son geste. Je m’inquiète davantage pour le « clic » qui a résonné dans mes oreilles. Alors, en plus c’est une photo de nous deux qui nous embrassons. Ah oui. Ah oui genre, dans le degré de chiantise et gêne extrême, on est quand même haut. Sérieux ? Sérieux ?

- Tenez, vos places ! On vous attend à partir de 19h pour récupérer le cliché, il sera développé avec les autres.

Non. Non non non non. Personne ne doit voir ça. Elle nous affiche sur un mur, même celui de ce parc, je la mets en pièces. Elle et tous les autres. J’élimine les preuves sans hésitation. Et il s’éloigne. Et il me tient toujours par la main. Il est ouf. Il est ouf ce mec. Lui aussi j’vais le mettre en pièces. Et il explose de rire.

- T’as vraiment des problèmes Allen, des gros problèmes.

Moi ? Moi je voulais passer outre les démonstrations d’amour et avoir des places gratuites. C’est tout ce que je voulais. Je le regarde très sérieusement et le frappe subitement – gentiment, mais pas trop non plus – avec la peluche sur la tête.

-C’est drôle, j’allais dire exactement la même chose de toi. Je voulais juste une place gratuite. On s’est affichés.

Je suis paniqué. Totalement paniqué. Et moi et les scénarios catastrophes, on s’aime plutôt bien. Pas besoin d’être un grand scénariste, je vous fais un film rien qu’avec ma cascade de peur lié à un événement. Y’a moyen de gagner un Oscar tellement ça peut partir en vrille. Ça part toujours en vrille en fait. Je n’y crois pas, ne dit-on pas que les meilleures blagues sont les plus courtes ? – je n’ai jamais compris cette expression soit dit en passant -

-Tu t’rends pas compte, imagine ça se retrouve sur internet ? Jeg er død.

Ça pue l’anxiété. Je ne donne pas cher de ma peau. Enfin après c’est vrai, j’ai le droit de faire ce que je veux et d’avoir une vie affective managée selon mon désir mais quand même. C’est Simje. Je veux dire, ce n’est pas comme s’il y avait quelque chose entre nous. C’est vrai quoi. Même après une semaine à ses côtés h24, une explosion dans la gueule et beaucoup trop de pyromanie à mon goût, on en est toujours là à se chercher sans vraiment trop savoir pourquoi. Je ne sais pas quoi ressentir de ce baiser, parce que je sais qu’il ne s’agit que de vent. Je ne suis pas non plus un jeune puceau effarouché – quand bien même vous pouvez être nombreux à le penser – alors je ne vais pas m’offusquer. La dernière fois, j’étais sous le coup de je-ne-sais-trop-quoi et je ne l’ai pas fait pour rire ou me moquer. J’avais des raisons de l’embrasser. J’étais sous le choc de n’avoir rien su contrôler et j’ai eu extrêmement honte.
Je hausse un sourcil accusateur, à mi-chemin entre rancœur et la moquerie. La moquerie de tout ça. Bon, au moins on a une place. C’est déjà ça. Mais je ne m’arrêterai pas à ça. Je lâche la main de Simje et revient en arrière. Rend la peluche à la caissière et lui lance de mon ton autoritaire – j’en ai un, n’en doutez pas et en général il ne laisse pas place aux discussion.

-Gardez-moi ça, s’il vous plaît. Et si vous montrez cette photo à quelqu’un d’autre que moi, je vous attaque en justice.

VOILA. J'ai dit s'il vous plaît en plus. Ça comprend Simje le quelqu’un d’autre. Dès que j’ai cette photo, je la BRÛLE. Ne pas mettre un Kristiansen fatigué en colère.
Elle cligne des yeux et hoche la tête mécaniquement, ahurie. Bien, si le courant est passé, tant mieux. On pourrait presque voir de la fumée sortir de mes narines quand je souffle. Je prends ma place des mains de Simje et passe les tourniquets.
Y’a déjà plein d’eau. Tunnel d’eau. Des méduses dedans. Bon, Kristiansen, il est temps de rester parfaitement maître de toi-même. Tu es entouré d’eau et ce serait bête de geler un bassin entier avant de, bien sûr, tomber dans les pommes. On a assez créé de problèmes comme ça.
Je me saisis d’un plan et jette un coup d’œil à ma montre. Presque 18h. Il y a des animations nocturnes. Pas mal d’animations même.

-Une préférence ? Oh, et si tu as envie de lâcher un nouveau bon gros rire, te retiens pas.

J’ai l’air de dire ça en ronchonnant mais un sourire remonte doucement sur mon visage et je finis par rire à mon tour. Qu’est-ce qu’on est con, bordel.

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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Sam 17 Fév 2018 - 17:20

J’ai l’impression que la syncope, c’est pas moi qui vais la faire mais Allen. Qu’il va d’un coup mettre la main à son coeur et s’étouffer avant de tomber comme dans les dessins animés, raide mort en arrière. Je vous jure, vous regarderiez ses yeux, son visage, tout, rien ne va pas ici. J’espère qu’il est bien digne de son rôle de directeur et qu’il va savoir contrôler ses sentiments et ne pas tous nous geler sur place. Surtout pas moi, même si je sais Allen, que t’en as envie.
Moi je veux pas mourir tout de suite, et puis je crains le froid. Je crains vraiment sa mère le froid.
Simje se retient de continuer de rire alors qu’il se prend un coup de dauphin sur la tête, comme ça sans pression. Ah ouais, on en vient aux mains quoi, le gars il veut que je lui casse la gueule. Pas de problème.

-C’est drôle, j’allais dire exactement la même chose de toi. Je voulais juste une place gratuite. On s’est affichés.

Toi aussi tu trouves ça drôle ? Moi aussi, je trouve qu’on se marre beaucoup et que ça vaut bien la tête d’être venus, rien que pour cette expression. Il perd le contrôle, et c’est l’angoisse absolue. Je sens son coeur, un peu irrégulier et puis sa peau qui sent la peur. Pourquoi, la peur ? Etre sous un cailloux ça ne lui provoque pas d’arrêt cardiaque mais une photo où je l’embrasse ça pose problème.

Simje lui jette un petit sourire, même s’il regrette peut être un peu son geste. Voilà, forcer les gens, c’est mal. Et clairement, il a forcé son pote qui est maintenant au bord de défaillir.

-Tu t’rends pas compte, imagine ça se retrouve sur internet ? Jeg er død.

Simje roule des yeux sans savoir pourquoi Allen ne peut pas lâcher prise pour un truc aussi trivial. 1-1, voilà, le canadien a pris la monnaie de sa pièce et puis c’est fini. Il lui jette un regard en biais le mec est tellement au bout du rouleau qu’il s’en met à causer norvégien, c’est chaud quand même, et dit :

- Allen. C’est développé sur papier. Puis au moins on est quittes.

J’veux dire, c’est développé et son appareil a l’air d’être une daube argentique, un argentique Allen, ça ne peut pas se retrouver sur leur compte Facebook où je ne sais quoi. Ouais, je sais que sa réputation et est jeu et que bon, j’avoue qu’être affiché sur internet ça semble très chiant dit comme ça, mais ça va être développé sur pellicule et ça va pendre sur des petites cordes. Et puis si on est là à 19h pile, personne d’autre n’aura vu la photo. Dans, « vous serez affiché avec les autres » ça doit être au sein même du parc. Enfin je sais pas.

Et puis Allen disparaît d’un coup avant de repartir au pas de course vers la caissière qui le regarde arriver, pas vraiment certaine de ce qu’il va lui arriver. Il va lui casser les dents, elle va rien comprendre de pourquoi il est autant énervé d’un coup alors qu’il doit gérer sans fois pire dans sa vie de tous les jours. Clairement je comprends pas ce type des fois.

-Gardez-moi ça, s’il vous plaît. Et si vous montrez cette photo à quelqu’un d’autre que moi, je vous attaque en justice.

Et ben au moins cette fois-ci il sait ce qu’il veut. Dire qu’il a accepté des places gratuites non mais sérieusement, j’espère qu’il va les regretter sévère.
Que Rosie ne verra jamais cette photo.
Et qu’Allen lui même ne puisse pas voir le cliché. Je le cramerai avant.

Il revient avec un plan. Simje n’a aucune idée de l’heure qu’il est et aucune idée de l’heure à laquelle ferme le parc. Autant on va se retrouver devant un spectacle d’otaries à 23h avec un feu d’artifice et une parade, on va rien comprendre.

-Une préférence ? Oh, et si tu as envie de lâcher un nouveau bon gros rire, te retiens pas.

Mais c’est qu’il boude, en plus, le bestiau ! Insupportable. Il finit par se dérider et puis ça fini par un rire qui éclate comme une bulle.
Jolie bulle.

- J’irai bien manger des pommes d’amour.

Pfpfpf ahahah, c’t’une blague Allen. Le polonais se décale franchement dans une grande précaution, au cas où l’autre ait à nouveau envie de lui en coller une. Simje n’est pas franchement ce qu’on peut appeler quelqu’un de rompu au combat, et il sent la possibilité qu’Allen lui colle une grosse patate dans le bras. Peut être que c’est ça, son nouveau don : voyant du futur, ahah.

- En vrai j’aimerais bien aller voir les tortues. Si y’a des tortues.


Pitié, qu’on me force pas à aller voir les orques si y’a des orques sinon après je vais culpabiliser à mort et je vais me sentir obligé de monter une association pour protéger les baleines, et tout et tout, et c’est pas actuellement dans mon projet de vie. Pas que j’aie des projets de ouf, mais peut être que je vais finir directeur à la place, aha.
Si tu es dans ma tête Allen, sors d’ici tout de suite.


- Et puis après si on a le temps, on pourra aller la faire encadrer pour que tu puisses l’afficher dans ton bureau... ahah. T'as quand même menacé quelqu'un d'attaque en justice pour une photo.

Peut être qu’il rigole, peut être qu’il râle aussi un peu. C’est pas un drame sérieusement, surtout quand on a l’explication derrière, ça pourrait faire une histoire à raconter à ses potes avec une bière. Mais il n’y a pas l’air d’avoir une envie d’histoire par ici, ni de bières, ni de potes. Mais Simje reste quand même de bonne humeur, tout léger, on va aller voir des tortooooises ! et il se dit que peut être bien qu’il aurait du ramener une peluche lui aussi, s’il n’avait pas été aussi ingrat, aussi lointain. Mais on ne se refait pas, n’est-ce pas ? Quand on est un caillou, on reste un caillou et puis c’est tout. Peut être que ça le saoule en plus Allen que je cailloute, mais j’pense quand même que les gens globalement s’en foutent un peu. A part Rosie, mais qu’est-ce qu’elle est casse-couille aussi, à tout vouloir toujours contrôler. Pas dans le genre Allen, plutôt dans le genre « j’aimerais que les gens soient comme j’ai envie qui soient et me fasse me sentir bien ». Normal quand même qu’elle n’arrive pas à se garder de copain.
Pas que je sois expert en la matière, mais quand elle vient me dire qu’elle lui a râlé dessus parce que son nouveau gars lui dit un peu sans cesse ses quatre vérités, et ben oui, oui meuf, oui, certaines personnes sont sincères. T’as pas l’habitude parce que dans la famille, on fait chou blanc questions sentiments, mais va falloir s’y faire.

BREF.


- Regarde à gauche, y’a les bassins avec les tortues. Y’a l’air d’avoir plein de tortues.

Simje passion fixation. Les tortues, les tortues, les tortues. Rien que le mot tortue est vraiment passionnant. Il s’engage donc sur la petite route en se retenant de continuer d’emmerder Allen à l’infini comme « si la caissière repasse, fais gaffe hein, on n’a pas l’air en couple là, ahahah » ou d’autres. N’empêche que si un jour on se refait prendre dans un traquenard comme ça, on, n’y, va, pas.

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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Mer 14 Mar 2018 - 21:39


"Un jour, on finira globe-trotteurs"


On est perdus. Perdus en plein milieu du désert, dans une ville qui survit sur des réserves épuisables. Simje, parfois j'ai l'impression que ça nous définit bien. Je sais jamais ce que tu penses. Je ne sais même pas ce que je pense de toi.


« Y’a des fois, j’ai juste besoin d’être un gosse. »

Je ne sais pas trop pourquoi, à vrai dire. Ça n’arrive pas souvent dans ma vie d’avoir le temps ou l’envie de faire le guignol ou tester des choses dont je sais qu’elles me feront sortir de ma zone de confort… et probablement de celle des autres. Il n’y a d’ailleurs qu’avec peu de monde que je me sens finalement assez en confiance pour oser m’ouvrir un peu plus, marquer mon vrai caractère et assumer tous ces petits défauts inconcevables dans mon métier. Comme cette fantastique faculté à craquer mon mental pour tout et rien. On pourrait penser que ça y est, Allen est devenu adulte, Allen dirige beaucoup de personnel et est habilité à gérer des cas de crises cent mille fois plus complexes qu’une image de marque menacée par un baiser. Mais non. Enfin si, les cas de crises, je les gère. J’aime plutôt ça même, mon cerveau fonctionne à une telle vitesse dans ces moments que cela en devient presque enivrant. Fatiguant aussi.

Ici, je n’ai pas à me poser de questions sur le travail. Je suis à Las Vegas, et comme s’il s’agissait de vacances, je me trimballe avec une peluche de dauphin sous le bras. Même si l’on oublie rarement totalement les sujets en cours attendant au chaud sur le bureau, ça ne change rien au fait que je ne me trouve pas au Canada actuellement. Et ça, ça en dit déjà beaucoup sur mon état mental. Moins de pression, entre autre.

N’empêche que le coup du baiser… Hm. On ne reviendra pas dessus. Même si bon, ça mériterait un encart dans mon journal mental hebdomadaire. Je suis encore à la recherche du titre. Quelque chose comme « Le polonais qui a craqué ». Non, sérieusement, la dernière fois, je lui ai mis un vent monumental en lui fermant la porte au nez tellement j’étais choqué et désespéré de mon acte. Ça aurait dû lui suffire. Et quand je dis suffire, c’est genre pour une vie entière. Mais non, visiblement ce qui lui est passé par la tête à ce moment se fichait pas mal de « la dernière fois ». Donc oui, je l’ai regardé avec des yeux ronds, prêts à sortir de leurs orbites, à deux doigts d’aller se suicider sur le sol et rouler jusqu’à la fosse de Marianne pour atteindre le point le plus profond de la Terre.
Comment je ne pourrais pas être choqué ? Sérieusement, est-ce ce que l’on appelle communément une vengeance ?

Comme tout homme très original que je suis, j’ai donc réitéré mon schéma. A défaut d’une porte, j’ai balancé ce que ma main tenait très fermement. Heureusement pour lui qu’il se soit agi d’une peluche et non d’un quelconque objet contondant ou métallique. On ne sait jamais, j’aurais très bien pu me rendre compte trop tard des dommages causés. Je ne dis pas que je suis irresponsable ou impulsif mais… Mais voilà.

Je le regarde donc de ma tête de merlan frit, pas vraiment aux faits de ce que je suis censé répliquer. J’opte donc pour une séance moralisatrice raccourcie. On s’est affichés. Oh ça oui. Je dirais même que si pour une raison ou une autre cette photo se retrouve autre part que sur leur mur, il se souviendront de moi jusqu’à la fin de leur existence et me maudiront pour plusieurs générations. Et oui, mes menaces ne sont pas à prendre à la légère.

Simje, il sourit un peu à ma phrase. Je ne sais pas trop pourquoi, à vrai dire je ne me sens que moyennement bien. Je sais que cette sensation va très vite passer et que concrètement ce sont des choses que je peux oublier assez vite. A vrai dire, je ne sais même pas trop la raison pour laquelle je suis choqué. Je veux dire, il n’y a rien derrière cette petite embrassade. Rien qui ne vaille la peine de s’en préoccuper plutôt. Alors laissons les choses redescendre comme elles sont montées. Exponentiellement. Je lâche un soupir.

Ça ne m'empêche pas de râler une nouvelle fois et laisser ma langue maternelle se mêler de ce qui ne la regarde pas. Les choses sont plus claires lorsqu'elles sont en norvégien bien que je sois finalement assez peu sollicité dans cette langue. En général je ne m'étale pas sur des phrases car je sais que c'est comme parler égyptien à un anglophone, mais je soupçonne Phil de chercher à comprendre les quelques mots qui s'échappent parfois de ma bouche. Bon courage.

- Allen. C’est développé sur papier. Puis au moins on est quittes.

Merci de ne pas sous-estimer la technologie, monsieur le polonais. Actuellement, on est capable de faire à peu près tout et n’importe quoi avec ça. Comme récupérer des photos supprimées. Comme les extraire aussi d’un vieux modèle. On peut accéder à beaucoup de choses maintenant que l’on vit dans l’ère numérique où tout n’est que connexion et haut débit. L’appareil n’est pas un polaroid, il ne développe pas directement la photo après le déclencheur, il faut extraire les informations pour la développer DONC il y a un fichier répertorié dans leur base de données susceptible d’être mis au grand jour. Moralité, mieux vaut rester vigilant. Je souffle bruyamment pour marquer mon mécontentement. Et puis c’est quoi ce « on est quittes ». D’où on est quittes ?

-Ramène pas ça sur le tapis, c’est bon, je me suis déjà excusé.

Oui, et ce serait sympa de ne pas me le rappeler. Non pas que j'en ai honte – bon un peu quand même - mais si ça ne tenait qu'à moi, je remonterais le temps et je réfléchirais au lieu d'agir comme cet écervelé que je ne suis – normalement – pas. J'essaye de ne pas paraître inquiet, mais ça se sent que je ne suis pas tout aussi détendu qu'à mon habitude. Me changer les idées ? Oui, pourquoi pas, mais les seules choses amenant au débat autour de moi sont les couleurs psychédéliques des peluches dont j'ai déjà posé la thèse précédemment et Simje. Et je ne veux pas débattre sur Simje parce que cet homme est somme toute incompréhensible. Choc des cultures.

Pas le temps de bailler aux corneilles, je me dirige précipitamment vers la caissière et lui balance deux-trois mots soigneusement choisis. Bon, au moins on a une entrée gratuite, je devrais m'estimer heureux. Mais qu'à cela ne tienne, la prochaine fois je fais un effort et je passe au-dessus de mon avarice maladive. Et de ma tête de pigeon touriste aussi.
Bref, nous nous dirigeons donc enfin vers l'entrée, laissant en plan la demoiselle qui finalement n'aura jamais eu le fin mot de l'histoire et se sera en plus faite menacée. Ma cordialité dépasse l'entendement humain. Et puisque je suis bien lancé, j'en profite pour accorder à Simje le luxe d'un dernier rire moqueur. Finalement, c'est moi qui me met à rire le premier, la descente sur Terre s'étant enfin achevée.

- J’irai bien manger des pommes d’amour.

Mais qu'est-ce qu'il est chiant. Je pousse ce long soupir, propre aux personnalités habituées au monde de la désillusion. Blasé. Il n'apprend jamais ce mec. Un vrai gosse. Avec son beau sourire de gosse aussi, qui lui monte jusqu'aux oreilles et le rajeunit incroyablement. Pas croyable. Il se décale sur le côté et je le regarde sans comprendre, enfouissant mes mains dans mes poches, finalement assez satisfait de la tournure actuelle – et j'insiste sur l'actualité présente et non pas passée - des choses. Au moins, on va pouvoir voir plein d'animaux, ça doit faire des années que je ne suis pas entré dans un aquarium. Bon, en même temps ça a longtemps été ma phobie, à tel point que j'ai développé ma critique personnelle sur le caractère éthique de ces établissements pour justifier mon aversion. On fait avec ce qu'on a. Je pourrais laisser fleurir les théories sur ce qu'il a bien pu se produire mais je préfère ne pas vous en laisser l'opportunité. Quand vous vous baladez dans un aquarium à 14 ans en pleine crise d'adolescence et que vous n'en faites donc qu'à votre tête, tomber dans les pommes pour avoir gelé le bassin tactile et piégé les mains de dizaines de gosses non doués, ça a de quoi vous refroidir – sans jeu de mots – pour une vie. J'ai grandi depuis et heureusement pour moi je contrôle mieux mon pouvoir qu'à l'époque mais de vieux souvenirs peuvent suffire à me perturber. Je n'en parlerais pas si ça ne me touchait pas un temps soit peu.

- En vrai j’aimerais bien aller voir les tortues. Si y’a des tortues.

Les... tortues ? J'acquiesce de la tête. Est-ce que c'est méchant de dire qu'entre toutes les espèces présentées dans un aquarium, c'est la tortue qui correspond le mieux à l'image que je me fais de Simje ? Hm. Peut-être un peu. Et moi, je suis quoi ? Je lui demanderai bien mais n'importe qui ferait immédiatement le rapprochement et se demanderait "pourquoi il m'a posé cette question ?". Parce qu'tu r'ssemble à une tortue, gros. Nan, mauvaise idée.
Y'a des tortues même ? Aucune idée. Ces bestioles c'est un peu le malaise. Je ne comprends pas les gens qui trouvent ça mignon. C'est comme un gros rocher avec des trous desquels sort un ersatz de peau fripée. Ça se déplace à deux à l'heure et combo, les plus colossales pèsent 900kg. Mamie Gertrude et son surpoids à côté c'est du pipi de chat. En plus, le taux de mortalité après la naissance est genre quasi négatif. Si ce n'est pas une preuve tangible pour annoncer leur déclin... Achevez-les au lieu de les préserver, de toute façon, avec la sixième extinction massive, on court fatalement à une diminution drastique des espèces, quelles qu'elles soient. C'est sûr qu'à déverser nos déchets et alimenter le septième continent de plastique, on va pas aider la biodiversité marine.

Bref, passons sur mon discours engagé et concentrons-nous sur l'intérieur du bâtiment. Ça sent le fun, non ? La monnaie partout, pour acheter tout et n'importe quoi. Ça sent tellement l'argent que l'on pourrait effectivement y décrire une odeur. Et puis, il y a de l'eau partout. Nous sommes encerclés par des tubes avec d'ors et déjà des colonies de poissons tropicaux dont j'ai oublié les noms. Poissons partout. Eau partout. Bah, tout va bien, je n'ai plus dix ans.
Vous avez déjà ressenti cet incroyable paradoxe qui vous pousse à vous rappeler que vous devez rester calme mais qu'à force d'y songer vous finissez par faire l'inverse ? C'est à peu près ce qui m'occupe en ce moment. Reste calme. C'est de l'eau. T'as grandi, tu sais gérer ton pouvoir. Tu risques rien, tu maîtrises. Tu maîtrises. Y'a rien de pire comme mot pour s'auto-persuader de quelque chose. C'est comme si à l'instant où on prononce ce mot, t'as ce gars qui est toujours au fond de la classe qui se lève et te lance un "t'es sûr ?". Ce n'est pas du tout le bon marché.

- Et puis après si on a le temps, on pourra aller la faire encadrer pour que tu puisses l’afficher dans ton bureau... ahah. T'as quand même menacé quelqu'un d'attaque en justice pour une photo.

Merci d'être intervenu. Et non, cette photo n'apparaîtra nulle part. Je la détruirai avant que quiconque ne l'observe. Parce qu'il en va de ma réputation. De notre réputation à tous les deux même, bien que tu n'aies pas vraiment l'air de t'en formaliser. Ou bien c'est une couverture. Ou une carapace. Comme les tortues. Simje la tortue. Si j'adopte un jour un chélonien je l'appellerai Simje. Mais ça n'arrivera pas parce que, moi vivant, aucun animal ne franchira le seuil de ma maison, même si c'est un bébé je ne sais pas trop quoi déposé sur mon palier. On ne m'aura pas à ce petit jeu.
Bien, je me défends ? Je me défends.

-C'est légitime. Et puis je ne menace pas les gens sans raison. Mais là c'était... bref. Allons voir tes tortues.

Je n'ai même pas envie de me battre là-dessus. Je garde soigneusement mes mains dans mes poches comme pour me rassurer mentalement. Je touche avec les yeux comme dirait el proverbe. Proverbe très étrange d'ailleurs. Est-ce qu'un pecno s'est déjà amusé à tester ? Pauvre de lui et de sa cornée. Qu'ils reposent en paix. En même temps, la logique a tendance à se faire désirer sur ce genre de citation. "J'en mettrais ma main à couper". Rip à la main en question si l'affirmation du pauvre estropié s'en est trouvé fausse.

On avance doucement. C'est vrai que vivre dans l'eau ça a tout de même l'air assez fantastique. Pas de gravité. C'est parfois comme voler selon la turbidité de l'eau. Enfin je suppose. Encore une fois, la plongée ne fait pas partie de mes priorités de vie. Beaucoup trop de risques à prendre, je préfère encore sauter en parachute. Pour moi, l'adrénaline est comparable.

- Regarde à gauche, y’a les bassins avec les tortues. Y’a l’air d’avoir plein de tortues.

Ça va, les tortues, je pense qu'elles ignorent même la définition de l'adrénaline. J'ai peut-être de terribles idées reçues, comme la majorité des personnes ici présentes mais vraiment, à les voir elles me font un peu pitié. Pas toi Simje, qu'on s'entende là-dessus. Quand tu seras devenu un papi, on en rediscutera peut-être.
Je me penche sur la balustrade nous gardant à bonne distance des rochers ambulants et observe leur démarche posée. Ça me stresse presque de les voir. J'ai envie de leur poser un moteur sur l'arrière de leur carapace. Leur train de vie et le mien est à des années lumières. C'est plutôt rassurant, cela dit. Je me tourne vers Simje et constate l'évidente passion qu'il a l'air de porter pour ces machins.

-Tu t'essayes à la télépathie animale ? Si c'est pas le cas, sache que tu risques de les effrayer à les fixer comme ça.

Moi, je dis ça, je ne dis rien. Evite juste de me lancer ce genre de regard si possible, je trouve ça assez flippant. Si ça se trouve, il essaye vraiment de communiquer avec eux. Mais je me contenterai d'effectuer des hypothèses aujourd'hui, mon cerveau m'en sera gré.

Bon, on peut pas aller voir des trucs impressionnants ? Genre... des carnivores. Ils doivent bien les nourrir à un moment non ? On peut aller voir les requins. Ou les orques. Ou les dauphins. Ou n'importe quoi d'autre qui bouge, par opposition à ces quadripèdes. Il y a des méduses un peu plus loin, avec des lumières de toutes les couleurs qui se reflètent sur leur allure spectrale. Pas sûr que les LED leurs soient bénéfiques, mais après tout, elles n'ont pas d'yeux.

Du coup, je m'éloigne un peu pour aller visualiser les méduses d'un peu plus près. Il y en a tellement pour un si petit espace, je me demande si c'est vraiment aux normes ces trucs. Ah, rappelons-nous que nous sommes ET dans un aquarium ET à Las Vegas. Deux détails à ne pas oublier. Le respect des conditions de vie animale, c'est fait si ça rapporte. Et vu la masse d'eau nécessaire au fonctionnement d'une infrastructure d'eau de cette envergure en plein désert, je doute que l'espace vital d'une méduse fasse partie de leur priorité. Je m'approche, mais pas trop près. Toujours. Une. Distance. De. Sécurité. J'ouvre le dépliant pour voir s'il y a des animations sympa et balance en pouffant :

-Y'a les animations pour les enfants si tu veux dans 10 minutes. Je te dépose là-bas ?

Y'a un spectacle acrobatique de dauphins aussi. Payant. Pas question que je rentre dedans. Trop près de l'eau. Non, mais je vous jure, être dans un lieu public avec autant d'eau c'est comme me faire fureur pour marcher sur une corde avec des trampolines ultra confortables au cas où je tombe. A fortiori lorsque cela implique une vieille peur d'enfant.

-Sinon si tu veux toucher les tortues, ils les nourrissent dans quelques minutes aussi et ils proposent de les prendre dans tes mains.

Et moi je vais voir les requins.

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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Mer 28 Mar 2018 - 11:34

Allen souffle subitement, de manière raide et sèche. Simje plisse un peu les yeux, vaguement mal à l’aise. Il sent bien l’agacement qui émane du canadien et ça le gave un peu, il marche toujours sur des oeufs et c’est insupportable, il a du mal à le cerner et putain, c’est comme si j’étais en train de flotter sur une mer d’huile et que subitement une vague arrivait, sans vent ni peine, sans orages, sans éclairs, sans colère. Impossible à comprendre. Mais le pire c’est qu’il ajoute :

-Ramène pas ça sur le tapis, c’est bon, je me suis déjà excusé.

Et Simje fronce un peu le nez avant de se détourner. C’est bon je sais j’ai compris. Pas qu’il ne soit vexé ou quoi que ce soit, seulement que les deux fonctionnent d’une manière tellement différente que peut être, peut être qu’on n’est juste pas fait pour se croiser. Simje a besoin soit, d’enterrer le sujet, soit d’en plaisanter pour le rendre léger, running joke vidée de son sens, nécessité pour pouvoir la sortir de sa tête. Mais Allen se froisse comme une feuille de papier sans cesse soigneusement repassée.. pour être à nouveau froissée par les mots de Simje.

Allen se déride finalement un peu difficilement, mais ça n’a pas l’air de venir que de moi. Il semble inquiet, pas anxieux mais juste vaguement anxieux. Simje pourrait essayer de s’ouvrir un peu plus, l’observer ou essayer de sentir les phéromones qu’il dégage mais c’est inutile, le parc est saturé d’odeurs et d’émotions et il ne veut pas faire du canadien un cobaye de son pouvoir.
Il essaie de laisser couler - comme s’il savait faire - et pousse tout dans un coin, se baladant sur le bitume tâché de sel. Le canadien dit oui aux tortues, et c’est parti pour les tortoises, amen.
Mais Simje n’apprend jamais. Il a besoin de plaisanter, il a besoin d’alléger les choses pour les laisser se perdre plus haut, dans l’espace, peu importe. De les laisser partir. Mais Allen se défend, carapace qui revient ou réflexe. Peut être même rien de tout ça, seulement un réel ras-le-bol, lâche lui la grappe Simje, c’est toujours pareil, t’as envie de bien faire et tu fais mal, t’aimerais bien paraître intéressant mais t’as l’air stupide, lâche, l’affaire.

-C'est légitime. Et puis je ne menace pas les gens sans raison. Mais là c'était... bref. Allons voir tes tortues.

Le polonais hoche la tête et se met à marcher jusqu’à trouver les tortues, les tortues, les, tortues. LES TORTUES. Il les fixe un moment, se retenant de patpater le verre comme un enfant, toquer sur les parois pour attirer leur attention. Alors qu’une fois qu’elles te regardent, et bien quoi ?
Et bien rien.
Comme Allen.
Tu peux passer du temps avec et faire genre la distance c’est pas un problème pour être potes, faut pas trop pousser non plus. Pologne contre Canada, en sachant que ni lui ni moi n’avons le temps de parler - ou l’envie ? - par messages - ou pire, PAR MAIL - qu’est-ce qu’on fait là ?

Qu’est-ce qu’on fait vraiment là ?


-Tu t'essayes à la télépathie animale ? Si c'est pas le cas, sache que tu risques de les effrayer à les fixer comme ça.

Simje sursaute presque, totalement obnubilé par ce qu’il était en train de penser. Il lâche un sourire passe partout, parce qu’il n’a aucune idée de ce qu’à pu dire Allen, mais alors vraiment le néant, mais il pense déjà à autre chose : à nouveau les tortues. Les plus belles, les plus cool. Même si ça lui fou toujours un peu les boules de les voir dans un bassin et pas à tourner en rond. Ca doit peut être être stylé pour elles, qui sait. Elles ont beaucoup moins de chances de décéder. Mais bon. D’un autre côté, passer sa vie enfermé, c’est pas vraiment vivre ?
Est-ce que ça ferait pas écho à sa propre vie ?

-Y'a les animations pour les enfants si tu veux dans 10 minutes. Je te dépose là-bas ?

Mais Allen ce coup-ci a retrouvé son ton enjoué, il à l’air plus détendu - mais pas complètement, est-ce que Allen peut être détendu complètement ? - et puis Simje lui répond d’une grimace digne d’un petit enfant.

- Vraiment très drôle. Ton humour m’épate.

C’est vraiment très grand quand même. Ca doit puiser des litres d’eau dans les nappes phréatique, puis imagine le transport ? Le transport de dauphins, de baleines ? Dans des boites closes mais percées pour l’oxygène, immobile, à attendre que les hommes soient en charge de les faire sortir. En charge de tout à vrai dire. De les faire naître. Les nourrir, à quelle heure, quoi, comment. Faire des tours, faire des sauts, jouer ou pas, mourir ou pas.
Sortir d’un jour ici.
Ou pas.


-Sinon si tu veux toucher les tortues, ils les nourrissent dans quelques minutes aussi et ils proposent de les prendre dans tes mains.

Imagine je les touche et je ressens à quel point c’est le malheur et l’ennui et le décès ?

- Non, ça ira, (sourire poli) j’vais te suivre.

Et go pour les requins donc. Ils n’en ont pas de trop grands, globalement ils n’en ont jamais mais des pointes noires, des pointes blanches, des super laids que je juge avec beaucoup d’objectivité. En vrai je vois pas pourquoi ils ne pourraient pas avoir de grand requin blanc alors qu’il y a des orques. Je comprends encore moins pourquoi on peut dresser un orque - dans le sens de le forcer à faire des trucs, alors que les machins ils sont super intelligents et dans la nature c’est les pire - et pas les requins. Peut être parce qu’une orque c’est mignon, du coup on veut que ça apparaisse gentil ? Aucune idée. Je sais que pour les forcer à faire des tours, on demande à une orque entraînée de faire le tour mais en même temps on le demande à une orque qui ne connait pas le tour. Si l’une des deux ne fait pas l’exercice, les deux sont privés de nourriture. Donc souvent, l’entraîné prend rancoeur et agresse l’autre. Et l’autre est obligé de réflechir et se soumettre.

Et après on ose encore avoir de l’estime pour les hommes.

Puis y’a les requins, qui ont juste besoin d’avoir l’air menacé, trente milliards de dents aiguisées en plusieurs rangées, se balançant tranquillement en faisant le tour, encore le tour, toujours le tour du bassin.
Ils ne sont pas ronds, c’est déjà ça.

M’enfin.


- Et ehm d’ailleurs.

Il a conscience que ça n’a aucun rapport mais c’est juste pour parler.

- Tu vas prendre Kelyann quand il sera plus grand comme apprenti du coup ? C’est juste pour causer hein, pas de pression. Ca a l’air de bien se passer, c’est incroyable la patience que t’as du avoir pour qu’un gosse débarque comme ça chez toi.

Et les requins qui sont toujours pas beaux.

_________________


Spoiler:
 

- Est-ce que tu as déjà tué quelqu’un ?
- Oui mais c’était des méchants !


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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Lun 23 Avr 2018 - 16:41


"Un jour, on finira globe-trotteurs"


On est perdus. Perdus en plein milieu du désert, dans une ville qui survit sur des réserves épuisables. Simje, parfois j'ai l'impression que ça nous définit bien. Je sais jamais ce que tu penses. Je ne sais même pas ce que je pense de toi.


« On rit, on gueule, on s’apprécie mais est-ce qu’on pourrait se détester ? »

Je me fais souvent des réflexions inutiles. Au fond de moi, j’ai toujours la sensation que nous ne vivons que dans une dimension et qu’il en existe des dizaines de milliers d’autres, où nous ratons tel ou tel événement de notre vie qui modifie significativement notre futur et l’amène à devenir plus lumineux ou plus sombre. Dans une autre dimension, je ne serais pas directeur. Je serai devenu un exorciste lambda. Peut-être serais-je déjà mort au combat dans une dimension. Dans une autre, j’aurais rencontré une fille. Peut-être serais-je même déjà fiancé. Dans l’un d’eux, il n’y aurait pas eu de Sri Lanka. J’aurais pu me suicider suite à la douleur de la guerre. J’aurais pu ne jamais rencontrer Phil. Kelyann n’aurait jamais toqué à ma porte ou je l’aurais refusé. J’aurais pu devenir un conservateur.
Sim aurait pu être un ennemi.

Je m’angoisse pour des choses futiles. Au travail, ça ne m’arrive pas trop, principalement parce qu’un trop grand nombre d’informations m’arrivent en pleine face. C’est comme tout, les dépressions se font souvent en période de manque d’occupation. On prend davantage le temps de se poser des questions rhétoriques, de s’interroger sur le futur, questionner le passé, stresser, se renfermer.

J’ai rarement l’occasion de me vider l’esprit, mais avec Sim, c’est facile. Impossible de dire pourquoi, sans doute parce que nos rencontres sont toujours dénuées de sens. Elles n’ont ni logique ni importance, elles se déroulent et nous flottons sur un destin tout tracé, tout écrit. Rien ne sert de se questionner quand subir semble la meilleure option. Pas besoin de stresser non plus. A quoi bon ressasser le passé lorsque le futur semble déjà tracé ? Et le plus amusant ? Malgré tout ce scénario, je n’ai toujours aucune façon de connaître mon futur. Ni celui de mes amis, de mes collègues, des connaissances.

Je fixe les tortues, adossé aux barrières. Puis observe mon entourage. D’abord Simje, visiblement en pleine discussion mentale avec les chéloniens. Puis les couloirs dans lesquels circulent couples et groupes. Pas de solo. Je n’ai jamais compris pourquoi ce type d’endroit n’attire pas de solitaires. Il y a suffisamment de personnalités pour ne pas se sentir isolé. Mais la solitude fait peur à tant de monde. Je suis parti de moi depuis tellement d’années qu’elle ne m’effraye plus tant que ça. Et puis, avec Kelyann à la maison, on ne peut pas vraiment dire que je me sente délaissé. Il a beau avoir 13 ans, il reste très instable et il faut savoir faire preuve d’une patience infinie. Parfois, je craque. Jamais très longtemps, mais ça a fait quelques dégâts. J’aimerais avoir une minute de silence pour ce réfrigérateur ayant vécu le froid le plus glacial de son existence. Tellement froid qu’il s’est engouffré dans les câbles et a fait 1. Péter les plombs. 2. Manqué de m’électrocuter.

Merci Kelyann.
C’est tout pour moi.

Franchement, à y repenser, je me sens un peu nul de m’être emporté. Pour dire, je ne me souviens même plus de la raison m’ayant poussé à mettre à mort le frigo – non parce qu’il est quand même parti à la déchetterie. Le pauvre a dû se faire griller de froid, ce qui est plutôt un comble pour un frigo et qui devait bien signifier l’état de ma glace et donc de mon degré d’énervement. Pas toujours facile d’être élémentariste.

Et voilà, je n’ai plus rien dans la tête maintenant. Comme le réfrigérateur qui a cramé. Un vide intersidéral, si profond qu’il pourrait presque se connecter aux autres dimensions de cet univers. Je pourrais rencontrer l’homme fiancé en tendant la main. Mais en ai-je seulement l’envie ? Non.

Je fais une remarque à Simje sur sa fixation, me reconnecte à mon présent. Vivre dans le présent c’est tout de même la meilleure des habitudes à avoir. Beaucoup de spécialistes assureraient qu’il limite la propension à la dépression. Alors vivons dans le présent. Ne prévoyons plus.

Et puis quoi encore ?

Il sursaute et je sursaute presque avec lui, un pied dans le présent, l’autre on ne sais où, quelque part entre le tout et le rien, le futur et le passé, les songes et les limbes. Mort et propulsé dans la vie. Mais la joie revient comme un coup de canon, sans raison, propulsé par une adrénaline venue de nulle part, comme pour signifier qu’il faut continuer, que l’histoire n’est pas finie. A partir de quand a-t-elle commencé.

Je blague en parcourant le planning des animations. Rien n’est très intéressant. C’est amusant d’être ici, mais plus je vois ces animaux marins en plein désert, plus le manque de logique m’atteint. Pourquoi ? Prouver quoi, au juste ? Que l’homme est supérieur ? Et qui va leur dire que c’est bien, ou que c’est mal ? D’autres humains. Aucun intérêt, en somme. D’autant qu’une bonne tempête de sable, un tremblement de terre, l’assèchement du lac proche et c’est une cité fantôme dont on parlera dans les livres d’histoire pour peu que l’espèce existe encore d’ici là.

On va voir les requins ?

- Vraiment très drôle. Ton humour m’épate.

Il grimace. Je souris et lui propose d’aller nourrir les tortues. L’endroit sera très certainement blindé d’enfants à ce moment mais je ne suis pas là pour juger des préférences de chacun. S’il veut nourrir des tortues, qu’il le fasse. Je me contenterai de regarder de loin avec les couples et les nourrices.
A ma remarque, il se contente d’un sourire poli avant de répondre très légèrement par un :

- Non, ça ira, j’vais te suivre.

Me suivre pour où ? Aller voir les requins. Entretenir des conditions proches de la torture pour le simple bon plaisir des yeux. Lire de joyeux panneaux au design soigné et attractif et représentant l’animal dans son milieu naturel, vantant les quelques vingtaines de kilomètres parcourus par jour et les pointes de vitesses pour attraper une proie vivante. Puis observer l’animal dans son bocal, tourner en rond avec l’intelligence d’un être vivant. D’un être vivant n'ayant pas décidé d’être là, mais forcé de coopérer. Les hôpitaux de fous, les chambres insonorisées, les aquariums, finalement est-ce que ce n’est pas pareil ? Qu’est-ce qui fait qu’untel vivra en pleine nature et un autre enfermé toute sa vie, nourrit aux antibiotiques pour satisfaire non pas son bonheur à travers sa longévité mais la propre monnaie du directeur.

Globalement, il n’y en a pas tant que ça. Une belle diversité certes, mais pas de plus impressionnants. Bah, difficile de rivaliser quand on a déjà eu affaire à un métamorphe grand requin blanc. Ajoutez un cerveau à cette herse de dents et vous avez le pire ennemi de l’humanité. Les métamorphes pourraient bien conquérir l’humanité. D’où l’intérêt de ne pas vivre avec un animal chez soi. Sait-on jamais, les espions sont partout.

Je m’égare.

Le téléphone vibre dans ma poche. Les avant-bras posés sur la barrière en métal, je jette distraitement un coup d’œil en sortant mon cellulaire. Phil. Bah voyons. Il n’a pas honte de me déranger. Et puis il est quelle heure au juste chez lui ? Trois heures je crois. Enfin, on rajoute trois heures. Il devrait bientôt avoir terminé le travail. Enfin, pour peu qu’il ait vraiment travaillé aujourd’hui. Je raccroche. Il laissera un message.

- Et ehm d’ailleurs.

Ehm d’ailleurs quoi ? D’accord, on ne se moque pas. Le téléphone se remet à vibrer. Sûrement la messagerie qui me rappelle. Étonnant, d’habitude Phil n’est pas très rapide pour laisser un message vocal – comprendre qu’il a tendance à rajouter un nombre de détails inutiles frôlant la barre des 100% - mais soit. Je raccroche encore sans même regarder le destinataire pour ne pas manque de respect à Simje qui semble vouloir me parler.

- Tu vas prendre Kelyann quand il sera plus grand comme apprenti du coup ? C’est juste pour causer hein, pas de pression. Ca a l’air de bien se passer, c’est incroyable la patience que t’as du avoir pour qu’un gosse débarque comme ça chez toi.

C’est un « d’ailleurs » de transition donc. Un « d’ailleurs » qui veut dire j’vais te parler, donc reste à l’écoute. Kelyann donc. Je n’y ai jamais pensé. J’ai déjà Behati et je ne vais pas pouvoir assumer de deuxième apprenti tout de suite, mais après tout il est encore jeune. Sa formation d’apprenti ne va pas débuter tout de suite. D’autant qu’il ne pourra pleinement se mettre à la tâche tant que son frère ne sera pas retrouvé. Et comme je l’ai dit, gérer deux apprentis en plus de mon co-directeur, ça va commencer à devenir très tendu… à moins que lui-même ne se décide à en prendre un. Quoi qu’il en soit, il faudra avant tout gérer le problème du garçon. Et autant dire que, même directeur, c’est difficile de le tracer alors les retrouvailles ne seront pas pour tout de suite.

-Je ne sais pas, il est encore trop tôt pour juger. – Je ris assez légèrement – Sinon, je te rappelle que je suis quand même directeur, la patience et la maîtrise, ça fait un peu partie de mon caractère. Bon, sauf avec toi, j’avoue. Mais ça marche plutôt bien avec le commun des mortels et Kelyann est assez facile à cerner lorsqu’on a pris le temps de l’écouter.

RIP le frigo again.
Nouvelle vibration. Putain Phil, pour un peu tu deviendrais chiant.

-Excuse-moi, j’ai un appel visiblement urgent.

Effectivement, c’est Phil. Qui me propose gracieusement de rentrer fissa parce qu’une mission s’est visiblement si mal déroulée qu’il y a eu des morts et que de nombreux blessés sont présents au QG, en soins intensifs. Que ça concerne la mission de Cobàn, au Guatemala. Et que cette mission-là, normalement elle n’aurait même pas dû générer de quelconque dommage puisqu’elle aurait dû être à but observatoire. On ne saurait même pas encore ce qu’il se serait déroulé, tant les hommes semblent encore sous le choc. Espérons qu’il n’y ait pas eu de gros cailloux en jeu une fois encore. Et puis, il me rajoute également qu’un certain nombre d’allemands se sont pointés comme des fleurs pour récupérer des informations sur quelques recherches en cours. Bref, c’était plutôt l’anarchie depuis quelques minutes et Phil ne pouvait clairement pas tout gérer.
Je raccroche.

Je me tourne vers Simje, le visage un peu serré à la fois par la nouvelle et pour mes vacances écourtées.

-Je suis désolé, je vais devoir partir. Il y a des problèmes au QG et je… je dois y être le plus rapidement possible.

On dit au revoir à la peluche également. Ou je vais plutôt me la faire livrer. Mais payer des frais de ports pour une peluche… Très peu pour moi. J’inspire. Bon, vraiment pas de temps à perdre. Et évidemment, il n’y a pas d’Orpheo ou de portail par ici. Ce n’est pas le désert pour rien. Je vais devoir prendre le premier avion pour LA. Quelle joie.

-Je te charge de l’immense responsabilité de détruire ladite photo. Et prends la peluche si tu veux, je ne peux décemment pas filer au QG avec un nounours sous le bras.

Arrêt sur image. Est-ce que, par hasard, je n’aurais pas proposé à Simje de venir spécialement à Las Vegas pour qu’on passe du temps ensemble ? Est-ce que je suis sincèrement en train de lui dire salut au bout d’une petite heure alors qu’en vérité, il est venu là juste parce que je lui ai demandé ? Bien, au moins je m’en rends compte avant d’avoir fait une heure d’avion.

-Tu veux… venir avec moi ? ça ne va pas être spécialement drôle mais au moins quand le pic critique sera passé on pourra finir ces pseudo vacances. Ça ne sera pas le même cadre que Las Vegas mais bon, y’a quand même des trucs sympas à voir au Canada. Et je te paye le voyage bien entendu.

Et puis, je n’aurai pas la sensation de t’avoir fait venir à un endroit pour deux heures et une supplémentaire à m’avoir attendu. Et je pourrais emporter cette peluche par la même occasion si je la cache bien puisque l’on sera deux. Tout bénef.


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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Mar 24 Avr 2018 - 22:04

Je suis à peu près certain que je ne reviendrai jamais ici. Je ne sais pas si les hommes sont fait pour avoir un chez-eux, ou si être nomade est plus naturel mais je crois avoir besoin d’une maison, une ville que je connais par coeur. Peut être que certains nés à Las Vegas et qui y sont nés reviendront ici encore et encore inlassablement mais pour moi rien n’a de sens. Cette ville est une ville de lego, crée de toute pièce, elle n’a pas d’histoire. Au fond elle n’existe pas vraiment, elle fait partie de ces endroits absolument pas stratégiques pour vivres qui seront sûrement un jour abandonnés et qui n’ont pas lieu d’être. Un caprice. Rien n’est réel, même pas les étoiles.

Force est de constater qu’on ne voit pas les étoiles.


-Je ne sais pas, il est encore trop tôt pour juger. Sinon, je te rappelle que je suis quand même directeur, la patience et la maîtrise, ça fait un peu partie de mon caractère. Bon, sauf avec toi, j’avoue. Mais ça marche plutôt bien avec le commun des mortels et Kelyann est assez facile à cerner lorsqu’on a pris le temps de l’écouter.

Voilà pourquoi Simje hésite à être directeur également. Allen est toujours à cent pour cent, toujours prêt à décrocher son téléphone, toujours prêt à accueillir une soufflante interminable de Kelyann. Comment ? Mais surtout pourquoi ? Pourquoi se laisser bouffer par tout ça alors qu’il n’aurait pas d’autre chance, pas d’autre vie ?

Son téléphone insiste et continue de sonner. Il n’est pas idiot le polonais, il sait bien ce que ça veut dire et incline la tête l’air de dire, fais, fais mais ça lui fait un peu de peine. Il sait que ça ne devrait pas être le cas, sa vie n’est pas bien plus palpitante et il n’est pas libre pour autant mais donner autant qu’Allen est avoir si peu en retour, il trouve ça injuste. De toute façon il est d’une humeur de merde, il en a conscience. Pas aigri mais il a Las Vegas triste visiblement. Forcément que ça laisse des traces.

-Excuse-moi, j’ai un appel visiblement urgent.

Allen reste un moment au téléphone et, même s’il pourrait entendre, Simje laisse juste passer les mots. il entend qu’on a besoin d’Allen, qu’il y a des morts, qu’il doit y aller.

-Je suis désolé, je vais devoir partir. Il y a des problèmes au QG et je… je dois y être le plus rapidement possible.

Le polonais hoche la tête, il comprend. Et puis peut être que ce qui compte pour Allen c’est d’être occupé ? Qu’on ait besoin de lui ? De se tuer à la tâche ? Il ne semble pourtant pas poursuivit par son passé ou par ses rêves abandonnés. Peut être qu’il est vraiment passionné. Je lui souhaite.

-Je te charge de l’immense responsabilité de détruire ladite photo. Et prends la peluche si tu veux, je ne peux décemment pas filer au QG avec un nounours sous le bras.

Ca ne sert à rien de dire quoi que se soit. Il a fait mille heures d’avion pour venir ici, il s’est passé des choses, maintenant c’est fini - assez court quand même cette histoire. Simje n’est absolument pas du genre à râler ou quoi que se soit, pour le coup prend ce qu’on te donne, c’est à dire un peu de temps avec ton ami, et lâche le reste. Il lui sourit.

-Tu veux… venir avec moi ? ça ne va pas être spécialement drôle mais au moins quand le pic critique sera passé on pourra finir ces pseudo vacances. Ça ne sera pas le même cadre que Las Vegas mais bon, y’a quand même des trucs sympas à voir au Canada. Et je te paye le voyage bien entendu.

Le concerné secoue la tête, sincèrement désolé. Il aurait bien aimé venir même s’il faut l’avouer, il aurait été mal à l’aise d’être projeté au Canada une nouvelle fois, sans plan.

Sans planque, surtout.

- J’aurais bien voulu mais je peux pas me permettre.

Il se gratte le cuir chevelu avant de se passer une main dans la nuque. Il essaie vraiment de ne penser à rien et de laisser ses pensées passer sans les identifier pour éviter qu’Allen ne lise quoi que se soit - qu’aurait-il pu lire de gênant ?
Rien.
Ils sont subitement déjà un pied dans leur pays et leurs problèmes chacun et cette promiscuité le gêne. Ca le fait penser à ce livre sur les vampires, et sur le fait qu’ils puissent communiquer et lire les pensées l’un de l’autre seulement après avoir couché avec un autre vamp. Ca lui semblait une intimité plus acceptable que de pouvoir se loger dans la tête de n’importe qui.

- J’essaie de prendre du galon, tu comprends..

La blague est un peu minable mais il ne veut pas laisser son chez-lui trop longtemps, l’animal et Hannah aussi - il tient beaucoup à elle, c’est aberrant.

- Mais une autre fois. Et pour la peluche, tu devrais vraiment la ramener à Phil. T’as qu’a la faire livrer chez lui pour qu’après la tempête il puisse avoir un petit quelque chose pour s’en sortir.

Se sortir de la tempête bien sûr.
Et puis voilà, quoi, c’est fini. En soit, j’aurais pu de base dire non pour ma famille et prendre moins cher. Je serai arrivé vieux et puis j’aurais pas de souvenir, mais j’aurais vécu la vie la plus smoooooth possible. Aucune vaguelette, vous savez, celle que vous avez pas vue et qui vous fait boire la tasse ? Ca peut vous faire un truc à raconter c’est certain, mais c’est pas pour autant qu’elle casse pas les couilles.
J’sais pas.
J’sais pas les choix que je fais au final.
J’sais pas pourquoi je choisis Allen.
Parce que je fais genre ça me tombe dessus mais l’air de rien j’suis genre.. fidèle et concerné, toujours derrière.

Comment est-ce qu’on les choisi les amis ?

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- Est-ce que tu as déjà tué quelqu’un ?
- Oui mais c’était des méchants !


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MessageSujet: Re: Un jour, on finira globe-trotteurs   Mar 1 Mai 2018 - 15:03


"Un jour, on finira globe-trotteurs"


On est perdus. Perdus en plein milieu du désert, dans une ville qui survit sur des réserves épuisables. Simje, parfois j'ai l'impression que ça nous définit bien. Je sais jamais ce que tu penses. Je ne sais même pas ce que je pense de toi.


« Adieu. »

C’est ce qui résonne dans mes oreilles à chaque fois que l’on se sépare. C’est une sensation étrange, pas tellement agréable, assez inconnu jusqu’à présent. Notre relation, ça a toujours été très ambigu, très fort et puis ç monte comme ça descend. On se demande bien comment ça a commencé mais on ne se pose pas de questions sur comment ça terminera. Les rencontres sont toujours un mix de plusieurs hasards et se terminent de la même manière, par hasard.

« Salut. »

Ça peut vouloir dire bonjour, comme ça peut dire au revoir ou à jamais. Quand on se sépare, je me demande tout le temps s’il y aura une suite, si la fin de cette rencontre sonne comme un « à suivre » ou comme une « fin ». C’est d’autant plus inconfortable que ça ne génère pas de sensation particulière. A peine un tant mieux et un tant pis alors que nos retrouvailles sont pourtant si prenantes. Je me demande ce qui ne tourne pas rond chez moi. Peut-être que je prends peur à l’idée de m’attacher après tout ce que j’ai vécu. Il y a une petite voix qui me dit que la déception risque de me pointer du doigt, qu’un éventuel décès déclencherait un torrent de peine. Après tout ce que j’ai vécu, je ne serais peut-être pas capable de m’en remettre, alors c’est sans doute une protection.

Quand Phil appelle, deux pensées me traversent l’esprit. L’une s’intéresse à ce qui se trame à l’autre bout du continent et l’autre à la déception que je risque de provoquer chez Simje. Ou non ? On ne sait jamais vraiment avec lui. Même si je lis dans les pensées, je reste assez peu perspicace quant à ses réactions, diffuses. Comme si tout son être nous disait qu’il ne voulait pas déranger. Est-ce qu’un ami doit se conduire ainsi, en retrait ? Aucune idée, je n’ai pas fréquenté ce type de personnes par le passé. J’ai toujours eu des amis forte tête. Un cousin forte tête, un demi-directeur forte tête. Plein de fortes têtes.

Il secoue la tête. C’est un non. Pas strict, il me semblerait presque le voir s’excuser alors que je suis la cause de ce départ subit. Je devrais me sentir coupable mais j’ai juste envie de soupirer d’un coup, libérer n’importe quoi pour peu que le « quoi » soit quelque chose.

- J’aurais bien voulu mais je peux pas me permettre.

On peut se permettre ce que l’on veut, surtout quand je propose de tout payer. Mais je comprends le fond. Est-ce que je ne suis pas simplement en train de vouloir le balader pour m’assurer une bonne conscience ? Il me met simplement devant le fait accompli, le fait que je ne sois pas prêt à faire passer mes amis avant mon travail. J’ai le choix pourtant. Laisser mon co-directeur gérer la chose, rentrer plus tard. Mais non, j’ai un rôle qui me tient à cœur et je sais que je pourrais faire passer ce travail avant tout le reste. Non pas pour Orpheo, mais pour tous les gens qui comptent sur moi, tous les jours.

- J’essaie de prendre du galon, tu comprends..
-Pardon.

Je souris à peine. Toujours à vouloir détendre la situation lui. On ne sait même pas si l’on se reverra. C’est moins qu’une relation à longue distance, car chacun se satisfait de ces moments de silence entre deux rencontres. Ou bien… est-ce que ça ne lui va pas ? Il est si silencieux sur la question.
Je ne sais pas par où commencer. Ni par où finir. Ne devrait-on simplement pas se dire au revoir plutôt que de tout retarder ? Il le faudrait. Chaque seconde, c’est un temps de moins face à l’urgence à Ottawa.

- Mais une autre fois. Et pour la peluche, tu devrais vraiment la ramener à Phil. T’as qu’a la faire livrer chez lui pour qu’après la tempête il puisse avoir un petit quelque chose pour s’en sortir.

Ce n’est pas une mauvaise idée en soi, il faut juste que je me motive à donner mon adresse pour la transmettre chez Phil. Je peux mettre de côté mon avarice pour une fois. Allez Allen, un petit effort. Je jette un coup d’œil à ma montre. Il faut vraiment que je me motive à rentrer.

-Tu as raison.

Phil sera tout content, aucun doute là-dessus. Lui, il n’aura aucune honte à ramener une peluche au QG. Les gens vont le charrier et il s’en foutra royalement. A de nombreux égards, il est vraiment le camarade parfait. Un camarade qui parait impossible à énerver, qui plus est.

Je salue Simje et fonce à l’entrée, donne mon adresse à la dame de la caisse, demande à me faire livrer et revient en arrière pour rejoindre Simje à la sortie. Je reste un instant face à lui, pas certain de savoir comment lui répondre. Finalement, je décide de lui serrer la main tout en lui offrant une petite tape sur l’épaule et un très fugace « à la revoyure » sans vraiment savoir si cela sonne faux ou non. Ceci fait, je tourne les talons et hèle un taxi en toute hâte, les yeux bas, pas certain de vouloir affronter le gars que je laisse en plan en plein milieu du trottoir.
N’y pense pas. Juste, n’y pense pas.

Je me concentre sur mon téléphone et appelle immédiatement Phil pour m’enquérir des dernières nouvelles. Détourner mon attention.

Je suis doué pour ça.




[FIN]


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