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MessageSujet: Get through    Mer 8 Aoû 2018 - 18:13

Anja. Anja, Anja, Anja. Conquérante et soumise, vicieuse mais fière, sauvage, loyale mais fourbe, présente sans jamais être là. Le brun se fait craquer les phalanges en essayer de relâcher la pression mais il est plein de cette rage nauséabonde et il n’a plus aucun moyen de l’évacuer. C’est trop, tout le temps, il n’a pas de répit ou de pause. C’est simple : c’est sa vie, maintenant. Il passe à côté de tout. Il pourrait changer pour elle ?

On change pour soi, non ?

Non. Il a changé pour sa famille, pour sa fratrie, pour Chloé alors justement, peut être qu’Anja elle pourrait l’accepter pour ce qu’il est. Non ?

Non.

J’te parlerai bien mais j’suis jamais à la maison,
J’t’aimerai bien mais j’ai encore besoin d’un an ou deux.


Résumé de la situation.
Enfin, pas vraiment. Il n’y a pas que ça, il y a aussi Cyan et Redwan et ça ne l’amuse pas. Elaïa aussi, le silence borné d’Anja et les fois où elle lui impose des temps morts, des temps lents, la proximité puis les brûlures. Il se sent comme un cannot troué qui vogue péniblement en attendant la fin, épuisé.

« we just always seem to just fall out
when i’m most in need of it »

La bile aux lèvres il rentre dans son bureau, personne ne sait encore pour eux et il s’en fou, qu’ils parlent, qu’ils parlent et le pendent même. Les doigts brûlants il se plante devant elle, ses iris d’ambre en feu et le menton haut, défit et défiance, méfiance aussi du retour. Mais il ne craint plus Anja, il a vu le bureau voler en éclats déjà et il n’en a plus rien à battre, il veut savoir, il veut comprendre mais elle ne lui donne rien, avare et sévère, il est l’affamé qui ne veut plus tendre les mains et préfère arracher le pain.

- Mission avec toi, soit.

Il sourit, cruel. Sourire de joker qui n’est que trop sérieux. Dommage, il ne reste des ses tripes qu’un amour indélébile.

- Mission avec Cyan, un régal.

Il prend une bouffée d’air chaud et se mord un instant les lèvres, ferme les poings et lâche d’une voix qui est monté clairement d’un ton.

- Mais avec Red ?

Bien sûr qu’il a la voix plus aigue, bien sûr qu’il la prend pour une folle. Il se remet à avancer vers elle et tente de délier son dos, tentative assez vaine de se couler dans une souplesse plus animale. Il respire un coup, se passe les mains sur le visage.

- J’ai déjà assez du mal à pas foutre le feu au manoir sans jamais les croiser, alors bosser avec eux, c’est un peu beaucoup. Légèrement.

Il sait bien qu’Anja jette un oeil de partout et que même si elle délègue, elle a néanmoins son mot à dire. Peut être qu’elle peut se retrancher derrière son palais de glace et se garder dans la plus haute de ses estimes mais ce n’est plus assez, il veut des mots, des vrais et pas des aller-retour, il n’en peut plus qu’on lui donne quelque chose pour mieux lui retirer.

L’affamé mort, cette fois-ci et il ne compte pas lâché, chien galeux aux dents empoisonnées.

- C’est pas pour t’agresser Anja.

Il revient sur ses propres mots, se mesure et se tempère, Green obligé de réfléchir parce qu’il n’a pas le pouvoir et qu’il ne l’a jamais eu. Dorian fait ce qu’il veut, Red aussi, Anja aussi. Lui passe sur le côté, attend, espère et c’est ce qui fait toute la différence, sûrement.
Pense-t-il que Anja et Redwan sont les mêmes ?
Non ?
Un peu.

- C’est juste trop pour moi. Tu m’en veux quand je te parle pas alors j’le dis.

C’est ironique, insolent, mal poli, c’est Green avec son sourire en coin et son t-shirt noir un peu moulant, c’est ses cheveux dans les yeux et ses lèvres retroussées dans cette mimique qui le rend tellement lui-même, impossible à effacer, le lui qu’après des années n’a pas changé. Pas d’un poil. C’est Green et c’est tout ce qu’il a, ni passé à offrir ni histoires, peu de mots et de temps, un peu de douceur quand la colère lui laisse un peu de temps.

Et puis c’est tout.

Et puis c’est tout.

Et puis c’est tout.

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MessageSujet: Re: Get through    Dim 12 Aoû 2018 - 13:10

La sorcière noire saisit la plume soigneusement dispose le long de ses feuilles encore vierges. Ses vieux démons la reprenaient ; alors qu’elle s’était décidée à fermer son cœur, voilà qu’une envie enterrée depuis longtemps était revenue à la surface, boursoufflant les chairs jusqu’à éclater pour que le pue puisse mieux se dissoudre dans les veines et se mélanger au sang. Une clope dans une main, un stylo dans l’autre, la Anja d’autrefois se laissa retomber dans ses propres tourbillons.

Liebe Mutti,

La vie me paraît de plus en plus insensée. Tout brûle dans les ténèbres aspiré par cet oxygène que les humains appellent « sentiment ». Je pensais que ça irait avec Green, je pensais qu’on pourrait dépasser nos aversions naturelles pour les relations et que nous pourrions avancer dans ces fiançailles, se mariant contre le courant et réussissant à trouver un équilibre. Joindre nos idéaux pour, enfin, réussir à se mêler sans mâcher, constamment, nos blessures.
Mais depuis que nous sommes allés chez Diego, quelque chose c’est brisé. En moi, en notre couple aussi. J’essaie de n’y rien laisser paraître, je le laisse même profiter de mon cœur, me contentant de frissonner sans réellement lui rendre ses coups dans le noir. S’est-il rendu compte du changement ? De la distance, encore plus large, que je nous impose à présent ? Sans doute. Green est plus subtile qu’il ne le laisse paraître et je ne doute pas qu’il a su lire mon dégoût et ma révolte.
Toujours est-il que j’étais décidé à gérer cette relation comme je gère n’importe quelle relation de travail : avec froideur et diplomatie. Plus de coup d’éclat, plus de bile entre nous, juste des fous sourires et des acquiescements polis pour mieux planter des couteaux dans le dos par la suite. Jusqu’à ce jour où il entra dans mon bureau, littéralement furieux, se plantant devant moi avec des nuages dans les yeux.
Ça commençait à devenir légèrement agaçant toutes ces intrusions dans mon bureau. Une vraie habitude chez Green Soul.

- Mission avec toi, soit.

Je ne répondis rien, déjà lasse de ces histoires pauvre d’intérêt que j’avais l’impression de ne regarder que de très loin, les subissant du haut de ma forteresse, comme une reine vers qui les paysans viendraient se plaindre.

- Mission avec Cyan, un régal.

Double mission, à vrai dire. Aucun des Soul n’était au courant, mais j’avais expressément séparé les jumeaux pour les garder en talkie-walkie à deux bouts de la planètes. Il y avait un lien direct entre le triton et l’Antarctique, mais je ne peux m’étendre à ce sujet à présent. Disons juste que, la plaque tournante de cette double mission étaient les jumeaux. J’y avais adjoint Bleuann et Green car qui d’autre qu’un Soul était capable de contrôler un autre Soul ?

- Mais avec Red ?

Le rouge lui montait aux joues à mesure qu’il s’approchait de moi, la respiration beaucoup trop rapide pour ne pas que je constate sa colère ascendante. Je ne bougeai pas, m’interrogeant simplement sur le fait qu’il finisse par en venir au main ou s’il réussirait à me cracher sa bile au visage en contrôlant son corps.
Respiration, les mots se délitèrent et la langue se délia pour tout m’envoyer dans la tronche.

- J’ai déjà assez du mal à pas foutre le feu au manoir sans jamais les croiser, alors bosser avec eux, c’est un peu beaucoup. Légèrement.

Green maintenait la tension, la mâchoire crispée et l’air terrible peint sur son visage, à deux doigts de l’implosion. Le contact avec sa famille, avec ceux même qui l’avaient vu grandir le tendait, le bouffant de l’intérieur pour ne recracher que le cœur, un cœur avarié et pourri.

- C’est pas pour t’agresser Anja.

Cette fois je ne pus retenir ma surprise, haussant légèrement les sourcils. Que le sorcier noir prétende qu’il ne voulait pas m’agresser alors qu’il venait de passer cinq minutes à m’exposer tous les torts que je lui faisais subir en me criant dessus, c’était risible.

- C’est juste trop pour moi. Tu m’en veux quand je te parle pas alors j’le dis.

Cette fois-ci, il avait fini, je le sentais. Le monologue s’éteignait alors que la flamme dans ses yeux brillaient toujours avec autant d’intensité. Mais le souffle court, le sourire à peine dissimulé et l’air hagard ne me trompaient plus ; c’était mon tour de parler, de m’étaler. De lui gueuler mes sentiments, de m’énerver, de renverser mon bureau - une fois de plus. Mon tour de m’étendre dans des colères trop longues et de déverser mon poison, à flot. Lui mentir, lui dire qu’il n’était pas au centre du monde et que ce n’était pas moi qui gérait l’entièreté des missions à Rosenrot. Demi-mensonge, à vrai dire puisque si je délègue, je jette toujours un œil sur ce que font mes employés. Bien sûr que j’avais vu passer son binôme avec Cyan, avec Red, avec Bleuann même, il y a quelques années.
Mais je pourrais mentir, ne pas assumer, me dissimuler et lui répondre, comme une enfant, comme ce à quoi, sans doute, il devait s’attendre de moi. Sauf que nous n’étions plus des enfants et je n’avais plus envie de me cacher derrière la colère et la rage contre notre couple, contre le monde entier. Je préférais la voix froide et diplomatique, mes fesses négligemment posées sur le bord de mon bureau et un air neutre sur le visage.

- Et comment étais-je censée être au courant de ton aversion pour tes frères ? Tu ne me parles jamais de ce que tu ressens.

Evidemment, je n’ignorais pas les tensions existant au sein de la fratrie Soul. Anja sait tout, Anja voit tout. Cependant, je n’imaginais pas que cela puisse aller aussi loin. Et puis qu’importe au fond ? Ce sont des soldats, ils doivent se plier aux ordres et défendre les idéaux sans poser de question. Aussi ajoutai-je :

- Et quand bien même aurais-je été au courant, je n’en aurais pas moins autorisée cette mission. Toute querelle qu’il puisse exister entre Redwan et toi, Rosenrot passe avant vos états d’âme.

Rosenrot passe avant nos sentiments.
Avant nos amours.
Avant nos enfants ?

- Autre chose ?

[...]


À mesure que l'encre s'ancre sur le papier, des volutes de fumée s'élèvent, légères, grisâtre, trace incontestable du passé.

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Déchirure.  »



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MessageSujet: Re: Get through    Mar 14 Aoû 2018 - 20:56

Elle ne s’énerve pas. C’est le pire, il le sait et ses ongles viennent immédiatement se planter dans ses paumes. Ils n’ont pas trouvé d’équilibre et chutent mollement sur le sol tour à tour et ce, depuis une certain temps. Poupées molles et négligées. Elle lève les yeux l’air vaguement intéressée, ce minois qu’elle prend qui a d’avance plus de sens que les paroles qu’elle va donner. Il a envie de lui dire de ne pas se fatiguer, qu’il a d’or et déjà compris mais il attend comme un soldat qui subit la sentence.

- Et comment étais-je censée être au courant de ton aversion pour tes frères ? Tu ne me parles jamais de ce que tu ressens.

Il fronce le nez. Tout le monde est au courant que Green a trahit, tout le monde est au courant que Green ne croise pas les autres dans les couloirs, tout le monde est au courant que la famille Soul est en lambeaux, mais des lambeaux puis puissants et violents que le reste de l’organisation. Tout, le, monde. Alors Anja qui s’est infiltrée jusque dans l’âme du bâtiment n’a pas discerné le manque d’affection fraternelle au sein de la famille ?

- Et quand bien même aurais-je été au courant, je n’en aurais pas moins autorisée cette mission. Tout querelle qu’il puisse exister entre Redwan et toi, Rosenrot passe avant vos états d’âme.

Ah, voilà une réponse plus tranchante, sciante comme une lame dans le bois de Pinocchio qui, même s’il n’a cette fois par menti, est toujours la marionnette au bout de ses fils. Intéressante réponse par ici, la Reine se ment à elle-même, la Reine joue aux faux semblants. Qu’elle est drôle maintenant, ils se connaissent mais avancent les pions comme si ce n’était pas le cas.

Pourtant il sait.
Il n’a pas oublié.
Mais depuis elle est partie, elle a été polie et réservée, droite dans ses bottes mais avachie dans son couple. Il a jeté l’éponge, elle a laissé tomber. Pourtant l’alliance est toujours à leur doigt, pourtant ils sont toujours dans le même bureau où tout a commencé;

- Autre chose ?

Il pourrait s’étaler, s’étirer sur des kilomètres. Il souffle pour être sûr que sa voix ne tremble pas, qu’il puisse dire platement les mots les uns après les autres comme une lecture obligatoire.

- J’ai trahi, j’ai été ramené et réintégré de force dans la famille et l'organisation. Depuis, mes frères ne m’apprécient pas des masses.

Il fait mine de réfléchir.

- Je ressens de la frustration, de la colère et pas mal de haine envers eux.

Il la regarde, clignant des yeux comme si tout était normal, qu’il avait bien répondu à l’exercice mais il s’arrête et s’avance parce qu’il en a besoin, parce qu’elle est au sommet de sa tour de glace mais qu’il n’a toujours pas compris la leçon.
Il ne comprendra jamais la leçon. Il s’avance donc, félin et rapace à la fois, la colère, la rage, la haine au bout des doigts comme lumière. Immédiatement tout se met à léviter dans la pièce. C’est la première fois que ça lui arrive ainsi, par excès et par amour, par envie et par désespoir de ne jamais trouver la sortie dans ce labyrinthe de la souffrance.

Mais il le remarque pas. Il ne le remarque pas parce qu’il est tendu à l’extrême, les yeux vrillés dans ceux d’Anja.

- Quand comptes-tu annoncer à Allen la fin de notre union ?

Les mots sont sifflés et vendus, déjà sales avant d’avoir passé la barrière des lèvres du brun. Qu’ils arrêtent de jouer la comédie et qu’elle assume un peu de ne plus vouloir de lui et de l’abandonner petit à petit. Il pourra enfin la détester, s’éloigner, exposer Elaïa si besoin est. Mais qu’elle arrête de prétendre avec son masque collé à la peau, tellement serré qu’elle ne sait plus sourire, qu’elle ne sait qu’ordonner, aboyer.

- Déjà que ma famille est un mensonge, ma descendance est un mensonge, j’aimerais avoir la chance - si ce n’est pas trop demander - d’avoir un mariage un peu vrai. Juste un peu.

Lui aussi lévite, les dents serrés et l’envie d’aller courir des kilomètres jusqu’à s’asphyxier, jusqu’à enterrer tout ça; vas-y Anja dis le, dis le que t’en peu plus et que t’en as marre, dis le, crache le, vomi-le. Fais le sortir et saigne ton mariage si besoin mais Green, Green sous tes yeux il en meurt.

Tic, tac, tic, tac.

Combien de temps peut-on vivre aliéné de tout ce qu’on est ?

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MessageSujet: Re: Get through    Dim 26 Aoû 2018 - 14:52

Le cendrier se teinte lentement sous les particules grises qui se déposent contre le verre. Autant de démons qui viennent peupler l’enfer alors que leur maîtresse, soigneusement appliquée, correspond au Diable en personne.
Melina von Duisbourg.
Un corps svelte, des yeux polaires et une longue chevelure blonde. Un portrait un peu déteint d’Anja, similaires jusque dans les mains rouges. Un port de tête altier, la haine au fond du corps et la mort dans la gorge. Un ange cauchemardesque et déchu du paradis pour tomber tout droit dans les entrailles de la terre. Un ange à la descendance démente.

[...]

Peut-être qu’un jour il a existé une flamme entre nous. Une passion dévorante à nous bouffer l’âme et le cœur. Plus qu’un simple désir physique, une émotion destructible. Peut-être qu’un jour, par le passé, j’ai vraiment été amoureuse. Et sans doute que cet amour reste encore à présent, la poussière résidant dans les bronches et refusant de s’envoler, nous ayant trop sali pour partir d’un seul coup.
Mais je suis lasse de tout ça. J’ai l’impression d’avoir tout essayer avec Green. Les poings, le sexe, lui ouvrir mon cœur et mon corps. Je n’ai jamais été aussi vulnérable qu’avec cet homme, oui, un homme, moi qui me défiait pourtant de trop les approcher. Je n’ai pas su saisir la leçon offerte par mon géniteur ; ne jamais croire en personne d’autre que soi-même. Et surtout, surtout pas aux hommes.
Je réalise désormais mon erreur et, même si les sentiments sont toujours fermement accroché, je lâche, trop lasse. La voix de Green vibra à des kilomètres de moi, son souffle ne m’effleura même pas.

- J’ai trahi, j’ai été ramené et réintégré de force dans la famille et l’organisation. Depuis, mes frères ne m’apprécient pas des masses.

Il s’arrêta alors, comme un enfant concentré devant ses devoirs. Puis sa voix reprit, litanie longuement exercée pour ne pas trahir des sentiments.

- Je ressens de la frustration, de la colère et pas mal de haine envers eux.

Il me regarda, comme un gosse attendant son bon point. Que souhaitait-il ? La validation de sa maîtresse, un compliment peut-être pour ne pas être capable de gérer sa vie et sa famille. Ou pour avoir étalé ses sentiments de la manière la plus dénué de sens ?
Je ne répondis rien. De toute manière, cela ne m’importait pas véritablement. Il pouvait bien se battre avec tous ses frères et sa sœur, la seule relation que je devais maintenir était celle entre Rosenrot et son père. J’avais besoin de la protection des Soul pour garder ma place alors que je sentais des menaces croître dans mon dos.
La guerre n’avance pas, pire encore, elle décroisse. Nous perdons du terrain et Dorian, je le sens, tremble de colère. L’alliance noire avec Croix ne va pas tarder à sauter et alors les principaux membres de Rosenrot se retourneront contre moi. Aussi ai-je besoin de cette alliance pour me maintenir à flot.

Le sorcier fit un pas vers moi alors que je sentais son pouvoir vibrer dans la pièce. Du coin de l’œil j’aperçus des objets léviter et un frisson parcourir mon dos. Imperceptiblement, mes doigts se crispèrent contre le bois du bureau, il fallait que je sois prête à utiliser mon propre pouvoir contre mon amant si les choses dégénéraient. Mais il ne semblait pas se rendre compte des objets qui bougeaient dans son dos, ses yeux focalisés sur les miens.

- Quand comptes-tu annoncer à Allen la fin de notre union ?

Une provocation lourde qui chutait depuis son cœur noir. Il espérait peut-être me voir acquiescer, appeler son père et que nous puissions enfin nous détester ouvertement. Ou alors lâcher prise, chercher à me réfugier contre ses bras, dans sa peau, le supplier de rester avec moi.
C’était mal me connaître.
Je ne fis que pencher la tête, attendant la salve suivante.

- Déjà que ma famille est un mensonge, ma descendance est un mensonge, j’aimerais avoir la chance - si ce n’est pas trop demander - d’avoir un mariage un peu vrai. Juste un peu.

Les doigts crochus creusait mon cœur, mordant l’aorte pour la faire éclater et répandre le sang, l’amour, la bile sur le bureau.
Green, encore une fois, se réfugiait derrière ses propres provocations. Il me demandait de lâcher ce mariage, parce qu’il n’osait pas affronter son père. Il me mettait devant le mensonge de notre relation pour me faire réagir, hurler ou quitter. Il exigeait un choix que je ne désirais pas lui offrir. Puisque l’amour était impossible entre nous, il voulait partir.
Faible soldat qui déserte. Pensait-il vraiment, en franchissant la porte de mon bureau, que je le laisserais s’enfuir ?

- Même si tu ne portes pas ta famille dans ton cœur, j’imagine tout de même que tu dois avoir le numéro de ton père enregistré dans tes contacts ? Tu peux l’appeler au lieu de déléguer.

Je lui jetai un regard de défi, un sourire mesquin accroché aux lèvres.

- Tu n’oses pas ? Quelle surprise. Tu plies l’échine devant la puissance de ton père et tentes de te cacher derrière mes jupons. N’espère pas que je prendrais le blâme à ta place sous prétexte que tu veux échapper aux mensonges que tu as toi-même construit.

Les pieds du sorcier lévitaient à quelques centimètres du sol, signe indéfectible de sa haine et de son ras-le-bol. L’avait-il seulement remarquer ?
Il ne me faisait pas peur. Certes, je connaissais sa puissance, sa supériorité au corps à corps, sa force qui aspirait la mienne. Mais sur le terrain de la lévitation et de la télékinésie, je savais le dépasser. L’association de mon pouvoir et de mon don était capable de contenir sa colère, du moins en étais-je persuadée.
Et quand bien même tenterait-il de poignarder la reine, je n’avais qu’à crier pour qu’une dizaine de soldat viennent exécuter le fou.
Aussi, ne paniquai-je pas alors que j’ajoutais :

- J’ai besoin de ce mariage. Alors, certes, je ne vais pas te forcer à venir, mais ne compte pas sur moi pour le saboter à ta place.

J’observai la bague qui pendait autour du cou de mon amant.

- On sait tous les deux que je n’ai pas besoin de te forcer. Allen maintient beaucoup mieux les couteaux sous ta gorge.

Aussi bien métaphoriquement que littéralement parlant. Sous la gorge de son fils, de Chloé, de n’importe quel être capable de le remettre dans le droit chemin. Allen a toujours fait ce qu’il fallait pour faire rentrer ses fils dans le rang.
Y compris avoir le sang d’innocents sur les doigts.

[...]


La plume crisse sur le papier, allant résonner jusque dans les os qui craquent entre les doigts du patriarche Allen. Tant de sang sur le nom des Soul.

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Dernière édition par Anja L. von Duisbourg le Dim 9 Sep 2018 - 20:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Get through    Mer 29 Aoû 2018 - 23:41

Green a su un jour qu’il ne lui servait à rien de parler. Il avait pris l’habitude de ne plus causer et de ne plus exprimer ce qu’il pensait et ce qu’il ressentait et ça avait fini par bien rouler pour lui. Mais Anja avait voulu lui imposer autre chose, lui ouvrir la bouche pour qu’il en sorte les mots qu’elle voulait.

Les mots sortent à présent et personne ne les a jamais voulu.

Anja ne se laisse pas prendre au jeu; le dernier lancé de dés date maintenant. La passion a fini par faner. Disparue. Comme la rose écarlate qui avait tâché sa culotte la première fois. Il se souvient encore de ce que ça faisait mais désormais il lui semble impossible de ressentir autant. Son cerveau lui semble lourd et ses pieds bien ancrés dans le sol. La légèreté qui caractérisait ce qu’il ressentait pour sa cheffe n’est que plomb, aujourd’hui. Elle n’est qu’acier et cruautés et il est coincé.

Il a l’impression de faire la planche au milieu d’un océan sans fin.

Il aura beau flotter il finira par mourir.

- Même si tu ne portes pas ta famille dans ton coeur, j’imagine tout de même que tu dois avoir le numéro de ton père enregistré dans tes contacts ? Tu peux l’appeler au lieu de déléguer.

Il a vraiment envie de la gifler.

- Tu n’oses pas ? Quelle surprise. Tu plies l’échine devant la puissance de ton père et tentes de te cacher derrière mes jupons. N’espère pas que je prendrais le blâme à ta place sous prétexte que tu veux échapper aux mensonges que tu as toi-même construit.

Il range tout dans sa bulle et incline la tête. Très bien, il a compris. De toute façon cela fait un moment qu’ils ne parlent pas le même langage. Puissance, se cacher, blâme, mensonge. Il est question de politique et de mouvements pour rester à la tête d’un empire qui semble si ridicule au brun. Qu’elle est risible au sommet de sa tour de béton armé. Toute rouille et elle a vu les premiers morceaux tomber sans réagir.

Il déglutit.

- J’ai besoin de ce mariage. Alors, certes, je ne vais pas te forcer à venir, mais ne compte pas sur moi pour le saboter à ta placer.

Elle regarde la bague et il attrape immédiatement l’anneau entre ses doigts. Il est venu à y tenir un peu sans s’en rendre compte. Pourtant aujourd’hui, la chaîne brûle son cou.

- On sait tous les deux que je n’ai pas besoin de te forcer. Allen maintient beaucoup mieux les couteaux sous ta gorge.

Quelques années auparavant, Allen lui avait fait comprendre qu’il était hors de question de briser la famille, tout le monde le savait. Green le traitre. Il le sait et ne retire aucune honte de ça. Son père les tient tous en laisse et eux ne savent qu’aboyer avant de se prendre des coups. Rien de nouveaux sous les palmiers.

Il incline donc la tête, sagement. Sa rage, sa rebellion, son envie de faire quelque chose s’est enfuie et il détend un à un ses muscles en les faisant rouler. Il s’entraîne de plus en plus ses derniers temps mais n’a pas pris en masse, seulement en sècheresse et en efficacité. Mais pas pour les bonnes raisons.
Ce n’est jamais pour les bonnes raisons.

- Très bien, comme tu voudras.

Il fait un geste de la main comme pour dire qu’il s’en fou. Ce n’est pas vrai mais il ne compte pas se battre contre le vent, il a eu sa dose de combats vains. Il est bon acteur depuis le temps et tout le monde se fiche de savoir s’il y a de l’amour ou pas entre eux. Du sexe ou pas, des enfants ou pas. Il plisse les yeux et fronce le nez, il n’est pas vraiment blessé, elle ne l’a pas repoussé du jour au lendemain.

Ils n’ont jamais rien eu à faire ensemble.

Il a incroyablement envie de la prendre là, maintenant, sur ce bureau en particulier.

- Tu m’appelleras quand tu auras besoin d’un hériter.

Il respire calmement mais n’a pas envie de quitter le bureau pour autant. Ce sont les derniers moments où Anja et lui sont encore proches à parler et il se doute bien que les prochaines semaines seront solitaires. Qu’elle ne dira pas à son retour dans le lit qu’il lui a manqué, qu’il n’obtiendra pas le droit de faire l’amour avec elle, qu’il ne pourra pas rouler sur le dos en attendant qu’elle vienne contre lui.

Il sait à quoi il renonce.

La chaleur de sa peau et son odeur au beau milieu du sommeil.

Mais est-ce que ça vaut le coup de garder tout ça ? Vraiment ?

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MessageSujet: Re: Get through    Dim 9 Sep 2018 - 22:40

Dans une maison aux murs rouges et à la décoration impersonnelle, est née une enfant. Petite fille blonde aux grands yeux bleus qui rigolent dès que son regard se pose sur le monde. Qu’il est doux et éphémère cet âge de l’enfance où la parole ne nous touche pas encore et où nous sommes les seuls à comprendre nos balbutiements.
Melina von Hammersbrück ne sait pas encore. Elle ignore que sa mère est morte en couche et que son père, qui n’a jamais vraiment su aimer, ne commencera pas avec elle. Bébé qui gargouille ne sait pas, ne voit rien. Mais l’état n’est pas éternel et la voilà qui grandit et subit. Elle apprend à créer sa carapace, à se battre, à utiliser des pouvoirs. Scolarisée à domicile, lorsqu’il lui arrive de mettre le nez dehors, elle méprise les humains naïfs qui croisent son chemin. Ils ne sont rien d’autre que de pauvres créatures à son service et, peu à peu, Melina perd toute humanité pour se transformer en copie conforme de celui qui l’a élevée.
Puis un jour, tout bascule. Un homme, sorcier, également. Lui aussi élevé à la sauce noirâtre, qui colle à la peau et enlève tout amour. Mais il y a quelque chose de différent qui brille dans la flamme de ses yeux. De l’espoir. Cet homme un peu plus vieux, qui a déjà eu une histoire avec une femme - un enfant même - qui n’a pas marché. Il a pris du recul et, désormais, désire trouver l’amour, le vrai, celui dont parle les humains dans les livres. Pourquoi les sorciers n’y auraient-ils pas le droit eux aussi ?
Alors il espère. Il espère et il séduit cette femme qui ignore même l’existence de l’amour. Il le sait, il pourra la faire plier, la faire changer. Ensemble, ils ont une enfant, une fillette blonde aux grands yeux bleus. Le rêve peut commencer.

Mais lorsqu’on a jamais appris à aimer, est-il vraiment possible de commencer à 27 ans ? Tout s’est écroulé avant même d’avoir commencé. Melina s’est laissée tomber dans le travail, s’enterrant sous la délinquance. Croix est devenu son exutoire, son seul échappatoire pour fuir cette vie de famille qui la dégoûte et la révulse. Son compagnon, lui est retombé dans ses vieux démons. L’espoir a implosé sous ses yeux et, malgré tout l’amour qu’il porte à sa fille, il va voir d’autres femmes en espérant pouvoir créer une autre famille. Une vraie famille.
Alors un jour il se barre. Il se barre et Melina est obligé de le poursuivre pour l’assassiner, pour lui faire regretter ce geste déplacé face à leur organisation. Mais ça c’est une autre histoire. Le problème, le véritable problème dans tout ça, c’est cette petite fille, un lys dans la main et les larmes au bord des yeux.
Le vrai problème c’est Anja.
Destinée à devenir comme sa mère.

[...]

Green ne cria pas.
Il ne tenta pas de me balancer mes quatre vérités à la folie, il ne se débattu pas devant mes mots, il n’envoya pas valser les meubles dans chaque coin dans la pièce. Il se contenta d’incliner la tête, contenant toute sa rage à l’intérieur, laissant même son pouvoir presque décliner et les objets cesser de trembler.
Green se contenta d’être Green. Terriblement et lascivement Green.

- Très bien, comme tu voudras.

J’eus envie de le saisir par les épaules et de le bousculer, de le forcer à cracher toute cette bile du fond de sa gorge noire.
Mais à quoi bon ?
J’ai essayé. Maintes fois. Je l’ai forcé à sortir ses tripes, à me dire des mots que j’ignore s’il pensait véritablement. J’ai tout tenté ; la haine, la passion, l’indifférence. Rien ne marche, rien ne va.
Peut-être qu’il a trop été torturé, enfermé dans une petite boîte par son père. Peut-être que, désormais, ça ne sert plus à rien. Âme dans une cage d’oiseau aux barreaux en forme de lame. Dès que l’oiseau s’approche du bord, le fil vient lécher les plumes du cou et le sang goutte contre le fer.

Douleur, douleur, douleur.
Comment sauver celui qu’il ne veut pas être sauvé lorsque, moi-même, je suis déjà suffisamment instable ?
Bullshit.

- Tu m’appelleras quand tu auras besoin d’un hériter.

Mon sang se glaça dans mes veines alors que j’imaginais nos corps se chevaucher. Mais revivre ça ? Revivre une grossesse, un être qui grandit dans le creux de mon ventre ? Devenir vulnérable, la cible facile, la cible de tous alors que le monde est à feu et à sang autour de moi.
Pourquoi est-ce toujours aux femmes de trinquer ?
Foutue Eve.
Et puis revivre Elaïa. La peur qui ronge le ventre à chaque instant, à chaque seconde. N’importe qui pourrait mettre la main sur cette enfant, la voler, la violer, la frapper, la détruire. Me détruire.
Un mari ? Passe encore. Ils n’imaginent pas que je puisse réellement éprouver des sentiments pour lui. Et quand bien même, je laisserai toujours passer mon organisation avant.
Vraiment ?
Vraiment.
Mais un enfant... C’est différent. C’est une marque dans le cœur, enfin je crois. Ça l’est pour Elaïa. Mais peut-être pas toujours. Ce ne fut pas le cas pour toi, hein Mutti ?

Mon regard glissa sur Green, sur son t-shirt assez moulant pour révéler ses muscles lourds, capables de me faire valser dans les draps, puis descendant plus bas, jusqu’au pantalon, dans lequel, je le sais, se cache...
Renoncer à tout cela ?
À la jouissance, à nos étreintes dans le noir, nos souffles violents qui se percutent et les coups contre nos lèvres assoiffées. Comment se passer de cela après l’avoir vécu ? Je ne suis pas comme ces soldats, sales, qui violent des esclaves pour satisfaire leurs pulsions. Je ne me vois pas non plus me glisser dans les bras d’un autre.
Alors juste renoncer ?
Mon amant, je le sais, ne renoncera pas à la sueur nocturne. Il ira se perdre dans des boîtes sombres berlinoises, me trompant à la vue de tous, oubliant son corps contre ceux d’autres femmes, plus blondes, plus belles, plus bonnes.
Moins connes.
Mes poings se serrèrent alors que j’imaginais mon fiancé entre les jambes d’une autre.

- Pour me chopper toutes les MST des bas-fonds berlinois ? Non merci.

Les mots étaient sortis tout seul. Jalousie ? Sans doute. Preuve, surtout, que quelque part, ça faisait toujours aussi mal.

[...]


Telle mère, telle fille.
Melina n’a pas pu être sauvée, par cet homme qui y croyait, qui espérait, qui se voyait déjà à vivre dans les étoiles avec sa femme et sa gosse. Alors comment Anja pourrait-elle être soignée par un être qui n’y croit plus, qui n’y a jamais cru... ?

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MessageSujet: Re: Get through    Jeu 20 Sep 2018 - 16:40


Let the ashes fall
Forget about me
Le souvenir qu’il a d’Anja lui manque. Mais ce souvenir est bien différent de la femme qui se tient devant lui à présent. Il lui semble qu’ils ont tout perdu, mais peut être n’avaient-il jamais rien gagné, seulement loué quelques heures et quelques semaines. Maintenant ils doivent rendre ce qu’ils ont eu et le brun est réticent. Il voit bien pourtant, que ses paumes sont vides mais il ne peut s’empêcher d’en faire des poings. Il déteste ça mais tout est comme toujours. Si la vie est un cercle alors il connait le sien : monter au sommet, retomber où il était et n’avoir plus pour respirer que le passé. Il se nourrit de ce qu’il avait avant, mâche ce qu’il n’a plus maintenant. Il n’est que manque et frustration, vampire qui a oublié ce que c’était de ne plus avoir soif. Il ne se souvient plus de qui il était avec ces deux sentiments. Peut être est-il né avec, qu’Allen et Arya lui ont transmis d’un souffle commun ces deux choses, pierres précieuses mises dans son coeur à sa naissance.

- Pour me chopper toutes les MST des bas-fonds berlinois ? Non merci.

Il pince les lèvres. Que croit-elle ?
Après tout elle ne renonce pas qu’à Green en disant cela, elle dit non à l’héritier mais il sait bien que c’est une part du contrat. Allen souhaite ça ? Green le lui donnera. Une petit boule se forme dans sa poitrine, preuve que les quelques mots de la blonde veulent dire plus de choses qu’il n’y paraît.
Non à l’héritier, mais oui à la jalousie, est-ce bien ça ?

- J’essaierai de me servir uniquement parmi les filles de l’organisation pour te protéger. Ça nuirait au futur bébé, une maladie comme celle-là.

Il pense qu’il pourrait la prendre là, tout de suite et sans attendre, sans son avis à elle. Quelle odieuse pensée qu’il effleure pourtant par colère, rage, haine, odieuse pensée qui gonfle alors qu’il la caresse.
Il pourrait, en effet.
Il pourrait également la harceler dans ses rêves, encore, encore, encore, la faire haleter dans sa chambre de désir pour mieux se retrouver seule. Il semblerait que toutes les façons de l’atteindre qu’il lui reste ne sont que négation de ce qu’est Anja, de ce qu’ils ont été. Il ne peut plus que l’impacter, lui faire du mal, lui déchirer la peau pour mieux gratter ses croûtes et ses plaies. Peut être que toutes les séparations sont comme ça, avoir un moyen de toucher, même cruel, vaut mieux que ne plus toucher du tout. Pourtant Green reste cloîtré dans sa cage, murs de pierre et intérieur salé de son mal-être.

Il hausse les épaules.

- Tu sais bien que sans enfant, Allen invalidera l’union et tu perdras le soutiens des Souls.

Phrase blanche et posée là, comme un dépose un dossier sur le bureau d’un supérieur.
Les Souls ne sont pas infaillibles mais ils ont bien dressés et nombreux, tellement différents mais tellement complets qu’à eux seuls ils forment l’élite supposée libre de Rosenrot.
Plus libre que les eslcaves sur entraînés de Croix, moins libres que tout le reste du monde, terrorisés par leur père, bourreaux les uns des autres.

Bourreaux,
les uns,
des autres.

Rien n’a jamais été aussi vrai.

- Et comme tu l’as bien dit, je ne suis que la marionnette de mon père.

Alors elle perdra son appui à lui aussi, appui qu’il aurait pourtant pensé lui donné pour toujours et à jamais. Ses pensées vagabondaient de temps à autre alors qu’elle était au creux de ses bras, vague de valeur contre son coeur en émoi, et il se disait qu’il lui serait désormais impossible d’aller contre-elle.

Mais elle ne se gênait pas pour aller contre lui, n’est-ce pas ?

Il a l’impression que depuis le début elle ne cherche qu’à faire pression pour le changer lui. Mentir pour qu’il ne devienne pas un père, être odieuse pour qu’il parle, les mains plongées dans ses tripes pour sortir des mots. Ne peut-elle pas accepter qu’il n’est pas comme ça ? Elle lui offre sur un plateau son passé puis fait tout exploser, il donne un peu, elle retire tout. Instable et insatiable, monstre d’impatience et d’égoïsme, sa princesse a perdu son masque de cristallisé.

Maintenant qu’il peut voir à travers, peut être qu’il n’est plus vraiment sûr de l’aimer.
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MessageSujet: Re: Get through    Sam 22 Sep 2018 - 23:07

Un sang lourd coule dans les veines d’Anja. Un sang teinté de noir, de dignité, de noblesse. Aussi loin qu’il est possible de remonter sur son arbre généalogique, pas une goutte d’humanité ne salit la jeune femme.

À quel moment les sorciers sont apparus et se sont séparés des humains ? Quand la modification génétique est-elle apparue, créant peu à peu un fossé entre le monde magique et les innocents ? Des siècles, des millénaires à présent. Et combien les sorciers ont-ils souffert de leur condition durant l’Histoire ? Combien ont été forcé à se cacher, à finir brûlé sur des bûchers, avec un pieux planté dans le cœur ? Tous n’ont pas toujours vécu en harmonie, si bien que les doués et, en particulier, les sorciers, ont été forcé de vivre dissimulés, de faire semblant d’être normaux. Les humains ont fini par oublier, parce qu’ils oublient toujours, surtout le mal qu’ils font subir aux autres. Mais les sorciers eux, n’ont pas oublié et restent tapis dans l’ombre, souffle discret, mais qui gonfle, gonfle, gonfle...
Explose.

Est-ce pour ça que les sorciers noirs sont autant à fleur de peau ? On leur a appris la haine, la vengeance qui tape contre leurs veines, jusqu’au fond du cœur. Le refus bouffe leur âme et un « non » glisse des frissons dans leur colonne vertébrale.
Anja est pareille, archétype de la sorcière qui se laisse dévorer par la haine accumulée par ses ancêtres.
Et ça la détruit de l’intérieur.

[...]

Evidemment.
Evidemment que si tôt le mot « héritier » prononcé, je ne pus m’empêcher de penser à Elaïa. À cette enfant née hors mariage, d’une union consommée dans ce même bureau. À cette fillette blonde dont les traits s’effacent dans ma tête, laissant place à un rond flou, un rire lointain.
Notre fille.
Si nous nous marions, pourrait-elle revenir ? Pourrait-elle vivre avec nous, digne héritière de Rosenrot ? Je ne sais pas si les sorciers puissants et - trop - traditionnels de Rosenrot donneraient leur accord, Allen Soul le premier. Qui plus est, avec la guerre qui brûle, dévore et tourne plutôt en notre défaveur, il serait sans doute imprudent de la récupérer. Ramener Elaïa, c’est dessiner une cible énorme sur sa poitrine, dont Orpheo - ou peut-être pire puisqu’il n’hésitera pas à la tuer - Dorian Cross pourraient profiter. La condamner.
Dans ces conditions, comment faire un second enfant ? Comment imaginer une tête blonde à nos côtés, qui courrait des risques ? Est-ce que cet petit être volerait la place de sa sœur dans nos cœurs ? Quelle légitimité a-t-il même d’exister ?

- J’essaierai de me servir uniquement parmi les filles de l’organisation pour te protéger. Ça nuirait au futur bébé, une maladie comme celle-là.

« Futur bébé ». Il en parlait comme si c’était une évidence alors que mon cœur refusait à se résoudre à cela. Revivre les tourments, les nausées, les insomnies. Revivre le déchirement à la naissance, le petit être pleurant sur ma poitrine, ses yeux plantés dans les miens. Revivre, surtout, la naissance de l’amour et la peur, immédiate, qu’il arrive quoi que ce soit à cet être qui est un bout de moi.
Prenez ma vie, prenez Green, prenez même Rosenrot. Mais pas Elaïa.
Qu’importe ces maladies ? Le pire c’est la vie.

- Tu sais bien que sans enfant, Allen invalidera l’union et tu perdras le soutiens des Souls.

Je ne tressaillis pas, consciente du contrat que j’ai accepté en prenant Green Soul comme fiancé. Avec la protection vient la servitude. Avec l’amour vient les obligations.
Mes mains se contentèrent de se déposer sur le bois dur du bureau derrière moi pour chercher - réflexe presque insolent et indépendant - un paquet de cigarette et un briquet rouillé. La cigarette glissa, lourde, entre mes doigts, se laissant conduire jusqu’à l’écarlate de ma bouche. Puis le briquet grimpa également, une flamme vacillante à son extrémité. Première inspiration et le bout rougeoyant s’alluma un peu plus intensément.
Fumer me donne l’impression de contrôler ce que je fais. De me donner une contenance, un petit bout de papier auquel raccrocher mes lèvres. Fumer me fait oublier la douleur qui pointaint dans mon cœur alors que les mots de Green tombaient, arme blanche fouillant mon cœur.

- Et comme tu l’as bien dit, je ne suis que la marionnette de mon père.

Ne pas cracher les mots, mais plutôt avaler la fumée avec la promesse, dans plusieurs années, de cracher des poumons. Mieux vaut le corps au mental, mieux vaut la dissolution de son être à celle de son âme. La mort est préférable à la folie.
Sauf lorsqu’on est déjà fou, hein Mutti ?
J’inspirai profondément sur ma clope, laissant la fumée envahir ma gorge, à la limite de l’étouffement, du crapotage, de la toux ridicule. Puis je recrachai un nuage gris, lourd, sombre, mais sans doute pas autant que le mal être qui m’envahissait.

- Faire un enfant prend du temps. D’ici à ce que ton père se rende compte que ce mariage est stérile, la guerre sera terminée et les choses se seront calmées.

La cigarette crépitait au bout de mes doigts alors que mon regard défiait celui de mon amant - pouvais-je toujours l’appeler ainsi ? J’ajoutai :

- Si nous sommes toujours en vie d’ici là.

Aspirant un peu plus de fumée, je m’approchai de la silhouette froide de Green, me glissant jusqu’au niveau de son oreille, ma bouche à quelques centimètres de ce lobe avec lequel j’avais si souvent joué. Puis relâchant l’épaisse brume grise je murmurai :

- Tu n’es pas vraiment venu pour parler de tes frères, n’est-ce pas ? Tu es là pour me faire du mal.

Ma voix vibra de la couleur du tabac.

[...]


Du feu brûle dans le corps des enfants de sorciers noirs. Un feu qui ne demande qu’à sortir et dévorer le monde, prendre sa revanche sur ces voleurs de vie. Pour une fois, détourner les balles des canons contre les humains et diriger ce monde qui n’a jamais voulu d’eux.
On a assez joué à cache-cache quand on était gosses.

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MessageSujet: Re: Get through    Dim 23 Sep 2018 - 18:37


In the back of the back of my mind
It's pretty pretty late
Elle se met alors à fumer, brindille fine entre ses doigts d’opaline qui se consume, assassin du quotidien sur lequel elle tire pour mieux se voiler. Ils sont ce qu’ils sont : pas grand chose. Tragédie humaine à deux ils rejouent des synopsis classiques sans aucune originalité, ils se bouffent comme des tas d’autres avant eux, montrent les dents et mordent mais ne déchire plus rien.

- Faire un enfant prend du temps. D’ici à ce que ton père se rende compte que ce mariage est stérile, la guerre sera terminée et les choses se seront calmées.

Que pense—t—elle ? Depuis Elaïa, les choses ont changées et l’idée émergente de trahir Anja le démange. Le temps qu’Allen se rende compte ? Peut être bien que Green parlera avant ça. Quelle intéresse conversation cela pourrait être avec son paternel. Voyons voir, quelle serait sa réponse être « c’est de ta faute » « force-là » « obtiens ce que la famille a besoin, peut importe les moyens » « sale merde de Green ah, comment tu m’dégoûtes son ».

Ahah.
Pas sûr que ça fasse rire le brun, ceci dit, qui laisse parler sa cheffe, son amante, son amour, sa faiblesse, sa rage et sa blessure.

- Si nous sommes toujours en vie d’ici là.

Elle se laisse porter plus proche de Green. Il est au bord de l’overdose, en plein manque, paradoxe qui scie ses muscles lourds et glacés.

- Tu n’es pas vraiment venu pour parler de tes frères, n’est-ce pas ? Tu es là pour me faire du mal.

Toujours tout à propos d’elle, le cercle dont elle est le centre, le château dont elle est la reine, elle ne voit pas les petits noeuds qui se défont autour d’elle, aveugle à la lumière de la lune, brûlée par celle du soleil. Il se lèche les lèvres, mord dans la lippe pleine à laquelle Anja aimait se suspendre pendant la nuit.

- C’est le seul langage que tu connais.

Ses lèvres proches de son oreille; il a envie de la prendre maintenant, avec violence et douleur, avec souffrance et haine. Il se laisse gonfler de l’idée sans pour autant oser la saisir - qu’elle ose continuer à chercher.

Parce que c’est ce qu’elle fait non ?

Elle cherche les limites et les frontières.

Non ?

L’image est cinématographique, il déchire ses vêtements et le prend sur ce même bureau, maudit, sacré, sali.

Peut être qu’avec il déchirera sa peau et ses lèvres, son coeur et son dos, son amour et ses maux. Il prendra tout entre ses griffes pour émietter au vent ce qu’il reste d’eux.

Mais est-il vraiment comme ça ? Pourquoi pourrait-il violer impunément les humaines, et pas Anja ? Qu’a-t-elle de si différent ?

Il ne veut pas souffler la réponse ; il veut garder les pieds sur terre, il veut rester Green le gentil, Green le meurtri, celui qui ne prend pas de plaisir et qui est forcé alors se mord la joue jusqu’à au sang, goût de fer sur sa langue, écume vermillon sur ses lèvres.

Et tant pis si elle le voit.

Mais ça fait longtemps qu’elle a fermé les yeux sur lui.

- N’est-ce pas ?

Il sourit, canines dévoilées.

- Tes doigts dans ma plaie en Slovénie, toi qui cache Elaïa, qui l’envoie au loin, qui joue avec moi, un coup c’est oui, un coup pour moi, un coup ça te suffit plus tout ça.

La prendre ou pas sur ce bureau de malheur ?

- Tu espères sortir l’épingle de ce feu que tu as toi même allumé en espérant ne pas te brûler.

Immolée ?

Il vient s’essuyer la lèvre inférieure du pouce, déformant un instant cette dernière. Qu’il parte ou pas maintenant c’est trop tard, il n’oubliera pas. Même si il s’enfuyait au sommet d’une montagne, il n’aurait qu’à ressasser Anja et ses lèvres, Anja et sa peau jusqu’à devenir fou. Il sait bien qu’elle ses glissée entre ses nerfs et ses muscles mais il aimerait bien que ça soit plus simple pour une fois, qu’il se passe autre chose, qu’ils arrêtent de tourner en rond. Prêts à ses sauter à la gorge, se niaquer d’un mouvement sec et précis.

Mais ils ne savent faire que ça alors il s’aligne aux règles du jeu et se remet à marcher docilement dans le cercle de la douleur.

Everybody’s got a bright side but i’m a circle.


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Dernière édition par Green Soul le Ven 19 Oct 2018 - 22:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Get through    Mer 17 Oct 2018 - 21:58

Ridicules.
Anja et Green étaient deux être ridicules, deux enfants qui avaient grandit trop vite et à qui on avait offert bien trop de pouvoir. Ils jouaient avec le feu, un feu qu’ils ne comprenaient et ne maîtrisaient pas. Ils se pliaient, se laissant aller sous des idéologies qu’ils n’avaient pas forgées. Merci papa, merci maman. Danke Allen und Melina.
On leur avait appris à se battre, à utiliser leurs pouvoirs, à tuer. On leur avait montrer comment maîtriser ses émotions, les annihiler pour écraser les autres.
On ne leur avait pas appris à aimer. Et voilà qu’ils se trouvaient pris aux pièges, enlisés dans des affaires de débutants. Pas si différents des humains, finalement.

[...]

La langue de Green ripa sur ses lèvres, dévoilant la blancheur de ses dents qui vinrent mordre, percer la peau fine, si fine. Appel au baiser, à l’amour, au sexe ici et maintenant, sur ce putain de bureau déjà Sali par nos ébats, par nos trahisons.
Et sa bouche si proche, sa voix qui murmura, hurla dans mon oreille :

- C’est le seul langage que tu connais

Je balançais la tête en arrière, refusant de rentrer dans le jeu, ce jeu de séduction stupide, aller chercher l’autre jusqu’au bord de l’implosion. Il m’avait déjà fait le coup une fois, dans la forêt, avant de m’abandonner à mon sort, détruite et honteuse. Je ne voulais plus tomber entre les griffes de son désir et me laisser absoudre par son charme. J’étais formée pour résister à la torture, aux lames qui crissent contre la peau, à mon sang qui éclate sous le regard de mes ennemis.
Alors pourquoi ne pouvais-je pas résister à ce simple geste, ce mordillement de lèvre de mon amant ?
Mes narines se gonflèrent, signe que je n’étais pas indifférente à sa présence, à son parfum. L’avait-il remarqué ? Je l’ignorais, mais je maudissais mon incapacité à faire face et à rester droite face à cet homme. Toujours la même histoire, toujours la même rengaine. Tuer, oui. Aimer, non.

- N’est-ce pas ?

Je baissai les yeux et remarquai le rouge qui teintait ses lèvres, faible écume écœurante au bord de sa bouche, prête à être crachée comme de la bile.

- Tes doigts dans ma plaie en Slovénie, toi qui cache Elaïa, qui l’envoie au loin, qui joue avec moi, un coup c’est oui, un coup pour moi, un coup ça te suffit plus tout ça.

Inspirer, se raccrocher à tout et à rien. Il ne fallait pas que je cède, le menton toujours levé, la tension, les tensions - sexuelle, haineuses - palpitant autour de nous.

- Tu espères sortir l’épingle de ce feu que tu as toi même allumé en espérant ne pas te brûler.

Alors que j’avalais en déglutissant, je le vis s’essuyer la lèvre avec le pouce, signe qu’il devait avoir fini. Je laissai la tension redescendre un instant, prenant le temps de tirer sur ma cigarette et de dégager un nuage de fumée sur son visage - faible espoir qu’il disparaisse happé par la grisaille. Il fallait que je laisse redescendre tout ça, que je reprenne mes esprits pour mieux l’affronter.

L’affronter ?

À quoi bon. Mes épaules s’affaissèrent ; il avait gagné. J’abandonnais tout. Rosenrot, le mariage, l’amour, ma fille. À cet instant, tout ce que je souhaitais, c’était disparaître. Alors, en prenant soin de ne surtout pas le toucher, de ne surtout pas l’effleurer afin de ne pas faire exploser la bombe, je m’approchai de la bibliothèque bordant un mur et tirai lascivement sur un livre - cliché. Un passage secret se révéla alors sur les gonds pivotant du meuble. Lourd secret, très bien gardé. Cette galerie avait été aménagée pendant la seconde guerre mondiale alors que la destruction de Rosenrot grondait, bien plus sourde encore qu’aujourd’hui. Mon prédécesseur avait échappé de la mort de peu en s’y glissant plus d’un demi-siècle auparavant. Et depuis, le secret était étroitement gardé, ne se révélant que grâce au sang.
En le confiant ainsi à Green, je venais de rompre un pacte avec mes prédécesseurs.

- Tu veux savoir ce qui a vraiment de l’importance ? Alors suis moi.

Sans lui laisser le temps d’argumenter, je me glissai dans les galeries humides, qui s’éclairaient à mesure que j’avançais. Aucune magie ici, uniquement des capteurs de mouvement. La magie n’avait aucun droit dans ces tunnels de toute façon ; ils étaient truffés de runes pour être indétectables et introuvables, pour que personne ne puisse les détruire. Des runes complexes que je n’étais absolument pas en état d’appréhender et je m’en fichais comme de ma première culotte.
Au bout d’un demi kilomètre sous terre, la galerie s’élargissait pour laisser place à un parking dans lequel résidait plusieurs voiture. Rapide, discrète, mastodontes. Je m’approchai de celle qui était la plus proche de la sortie, la plus utilisée également ; une Volkswagen golf poussiéreuse et suffisamment discrète pour se rendre invisible. Je m’installai au volant, attendis que Green s’installe et jetais un coup d’œil à ma montre.
Le timing était serré, mais réaliste.
Allumant les phares, je laissai la voiture glisser jusqu’à la sortie du parking - un garage dans une maison inhabitée de Berlin - en enclenchant la radio pour éviter le silence et les questions de mon amant. Puis sur un air de Shawn Mendes, je nous laissai glisser dans les rues de la capitale allemande. En enclenchant le gps d’une main afin d’y glisser une adresse que j’aurais aimé ne jamais avoir besoin d’y enregistré, tout en sachant pertinemment mon incapacité à y résister.

Le voyage dura longtemps. Plus d'une heure de voiture dans un silence de morts, jusqu'à s'extraire de la capitale allemande et de pouvoir rejoindre la campagne. Une petite masure, qui ne payait pas de mine, isolée au milieu de tout. Nous descendions à peine du véhicule que déjà une vieille dame sortait de la maison pour se diriger vers nous.

- Mon grand-père a épargné votre vie, il y a de cela presque un demi-siècle. Vous avez une dette envers lui et je suis là pour la réclamer.

La mêlée - et oui maman, ton propre père n'était pas celui que tu connaissais ; il lui était arrivé d'épargner ces êtres contre-nature et j'avais découvert cela grâce aux documents récupérés dans son bureau - acquiesça sans poser de question alors que je lui tendais un bout de papier sur lequel était griffonner le nom d'une ville. Sans un mot, elle attrapa ma main et l'instant d'après je fus en France. La vieille disparu, puis revint avec Green à son bras.

- Anja von Duisbourg, vous ressemblez à Diego, bien plus que vous ne pourriez l'imaginer.

Repoussant l'insulte, je la laissai repartir avant de me diriger dans l'agence de location de voiture devant laquelle elle nous avait déposé. Le voyage continuait. Une autre voiture discrète qui file sur la route, le même silence, la même distance entre Green et moi.

Nous arrivâmes finalement, après ce qui me paru être un voyage interminable, à une petite école dans le nord ouest de la France. Les enfants criaient, courraient, sautaient dans la cour de récréation. Des tas de petits gamins pas plus hauts que quelques pommes, encore frêles et maladroits.
Je la reconnus tout de suite.
Cela faisait des années que je ne l’avais plus revue. Que j’avais brisé tout contact, ne conservant d’elle que des souvenirs et un regard lointain afin d’être sûre qu’elle ne manquait de rien, qu’elle était bien entourée, qu’elle n’allait pas n’importe où. Je m’étais renseignée sur son école afin de vérifier qu’aucun membre de Croix ne risquait de l’y surprendre. Mais je l’avais laissée, je n’avais plus revu son petit visage, ses grands yeux semblables à ceux de son père et ses cheveux blonds désormais longs qui encadrait un sourire qui n’appartenait qu’à elle.

Était-ce le sang qui avait crié ou l’amour ? M’aurais-tu reconnu toi, maman, des années après m’avoir abandonnée ? Toujours est-il que je repérais immédiatement la petite fille au regard décidé en train de jouer à l’élastique avec trois copines au milieux de la cours.

- Maintenant tu sais. Tu es libre de partir avec elle, de m’abandonner, d’abandonner les Soul. T’as plus d’entraves Green. Fais ta vie. Prends une décision.

Je ne la quittai pas des yeux, jusqu’à ce que la cloche sonne la fin de la pause, la fin de cet intermède, de cette respiration hors de l'eau.
Aussi légère qu'un rêve, Elaïa était retournée dans sa classe.

Le cœur au bord des lèvres, je n’osais pas tourner la tête. Pas le regarder.

[...]


Qu’on soit sorcier ou humain, c’est toujours les mêmes histoires qui reviennent. Des histoires de pouvoir, de gosse, d’amour. Des illusions perdues qui se déchaîne à travers des mers obscures. Des cauchemars à perte de vue dans la longue vue.

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MessageSujet: Re: Get through    Ven 19 Oct 2018 - 22:15


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Anja reste là, droite mais tremblante. Elle-même mais assez fêlée pour que Green puisse s’infiltrer dans les interstices qu’elle laisse. Ici et là, il aspire à prendre plus de place, prendre coeur à l’intérieur pour tout faire éclater. Il est le magma qui prendre racine et déborde pour tout brûler.

Est-il ?

Mais quand subitement les barrières tombent, il ne sait pas quoi faire. Sa ligne des épaules est un langage universel et il la regarde sans comprendre ; emmène-moi. Elle le contourne comme on éviterait une flaque, un fantôme qui froid dans les os, une question un peu épineuse. Il ne faudrait pas se déchirer la peau. Il aimerait dire qu’il aime ça comme ça, finalement, leur relation, qu’il aime ça comme ça, quand c’est si dur et épuisant, qu’il aime ça comme ça mais ce n’est pas le cas.

Ils ne sont pas bons l’un pour l’autre, sont habitués à se perdre mais ne peuvent pas se le permettre.

- Tu veux savoir ce qui a vraiment de l’importance ? Alors suis moi.

Il pose entre les paumes de la blonde sa confiance et lui emboîte le pas. Elle pourrait assurément le tuer dans la galerie humide qui s’est ouverte. Le doute n’est depuis longtemps évanoui dans un coin et quand il voit les voitures rangées il ne bronche pas. Il ne connait pas son organisation comme il ne connait pas sa femme.

D’accord.

Ils sortent du parking sous un son commercial mais son regard est rivé sur la vitre, des souvenirs plein la tête ; petit garçon à l’arrière d’une voiture qui adorait rouler. On ne lui demandait rien, juste d’attendre et oh, attendre il savait faire. Il aurait pu faire ça toute sa vie, il n’avait pas le choix et quand pour la première fois on lui a demandé de choisir il n’était pas sûr de savoir faire.
Comme aujourd’hui.

Il y a un échange de paroles avec une dame, Green n'écoute pas, n'écoute plus. Son ventre est tordu, il s'imagine ses tripes sanglantes de peur, cinglées par des fouets d'anxiété. Il veut quelque chose et espère l'obtenir ; l'espoir c'est tout ce qui le brise encore, l'émiette, mer salée sur ses plaies.

Téléportation, voiture à nouveau.

Ils s’arrêtent devant une enceinte et des courses d’enfants erratiques. Il ne pose pas la question mais elle lui brûle les lèvres. Jusqu’à ce qu’il l’aperçoive ses yeux scrutent les enfants et quand il comprend..
Quand il comprend, ses mains viennent sur son visage. Elle joue et ne le regarde pas ; son coeur chute dans son estomac. Les secondes deviennent molles et s’étirent sous ses pieds alors qu’il essaie d’en faire quelque chose, de ces informations. Il prend son visage entier entre ses mains ; il voudrait égorger Anja sur le champ pour avoir osé faire ça. Osé le priver, l’emmener elle, loin de lui, déchirer le lien qui aurait dû les unir. Une haine brûlante mais calme file jusque dans ses doigts, infeste ses idées comme une peste noire alors qu’elle se met à parler :

- Maintenant tu sais. Tu es libre de partir avec elle, de m’abandonner, d’abandonner les Soul. T’as plus d’entraves Green. Fais ta vie. Prends une décision.

Il lève les yeux vers sa femme dans une tristesse infinie. Une tristesse plus grande que lui, que son avant et son après. La haine de lave se noie dans les limbes glacées face à sa fille, sa fille qui ne le connait pas. Libre.
Il pourrait presque en rire et prendre le temps de lui parler à Anja. Il pourrait lui expliquer qu’il ne serait jamais libre face à Allen, qu’il le retrouverait et qu’elle n’avait aucun pouvoir en matière de famille. Que les Souls n’étaient rien, qu’il n’y avait que Bleu qui comptait et qu’elle aussi buvait la tasse. Il pourrait lui expliquer qu’il ne peut pas partir avec elle, qu’elle tient à des gens et qu’on arrache pas un enfant à la famille qu’elle pense avoir.

Il ferme les yeux et ne fait rien pour retenir la larme qui dévale sa joue. Il s’oblige à prendre une respiration calme et posée mais quand sa fille se tire au son d’une cloche il voudrait sortir de la voiture.

Brûler la voiture.
Ouais, brûler la voiture.

Mais il ne peut rien faire et l’immobilité lui scie les pieds. Tous ses choix l’ont mené ici et il regrette de ne pas avoir forcé Anja, ne pas lui avoir laissé le choix. Mais il est trop tard, tellement tard.

- Comment est-ce que t’as pu faire ça ?

Pourtant il ne bouge pas, son corps pesant des tonnes s’amarre ici. Il n’y a pas de porte de sortie ; il sait qu’il rentrera ce soir. On ne kidnappe pas une enfant, sa fille ou pas. Mais est-ce qu’elle va bien ? Est-ce qu’elle aime bien aller à l’école ? Est-ce que quelqu’un lui tient la main pour aller à l’école ? Et qui la rassure dans ses rêves, hein ?
Il se pince les lèvres en essayant de nager mais le désespoir et le temps passé lui étreignent la gorge, le coeur, Une plainte s’enfile sous sa langue mais la mâche pour la garder pour lui.

Peut être que ce soir, il est un peu mort.

- Pourquoi est-ce que tu la veux pas proche de toi ? Elle est chez qui, maintenant ?

Il repasse ses mains sur son visage comme pour en laver un mauvais cauchemar.

- J’irai pas la récupérer comme ça.

Il jette un regard à Anja comme on jette un pull usé. Un regard à l'étrangère qui a décidé pour lui, celle qui a fait ça, cette petite fille là-bas qui s'éloigne et qui ne sait pas. Avec un peu de recul, il pourrait contempler les miettes qu'elle a fait de lui.

- Mais j’laisserai pas passer la chance que j’ai.

Les sous-entendus sont simplement posés comme un chèque sur le tableau de bord. S’il n’avait pas voulu une réponse il serait sorti de la voiture, l’accablement pèse trop lourd. Il n’est qu’asthénie et la voiture se transforme en un cachot lourd, les barreaux pourris et sa situation décrépie. Il sent d’or et déjà la souffrance planter un drapeau sur son crâne, lui dire que c’est ici qu’elle va résider désormais.

Mais il a vu sa fille alors, vous savez.

Le reste maintenant en vaut la peine.

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MessageSujet: Re: Get through    Ven 25 Jan 2019 - 18:49

Le feu a débordé des entrailles d’Anja. Il a brûlé, d’abord dans les veines, dévorant le sang sur son passage, ne laissant que des cendres derrière lui. Puis il est remonté pour annihiler le cœur et l’a bouffé à pleine dents avec une douleur sans pareille. Enfin il est venu jusqu’à la tête, il a grimpé dans le cerveau et il a tout détruit.
Puis les flammes sont sorties de la bouche, ont dardé sur le corps, léchant la peau, ne laissant que des plaies. Des plaies, l’horreur, la souffrance.
Anja a mal de partout. De dehors, de dedans. De son cœur.
Comment a-t-elle pu laisser Green lui faire autant de mal ? Qu’est-ce qui a réussi à s’immiscer entre eux pour tout créer avant de tout détruire. Elaïa putain. Elaïa ce bijou, Elaïa ce petit être si fragile.
Merde.

[...]

La respiration du sorcier trembla et, si je ne vis pas les larmes, je les devinai. Les même que je tentais de retenir dans ma tête.
Creuse, creuse, petite larme. Fais des trous dans ma tête, mais ne sors pas, je t’en supplie.
Le silence sembla éternel. Green pleurait et je me taisais, les yeux résolument fixé devant moi pour fuir absolument tout contact avec l’homme que j’aimais - que j’avais aimé ? Puis enfin les mots arrivèrent, agresseurs directs et francs, coup droit dans le menton.

- Comment est-ce que t’as pu faire ça ?

Explosion interne. L’envie de lui répondre qu’il ne pouvait pas comprendre, qu’il n’avait jamais été à ma place, à Paris, avec un bébé entre les bras. Un bébé sans papa puisque le géniteur s’était pointé une fois dans mon bureau pour me baiser, pour me prendre ma fierté et ma virginité avant de se casser et de m’oublier. La victoire d’avoir fait tomber la reine, mais pas les couilles de la supporter par la suite. Il avait fallu attendre, il avait fallu qu’il apprenne l’existence de notre fille qui était tout sauf le fruit de l’amour.
L’envie de lui dire d’aller se faire foutre, de venir à sa place, la place du mort, de celle qu’on recherche, partout, pour la buter, pour l’étrangler, la torturer. Celle dont on voit la tête fichée sur les bureaux d’Orpheo, l’ennemie public n°2, juste après Dorian Cross, parce que Dorian Cross est un enculé, parce qu’elle est aussi une putain d’enculée, sans cœur, sans la moindre étincelle d’amour pour personne.
L’envie de le frapper, aussi. De le battre à mort, de planter des griffes dans la chair, de laisser le monstre dévorer Green. D’en finir, enfin, avec toute cette histoire. Puis de crever aussi, de laisser la rage détruire ma gorge, mes organes, d’imploser. On aurait dû mourir dans ce piège il y a deux ans. Tout aurait enfin été terminé ainsi. Plus de douleur, plus toute cette haine entre nous que le désir est incapable de surmonter.
Envie de hurler « Et toi, qu’est-ce que tu fous avec moi ? Pourquoi t’es rentré dans mon bureau il y a toute ces années ? Avec quelles idées dans la tête, quelles idées putain ? »

Pourtant les mots refusèrent de sortir et seul le silence vint emplir mes poumons. Inspiration, expiration, le menton droit, les larmes enfouie, rien ne devait dépasser avec Anja von Duisbourg, cheffe de Rosenrot, reine des connes.

- Pourquoi est-ce que tu la veux pas proche de toi ? Elle est chez qui, maintenant ?

Je grinçai des dents. N’écoutait-il jamais lorsque je parlais ? Qu’aurait dit Allen Soul si Green s’était pointé avec Elaïa et moi à une réunion de famille ? Il n’y aurait pas eu d’explosion de joie, pas de fête d’anniversaire scotchée dans les albums photo, pas de papy gâteau offrant des bonbons en douce à sa petite fille. Que du mépris pour une enfant hors mariage. Du mépris et une satisfaction de voir la si grande et froide Anja être tombée dans les bras de son fils. Allen aurait utilisé Elaïa pour nous faire chanter, pour manipuler l’organisation comme il l’entendait. Et il n’aurait pas été le seul à le faire. Dorian se serait jeter sur la faille comme un lion. Orpheo aurait été plus subtil, mais n’aurait pas moins rué sur l’occasion. Tout le monde magique menaçant une innocente petite fille.
Tout ça parce qu’elle était la fille d’Anja et d’un Soul. Mais Elaïa n’avait rien demandé de tout ça. N’avait-elle pas le droit à l’enfance ?

- J’irai pas la récupérer comme ça.

Enfin, je tournai la tête vers Green et je rencontrai son regard. Des yeux rempli de peine, de haine aussi peut-être, d’indifférence. Mais pas la moindre trace d’amour. Tout avait disparu, si quoi que ce soit avait vraiment existé entre nous.

- Mais j’laisserai pas passer la chance que j’ai.

Ma main, lourde, descendit jusqu’à mes doigts, venant caresser la bague d’Aria Soul. Le métal brûlait mon doigt presque aussi sûrement que mon cœur à l’intérieur de ma poitrine.
Creuse, creuse, petite larme. Fais des trous dans ma tête, mais ne sors pas, je t’en supplie
J’eus envie de tendre mon corps vers Green, d’attraper ses lèvres, de me glisser contre sa peau, dans sa peau. Une toute dernière fois. Une toute dernière fois. Non pas avec passion, comme nous en avion l’habitude, mais avec la douceur maternelle qui m’avait été arrachée alors que la sage-femme refermait la porte sur mon unique enfant pour l’apporter à Mohamed.

- J’ai pas eu d’enfance. Et toi non plus. Ça se lit dans tes yeux, ça se lit dans ton incapacité à aimer correctement. Tu es un enfant Soul après tout. Tu es né pour haïr les humains, pas pour autre chose.

Mes doigts se refermèrent plus fermement autour de la bague, jusqu’à ce que la pierre s’enfonce profondément dans ma peau, glissant son poison dans mon sang, s’infiltrant dans les veines. Sale poison Soul.

- Elaïa est avec la seule personne au monde en qui j’ai confiance. Elle a un papa et une maman. Je crois même qu’elle a des frères et sœurs à présent. Et des amis.

La peau tiraillait sous la froideur du métal.

- J’ai été égoïste en te cachant ma grossesse, mais tu es égoïste de ne pas vouloir comprendre qu’elle est mille fois plus heureuse ici qu’elle ne l’aurait été avec nous. Qu’est-ce qu’on aurait fait de cette enfant ? Elle aurait traîné dans les couloirs du QG en attendant que ses parents aient fini de se battre contre Orpheo. Jusqu’au jour où on serait mort. Et elle n’aurait peut-être même pas été triste de nous perdre. Juste en colère de n’avoir pas été celui qui aurait planté le couteau dans notre gorge.

Je me tus un instant, avalant difficilement ma salive, baissant les yeux pour ne pas laisser à mon amant le loisir de voir les larmes qui les troublaient. Puis, après un instant de répits, je relevai le menton et observai le visage parfait du fils Soul, ses yeux sombres, la barbe naissante, les cheveux en bataille. Tout en lui créait le désir et pourtant tout en moi criait la fuite.

- Tu avais raison, nous ne sommes pas faits pour être ensemble.

J’ouvris la porte de la voiture, glissant mes pieds sur le sol breton, le visage ouvert au pâle soleil qui brillait au-dessus de nous. Ce fut avec les yeux que je prononçais ces derniers mots :

- Sans doute ne l’avons-nous jamais été.

La bague brillait de son éclat terne alors que je vacillai hors de la voiture, mes jambes marchant vers nul part, vers ailleurs, pour trouver une autre voiture, un autre bateau, un autre moyen de rentrer chez moi, loin de celui qui m’avait brisé le cœur.
Creuse, creuse, petite larme. Fais des trous dans ma tête, mais ne sors pas, je t’en supplie.

Les larmes n’avaient aucun respect pour moi alors qu’elles dévalaient mon visage.


[...]


Le poing de la sorcière fait un bruit infernal en s’écrasant contre le bois de son bureau. La peau éclate sous la force du coup et le sang vient la blancheur de la main. Anja s’en fiche ; elle n’a pas mal. Du moins pas à cet endroit.

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Dernière édition par Anja L. von Duisbourg le Sam 26 Jan 2019 - 12:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Get through    Sam 26 Jan 2019 - 12:09


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Comment est-ce que c’est possible ? Comment ont-il en arriver là ? La bile sur la langue et l’aigreur dans la moelle. Juste à l’intérieur de lui, qui ne lui tient ni chaud ni froid, juste éveillé, la nuit, tout le temps. Comment est-ce qu’ils sont passés de ces amants, Anja sur un piédestal, le ver amoureux d’une étoile et puis tout qui s’effrite, il n’y a pas d’étoile mais des paillettes bon marché.

Il la veut, la déteste, la désire mais la souhaite, voeux que l’on fait avec un cil au bout des doigts, on souffle et puis voilà, on espère et puis on oublie. Mais Green n’oublie rien, ni d’où il vient ni comment il a obtenu Anja : par une animalité commune et la chaleur entre ses jambes et puis, Elaïa.

Il la regarde, assise dans la voiture. Elle fait infiniment jeune et vieille à la fois, engoncée dans ses valeurs et sa condition. Condition humaine, misère d’être à la tête d’une organisation et d’avoir les chaînes d’une esclave. Ses lèvres doivent avoir un goût salé maintenant, il a envie de siffler et de lui dire « mais pleure Anja, tu penses vraiment que face à moi ça change quelque chose ? » mais il se retient de mentir. Il n’y a pas de « face à moi » qui tienne, il n’est plus personne à l’instant. Tout ce qu’il sait c’est sa fille et les rouages dans la tête de sa femme qu’il tient entre ses doigts. Elle tripote sa bague et il a peur qu’elle la jette dans le caniveau et que cela finisse réellement.

Pour toujours.

Il déglutit, prenant conscience qu’il peut la perdre pour toujours et que rien ne sera plus pareil, qu’elle ne sera plus là. La fin est présente, immense, latente.

- J’ai pas eu d’enfance. Et toi non plus. Ça se lit dans tes yeux, ça se lit dans ton incapacité à aimer correctement. Tu es un enfant Soul après tout. Tu es né pour haïr les humains, pas pour autre chose.

Il s’est souvent demander, petit Soul enfant, est-ce que sa mère avait été heureuse de le tenir dans ses bras, fière ou même pas. Mais ce n’est plus le cas, il s’en fou maintenant. Il s’en fou parce que ça sera différent avec sa fille, sa fille à lui et à elle, elle qui le regarde et le dénigre - pour changer. Pas d’enfance. Incapacité à aimer. Né pour ça, pour rien d’autre. Elle ne le connait donc pas, il se souvient lui pourtant de la joue de Chloé dans sa paume et sa tête s’embrume quelques secondes de souvenirs mais ils ne sont plus clairs désormais. Il ne sait plus, Anja ou Chloé, il a oublié un peu, il a oublié beaucoup, la peau de satin - Chloé ou Anja ? Il n’a jamais vraiment eu Chloé mais Anja lui semble tout aussi étrangère qu’une morte à présent.

- Elaïa est avec la seule personne au monde en qui j’ai confiance.

Il se pince les lèvres.

- Elle a un papa et une maman. Je crois même qu’elle a des frères et soeurs à présent. Et des amis.

Il ne dit rien car il sait où elle va en venir. Un père aimant, un père qui saurait aimer correctement ne le ferait pas, n’arracherait pas sa fille à tout ça.

Peut être qu’il devrait faire confiance ?

Il l’atteindra dans ses rêves de toute façon, il pourrait la toucher et l’aimer, la protéger et savoir si ça va pas, il saura si ça va pas, non ?

- J’ai été égoïste en te cachant ma grossesse mais tu es égoïste de ne pas vouloir comprendre qu’elle est mille fois plus heureuse ici qu’elle ne l’aurait été avec nous. Qu’est-ce qu’on aurait fait de cette enfant ?

Bien sûr qu’il a les réponses mais elle forment une boule sur sa langue et puis c’est tout. Il sait au fond, que s’il avait eu Elaïa il aurait tout plaqué, qu’il n’aurait plus été question de se battre ou de partir. Anja aurait fait ce qu’elle voulait il s’en serait foutu. Mais on lui a retiré le choix et maintenant il ne lui reste plus rien.

- Elle aurait traîné dans les couloirs du QG en attendant que ses parents aient fini de se battre contre Orpheo. Jusqu’au jour où on serait mort.

Plus qu’une idée en tête : Elaïa. Qu’elle dise des vérités qui ne valent que pour elle, elle s’en fou. N’a-t-elle donc rien appris de sa non enfance ? Que ce qui compte c’est la bienveillance et l’attention, l’amour est souvent mal placé. On aime alors on veut qu’il réussisse à tout pris, qu’il soit fort, ambitieux, qu’il se batte bien parce qu’on l’aime. Elle sait que ça ne vaut rien ça, n’est-ce pas ? A l’attendre parler il voit presque les oeillères posées sur ses yeux. Mais il se tait, il se tait alors que le calme revient sur ses paupières.

Ça va aller.

- Et elle n’aurait peut être même pas été triste de nous perdre. Juste en colère de n’avoir pas été celui qui aurait planté le couteau dans notre gorge.

Alors c’est comme ça que tu aimes, Anja ? Il sait la nuit que des fois elle rêve de chats qui dégringolent des balustrades, d’yeux ambrés qui tiennent des lames et de cascades qui gèlent sur sa peau ; il sait qu’au matin elle ne se souvient jamais de rien. C’est ça l’amour pour toi Anja que deux jeunes parents peuvent donner ?
N’ont-ils donc aucun fois ?

Elle finit par relever la tête, ses yeux s’attardent sur la courbe d’un menton, des cheveux qui retombent inlassablement sur ses yeux et puis elle pose une phrase toute simple :

- Tu avais raison, nous ne sommes pas faits pour être ensemble.

Mais maintenant qu’elle a tout dit, l’importance de la situation lui glisse entre les mains. Elle veut toujours plus, mieux, des mots et de l’amour mais elle n’en pense donc pas un mot, elle pense qu’il est cassé et inutile. Peut être ne le réalise-t-il que maintenant mais il a l’impression de se réveiller.
Elle sort de la voiture et il la suit, elle est sa porte vers Elaïa, il ne souhaite pas entrer en guerre avec sa famille et, si la haine l’avalait tout entier quelques minutes auparavant, maintenant il a une raison de rester.

- Sans doute ne l’avons-nous jamais été.

Il sort de la voiture dans un mouvement de chat, précis, déterminer. Il sait qu’elle pleure sans pourtant la voiture et a du mal à comprendre ; elle a raison les émotions humaines c’est difficile pour lui. Après lui avoir dit qu’il était creux, inutile, bon à rien, voilà qu’elle pleure ? Pleure-t-elle pour lui ou pour ses désillusions personnelles ?

Il la suit tout de même et lui attrape le bras du bout des doigts, douceur et chaleur contenue subitement dans sa paume. Il a une fille, elle s’appelle Elaïa et elle est en bonne santé, elle est belle, elle a des amis et bientôt il pourra la voir dans ses rêves, souvent. Ce n’est pas le moment des conflits, ce n’est pas le moment d’être la déception de la famille.

C’est pas le moment de dire à Anja qu’elle a tord non plus ; qu’elle pense ce qu’elle veut de lui il s’en fou. Sa main se referme sur la peau de lait de sa femme, pose une main sur sa joue ; délicatesse.

Il l’embrasse du bout des lèvres, sans passion, sans une détermination ravageuse, sans avoir envie de se frayer un passage sous ses fringues et d’entrer en elle ; non, un baiser simple contre ses lèvres rebondies au goût salé.

- Pardon.

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MessageSujet: Re: Get through    Dim 27 Jan 2019 - 0:08


Anja observe le sang perler sur sa peau. Elle regrette cet accès de colère qui défigure ses actes, ses gestes passionnels que seul Green lui inspire. Ça a toujours été ainsi, c’était écrit. Ce n’est pas un simple flirt, c’est bien plus puissant entre eux, presque inné.
Deux âmes destinées à se croiser, à s’exploser.
Sans doute que ça a toujours été ainsi. À fleur de peau, à fleur d’âme. Dans cette vie et dans toutes les autres. Ils ne pouvaient rien faire pour résister, pour combattre les brasier dans leurs estomacs. À part accepter. Accepter et enfin aimer.

[...]

Je n’eus le temps de faire que quelques pas lorsque les doigts de Green agrippèrent mon bras. Je vacillai un instant, geste de rejet ancré mais pourtant contenu. Mais mon corps renonça et se laissa attraper, retourner, fondre face à ses yeux. Je voulus tomber mais il me rattrapait, sa main contre ma joue, ses lèvres sur les miennes pour me faire tenir debout.
Et le vide vertigineux qui m’enveloppait.
Je n’eus pas envie de lui sauter dessus pour le frapper ou pour baiser. Non pas parce que devant une école cela eut été maladroit, mais simplement parce que le brasier s’était calmé dans mon estomac, aussi doux que ce baiser ou la caresse de sa paume sur mon visage.

- Pardon.

Je fermai les yeux, me laissant aller contre la main qui soutenait mon visage. J’avais envie de m’endormir là, debout, de glisser dans les bras de mon amant et de me laisser bercer comme une enfant. Nous étions deux gosses qui découvraient que, sous la passion, quelque chose d’autre pouvait naître.
J’avais, naïvement, toujours cru qu’une fois les coups, la baise, la haine passée, il ne serait resté que des cendres. Pourtant les étincelles craquaient encore et la fumée hantait mon cœur. Écartés les problèmes de Rosenrot, la guerre qui se retournait contre nous, les menaces à peine voilées de Dorian Cross. J’avais juste envie de m’isoler avec cet homme sous une couette et de me laisser aller contre lui. Simplement fermer les yeux, écouter les battements de son cœur.
Tant de niaiseries et les larmes qui ne cessaient plus sur mes joues.

Je finis par rouvrir les yeux et par calmer mes sanglots. Je regardai alors Green, ce soldat qui était entré dans mon bureau des années auparavant, comme un enfant, un adolescent désireux de chopper la reine. Il avait changé depuis tout ce temps. Il était toujours aussi beau, toujours aussi fort, mais pourtant il avait basculé dans l’âge adulte.
Une enfant, une fiancée.
J’aspirai une goulée d’air, consciente des mots que j’allais lâcher, du risque que je prenais de perdre le fils Soul. Mais je m’en fichais du fils Soul. Je m’en fichais d’Allen. Je voulais Green moi.

- Je rendrai la bague à Aria.

Mes dents se fichèrent dans ma lèvres inférieure, mordant jusqu’à ce que le goût ferreux du sang se glisse sur ma langue. Les mots refusaient de sortir et pourtant je ne pouvais pas abandonner cette phrase sans une explication derrière.

- Je sais que tu ne veux pas d’un faux mariage et moi je ne veux pas épouser un fils Soul. C’est Green que j’aime. Assez pour te laisser partir, pour que tu viennes t’installer en France, si tu en as envie. Je m’en fous tellement de ton père, si tu savais. Il ne me fait pas peur, mais c’était une bonne excuse pour te garder près de moi... Je crois.

Ma voix se cassa. Je jetai un œil à ma main nue. Nue de la bague d’Aria, nue de toute promesse.

- Et puis elle était hideuse cette bague.

Un trait d’humour pour cacher la peur. La peur que m’inspirait l’homme à qui j’avais confié mon cœur moi qui, quelques années encore auparavant, me défiait d’accorder ma confiance à qui que ce soit et encore moins à un homme.
Merde. Qu’était-il arrivé à Anja von Duisbourg ? À croire, Mutti, que ta fille aussi avait grandi.

[...]


Le sang commence à sécher sur la main pâle. Design affreusement macabre d’une bague mortuaire sur l’annulaire. Les gouttes, attirées par la gravité ont léché la peau comme des marque indélébile. Il n’y avait plus de vraie bague pour la retenir.
Un doigt nu pour un cœur nouveau.

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« Oiseau moribond, elle est plus proche de l'envol que je ne l'ai jamais été et j'ai mal.
Déchirure.  »



« Pis donner à bouffer à des pigeons idiots
Leur filer des coups d’ pieds pour de faux
Et entendre ton rire qui lézarde les murs
Qui sait surtout guérir mes blessures »


- Do you know how to fight ?
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MessageSujet: Re: Get through    Dim 27 Jan 2019 - 12:33


You may be a kid ahead of the game
You can't cut the tides
Elle pleure encore. Encore, encore, encore. Quand elle se calme il sait que c’est apaisé, que c’est passé et qu’elle ne tardera pas à revêtir son masque de puissance et de force, masque qui n’a pourtant plus aucune valeur face à lui.

Elle ouvre la bouche.

- Je rendrai la bague à Aria.

Il ferme les yeux. Pourquoi tout se devait-il d’être toujours aussi compliqué avec Anja ? Pourquoi est-ce que ça ne pourrait pas être facile, pourquoi est-ce qu’elle ne pourrait pas dire, okay, okay très bien rentrons, je viens d’arracher ton coeur de ta poitrine mais ça va.

Non.

- Je sais que tu ne veux pas d’un faux mariage et moi je ne veux pas épouser un fils Soul.

Il a envie de hurler, ne l’écoute-elle donc jamais, pourquoi se permet-elle de balancer des putains de vérités générales sur lui, de parler au présent, fait absolu, Green n’aurait pas voulu de mariage du tout mais here we are, la bague au doit et puis c’est tout. Il voit où elle veut en venir et il baisse les yeux.

- C’est Green que j’aime. Assez pour te laisser partir, pour que tu viennes t’installer en France, si tu en as envie. Je m’en fous tellement de ton père, si tu savais. Il ne me fait pas peur, mais c’était une bonne excuse pour te garder près de moi.. je crois.

Mais Green lui, il sait. Il sait que s’il bouge en France son père le traquera, comprendre pourquoi il est là. Adieu, Elaïa.

A nouveau, il a du mal à saisir comment on en est arrivés là, si vite, retournement de situation bileux.

- Et puis elle était hideuse cette bague.

Il sourit tristement, petit rire entre les dents et prend la blonde dans ses bras. Elle fait minuscule entre les lourds bras du garçon qui souffle dans son cou avant de l’attraper par les épaules.

- D’accord pour la bague. Mais Anja..

Infiniment malheureux.

- Je suis ce que je suis.

Sous entendu, que tu le veuilles ou non, que tu le veuilles ou non, je suis Green Soul, je suis ma famille et mon passé, mon enfance et mon entraînement, je suis Myaw, je suis Chloé, je suis Cyan et je suis Bleu, je suis ton bureau et le nuage écarlate dans ta culotte, je suis Elaïa et je suis moi.

- Mon père gagne toujours.

Il a du mal à s’expliquer, les mots tombent de sa bouche sans son ; comment dire qu’il est déjà parti et à tout perdu.
Il ne sert à rien de rentrer en guerre contre lui, il ne sert à rien de se battre.

Est-elle consciente qu’elle a besoin des Soul ? Que Allen pourrait la renverser avec son armée de soldats, que les partisants mais surtout les terrorisés des Souls courent les rues ?

Le brun fait rouler ses épaules. Arme de guerre. Rien ne sert de s’enfuir.
Ce n’est pas à Anja de le laisser partir ; il sait qu’il pourrait lui échapper, la tuer, la torturer même, mais Allen..
Face à Allen Green a douze ans, les yeux sombres de peur et humides de peine. Ça ne changera jamais.
S’il décide de partir, Anja mourra peut être de son départ. Faire rentrer le fils, inlassablement à la maison. Ne pas faire en sorte qu’il veuille rentrer mais le forcer à comprendre qu’il ne sert à rien de partir, qu’il sera toujours retrouvé.

Il passe une main dans sa nuque, doigt glacés sur sa peau brûlante.

- On s’en fou, public ou privé ça ne change rien à ce mariage. Nous on connait la vérité.

Il fait un signe de tête envers Elaïa et pince ses lèvres, il a l’impression d’avoir à nouveau perdu, encore et toujours. Il devrait arrêter de lancer les dés mais il n’a pas son mot à dire ; il n’est ni joueur ni adversaire, il est le fou sur un damier et il vient encore de se faire renverser.

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MessageSujet: Re: Get through    Jeu 14 Mar 2019 - 18:11

La langue lèche le sang sur le doigt, efface la bague, gomme et recommence. Le rouge ne résiste pas et, bientôt, ce n’est plus qu’un détail, une erreur. Une marque de rouge à lèvre mal essuyée, un trait de stylo d’un enfant de 4 ans. Il suffit de lécher pour tout oublier, pour tout abandonner.
Lécher, nettoyer, recommencer.
Mécanisme huilé qui ne fonctionne que sur le doigt. Ça ne marche pas dans la vraie vie. Dans la vrai vie on s’enfonce, le sang prend les devants et on meurt noyé.

[...]

Un sourire défigura le visage de la beauté alors que ses bras me saisissaient, m’entourant à nouveau, me retenant de leur étreinte. J’eus envie de lui hurler de me lâcher, j’eus envie de me glisser dans le sol, j’eus envie d’user d’une téléportation que j’étais incapable de maîtriser. J’eus envie de me serrer contre lui, j’eus envie de m’abandonner à son odeur, j’eus envie de le mouiller de mes larmes.
Encore une fois, la pauvre petite Anja, cette petite gourde, cette gamine incapable de se maîtriser, encore une fois je me laissais déchirer par mes sentiments.

- D’accord pour la bague. Mais Anja..

Les mots sonnaient lourdement dans la bouche de Green.

- Je suis ce que je suis.

Les mots trébuchèrent dans ma tête. Je suis ce que je suis. Ich bin was ich bin. Un fils Soul, un fils d’Allen. Une arme taillée pour tuer par son père, par Rosenrot, par moi. Pas une arme pour aimer. Ich bin was ich bin.
C’était si simple et si lâche à la fois. Bien sûr qu’il était qui il était. Qu’aurait-il pu être d’autre ? Le sang noir brise ses tempes, trace ses veines, crée la mort autour de lui. Il a été élevé pour le plaisir de la reine, pour l’armée des âmes. Il a été élevé pour être un autre et pourtant il n’a rien suivi. Il a trahi, il est parti, il a aimé une humaine, il a baisé la reine, il a fait une gosse, il a aimé l’inaimable. Il est Green, il est Soul, il est soldat et pourtant bientôt roi. Il est un putain d’enfoiré qui me rend folle.
Incapable de résister à mes sentiments.

- Mon père gagne toujours

Ah oui, vraiment Green ? Vraiment ? Tu crois qu’Elaïa est la victoire de ton père ? Tu crois que nos sentiments - et ne mens pas, ils existent, merde - sont la volonté d’Allen ?
Désolée Mutti. Je m’égare. Je ne sais plus bien à qui s’adresse cette lettre, ces mots. Mais l’amant est stupide s’il accorde tout à son père. Seuls les morts gagnent. Toi, Mutti, tu gagnes. Tu es morte et pourtant tu remportes toutes les victoires, mon papier, mon sang, ma haine. T’as tout, Mutti, je te déteste et je t’aime. Je t’écris et je t’abhorre.
Face à Green je retins pourtant les mots qu’il n’avait pas envie d’entendre. Je refoulais les sanglots dans la gorge, les larmes dans les yeux. Je le laissai parler, passer sa main glacée sur ma peau brûlante, brûlure dans la glace et les frissons qui parcoururent l’échine.

- On s’en fout, public ou privé, ça ne change rien à ce mariage. Nous on connaît la vérité.

Son menton partit en direction de l’école d’Elaïa, du sourire de notre fille, l’âme décolorée. Un petit bout d’être aux cheveux qui dansent dans la lumière, avec les yeux de son père. Une partie de moi, une partie de lui. Une partie d’Allen Soul.
Elle est quoi notre fille si Green est Green ?
Elaïa est Elaïa Soul.
Elaïa est Elaïa von Duisbourg.
Elaïa est Elaïa Al Hattal.

Ma langue passa le long de ma lèvre, caressa la blessure encore ouverte et suintant le sang. Goût salé, encore, la salive qui picota et la douleur légère qui se réveilla. On connaissait la vérité. Lui, moi, personne d’autre. Même Mohamed ignore qui est le père de cet enfant. Pourra-t-il le deviner le jour de mon mariage ? En voyant le regard de Green sur ma robe blanche ? En voyant le regard d’Elaïa dans le corps de son père ?
Green sera-t-il seulement présent à mon mariage ?

Et puis soudain, le sursaut. Ma langue trébucha contre la blessure, fourcha, laissa échapper l’ordre, l’ordre distinct de la reine du bout de l’échiquier.

- Tue le.

Que le fou prenne le roi, que cette partie se termine. Si les morts sont plus bruyants que les vivants pour moi, peut-être que ce n’est pas le cas de Green. Sans Allen sur l’échiquier, il sera libre de ce mariage, mariage ou pas mariage, public ou privé. Libre de partir. Qui le retiendra encore ? Aria n’est pas assez puissante. Et je serai bien incapable de tuer le père de ma fille si ce n’est pas pour la sauver elle.

- C’est un ordre de la cheffe de Rosenrot.

Ma voix claqua aussi vive que le vent. Aussi brusque que mon amour pour Green.
Je suis perdue Mutti. Je maîtrise pas mes sentiments, je maîtrise pas ma vie, j’ai perdu le contrôle. Mais il me reste l’échiquier, le roi d’en face à abattre et le fou, je crois.
Il reste le fou.

C'est tout.
Anja


Juste une trace sur le doigt mais une tache dans la tête.

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