So she can make you make mistakes


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 So she can make you make mistakes

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Exorciste Humaine
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Rhyan L. James
Exorciste Humaine
MessageSujet: So she can make you make mistakes   Jeu 11 Oct 2018 - 11:18


To love or have loved, that is enough. Ask nothing further.
There is no other pearl to be found in the dark folds of life.”
Le visage a cinq centimètres du mien, mâchoire fermée et les pupilles dilatées d’une colère que je ne connais pas. Mes doigts arrêtent de gratter la tête de la bestiole qui s’ébroue. Il lâche :  « tu m’en dois une, tu t’en souviens ? »

J’m’en souviens, ouais.
Quand le dossier glisse entre mes doigts, je sais d’avance que c’est mal parti pour moi. Il est épais, épais comme un dossier sur lequel il y aurait eu plusieurs tentatives et que des échecs. Sinon il aurait été classé, non ? Je retiens des noms - humains noirs - et des endroits. Enfin, un endroit. Varsovie.

« Tu descends dans le sous-sol. Au troisième sous sol. Tu poses des runes et des explosifs sur les piliers et tu provoques une onde de choc. L’escalier a été runé pour que tu ne puisses pas passer au travers : le plan c’est pas compliqué. Quand tu vas faire tout exploser, tu laisses tous les gravats passer à travers toi et tu remontres l’escalier pour en sortir. Tout doit sauter. T’as quarante minutes trente pour poser les runes d’exploser »

J’avoue, j’ai cillé.

« - C’est pas hyper possible, ça.
- Je sais.
- Et du coup ?
- Le plan reste le même. Tant que tu réussis à faire tout exploser en bas.
- Avec des runes ? Et des explosifs ?
- Ah non mais après, la façon dont tu t’y prends, j’m’en tape. Mais au moment où t’arrives au troisième sous sol, t’as quatre minutes trente. »

J’avoue, j’ai vraiment cillé.

« - Il y a cinq autres exorcistes sur le terrain. Tu te rappelles d’Alcott ? Il est infiltré depuis un bon mois et ça fonctionne bien. Les quatre autres sont des femmes, c’est tout dans le dossier.
- C’est quand ?
- Dans neuf jours. Un appart est loué à proximité.
- Et comment tu justifies ma présence ? »

Son sourire fait une apparition soudaine.

« - Alcott a dit qu’il connaissait quelqu’un qui savait couler des bateaux, mais qu’elle fonctionnait en binôme. Tu leur fais une démonstration vents et tempêtes, blabla. Alcott lance la distraction et tu descends rapidement, tu fais tout exploser, tu remontes par l’escalier, les téléporteurs te récupèrent.
- Non mais|
- Oublie pas pour le binôme. Trouve toi un bras solide. »

Normalement à Orpheo, on est mis par paires, par binômes, on ne nous demande pas de « ramener des gens ». Je me sens prise au piège et j’ose espérer que Simje ne m’a pas trahie. Mais c’est pas le style de notre clan non ? Je le vois pas non plus se mêler à mes affaires et coincer Cyan pour le tuer pour me sortir de cette relation. Il s’en fou, des relations, non ?

IL S’EN FOU DES RELATIONS, NON ?

« C’est bien payé Rhy. »

Oh my. J’me sens baisée et j’ai pas le choix, je sais que j’aurais une visibilité si je réussi cette mission. Faire sauter un sous-sol. Il sait que je peux le faire, et comment est-ce qu’il sait ça ?

COMMENT EST-CE QU’IL SAIT ÇA ?

Putain de ses morts.
Je grince un peu mais je finis par contacter Cyan. Rendez-vous dans un café assez populaire, où il veut. Paris, Varsovie, Berlin. LA Grèce est encore fraîche dans ma mémoire et j’espère ne pas tout ruiner en l’entraînant là dedans avec seulement des thunes à la clé. Et moi un peu, ahah. Je n’ai pas de séjour trop cool à lui proposer, pas de mer, d’océan, de jolie robe ou quoi. Je me détends un peu en pensant avec la facilité avec laquelle ça s’est déroulé, bliss and smooth. Tellement facile de traîner ensemble alors qu’on se cache tout, qu’on est obligé de mentir ou déformer. Pourquoi est-ce que ça marche aussi bien ?
Ma tête est pleine de sa peau.
J’ai besoin de lui, et c’est ce que les gens qui tiennent les uns aux autres, font. ils rappliquent. Parfois même sans poser de questions. C’est pas exactement ce que je demande à Cyan, mais peut être que c’est la seule façon où je peux m’en sortir. On y va, il balance tout, on rentre. Fin.

Peut être qu’il est occupé après tout, non ?
Peut être qu’il est en mission ?
Avec son frère ?

Mmh. Ça doit être dur de cacher des trucs à son jumeau alors que raconter c’est juste humain. Un besoin de communication et d’assurance, de confort. Comment est-ce qu’il fait ?
Aucune idée.
J’envoie le message, et puis c’est tout.
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Cyan Soul
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Jeu 11 Oct 2018 - 15:59


"So she can make you make mistakes"


C'est comme si on jouait à qui atteindra l'autre en marchant sur une corde d'équilibriste, avec des crocodiles comme filet de protection. On sait pas si on doit hésiter, avancer, reculer. On sait juste qu'on finira par tomber.

Je vis au jour le jour. C’est absolument nécessaire pour éviter d’avoir à se poser des questions sur nos agissements. Ça permet de ne s’attacher à rien ni personne. C’est ancré dans mes gênes que l’attachement, l’empathie c’est rien qu’une mauvaise chose. C’est souvent répété par les méchants des films et des dessins animés. Avoir de l’empathie pour les autres, ça nous affaiblit. Ça fait appel à une partie du cerveau qui n’a pas lieu d’exister. Les gentils ils répètent qu’avoir des amis, ça permet de se sentir au contraire plus fort. Moi, je pense surtout qu’il n’y a que les plus faibles qui s’entourent le plus parce que la sélection naturelle les achèverait auquel cas. Si t’es capable de sauver ta peau, à quoi bon s’entourer de personnes moins compétentes ? À s’y attacher ? Ces fantasmes d’adolescentes qui s’identifient à cette jeune fille sauvée par le plus fort, le plus beau du collège ou lycée, c’est rien qu’une réponse à leur propre inutilité. Elles reportent leur incapacité à faire face au monde en s’entourant d’une force extérieure qui, éventuellement, tomberait amoureux d’elle et tout ira bien. On fait croire aux femmes qu’elles doivent dépendre d’un tiers, d’un homme le plus souvent pour s’émanciper.
Ça m’énerve.

J’ai regardé un film de ce style y’a quelques jours. Pour fêter le retour d’Olive. On a commandé des pizzas, on s’est posé devant la télévision et on a choisi le film le plus con possible, pour voir qui craquerait le premier. J’ai bien cru attaquer le rose de mes ongles avant qu’Olive ne donne un coup dans la table basse et fasse tomber tout son contenu sur le sol. Le machin est passé en fond pendant qu’on a tout nettoyé. Il m’a raconté sa dernière mission. De l’imbécilité d’un de ses apprentis qui avait bien manqué de tous les tuer. Qu’il avait l’impression que ça faisait des mois qu’on s’était pas revus, occupés à être envoyés sur des missions différentes pour brouiller les pistes depuis le meurtre du directeur. Faut croire qu’ils ont été particulièrement virulents Orpheo. J’ai bien failli me faire attraper plusieurs fois. Et puis, j’lui ai dit que c’était pas plus mal qu’on demande à Rosenrot de nous remettre ensemble.

Ça s’est plutôt bien passé. L’organisation a accepté. Elle nous a mis sur un gros fonçage dans le tas, avec une vingtaine de sorciers noirs. J’avoue, si Olive s’en est satisfait, moi j’ai assez râlé en mon for intérieur. Même si je ne dis jamais non à une bonne mêlée, en attendant j’aurais espéré une vraie mission à deux, mettant en avant mes capacités de réflexion avant mon pouvoir. Mais bon, on ne remet pas en question les ordres.

Enfin, en temps normal.

En fait, j’ai reçu un message de Rhyan.
Qui me demandait de nous rencontrer quelque part, dans une grande ville. J’ai essayé d’ignorer le sourire sur mes lèvres et le frisson de bonheur. C’est plus facile comme ça. Quand je lui ai communiqué ma ville de séjour, j’ai même pas cillé. Comme si c’était normal. Hambourg. Une manière de se rapprocher de Berlin sans en être trop proche pour autant.

On s’est donc vus. Elle était aussi rayonnante que la Rhyan que je connaissais. Aussi imprévisible. Aussi vivante et parallèlement torturée par ses démons. Aussi présente qu’absente. Elle m’a expliqué la raison de son déplacement. Qu’elle avait besoin de moi pour une mission. J’ai à moitié tiqué, sur la défensive. J’ai conscience de l’avoir volontairement mise dans une sale situation en Grèce, mais je sais que je n’étais pas prêt à me placer du côté d’Orpheo pour autant. Agir contre mes semblables, aussi idiots, aussi meurtriers soient-ils, ne fait pas partie de mes préceptes.
Mais alors, elle m’a annoncé qu’il s’agissait d’humains noirs et alors là, j’ai oublié que ce même jour j’étais justement en mission avec Olive. J’ai vaguement acquiescé de la tête. Même après avoir entendu que la mission se tiendrait à Varsovie. J’ai pas montré un seul signe de méfiance. Je me suis pas dit à un seul instant qu’ils auraient simplement pu me pêcher là-bas. On s’est quitté et c’est qu’au moment d’empaqueter mes affaires qu’Olive s’est pointé dans ma chambre.

Intrigué.

-Tu vas quelque part ?
Je vais quelque part ?

J’ai lâché mon sac et j’ai jeté un regard abattu à mon reflet. Qu’est-ce que je fais ? Pourquoi est-ce que je perds tous mes moyens, toute mes capacités de réflexion quand je suis avec elle ? J’ai vraiment du mal à assumer qu’il se pourrait bien que je l’aime plus que je me laisse y penser. Je remets toujours toutes les pièces à conviction sur la table après l’avoir quitté et je vois les nouveaux souvenirs qui m’amènent à l’observer toujours plus précisément. Aussi inconcevable que cela puisse paraître, il semble que je lui fasse vraiment confiance.

Il serait temps que je l’accepte, à défaut de pouvoir luter.

-On m’a assigné une autre mission pour demain. Désolé, le duo sera pour une prochaine fois.

J’crois que pour la première fois, Olive il m’a regardé de travers. J’ai cru croire que mentir ça allait être une bonne idée, mais c’en était une mauvaise. Il a curieusement pas insisté mais j’ai compris que ça allait probablement moyennement bien se passer au retour, qu’il serait capable de fouiller mes archives pour trouver l’autre ordre de mission et de se rendre compte qu’il n’existe pas. Et là, ça deviendrait plus grave.
J’ai repris le sac et j’l’ai posé dans mon dos en passant devant lui.
Sans rien dire.

Et puis j’suis parti. J’ai pris l’avion jusqu’à Varsovie et là j’l’ai attendu, un peu sur mes gardes. J’ai réintégré mes cheveux blonds et j’ai mis des lunettes, juste au cas où. Qui sait s’il y a des conservateurs par ici. Je lui ai même pas demandé si elle était censé faire ce travail avec d’autres exorcistes, s’il aurait fallu que je vienne déguisé. J’ai cru comprendre qu’il fallait faire sauter un sous-sol. J’avoue, sur le coup, j’ai ri. Parce que c’est facile. Puis je me suis rendu compte que le don d’onde de choc était pas à la portée du premier venu et que sans lui, faire sauter un sous-sol, ça peut vite devenir compliqué.
Bref, y’a donc juste besoin que je fasse exploser deux-trois murs porteurs. Comment elle se serait débrouillée, du coup, si j’étais pas là ? Non pas que je doute de ses capacités, mais à moins d’être vraiment sûr d’avoir un gars comme moi dans les rangs, faudrait au moins être une petite dizaine pour mettre suffisamment d’explosifs sans être découverts. Du coup, soit il y a vraiment plein d’exorcistes et ça va vraiment promettre d’être une journée riche en émotions, soit ils savent déjà que Rhyan connaît un doué spécialement doté de cette intéressante capacité. Autant vous dire que, contrairement aux métamorphes et élémentariste, les ondes de choc, j’en ai croisé… 2 dans ma vie.
Et j’les ai tué.

Elle m’a balancé sur le téléphone une adresse et je m’y suis rendu. Au pied d’une pseudo-auberge. J’avoue, j’ai pas trop voulu entrer. Faut pas oublier que pour le coup, je suis parfaitement infiltré chez les exorcistes et je vais travailler pour eux… Enfin non. Pas question. Pour Rhyan. Juste pour elle.
Je me pose, toujours avec mes lunettes sur le nez, contre le mur d’une maison, les bras croisés. Espérons qu’elle rapplique pas avec des exorcistes. De loin, on me reconnaît pas, de près c’est pas tout à fait pareil. J’lui envoie un message pour lui dire que je suis sur place.

J’suppose que je suis à la bonne place ?

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Rhyan L. James
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Ven 12 Oct 2018 - 17:46

RHYAN


b e l l y
a c h e
Il a dit oui et la pression est montée d’un cran. Le café était bondé et empli de gens colorés, bruyants, des robes et des couples, des talons et autant de noeuds coulants autour de leurs cous. Comme le mien qui se resserre. On va se faire prendre et on se retrouvera étonnés d’être brûlés. Mais j’peux plus sortir ma tête de la corde maintenant et j’en suis bien consciente. Tout comme je sais que c’est peut être Cyan qui poussera le tabouret.

Tant pis.

Il a dit oui.

Varsovie n’a pas changée, toujours aussi similaire et étrangère à Berlin à la fois, plus froide, raciste et multiculturelle à la fois. Des quartiers incroyables et des gens qui m’insultent quand j’vais acheter à manger parce que je ne parle pas Polonais. Simje trouve la ville folle mais parfaite. Quelle autre façon de décrire l’ambiance ?

Lames runées, silencieux, lames de cutter et de rasoir. J’adore les lames de rasoir ; paraît tout de même que chez les gentils on essaie d’être gentils et pas de cutter trop de tendons. J’suis bien tentée de faire enchanter ces petits bouts de métal pour handicaper à vie un sorcier. Ça serait étrange non ? Les pauvres petits habitués à se soigner d’un mouvement de mains, collés à vie au fond d’un siège, inutile. Peut être lapidés par les autres. Qui sait.

Il arrive et je sais que je suis prête. Je sais aussi que les autres exorcistes seront sur place et que ça va être chaud de faire ça bien, vite, et discrètement. La plupart d’entre eux. n’ont jamais bossé sur des gros dossiers noirs et n’ont pas appris des visages par coeur. Ils ne sont que des tremplins, des ponts, des tapis comme les appelle nous : ceux qui protègent nos pieds nus et récupèrent le sang. Ils sont implantés dans des zones sans grande connaissances pour être crédibles et récupérés après coup. Comme moi à la banque, ponçage de dossiers en moins. Aucune raison qu’ils ne reconnaissent Cyan. Reste Alcott. J’espère qu’il me fait confiance ; je ne vois pas pourquoi il me ferait confiance. Peut être parce qu’on est tous les deux des gentils.

Tu m’en diras tant.
Une gentille de qualité vous avez là. Une pute qui vend sa vie et ses valeurs pour un élan de vérité. Une vérité parmi tant d’autres que j’aurais pu choisir de la même façon.

Bref.

Mon téléphone vibre ; Cyan est déjà là. Tant mieux, moi aussi. Je passe à travers la porte, je préfère toujours faire un peu mes gammes avant les missions, ça aide à se concentrer et être plus sûr de soi. Petit sourire discret, j’ai un poids d’une demi-tonne sur les épaules mais j’crois que j’aime être chargée.

- Hé.

Toujours pareil. Toujours pareil mais en mieux, toujours en mieux. Je sais que c’est souvent comme ça, on gravit une montagne qu’on fini toujours par redescendre. P’t’être pour ça qu’on monte à petits pas.
L’appartement est trop proche du lieu de rendez-vous, je ne veux pas prendre le risque d’être aperçue. Des miens ou des leurs, je m’en fou. En plus Cyan avait l’air plutôt super chaud pour aller botter le culs d’humains noirs.

Humains.

M’enfin, on est tous dans le même bateau quand même.
Je m’approche un peu, voix blanche et directe.

- Là-bas, je te protège. (c’est un ordre, j’essaie de faire genre que ça en est pas un mais c’est une nécessité) Vous avez un entraînement trop particulier, même votre façon de marcher on sait à des kilomètres que vous êtes des Souls. Si ça dérape un peu, c’est moi qui suit aux commandes. Si ta couverture saute,, c’est moi qui gère aussi. Si vraiment ça part en couilles, sauve ta peau hein. Mais tant que ça se tient, t’es juste mon binôme. J’crois que y’a une histoire de runes de puissances sur toi qui m’aident.

Je me rends subitement compte que « j’crois » c’est la pire injonction du monde, professionnelle en carton la Rhyan et je ferme subitement ma gueule alors que mes joues s’embrasent.
Je déteste ça, rougir comme ça, là, ça sert à rien du tout.

- Je suis sûre que Alcott, le contact sur place, a monté une histoire comme quoi tu avais un décuplateur de puissance.

J'aimerais ajouter "fais moi confiance" mais je trouve ça débile. Déjà, parce que dire à quelqu'un "tu peux me faire confiance" c'est lui voler son jugement. Laisse à la personne le soin, petit à petit, de déterminer si il peut me faire confiance ou pas.
Ensuite, si il est là je suppose qu'il a fait son choix.

Bien, ceci étant dit.
Allons joyeuse dans cet immeuble. Il n’a que deux étages mais trois en sous sols, ce qui est assez oppressant. Mais bon. Il est fait d’un seul bloc, un tube fragile qui bientôt volera en éclats.

On arrive sur le lieu. Je sais immédiatement qui sont les contacts pour avoir vu des photos et nous sommes accueillis par un petit groupe d’humains, donc, qui me dévisagent. Plus moi que Cyan. Bien.
Aucun mot n’est échangé mais après avoir pénétrés dans le hall, une vague de scepticisme sous-jacent s’enroule autour de moi. Je fais claquer la porte d’un coup de vent.

Mieux ?

Les larbins - clairement, on va pas se mentir - hochent la tête et nous entraînent dans une salle avec un haut plafond. Un énorme bulbe lumineux vascille au dessus d’une table où il y a des dossiers mais aussi quelques assiettes sales et des feuilles séchées de plante vertes - ou de magie ? Aucune idée.

Nos noms ne sont pas échangés.

- Asseyez-vous.

Alcott est à côté de lui. On ne m’a pas prévenue de la distraction mais je suis assez vive. d’esprit pour capter une grosse diversion. Enfin j’espère que ça sera assez gros.

- Vous avez un dossier avec le lieu en question, le bateau en question. Un quart de la paye pour vous. Le reste après exécution de la mission.

Je souris.

- Trois-quart.
- Comment je sais que vous allez respecter votre parole ?
- Scellons nos mots avec une rune.

Il fronce les sourcils - le bluff est la vie que je mène. Je n’ai aucune idée de si ça existe ou pas mais ma voix n’a pas tremblé. Une rune peut-elle forcer quelqu’un à faire quelque chose ? Faire exploser quelqu’un ? Un sac ? Détruire de l’argent ?
Aucune idée, j’ai pas demandé à Simje. Peut être qu’il n’en sait rien également. C’est dire.
L’homme jette un regard à un larbin qui hausse les épaules et disparaît. Tic tac tic tac. Il redescend avec une femme, visiblement la grande patronne. Elle n’est pas très grande, les cheveux dans un carré lisse sous simple, aucune démonstration de force mais il émane d’elle une horreur de puissance.

J’suis pas à l’aise mais je m’entends dire, toujours sur mes putains de grands chevaux que je ne maîtrise pas.

- Trois-quart de la somme et votre bateau est torpillé.

Ma voix est légèrement sifflante et j’essaie de rester poser dans mes bottes, de ne pas trop penser à mon binôme. Les lecteurs de pensées - bien que je suis runée - me cassent allègrement les couilles.
La fille me fait un petit sourire.

- La moitié et vous sortez d’ici vivante.

AH!
Bon. En soit, je m’en fou parce que ce soir c’est toi qui meurt. Je déglutis, prend un air vaguement déstabilisé. Je serais idiote d’ânonner « nan, les, trois, quarts » mais suspecte de dire oui maintenant.

- Vous menacez ma vie alors que je suis venue vous prêter main forte ?
- Vous êtes humaine n’est-ce pas ?

Okay, 1-0, déstabilisation active. J’ai vraiment pas envie qu’on cause de ça devant le Soul, encore moi si elle me sert un petit pitch « liguons-nous contre ces vieux sorciers qui puent ». Mais elle m’a vu ciller et elle sourit.

- La moitié ?

Mes lèvres se pincent.

- La moitié.

Je lâche mon don dans un vertige fort désagréable - mais on n’a rien sans rien - et une pluie s’abat sur les vitres sans aucun son. Okay, bien joué l’insonorisation. Leur immeuble à l’air pas mal au point sur les normes de solidité quand même. Je ne sais pas exactement ce que Cyan a sous le pied mais j’espère que c’est pas un petit caillou. Plutôt un rocher. Un rocher dans lequel il y aurait escalibur.

J’dis ça en passant.

On me passe les dossiers que je réceptionne. Elle siffle.

- Et votre binôme, il doit venir avec vous couler le bateau ?

La question lui est directement adressée et mon corps se fige en plomb. Chill Rhy, chill. En deux trois claquements de volets Alcott aura trouvé une idée.
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Ven 12 Oct 2018 - 23:41


"So she can make you make mistakes"


C'est comme si on jouait à qui atteindra l'autre en marchant sur une corde d'équilibriste, avec des crocodiles comme filet de protection. On sait pas si on doit hésiter, avancer, reculer. On sait juste qu'on finira par tomber.

Ouais, j’ai dit oui. J’me suis pointé comme une fleur à Varsovie après avoir décapité le directeur de Pologne quelques mois auparavant. Sérieusement, j’ai rarement été aussi immature dans mes prises de décisions. Bon, c’est vrai qu’à l’écoute du mot « humain noir », je me suis un peu emballé. J’ai tellement l’habitude d’être envoyé contre des exorcistes que j’ai tendance à les oublier. Il faut dire qu’ils sont encore trop marginaux, trop isolés pour constituer une véritable menace. En général, on envoie des sorciers se faire la main contre eux. Les exorcistes, c’est pour ceux qui ont un peu plus de réussites à leur actif.

N’empêche que si les supérieurs me voyaient à l’heure actuelle, j’pense qu’au mieux mon nom me sauverait et j’prendrais la roustée du siècle de papa Soul ou alors ils craqueraient vraiment et chercheraient à me tuer. Fort heureusement pour moi, j’ai plus à leur apporter en étant vivant que mort. Et puis, ils auront du mal à m’en vouloir d’aller frapper de l’humain noir sur mon temps libre. Enfin, temps libre c’est vite dit. Quand ils verront débarquer Olive seul et qu’il haussera simplement les épaules quand on lui demandera où je suis, faudra qu’à mon retour j’ai une explication en béton pour satisfaire et Rosenrot et le Soul qui me sert de frère. Bah, pas que ce soit particulièrement compliqué de passer outre la surveillance de l’organisation. C’est plus le Soul qui obscurcit mon tableau.
Bref, j’ai mes lunettes et j’me rends bien compte à quel point c’est peut-être encore un peu plus louche de porter des lunettes en étant en mission. En général tu prends des lentilles, tu t’amuses à pas à risquer de perdre la vue si jamais tu dois faire une roulade. Mais bon, hein. En attendant, pour le moment, ça me va. Si on me demande de les retirer, j’l’ai retirerai.

- Hé.
-Yo.

Elle m’fait rire avec ses mots d’accroche. Un petit salut tout neutre, presque désintéressé. Genre j’ai calculé que t’étais là c’est bon, on y va. Pas que ça me dérange, en général on prend même pas le temps de se saluer chez nous en mission. Et puis, ça instaure un petit rituel. Je sais que les habitudes c’est pas bon, mais c’est ces mêmes habitudes qui permettent de déceler une situation hors du commun et déterminer si ça va. Ou si ça va pas.

Elle s’approche bien vite de moi. J’ai laissé mon sac quelque part à l’abri des regards. Bah, y’a rien de terrible dedans, juste un change au cas où, lorsque je devrais reprendre l’avion pour éviter d’être couvert de sang. En fait, ça donne surtout une excuse pour s’en foutre partout. Les armes, je les ai sur moi. J’ai senti une certaine fébrilité de la part de mes lames – oui, j’interdis qui que ce soit de juger de l’émotivité de mes armes – donc j’ai pas pris de pistolet. Elles se sont senties mises à l’écart depuis les dernières missions alors qu’elles savent très bien que je le aime plus que tout et que je suis bien plus précis avec elles. Bref, du coup, j’ai pris que des lames. Accrochées à une de mes cuisses et quelques-unes à ma ceinture. Certaines basiques, d’autres un peu plus offensives.

- Là-bas, je te protège. Vous avez un entraînement trop particulier, même votre façon de marcher on sait à des kilomètres que vous êtes des Souls. Si ça dérape un peu, c’est moi qui suit aux commandes. Si ta couverture saute, c’est moi qui gère aussi. Si vraiment ça part en couilles, sauve ta peau hein. Mais tant que ça se tient, t’es juste mon binôme. J’crois que y’a une histoire de runes de puissances sur toi qui m’aident.

A ce moment, je me rends compte à quel point je me suis embarqué dans une histoire qui ne me concerne, mais alors, pas du tout. Et surtout, qui n’est pas du tout adaptée à mes méthodes de travail. 1. En général, je sais déjà tout en arrivant. Là, concrètement, je sais qu’on va taper sur de l’humain noir et faire sauter un bâtiment et ça s’arrête là. Fantastique. 2. Je travaille soit seul, soit avec Olive, soit comme membre extérieur d’un groupe. Comme pour faire sauter la tête du directeur. Là, on me sort « là-bas, je te protège ». Ça peut paraître rien mais dans ma tête, ça fait « Oh là. » voir même « Hoooollaaa ! » genre, Cyan, tu réagis pas, je gère tout. Dire à un Soul d’être pseudo-inactif en mission, c’est comme demander à un four d’arrêter de chauffer. Déjà, il réagira pas parce que c’est un objet, ensuite il continuera à faire ce pourquoi il est programmé. Et entre un Soul en mission et un objet, franchement, ça me tue de le dire, mais y’a pas beaucoup de différences. En tout cas pour les aînés de la fratrie.
Du coup, je grimace un peu. Je réajuste mes curseurs et j’essaye de tourner ça pour que ce soit compréhensible, genre, on me couvre pour que je puisse foncer au sous-sol et tout faire péter. Je gère juste pas le premier acte. Même si c’est difficile de devoir me sentir inutile… non. Dépendant d’autrui sur une mission qui ne me concerne de base, pas, c’est vraiment quelque chose que je n’ai pas l’habitude d’expérimenter.

Mais bon, elle rougit donc ça vaut bien le coup de passer au-dessus de ça, non ?
J’suis devenu un vrai crétin, ma parole.

- Je suis sûre que Alcott, le contact sur place, a monté une histoire comme quoi tu avais un décuplateur de puissance.

Alcott. Putain mais quel prénom. Ça existe même ? Maintenant tout de suite, je lui mets un bec de coq sur la bouche et des grands yeux globuleux. Alcott. Ça fait aussi penser à un nom de poisson. Je sais pas pourquoi. Genre un minuscule poisson avec des zébrures argentés. Mais je m’y connais pas en poisson et j’en mange pas donc on va s’arrêter là. Bon, donc, concrètement, faut juste que je ferme ma gueule pendant la première partie et que je les regarde silencieusement. Moins j’en fais, mieux je me porte parce que j’ai l’air de transpirer le Soul. Vas-y, pourquoi tu m’as appelé si t’es persuadé que ça va partir en cacahuète. Sérieux. Je sais pas comment on est censé marcher autrement. Et puis ça veut rien dire, marcher comme un Soul.

Bon. Je me tais et j’attends qu’on me fasse une haie d’honneur jusqu’aux sous-sol, j’éclate la magie et paf, problème solved. Ça me paraît simple. Trop simple. Ils ont vérifié l’état des sous-sols ? Si y’a des runes de blocage, va falloir les désamorcer une à une parce que mon onde de choc sinon elle sera juste aussi efficace qu’un pet. L’odeur en moins.

J’acquiesce sans broncher. Histoire de me mettre dans mon rôle, parce que si je commence à parler maintenant, dans deux minutes, je râlerai, la mission n’aura pas commencé et je refuserai de me contenter d’un rôle d’observateur.
Elle me précède donc et pénètre dans un bâtiment non loin. Ça fait claquer la porte derrière notre passage et je sursaute à moitié. Elle va se calmer, la miss météo.
Mis à part ça, y’a tout de même une belle petite concentration de personnes. Je pensais pas qu’il y avait autant d’humains noirs dans le coin. Ça vaut le coup de faire une petite razzia avec les potes une autre fois. Enfin bon, étant donné l’objectif de la mission, il me semble qu’il va falloir chercher un autre groupe après celui-ci.

On arrive dans une grande salle bien haute. Ça fait très informel, c’est froid, on dirait un interrogatoire avec des jolis murs juste pour déguiser le mot. Va falloir songer à investir dans des tapisseries, papiers peints si y’a pas le budget avec des couleurs m’voyez. En temps normal, j’me fiche pas mal de l’endroit où j’me rends, mais voyez, visiblement là j’ai tout le temps du monde. Et puis, j’évite le regard des autres. Puisque je marche déjà comme un Soul, j’imagine pas le regard que je dois naturellement avoir.

- Asseyez-vous.

Pourquoi faut-il que les méchants paraissent toujours aussi… méchants ? On peut être méchants avec le sourire, on peut tuer en riant. On peut proposer de s’asseoir et offrir le café en même temps. Non ? Rabat-joie. Je croise bras et jambes. Je sais que c’est une position défensive si y’a des gens un peu calés sur les significations des positions du corps mais vaut mieux leur faire croire que j’suis pas une menace que l’inverse. Je m’assoie donc à côté de Rhyan et un autre se pose à mes côtés. J’dois écouter, juste écouter. J’vais me rallier au fourgon au fil de la discussion pour comprendre de quoi il en retourne et on verra. Apparemment, j’ai un décupleur de puissance. Ou je suis un décupleur de puissance ? Pourquoi ? Ils veulent pas volontairement faire sauter leur bâtiment, non ?

- Vous avez un dossier avec le lieu en question, le bateau en question. Un quart de la paye pour vous. Le reste après exécution de la mission.

Bateau ? Ok, donc ça parle d’un bateau. Y’a différents papiers étendus sur la table et je jette un vif coup d’œil pour déterminer lequel sera présupposé comme m’indiquant la raison de notre présence. Enfin, l’excuse. J’me sers, donc, sans avoir demandé quoi que ce soit à qui que ce soit, sur le dossier le plus proche qui a l’air de faire mention d’un bateau. On me regarde un peu de travers mais j’en ai, alors, rien à faire. Surtout que si mes yeux sont posés sur le dossier, mes oreilles sont tendues sur l’échange.

- Trois-quart.
- Comment je sais que vous allez respecter votre parole ?
- Scellons nos mots avec une rune.

Ok, donc pendant que ça pose les termes du contrat, moi je me concentre sur l’objectif. Faire péter un bateau. Au moment où je lis l’ordre, je tique. Je connais le nom de ce bateau. Enfin, pas personnellement, je suis jamais monté dessus, mais c’est un transatlantique. Noir, principalement. Enfin… sorcier noir. Rosenrot. Et si je le connais, c’est parce qu’il a été financé par les Soul. Il transporte pas mal d’armes. Même si les bateaux, c’est pas énormément utilisé avec toute la téléportation etc, c’est quand même bien pratique pour passer relativement incognito d’un continent à l’autre. Voilà qu’ils veulent le torpiller. Et puis que ce soit, par-dessus tout, moi.
Honnêtement, je me retiens de tout mon être, j’fais appel à tous mes ancêtres de m’empêcher de partir dans un rire tonitruant. C’est un gros gros comble. J’aurais pas fait mieux. Je pince ma lèvre de l’intérieur et récupère discrètement un des papiers jugé comme étant le plus important et repose le dossier à sa place, hilare en mon for intérieur.

- Trois-quart de la somme et votre bateau est torpillé.

Moi j’demanderais même l’intégralité. Après tout, c’est quand même une partie de l’héritage Soul qui risque de s’envoler, alors autant récupérer autant de bénéfices que possible. Même si je doute que le montant soit à la hauteur de la construction du bateau. J’avais pas remarqué, mais y’a une dame qui a fait son apparition. Elle est on ne peut plus classique. Un peu sèche sans doute. J’incline la tête sur le côté et dirige mes yeux vers Rhyan. D’ailleurs, son timbre de voix a changé. Est-ce qu’elle l’impressionne ? J’vois rien de plus qu’une femme qui a l’air d’être la plus à sa place.

- La moitié et vous sortez d’ici vivante.

Ça menace maintenant. Au moins ça a le mérite d’être clair, je fais tout péter maintenant et on est tranquille ou j’attends encore un peu ? Non pas que son attitude pompeuse me monte un peu à la tête mais elle sait vraiment pas à qui elle s’adresse et jamais on me menace comme ça. Jamais, comme jamais. J’ai envie de lui cracher mon venin à la figure mais j’dois me taire. Je me renfrogne pas, je garde une attitude tout à fait décontractée. Peut-être trop ? Je sais pas, on m’a pas dit comment agir. C’est censé être une réunion pour planifier une mission, non ? Bah je suis mille fois plus détendu en temps normal.
Bon, en général on est du même camp, alors on se menace pas.
Pourquoi elle nous menace d’ailleurs ?

Va falloir lui apprendre que c’est contre-productif d’asséner des phrases comme ça.

- Vous menacez ma vie alors que je suis venue vous prêter main forte ?
- Vous êtes humaine n’est-ce pas ?

Voilà, bonne répartie.
Sur le coup, j’ai un sursaut. Non, parce que ça va de jouer le passif pendant quelques minutes, de se faire menacer sans broncher. Mais alors me traiter d’humain, j’crois j’aurais craqué. Heureusement, elle ne s’est adressée qu’à Rhyan. Et… Bon, je sais que Rhyan est une humaine, d’accord, ne marchons pas sur ce sentier glissant, abrupt et possiblement mortel. J’aimerais qu’on change de discussion, si possible. Juste histoire que y’en ai pas un ou une avec la merveilleuse idée de m’assimiler à un humain.

- La moitié ?
- La moitié.

Deal, donc. Le dossier que je tenais dans les mains lui sont fourni. J’ai envie de lui rire à la figure en lui indiquant de quel bateau il s’agit mais c’est pas le moment. On fait quoi du coup ? Parce qu’on est censé partir maintenant non ? Vaquer à notre fausse occupation. Et si on est censé pénétrer ce bâtiment après avoir fait couler ce bateau, elle peut me rayer de la mission. Mais bon, je suppose que c’est pas le cas.

- Et votre binôme, il doit venir avec vous couler le bateau ?

Cette meuf, je m’en vais te la découper en morceau, elle va finir sur le grill toute rôtie. Une humaine noire qui a l’air de me traiter comme un chien de garde, c’est passablement ennuyeux. Agaçant. Elle me fixe et je prends donc mon temps pour plonger bien comme il faut mon regard dans le sien tout en m’étirant. Je passe mon bras derrière le dossier de ma chaise et réplique calmement :

-On travaille en duo. Elle gère la logistique et je fais tout péter. Ça marche bien en temps normal. On peut peut-être réajuster le montant de la prime du coup, comme y’a deux pauvres gens à nourrir. C’était bien trois-quarts.

La dame me regarde de travers avec ses prunelles menaçantes mais je la soutiens sans ciller, sans lui renvoyer sa fureur au nez. Je pense qu’elle est pas trop habituée à ça vu la perte radicale de son sourire issu du dernier marché, mais ça me passe au-dessus de la tête. Franchement, ça tient qu’à moi de tout faire péter ici même. Pa la peine de se faire chier à descendre. Si je balance une forte intensité ici, y’a tout le monde qui crève. Moi compris si Rhyan le décide. Je sais pas pourquoi on prend autant de précautions. Ça doit pas être compliqué de les mettre tous au tapis. Même sans magie. Bon, on prendrait cher quand même, mais c’est ça qui est marrant.

-Je ne me souviens pas qu’il était stipulé que vous seriez accompagnée.
-C’est un secret pour personne que l’administration chez les humains c’est pas fantastique.

Elle dit ça en regardant Rhyan. Mais je réponds quand même. Et ça lui tape profondément sur le ciboulot. Mais j’ai pas sorti ma dernière carte. Mon dernier papier pour être exact. Je mime de prendre le parapheur et jette un rapide coup d’œil à son contenu. J’ai tout à fait conscience d’avoir une partie de la paperasse glissée dans une de mes poches mais j’ouvre le dossier sur la table et lance :

-Je dirais même plus qu’il manque des documents dans vos dossiers si bien fournis. Comme l’ordre de mission par exemple.
-Nous avons dû l’oublier aux sous-sols, venez avec moi.

Wow. L’autre à ma droite il se réveille subitement, genre bling bling j’ai créé une ouverture. Je bats frénétiquement des cils, pas certain de comprendre l’entrain du jeune monsieur. Mais qu’importe, visiblement il nous donne un billet d’accès direct alors c’est pas mal.
La petite dame n’a pas l’air de dire quoi que ce soit, mais peut-être que ce sera pas le cas bien longtemps et qu’il vaut mieux partir tant qu’il en est encore temps. Je jette pas un regard vers Rhyan pour pas éveiller les soupçons et observe l’humain rassembler les feuilles pour les passer sous son bras.

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Rhyan L. James
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Sam 13 Oct 2018 - 15:54


Take me back to
that time we met
Heureusement que je suis assise et heureusement que Cyan Soul, sorcier noir de son état et tête à claque n’est pas à portée de main. Peut être que impulsivement je l’aurais giflé, comme ça, BAM, avec un gros « allez ta gueule, AU PANIER ENCULÉ » mais c’est trop tard. C’est trop tard, je me revois encore lui proposer cette mission débile pour ce gros con de Simje, et rien ne va pas se passer. Je sens l’orage et la misère se profiler à l’horizon. Comme un tsunami, la marée s’est retirée et construire une petite digue ne nous empêchera pas de nous noyer.

J’vous laisser juger.

La fille se retourne vers lui pour lui causer directement et je le sens bouillir. Il ne fait absolument pas l’effort de se cacher, il émane puissance et danger. Avant qu’il ouvre la bouche je sais d’avance que ça craint pour moi et pour lui, que ça pue mais qu’il ne peut pas s’empêcher, qu’on lui a appris a être un dieu et à marcher en toute sainteté. Deux balles dans la tête et tout le monde file droit, n’est-ce pas mec ?

-On travaille en duo. Elle gère la logistique et je fais tout péter. Ça marche bien en temps normal. On peut peut-être réajuster le montant de la prime du coup, comme y’a deux pauvres gens à nourrir. C’était bien trois-quart.

Déjà, c’est même pas ça qu’il est censé se passer, il ne fait rien péter du tout il extrapole mes pouvoirs, ce qui fait que je peux couler un navire dans une tempête. Déjà.
Qui peut faire tout péter ?
Quelqu’un avec une onde de choc.
Qui a une onde de choc ?
Bien joué mec, putain. Alcott tique mais ne dit rien, mes tripes vrillent avec force dans mon ventre. J’ai un deuxième coeur dans les paumes et j’vais exploser. Le plafonnier se met à osciller et je coupe intégralement mon pouvoir et mon don. Si je ne me maîtrise pas je vais traverser tous les planchers, la tête, le noyau de la terre, l’espace, découvrir pluton et ramener à ce petit prétentieux de Cyan un galet galactique comme pierre tombale. Je me mords la joue, le sang glisse dans ma bouche, fer rouillé sur mes lèvres.

-Je ne me souviens pas qu’il était stipulé que vous seriez accompagnée.

J’ouvre la bouche en me redressant mais il enchaîne.
OH, C'ÉTAIT À MOI QU'ON PARLAIT LÀ. T'sais quoi, mon silencieux il me brûle la peau là, il me démange un peu même. Je le sortirai bien pour faire comprendre à quelqu'un la vie.

-C’est un secret pour personne que l’administration chez les humains c’est pas fantastique.

Mais tgggggggg.
Le mot humain a roulé dans sa bouche avant d’être expulsé, chewing-gum collé sous sa chaussure dont il faut se débarasser. C’est tellement obvious que je me dis qu’on va se prendre deux balles dans la tête et mourir sur le champ.
Je serre tellement les dents qu’elles se mettent à grincer. Mais il n’en a pas fini, il me regarde, oui oui, il me regarde, mais regarde-moi bien mec parce que tes yeux, je, vais, les, crever. Ça m’apprendra à lui faire confiance.

-Je dirais même plus qu’il manque des documents dans vos dossiers si bien fournis. Comme l’ordre de mission par exemple.

Mais je l’ai vu, l’ordre de mission. Je l’ai vu, chiffon et brouillon mais bien présent. Je ne tique pas pour autant et essaie de former des paroles intelligentes ; rien ne vient mais Alcott prend immédiatement le train en marche avec réactivité et je sors de mon siège.

-Nous avons dû l’oublier aux sous-sols, venez avec moi.

Je passe devant Cyan et derrière Alcott. Vilain toutou le Soul, vilain. Reste prudent et caché putain. Comme si t’étais discret là. Quelqu’un me rappelle comment les Souls ont gagné la guerre déjà ? Même un peu avec Rosenrot ? Parce que c’est peut être des machines de guerre, c’est surtout des boules d’ego et de fierté - peut être justifié - qui me donne envie de le planter.
M’enfin bon.

Personne ne réagit. J’ai envie de rester en haut parce que c’est suspect qu’on se laisse entraîner aux sous-sol, hein, ça pourrait être un piège, mais au point où on en est.
Sérieux, Cyan il va tout faire péter et j’vais le laisser crever sous les décombres. Fin.

Super plan ça.
J’aurais peut être dû commencer par là à la banque.
J’en tremble de rage, tiens.

Au moins, ça me fera peut être passer pour une petite meuf fragile, indécise. Parce que c’est ce qu’on est supposés être - je le rappelle parce que quelqu’un semble l’avoir oublié. On est des amateurs.

N’EST-CE PAS ?

On descend sur l’escalier runé et effectivement je suis incapable de passer à travers. Notre troupeau de trois dévale avec rapidité les marches et arrivé en bas, je me remonte vers Cyan, voix blanche et sèche.

- On reste en contact physique et sur l’escalier.

Je vois Alcott le dévisager et ça me rend folle. Son regard accroche des lèvres, des cheveux, des défauts, une musculature. Il n’aurait pas dû être là pour la démonstration de puissance mais c’est trop tard. Les secondes sont trop précieuses pour que je me couvre face à quelqu’un supposément de mon côté. Mais l’exorciste me laisse un doute et lâche :

- Je vais remonter et dire que vous vous avez disparus, que je pense que vous êtes juste invisibles mais pas téléporteurs, ils pensent qu'il y a des runes pour empêcher ça. Ils vont essayer de venir voir. Faites ce que vous avez à faire.

Il me fait un clin d’oeil.
Je revois parfaitement son visage sous la pluie et mon dos déchiré, mon dos brûlant et la certitude que j’étais morte. Je reste de marbre et il disparait dans les étages. Mains moîtes et fébriles.

- C’est le moment.

Je me retourne vers Cyan avant un pressentiment plus gros qu’une montagne. Une certitude qui petit à petit se glisse dans mes mains, mes pieds, mes veines, use mes pensées et rode la bile dans ma bouche. Alcott n’a pas proposé d’aider à poser des charges explosives ; il sait. Et puis c’est tout. Il sait, et ça n’aurait pas dû se savoir.

On règlera ça après.
En attendant mec, prouve ton utilité.
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Sam 13 Oct 2018 - 18:30


"So she can make you make mistakes"


C'est comme si on jouait à qui atteindra l'autre en marchant sur une corde d'équilibriste, avec des crocodiles comme filet de protection. On sait pas si on doit hésiter, avancer, reculer. On sait juste qu'on finira par tomber.

La phrase est prononcée et le gars se lève, récupère le tout et Rhyan se positionne entre nous deux. Je sens comme une sorte d’hostilité émaner vers elle et je suis encore de me demander si c’est plutôt une bonne ou une mauvaise chose. Considérant le déroulé de ma mission, ce serait chouette qu’elle me laisse pas mourir sous les décombres, que ce soit par écrasement ou d’étouffement. À vraiment devoir choisir, je préfèrerai finir écraser. Plus rapide.

Le mieux étant de ne pas crever du tout.
Surtout pour une mission qui me concerne pas de base.

Non parce que je le sens comme une baleine. Remonter des escaliers alors que les plafonds des souterrains s’effondrent, c’est tout sauf une bonne idée. Ou peut-être qu’on vient nous récupérer en téléportation ? Doit y avoir des runes, non ? Ce serait con de tout faire sauter et de se retrouver tout con parce qu’une téléportation marche pas. Eh bah, j’ai rarement fait preuve d’aussi peu de professionnalisme sur une mission. Ça me dépasse, cette nonchalance.

On arrive vers les escaliers qui mènent vers les sous-sol et elle me donne l’air d’hésiter. Je comprends pas. Changement de plan ? Ou alors, c’est de la comédie. Nan mais c’est trop pour moi ça, j’ai juste envie de rire. Je sais pas comment je dois agir alors j’agis comme je suis habituellement. Je l’ouvre juste un peu moins. Si, si je vous assure. Je fais des efforts là pour pas commenter tout ce que je vois ou sauter au visage de l’humaine noire. Si elle est pas morte dans l’incident, croyez-moi je me ferais un plaisir de disséminer ses organes comme des grains dans un champ après l’avoir dépecé. Mais juste avant de l’achever, je lui dirai qui je suis vraiment. Juste parce qu’au seuil de la mort, parfois quand on dévoile son identité, ça fait des trucs marrants. Comme de retournements de situation ou des visages emplis d’effrois. J’en salive d’avance.

On descend les escaliers et j’suis plein d’une poussée meurtrière que j’ai du mal à retenir. On me répète « c’est pas assez, c’est pas assez ». C’est trop propre comme mission. Faire péter des sous-sols, voir s’éparpiller les corps, passer sous les décombres, écouter les membres craquer. Pas de confrontation directe. Je crois que c’est sans doute ce qui nous différencie le plus entre Orpheo et Rosenrot/Croix. Ils n’ont pas cette folie sauvage et incontrôlable.
Et donc, quand il faut tirer, on s’encombre pas de l’éthique, des valeurs, du reste. On tire.

- On reste en contact physique et sur l’escalier.

Fais-moi confiance princesse, je te lâche pas. Je me mets un peu sur la défensive. Vite fait, mais j’ai vraiment dû merder pour qu’elle me parle sur ce ton. J’ai pas encore tué quelqu’un, que je sache. J’ai parlé, d’accord, mais c’est parce qu’on m’a posé une question. Elle m’en veut pour ça ? J’lui répondrais bien en prenant ses lèvres en otage suivit d’une phrase un peu lourde, mais j’pense que je me prendrais la gifle de ma vie. Ou le poing. Et je me mettrais à rire et on se ferait arrêter. Donc je vais retenir mes blagues pour plus tard et on verra.

-Bien, madame.

Par contre, l’autre là, il commence à me taper sur le système à me fixer comme jamais. J’relève la tête, perd mon sourire et lui décoche un regard menaçant. Dernière fois qu’il me soutient le regard celui-là. J’pense à mes possibilités de le mettre à terre quand il balance :

- Je vais remonter et dire que vous vous avez disparus, que je pense que vous êtes juste invisibles mais pas téléporteurs, ils pensent qu'il y a des runes pour empêcher ça. Ils vont essayer de venir voir. Faites ce que vous avez à faire.

Et là je percute que c’est le fameux Alcott. Non mais c’était pas clair, ça pouvait être n’importe qui. Y’avait certes que des nanas dans la pièce à part lui, mais Rhyan, elle m’a pas spécifié que c’était un mec. Et Alcott, sincèrement c’est ni féminin, ni masculin, ni mixte. C’est un nom de batracien. Et « le contact » ça peut être une femme. Donc bon. Oui, je cherche des excuses, je perds jamais la face. Bref, du coup c’est un peu triste parce que ça veut dire que je suis censé le laisser en vie. Ce qui est très frustrant pour mes gènes de sorcier noir. On peut même pas jouer un peu avec ? Du coup, je comprends mieux pourquoi il me fixe intensément. Est-ce qu’il me reconnaît ? Oh, ce serait drôle, j’aurais une raison de lui exploser la figure. Rhyan elle craquerait certainement, mais je suis plus à ça près. Pardon pour toi, princesse. J’ai en tout cas pas dû lui faire une bonne impression à ce Alcott-cot. Peut-être qu’il pense qu’à me poignarder. On peut pas le tuer et faire genre après « oups, il est tombé ». Enfin, c’est pas moi qui m’en chargerait.
Faut que je reste calme.

Bref, il disparaît rapidement après avoir fait un clin d’œil à Rhyan. Bon, du coup, on est tous les deux. Ils ont retiré les runes ? Non, parce que j’aimerais éviter d’avoir l’air pitoyable. Mais bon, c’est à moi de jouer n’est-ce pas ?

- C’est le moment.

Je suppose. J’lui adresse un sourire carnassier et passe devant elle, trace sur le mur une rune de détection. Je m’intéresse qu’à cette pièce. J’envoie un peu de magie passer sur les murs, le sol, le plafond. Ça me revient dessus comme une vague mais c’est plutôt bon signe. Pas de rune de blocage ou quoi. Ils ont dû faire le ménage. J’me retourne vers elle, amusé et lui lance :

-Eh, j’pensais pas qu’ils savaient aussi bien nettoyer un endroit, à Orpheo.

J’reprends aussitôt mon sérieux :

-Mets-toi à deux mètres de moi, sur mon côté droit ou gauche, je vais pas mal charger l’onde et y’a des chances qu’il m’échappe un peu dans mes angles morts.

Et sur ces mots, je laisse mon pouvoir m’envahir. Une électricité statique vient crépiter autour de mes doigts, se rassemble et l’air se sent inexorablement attiré par ma présence. C’est une sensation grisante et destructrice. Comme celle que l’on ressent en sautant d’un avion. Faut savoir quand déclencher le parachute pour pas mourir tout en maintenant les sensations fortes le plus longtemps possible. J’pense que ce pouvoir, il doit faire partie des pouvoirs les plus dangereux pour celui qui le possède. Si tu trouves pas la volonté pour t’arrêter, tu te laisses avaler et tu meurs sous la pression. Mais bon. J’ai 34 ans, ce machin, j’ai appris à l’utiliser.
Alors, j’rassemble le tout jusqu’à ce que mes organes hurlent et j’relâche tout devant moi. Comme j’ai dit entre vouloir et faire, parfois y’a des ratés. Y’a une partie qui se fait la malle à l’arrière et vient exploser une partie de l’escalier. Le bruit est tonitruant et à vrai dire, c’est la première fois que j’expérimente dans un lieu fermé. Et c’est putain de pas agréable, parce que tu te prends une partie du retour. Mais j’m’y étais plus ou moins attendu donc j’me plaque aux côtés de Rhyan dans un coin protégé. Y’a toute la poussière qui est soulevée et le plafond qui tombe en lambeaux. En morceaux. En gros cailloux mortels. Sur plusieurs étages. On va jamais les monter ces escaliers. Jamais, de chez jamais. Dernière fois que je tente ça sans téléporteur. Parce que y’a pas de téléporteur, non ?

À l’instant où un gros pan de mur porteur s’écroule et emporte droit vers nous la suite du plafond qu’il soutenait, j’me dis qu’osef, faut qu’on disparaisse. J’empoigne la main de Rhyan et l’entraîne dans l’escalier. Je sais qu’on courrait plus vite si on se lâchait mais je veux qu’elle sente qu’actuellement elle est ma seule chance de sortir vivant de ce merdier. Je regrette mais tellement fort ce qu’il vient de se passer. J’espère que rien va me tomber sur le crâne parce que je fais de mon mieux et éviter les marches qui sombrent sous la gravité et le plafond qui fond.
En fait, elle devrait même passer devant parce que ses chances de survie sont drastiquement supérieures aux miennes. J’ai mille mots sur le bord des lèvres mais pas le temps de les prononcer alors prions pour que je meurs pas avant de les avoir tous prononcés.

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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Dim 14 Oct 2018 - 11:46


Haunting echos
of this autumn sound
Cyan à l’air plutôt détendu et, s’il a capté que je lui aboyais dessus, ne se frise pas la moustache pour autant. En clair : il s’en bat les couilles et ose bien me minauder un merveilleux petit « Bien, madame. » qui me donne envie de rouler des yeux. Mais bon, j’ai plus cinq ans et les querelles de coq ne sont pas bienvenus dans un sous sol qu’on est prêts à faire sauter. Alcott remonte et, par conséquent, c’est le moment de jouer. Même plus, c’est le moment de gagner. J’espère quand même au fond qu’Alcott n’a pas décidé de retourner sa veste promptement en voyant Monsieur-Soul-qui-ne-ferme-jamais-sa-gueule. Mais bon, je ne peux pas savoir et quand on ne sait pas quelque chose, et qu’il est impossible d’avoir accès à cette information, il faut rester dans le déni. Moelleux déni, confortable déni.

Explosif, déni.

Cyan se décolle finalement du sol et fait un tour, sourire aux dents. Et pas le sourire rassurant qui me fait comprendre que tout ira bien, non non. Le sourire qui s’étire sur ses canines et qui dit « YES, JSUIS TOUT CONTENT DE TOUT FAIRE PÉTER » .
Un esprit sain dans un corps sain qu’ils disaient.

-Eh, j’pensais pas qu’ils savaient aussi bien nettoyer un endroit, à Orpheo.

Je lui jette un regard noir - oui oui, je lui jette, si ça pouvait lui percuter le front ça m’arrangerait bien. On gagne la guerre mec, okay ? J’espère qu’on va rouler sur ton organisation et que tu pourras définitivement plus faire le malin.

-Mets-toi à deux mètres de moi, sur mon côté droit ou gauche, je vais pas mal charger l’onde et y’a des chances qu’il m’échappe un peu dans mes angles morts.

Génial, il maîtrise pas parfaitement son truc. La fébrilité vient étreindre mes muscles alors que je serre les poings. L’air se met à gonfler opaque et épais quand subitement tout est déchargé.

Oh my.

J’ai peut être jamais entendu un bâtiment s’écrouler. En un millième de seconde des craquements horribles se mettent en marche, dissonance de béton contre du béton, un bout s’écroule au sol avec fracas et la poussière monte autour de nous.

Time to fly.
Cyan m’attrape la main et je l’enveloppe de mon pouvoir. J’avais pas pensé que ça serait aussi dur et immédiatement je me suis écartelée, éviscérée même et j’halète sans ralentir le rythme. Nos pieds bien en sécurité sur l’escalier jme dis que ce dernier, runé ou pas peut tout à fait s’effondrer. Je garde ma main dans la sienne que je serre avec force alors que le plafond continue de chuter lamentablement. J’ai déjà la gerbe mais je siffle :

- Rien ne peut écraser, ça nous tombera au travers. T’es couvert par mon don.

Vous avez déjà essayé d’aller courir après une bonne cuite ? Les muscles déshydratés durs comme du bois et les gencives douloureuses ? C’est moi maintenant, là tout de suite, le fun de la veille en moins. Et je m’apprête à râler que le plan est pourri, vraiment, j’ouvre les lèvres pour insulter la mère de quelqu’un ou les morts de quelqu’un d’autre quand un morceau de plafond nous tombe littéralement dessus mais que nos corps se mettent à surnager dans la matière. Nous n’avons même pas été ralentis et je sens l’air du dehors nous effleurer le museau. Le chaos est derrière nous mais je pense que l’immeuble ne tiendra pas et va rapidement s’effondrer sur lui même. Après ça, escalier ou pas on sera broyés en bas. J’accélère un peu, les joues rouges et les yeux larmoyants à cause de la poussière.

Okay, plus qu’un petit effort et on arrive à Alcott et on arrive au téléporteur et fin de cette aventure pourrie. On arrive finalement au niveau zéro, deux cadavres ont été écrasés mais sont atrocement mutilés et voilà, porte d’entrée, Alcott, seul. Les autres filles ont dû courir pour protéger leur couverture, ça je savais, et Alcott sort du système ce soir. Donc c’est normal qu’il soit là.

Je relâche mon don avec un soulagement sans limites et ravale la bile âcre que la magie fait remonter.
N’empêche qu’on est pas mort, haha !
J’suis soulagée un peu.

- Et les téléporteurs ?

Alcott sourit largement et fronce les sourcils en même temps, ce qui lui donne un air tout à fait singulier d’incompréhension et de grosse marrade en même temps. Il lance un oeillade à Cyan et lâche.

- Cyan Soul, hein ? Intelligent, l’onde de choc c’est tellement rare.

Je me place immédiatement devant le sorcier et pose ma main sur son ventre. S’il te plaît Cyan. Même si ta couverture saute, je te protège. Même si c’est ta faute. Même si j’ai totalement envie de lâcher un gros « hé bah voilà quand on ferme pas sa gueule ce qu’on récolte mon pote » .
J’arrive même pas à le contredire tellement je vais être ridicule « euh non, je vois pas de quoi tu parles.. »

- Il est contraint où il savait pas que t’étais des nôtres ?
- Ça répond pas à la question des téléporteurs.
- Tu comptes pas te pointer avec au QG, aussi, si ?

Je savais absolument pas qu’on nous proposait un retour au QG, déjà, donc si on me dit que la moitié des infos je peux pas deviner.
Et le pire, c’est que jamais il se tait.
En vrai, admettons : j’ai réussi à manipuler Cyan Soul pour qu’il bosse pour moi, pourquoi faire sauter ma couverture avec lui ? C’est débile, c’est débile ce qu’il se passe ici.

- J’ai runé l’endroit, tu peux pas sortir du périmètre sans exploser, lâche-t-il au calme en faisant un clin d’oeil à Cyan, tu préfères prévenir la police ou ton directeur ?

Déjà, mon directeur il est un peu au courant, et si Simje arrive il va faire une syncope fasse à un Soul.
Ensuite ça veut dire qu’il n’a encore communiqué auprès de personne, il n’a pas rendus de compte. Pour essayer de retirer de la gloire ?

Je serre les dents, la certitude que c’est Cyan ou Alcott. Et la certitude s’accroche, chevillée à moi. Il pense nous retenir avec des runes ?

Sauf que l’énergie vient de qui ? Celui qui fait la rune.
Plus d’énergie ?
Oh, plus de rune.
Le plan se met en place dans ma tête avec une précision tout à fait effrayante. Je sais ce que je dois faire. Je suis certaine que c’est, si ce n’est la seule solution, ma seule solution.

Va pas falloir quand même réfléchir trop longtemps.

Il à l’air tellement sûr de lui que je suis percutée de plein fouet par la nuit sur le toit, la chasse au lapin, Cyan qui me sauve et Alcott qui me laisse pour porte et, sans que je m’en rende vraiment compte, mon silencieux est dans ma paume et deux coups sont tirés.

Net.

BANG BANG.

Le son résonne en boucle dans ma tête, son connu mais différent, déjà tordu et déformé dans mon esprit.

J’ai même pas l’honnêteté de regarder son corps mais je sais que les deux balles l’ont percuté en plein front. Mes mains se mettent à trembler irrépressiblement mais j’attrape une goulée d’air et je siffle :

- Faut qu’on bouge.

Voix blanche qui n’a pourtant pas tremblée, j’ai l’impression que mes émotions m’ont dissociées de mon propre corps.

L’arme reprend sa place à ma ceinture et mes pieds se mettent à bouger ; faut qu’on décale de là. J’ai pas de plan B, peut être que Cyan devrait me tirer dessus ou quoi, peut être que les autres femmes ont pas capté que c’était lui. Tellement de peut être que j’étouffe.
Si Simje savait que c’était Cyan Soul qui m’accompagnait alors il étouffera l’affaire non ? Mon coeur s’emballe.

J’en sais rien.
Je ne sais pas ce que je viens de faire.
Je ne regrette pas ce que je viens de faire.

Si Cyan se met à parler je crois que je hurle.

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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Dim 14 Oct 2018 - 16:59


"So she can make you make mistakes"


C'est comme si on jouait à qui atteindra l'autre en marchant sur une corde d'équilibriste, avec des crocodiles comme filet de protection. On sait pas si on doit hésiter, avancer, reculer. On sait juste qu'on finira par tomber.

J’espère de tout cœur que son don fonctionne à cent à l’heure. Le mien m’a considérablement vidé mais quand il s’agit de sauver sa peau, on a tendance à trouver de l’énergie on ne sais où. Paraît qu’il y en a qui disent que c’est l’énergie qu’on aurait dû utiliser plus tard et qu’on met en danger nos minutes supplémentaires de vie. Moi, je dis que tant qu’on sait pas quand on est censé mourir, techniquement c’est difficile de dire que t’as plus ou moins vécu le temps que t’aurais dû faire sur Terre. La décomposition du temps en minutes est déjà quelque chose de très humain alors entre vivre une vie lamentable pour la vivre soit disant plus longtemps ou la vivre courte mais intensément, mon choix est tout tranché.
Je serais encore capable de vivre 3 ans de moins s’il le faut.

- Rien ne peut écraser, ça nous tombera au travers. T’es couvert par mon don.

Bon, au moins déjà ça me rassure. Ça m’empêche pas de maintenir sa main comme s’il s’agissait de la dernière chose qui compte – ce qui est vrai – et continu de courir dans l’escalier menaçant de s’effondrer. Qui s’effondre en fait. Derrière nous, devant nous. Faut danser et grimper en même temps, sans s’occuper des pans de plafonds qui nous tombent dessus. Je sais pas comment on continue de monter alors qu’elle est censé faire fonctionner son don à plein régime. Peut-être que les marches sont runées ? Aucune idée, ça me paraît la plus plausible des idées.

Y’a un gros gros bout de plafond qui nous tombe dessus et j’y peux rien, y’a une de mes mains qui vient se placer au-dessus de ma tête. Heureusement qu’elle me tient comme un harpon s’accroche à la chair, parce que j’aurais bien pu la lâcher à ce moment. Au lieu de ça, le béton nous traverse et je me sens pas bien du tout. Je sais pas comment on peut s’habituer à ça. Quand on est né avec la faculté, ça peut paraître normal, mais je vous assure que même pour un cerveau formé au surnaturel, passer au travers d’un mur c’est un choc.

Finalement, on sort du bordel. Y’a à peu près tout qui va s’écrouler d’un moment à l’autre et je me rends seulement compte que le bâtiment est quand même bien résistant puisqu’on est bien vivant pour le moment. Y’a quelques cadavres, mais je m’attendais à un peu plus de réfractaires. Histoire d’en achever quelques-uns sur le chemin du retour. Mais non, ils sont probablement déjà enterrés.
On parvient enfin sur le seuil de l’infrastructure et y’a un comité d’accueil. Composé d’une personne.

- Et les téléporteurs ?

Ça lui paraît tout à fait normal alors je feins de garder mon rôle, pour peu que l’on m’en ait attribué un. Enfin, normal, c’est vite dit. Visiblement y’a une couille dans le potage puisque y’a pas de téléporteurs. Pas de gens pour nous réceptionner avant que l’une ou l’autre des organisations ne se pointe pour constater les dégâts. Ou la police. Mais la police fait clairement pas partie de mes préoccupations. Enfin, la police humaine s’entend. Si c’est la police magique, ce sera autre chose. Je songe sincèrement à appeler l’un ou l’autre de mes collègues proches pour nous sortir de là si ça sent trop le roussi. Parce que visiblement, chez Orpheo, c’est pas le méga copinage entre collègues.
Pas chez nous non plus, cela dit.

- Cyan Soul, hein ? Intelligent, l’onde de choc c’est tellement rare.

Et ça peut encore t’éclater la gueule, tête de piaf.
Si j’avais pas senti un contact, la phrase m’aurait tout simplement échappé. Et ça s’est joué à la micro-seconde. Voyez, les gens j’ai juste envie de les exploser. A Orpheo, ils ont un air, je sais pas, ça me tape sur le système. Ils doivent se sentir investi d’une mission divine et nous on est les méchants à éliminer. Ça fonctionne pas comme ça. Y’a juste des gens avec des idéaux différents. La notion de gentillesse, elle dépend de la personne. J’veux juste en finir. Rhyan passe devant moi et je dégage ma main automatiquement venue se positionner à ma ceinture. Est-ce qu’elle essaie de me protéger ? Y’a rien à protéger. Y’a pas à essayer de garder la face ou mentir. Il est persuadé de ce qu’il dit et a raison. Elle dirait quoi ? « Nan, il lui ressemble juste beaucoup ». Fantastique, on penche pour Olive, donc ? J’lui jette un regard agacé. J’ai pas besoin qu’on me couvre, je sais me défendre, viser et tuer. Qu’est-ce qu’elle croit faire, sérieusement ?
Ça doit être une réponse à mon inactivité récente, à cette sensation d’avoir risqué ma vie pour quelque chose qui ne me concerne pas, d’avoir été dépendant de cette même dame qui continue de faire on ne sait quoi pour me protéger, mais je me sens mal. J’ai l’acide de mon estomac qui remonte dans ma trachée, les intestins qui se tordent sous le manque d’activité.

Je suis pas habitué à me sentir couvé comme ça et ma réaction elle est juste instinctive. Je bous.

- Il est contraint où il savait pas que t’étais des nôtres ?

Je comprends pas son raisonnement mais soit. Si j’étais pas au courant, maintenant je le suis. Mais comme je l’étais déjà, ça limite mes réponses. Je me serais bien motivé à jouer la comédie mais l’envie elle est pas trop là pour le moment. Moi je vois qu’une chose. Il doit connaître suffisamment les sorciers noirs pour savoir qu’on est pas trop tâtillons sur les réponses face à la trahison. Il voulait que je la tue ? Merci l’esprit d’équipe. Je pensais pas qu’on était si proches les uns des autres dans nos façons de procéder. Sauf qu’eux ils se servent en plus de nous pour pas se tâcher les mains. Félicitations, et après ça, on est censé vous aimer.
Allez au diable.

- Ça répond pas à la question des téléporteurs.

Voilà, réponds à madame.

- Tu comptes pas te pointer avec au QG, aussi, si ?

Cette fois-ci, je me tourne franchement vers Rhyan, le visage sévère. QG ? Elle comptait m’amener au QG ? Genre, à Orpheo ? Et puis quoi après ? Je pourrais rien faire si je me retrouve là-bas. Et m’est avis qu’on ne m’accueillera pas à bras ouverts. J’ai envie qu’elle lui réponde qu’elle en savait rien mais elle se contente de froncer les sourcils et le menacer du regard. Pourquoi elle ne dit rien. Je lui fais confiance, mais actuellement, ça s’effrite comme du plâtre sur un mur. Ça tombe en lambeaux. Mais réponds. Laisse pas un truc pareil sur le feu alors que je suis derrière toi, que tu mimes de me protéger.

- J’ai runé l’endroit, tu peux pas sortir du périmètre sans exploser, tu préfères prévenir la police ou ton directeur ?

Il m’a fait un clin d’œil ? Il m’a fait un clin d’œil. Mais ta gueuuuule. Il a conscience de s’être qualifié de cible vivante ou pas ? Non parce que le coup du « j’ai fait des runes blablabla, vous choisissez entre vous rendre ou vous rendre » ça amène nécessairement la personne à trouver une troisième solution. Et en général, menacer une exorciste qui risque au mieux de perdre son boulot et un sorcier noir, vaut mieux disparaître rapidement que parader comme ça.
Si c’est pas elle qui tire, je vous promets que ma lame elle va se nicher dans son crâne dans moins de cinq secondes.

Sauf que y’a deux bruits diffus qui s’échappent de sa position et le temps que mon regard remonte jusqu’à l’exorciste, il tombe brutalement en arrière. Sans bouger. Une mare de sang s’éparpille sur le béton, s’insinue entre les grains.
C’était une blague, le « si c’est pas elle qui tire », hein. Juste pour préciser.

Je suis interdit. J’ai plus les mots.

- Faut qu’on bouge.

Elle range son arme et s’anime de sa précédente position. Rhyan ? Qu’est-ce que tu viens de faire ? Est-ce que tu te rends seulement compte ? C’est pas ce que t’es censé faire. T’as le côté des gentils avec toi. T’avais qu’à me laisser le boulot, agir comme le cadavre voulait que j’agisse. Tu sais que tu me tiens par le cou, tu le sais ça, non ? Tu sais que j’aurais fini par le tuer moi-même. T’aurais pu me laisser gérer ça comme un grand et t’aurais pu me traiter de tous les noms. Tout aurait été à sa place. Alors pourquoi t’as pressé la détente ? Comment je suis censé agir ? Comment t’es pas censé me détester, maintenant ?
C’était mon boulot, pas le tien.

J’suis sidéré.

Elle se dégage de là, son contact disparaît mais moi je reste là, le regard rivé sur le cadavre au sol. Tu peux pas partir et tout couvrir comme si c’était rien. J’en ai rien à foutre de ce gars, mais j’ai la peur vacillante qui investit mes membres et me ronge les os. Que, peut-être que quand tu me regarderas, maintenant, y’aura cet homme dans ta tête. Tu te rendras compte de cette relation toxique et paf. Ce sera fini.

Fini.
C’est pas plus mal, non ?

Je veux pas qu’on s’arrête sur une couardise pareille.
T’avais pas à me protéger.
T’avais pas à tirer.

Je croise les bras. Je devrais la rassurer, mais j’ai pas appris à faire ça. J’suis une boule d’instinct qui n’en a rien à faire des humains. Qui comprend pas ce qu’il se passe. Qui arrive pas à se mettre dans le rôle du plus faible et vient remercier ou se tait. J’ai jamais su faire ça. J’ai jamais été aussi inutile et, blessé d’avoir été trop long, d’avoir peut-être perdu quelque chose d’à peine effleuré, je suis rien d’autre qu’une violence silencieuse. On m’a pas appris à parler pour grimper ensemble, on m’a appris à enfoncer pour se sentir le plus haut.
Je me détache immédiatement de la situation et lance assez fort :

-Joli tir. Pour tuer contre ton camp, tu serais immédiatement acceptée chez nous.

Pourquoi tu m’as pas laissé le tuer. Tu voulais prouver quoi, au juste ? Je refuse de t’entendre dire que c’était pour me protéger. T’avais aussi à te protéger. Tu venais de me sauver la vie alors c’était naturel que je sauve la tienne. Mais non, tu m’as arraché mon rôle et t’as tiré. Et puis même si c’était vraiment pour me protéger, je veux pas l’entendre. J’ai pas besoin d’aide. Si t’es capable de faire ça pour moi, on va juste plonger tous les deux. J’ai pas envie de nous liguer contre deux organisations. Contre mon frère. Mes frères. Ma famille.

Mon père.

Roméo et Juliette, on sait comment ça finit. Et on veut pas de ça. Je veux pas de ça. J’extrapole, mais on en est pas loin, la niaiserie en moins. Ce sera quoi, le prochain palier ? Rends-toi seulement compte de ce que tu as fais et ait la présence d’esprit d’imaginer la suite. Parce que moi, je la connais. Au mieux, y’en a un seul qui crève. Au pire, on quitte la planète tous les deux. J’le prenais à la rigolade, mais ça m’amuse plus du tout.

-T’avais une dent contre lui pour m’empêcher de lui ficher ma lame dans sa tête ? Tu sais que je l’aurais fait.

J’ai envie de pousser mille fois plus loin. Être le juge et la victime de son acte. J’ai envie, besoin de la voir exploser. Parce que pour moi c’est insoutenable. Cet enchaînement d’action qui me met face à tout ce que je n’ai jamais su faire. Partir. Se taire. Ecouter. Je me sens d’attaque à faire face à tous les membres d’Orpheo lorsqu’ils arriveront. J’ai envie de sentir le sang couler pour réajuster ma balance, me sentir exister pour quelque chose, m’assurer que le chemin suivi est le bon.
Pourquoi, Rhyan, t’es toujours là pour me montrer que j’suis qu’une machine créée pour tuer.

Me donne pas de sentiments, j’en ai pas besoin.

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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Dim 14 Oct 2018 - 22:57


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Cyan s’agite plus que moi. Peut être que maintenant je le connais trop - déjà ? - mais sa bulle de pensées s’étale autour de moi comme du gaz carbonique. Une bouffée d’anxiété me scie les épaules mais je continue à avancer. Il faut vraiment qu’on parte, je risque ma peau pour trahison et je commence juste à en avoir conscience. Je fais pas les meilleurs choix en sa présence. Je devrais partir.

Mes yeux clairs viennent s’ancrer sur lui, presque défiant, les bras croisés d’incompréhension. Presque de défense. Si il me reproche mon acte je pense que je lui éclate le nez d’un coup de talon, sur le champ. Je ne veux pas en parler mais je sais bien qu’il va ouvrir la bouche et trop parler. Qu’il va sortir ses mots et les étaler sur mon visage, que j’en meure d’angoisse ou pas.

J’vais lui claquer dans les pattes.

-Joli tir.

Je me retourne vers lui, à deux doigts de cracher sur le sol pour marquer mon mépris. Mes mains sont toujours fermées mais elles tressautent, folles et sauvage. Je ne regrette pas ce que j’ai fait, je refuse juste de l’intellectualiser maintenant et à jamais. Qu’il ne m’oblige pas à parler ; il va totalement m’obliger à parler. J’avale ma salive comme j’avalerai des graviers.

-Pour tuer contre ton camp, tu serais immédiatement acceptée chez nous.

Je me remets à marcher en l’ignorant ; c’est ça ou l’insulter sur le champ. Pourquoi remuer le couteau dans la plaie ? Tu peux pas avancer et juste te taire ? Tu sais faire au moins ? Mon sang fait des bulles dans mes membres à force de bouillir. Je sais que j’ai sûrement les joues cramoisies mais il n’est pas question de poser les mains dessus dans un geste un peu candide, histoire de faire un peu redescendre la pression.

Je me force à respirer, je suis toujours la fille qui pète des putains de câbles pour rien et même si là c’est pas pour rien, j’aimerais bien garder mon sang froid. Il veut parler ? Qu’il se barre. Et ça devient petit à petit le plan, on bouge de là et je décolle, j’ai pas envie de causer. Le pire c’est qu’il reste autour de moi, hyper présent et plus il montre à quel point il est là, plus je me renferme à l’intérieur de moi. Je me laisse couler petit à petit dans les tréfonds sombres et frais, comme une chambre à coucher au beau-milieu d’une migraine. J’m’en fou que cette action me bouffe et me hante à jamais, viens pas me chercher Cyan. Viens pas me chercher.

-T’avais une dent contre lui pour m’empêcher de lui ficher ma lame dans sa tête ? Tu sais que je l’aurais fait.

Je déglutis et me mord la lèvre qui éclate sur le coup. J’suis à deux doigts de le griller d’un coup d’éclair mais à la place je perds juste assez le contrôle sur ma magie pour qu’il se mette à pleuvoir vaguement. Pathétique et humiliant, mais pas assez pour me faire sauter les gonds. Si c’est ça qu’il cherche il va me trouver et ça va pas être beau. Je siffle, acide.

- On n’en parlera pas. Ni maintenant ni jamais.

Parfaitement fixe et en pleine possession de mes moyens, mon petit mètre cinquante provoque un Soul, cheveux devant le visage et yeux fous. C’est tout, c’est comme ça.

Problème ?

Je sais que j’ai sûrement l’air ridicule face à lui qui doit s’en battre les couilles, qui doit trouver ça normal et peut être juste amusant, la petite humaine d’Orpheo qui pète les plomb. J’m’en branle d’être qu’un jeu j’ai envie de rentrer chez moi, prendre une douche brûlante et me caler sur mon balcon avec le vent du Nord pour laisser tout ça partir.
J'me laisse glisser loin de lui pour m'protéger, c'est plus simple si quoi que tu dises tu puisses plus m'atteindre. Regarde moi couler loin des remous de la surface. Surtout regarde bien.

J’ai besoin, de laisser tout ça partir.
Ou au moins m’en créer l’illusion.
C’est sûrement ça mon don second.

- Je sais que tu l’aurais fait.

Je me retiens juste avant de grincer un « c’est tout le problème. » Mes mots me reviennent comme un marteau en tête mais je ne les lâche pas.

- Mais c’est pas ça qui s’est passé. Fin de l’histoire.

Et qu’il vienne pas casser les couilles avec une histoire de contre son camp. J’suis humaine, déjà, bâtard, et ensuite ça te regarde pas mes raisons, ça te regarde pas mes impulsions, je sais que tu l’aurais tué et t’aurais été que plus monstrueux à mes yeux, chien fou et sanguinaire. Ce que je suis en train de devenir ? Ouais, j’le conçois, j’m’en fou, j’laisse le passé où il doit être; bien derrière moi.
Qu’il vienne pas gratter mes plaies.

Qu’il reste sourd et aveugle à la terreur dans mes mains, l’anxiété sur mes lèvres.

Je me remets à marcher en m’empêchant de vérifier les lames. Mouvement instinctif et rassurant qui devrait normalement m’apporter un peu de sérénité mais que je muselle. Force est de constater que je suis aliénée à moi même sans aucune possibilité de la jouer franc jeu avec Cyan. Il va lâcher le morceau de toute façon. C’est mieux pour tous les deux; j’vais éclater sinon ou lui hurler un « mais ferme ta gueule et dégage putain » et j’aurais encore tout cassé, parce que c’est à ça que je sers. A chaque fois que j’ai un vase précieux entre les mains je l’éclate au sol en accusant ma maladresse sans voir que j’suis juste effrayée.

Et là pour être effrayé j’suis terrorisée.

Mais qu’est-ce qu’on s’en tape au final. Peur ou pas peur ça change rien, faut qu’on se casse de là, qu’on oublie et tout se passera bien.

Tout se passera bien.
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Mar 16 Oct 2018 - 18:08


"So she can make you make mistakes"


C'est comme si on jouait à qui atteindra l'autre en marchant sur une corde d'équilibriste, avec des crocodiles comme filet de protection. On sait pas si on doit hésiter, avancer, reculer. On sait juste qu'on finira par tomber.

Quand est-ce que ça a dégénéré ? Non, la question c’est plutôt quand est-ce que ça s’est bien passé. Si y’a bien une chose dont j’ai la certitude à présent, c’est qu’il ne faut plus faire de missions ensemble. Ça finit forcément mal. Y’a toujours quelque chose qui vient tâcher le tableau, parce que la base de nos métiers est de foutre le bordel, de tuer, d’assassiner, de torturer. Qu’en plus de cette base, y’a des manières de procéder radicalement différentes. Et qu’en plus de ces procédés, Rhyan elle trouve aussi le moyen de tirer un but contre son camp. Ça aurait pu se terminer bien, quand on y pense. Alcott là, j’ai eu envie de l’abattre à la seconde où il m’a regardé. Le scénario était prémâché et tout était bien gentiment distingué, mis dans sa case, sans dépasser.

J’devrais juste hausser les épaules et passer à autre chose. C’est pas sa perte qui entraînera chez moi le moindre émoi. J’en ai tué des dizaines comme lui, j’l’aurais tué quoi qu’il advienne. Parce que c’était mon boulot, non ? C’est sans doute à cause de cette certitude que le morceau est dur à lâcher. Que, tant qu’à faire, il aurait mieux fallu qu’elle se débrouille avec des explosifs plutôt que de m’amener ici. Que certes, j’suis toujours content d’être avec elle, y’a tout qui me paraît plus savoureux. Mais alors, qu’en est-il lorsqu’on me coupe cette saveur après m’y avoir fait goûter ? C’est ce qu’elle fait. Elle m’amène avec elle mais m’empêche d’agir selon mes habitudes. Habitudes qui, soit dit en passant, ne nous ont pas tué. Comme quoi.
J’lui injecte mes paroles provocatrices, avec l’espoir qu’elle comprenne mon état. Vraiment ? Nan, je pense que j’ai juste envie de lâcher ma frustration sur la première personne qui me croise. Ç’aurait été un parfait inconnu, ça se serait fini en bain de sang. Pas avec Rhyan, parce que les mots peuvent parfois être tout aussi furieux et mortels que des coups. Spécialement lorsque la personne en question fait en ce moment face à sa propre violence.
Un moment particulièrement pertinent pour chercher la petite bête et en extraire une gigantesque et monstrueuse tête.

- On n’en parlera pas. Ni maintenant ni jamais.

Je souffle brusquement et secoue la tête négativement, faussement désespéré. C’est beau le déni. Ça règle pas mal de choses, ça donne du pouvoir lorsqu’il en faut. Je m’en sers comme d’une énergie de réserve, quand il arrive que ma motivation retombe au plus bas, quand je me dis que tout est perdu. Il suffit alors de piocher dans la boîte magique du déni et d’en sortir mille et une peurs, de les transformer en adrénaline et le train repart.
Ça fonctionne bien de tout cacher sous le tapis, à condition de ne pas s’en sentir prisonnier, lorgnant sans cesse un potentiel coup de vent pour tout retourner. Une tempête.

Y’a la pluie qui commence à tomber et mon sourire ne fait que s’élargir. Elle reste près de moi et me soutient du regard. Même sans vouloir lui jeter un regard hautain, malheureusement notre différence de taille fait le job. Je transfère progressivement mon manque d’action dans sa fureur croissante, drogué à la simple idée de voir jusqu’où cela pourrait la mener. C’est une première pour moi, un exorciste qui tire sur un autre pour sauver son job et la vie d’un sorcier noir. Ça vaut bien le coup de râcler les sensations et disséquer les sentiments, non ? Les réactions à chaud sont toujours les meilleures, elles sont vraies, poussées par l’hormone du stress. On ne réagit pas pareil. Et puis quoi de mieux qu’une bonne tension pour se préparer à l’arrivée de la Police Magique ?

- Je sais que tu l’aurais fait.

Eh bien, au moins ça me rassure, elle garde tout de même une juste opinion de moi. Son tir n’était donc pas poussé par la volonté de me protéger du coup. Sauvegarder son boulot alors ? Bien probable. Espérons juste que ce soit ça. En même temps cet Alcott m’avait l’air particulièrement non recommandable. Un gars comme lui, jamais il serait passé chez nous, il avait un regard faux. Pas qu’on favorise l’esprit d’équipe, mais chacun sait ce qu’il doit faire et s’accommode de son partenaire sans broncher. Lui, il avait cette expression du gars qui fait ce qu’il veut et se sent le maître du monde.
Coup d’boule.

- Mais c’est pas ça qui s’est passé. Fin de l’histoire.

Cette dérobade est tout à fait fantastique. Je sais que je pourrais m’arrêter là, lui lâcher un « ok » et la suivre lentement jusqu’à ce qu’elle se décide à ouvrir la bouche, mais tout est trop beau, tout est trop bien positionné pour que lâche le morceau. Parce que plus elle pète et plus je réajuste ma propre colère. Oh, bien sûr, c’est pas prévu que j’aille pleurer et lui dire « t’as vu, moi je pouvais me protéger tout seul, tu m’a volé mon job ». Je l’ai déjà plus ou moins dit et ça m’intéresse pas de me répéter. Je passe mes mains dans mes poches alors qu’elle s’apprête déjà repartir et reste une fois encore ancré sur le sol sans bouger. J’ai toujours cette furieuse envie d’en découdre avec les futurs exorcistes à venir car les humains s’amoncellent déjà dans la rue. Bientôt, ça va sortir les smartphones et filmer ce qu’il vient de se passer. Et devinez quoi ? On est en plein devant les projecteurs. Je m’en tape, j’ai une bonne mémoire des visages, je me sens capable d’aller les tuer un à un par la suite. Lentement, comme ça on pourrait en faire une légende urbaine. C’est marrant les légendes urbaines.
Surtout quand on doit tuer le dernier et qu’il a pris suffisamment de recul pour savoir que c’est lui qu’on vient chercher.
Haha. Des barres.

-Quoi ? Non, j’peux pas laisser passer ça. T’imagines ? C’est la première fois que je vois ça. Il m’faut tout là, tes sensations en détail etc. Tu te répètes la scène en boucle, hein ?

Je parle d’expérience. Bien sûr que j’ai déjà tué d’autres sorciers noirs. Plusieurs fois même, mais pour des raisons précises : parce qu’il s’agissait d’un espion, parce qu’il refusait d’agir selon les ordres, parce qu’il était condamné et n’avait pas la psychologie suffisante pour résister aux interrogatoires d’Orpheo. Je crois que n’importe quel sorcier noir qui se mérite passe un jour ou l’autre devant cette obligation. A plus forte raison lorsqu’être un Soul suppose d’arriver à l’organisation avec un bagage déjà immense et des compétences prêtes à être utilisées. Le premier, il est aussi dans cette pochette de déni. Parce que c’est le premier et que j’n’avais que neuf petites années. Je me souviendrai toujours de son regard accusateur, de la bonne trentaine d’années nous séparant. Des insultes d’un côté, des ordres de l’autre. De mon incompréhension.
Des réponses simples aux questions compliquées.
Pourquoi ?

Parce que.
BAM.

Pochette percée et goût amer sur la langue. Je serre les dents.
Avec des enseignements qui tournent en boucle, « T’as fait ça pour ça. Action, réaction. »

-Et puis c’est pas plus mal, non ? Il aurait pas fait long feu de toute manière. - j'ajoute avec un sourire d'ange - Il méritait pas plus que de se faire tirer par une collègue.

Il aurait été le parfait petit prisonnier. Sûr de lui. Je l’aurais lentement fait mariner avant de le détruire physiquement puis psychologiquement. J’aurais pris mon temps avec une délectation immense. Moi qui n’apprécie pas tant la torture et préfère en finir vite et proprement, j’aurais su faire une exception rien que pour lui.

J’regarde vers le petit attroupement d’humains. Peut-être que je devrais les pulvériser maintenant ? Nan, j’ai déjà bien utilisé mon pouvoir, je pourrais pas tirer trois ondes sans en subir les conséquences. Et si je dois me barrer rapidement, autant que mon pouvoir me serve à quelque chose. Et puis, ils méritent vraiment pas que je pioche dans ma réserve magique. Je pourrais peut-être amener des collègues par ici. Qui sait, le jeu pourrait en valoir la chandelle. Et au moins, j’aurais de quoi ne plus m’ennuyer.

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Rhyan L. James
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Mar 16 Oct 2018 - 22:44


I held the better cards.
But every stroke of luck has got a bleed through
Je vois bien qu’il voit que j’esquive. Il s’en bat les couilles, en fait, j’suis là, toute droite avec mes injonctions et il me regarde comme un chien fou. Un chien fou qui veut son os, et rien d’autre. J’aurais dû lui donner quelque chose à ronger, n’importe quoi, avant. Maintenant je sais que je suis une boule d’émotions qui vont m’exploser à la gueule si j’essaie de mentir.

Parce qu’il ne va pas s’arrêter, n’est-ce pas ? Il est toujours à l’arrêt, nonchalant, amusé, cruel. Je sens venir la vague avant même qu’il se mette à parler.

-Quoi ? Non, j’peux pas laisser passer ça. T’imagines ? C’est la première fois que je vois ça. Il m’faut tout là, tes sensations en détail etc. TU te répètes la scène en boucle, hein ?

Mais quel fils de pute.
Une bourrasque de vent me soulève les cheveux et me pousse en arrière par sa force ; j’sais que ça vient de moi et je m’en bats les couilles, j’sais pas exactement ce qu’il cherche là.
J’crois que je préfère ne pas savoir ce qu’il cherche. Je grince tellement des dents pour renfermer mes mots que mon crâne va exploser d’une minute à l’autre. Surtout si il ferme pas sa gueule.

Parce que bien sûr qu’il ne ferme pas sa gueule. On est les opposés ; me dites pas qu’on s’attire, dites moi qu’on est fait pour se casser les couilles à l’infini.

-Et puis c’est pas plus mal, non ? Il aurait pas fait long feu de toute manière.

Il sourit ?
Il sourit.
Mais quel fils de pute.

-Il méritait pas plus que de se faire tirer par une collège.

Je l’attrape par le bras - c’est bon t’es pas un enfant mec - sans lui laisser le choix. L’appartement est genre à 50mètres, on va faire ces putains de cinquante mètres et si t’as des comptes à régler avec moi où si t’as besoin d’une petite distraction personnelle genre persécuter la petite Rhyan, on pourra régler ça en s’étripant. On sait faire ça s’étriper, non ?

On avance donc alors que je siffle, déjà trempée par les grosses gouttes d’eaux qui s’abattent.

- Peut être que c’est la scène de la banque que je me retourne en boucle dans la tête, là.

Comment t’aurais pu mourir et tout aurait été plus simple.
On arrive à l’appart, je m’engouffre. Mes mains tremblent et tressautent, il a ce qu’il voulait : moi qui vrille.
Au moins on est plus au milieu des passants et tout. Je sais très bien, très, très, mais alors très bien l’estime qu’il avait des humains et j’ai pas envie d’avoir plus de sang sur les mains. Enfin. Encore plus de sang sur les mains.
Et là, j’aimerais bien en rester là vous voyez ? Mais ça monte, ça monte, ça monte et si ça sort par mon pouvoir ça va me tuer. Je suis incapable de me canaliser et je m’entends totalement vriller.

De loin.

Comme avant quand je renversais absolument tout dans ma chambre pour tout broyer, casser, éventrer.

- Mais tu cherches quoi Cyan au juste ? À me faire avouer quoi, hein ? Si t’avais fermé ta gueule depuis le début, il t’aurait pas reconnu et y’aurait pas eu de soucis. Mais c’est un peu trop demandé, n’est-ce pas ?

J’ai envie d’casser des trucs mais y’a rien à ma portée c’est vraiment chiant. J’reste loin de lui, aussi, parce que putain, j’ai trop envie de le frapper mais il aurait le dessus en quelques secondes et ça serait l’humiliation suprême.

- C’est pas plus mal ?

Acide, blanc, fatal.

- C’est pas plus mal ?

Ma voix se casse sur le dernier mot mais j’cède pas à la portée dramatique du truc. J’pourrais me retourner genre en pleurant mais j’ai laissé mes larmes dans un coin y’a plus d’dix ans.
Ça et potentiellement le fait que j’suis pas prête à m’expliquer sur tout, y’a des milliards de choses sous le tapis. Peut être qu’il va en tirer une poussière, peut être que je vais lui en vouloir à mort pour toujours et à jamais pour ça.

- J’lui ai calé une balle dans la tête parce que t’étais découvert, parce que c’était pas ta place de le tuer, parce que t’es plus de mon côté qu’il l’a jamais été, parce que, parce que.. parce qu’il m’a déjà tuée.

J’suis même plus vraiment en colère. J’crois qu’j’suis fatiguée. Et j’ai pas des masses envie de me faire persécuter juste parce que ça amuse monsieur. Parce qu’il trouve ça marrant, hein. Il trouve ça marrant. Les gens qui vivent, les gens qui meurent, tout le monde s’en bat les couilles de là où il vient; c’est pas mon cas. Quand les gens sont de notre côté on y tient.
Alcott était-il vraiment de mon côté ?
Et sa famille hein ?
Elle se situe de quel côté sa famille ?

- J’suis pas une attraction mentale, la ptite exorciste qui a pété les plombs. On n’en parlera pas parce que c’est mieux comme ça, si j’veux tout foutre sous le tapis c’est mon problème.

J’ai putain d’envie de gerber et je fuis de manière absolument lamentable. C’est abominable et cette scène là toute précise je pourrais la rejouer jusqu’à l’écoeurement tellement c’est pas mon genre de pas éclater sur quelqu’un.

Et pourquoi je lui éclate pas dessus ?
Parce que j’vais le traiter de fils de pute et lui caler les quatre vérités dans le crâne, j’vais lui dire que dans mon monde à moi les gens ils comptent et que c’est pas du bétail, qu’il n’est pas du bétail à mes yeux mais peut être que moi ouais, qu’il peut aller se faire foutre avec son envie de tout tuer, tout le temps, d’être le plus fort, le meilleur et le plus fier surtout, que j’aurais pas dû le sauver et qu’j’sais pas pourquoi j’lui ai fait confiance quand clairement ça m’a coûté le reste de santé mentale. Déjà que sur le bateau, hein, quand le mec se met à abattre des gens au pif, cimer la schyzophrénie, ça m'arrange bien d'oublier, ok il était en situation de danger mais combien de temps je vais regarder ça sans broncher ?

Mh ?

Mais bon.

J’dis pas ça.
J’dis pas ça parce que la première fois de ma vie j’préfère me faire un peu plus ronger par la rage qui me bouffe les tripes que la lui poser dans les bras pour me soulager.

- Tire-toi.

Ouais, j’lui ai dis de dos, ouais, c’est moi qui suit en train de m’enfoncer dans cet appartement, ouais, j’ai murmuré ça plus que réellement dit ça.

Mais sérieusement, j’ai vraiment envie de m’assomer le crâne à coup de cachetons, de changer d’appart, de pays, d’entourage et ne plus jamais, jamais y penser de ma vie.

Mais c’est à ça que je suis condamnée, non ?
A sentir mes muscles prendre le relais sur mon cerveau, mon doigt presser la détente, deux fois, et ce putain de soulagement.

C’est ça le pire.
Ce putain de soulagement.

Ses enfants diront pareil aussi ?
Putain.
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Cyan Soul
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Mer 17 Oct 2018 - 17:26


"So she can make you make mistakes"


C'est comme si on jouait à qui atteindra l'autre en marchant sur une corde d'équilibriste, avec des crocodiles comme filet de protection. On sait pas si on doit hésiter, avancer, reculer. On sait juste qu'on finira par tomber.

Ça m’amuse ? Oui. Même si je me souviens parfaitement des raisons pour lesquelles je me suis lancé à corps perdu dans la provocation, c’est comme tout. On commence et puis on s’essouffle. Et puis, s’il n’y a pas de réponse en face, ça devient difficile de jouer deux rôles à la fois. Ou de tenir bon sur ses jambes et frapper l’air. Je peux tout aussi bien trouver de quoi m’occuper, transformer cet air en chair. La pluie en sang. Il y a assez à faire avec l’amoncellement progressif de fourmis humanoïdes. Un, deux, trois, quatre, sans doute finirais-je par m’endormir à force de les compter ?

Elle revient sur ses pas après ma dernière phrase et m’empoigne par le bras. Tire dessus pour que je la suive. Je suis bien tenté de résister pour l’embêter un peu plus mais m’exécute à son ordre silencieux. J’ignore où elle me traîne comme ça et elle ne daigne de toute façon pas me regarder. Bah, de toute manière, ça m’étonnerait qu’elle m’emmène à un QG. J’hésiterais pas auquel cas à vendre la mèche par rapport à ses derniers agissements.
Je pardonne moyennement la trahison.

- Peut être que c’est la scène de la banque que je me retourne en boucle dans la tête, là.

J’me marre. Parce que c’est drôle, non ? Je suis calmé. Encore un peu agacé, mais clairement pas aussi furieux que lors de nos premiers échanges. La scène de la banque ? Il s’en est passé des choses, dans cette banque. Je sais très bien à quoi elle se réfère : le moment où elle m’a sauvé de sous les décombre. Si je devais être tout à fait objectif et me détacher de ma personne, je lui aurais répondu qu’en effet, j’ai pas trop compris ce jour-là non plus. Qu’elle aurait pas dû faire ça. Mais ça m’obligerait à me poser des questions et potentiellement à la remercier ou quoi et c’est pas à mon programme actuel. Celui-là, il est bien, bien plus amusant. Sans attendre, je tire sur mon bras pour la forcer à se retourner et revenir vers moi et me colle à elle en passant ma main libre autour de sa taille. Je réplique, dans un sursaut faussement touché :

-Tu oublies ton tir en te remémorant la première fois que tu m’as vu en vrai, c’est tout à fait adorable. Mais t’as pas besoin tu sais, je suis juste là.

Avec cette pluie qui tombe et mon regard pénétrant, on pourrait être en train de tourner un film. Romantique de l’extérieur peut-être mais dramatique à l’intérieur. On continue de marcher… enfin elle continue de me traîner vers je ne sais où et je ne bronche toujours pas. A vrai dire, peu m’importe l’endroit vers lequel on se dirige. Y’a juste une certitude : on est ensemble. Et je pense que rien que pour ce qu’elle vient de faire, c’est un peu mon devoir de rester. Ne serait-ce que pour m’assurer que je peux moi aussi la protéger si Orpheo vient frapper à la porte. J’ai beau savoir que je serais avant tout soit un cafard à écraser, soit un trésor à cacher, au moins si son organisation se retourne contre elle, elle pourra au moins avoir quelqu’un sur qui compter. C’est con mais c’est comme ça, ça me rassure dans le fond, je me sens un peu moins inutile.

Finalement, on monte les escaliers d’un autre bâtiment. Classique, sans fioritures. Un immeuble des plus banal. Je me tends un petit peu, par précaution. Passer d’un endroit public et ouvert à la promiscuité d’une cage d’escaliers puis d’un hall enfermé entre quatre murs, ça a de quoi éveiller les sens. Elle ouvre une porte et on se retrouve dans un appartement de moyenne taille. Ni trop propre ni trop salle. Humain et vivant. C’est chez elle ? Je ne sais toujours pas d’où elle vient à l’origine et j’ai tendance à oublier qu’une exorciste a autant le droit de vivre sous plusieurs toits qu’un sorcier noir. Est-ce que c’est son vrai chez elle, ici ?
Rhyan me lâche et je cesse de m’intéresser à son logis pour me focaliser sur elle.

- Mais tu cherches quoi Cyan au juste ? À me faire avouer quoi, hein ? Si t’avais fermé ta gueule depuis le début, il t’aurait pas reconnu et y’aurait pas eu de soucis. Mais c’est un peu trop demandé, n’est-ce pas ?

Va falloir essayer de comprendre que les questions rhétoriques comme ça, c’est un chemin plaqué d’or et lumineux pour me donner envie de répondre. Ce que je cherche ? Je sais pas. A la faire exploser quelque part. Découvrir un peu plus la palette de ses réactions. Trouver une fierté malsaine à avoir décousu la moindre de ses émotions. C’est une manière comme une autre de lui dire que je veux mieux la connaître et une autre de me décharger de mon propre manque de responsabilité. De lui dire qu’elle a eu tort et que tant qu’à faire, j’aurais préféré ne pas être là pour faire la liaison logique entre cet homme et ce tir.
L’inciter à ne jamais le refaire ?
J’aimerais réagir mais elle enchaîne.

- C’est pas plus mal ? C’est pas plus mal ?

Elle semble au bord de la crise mais se contient toujours avec un contrôle incroyablement frustrant. Je sais pas quoi faire de plus pour que les justifications se transforment en accusations, les mots en actions. J’ai beau être hermétique à ce que les gens pensent de moi, elle a beau me faire presque dos et jamais, jamais me fixer, je vois bien qu’elle n’a qu’une envie c’est de m’en coller une. Y’a quoi qui t’en retient ? Elle pense que je vais lui faire du mal ? Partir ? Je ne sais rien d’elle, mais elle semble en connaître encore moins sur moi. Principalement parce que je ne lui ai pas montré beaucoup de choses. Mais alors quoi, la Pologne c’était pas assez ? Et la Grèce ? Et ce machin toujours aussi mystérieux en Tunisie ? J’arrive pas à comprendre. Est-ce que je dois lui dire franchement « je t’aime » pour qu’elle pige, qu’elle agisse sans un fond de peur ? Parce que c’est de ça dont il s’agit, non ? Parce qu’on n’a pas le même âge, la même éducation, le même sexe. Bah qu’elle continue, parce que ce jour n’arrivera jamais. Je suis pas du genre à sortir des phrases mielleuses. Ou plus. Ou peut-être qu’après tout, c’est elle qui ne s’intéresse pas à moi. J’en sais rien. Ça me saoule.

- J’lui ai calé une balle dans la tête parce que t’étais découvert, parce que c’était pas ta place de le tuer, parce que t’es plus de mon côté qu’il l’a jamais été, parce que, parce que.. parce qu’il m’a déjà tuée.

Déjà tuée ? Comment ça ? Eh ben c’est pas la franche camaraderie par chez eux non plus on dirait. Mes précédentes pensées s’évaporent à mesure qu’elle termine sa phrase. Peut-être qu’elle tient vraiment à moi finalement. Mais alors quoi. C’est quoi la dernière chose qui la retient. Sa tension descend progressivement et je ne comprends pas comment. Ça suffit de parler ? À quel moment ça peut suffire. C’est une illusion de pouvoir tout régler en discutant.

- J’suis pas une attraction mentale, la ptite exorciste qui a pété les plombs. On n’en parlera pas parce que c’est mieux comme ça, si j’veux tout foutre sous le tapis c’est mon problème.

Elle a pas tort. C’est elle que ça regarde. Si elle veut faire l’impasse et se servir de sa culpabilité pour en faire une force, je peux pas l’en blâmer. Mais dans la mesure où je suis à moitié concerné par l’affaire, j’ai au moins le droit d’essayer de remuer. Que ça lui plaise ou non, qu’elle y trouve un réconfort ou non. Qu’elle me pardonne, ou non.
La blonde me fait entièrement dos cette fois et je reste là sans bouger.

- Tire-toi.

Ah oui ? Ben non. Je souffle bruyamment, éberlué et me dirige à pas rapides vers la porte d’entrée encore ouverte. Porte que je claque devant moi tout en restant à l’intérieur de l’appartement. Déjà, on sera un peu plus tranquille pour discuter, puisque madame ne semble se préoccuper que de ça. J’reviens dans le salon et lâche un profond :

-J’crois pas, non.

J’enfouis bien profondément mes mains dans mes poches pour y puiser toute ma rancœur. Détend mes épaules et lève bien haut le menton, la veine de la tempe bien en évidence. J’enchaîne.

-Ce que je cherche ? C’est pas évident ? Toi. Tu t’retiens d’éclater pour je sais pas quelle raison et ça m’agace profond. Quoi, c’est ça ton état de choc ? Je crois pas. A moins que ce soit pas la première fois que tu tires sur un collègue ? Ou qu’en fait, t’en retires une émotion positive ? Je m’en fous, là-dessus y’aura personne pour mieux te comprendre que moi.

Ce serait un comble quand même, bien que je puisse comprendre sa culpabilité. Si Alcott a déjà par le passé attenté à la vie de Rhyan, c’est tout à fait logique qu’elle se sente soulagée. Y’a pas à s’occuper du reste. Une vie, c’est une vie. Qu’il y ait des choses qui y soient liées ne change rien. Pourquoi est-ce qu’on tuerait un chien plutôt qu’un homme ? Un homme plutôt qu’un enfant ? Un vieillard plutôt qu’un jeune ? Un pauvre plutôt qu’un riche ? Les exemples sont foisons et tous plus inutiles les uns que les autres. On s’en fiche. Les crimes de l’un ne sont pas effacés par ses relations ou sa notoriété. Si y’a bien une chose sur lequel on est tous sur un même pied d’égalité, c’est la mort. En temps que meurtrier, faut jamais l’oublier. Et c’est pas une question de s’alléger la conscience. C’est un fait.

-C’est vrai, j’ai pas fermé ma gueule. A quel moment t’as seulement cru que j’allais pas l’ouvrir, pour commencer ? Au final j’ai rien foutu dans cette mission et quoi ? L’idée de me protéger te monte à la tête et tu t’sens investie d’une mission divine pour buter ton collègue. J’vais faire comme si tu t’étais servi de moi comme d’une excuse parce que je sais me défendre, merci.

C’était la mauvaise idée numéro une. Parce que j’ai pas besoin de nourrice ou d’ange gardien. J’ai besoin qu’on me dise quoi faire et je m’y tiens. S’il faut rester devant une porte et la garder comme cerbère le ferait, alors soit. Mais alors, autant faut-il bien me préciser de rester à ma place. Quand on me laisse autant dans l’innocence, forcément ça dérape. Et quand je dois me retrouver dans une mission pour Orpheo, à devoir couler pour les humains noirs un bateau de la famille, franchement y’a quelques raisons évidentes qui me poussent à ne pas fermer ma gueule. Non ?
Mais j’ai pas fini et je sais que ça va déraper, parce que l’émotion qui monte dans ma bouche, j’ai le temps ni de l’intercepter, ni de la caractériser. Je la crache et on verra bien les mots qu’elle formera.

-Et à considérer que j’suis partiellement compris dans ton équation cible + tir = mort, si j’veux le secouer ton tapis, j’le secoue. Et j’le secouerai jusqu’à ce que t’apprennes que j’fais ça parce que j’veux que tu rayes sa tête de ton esprit définitivement et que j’préfère mille fois que t’aies un souvenir de notre engueulade à la place.

Que tu penses qu’à moi et ne laisse aucun homme, pas même un mort, se mettre entre nous deux.

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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Mer 17 Oct 2018 - 23:06


Trade my fears if you need to,
Don't come back ; but I wish you tell me to.
Des fois, la journée elle pourrait juste se finir, et ça serait mon super pouvoir. Je ferme les yeux et on est demain. Point. Je sais pas ce qu’il se passe entre-temps, je disparais si besoin, immatérielle ou plantée là sans bouger.

Je veux pas vivre ça.

Et sa main sur ma taille, et ses mots sur mes maux « Tu oublies ton tir en te remémorant la première fois que tu m’as vu en vrai, c’est tout à fait adorable. Mais t’as pas besoin tu sais, je suis juste là. »

Je l’ignore parce que c’est tout ce que je peux faire. Le rejeter en dehors de ma tête et plus loin de mon corps, me touche pas je suis, littéralement, en dehors de moi. Je prends toute la place, le vent et la pluie, je suis partout en train d’exploser. J'vis ça vraiment mal, il utilise les moments qu'on a passé comme s'il avait subitement acquérit le droit de me toucher, j'me sens forcée, obligée d'accepter un contact alors que ça me brûle la peau et les os, il se permet parce qu'il a déjà eu le droit, je suis acquise et j'ai putain d'envie de lui faire mal comme il me fait souffrir.

On rentre dans l’appart et je garde tout sous couvert, je laisse quelques mots sortir mais pas ma version de la vérité, je me ronge les mains et me bouffe les doigts pour pas juste l’étriper. Pourtant j’ai déjà des rêves de ma dents dans sa chair. J’lui demande même de partir.

Poliment.

Il souffle et ça fait un bruit de dragon, j’me dis yes putain, dégage, dégage là maintenant, il se casse vers la porte et la claque. Mais je sais qu’il est resté.

Putain de ses grands morts.

J’sais plus si pleurer, rire ou tout faire péter. J’envie son don et sa violence.
Surtout quand il se remet à parler.

-J’crois pas, non.

Je me tends comme un arc sans pour autant me retourner. Je sais plus rien gérer, crispée et déchirée je voudrais me faire sauter les yeux pour représenter physquement ce que ça me fait, dedans. Il se rend compte ?

Qu’il ferme juste sa gueule.

-Ce que je cherche ? C’est pas évident ? Toi. Tu t’retiens d’éclater pour je sais pas quelle raison et ça m’agace profond. Quoi, c’est ça ton état de choc ? Je crois pas. A moins que ce soit pas la première fois que tu tires sur un collège ? Ou qu’en fait, t’en retires une émotion positive ? Je m’en fous, là-dessus y’aura personne pour mieux te comprendre que moi.

J’enfonce mes ongles dans mes paumes jusqu’à ce qu’ils percent la peau et alors je serre encore. Personne pour mieux me comprendre que toi, Cyan ? C’est parce que justement tu peux pas comprendre qu’on en est là, à cet instant précis ou tu me pousses pour faire éclater je ne sais pas quoi. J’ai pas envie d’aller chercher là bas, peut être que j’ai pas une poussière sous le tapis mais trois étages. J’ai pas envie d’aller voir là bas, de remettre le courant et de m’infliger des années de déni. C’est pas son rôle ; à quoi il joue ? Il se croit dans son bon droit en plus ?

-C’est vrai, j’ai pas fermé ma gueule. A quel moment t’as seulement cru que j’allais pas l’ouvrir, pour commencer ?

Le moment où je t’ai fais confiance. Cruelle erreur.

-Au final j’ai rien foutu dans cette mission et quoi ? L’idée de me protéger te monte à la tête et tu t’sens investie d’une mission divine pour buter ton collègue. J’vais faire comme si tu t’étais servi de moi comme d’une excuse parce que je sais me défendre, merci.

Je me retourne enfin. Il plaisante non ? Il doit plaisanter. Non mais je sais mec que tu sais te défendre, j’en ai jamais douté. Ça t’es jamais venu à l’esprit que je me protéger de toi ? Que c’est toi que j’avais pas envie de voir entrer en action, provoquer souffrance et mort, j’voulais pas t’en vouloir à toi et me flageller moi ?

Je m’approche de lui, montagne de rage et de haine, montagne d’incompréhension. Pourquoi tu me fais ça. Arrête d’arracher les points de suture de mes plaies.

-Et à considérer que j’suis partiellement compris dans ton équation cible + tir - mort, si j’veux le secouer ton tapis, j’le secoue. Et j’le secouerai jusqu’à ce que t’apprennes que j’fais ça parce que j’veux que tu rayes sa tête de ton esprit définitivement et que j’préfère mille fois que t’aies un souvenir de notre engueulade à la place.

Ça n’a aucun sens, le monstre d’égoïsme qu’il déploie me sidère, moi je cherche toi, moi je veux connaître ton état de choc et tes raisons, moi je dis que c’est de ta faute si j’ai parlé, moi je me protège seul, moi je veux secouer ton tapis pour ton bien.

Oh, si c’est pour mon bien alors.

Je le gifle de toute la force que j’ai dans l’instant. Ridicule ou pas je m’en tape, je le gifle pour l’atteindre physiquement au visage.
J’me recule d’un pas, subitement parfaitement détendue. Mes épaules se relâchent, quoi qu’il fasse il n’a pas tracé son chemin aussi proche que je le pensais, ses mots l’ont ramené à sa place ; assez loin de moi pour que je puisse le garder à l’oeil. Un sourire malsain échoue sur mes lèvres; sourire que je n’ai jamais vu jusqu’ici, jamais ressenti, sans de haine et de méchanceté qui boue sur ma bouche. J’espère sincèrement oublier ce moment.

- Y’a que ce langage que tu comprends, n’est-ce pas Soul ?

Jamais parlé aussi acidemment de ma vie, jamais autant perdu le contrôle.

- J’ai cru que t’allais fermer ta gueule pendant cette mission parce que t’avais un peu de respect pour moi. Mais c’est bon, on est clairs sur le sujet.

Un rire siffle entre mes lèvres.

- Personne pour me comprendre mieux que toi ? Mieux que toi ? MIEUX QUE TOI ?! J’ai abattu ce gars parce que j’avais peur de toi et que je savais que t’allais l’abattre, je voulais pas te voir le tuer et y prendre du plaisir, célébrer la mort de quelqu’un.

Ouais, peut être que je hurle un peu.
Quand j’pense que j’ai trouvé une porte de sortie je me rends juste compte que je tourne en rond.

- Les vies comptent pour moi, que tu puisses le comprendre ou non j’m’en tape, j’ai fait mon choix ce soir et si j’peux plus m’regarder dans un miroir jusqu’à la fin de ma vie à cause de ça c’est mon problème.

Je lève les bras au ciel ; boule de nerfs et de douleurs.

- C’est mon putain de problème parce que c’est ma putain de façon de fonctionner. Juste, va te faire foutre, y’a pas d’histoire d’état de choc ou d’émotion positive, y’a eu un, putain, de choix, une seconde où j’ai décidé de.. j’ai décidé que..

J’avale le reste de mes mots qui tombent comme des pierres dans mon coeur. Si j’me mets à pleurer c’est la fin du monde j’me cale une balle dans le crâne.
Mais mes yeux restent bien sec, ouragan minuscule face à Cyan, tellement chiant, tellement grand, tellement présent, surtout, là, à rester à mes dire non ; pour qui est-ce qu’il se prend ? Pour qui est-ce qu’il se prend putain ?

- J’ai pas besoin que tu me serves d’excuse pour quoi que ce soit. J’ai pas besoin de toi du tout.

Et j’aimerais que tu partes. Mais ça, je l’ai déjà dit. De quoi j’aurais l’air si je le répétais ?
Mmh ?
C’est bien pour ça que je ne le redis pas, non ?
Il a brassé la vase au fond de moi et j’ai l’impression de regarder la paix et la sérénité s’en aller et j’suis tellement prête à tout pour en retrouver juste un peu. J’ai les crocs envers Cyan qui se permet de tout bousculer. Le peu d’équilibre que j’ai construis comme je pouvais s’est allègrement fait renversé et j’sais plus comment faire, j’sais même pas ce qu’j’suis censée faire là, cette nuit, cette journée, la semaine d’après, pourquoi tu secoues tout et m’laisses me démerder après ? Pourtant j'ai l'impression qu'il pourrait creuser dans ma boue pendant des années qu'il en verrait pas le bout, que s'il commence à creuser y'a plus de fin, qu'il verra juste à quel point j'vis dans une vieille cage pourrie, que j'suis née comme ça et que y'a rien à sauver, quelques bons moments à voler et puis partir, partir parce que derrière chaque couche de merde y'a rien d'autre, pas de diamant pas de secret, tout est daubé et c'est la vie, y'a des gens comme ça qui sont nés dans un costume tout déchirés.

Mais juste, casse toi. Tu soulèves les lambeaux de peau qu'il me reste sans voir que j'sais pas vivre sans mes regrets qui me tiennent chaud les jours de pluie.
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Cyan Soul
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Jeu 18 Oct 2018 - 16:29


"So she can make you make mistakes"


C'est comme si on jouait à qui atteindra l'autre en marchant sur une corde d'équilibriste, avec des crocodiles comme filet de protection. On sait pas si on doit hésiter, avancer, reculer. On sait juste qu'on finira par tomber.

A peine mon discours est-il terminé qu’une violente baffe vient percuter ma joue. J’ai beau l’avoir bien cherché, je ne l’ai absolument pas vu venir. J’ai pas serré les dents ou tendu le cou, aussi ai-je du mal à accuser le choc. Ma main vient immédiatement en renfort pour adoucir la douleur et je passe ma langue sur mes gencives pour vérifier si dégâts il y est. Pour sûr, elle n’y est pas allée de main morte. Je l’ai bien senti et ça pulse encore sur ma joue. Forte chaleur qui irradie et me donne un teint rosé plutôt particulier. Je masse la zone endolorie et inspire profondément, curieusement satisfait de l’avoir poussée dans ses retranchements. J’ai pas tellement mal mais l’idée est là, elle m’a frappé, elle a pété les plombs et ça me va.
Ça me va parfaitement.

- Y’a que ce langage que tu comprends, n’est-ce pas Soul ?

Je dirige mon regard vers le sol, les cheveux en bataille et les yeux fous. Oui, tout à fait, y’a que ça que je comprenne. Que j’ai compris et que je continuerai à comprendre. C’est tout de suite plus clair quand on frappe quelqu’un. Ça remet les idées en place, ça fait grimper l’adrénaline ou au contraire, ça la fait descendre. Ça agit directement et y’a pas besoin de poser des mots dessus. C’est un langage universel dont on a voulu se détourner pour apparaître plus « civilisé ». Pourtant, c’est pas en se cachant derrière des costumes qu’on parviendra à faire taire la guerre et la violence. Parce que c’est le propre de l’humain. Mêmes les fourmis, elles attaquent. Les chiens défendent leurs territoires. Même les plantes rejettent des composés nocifs à leur pied pour tuer les autres.
C’est le propre de la vie et il faudrait arrêter de se voiler la face.

- J’ai cru que t’allais fermer ta gueule pendant cette mission parce que t’avais un peu de respect pour moi. Mais c’est bon, on est clairs sur le sujet.

Les mots, toujours les mots. Qu’elle continue, je ne comprendrais pas mieux sa logique. En quoi le respect s’amène quand on parle de ma façon de fonctionner. Elle extrapole par rapport à ce qu’elle espère de moi et ce que je suis vraiment. Dommage, j’ai ni l’allure ni la psychologie d’un enfant de chœur. Ou faut être plus précis quand on me met dans un rôle. Je l’ai pas ouvert parce que j’avais pas de respect pour elle, je l’ai ouvert parce que ce que racontaient les autres ne me plaisait pas. Ça n’a aucune putain de liaison. Mais c’est une nana, hein, elles ont cette capacité à créer des liens là où y’en a pas, là où y’en a jamais eu d’ailleurs. J’pourrais bien me mettre à l'aduler, l'élever au grade de déesse que je continuerais à agir comme je l’entends. Ça me saoule qu’elle parte se faire des films aussi loin. Qu’elle se mette elle-même d’accord sur des mensonges.
Elle se marre, d’une drôle de manière.

- Personne pour me comprendre mieux que toi ? Mieux que toi ? MIEUX QUE TOI ?! J’ai abattu ce gars parce que j’avais peur de toi et que je savais que t’allais l’abattre, je voulais pas te voir le tuer et y prendre du plaisir, célébrer la mort de quelqu’un.

Je la regarde de nouveau en haussant un sourcil désapprobateur. Ça y est, en plus de tirer des conclusions hâtives, elle sélectionne mes mots pour les tirer dans son sens. J’ai jamais dit que je prétendais la comprendre sur tout, mieux que quiconque, j’ai précisé qu’au niveau de l’émotion positive après le meurtre, ça, c’était quelque chose que je pouvais aisément assimiler. J’ai pourtant précisé, « là-dessus » je te comprends. Mais non, y’a tout qui s’est mélangé dans sa tête et elle feule comme un chat blessé. Peut-être qu’elle a l’espoir de me toucher ? Y’a pas grand-chose qui me touche. Et puis tout ça, ça sonne comme des justifications, pas comme des accusations.
Et puis quoi, peur de moi ? Et en plus, même pas pour mes capacités, simplement pour mes réactions. C’est bien la première fois qu’on me réplique ça. En quoi ça change de crier, pleurer, rire, s’esclaffer sur un corps ? La dépouille est un cadavre, un mort. Un objet. Qu’on l’affuble d’un chapeau d’âne ou qu’on le couvre de médaille, au final, y’a rien qui change. Si on arrêtait d’avoir aussi peur de la mort, peut-être qu’on arrêterait de pleurer aux enterrements et qu’on songerait juste à profiter du temps qui nous reste en riant. Pourquoi la tristesse ça devrait être la façon de réagir à la mort ? On a bien inventé les religions pour apaiser cet après dont personne n’est revenu, non ? Faut croire que ça a pas bien marché si on en est encore là. J’y prends du plaisir parce que pour moi c’est comme ça. Je célèbre pas sa mort, je célèbre ma vie. Un duel c’est binaire. Vie, mort. A partir de là, si t’es le dernier debout, tes pleurs elles partent pour toi-même, pas pour les autres.
Parce que les morts, ils te féliciteront jamais d'être vivant.

Elle crie et je reste à l’observer. Calme. En apparence en tout cas.

- Les vies comptent pour moi, que tu puisses le comprendre ou non j’m’en tape, j’ai fait mon choix ce soir et si j’peux plus m’regarder dans un miroir jusqu’à la fin de ma vie à cause de ça c’est mon problème. C’est mon putain de problème parce que c’est ma putain de façon de fonctionner. Juste, va te faire foutre, y’a pas d’histoire d’état de choc ou d’émotion positive, y’a eu un, putain, de choix, une seconde où j’ai décidé de.. j’ai décidé que..

Si je grogne un peu dans mon for intérieur au début, y’a un brin de sourire qui apparaît à la commissure de mes lèvres vers la fin. Soit, elle le vit comme ça. Pas d’émotion positive – vraiment dommage en passant – pas de choc, juste un choix. Le choix de pas me voir lâcher un petit rire de plaisir, une phrase destinée à sa dépouille. J’aurais pu ne rien faire de tout ça. Juste une lame dans sa tête. Rien de plus. Rien de moins, un travail propre et précis.
Plus ça va et plus le gouffre s’étend entre nos deux modes de vie. Moi qui poursuis ma vie en la faisant parfois entrer dedans et elle qui se cache les yeux des choses qu’elle ne supporte pas. Mais peut-être qu’on est arrivé à la fin ? Peut-être que ça y est, elle supporte plus tout ça. Que même ses mains elles sont trouées quand elle les pose sur ses yeux.

P’t’être que c’est qu’un putain de cauchemar pour elle d’être avec moi.
J’ai le cœur qui s’accélère et le sang qui pulse pour oxygéner le cerveau en conséquence. Un mauvais timing de réflexion dont la prochaine phrase vient s’abattre sur ce peu de certitude, né de nulle part.

- J’ai pas besoin que tu me serves d’excuse pour quoi que ce soit. J’ai pas besoin de toi du tout.


Y’a un blanc qui passe en une seconde devant mes yeux, répandant sur son passage un vrombissement désagréable à mes oreilles. Comme une ruche en déplacement. Un immense tourbillon prêt à piquer si l’on s’en approche. J’avale ma salive et maintient mes mâchoires scellées. Qui sait ce qu’il en sortirait. Sa dernière phrase résonne en boucle, m’atteint plus que sa baffe. Peut-être qu’elle manie bien les mots finalement. Qu’on peut toucher certains organes plus vite par la langue que par les poings. Voir les ouvrir dans des zones qui prendront des années à se refermer. Je serre les poings dans mes poches et passe ma langue sur mes dents.
Pas besoin de moi. Et si j’te sers à rien, alors pourquoi on est là ? Ça se base toujours sur du donnant-donnant les relations, non ? Ça sert à rien à part ça, les gens avec qui on n’a aucune affinité, on les chasse de nos vies naturellement. Parce qu’ils ne nous apportent rien. Parce que l’apprentissage s’arrête là, qu’on a creusé la carcasse à deux et qu’il n’y a plus rien. Rien. Rien. Donc pourquoi on est là. Pourquoi tu m’as traîné jusqu’à chez toi pour me dire de dégager ensuite, que tu m’as amené sur cette mission pour commencer. T’as aucun droit de dire que t’as pas besoin de moi. Y’a pas une heure, je t’aidais encore. Même si c’est que pour mon pouvoir, ça reste un « quelque chose ». Matériel ou immatériel, on s’en fiche.

Je recule un peu et me détourne d’elle d’un quart, passant une main stressée dans mes cheveux. Là, tout de suite, j’ai besoin d’une clope. Mais j’ai tellement l’habitude d’avoir mon pompier de frère avec moi que je prends jamais la peine d’acheter un paquet. J’ai juste tout le temps le briquet. Et ça me manque. Ça me manque à un point tel que j’sais pas si je vais me maîtriser. J’ai qu’une envie, c’est de la prendre par les cheveux et le lui faire répéter, répéter encore et encore jusqu’à ce qu’elle perde le sens de ses mots. Y’a des dizaines de manière de bloquer les pensées de quelqu’un. J’les ai toutes testées et je saurais les répéter parce que si le sujet on l’oublie, la manière elle reste ancrée et marquée au fer blanc.
J’lâche un sale rire, un rire menaçant et violent. J’me casserais bien pour aller la fumer – la clope – mais elle – Rhyan – pourrait croire que je m’enfuis. Et je m’enfuis pas.

Mais j’ai rien à dire. C’est comme elle l’a dit, y’a qu’un langage que je comprends. Le langage que j’utilise le plus aussi. J’ai beau prendre des grandes inspirations et souffler sous le feu, j’arrive pas à éteindre la lave qui brûle dans la marmite. Le coup va partir et j’ai vraiment, vraiment besoin de me maîtriser. Alors je quitte le navire, la conversation, tout. Je m’agite finalement et décortique le salon à la recherche des places les plus efficaces pour cacher des paquets. Table du salon ? Jackpot. Je prends le paquet entier et allume une cigarette. Tire presque la moitié du machin et libère le tout dans un épais nuage de fumée.
C’est bon, là j’peux reprendre. Je promets pas le ton mais…

-J’suis là pour quoi au juste, du coup ? Tu m’tires jusqu’à chez toi et voilà basta, on est là et c’est « dégage de ma vie pauv’ con » ? T’as raison, j’vais pas creuser plus loin. T’es pas capable d’assumer, tu tires des conclusions à deux balles et on parle pas la même langue de toute manière. Oh et t’es aussi du genre à estimer la vie des gens qui t’ont blessé, ont attenté à ta vie, génial. Vous êtes tous des putains d’illuminés, à Orpheo.

Tu devrais pas estimer les vies comme ça. Œil pour œil, dent pour dent, y’a que ça qui marche pour que les gens comprennent. On pourrait régler la pauvreté dans le monde si on jartait les fortunés de leurs piédestal et qu’on les foutait deux ou trois mois dans un bidonville. Tant que t’as pas vécu la misère ou la conséquence de ton acte, t’arrives pas à comprendre en quoi c’est mal. Tu devrais me bannir de ta vie Rhyan, si tout ce dont je suis capable, c’est d’être inutile et blessant. Parce que si ça commence comme ça, ça changera pas.

-T’aurais dû me laisser devant le bâtiment au lieu de me traîner, au moins j’me serais fait plaisir et toi t’aurais pas à agir contre ton gré parce que t’aimes pas ma façon de procéder. Et puis si j’te sers à rien, je vois même pas pourquoi on a cette discussion. Ou alors t’es complètement maso et t’aimes que j’te gueule dessus. Ou c’est l’adrénaline que tu cherches.

Auquel cas t’as trouvé le Graal. Je prends une nouvelle bouffée de nicotine et me dirige à la fenêtre, l’ouvre et pose mon dos sur cette dernière. Au moins ça, ça me détendra.
J’espère.

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Rhyan L. James
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Sam 20 Oct 2018 - 17:08


I've never fallen from quite this high
Fallin into your ocean eyes
Il ne réagit pas à la gifle. Autour de cette pensée unique et étirable à volonté s'enroule d’abord tout mon moi, persuadé qu’un coup allait revenir. Que de la violence allait naître la violence au lieu de ce calme infini qui balaye la pièce. Parle-t-on enfin le même putain de langage quand je l’agresse physiquement ?

Une boule se suspend à mon estomac et y reste. Y reste et plus je parle, plus elle semble traverser mon ventre, tirer sur mes choix et ma certitude. Comme sur les siennes. Il ne bouge plus d’un poil alors que je le regarde, défiante et esseulée, revêche et épuisée. Je crois que j’ai tout dit mais visiblement ça ne lui suffit pas. Nous sommes-nous déjà suffit ? Ses dents serrées et le léger pli sous ses yeux montrent que j’ai touché quelque chose - mais quoi ? Peut être une autre boite de Pandore que j’espèrerais bien assez vite ne jamais avoir touché.

Son poids se reporte vers l’arrière. J’imagine le moment où il va purement et simplement balayer l’appartement d’une onde de choc parce que j’ai trop fait, trop dit, trop hurlé, parce qu’il a vu à l’intérieur à quel point c’était pourri et qu’il veut juste me zapper. C’est ça le problème avec Cyan, je n’arrive pas à prévoir et à bouger autour de lui sans le gêner. Je suis toujours là en plein milieu mais il m’esquive cette fois. Il m’esquive, ouais, en riant. Vous savez ce rire qui vous blesse, qu’elle qu’en soit la raison. Son visage est amer et baigné d’une lueur de méchanceté. La vraie méchanceté, gratuite et entièrement dirigée envers moi. C’est là où on peut reconnaître à quel point on est cassés : ça me fait penser à mon père. C’est dire.

Il me passe devant le nez sans répondre. Voilà, j’l’ai fait rire. Pourtant j’ai cru avoir fait bouger quelque chose, un meuble ou une tasse peu importe, mais il se met à s’agiter dans tous les sens. J’ai fait sauter un couvercle et c’est tout. Il trouve une clope - sérieusement Simje.. - et tire dessus, dépendant. J’pense que c’est à l’instant ce qui me saute le plus aux yeux : l’ironie. C’est un Soul supposé être sur-entraîné, cachez vos émotions et vos souffrances et il se retrouve dépendant d’une clope. Il a besoin d’un bâtonnet de nicotine pour se calmer.

Ridiculement humain.

-J’suis là pour quoi au juste, du coup ? Tu m’tires jusqu’à chez toi et voilà basta, on est là et c’est « dégage de ma vie pauv’ con » ? T’as raison, j’vais pas creuser plus loin. T’es pas capable d’assumer, tu tires des conclusions à deux balles et on parle pas la même langue de toute manière.

Je me tords les doigts de frustration. Ouais, pas la même langue, pas la même vie, pas le même monde.

-Oh et t’es aussi du genre à estimer la vie des gens qui t’ont blessé, on attenté à ta vie, génial. Vous êtes tous des putains d’illuminés, à Orpheo.

Oh mais c’est qu’il juge maintenant, Cyan Soul, être absolument supérieur à ma condition. Je ne suis pas capable d’assumer, parce qu’il l’est ? Parce qu’il ne garde rien à l’intérieur de son petit coeur de sorcier noir insensible ? Tu m’en diras tant.
Comme de mes conclusions. Mauvaises, mh ?
Mais j’ai lui ai tout lâché au visage et j’crois que j’ai plus l’énergie de monter d’un cran dans le déferlement de violence. J’crois qu’ça m’rend juste triste alors que rien, rien ne me rend jamais vraiment triste.

-T’aurais dû me laisser devant le bâtiment au lieu de me traîner, au moins j’me serais fait plaisir et toi t’aurais pas à agir contre ton gré parce que t’aimes pas ma façon de procéder.

Mes yeux viennent se river au sol. Se faire plaisir. En tuant tout le monde ? Une balle dans le coeur contre un froissement de peau ?

-Et puis si j’te sers à rien, je vois même pas pourquoi on a cette discussion. Ou alors t’es complètement maso et t’aimes que j’te gueule dessus. Ou c’est l’adrénaline que tu cherches.

Il va s’appuyer contre le rebord. A-t-il conscience de ses doigts qui tremblent ? Je m’assieds sur la table en face de Cyan, les jambes et le coeur dans le vide. J’sais pas pourquoi j’suis encore là, n’importe qui me parlant comme ça m’aurait fait péter un câble, claquer la porte et fuir. Pourquoi est-ce que j’ai envie de m’expliquer ici ?

Mmmh.
Une vague de chaleur et de fatigue m’étreint le corps alors que je lève mes yeux clairs sur lui. Exactement comme en Grèce dans la chambre après la tempête, exactement comme en Turquie une fois que tout était sorti. Je déteste absolument tout de ça, je déteste les montagnes russes de mes émotions et de mon énergie, rien de stable ou de constant. Le seul truc que je me traîne de partout, c’est moi. Un visage, un nom et une obsession.

Cyan.

- On en revient souvent ici, quand même.

Le lumière d’après la pluie vient contre son dos, illuminant son visage d’un contre-jour grisé. Ses yeux ont l’air plus pâles que jamais dans la fumée de sa cigarette. Il fait rouler d’un air absent son assassin entre les mains et je ferme un instant les yeux, le coeur chaud de mes souvenirs de ces mains là sur ma peau.

- J’estime la vie des gens, c’est tout, dis-je en haussant les épaules, il a pas attenté à ma vie. Il s’est choisi lui, le soir sous la pluie où ça jouait à pile ou face en Pologne. Mais c’est ce que tout le monde fait, non ?

J’lui adresse un demi-sourire.

- On n’est pas chez moi. Et j’ai pas agi contre mon gré. Mais deux balles dans la tête et ses enfants perdent un père, sa femme perd son partenaire pour la vie. Et ça, ça je..

Mes yeux viennent sur mes cuisses, mes pieds, le sol. J’ai pas envie de mettre des mots parce que tous sont faux. Injuste ? Non, c’est pas injuste, parce que ça ne veut rien dire. J’ouvre les paumes vers le ciel. Mon pouvoir est vidé de tout - comme moi - et je laisse un souffle passer mes lèvres, l’impression d’avoir des millions d’années et d’avoir déjà tout joué.

- J’ai pas les réponses ni les conclusions que tu veux, j’fais c’que j’peux avec moi même. Mais les « t’aurais-dû » et les « putain d’illuminés » alors que le gars ne sait parler que baffe, plaisir de tuer et nicotine pour se calmer, c’est un peu beaucoup.

Je remonte mes jambes et me cale en tailleur sur le bois qui grince un peu. Je sais pas exactement à quoi on joue mais il n’a pas claqué la porte et moi non plus, on est toujours dans la même pièce et c’est quand même une première. Mais tuez moi, pitié tuez-moi le jour où j’lui lâche un truc du genre « on a cette discussion parce que t’es resté et que moi aussi » allez tire tes conclusions mièvres et débiles maintenant, ha, ha !
Jamais, plutôt décéder dans une cuve d’acide.

J’aimerais bien rajouter un truc quand même, mais merci d’être venu, ça fait un peu bizarre, pas loin d’être prostitué genre « merci d’être venu, t’as été un bon poulet » (même si ça a été un gros fdp quand même assez martyrisant, j’espère qu’il sait qu’il est martyrisant) et puis « on a quand même réussi la mission » ça voudrait dire que faut que j’en reparle, et j’aimerais vraiment, vraiment, vraiment, mais alors vraiment ne plus jamais aborder le sujet. Genre jamais de la vie entière. Maintenant que j’ai enterré Torin dans mon cimetière personnel avec mon père, de paire avec ma mère et Ichiru - décédé ou pas ça revient au même pour moi - et Matt - j’espère un peu son décès quand même, hein, on va pas se mentir, on dit pas à quelqu’un qu’on voudrait un enfant avec elle si c’est pour disparaître dans la nature, si je le retrouve je lui crève les yeux comme Oedipe - bref, maintenant que j’ai enterré tout le monde et même Alcott, on laisse repousser le gazon sur la terre fraîchement retournée et on oublie que ça a un jour été là.

- J’aimerais juste que des fois ça soit un peu plus facile.

Et j’sais absolument pas de quoi je parle, au juste. De tout, à vrai dire. J’aimerais que des fois il m’arrive des trucs tranquilles, et faciles, et normaux, j’aimerais bien avoir un placard à cadavres qui contienne un chat, un hamster et deux poissons rouge, que j’tombe sur un mec.. un peu normal aussi. Que, vous savez, j’rentre le soir et j’me dise « alors, ce soir, flemme de sortir ou allez on se motive boire un verre avec les potes ? » mais j’ai pas eu masse mon mot à dire j’crois. J’sais pas. Vaudrait peut être mieux pour moi que j’aiguise mes couteaux et que je prenne une potion de courage parce que ma vie sera condamnée à ça, j’sais pas hein. Mais j’en ai vraiment plein, le, cul, des fois. Genre, cette mission, elle aurait pu bien se passer, mais non, pas totalement. J’y laisse à chaque fois des morceaux jusqu’à ne plus être qu’une vieille mosaïque informe sur un bâtiment squatté.

N’empêche qu’il est resté.
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Mar 23 Oct 2018 - 18:12


"So she can make you make mistakes"


C'est comme si on jouait à qui atteindra l'autre en marchant sur une corde d'équilibriste, avec des crocodiles comme filet de protection. On sait pas si on doit hésiter, avancer, reculer. On sait juste qu'on finira par tomber.

Le monde n’a jamais été aussi rouge. Brûlant. L’air est vicié, les langues de feu s’insinuent dans mes bronches et j’ai peur que la moindre parole ne fasse exploser un de mes organes. J’ai les brûlures d’une peau coupée à vif sur tout le corps et une aigreur si forte qu’elle m’étouffe, balle de plomb bloquée dans l’œsophage. Y’a mes mains qui, paradoxalement, sont aussi froides que de la glace, prêtes à agir. Pour faire quoi ? N’importe quoi, c’est le problème. Je les occupe avec un bout de papier enroulé mais ça va pas suffire. On m’en a dit des choses dans cette vie. On a cru me briser en interrogatoire mais j’ai jamais rien lâché. J’ai juste tout détruit, parce que ça a toujours été l’unique solution. Quand je constate la portée de ses mots sur mes réactions, ça m’effraie. Où diable s’est enfuie ma patience légendaire ? Ma maîtrise ? Je trouve ma réponse sans avoir à la formuler mais elle tiraille deux extrêmes irréconciliables : La violence et l’indomptable passion.

J’inspire une nouvelle bouffée de nicotine pour gazer le tourbillon d’abeilles dans mon estomac. Sans grand résultat. J’sais vraiment pas comment je vais gérer ça, y’a ses mots qui continuent à tourner en rond au-dessus de ma tête et j’ai rien pour les chasser. J’ai tenté de les lui renvoyer, mais faut croire que même ma raquette est percée. J’ai plus qu’à me reposer sur ma brutalité, comme d’habitude, mais je peux pas. Je veux pas. J’ai peut-être pour la première fois conscience du mal que je répands mais je suis démuni, condamné à rester celui que je suis. J’ai la belle trentaine mais pas de réaction plus élaborée qu’un gnome déplut par son jouet. Un jouet intelligent et trop humain. Suffisamment éveillé pour comprendre la relation toxique à naître, se lever et me lancer à la figure un « J’ai pas besoin de toi ».
Qui est le jouet, finalement, dans l’histoire ?

Elle me regarde avec cet air fatigué mais serein et j’arrive subitement pas à le soutenir. Les marques de la colère sont gravés sur mes traits et y’a rien, absolument rien, pour les en déloger. Je devrais peut-être les égratigner, gratter jusqu’au sang. J’arrive pas à enfouir toute mon aigreur et ça m’agace encore plus. C’est comme si, à la construction d’un château de sable en plein vent, on me pénalisait d’une carte supplémentaire à chaque effondrement. La pile s’accumule mais y’a aucun moyen de s’en sortir. On se sent submergé. Je suis complètement submergé.
Et j’supporte pas ton apaisement.

- On en revient souvent ici, quand même.

Je serre les dents. Je sais pas de quoi elle parle. Si elle fait allusion au « sur place » de cette relation, elle a sans doute raison. On a jamais su avancer, parce que nos pas ils sont pas tournés dans la même direction. Je peux te tenir la main, mais tu finiras par me tirer du mauvais côté. Je sais sincèrement pas ce qu’on cherche, ce que je cherche. Y’a juste mon cœur au milieu et ma tête qui tente de me garder hors de l’eau, sans me violenter de trop. J’achève la cigarette et l’éclate sur l’encadrement de la fenêtre avant de la jeter sur la route en contrebas. Je songe à en allumer une de plus mais m’en retient. Ça servira à rien de plus et j’aimerais éviter d’avoir l’air encore plus pathétique alors que clairement, de nous deux, c’est elle la plus calme. J’tente de dérider ma peau mais ce serait jouer la comédie et j’ai pas trop d’énergie à dépenser pour ça dans l’instant.

- J’estime la vie des gens, c’est tout, il a pas attenté à ma vie. Il s’est choisi lui, le soir sous la pluie où ça jouait à pile ou face en Pologne. Mais c’est ce que tout le monde fait, non ? On n’est pas chez moi. Et j’ai pas agi contre mon gré. Mais deux balles dans la tête et ses enfants perdent un père, sa femme perd son partenaire pour la vie. Et ça, ça je..

Ça quoi ? C’est la vie, y’a des gens qui naissent et qui meurent tous les jours. T’es pas morte ce jour-là, en Pologne. T’aurais pu. Ce gars aurait eu ta mort sur la conscience et peut-être bien qu’il s’en serait battu les couilles. C’est quoi la différence entre cet Avant et ce Maintenant ? Il a pas jugé que t’étais digne de vivre, t’as tout autant le droit de lui renvoyer la pareille. On devrait pas avoir d’état d’âme pour ceux qui se sont joués de nous.

Je grince des dents. Ah, la famille. Les enfants, le conjoint. La mort, ça affecte rien que les vivants. Et alors ? Qu’il meurt ici, demain, dans cinquante ou cent ans, ça ne changera rien. Il était exorciste, il connaissait les risques, sa famille aussi. Il s’est attaqué à toi par deux fois et c’est bien assez, même trop, pour répliquer. Que ce serait-il passé autrement, hein ? Tu aurais peut-être au mieux perdu ton boulot et je serais probablement condamné. Peut-être qu’Olive se serait précipité à ma rescousse. On serait alors sortis indemnes. Ou non. Et puis papa Soul se serait mis à ta recherche. Et tu serais morte. Et je me serais mis à feuler, cracher sur la figure patriarcale. Peut-être qu’Olive et moi, on aurait fini par se séparer. Et puis, j’serais devenu une loque ou au contraire une vraie, totale, machine à tuer.
Ou bien, au plus rapide, on t’aurais traité d’espionne et Orpheo t’aurait elle-même tué.

On parle d’enfants, de conjoint. Et toi, y’a rien ? Personne sur qui compter ?
Réfléchis-y, parce que j’ai une réponse mais pas les mots pour la formuler.

-Y’a un passé derrière chaque personne. Qu’il soit connu ou non ne lui offre pas un droit de vie supplémentaire. Il a fait un choix, t’as fait le tien. Y’a pas de remords à avoir sur des actes passés.

T’as tout autant le droit de vivre que lui. Parce que même si ton père c’est pas franchement ça, t’as certainement des gens qui comptent pour toi, sur qui tu te reposes. Et même si t’as la sensation que c’est pas le cas, j’aurais toujours un nom à te donner en contre-exemple. Quand bien même t’y croirais pas. Quand bien même tu me rirais à la figure.
Toi, tu comptes pour moi, mais sitôt pensé, sitôt oublié. On sait tous bien à quel point s’attacher c’est dangereux.

- J’ai pas les réponses ni les conclusions que tu veux, j’fais c’que j’peux avec moi même. Mais les « t’aurais-dû » et les « putain d’illuminés » alors que le gars ne sait parler que baffe, plaisir de tuer et nicotine pour se calmer, c’est un peu beaucoup.

C’est là tout le fond du problème. J’comprends pas ce qui prend du temps à être assimilé parce que son acte là, je suis capable de le répéter si la situation l’exige. Parce qu’entre ma vie et celle d’un autre, y’aura jamais une hésitation de ma part. Parce que c’est comme ça. On a chacun nos méthodes pour nous protéger et c’est tout, on se questionne pas parce qu’il n’y a rien à questionner. On s’en satisfait parce que ça a toujours bien fonctionné.

Et pourtant, faut croire que ça fonctionne pas toujours.
Parce que Rhyan, j’ai toujours autant envie de te frapper, mais je peux juste pas m’y résoudre. Ils sont là pour ça, mes « t’aurais dû » et ma nicotine. C’est des hélices qui luttent contre le courant de l’habitude, mais p’t’être que tu t’en rends pas compte, que t’as juste l’impression que j’suis un drogué qui juge. P’t’être que je devrais te le dire que tout ça, je le fais pour moi et puis pour toi. Parce que je veux qu’on soit un peu ensemble, qu’on arrête de se foutre sur la figure au moins une fois mais qu’il y a tellement de désaccord que j’ai oublié par où commencer. Que je suis pas non plus foutu de te dire honnêtement à quoi je pense.

Elle rabat ses jambes contre elle et la pièce devient silencieuse. Totalement. Je souffle, toujours adossé à la fenêtre et balance ma tête en arrière en fermant les yeux. J’ai toujours les traits tirés mais le silence m’aide à recentrer mes émotions – et la nicotine. Je me demande combien de temps je vais rester ici. Il suffirait d’une certitude, celle de la revoir. Mais après des mots aussi lourds et une mise sous silence des sujets qui fâchent, je ne suis plus sûr de rien. J’suis débilement amoureux et la perspective de la perdre ce soir m’empêche de poser un pied en dehors de cet appartement, peu importe à qui il appartient.

- J’aimerais juste que des fois ça soit un peu plus facile.

On n’est pas né pour vivre dans la facilité. Pour vivre normalement. T’as pas choisi ta famille, j’ai pas choisi la mienne. J’ai mille raisons de la détester mais ça changera pas le fait que c’est ma famille. On s’y fait, parce que c’est comme ça. Faut voir le futur. Et puis, est-ce que ça lui irait de vivre plus tranquillement ? Est-ce qu’on recherche pas, au fond de soi, l’anxiété et l’excitation d’une vie au jour le jour ? Je sais que je pourrais pas m’en passer. Que je pourrais jamais vraiment me poser. Peut-être que j’y ai réfléchi par moi-même ou peut-être qu’on m’a créé pour vivre comme ça, la finalité c’est la même.
La grande différence, c’est qu’elle a tout de même l’air d’avoir un plus grand panel de choix que moi. Celui de quitter Orpheo, la magie. De se poser quelque part et s’engouffrer dans une vie humaine banale.

Classique.
Je croise les bras et relève la tête. Inquiet.
Tout ça, ça ne mène qu’à une seule et unique conclusion. Que tu me quittes.
Est-ce que c’est ça ?
Désolé de pas être le gars de tes rêves.

Je me sens misérable. Dis-moi ce que je dois faire, dis-moi ce qu’il te faut pour que tu comprennes à quel point tu comptes pour moi. Est-ce que tu m’aimes aussi ? Est-ce qu’on a seulement démarré quelque chose ensemble ?
Je me détache de la fenêtre et récupère dans ma main le paquet de cigarette, m’approche de la table basse non loin de Rhyan, ouvre le tiroir pour déposer le paquet à l’intérieur et referme le tout. M’assoie sur la surface, à moins d’un mètre de la demoiselle. J’ai une ribambelle de réponses mais y’en a aucune qui trouve le chemin jusqu’à ma bouche. Certaines curieusement orientées vers de la bienveillance, d’autres au contraire destinées à l’enfoncer un peu plus. Des comparaisons par rapport à mes propres pensées, des phrases destinées à rassurer, tout un enchevêtrement de mots que je n’ai jamais su maîtriser.
Je soupire et abaisse d’un seul coup ma tension, dans l’espoir d’avoir au moins quelques secondes pour m’expliquer.

-Je peux pas rendre ça plus facile. Au contraire, on se complique juste les choses à continuer à se fréquenter, mais laisse-moi au moins te dire une chose si ta phrase était une nouvelle invitation au départ. Y’a deux vies que j’estime actuellement. Celle de mon frère, et la tienne.

Mes faiblesses.

-Et rien que pour ça, je peux pas te lâcher maintenant. Désolé.

Me rejette pas une nouvelle fois.

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Rhyan L. James
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Jeu 25 Oct 2018 - 21:20


Offer me to take me home
Don't let me alone in here i'll slit my wrists
Il n’est plus bouillant mais je sens l’acidité dans ses pensées, palpable et remuée. S’il a brassé la vase au fond de mon marée je conçois que j’ai sûrement poussé quelques galets au passage également. Sans savoir ce qu’il y avait en dessous. Des cadavres, par hasard ?

Combien de gens a-t-il tué dans sa vie ?

La question me fait presque sourire ; maladroite, elle ne change rien. Quel que soit le chiffre, aussi astronomique qu’il soit je suis toujours là. J’ai l’impression que j’y serais toujours, prisonnière de Stockholm, petit Rhyan perdue qui n’a toujours su au final qu’être captive. Peut être que j’aime ça, que j’en ai besoin, que je ne conçois la vie qu’à travers ce prisme là.

Qui sait.

Lui ?

-Y’a un passé derrière chaque personne. Qu’il soit connu ou non ne lui offre pas un droit de vie supplémentaire. Il a fait un choix, t’as fait le tien. Y’a pas de remords à avoir sur des actes passés.

Alors comme ça, lui, ne connait pas les remords ? Jamais ? Une phrase lancée à la volée qui fait mouche alors qu’on aurait souhaité qu’elle ricoche. J’ai pas les réponses mais j’ai des hypothèses ; Cyan est sûrement le gars pas assez empathique pour ne pas vouloir blesser. Et avec son frère ?

Putain, je sais vraiment rien à rien. Mais quand il relève la tête je sais que c’est pas grave, que tant pis, que je signe pour rester ici. Je n’ai encore jamais vu cet air sur lui, vaguement anxieux et pas vraiment rassuré. Pas vraiment rassuré, Cyan Soul ? Ça devrait peut être avoir un goût de victoire, je provoque visiblement cette anxiété et pourtant il n’en est rien. Je cherche pas à avoir le dessus sur lui, j’aimerais juste être au niveau. Il s’approche, chat à qui on aurait coupé les moustaches il semble plus maladroit. Il range le paquet de clopes sans en avoir pris une nouvelle et j’ai l’impression qu’il a suivi le flot de mes pensées ; j’espère sincèrement qu’il n’est pas lecteur. Même si depuis le temps, j’me serais sûrement doutée de quelque chose.

-Je peux pas rendre ça plus facile. Au contraire, on se complique juste les choses à continuer à se fréquenter, (j’ai l’impression qu’on a déjà joué la scène et qu’il va me dire de dégager) mais laisse-moi au moins te dire une chose si ta phrase était une nouvelle invitation au départ. y’a deux vies que j’estime actuellement. Celle de mon frère, et la tienne.

Je sais d’avance que ma réaction sera mutilée. Il n’estime que deux vies, ses autres frères et soeurs, ses parents, son clan, son équipe, rien. Le monde est un désert dans lequel il peut jouer comme bon lui semble et les gens sont des fourmis qu’il peut écraser sans état d’âme. Peut être suis-je devenue plus humaine ces dernières semaines mais le monde ne cessera jamais d’être son terrain de jeu. Machine à tuée lâchée sans sentiments dans la cour de récrée, gamins crucifiés sur les murs.

Aucun état d’âme.

Le Mystery Orphanage ?

Aucun état d’âme.

Ma gorge se serre, je sais pas si je vais pouvoir avec, je suis certaine de ne pas pouvoir faire sans.
J’ai appris à le quitter sans pouvoir vraiment me le permettre.

Juste un tout petit peu plus facile..

-Et rien que pour ça, je peux pas te lâcher maintenant. Désolé.

Je passe mes mains sur mon visage. L’envie de hurler se pend à mon ventre petit à petit mais j’suis incapable de vraiment parler, vraiment communiquer ou vraiment comprendre quoi que ce soit. Une bulle d'oxygène pur a fait sa place en moi et même s'il me brûle je sais qu'il a dit les mots à sa façon. Il tient à moi. Mais c'est pour ça qu'il n'est pas parti, non ? La peur que j'ai lue dans ses yeux et la même que la mienne.
Ne t'en va jamais.

- J’peux plus faire sans toi, je crois.

C’est une vérité posée avec délicatesse dans le silence ambiant. Pas une vérité douce et tendre, pas quelques mots posés, un peu niais et naïfs pour faire plaisir. C’est bien là l’étendue du problème qui n’en finit pas de s’enrouler autour de nous. J’peux juste plus faire sans lui, j’veux qu’il soit là, c’est tout. Vous savez, ce gars au lycée qui vous plaît alors subitement vous allez dans son café préféré, vous attendez une heure le soir pour être dans son bus, vous devenez pathétique mais toujours là, sous son oeil. Version sorciers qui parcourent la planète.

- Et j’ai vraiment envie que tu sois là.

Mais tu sens venir le « mais », Cyan, un peu ? Pourtant je me mords les lèvres pour modeler mes mots. Il n’y a pas de mais. Il y a des conditions, pas des interdictions.

- Même si j’crois qu’on se comprendra jamais vraiment c’est pas grave, j’signe quand même.

Les mots glissent.

- Mais j’crois quand même qu’il faut qu’on se protège un peu. J’ai, besoin, qu’on se protège un peu. De ne pas savoir ce que tu fais ou pourquoi tu le fais, de ne pas poser de questions auxquelles j’aimerais pas les réponses, genre, est-ce que t’as participé à la prise du Mystery Orphanage.

J’ai, tellement, envie de savoir. C’est cruel envers moi-même mais putain, j’suis obligée d’me ronger les freins pour pas exiger de réponse et poser ça là, calmement. Est-ce que t’étais là-bas, est-ce que t’as croisé les miens, est-ce que t’as tué les gens que je croisais si souvent, est-ce que t’aurais calé une balle dans la tête d’enfants ?
A vrai dire, je me mens à moi-même, j’connais la réponse. J’connais cette putain de réponse et j’fais genre y’aurait une chance pour qu’il ait été ailleurs ce jour là. Mais honnêtement, Cyan, dans de tels massacres, est-ce que tu sais pourquoi ? Est-ce que toi même t’as trouvé une réponse à cette question ?
Je souffle, tentant maladroitement de ne pas m’accrocher à mes valeurs, à mon éducation, à ma morale, à tout.
Je tombe parce que quelqu’un, un jour, m’a choisie moi au milieu de la pluie, de la boue, et d’une pièce qui décidait de notre destin.

Pile ou face, ugh ?

- Mais c’est réciproque. Quand j’peux pas parler, m’oblige pas à affronter tout ce que j’essaie d’esquiver depuis toujours. C’est juste..

Je lève les paumes au ciel. Je sens le soleil revenir dans la pièce, peut être parce que je suis sensible à ça, peut être parce que la froideur de nos mots s’estompe petit à petit.

- C’est juste cruel, Cyan.

J’ai l’impression que pour une fois, j’ai pu poser ce que je pensais vraiment et jusqu’au bout. Mais voilà, ça ne change rien au fond du problème, s’il ne me cède pas du terrain ici, il ne m’en cèdera jamais et c’est pas la peine de marcher plus loin. S’il est pas prêt à admettre le moindre tord, le moindre penchant, le moindre défaut, y’aura rien à faire mais il a montré un soupçon d’empathie.

Et puis surtout il l’a dit.
Il a dit qu’il pouvait pas m’avoir en dehors de sa vie.

Et finalement c’est peut être ça le plus cruel.

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Dernière édition par Rhyan L. James le Lun 29 Oct 2018 - 22:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Dim 28 Oct 2018 - 22:24


"So she can make you make mistakes"


C'est comme si on jouait à qui atteindra l'autre en marchant sur une corde d'équilibriste, avec des crocodiles comme filet de protection. On sait pas si on doit hésiter, avancer, reculer. On sait juste qu'on finira par tomber.

Quand je lui lâche ce que j’ai sur la conscience, j’ai le sentiment d’arriver à un petit point de rupture. Petit, comme lorsqu’on se coince les doigts quelque part. Ça fait mal sur le coup et puis on finit par oublier la douleur. Même si mon affirmation sous-entend effectivement que je ne la laisserai pas s’enfuir, y’a un bout qui attend une réponse. Un « oui » ou un « d’accord », quelque chose de doux et sucré. On a assez flotté sur les saveurs amers et j’ai juste envie de terminer les plats, m’installer dans un con et tout digérer, pour peu que j’en sois capable. La colère est retombée sur le sol et je l’observe d’un air désolé.
Désolé, c’est bien le mot.

Dans l’instant, j’accroche mon regard à ce bout de parquet, à cette petite irrégularité qui, avec un peu d’imagination, me fait penser à la bouche d’une personne mécontente. Ou bien une banane à l’envers. Je me demande ce qu’elle va me répondre. Si elle va me répondre. Peut-être qu’elle décidera de changer de sujet ou qu’elle en remettra une couche et alors la colère éparpillée déferlera dans ma bouche, aspirée par ma respiration saccadée. Peut-être que je finirais par partir, parce que c’est pas chez moi ici après tout.

- J’peux plus faire sans toi, je crois.

Je tourne le regard. L’observe, comme on détaille une nouvelle espèce. Un nouveau genre. Un nouveau début ? Est-ce que j’ai tout bien entendu ? Est-ce qu’on est en train de se mettre d’accord sur quelque chose de particulièrement important ? Le silence retombe mais ce n’est plus le même qu’avant. Il n’est pas oppressant. On entendrait presque le piano deux ou trois étages au-dessous. La boule de nerfs est percée en plein milieu par une flèche d’acier. Ça fait bizarre, j’ai l’impression de faire un peu plus attention à tout ce qui m’entoure. J’agrandis mon champ de vision alors que y’a toute ma rancœur qui s’effondre.

J’crois que je suis tout simplement heureux.

- Et j’ai vraiment envie que tu sois là. Même si j’crois qu’on se comprendra jamais vraiment c’est pas grave, j’signe quand même.

Je repose mon regard sur la fenêtre devant moi et rejette un peu mon corps en arrière, les bras en soutien. J’ai un petit sourire sur le bord des lèvres et une expiration soudaine qui s’échappe, amusée par la situation. Je me fais pas d’illusions là-dessus. Il y aura toujours des situations qui n’iront pas. Il est bien probable qu’on continuera à s’engueuler parce que c’est dans l’ordre des choses, parce que sorcier noir et exorciste.

- Mais j’crois quand même qu’il faut qu’on se protège un peu. J’ai, besoin, qu’on se protège un peu. De ne pas savoir ce que tu fais ou pourquoi tu le fais, de ne pas poser de questions auxquelles j’aimerais pas les réponses, genre, est-ce que t’as participé à la prise du Mystery Orphanage.

Je sais pas du tout pourquoi ce sujet est subitement mis sur le tapis. Ni même pourquoi c’est un sujet encore autant d’actualité. Je ne me suis pas trop intéressé au sort de cet orphelinat. C’est vrai, c’est une place forte pour former les jeunes, mais ça reste un bâtiment. L’enseignement, c’est pas les murs qui te les offrent, ce sont ses professeurs. Je me doute qu’au niveau du prestige, l’orphelinat est un joli trophée, mais au-delà de ça, je me fiche pas mal du sort de toutes ces personnes.
Mais le pire, le pire de tout ça, c’est que ça me serait jamais venu à l’idée de lui parler de ça. Ça a été une mission comme les autres, qui a demandé certes un peu plus de travail en amont mais concrètement, ça n’a pas été la plus dure qui m’ait été confiée. Nous étions bien plus nombreux qu’eux, bien trop à mon goût. Et puis, la majorité des pensionnaires n’était composée que d’enfants ou d’adolescents. Le challenge s’est trouvé bien vite limité, surtout quand on a tendance comme moi à détester les enfants. Qu’importe, je suis curieux. Pourquoi parler de cet orphelinat ? A-t-il une telle valeur aux yeux des exorcistes ? J’ai pas le temps de réagir. Enfin si, justement, j’ai pas le temps de retenir mes mots plutôt. Ni mon ton.
Surtout mon ton.

-L’orphelinat ?

Un ton bien moqueur des familles. Voir de la famille. Je crois que cet air-là, on le voit que chez nous. Un mélange des pires expressions possibles. C’est un mot, mais y’a tellement de sentiments négatifs qui filtrent au travers que c’en deviendrait presque une insulte. Dédain, moquerie.
Je cligne des yeux, comme réveillé d’un mauvais rêve. Y’a deux circuits qui m’orientent soit sur un bon enfoncement du sujet ou alors vers une excuse. L’excuse est difficile à prononcer parce que j’ai pas l’impression d’avoir fait quelque chose de mal mais paradoxalement si je pense à m’excuser c’est que quelque part j’ai chopé un truc. Quoi, aucune idée. Tout ce dont je suis certain, c’est la sensation de recommencer à zéro si je ne fais pas un pas en arrière pour une fois. Je serre les dents. Un tout petit effort.

-… Pas de réponse, d’accord.

Est-ce que ça suffira ? J’ai pas envie de faire plus d’efforts, je continue de lorgner les morceaux de colère sur le sol, soupçonneux à la moindre oscillation, au moindre coup de vent. J’ai la chance d’être de nouveau parfaitement calme, alors maintenons tout cela un maximum de temps.

- Mais c’est réciproque. Quand j’peux pas parler, m’oblige pas à affronter tout ce que j’essaie d’esquiver depuis toujours. C’est juste..

Réciproque ? Qu’est-ce qui est réciproque ? Elle parle en « on », depuis tout à l’heure, mais je ne m’en rends compte que maintenant. Pourquoi « on » ? On se protégeait déjà sans le savoir et j’ai de toute façon pas souvent posé des questions sur ses activités en dehors de nos retrouvailles. J’ai mille choses à cacher, mais pour moi elle aura toujours le droit de poser les questions. Que j’y réponde ou non fait aussi partie du jeu. Moi, ce que je vois surtout, c’est elle qui cherche à trouver sa bulle de confort dans la bulle qu’on essaye de former. Pourtant, je suis pas particulièrement excessif. Ou en tout cas possessif. Non, c’est toujours pas le mot. Disons simplement que je la harcèle pas quand on ne se voit pas. Ça ne suffit pas ? Il faut qu’en plus je filtre mes mots ? Franchement, je promets rien. Vraiment, vraiment rien. Je veux bien faire des efforts, mais c’est voué à l’échec. Même là, même dans une discussion pareille, il suffit qu’elle ôte le bouchon d’un sujet visiblement épineux pour que je m’y engouffre à cœur perdu.

- C’est juste cruel, Cyan.

Cruel ? Cruel ? Même si nos mots sont les mêmes, visiblement leurs définitions sont radicalement différentes. Je fronce un peu les sourcils. Très légèrement, pas par frustration ou agacement, mais par intérêt et curiosité. Celle fois-ci, le mot ne s’échappe pas de mes lèvres. Cruel ? Je connais des milliers de façons de l’être, mais ça, c’était tout à fait involontaire.
Et quelque part, sa phrase m’effraie. Elle marque un peu plus la largeur du gouffre entre nos deux personnes et je ne peux pas m’empêcher d’essayer d’en voir le fond, voir s’il y a quelque chose à faire, des problèmes à régler. Mais c’est pas la bonne solution, au final je sais très bien que c’est perdu d’avance. Comme elle l’a dit : « on se comprendra jamais vraiment », jusqu’à quel point ? Si je deviens vraiment cruel selon mes termes, alors est-ce que tu comprendras vraiment la folie de cette amourette ?
Et pourtant, j’suis toujours là à continuer d’essayer.

Mais au moins, elle m’a fait me rendre compte de quelque chose d’important. Je regarde le plafond puis me recentre sur elle, sur ses yeux. Je veux la regarder quand je lui dirai ça, qu’elle puisse au moins sonder ma vérité selon ma définition.

-Je suis juste curieux. J’ai jamais voulu te blesser.

J’ai jamais voulu te blesser ? Est-ce que j’ai seulement pris le temps de comprendre mes propos avant de les lancer sur la piste ? C’est faux, je sais pertinemment que c’est faux. Y’a tous mes muscles qui tirent pour me faire comprendre mon mensonge. Que ce soit physiquement ou psychiquement, toutes les fois où j’ai attaqué, je les ai faites en connaissance de cause, dans un but bien défini. Par vengeance, par curiosité, qu’importe, l’issue est la même. Je souffle un :

-… Volontairement.

Pour corriger ma phrase. La mélodie sonne un peu plus juste à mes oreilles, me décharge de mes responsabilités, des exigences de Rhyan, des potentielles réprimandes. De tout. Le « volontairement » est lâché selon ma définition et ça me va tout à fait. Peut-être qu’on trouvera un terrain d’entente sur quelques mots plus tard, peut-être qu’on réajustera chacun nos cadrans pour tenir deux minutes supplémentaires ensemble. C’est aussi l’intérêt d’être avec une copine exorciste.
Copine ?

Je ferme les yeux un instant et soupire.
J’lâche un petit rire d’out of nowhere. En fait si je sais parfaitement d’où il vient. De cette situation, de son blocage déblocage, mais pas certain non plus. Du flou artistique de la relation et des remouds des émotions. Y’a un moment de silence de nouveau et c’est un peu comme un point d’orgue. Et j’aime briser les points d’orgues.

-Du coup, j’en déduis que je te considère officiellement comme ma copine ou je me prends un nouveau râteau ? Promis ça changera rien à la situation, mais au moins j’aurai une vraie case dans laquelle te mettre et bien sûr, je prends toutes tes nouvelles conditions. Pas de questions sur les sujets sensibles. Oh, et permets-moi d’en ajouter une, tant qu’à faire. Le boulot reste au boulot. On ne travaille pas ensemble. Plus jamais.

Et le jamais avec un goût d’éternité. Je veux plus savoir ce que fais Orpheo, où il traîne et avec qui. En plus de m’énerver, ça finira par nous porter atteinte tous les deux. Peut-être qu’un jour ou l’autre, une information filtrera et on sera tous les deux dans la merde. Je peux assurer mes arrières, mais à deux, ça devient plus compliqué. Et si en plus il y a des retombées sur Olive, je me le pardonnerai jamais. Alors restons en dehors de ces vies-là, contentons-nous d’être de parfaits inconnus dans nos vies professionnelles et tout le monde s’en portera pour le mieux.

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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Lun 29 Oct 2018 - 22:34


I found peace in your violence
Don't tell me it's not wroth trying
Il m’écoute et pour le moment, je n’en demande pas plus. J’observe avec attention son corps parler, réagir à mes mots mais pour une fois c’est positif. Du moins ça à l’air, parce que c’est Cyan et qu’il a la capacité de tout absorber mais de ne rien garder. Cette capacité d’avoir un ego, mon dieu mais un ego, tout tourne autour de lui même et de ses maux, de ses mission, de ses éducations et de tout le reste. De lui.
C’est étonnant qu’il ait consenti à me faire une place dans cette histoire.

- L’orphelinat ?

Je serre les dents parce qu’il se moque et enfonce le couteau dans la plaie. Consciencieusement. Il se moque comme si c’était drôle. Je vois sous mes yeux grands ouverts le gouffre qui nous sépare, l’immensité de nos différences. Des enfants qui meurent, ce n’est rien. Surtout s’ils sont humains.

-.. Pas de réponse, d’accord.

Bien. J’ai quand même envie de réponse, de le pousser et de le brasser à nouveau mais je sais que brasser des cailloux, ça a pas grand effet. Alors je me tais. Mais j’espère qu’il est conscient que je me muselle.

Qu’il me muselle.

Mais toujours est-il que lui aussi, il la ferme. Peut être qu’il attend quelque chose de ma part, j’en sais rien, mais il se tient bien. Ça me fait sourire, maintenant que je lui ai dit ne de rien me demander j’ai envie d’en savoir plus, de causer sur son enfance. C’était comment, mh ? Pourquoi est-ce que t’es comme ça ? Et ça fait quoi d’avoir un jumeau ? D’avoir un frère, un side-kick ?

-Je suis juste curieux. J’ai jamais voulu te blesser.

Je fronce le nez mais il rajoute :

-… Volontairement.

J’incline la tête sur le côté ; okay. Je suis pas en sucre et je m’en fou, quelques spikes de temps à autre c’est pas ça le problème. J’ai envie de verbaliser ce que je ressens, de le prévenir que je pourris littéralement de l’intérieur et qu’il n’a pas envie de voir ce qu’il s’y passe. Qu’il ne faut pas qu’il aille voir. Mais j’ai pas envie de placer pour une blonde plaintive et insecure. Je ferme ma gueule alors qu’il se met à rire - et moi, je le fixe de mes yeux de chouette. Pourquoi tu rigoles mec ?

Et là.

Hahahahahah.

Cyan.

Vous vous rappelez la Turquie ?

-Du coup, j’en déduis que je te considère officiellement comme ma copine ou je me prends un nouveau râteau ?

Rah, il est vraiment toujours comme ça, on dirait qu’il en a besoin. Il a déjà fait genre en Turquie. Moi je me souviens aussi de ses mots et des miens, je me souviens avoir dit « me trahit pas ce soir » et je me souviens fort bien de la balle dans ma chair. J’ai l’impression que le superficiel le terrifie, qu’il n’a jamais rien eu de vrai à part son frère et que c’est la seule chose qu’il veuille retrouver. Un truc sincère.

Mais regarde nous, Cyan.

-Promis, ça changera rien à la situation, mais au moins j’aurai une vraie case dans laquelle te mettre et bien sûr, je prends toutes tes nouvelles conditions.

C’est ce que je disais, il me met dans une case pour se rassurer et pendant ce temps, il me terrifie. Réellement, l’anxiété me file sur la peau et s’il avait été empathe j’aurais éclaté tous ses compteurs.

- Pas de questions sur les sujets sensibles. Oh, et permets-moi d’en ajouter une, tant qu’à faire. Le boulot reste au boulot. On ne travaille pas ensemble. Plus jamais.

Je hoche la tête, - okay okay okay - j’avale la pilule - okay okay okay - et je me pose.

- Okay.

Je passe les mains sur mon visage en attendant que tout se digère et passe tranquillement, quelques minutes nécessaires pour process. Je pose de côté tout ce que je peux.

- Okay.

Je lève la tête et je forme mes mots, j’ai envie de lui demander une dernière chose, une toute petite chose mais ma bouche s’entr’ouvre sans rien laisser passer. J’ai besoin pourtant de lui dire que le jour où il en peut plus j’ai besoin qu’il me le dise, qu’il me quitte, pas qu’il me laisse en plan avec mes questions. Des questions j’en ai trop et elles sont en train de me couler. J’veux juste des mots francs et des mots clairs. Je prends une inspiration mais je n’ai pas le courage de le laisser approcher d’aussi près alors je m’approche de lui, nonchalamment assis. Face à lui, je m’assieds sur lui, mes jambes de chaque côté des siennes et je l’embrasse.

Je l’embrasse avec tout mon petit moi, fatiguée et épuisée, humaine aussi. Moi, quoi. Un peu suffisante visiblement parce qu’il n’est pas parti. Je passe une main sur sa joue. J’ai beaucoup de mal à le dire, vraiment ça m’arrache la gorge mais okay.
Okay, okay, okay, okay.

- Tu peux. Et j’suis d’accord pour tes règles, ça a été un désastre à chaque fois.

Je lui lâche un petit sourire. J’sais pas quoi dire. J’me mords les lèvres, j’ai juste envie de l’embrasser.

- J’suis maladroite avec les mots.

Mais j’suis douée avec mon corps. Est-ce vraiment ce que je sous-entends ? J’en ai aucune idée, j’ai pas envie de me psychanalyser, j’ai juste l’envie, oh, douce pour une fois de ses bras qui se referment sur mon corps, chaleur sous les draps. Se réveiller dans la torpeur du matin, quatre ou cinq heures du matin, se retourner et sentir une peau à côté de la sienne, l’autre endormi et toi, toi tu penses rêver encore un peu.

J’me surprends à espérer des trucs et ça craint.
Fort.
On n’est même pas chez moi, appartement de fonction, j’viens d’abattre quelqu’un des miens. Ça n’a aucun sens, et parce que ça n’a aucun sens je viens reprendre ses lèvres, les yeux clos et les paumes pleines.

Je crois que dans sa violence je fais ma paix.

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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Mer 31 Oct 2018 - 20:51


"So she can make you make mistakes"


C'est comme si on jouait à qui atteindra l'autre en marchant sur une corde d'équilibriste, avec des crocodiles comme filet de protection. On sait pas si on doit hésiter, avancer, reculer. On sait juste qu'on finira par tomber.

Un jour, faudra que je me remette en question. Une seule fois, juste pour essayer, voir ce que ça fait. Mais pas pour l’instant, ni demain, ni après-demain, ni dans trois jours ou dans une semaine, un mois ou un an. Plus tard, dans ce plus tard appelé jamais. Ou alors au seuil de la mort. Quoique, on m’a appris à ne pas avoir de regret face à la mort alors ce sera pour après encore. Quand il faudra annoncer les péchés devant Dieu pour voir si l’Enfer ou le Paradis nous tend les bras.

Bref, je ne me remets justement pas en question parce que j’ai pas besoin d’enfoncer le clou, de le faire tourner pour qu’il passe de force dans le trou à peine formé. Je veux pas me dire que je suis un peu en train de la forcer à croire qu’on est ensemble, que j’ai besoin au fond de moi d’une certaine stabilité pour que mon esprit cesse de la considérer comme une ennemie. Ça peut paraître pas grand-chose, mais c’est comme ça que ça fonctionne. Tant qu’on n’en appelle pas aux bons termes, pour moi, ça restera superficiel. Et j’aime vraiment pas le superficiel quand je tien à quelque chose. Quelqu’un, pour le coup, surtout quand ils se comptent sur les doigts de la main. Qu’on me trouve lourd ou pas n’y changera rien.

Mon monologue est achevé et je la regarde opiner de la tête. Même si ses yeux lancent des signaux bien explicites, terrifiés, angoissés, je fais comme s’ils me passaient au-dessus. Comme si le filtre sur mes propres yeux m’empêchait de voir la misère des autres pour peu que la mienne soit absente. Un jour aussi j’apprendrais peut-être à voir en dehors de moi-même. Mais pas demain non plus. Mettons ça de plus sur la liste à prononcer devant Dieu. Pour peu qu’il soit présent et n’ait pas tout simplement décidé qu’il n’y a rien à vérifier.

- Okay. Okay.

C’est un « oui ». Pas vraiment certain, mais les mots sont là, les mots sont prononcés et c’est tout ce dont j’ai besoin, ça me suffit. Ça fait mon bonheur et puis c’est tout. Les termes du contrat indique qu’on ne pose pas de questions, aussi j’applique à la lettre les nouvelles recommandations. Cachons-nous la face aussi longtemps que durera cette relation, puisque le top départ semble enfin avoir été prononcé.

Je l’observe, de nouveau. Sans détacher mon regard de ses yeux profonds. Est-ce qu’elle est triste ? Anxieuse ? Heureuse ? Est-ce que je l’ai seulement vu heureuse ? Pas de questions, c’est la règle. Ça me va bien, ce genre de compromis, ça me donne une porte de sortie, une phrase à ressortir si le besoin s’en fait sentir. C’est pas compliqué. Mais alors, alors qu’elle tente de me dire quelque chose et que je plisse les yeux pour tenter de déceler les syllabes formées, elle s’approche subitement, s’assoit face à moi, sur mes genoux et m’embrasse. Peut-être que j’avais juste besoin de ça, peut-être que quelque part je l’espérais, je sais pas mais ça me fait tellement de bien. Des frissons remontent ma colonne vertébrale et je pose délicatement mes mains sur son visage pour le faire durer un peu plus. Un tout petit peu plus. Une seconde, deux, trois ou même quatre.
Mais elle se dérobe pendant les suivantes pour me murmurer :

- Tu peux. Et j’suis d’accord pour tes règles, ça a été un désastre à chaque fois.

Elle me sourit et moi je fonds, tout simplement. Je me dis que dans ce petit bout d’humaine, y’a peut-être plus de choses à gratter que dans la plus illustre des sorcières noires. J’ai toujours ce bout d’aigreur qui me poursuit lorsque je me souviens de sa nature, mais l’immense majorité de mes sentiments est porté par ces cheveux blonds, ce regard pâle, ces lèvres fines et ces mots. Je me dis qu’en Tunisie, c’était vraiment pas le bon moment, qu’en fait c’était juste une grosse blague, que je pouvais pas simplement lui jeter un « j’suis amoureux » comme un adolescent qui a un coup de foudre. Peut-être que ça a été un coup de foudre cela dit. Je le nie pas. Ça a peut-être au départ été généré par un excès de zèle, de sentir sa vie au bout de mes doigts, peut-être que c’est encore un peu ça aussi mais ça a aussi évolué. Parce que ce petit jeu, j’étais persuadé de le jouer plus ou moins tout seul, jusqu’à ce qu’elle tire sur son collègue.

- J’suis maladroite avec les mots.

Non, parce qu’on est d’accord, tirer sur son collègue, c’est quand même le summum de l’irrespect. Ça suppose juste ses liens super conflictuels avec Orpheo. Et ce mec aussi, paix à son âme, pour peu qu’il en ait une. Et puis, c’est quoi ce « j’suis maladroite avec les mots » ? Bien sûr que non, pourquoi donc. De nous deux, j’pense même plutôt bien que c’est elle qui gère ça le mieux, mais avant d’en dire plus, avant d’ouvrir même ma bouche pour répliquer comme à mon habitude, elle s’empare une nouvelle fois de mes lèvres. J’ai le sourire qui vient étendre les miennes, satisfaites, comblées même. C’et pas plus mal. J’ai les yeux plissés de malice et je me détache un instant d’elle avant de murmurer d’un air ravi :

-On va p’t’être pouvoir se comprendre, du coup.

Mon sourire se perd et je ne pense alors plus à rien d’autre qu’à nous deux. Juste, nous deux. Je récupère ses lèvres et brise la barrière de ses dents. Pas le temps de penser si c’est juste ou non, le moment ou non, j’écoute les sensations et les sensations me disent d’agir et de me la fermer, pour une fois. J’ai le cœur qui s’accélère et mon pouvoir qui vibre sur ma peau comme un coup d’électricité. La grande turbine appelée cœur pompe le sang comme elle le peut, submergée par une envie profonde, chaude et puissante. Elle se déverse sur mon crâne comme de l’huile brûlante et provoque un court-circuit immédiat. Agréable. Une de mes mains, posée sur son visage, descend sur sa nuque tandis que l’autre passe sous son haut, vient enserrer sa taille avec douceur mais conviction. Je parcoure son dos en marquant la courbe de ses hanches et referme l’emprise dessus, pour la rapprocher le plus possible de moi. Ne pars pas, ne me laisse pas. Est-ce que les actes parleront mieux que les mots ? Est-ce qu’on pourra finalement trouver un langage commun ? J’ai les yeux fermés et son nom sur ma bouche. Est-ce que je suis amoureux ? Je pense. Si ce n’était qu’un désir charnel, je me serais vraiment pas pris le chou comme ça avec elle. J’aurais pas lâché des mots à n’en plus finir en Tunisie et j’aurais pas désespérément souhaité la revoir après. J’aurais définitivement claqué la porte après qu’elle m’ait annoncé être humaine et puis je serais pas là, on ne sais où, à m’accrocher à elle par peur de la perdre. Certain diront que mon manque total d’émotion – mis à part la moquerie – en temps normal est largement compensé par ces rares instants. Peut-être. Peut-être pas. Tout ce que je sais, c’est que cette fois, je ne laisserais pas ce moment s’achever. Pour m’en persuader, pour l’en persuader, je délaisse ses lèvres en découvre la zone de son cou encore exposé pour l’embrasser une nouvelle fois, tendrement.
Un jour, on mentionnera le fait qu’on s’est pris plusieurs étages de gravats sur la figure et qu’on est pas tout à fait clean mais hey, c’est pas ma maison, j’connais pas du tout le disposition des lieux et j’veux surtout pas me la jouer dérobade une seconde fois parce que bordel, le dernier baiser il commence à remonter et j’veux surtout, surtout pas que celui-là soit le dernier.

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Rhyan L. James
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Mer 31 Oct 2018 - 23:21


Can't tell me there's no point in trying
I'm tired of caring
Il m’embrasse aussi et j’sais exactement ce que je fais là. C’est furtif et je peux poser tout mon bagage émotionnel dans cet appartement. On pourrait croire que c’est rien mais dans l’instant c’est absolument tout. Je décharge mes épaules comme une paysanne après une longue journée de travail, sans jugement, et je me laisse aller à être un peu plus moi. J’pense qu’on arrive à ouvrir les portes de ce qu’on est quand on a plus peur d’être effrayé, quand on voit bien que c’est la seule solution valable. J’espère être un peu plus sincère que jamais contre ses lèvres, contre sa peau, contre sa paume qui vient avec une infinie douceur sur ma joue.

-On va p’t’être pouvoir se comprendre, du coup.

Il m’embrasse à pleine bouche ; pleine chaleur. Cette fois-ci il n’y a pas de malentendu ou de contre temps, j’pense même que le timing est assez adéquat et on a finalement trouvé un point d’équilibre : quand on a plus rien à dire. Quand il n’y a, plus rien à dire, même. Il me rapproche de lui et j’ai une petite pensée qui traîne, délicate. Les souvenirs sont là, il peut déployer une violence incroyable, son entraînement en fait une machine à tuer et dans l’instant il n’est que précision et mesure. Tact. Impressionnant non ? Hulk réussi à tenir la fée clochette entre ses doigts sans la briser.

Jusqu’à quand ?

Je repousse la pensée et enroule mes mains sur sa nuque alors qu’une de ses mains passe sous mon haut et ses lèvres dérapent sur ma nuque. Je ferme les yeux. J’sais bien où on va et j’suis assez certaine d’en avoir envie. Mais.
Parce que y’a toujours un mais partout où on passe. J’sais bien qu’après les mots si on en vient à la chair on sera absolument engagés dans quelque chose de vrai - j’ai conscience que c’est déjà le cas, MAIS, j’ai du mal à y croire.

Il désire une humaine ?

Cette pensée là, j’la vire plus loin que toute les autres et je coupe le baiser pour retirer son haut. J’l’ai déjà fait en Tunisie et après il est juste allé se rhabiller. le feu et la glace. Je rattrape ses lèvres et mes espoirs que je dépose du bout de ma langue. J’ai envie que sa marche. L’envie gonfle dans mon bas-ventre, réelle et envahissante, elle coule sous ma peau jusqu’au bout de mes doigts. J’essaie de ne pas m’accrocher à lui, les gens ne sont pas une moitié de nous, les gens ne sont pas des béquilles. Paraît-il qu’on peut marcher seul ; j’aimerai bien prendre le répit qui m’est offert pour marcher un moment avec lui.

Mes lèvres à nouveau sur les siennes, le souffle qui devient plus court, plus rauque, pressé.

Terrifiée.

En vrai, j’sais bien que j’ai peur et que j’ai envie de parler pour tout arrêter, de brailler des trucs débiles pour qu’on en arrive pas à la chair, pour qu’on couche pas ensemble, pour pas me sentir à ce point proche de lui, pour ne rien offrir du tout. Mais être terrifiée fait partie de deal et j’essaie d’accueillir la peur, d’me dire que c’est normal. Que c’est pas le sexe qui m’effraie, c’est le fait de laisser à nouveau quelqu’un venir aussi proche de moi.

J’sais pas où est la chambre mais ça à l’air d’être un appart normal, je l’attrape par la main, petite paume contre son épiderme brûlant et l’entraîne dans la pièce - boum, un lit, je m’aime - des étoiles dans le bas ventre et une idée précise en tête. Tout est impersonnel ici et c’est parfait ; il n’y a rien qui puisse accrocher l’oeil, amorcer une question ou quoi.

C’est pas mon putain d’appart. Est-ce que j’aurais le courage un jour de lui ouvrir la porte ?

J’fais sauter mon haut sans respect aucun. C’est ma manière à moi de dire que c’est ok, que c’est cool vers où on va. Mes yeux passent sur ses épaules, ses pectoraux, la ligne de ses abdominaux, la naissance de ses hanches, la provocation sexuelle de la ligne de poils qui part de son nombril pour s’évanouir dans son caleçon. Je relève mes yeux, sourire en coin. Tout va bien, c’est étrange non ?

On s’habitue à tout.

C’est infiniment triste.

J’ai presque envie d’lui demander : « t’es sûr mec ? » mais j’suis pas sûre que ça soit vraiment le bon moment de se dévaloriser. J’pourrais encore tout casser, j’en suis capable, et maintenant que nos deux hauts sont échoués sur le sol, ça serait con de repartir à nouveau de zéro. J’sais pas pourquoi j’me prends autant la tête et je l’embrasse à nouveau parce que c’est là que mes pensées s’arrêtent, barrière physique à mes maux, barrière douce et attirante à mes mots, j’suis là où j’dois être et puis c’est tout.
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Jeu 1 Nov 2018 - 12:14


"So she can make you make mistakes"


C'est comme si on jouait à qui atteindra l'autre en marchant sur une corde d'équilibriste, avec des crocodiles comme filet de protection. On sait pas si on doit hésiter, avancer, reculer. On sait juste qu'on finira par tomber.

A ce moment, y’a certainement plus grand-chose qui compte. Les yeux sont fermés pour laisser place à l’envie, au plaisir et au désir. Chaque centimètre de peau dérobé sur l’autre est comme la découverte d’une oasis sous le ciel brûlant du désert. Sauf que celui-ci n’est pas un mirage. Elle n’est pas un mirage. Et quand bien même mes pensées ressassent à longueur de temps son humanité bien trop présent, la bêtise potentielle que je m’apprête à faire, je me concentre sur le moment présent. Il y aura le temps de regretter, plus tard. Pour l’instant, je ne suis épris que d’une chose : je la désire plus que tout. Et ce désir est plus puissant que le reste, il obstrue tous les canaux, bloque les entrées au cerveau et réquisitionne les sensations. Toujours. Mes mains pourtant fatiguées d’un travail agressif trouvent sur son épiderme une douceur enivrante et glissent dessus jusqu’à trouver une prise.

Les idées me montent à la tête et je me retiens de les appliquer à la lettre. J’ai peur qu’à vouloir aller trop vite, trop brutalement, elle se détourne ou pire, me repousse. Je ne me suis pas posé ce genre de question, auparavant. Ça a toujours été moi, le centre du sujet et je me fichais pas mal de la compagnie en question.
Pas cette fois. Je veux qu’elle ressente les choses mille fois plus que moi, qu’elle en demande plus, que je sois contenté à travers elle, à travers ces mots qui n’appellent pas de son. J’ai la gorge un peu nouée à prendre le moindre faux pas et ça m’angoisse un peu. Beaucoup à vrai dire. Qui aurait pu croire que je prendrais autant de précautions pour une humaine ? Certainement pas moi. Peut-être qu’on est arrivés au-dessus de ça, même inconsciemment. J’ai juste envie d’elle près de moi, d’embrasser chaque millimètre de peau, ancrer son corps, ses atouts et ses défauts dans ma rétine pour ne jamais l’oublier. Voir sa personne dans son intégralité.

Elle répond à mes baisers sans une once d’hésitation et m’enlève mon haut dans la foulée. J’aurais pu sourire, je l’ai pas fait. J’ai pas de raison de me moquer ou d’être amusé. Le scénario de la Tunisie ne se reproduira pas et finalement j’ai la sensation qu’on s’est enfin mis d’accord sur le sujet. C’est tout ce qui compte. Elle récupère mes lèvres et je remonte ma main jusqu’à son soutien-gorge. Sans le toucher malheureusement, car elle se relève et me tire jusqu’à une pièce. La chambre donc. A vrai dire, je m’attarde pas trop sur la décoration. Je la vois elle, je vois le lit derrière et ça me suffit amplement.
Et puis, elle retire finalement son haut et l’ambiguïté déjà très limitée disparait entre mes doigts. Si le désir semble avant tout caractérisé par une flamme ardente, autant dire que la mienne explose à cet instant. Elle revient vers moi pour m’embrasser de nouveau et cette huile toujours aussi brûlante se déverse dans tout mon corps, intense, violente, douloureuse presque.

Une main s’attache à ôter son soutien-gorge puis vient rejoindre la seconde sur ses hanches. Je la soulève doucement puis fait quelques pas en avant pour la relâcher sur le lit, tomber avec elle, plus loin, encore plus loin. Ses lèvres m’échappent dans le processus et je me rabats sur son plexus, la naissance de ses seins, son nombril. La barrière physique de son pantalon vient me perturber au plus haut point, m’agacer alors que mes propres désirs viennent enflammer la partie inférieure de mon corps. Vaincu à la bataille mais non à la guerre, je remonte jusqu’à son visage pour l’embrasser une énième fois, chatouiller sa nuque puis son oreille pour m’emparer finalement de ses lèvres. Douces, chaudes. Pleines et véritables.
D’un geste un peu frustré, je trouve finalement le bouton de son pantalon et le fait sauter sans tarder, tire la braguette et me détache une nouvelle fois de son corps pour pouvoir le lui retirer entièrement, entraînant sa culotte dans la foulée. Le contact est rapidement repris et me procure d’intenses frissons de plaisir. L’impression d’être présent, d’être là tout simplement, face à celle que je désire, celle avec qui cette histoire a commencé, me donne une identité. De ne pas être celui à faire ci, à faire ça, mais d’être présent en tant que personne, en tant qu’entité, en tant qu’humain. C’est elle que je veux, personne d’autre. Que ce soit de l’amour, peu importe au final. Tous ces mots prononcés plus tôt me paraissent tout à coup tellement superficiels. Mes propres paroles. On s’accordait à parler selon ses termes et maintenant on évolue selon les miens. Sur une partie plus plaisante cela dit.

Mais les enfantillages se terminent ici. Ma main vient alors rencontrer son intimité, discrète mais présente, douce et décidée. Je me dis alors que j’ai encore mon futal mais on m’a pas encore greffé deux bras supplémentaires alors ça attendra. Enfin, ça attendra, façon de parler, c’est une futur plus proche que proche. Mon cœur bat à mes tempes dans une course effrénée alors que le tempo est encore relativement lent. Cette adrénaline-là, je veux bien la ressentir des milliers de fois encore. La chaleur qui s’en dégage, les papillons qui s’échappent du ventre comme une ruche en mouvement, la peau plus sensible que jamais, tout cela je veux le sentir encore plus, jusqu’à faire éclater ma poitrine. Ce n’est plus du désir, c’est de l’avidité. Une avidité sans fond, sans barrières ou même point de rupture. Les doigts découvrent leur nouveau terrain de jeu avec précision, étude, le regard est penché sur les réactions. Et dans la tête, une seule question : est-ce que ça te va ? Est-ce qu’on va pouvoir continuer comme ça ?
Pourtant, la réponse pour moi est clair, je ne peux tout simplement plus m’arrêter.

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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Ven 2 Nov 2018 - 0:10


No thoughts
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On sait où on va, et ouais, on y va. Il a l’air somehow tendu mais j’peux pas couper ce qui est en train de se jouer, nous avançons sur une corde tendue et j’peux pas risquer de nous faire tomber. C’est trop tard, on est lancés, et si il a peur, si il le sent pas, va falloir qu’il le montre clairement.
Il ne le montre pas et ses mains brûlantes viennent faire sauter mon soutien-gorge. J’me sens dans un coin de ma tête atrocement gênée alors que c’est pas mon genre d’être pudique. Quand mon corps n’a pas d’utilité ça ne me fait rien mais là que je suis là sous ses yeux, que mon corps supposément doit être excitant, ce n’est pas la même. Mais ses lèvres couvrent mon corps, douces et légères, trop légères et affolantes, j’en reviens à une idée toute simple.

Il n’est jamais assez proche.

Mon bouton de jean saute d’un mouvement sec et putain, putain j’ai envie de lui. J’ai l’impression que le temps s’étire comme une mauvaise glue, qu’on n’avance pas assez vite, que ce n’est pas assez, là tout de suite maintenant. Impatiente petite Rhyan entre les mains affriolantes de Cyan Soul. Mon bas saute et ma culotte avec alors que mon ventre se tord en deux.

J’ai vraiment envie d’plus. Et sa main, subitement, me donne plus. Alors qu’il me touche je renverse la tête en arrière; j’aimerais retrouver ses lèvres mais elles me semble un peu loin et je suis ivre de désir. De plaisir un peu mais il n’est pas assez proche et.

Ah.

Shit.

J’attrape son avant-bras et stoppe son bras net en reculant dans le lit. Le prend pas mal, c’est important. Je rive mes yeux dans les yeux, lunes d’opalines dans l’ombre de la chambre.

- Attends deux secondes.

Putain, j’étais à deux doigts d’être dans la merde.
Sans vieux jeu de mot pourri.
Deux doigts.
Oh my.
Nue, donc, - pourquoi porte-il encore son pantalon, mh ? - je passe en éclair dans la pièce d’à côté, attrape une lame, je trace les cinq segments de contraception sur le iep, en râlant un petit « rah » et puis je reviens dans la chambre, je déteste à cent pour cent d’avoir dû faire ça, mais :

- Désolée d’avoir coupé l’truc. Mais j’pense qu’on aurait détesté les conséquences.

J’suis rouge pivoine, c’est ridicule et je maudis ma peau blanche craie qui me trahit sans cesse.
Imaginez la vie, imaginez un mêlée mi Soul mi Orpheo, imaginez l’instant de joie et de désespoir absolu. J’sais pas si il a capté ce que j’ai fait mais j’ai pas le temps. J’attrape ses lèvres, joueuse et légère, descend en prenant mon temps le long de son cou, la ligne de sa mâchoire alors que mes mains s’ancrent dans sa peau. J’arrive sur sa clavicule, sèche, et je le pousse sur le dos sur le lit.

Il est vraiment sex, putain.

J’lui vire son bas, parce que c’est quand même un peu le concept, le caleçon subit bien évidemment le même sort et ses chaussettes avec. Dire que mes mains et mes doigts sont plus précis dans le sexe que dans la vie de tous les jours est atrocement vrai. Mais je sais absolument ce que je veux et c’est rare. C’est rare sa mère. Sa peau est étonnamment douce malgré ce qu’il a vécu ; tristesse mensongère de ceux que vivent les sorciers. Les guérisseurs passent par là, soignent le corps et laissent l’esprit.

Mes baisers descendent le long de sa peau. La mienne est électrisée et une chape tantôt froide tantôt brûlante m’hérisse le poil, électricité et désir. J’le prends en bouche. La sensation de pouvoir provoquer le plaisir et avoir un certain pouvoir se cheville à moi, une main qui attrape sa hanche. Quoi qu’il se soit passé pour qu’on en arrive là, on a réussi visiblement à aligner les planètes les plus éloignées du système solaire.

Notre temps à nous.

Je fini par remonter, rattrape ses lèvres pleines - ça te dérange ?
On est nus, et j’suis pas tant gênée. Je suis gonflée d’excitation, sur lui, les genoux enfoncés dans le matelas. J’ai l’dessus - pour une fois. Enfin l’dessus. J’suis au dessus serait plus exact, mais est-ce vraiment le sujet ?

Pas vraiment.

Le sujet est mille fois plus intéressant, basé sur une seule et unique pensée.

Il n’est jamais assez proche.
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Cyan Soul
Admin | Sorcier noir de Rosenrot || Twins
MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Mar 6 Nov 2018 - 23:34


"So she can make you make mistakes"


C'est comme si on jouait à qui atteindra l'autre en marchant sur une corde d'équilibriste, avec des crocodiles comme filet de protection. On sait pas si on doit hésiter, avancer, reculer. On sait juste qu'on finira par tomber.

Ça a toujours fait partie de ces temps où la raison n’a plus lieu d’être, le sexe. Les conséquences ? Plus tard. Ou avant. J’arrive pas à réfléchir, je savoure cette sensation sucrée, la tempête de barbe à papa qui se produit dans mon esprit et me fait voguer sur une sensation de plénitude rarement atteinte. Parce que c’est ce dont il est question : de se sentir entier, vivant, présent comme jamais. Attendu. Il y a dans cet échange une peur et une excitation palpable. De se sentir à la hauteur, de se sentir désirable et désiré. Aujourd’hui particulièrement, d’être capable plus que jamais de lui procurer du plaisir. On ignore quand la prochaine fois arrivera, on ignore même si elle e reproduira. Cette envie commune apparaît comme une bénédiction, une rencontre sur deux chemins que l’on croyait parfaitement parallèles et ça ne rend le moment qu’encore plus unique.

Et puis pour la première fois, je me sens vivre au travers d’une personne. D’une personne humaine par-dessus tout, d’Orpheo. Mes valeurs sont écrasées, brûlées puis de nouveau piétinées et je m’en fiche. Je m’en fous royalement. Rosenrot pourrait toquer à la porte que je ne m’arrêterait pas. Ou même Olive. Elle réagit à mes sollicitations et ce sentiment grandit dans ma poitrine à m’en faire sauter les poumons et m’étouffer, investir mon corps et charrier les litres d’eau pour les transformer en vin. Ivresse du moment.

Mais alors son bras vient subitement bloquer mon mouvement. Je me détache en même temps qu’elle, déjà bien plus loin, bien trop loin. L’inquiétude se lit immédiatement sur mon visage, j’ai pas le temps de la retenir ou de jouer la comédie. Elle continue de me surprendre et une subite boule de nerfs descend dans mon estomac. Le vin rancit aussi vite qu’il s’affine.

- Attends deux secondes.

Et elle quitte la pièce. Les mots laissés à l’abandon dans la pièce, les valeurs piétinées, toutes ces choses-là reviennent. La peur quelque part, une peur viscérale, une peur de s’attacher sans admettre qu’on l’est déjà. Est-ce qu’Orpheo attend à cette porte ? Est-ce que je me suis fait avoir ? Je glisse le long du lit et enserre un bout du drap dans mon poing blanchit par la pression exercée. Si mes craintes étaient un homme, je l’étoufferais. Je prendrais un ou deux coussins et j’abattrais la surface sur son visage jusqu’au dernier de ses spasmes. Froid, cruel. Ma confiance refuse de se manifester, mes sens sont sur le qui-vive, à l’affut du moindre mouvement, de la moindre intervention.

Mais elle revient et mon œil analyse tout malgré la pénombre. Son pied traîne dans son sillage quelques gouttes de sang et je fronce un peu les sourcils. Rune ? Mais rune pour quoi ? Sur le pied ? Quelle putain d’idée. J’écarte les questionnements du revers de la main mais ils reviennent à la charge. Pourquoi une rune ? J’ai pas les mots. Pour une fois, j’ai pas du tout les mots pour parler. Est-ce que j’ai trop espéré ? Est-ce qu’elle va me trahir ? Elle revient vers moi et je suis debout, je la surplombe de ma grandeur avec la ferme intention de ne pas me laisser abattre, d’accorder à ses paroles toute la véracité qu’elles me promettront. J’ai envie de lui faire confiance, plus que jamais.

- Désolée d’avoir coupé l’truc. Mais j’pense qu’on aurait détesté les conséquences.

Elle rougit et m’embrasse de nouveau, sans me laisser le temps de réagir. Des conséquences… Des conséquences ? De quelles conséquences parle-t-elle ? Des conséquences, j’en vois des milliers, parce que cette folie, elle peut nous coûter très cher à tous les deux. Mais ses yeux ne m’ont pas donné l’air de se préoccuper de ces choses-là. Je réponds à son baiser malgré tout, sans atteindre la puissance des précédents. Mon esprit s’attache pour survivre à son dernier mot. Conséquence.
Y’a ses mains qui se posent sur mon torse et une légère impulsion qui me fait tomber en arrière. L’esprit suit tardivement et percute une fois plaqué contre la duveteuse surface. Une cruelle évidence. La vie d’homme est facile à la base, la vie de sorcier pour ce genre de cas l’est encore plus. Je comprends l’utilité de la rune, la conséquence de son absence et y’a un sursaut qui me fait prendre conscience de la potentielle double bêtise. J’deviens blême l’espace d’une micro-seconde parce que c’est vraiment pas mon genre d’être aussi irréfléchi mais ses lèvres sur mon corps me font rapidement perdre de nouveau pied. Y’a mon pantalon qui se fait la malle et en deux secondes c’est Adam et Eve dans leur plus simple appareil. J’ai envie de ramener son corps contre le mien, absorber ses émotions à chaque contact, partout.
On est là et je veux toujours, toujours, toujours plus.

Si les débris de la précédente mésaventure s’accrochent encore comme du verre à ma peau meurtrie, c’est finalement un ras de marée qui s’écrase sur cette dernière. Puissante, violente, salée et brûlante. Elle émane de moi, à travers elle. Toujours elle. J’ai l’étourdissant plaisir qui monte en moi à une vitesse folle, incontrôlable et mes lèvres subissent l’entrechoc des dents venues sceller toute tentative d’expression. Par fierté, par dignité mal placée ou simplement par habitude, je récupère son visage pour le ramener à moi, à mes lèvres, à mon visage, à tout ce qui reste maîtrisable dans cet océan ingouvernable. Le résultat est pourtant là, fièrement apprêté. Elle est douée et je peux pas mentir, j’ai envie d’elle comme jamais et ça arrange pas trop mon cas actuel.
Je lui souris tout en continuant à l’embrasser, amusé par toute cette situation, heureux d’être là, d’avoir rien à prouver au monde, seulement à elle. Et encore, c’est un moment à deux. Juste à nous deux. Et malgré tout, même si le plaisir me fait vaciller et le désir sombrer, même si mon cœur pompe tout le sang à la jugulaire pour pouvoir assurer ce rythme effréné, j’suis toujours dans ce Moi qui s’étend à Nous. J’veux pas être le seul à y aller, à prendre mon pied. J’suis capable de supporter la frustration, même à ce degré. Pas trop longtemps quand même.
J’remonte à son oreille, le lui mordille très légèrement avant de souffler :

-J’te laisse me dire quand c'est bon pour toi.

Que ce soit oralement ou physiquement s'entend. Tant que ça prend pas dix minutes, parce que well, je suis pas sûr de pouvoir patienter jusque-là. J’attends pas plus de toute manière, je descends à mon tour, embrasse sa taille, ses hanches, l’intérieur de ses cuisses. J’hésite un instant, j’sais que ça passe pas chez tout le monde, y’a déjà des filles qui m’ont rembarré dès qu’il s’agissait d’y aller avec la bouche. J’ai jamais vraiment compris pourquoi mais j’ai vraiment envie de le faire alors tant pis, elle me tirera par les cheveux si ça va pas et j’comprendrai. En attendant, j’m’intéresse à la zone sans honte, parce que j’ai toujours et à jamais le même objectif en tête : qu’on en ressorte tous les deux du mieux possible.

Et j’veux bien tout faire pour que ce soit le cas, parce que c’est peut-être la seule fois que ça arrivera.

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Exorciste Humaine
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Rhyan L. James
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MessageSujet: Re: So she can make you make mistakes   Mer 7 Nov 2018 - 22:06


And everyday i would tell myself i love him
But he'd be far away and i'd cope with it
Je vois bien qu’il est effrayé et j’ai envie de ralentir le mouvement quand je me sauve pour lui dire : je te vois. Hey, Cyan, je te vois et tout va bien, ce n’est que ça ; ce n’est rien. Mais je ne prends pas le temps car j’ai toujours peur qu’il nous soit volé et qu’on s’arrête là. Parce qu’au fond on ne sait pas, peut être qu’Orpheo va l’apprendre et je serais jetée au fond d’une cellule et c’est la fin. Peut être que sa famille l’apprend, je meurs, fin.

Que risque-t-il, lui, au fond ?

Je suis pleine de pensées repoussée mais je déglutis pour faire tomber ça loin de ma vue. Loin des yeux loin du coeur, point. Il rattrape mes lèvres du bout des lèvres, ses pupilles sont dilatées et je souris contre sa bouche. Adorable Cyan qui fait attention, qui attend et qui répond, mon coeur fond et je l’aimerais ouais, toujours plus proche mais c’est peut être pas bien possible alors les yeux mi-clos j’essaie d’être uniquement dans le présent. J’essaie d’être là mais putain, on m’a jamais dit que ça pourrait être aussi dur. Il remonte avec une lenteur qui me fait me tendre ; plus, plus, plus. Il attrape mon oreille et la chaleur de son souffle me rend folle, mes mains sur son dos nerveux et musclé, j’effleure sans vraiment le savoir des cicatrices et des morceaux du passé mais eh, Rhyan, reste ici sous ses murmures.

-J’te laisse me dire quand c’est bon pour toi.

Et il descend et je me cambre, ma main dans ses cheveux et l’autre serrée sur le matelas ; je me fiche d’avoir l’air ridicule et roule des yeux de plaisir. Je ne sais pas si ce sont des minutes qui passent ou des heures, des secondes ou moins, mais je l’attrape par le bras : remonte, reviens. Mes lèvres percutent son cou, je sens la vie vibrante sous ma bouche et ma langue, sa magie en latence et en pause. C’est à mon tour de murmurer :

- C’est bon pour moi.

Dans tous les sens du terme parce que bordel, ouais, c’est bon, c’est putain de bon et je le retourne - avec des petits bras - parce que j’ai envie d’être dessus. J’ai pleine vue sur son visage, ses cheveux et ses joues, sa mâchoire et la courbe de ses lèvres pleines, la ligne de ses épaules et mes mains sur sa peau. Je me courbe pour l’embrasser alors que je suis à califourchon sur lui, mes cheveux retombant d’un côté et mon amour naissant de l’autre. Je me mords les lèvres et provoque la pénétration.

Toujours plus proche, hein ?
Léger pincement et j’enfouis mon visage dans son cou, odeur si particulière qui le défini, ouais, lui lui lui lui lui, ses mains sur ma peau brûlée par ma vie. Je sais pas du tout comment j’en suis arrivée là, je me souviens vaguement entre les vagues de plaisir que je l’ai voulu, que je l’ai souhaité si fort, déformé et fantasmé.

Ouais, fantasmé.

Mais j’ai les yeux bien ouverts et c’est réellement en train de se passer, je suis plus présente que jamais et j’attrape ses mains pour les poser sur mes hanches en me redressant, cheveux ébouriffés sur mes épaules et la peau rosie de mon visage sous le plaisir.
code by bat'phanie

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"Fuck'em if they talk"



Dernière édition par Rhyan L. James le Mar 20 Nov 2018 - 20:46, édité 1 fois
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So she can make you make mistakes

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