C’est moi le loup mais toi qui est en cage


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 C’est moi le loup mais toi qui est en cage

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Philip O. Burgess
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MessageSujet: C’est moi le loup mais toi qui est en cage   Jeu 1 Nov 2018 - 22:08

"C’est moi le loup mais toi qui est en cage"



On pourrait dire que je croule sous le boulot, que le travail de sous-directeur est tellement épuisant que j’en dors plus la nuit, mais ça c’est ce qu’un sous-directeur lambda ferait. Je préfère jouer le coursier à longueur de journée plutôt qu’avoir ne serait-ce qu’un bout de papier sous le nez. J’ai remplacé Allen pendant ses vacances prolongées et c’est comme si les années de sommeil emmagasinées depuis sa prise de poste s’étaient envolés. En-vo-lés. Tout ce travail, tous ces efforts pour trouver la position parfaite pour dormir, les bouts de tapis les plus moelleux, réduits en cendre. Que l’on n’espère pas que je me remette à travailler de sitôt sur la paperasse, Monsieur Boucle de jais s’en sort très bien sans moi.
Je dois vous dire que la nourriture était particulièrement immonde ce midi. J’ai refilé la moitié à mon cher directeur et c’était franchement pas plus mal parce qu’il frôlait l’hypoglycémie. Je revois parfaitement ses prunelles me fixer avec un certain scepticisme parce qu’en général c’est l’inverse qui se produit mais hey, même la poubelle de table elle a un palet.
Il m’a bien fallu trois heures de sommeil après ça pour faire passer le goût âcre de la purée. Et c’est pas le léchage de babines intensif qui a pu m’aider, d’autant que le boss a fini par sous-entendre qu’il fallait que j’arrête parce que ça le faisait franchement chier. Il emploie jamais ce vocabulaire avec les autres, mais moi ça passe comme une lettre à la poste.

Je crois qu’il est bien midi plus quatre heures quand Allen se sent investi d’une nouvelle mission divine. Une mission divine pour moi, cela dit. Je me lève sur mes quatre pattes, m’étire en m’ébrouant et le regarde sans expression aucune. Il vient littéralement de sauter de son bureau en brandissant le papier de la vérité et j’attends d’être averti de cette formidable nouvelle, pour peu qu’il n’ait finalement pas sombré dans la folie.

-June Williams.

Moi c’est Philip. Il me regarde fixement et comprend sans comprendre ma blague non formulée. Comprend-il que j’ai compris ou comprend-il que je fais semblant d’avoir compris ? Telle est la question. A l’écoute de ses prochaines paroles, visiblement il a cru comprendre que j’avais pas situé la personne. J’ai parfaitement situé la personne.

-Je te parle de la sorcière noire, celle qu’on a arrêté il y a quelques mois. Elle…

Est très certainement morte de désespoir à l’heure actuelle. Quelques mois. Genre, c’est vieux, genre gars, tu venais juste de revenir de ta mise à pied. Tu comptes ? Ça fait pas quelques mois, ça fait presque une année. Une incroyablement longue année à s’intéresser à son ami la table, à l’ami de cet ami le lit et au sale fouineur le mur. Faites attention aux murs. Pas par hasard qu’on dit que les murs ont des oreilles. Bref.

-… est enfin sous notre responsabilité. Je viens de récupérer son dossier. On s’en occupe. Enfin… tu t’en occupes.

Ah chouette. Parler avec des gens. Je me demande si la June en question n’est pas simplement décrépie dans un coin. Est-ce que quelqu’un s’est chargé de lui donner à manger, à boire ? Si on lui sert un repas encore plus immangeable que celui servi à la cantine, je me demande bien à quoi elle va ressembler. P’t’être qu’elle se sera chopé un ver solitaire ou quelque chose du genre, des pustules. Bon, les prisons sont propres, on est plus au Moyen-Âge, mais ne pas pouvoir parler. ECHANGER. La base de la vie en communauté. J’incline la tête en avant pour lui signifier mon accord. Accord dont il se fiche totalement puisque le voilà déjà repenché sur son bureau, la tête dans les mains, entouré de ses papiers et de ses ordinateurs. Triste.

Je perds pas trop de temps j’avoue. Clopin-clopant, mes pas me portent vers le dressing collé au bureau et je ressors l’instant d’après correctement vêtu. Pantalon tergal et chemise blanche. Je garde la veste sous le bras et ajuste ma montre, balance les cheveux en arrière, pour peu qu’ils tiennent quelques secondes. Je m’apprête à sortir mais Allen me retient de sa voix ténébreuse :

-T’as pas oublié quelque chose ?
-Le dossier, non. Pas besoin.

Il l’agite de sa place sans lever les yeux d’abord, puis en me fixant un peu plus furieusement. Il se lève et remonte jusqu’à moi. Enfin, façon de parler, j’ai dix centimètres de plus que lui quand même. Il me tacle le machin contre mon torse avant de poursuivre :

-J’ai sué du sang et des larmes pour l’avoir, alors lis-le, c’est accessible même pour les loups narcoleptiques.

Il retourne à son travail et n’a pas le temps d’admirer ma face de poisson. De poisson frit. Pas de loup fris. J’ai pas de poisson dans mes métamorphoses, c’est peut-être un signe avant-coureur. Auquel cas, il faudrait que je songe sincèrement à acheter un aquarium portatif, juste au cas où. Et puis, imaginez, ça arrive pendant l’interrogatoire. Paf, poisson rouge. Je pourrais finir écraser sous le talon de la dame. Quelle horreur.
On descend, moi et le dossier, les marches. Jusqu’à tomber sur les sous-sols et donc cet endroit communément appelé les prisons. Ou plutôt la salle d’interrogatoire si j’en déduis que les affaires reprennent sur la jeune femme. J’avoue que si son nom me revient, je ne la reconnaîtrais absolument pas. Le pas du pas du tout.

J’arrive dans la salle. Elle est déjà là, attachée, évidemment, heureusement. Je vérifie si elle a des talons aiguilles, encore fermement accroché à la probabilité de finir sous sa chaussure, mais c’est pas le cas. Elle a des vêtements basiques à vrai dire, pas ces bagnards qu’on nous ressert dans les vieilles séries en noir et blanc. Qu’est-ce qu’elle doit trouver le temps long. J’aurais préféré mourir que vivre ça. Quoique non, oubliez, c’est trop facile. Je pose tranquillement le parapheur sur la table et tourne la chaise face à moi pour m’asseoir dessus et obtenir des accoudoirs frontaux. Parfaitement.

Ah donc, c’est à ça qu’elle ressemble. C’est pas du tout l’idée que je m’en faisais. Bon, ça se voit qu’elle pète pas la forme, mais clairement, j’ai des doutes sur sa nutrition. Ça se trouve on lui sert vraiment de la bonne bouffe. Et nous les restes. Quelle injustice.

-Bonsoir June. Tu me permets de t’appeler June ? Je te précise qu’on est en soirée vu que tu dois pas vraiment voir les journées passer. T’as une fenêtre dans ta cellule seulement ? Le temps doit te paraître terriblement long. Mais je juge pas hein, t’es une sorcière noire, chacun son bail, j’serais peut-être mort si je m’étais retrouvé chez vous. Bon anniversaire, au fait. C’était pas aujourd’hui, mais pas sûr qu’on te l’ai dit.

Je soulève la page de garde de son dossier pour vérifier sa date de naissance. 21 juin 1991. Aucune idée de comment on a bien pu récupérer sa date de naissance, mais on l’a. C’est pas ce que j’appelle une information capitale mais ça peut faire l’affaire, dans ce genre de cas. Bon anniversaire donc. J’lui lance un sourire plein de gentillesse et j’aimerais pouvoir faire naître des étoiles à mes côtés pour illuminer ma bouille, il faut l’avouer, totalement charmante.

N’est-ce pas.

-Est-ce que tu veux un café, thé, quelque chose ? T’as les mains plus ou moins libres donc je te demande pas ça juste pour te le laisser sous le nez et démerde-toi.

Ou pour faire genre comme dans ces séries, en mode « tant que tu m’as pas dit ce que tu sais, t’auras pas ton café au lait ! ». D’accord, c’est malin, j’ai envie d’éclater de rire maintenant. Je baisse prudemment la tête pour laisser échapper un sourire et la relève immédiatement pour ne pas lui faire croire à un manque de sérieux de ma part.
Faudrait déjà l’avoir été un jour. Enfin je le suis, à ma manière.

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June H. Williams
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MessageSujet: Re: C’est moi le loup mais toi qui est en cage   Ven 2 Nov 2018 - 0:34


C'est moi le loup mais toi qui est en cage
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P & J
J’ai eu une pensée aujourd’hui, une pensée vraiment affreuse qui m’a faite dégringoler au moins cinquante trois je crois. Ou moins cinquante deux. J’ai commencé à compte y’a quelques mois, mais comme j’suis pas sûre du temps qui passe, ça fait peut être que quelques semaines et je suis une drama-queen. Aucun moyen de le savoir.

Cette pensée c’était quoi ? J’me dis dit, putain, déglutir, ça me distrait. Et là, bam, j’ai perdu cinq étages de santé mentale je pense. C’est encore pas mal, somme toute, de remarquer que ça devrait pas être une pensée normale. C’est donc que j’ai pas exactement sombré dans la folie, j’suis quelque part au milieu. Un peu dans les limbes, de temps à autre je glisse et plusieurs jours passent visiblement. Mais y’a un sentiment terrifiant, dominant mais affligeant qui se fou de moi : je suis en sécurité.

Et ça me rassure.

J’suis au Canada, et je suis, rassurée.

Terrifiant. J’ai jamais eu besoin d’être rassurée, j’suis pas ce genre de fille mais visiblement ça m’a bien changé de me faire chopper. Par exemple maintenant, je ne suis plus magique depuis tellement longtemps que j’suis en train d’oublier. Vraiment, ça fait des millénaires que je sais plus à quoi ça ressemble. Peut être qu’avant j’me téléportais et je le savais plus. Peut être qu’avant j’me battais, je tirais, j’étais souple et déliée, maintenant tout me fait mal mais j’suis plus tellement sûre.
J’me force à ne pas développer de T.O.C. visible. A chaque fois que j’en spot un, je m’évertue à le tuer - et y’en a eu des centaines. Ça m’occupe tellement de les trouver et les éradiquer qu’à des moments j’fais genre je prends du temps à y arriver alors que c’est pas si dur.

Mais maintenant ça va mieux. On m’avait dit que la faim mettait environ deux mois à mourir dans l’estomac, j’pense - selon mes comptes ? - qu’elle en a mis six. Parce qu’on me nourrissait quand même, presque assez. Juste presque. L’ennui me rongeait et j’ai tout fait, j’me suis reraconté les films que j’avais vu, les musiques que je connaissais par coeur, j’ai eu la foi de me maintenir physiquement un moment, j’ai raconté des livres, j’ai créé des histoires, j’me suis récité des numéros de téléphone que j’croyais connaitre, des dates de naissances mais elles étaient aléatoires. J’me suis forcée à visualiser toute la scène avec Mavis que je tue, et tout le reste. Mais ça fait trop longtemps que je dérive maintenant, toute seule. Absolument toute seule.

Alors quand l’humain rentre dans la pièce, j’ai qu’une envie, c’est le garder le plus longtemps possible.

« Bonsoir June. Tu me permets de t’appeler June ? »

Le fait qu’il me pose une question et me donne un prénom - June, c’est vrai, June. June, July, August. Junie sous les mots de Mike, June ici, June par là - me rappelle qu’on est au Canada.
Chez les gentils.
Haha !
J’sais plus qui j’suis.

« Je te précise qu’on est en soirée vu que tu dois pas vraiment voir les journées passer. T’as une fenêtre dans ta cellule seulement ? »

J’suis pas raiponce dans un donjon, j’suis cendrillon qui n’a jamais rencontré le prince, au sixième sous-sol. Par contre y’a pas de rats. Y’a rien. Y’a juste moi au milieu.
Moi au milieu, moi au milieu, moi au milieu, moi au milieu. Ça veut pas un peu rien dire ? Ça veut plus rien dire.

«  Le temps doit te paraître terriblement long. Mais je juge pas hein, t’es une sorcière noire, chacun son bail, j’serais peut être mort si je m’étais retrouvé chez vous. Bon anniversaire, au fait. C’était pas aujourd’hui, mais pas sûr qu’on te l’ai dit. »

Le mec me souhaite mon anniversaire ?
Moi au milieu.
Je dis :

- Merci ?.. 

Mais j’suis un peu sûre de rien là. Il va me gifler, bam, et j’serais quand même trop contente parce que j’ai eu quelqu’un à qui parler. Et qui en plus se remet à parler.

« Est-ce que tu veux un café, thé, quelque chose ? T’as les mains plus ou moins libres donc je te demande pas ça juste pour te le laisser sous le nez et démerde-toi. »

J’m’entends alors répondre, misérable moi :

- J’peux avoir de l’eau ? 

J’me souviens plus du tout de ce que ça faisait de boire du café et j’suis pas sûre d’avoir envie de m’en souvenir. Parce qu’après je l’aurais à nouveau plus. J’le connais ce jeu là, même s’il me laisse le boire, ça sera le seul.

Même s’il a souhaité mon anniversaire.

Il a souhaité mon anniversaire. L’anniversaire de moi au milieu, quelle que soit la signification de ces syllabes. Il a souri, et tout, et j’sais pas trop quoi dire.

J’ai pas croisé un miroir depuis vraiment longtemps et j’ai absolument aucune idée de à quoi je ressemble maintenant. J’ai conscience de plus avoir d’avenir, ils me laisseront pas partir parce que j’parlerai pas. Je parlerai pas parce que si je le fais, je meurs. Donc y’a des chances pour que je finisse ma vie ici et ça me botte pas des masses, mais, moi au milieu, j’ai pas envie de mourir quand même. Genre comme si quelque chose allait se passer après.

Y’a jamais rien qui se passe.

- Si moi c’est June, toi c’est comment ?

Je hais, que ça sonne comme ça, je hais, rah, j’suis plus personne et je cause au conditionnel, on sait que c’est moi, June, non ? On le sait, non ?
C’est qui, June, si c’est pas moi ? Ça aurait aucun sens que ça soit pas moi, il aurait pas dit bonsoir June, alors pourquoi un conditionnel ? On sait que c’est moi, June, non ? On le sait, non ?

Mes pensées s’arrêtent net quand je comprends qu’on a fait un tour et je me repose sur la chaise. J’suis sur la pente glissante et roulade après roulade j’me rapproche de la fin. Pierre qui roule deviendra folle.

Fiche de CaptainBen ♥️

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Six heures du matin, quelque part dans le XVIIIe, des poubelles et des gens. Le jour fait semblant de se lever. Mais c’est la nuit pour toujours.


Et je suis la seule à le savoir.


Dernière édition par June H. Williams le Mar 6 Nov 2018 - 15:49, édité 1 fois
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Philip O. Burgess
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MessageSujet: Re: C’est moi le loup mais toi qui est en cage   Lun 5 Nov 2018 - 18:12

"C’est moi le loup mais toi qui est en cage"



Y’a quelque chose dans son regard qui ressemble à une finalité. Les bordures des yeux qui tombent, alourdis par la pression des larmes qui n’ont pas coulé depuis une année. Peut-être même plus ? Il y a tant de tristesse sur ce visage, une lenteur dans ses mouvements qui entre en opposition totale avec la réactivité dont elle devait faire preuve par le passé en tant que sorcière noire. L’emprisonnement possède cet effet dévastateur.

On n’est que deux, donc, à se regarder sans se toucher. Pas que ça me dérange. Pas que ça me fasse plaisir non plus. Neutre, il faut rester neutre lorsqu’on fait face à un sorcier noir. Une sorcière noire. A-t-elle encore conscience de sa nature ? Si je lui tends un lapin blanc, là maintenant, est-ce qu’elle va se ruer dessus, le tuer et ouvrir ses tripes pour les appliquer sur un tapis dédié à Satan ? Ce serait drôle. Enfin pas pour le lapin. Il est probable aussi que son état m’attriste. On verra plus tard pour le lapin.

Les mots s’enchaînent pour une raison évidente, j’ai besoin de la faire parler et j’aime parler. Soit elle finira complètement saoulée et crachera du feu par les naseaux, soit on finira bons copains. J’espère qu’on finira bons copains, juste pour l’heure parce qu’après… Après je ne sais pas. J’ai cru voir passer les mots « transfert Berlin » avant celui d’Ottawa sur le dossier, il est donc probable qu’elle ait vécu de sales journées, voir de sales mois dans les sous-bassements du QG d’Allemagne. Qui sait s’il reste encore un fond d’humanité à cette jeune demoiselle. La torture ? Ils l’ont certainement testé sur elle. Peut-être est-elle passée à deux doigts de la mort. J’ai envie de cracher sur deux ou trois conservateurs mais ma bonne humeur est la première à m’en empêcher. À quoi bon s’acharner sur des hommes qui ne partageront jamais nos valeurs. Tant que personne ne piétine le territoire de l’autre, j’estime que les coups de feu n’ont pas de raison d’être.

- Merci ?..

Je comprends son… incompréhension. C’est bizarre hein, après tout ce temps, d’avoir un regard relativement bienveillant posé sur soi. Sans jugement surtout. Je sais qu’Allen attend de moi que je la fasse parler, mais il sait aussi que si j’ai décrété que c’était pas le moment, ce serait effectivement pas le moment. Et puis June n’en est plus à deux jours ou même une semaine près. Je lui souris gentiment en montrant les dents, une attitude un peu gamine sur le visage. A quoi bon afficher un visage sévère, ça ne me ferait ressembler qu’à tous les autres et c’est pas l’objectif.

On en vient alors à la première proposition, un café, un thé, n’importe quoi qui puisse démarrer cet interrogatoire sur le ton de la discussion. Les méthodes dures se sont montrées inefficaces, autant miser sur les douces à présent. Puis c’est quand même bien plus agréable de mon côté aussi. J’suis clairement pas du genre à apprécier les rapports de force.

- J’peux avoir de l’eau ?

J’acquiesce de la tête. De l’eau. C’est bien de l’eau. J’avais prévu de boire du café mais puisqu’elle choisit l’eau je vais aussi prendre de l’eau. Parce que c’est bien d’une peur du manque dont il s’agit, non ? Ça servirait à rien de l’appâter avec une bonne odeur, autant donner au moins l’air de vivre sur un même pied d’égalité. Et puis, là c’est nous deux et personne d’autre, parce qu’il s’agit bien de ça, de « personnes ». Montrons-nous plus civilisés que les européens.

Je me lève assez rapidement et ouvre la porte, fait quelques pas pour me trouver devant la fontaine à eau. Ça c’est nouveau, la fontaine. J’ai râlé la dernière fois parce que fallait toujours faire trois cent mille pas pour trouver une machine à café après un interrogatoire et ça m’a saoulé. Très très saoulé. Du coup, j’ai posé le machin ici moi-même. Eh, depuis on me remercie d’y avoir pensé. Je connais les bons bails, mes amis.

Bref, retour en salle, les deux verres en plastique dans la main. Est-ce que je débats sur mon questionnement quant aux stries sur les verres en plastique ? Je croyais que c’était pour éviter que les doigts ne glissent si la surface était lisse mais en même temps, on met rarement de l’huile ou du produit vaisselle dessus. Et je suis particulièrement certain que même si c’était le cas, les doigts finiraient tout de même par glisser. Et ne dites simplement pas que je ne suis pas doué. J’ai pas fait bac+4 porteur de gobelet hein. Chacun son taf.

Les deux gobelets sont donc les survivants de cette épopée sur quelques mètres et rencontrent finalement la surface lisse et banale de la table. La terre divine, à moins qu’un tremblement de terre ne survienne brutalement. Ce serait vraiment vraiment bête. Je perds d’ailleurs pas à l’esprit la probabilité de finir poisson rouge avant la fin de cette séance.

- Si moi c’est June, toi c’est comment ?

Y’a mon doigt qui pousse dangereusement le gobelet vers elle. Voilà. Il est en sécurité maintenant. Je pousse le mien sur le côté mais la goutte d’eau qui perle sur son bord me fait prendre conscience de la tension de sa flasque composition plastique. Espérons qu’il n’y a pas de trou dedans. Y’a pas de trou dedans. J’ai pas vérifié, je compte sur mon esprit savant pour réparer psychiquement l’éventuel trou.
Bref.

-Philip. Mais tout le monde m’appelle Phil. Tu peux aussi.

Et voilà Michel de la Pompe, mon gobelet ici présent. Maintenant que les présentations sont faites, on va pouvoir commencer. Enfin, façon de parler, j’ai pas vraiment pour objectif de la faire glouglouter dans les 8ml d’eau face à elle. Si faire des bulles c’est drôle, respirer c’est quand même plus haut dans l’échelle des choses à faire pour vivre. Même si l’action est tentante, je risque de perdre toute la crédibilité acquise jusque-là, alors on réserve ça pour plus tard. Devant Allen si j’ai pas l’occasion devant elle, ça ajoutera peut-être une expression à sa palette d’émotions.
J’ai très hâte.

-Bon, June, tu sais pourquoi on est là. Enfin pas si sûr alors laisse-moi au moins te faire un topo rapide – je passe ma main sur le dossier pour relever un papier, ça me fait travailler en même temps que je fais genre je connais tout sur elle – tu t’es faite arrêter par nos services le 5 septembre 2017, puis tu as été transférée en Allemagne peu de temps après. Je doute que tu ais passé un très bon séjour pendant près d’un an mais quoi qu’il en soit te revoilà ici parce qu’on sait tous bien que la torture c’est pas bien et pas efficace. Bien. Ça m’amène à aborder le sujet sous un autre angle, l’angle canadien que notre cher directeur porte dans son cœur. Bon cela dit, je suis anglais de naissance et lui suédois mais on s’en fout, c’est le Canada ici et on est supposés être gentils. Je dois te dire que pour que les allemands nous abandonnent leurs sujets, c’est qu’ils estiment que c’est foutu. Tu crois que c’est foutu ?

Je sais pas, c’est une vraie question. J’ai pas d’air menaçant ni même trop neutre, c’est pas une question rhétorique et quoi, j’veux savoir si concrètement elle a lâché l’affaire, si y’a encore un point sur lequel on peut s’entendre ou si c’est fini. J’ai pas de grands espoirs mais tant qu’à passer un peu de temps ensemble, autant que ce soit pour parler et pas pour s’observer en chien de faïence. Mais il faut peut-être préciser que c’est pas une menace. Mouais.

-C’est pas une question rhétorique, hein. Je me suis pas assez posé sur ton dossier pour considérer tes meurtres et le reste donc là pour le moment t’es encore une femme comme je suis un homme et l’objectif c’est de savoir si concrètement on n'a pas des plages sur lesquelles s’entendre. Genre, maintenant que t’as vécu une année en dehors de ton organisation, en-dehors de tout pour ainsi dire, qu’est-ce que tu es en mesure d’attendre, voir d’espérer ?

Juste ça. Des questions et puis des questions. Si on doit ensuite parler de nos repas respectifs parce que c’est mort, parce qu’on a assez gratté, on parlera des repas. Je peux pas revenir les mains totalement vides alors je pourrais au moins écrire qu’elle aime pas les petits pois.
Qui sait.
Est-ce qu’elle aime seulement les petits pois.

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June H. Williams
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MessageSujet: Re: C’est moi le loup mais toi qui est en cage   Mar 6 Nov 2018 - 15:51


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P & J
Il n’a pas l’air de trop s’agiter, un peu mais pas trop, peut être que c’est toujours lui qui s’occupe des interrogées, ou des interrogés, pour ce que ça change. Peut être qu’il parle qu’aux femmes, j’en sais rien, il est plutôt beau, mais je sais pas si je fais encore la différence entre le beau et le moche après n’avoir vu plus ou moins personne pendant des décennies. Ma peau me gratte, j’ai furieusement envie de l’arracher, d’en sortir, de partir d’ici avec mes muscles et des os. Mais ça non plus, je ne peux pas. Je ne peux pas faire grand chose ici, dites-moi.

-Philip. Mais tout le monde m’appelle Phil. Tu peux aussi.

Je ne sais pas d’où ça vient mais j’ai le souvenir d’un truc français, un livre je crois que j’ai eu dans les mains, c’est pas Philip que je veux, c’est autre chose mais le nom ne me revient pas. Qu’est-ce qui me revient au juste ?
Mike.

Le mot s’englue dans ma bouche et j’oublie que j’ai eu de l’eau ; j’ai envie de vomir et j’entr’ouvre les lèvres, pateuses, indisciplinées.

Mike.

Je fronce le nez, barre-toi d’ici Mike putain, barre-toi de là, j’espère que t’es vivant mais que t’es pas là, pas de coup du sort pour nous, pas de voisinage de cellule, j’espère que t’es pas ici et que t’es loin là-bas. J’espère que t’as gardé les chats.

Les chats ?
Oui oui, les chats.

- Bon, June, tu sais pourquoi on est là. Enfin pas si sûr alors laisse-moi au moins te faire un topo rapide.

Je détourne les yeux, j’ai pas très très envie de ce qu’il va suivre. Honnêtement, j’me le suis pas mal demandé, les autres ils étaient tellement obnubilés par le fait même de me faire mal, crier, hurler, crever la dalle et tout ça, que j’suis pas certaine que si j’avais parlé on m’aurait écouté. Ce qui est quand même très con pour un interrogatoire. Ils étaient tout pleins de leur vengeance débile alors que si on était sortis d’ici, en seul à seul dans la rue, j’les aurais forcé à s’arracher la carotide et la bouffer. C’est trop facile de coller du plomb dans un lion en cage, les humains s’accordent globalement sur ça. Niania la chasse c’est pas bien, niania c’est ridicule, niania il ont mis un lion dans une cage pour qu’un riche connard le tue et prenne une photo avec lui dessus. Mais est-ce qu’ils ne font pas pareil, en Allemagne ? Est-ce que c’était pas le même jeu, des riches connards qui tapent sur le lion enfermé, drogué, affamé ?

J’en oublie d’écouter exactement ce qu’il raconte, mais je reprends le fil quelque part au milieu :

- tous bien que la torture c’est pas bien et pas efficace. Bien. Ça m’amène à aborder le sujet sous un autre angle

et je lâche, voilà, il parle trop, j’ai aucune concentration, j’ai laissé ça quelque part dans mon ancienne cellule crois, je cligne des yeux et me raccroche au train :

- Je dois te dire que pour que les allemands nous abandonnent leurs sujets, c’est qu’ils estiment que c’est foutu. Tu crois que c’est foutu ?

Il pose sincèrement la question et j’ai envie de fondre en larmes, comme ça, comme une merde, j’ai envie de dire qu’ils m’ont choppés quand j’essayais de fuir Croix, que je voulais me barrer de tout ça et recommencer ailleurs, le plus loin possible et je me serais portée volontaire pour la première tentative de terraformation sur Mars. Promis. Si c’est ça le prix, je pars. Je pars de suite.

-C’est pas une question rhétorique, hein. Je me suis pas assez posé sur ton dossier pour considérer tes meurtres et le reste donc là pour le moment t’es encore une femme que je suis un homme (mais ta gueule, petit connard d’Orpheo bien sappé bien sain bien nourris) et l’objectif c’est de savoir si concrètement on n’a pas des plages sur lesquelles s’entendre. Genre, maintenant que t’as vécu une année en dehors de ton organisation, en dehors de tout pour ainsi dire, qu’est-ce que tu es en mesure d’attendre, voir d’espérer ?

D’espérer ?
Hahahah.
D’espérer ?
Haaaahahahah.
D’espérer.
Comme j’ai été élevée à base de violence, j’ai extrêmement envie de lui éclater la tête, mais il est là et j’ai pas envie qu’il parte. Même si je sais pas faire pour que les gens ils partent pas et que c’st moi d’ordinaire qui me casse.

En deux.
Mmmh.

- Vous m’avez attrapée quand je fuyais Croix, c’est bien dommage pour moi, parce que je comptais pas y remettre les pieds.

Je fais tourner dans ma tête l’expression y remettre les pieds et ça me fait un peu bizarre, j’ai l’impression qu’on parle d’un tapis et ça a pas de sens dans l’instant. Et puis ma voix aussi, on dirait un peu moi et pas trop moi en même temps. J’suis un peu moins en colère et moins sur la défensive, prête à râler et claquer des têtes. Plutôt lassée.

Tellement lassée.

- Si je parle, Dorian me fera exécuter. Purement, simplement. Vous savez que Croix pourra faire infiltrer des gens jusqu’ici pour me faire éclater le crâne. J’aurais peut être une case torture, qui sait.

J’ai les yeux un peu sec.

- Vous savez vous ?

Je me recale sur la chaise. Il sait quoi, lui ? Et moi je savais quoi sur Croix ? Il a du s’en passer des choix, sans moi. Sans moi au milieu.
Je fronce les sourcils, je sais plus d’où ça vient, je suis au milieu de quoi au jus, les pieds remis où ?
Je comprends pas tout.

- Si je ne parle pas, je reste ici pour toujours visiblement. Mais vivante, pour ce que ça vaut.

Ma langue passe sur mes lèvres. J’aimerais un miroir. Je suis pas sûre d’apprécier la réponse qu’il me renverra, mais j’aimerais bien que pour une fois ça soit mon tour de poser des questions et de vouloir des réponses.

- Alors, vous pensez quoi ? Je parle, je meurs, ou je parle pas, et je vis ?

Je hausse les épaules. J'ai l'impression de rejouer la toute première scène de mon arrestation. La même. J'dois vraiment toujours expliquer que parler ça sera jamais viable pour moi ?

- Sans aller sur le terrain de la protection, blabla, vous serez en sécurité, blabla. Vous savez comme moi que vous engagerez pas de l’argent sur ma tête, et même si vous le faites, Dorian serait prêt à corrompre n’importe qui pour n’importe quel prix pour avoir ma tête.

Mais j’ai pas envie de dire que c’est foutu, que j’suis foutue, parce que j’veux pas qu’il parte, j’ai vraiment envie qu’il reste, genre comme jamais, genre j’en ai besoin, il faut qu’il reste, il faut, il faut qu’il reste.

Reste.
S’il te plaît.

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Philip O. Burgess
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MessageSujet: Re: C’est moi le loup mais toi qui est en cage   Mer 7 Nov 2018 - 21:46

"C’est moi le loup mais toi qui est en cage"



Vous avez déjà vécu cette impression folle d’avoir perdu votre partenaire de conversation en plein milieu d’un monologue ? Pour être honnête, ça m’arrive souvent. Et c’est une fois encore le cas. Le regard qui se concentre une peu plus sur les prunelles mais dont on sent l’attention disparaître. C’est le cas et j’avais juste besoin de le dire. Une constatation parmi d’autres, qui n’amène à aucune conclusion. Si, à part celle que je parle trop mais ça va pas changer d’ici demain.

J’ai posé une question – à vrai dire plusieurs mais c’est pas dit qu’elles les aient toutes notées – et depuis, j’attends patiemment au moins un réponse. J’espère sincèrement que l’une d’entre elles s’est au moins frayée un chemin jusqu’à son centre d’analyse, parce que les résumés et moi on a tendance à être en froid. Ça ne me gênerait pas de tout répéter mais alors la probabilité de finir écrasé sous sa chaussure ne risquerait qu’augmenter sous son agacement progressif.

J’la regarde, donc, avec l’espoir sincère d’obtenir une réponse, sans quoi les inévitables questions bateaux risqueraient de faire leur entrée en scène, doublées d’un cynisme éclatant. Genre, il fait beau dehors ? Ah mais t’as pas de fenêtre, ça doit être difficile. Je suis pas méchant à ce point. Je suis pas méchant tout court.
Le Graal se met à parler.

- Vous m’avez attrapée quand je fuyais Croix, c’est bien dommage pour moi, parce que je comptais pas y remettre les pieds.

L’espace d’un instant, je me dis chouette, des informations nouvelles. Puis je soulève discrètement – si bien sûr ce genre d’action peut-être discret dans un environnement où rien ne bouge – le dossier et ces mots sont les premiers à figurer dans l’épaisseur de feuilles. Oh. Bon, au moins, on a une information vérifiée ? Vérifiée peut-être pour la millième fois, mais hey, le risque zéro n’existe pas. J’acquiesce, essaye de garder la face et un peu de sérieux sinon je vais vraiment en parler des ces petits pois. Faut dire que ça fait partie des aliments vraiment drôles, les petits pois. Ça rappelle la cantine de la crèche, avec les carottes en boîte et le jambon blanc à côté, avec ou sans couenne. J’aime pas ça, je préviens. C’est esthétique les petits pois, tout rond, tout sucré quand cru, qui éclate en bouche une fois cuit. Y’a des milliers de blagues sur les petits pois qui sont certainement traduites dans toutes les langues. C’est magique. Et non, je n’ai pas d’addiction pour la nourriture, j’apprécie simplement les nuances de couleur, d’odeur et de goût. J’aime bien la France pour ça. Faudra que je trouve un moyen de me faire inviter à un gala au QG de France tiens. Allen devrait pouvoir me dégoter ça. Allen est gentil.

- Si je parle, Dorian me fera exécuter. Purement, simplement. Vous savez que Croix pourra faire infiltrer des gens jusqu’ici pour me faire éclater le crâne. J’aurais peut être une case torture, qui sait.

Quand on cherche à récupérer nos exorcistes à tout prix, eux se tuent entre eux pour maintenir un semblant de mystère sur leur organisation. C’est un peu triste. Non, en vérité, c’est même très triste. On devrait embaucher des pleureurs pour réparer la misère de leur monde. A l’entendre parler, cette June, je la sens condamnée. Condamnée par elle, pour elle, c’est la même chose. D’une part, elle vit enfermée, de l’autre elle se fait tuer. Il y a une parfaite citation là-dessus, dont je ne me souviens pas totalement, mais qui parle de ce que l’on choisirait entre vivre une journée dehors ou toute une vie entre quatre murs. Je choisirais la journée dehors. J’en profiterai un maximum et ma vie cesserait. Point. Ça n’a pas l’air d’être son cas.

- Vous savez vous ?

Je sais pas grand-chose à vrai dire. J’ai l’air d’un co-directeur mais dans l’instant, mon esprit est proche du touriste qui visite un monument. J’irais pas jusqu’à dire que le monument en question se fait vieux et plein de poussière cela dit. Mais je l’ai pensé. Je hausse les épaules en réponse. J’ai des trucs à dire, bien sûr. J’ai toujours des trucs à dire. Vous saviez par exemple que mon voisin vient d’avoir une fille ? Enfin mon voisin… Celui du rez-de-chaussée en fait. Ce gars est une crème. Si vous aviez vu cette pétillante étincelle animer son regard lorsqu’il m’a croisé en promenade avec son chien, vous auriez fondu. Fondu. Et le chien s’appelle Hector. Et la fille Serena. A-do-ra-ble. Ils m’ont invité à leur mariage l’année prochaine d’ailleurs. Faudra que je pense à prendre des congés rapidement.

- Si je ne parle pas, je reste ici pour toujours visiblement. Mais vivante, pour ce que ça vaut.

Hum, si on s’intéresse véritablement au sort de cette dame dans quelques mois, avec les conservateurs certainement toujours à nos basques, il y a des chances pour qu’elle n’accède pas à la prison à perpétuité. Elle risquera simplement de retourner au QG de Berlin et Dieu seul sait ce qu’il adviendra alors d’elle. Je veux pas l’effrayer outre mesure, pour peu que la mort fasse peur à un sorcier noir, mais s’ils jugent qu’un an de torture ça fera rien sortir, trois mois chez nous et ce sera adieu petite Junie. Ça me fait un peu grincer des dents mais je peux pas non plus totalement ignorer ce que leur camp cause au nôtre. J’en parle pas trop à Allen car je sais le sujet sensible et j’aurais bien trop peur de perdre sa confiance, mais je peux pas rester insensible à ce qu’il se passe, aux dégâts qu’ils causent à l’humanité dans son ensemble sous réserve de se sentir comme une race supérieure. Y’a eu des génocides humains pour moins que ça et j’ai pas envie que ça se répande comme la peste dans un pays comme celui-ci.

- Alors, vous pensez quoi ? Je parle, je meurs, ou je parle pas, et je vis ? Sans aller sur le terrain de la protection, blabla, vous serez en sécurité, blabla. Vous savez comme moi que vous engagerez pas de l’argent sur ma tête, et même si vous le faites, Dorian serait prêt à corrompre n’importe qui pour n’importe quel prix pour avoir ma tête.

Je dois reconnaître que malgré cette année passée en-dehors de tout, Junie elle a encore bien la tête sur les épaules. Elle sait ce qu’elle craint et ce qu’elle risque. Je sais pas trop si elle se l’est répétée des millions de fois pour pas perdre ces idées de sa mémoire, mais ça a le mérite d’être clair. Non, c’est vrai, on va pas se lancer dans une protection rapprochée pour une sorcière noire. On pourra rien lui promettre parce qu’on est gentils mais p’t’être pas trop cons non plus. Personne accepterait de se mettre à protéger la nana qui a potentiellement tué son pote lors du dernier accroc.

-J’pense que dans l’état actuel, ça fait un an que tu transites dans nos locaux. Enfin façon de parler puisque t’es simplement dans une cellule. Et je pense que vu comme c’est parti, le QG de Berlin il va pas te faire une seconde fleur après ton passage ici. On va pouvoir te garder ici trois mois et si y’a pas de résultat, ils te récupéreront.

C’est une menace ? Ça sonne vraiment comme une menace et je voulais pas trop que ça sorte comme tel mais ça s’est fait malgré tout. Peu importe. Je soupire profondément et poursuit :

-Comme je te dis, ton dossier je l’ai même pas encore feuilleté. Tu vois, je découvre même que t’es de Croix – enfin ça c’est une exagération – et que Dorian veut ta peau. J’peux au moins savoir pourquoi t’as fui ou c’est déjà du secret défense ? Ah et oui, c’est bien probable que les candidats se fassent rares pour assurer ta protection. Au pire, tente la reconversion hein. C’est rare mais ça t’offrira un statut. Je te dis ça parce que y’a rien que nous deux ici, pas d’oreilles ou quoi. Dorian est pas dans les locaux non plus à ce que je sache.

Après, fallait savoir choisir son camp aussi. Craindre pour sa vie parce que l’on quitte une organisation, c’est un peu terrible comme destinée. C’est normal de varier les plaisirs ou de vouloir changer d’air. Mais chez les sorciers noirs visiblement. Je les comprends pas trop sincèrement, comment a-t-elle pu vivre autant de temps si Croix cherche autant à la mettre hors d’état de nuire. Et puis, sa récente mutation est effective depuis quelques heures à peine. Personne n’est encore au courant mis à part les hautes sphères de nos deux QGs. Qu’on me coupe un bras si les espions sont infiltrés aussi haut dans l’échelle sociale. Bref.

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June H. Williams
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MessageSujet: Re: C’est moi le loup mais toi qui est en cage   Jeu 8 Nov 2018 - 22:37


C'est moi le loup mais toi qui est en cage
Hell
is five feet away from here


P & J
Je vois bien qu’il monologue dans sa tête. Y’a presque les rouages qui s’affichent dans ses yeux, petits morceaux de montres comme avant. L’ancien temps. J’étais intéressée par l’histoire fut un temps, mais ce temps fut bref. J’ai vraiment l’impression qu’à Croix, on était tous pareil. Pas comme des fourmis mais plutôt comme des frelons. Machines de guerre. Des tanks avec des machines pour tout écraser, voitures buffles pour niquer tous les zombies humains sur le passage. Schplok schplok ils font les humains quand on leur roule dessus. Est-ce que Phil ferait pareil ? Philip ? Pilip ? C’est peut être de là que ça vient. Pilip. Le livre français. On me l’a mis dans les mains, ce livre, et il était français, mais c’était pas Pilip. C’était.. Pilip. Non. Pas Pilip. Pilipip ? C’est possible ça ?

C’est possible ou pas ?

-J’pense que dans l’état actuel, ça fait un an que tu transites dans nos locaux. Enfin façon de parler puisque t’es simplement dans une cellule.

Il se sent toujours obligé de s’expliquer, c’est tout à fait monstrueux.

- Et je pense que vu comme c’est parti, le QG de Berlin il va pas te faire une seconde fleur après ton passage ici. On va pouvoir te garder trois mois et si y’a pas de résultat, ils te récupéreront.

Oh. Donc je vais mourir.
Je sais pas si ça me fait vraiment baliser au fond. C’est un peu nul comme fin mais je vais pas retourner ma veste.

-Comme je te dis, ton dossier je l’ai même pas encore feuilleté. Tu vois, je découvre même que t’es de Croix — enfin ça c’est une exagération — et que Dorian veut ta peau. J’peux au moins savoir pourquoi t’as fui ou c’est déjà du secret défense ? Ah et oui, c’est bien probable que les candidats se fassent rares pour assurer ta protection. Au pire, tente la reconversion hein. C’est rare mais ça t’offrira un statut. Je te dis ça parce que y’a rien que nous deux ici, pas d’oreilles ou quoi. Dorian est pas dans les locaux non plus à ce que je sache.

J’ai une réflexion à proposer. Non ? Si, si je vais la dire quand même. Comment ça vous voulez pas l’entendre ? Si. Moi au milieu. Pierre qui roule, moi au milieu, Pilipip me regarde et je me dis qu’en fait, j’ai pas traversé un océan. J’ai traversé le temps. En Allemagne, on était grave proche de l’époque de Cromagnon - vous savez les gourdins, genre, gnnnnneuh, taper taper taper, vilaine sorcière GNEUH - durant le changement j’ai plus ou moins au le droit à une brève évolution - méchante la sorcière, brûler la sorcière, bouh, salem, brûlons les pas belles - et là on est enfin arrivés à une époque un poil plus raisonnable.

Et ils veulent me rebalancer chez les humainmouths. Autant vous dire que ça me botte pas des masses.

Par contre, j’ai pas mal oublié le pourquoi comment exact de pourquoi j’suis partie. Pourquoi je suis partie, parce que ça allait pas, okay, et parce que j’étais, j’étais pas content. Sûrement. Après pourquoi j’ai quitté Mike, parce que j’en pouvais plus.

- De la chair à pâtée.

C’est absolument tout ce qui sort et je lève des yeux infiniment blasés sur Pilipip.
Pilipip. C’est ça. C’est ça non ?

- J’étais de la chair à pâtée envoyée au combat et j’avais pas trop envie de mourir comme ça. Vous faites pas ça vous, si ? Ou si, un peu quand même ?

Je réfléchis mais ça mouline sec.

- Parce que y’a des missions ou ça mourrait au combat comme chez les non-magiques donc bon, c’est dire.

J’suis hyper fière de moi d’avoir dit les « non-magiques » et pas « les gros gueux » parce que je l’ai pensé tellement fort qu’en fait peut être que je l’ai dit.
C’est dire.

- Mais c’est pas le sujet.

C’était quoi le sujet ?
Dorian ?

- En vrai, je vois même pas ce que je pourrais dire sur l’organisation, j’pense que les noms vous les connaissez déjà, Mohammed et tout ça, Laure Sakura Cross y’a aussi, et Sebastian Cross et tout. Mais vous le savez non ?

Et puis.

- C’est quoi au juste une reconversion ? Me dites pas que j’peux passer de votre côté. Qui va y croire ? Sincèrement, qui va me faire confiance, tout ça parce que j’ai dit que maintenant j’étais du côté des gentils ?

Reniflement dédaigneux.

- En plus c’est qu’une histoire de naissance. On m’aurait dit que les noirs c’était les pas beaux à tuer, j’serais allée au combat tout pareil. Moi, on m’a dit que c’était vous, les pas beaux. Donc bon. T’en penses quoi, toi, Pilipip ?

J’sais d’où ça vient. Ellana et Oukilip.
J’ai une bulle de chaleur qui s’étire dans mon coeur avec au milieu le p’tit glaçon que j’garde sur moi - Mavis qui tombe, parce qu’il est mort et c’est grâce à qui, grâce à moi.
Ou à cause.
C’est qu’une histoire de perspective.

- Les gens qui meurent parce qu’ils sont du mauvais côté de la barrière, tu les plains ? Tu penses qu’ils sont nés.. méchants ?

Je prends une gorgée d’eau. Repose consciemment le verre en plastique et le slap d’un coup sans aucune colère pourtant. Il fait poum, vlac.
J’espère que je l’ai pas effrayé le petit Phil, c’est pas le but et il a pas l’air d’avoir peur de moi. Mais est-ce qu’il est courageux pour autant ? Ou est-ce qu’il est comme les autres gens en belles sappes comme lui, il s’assied sur un cuir moletonné et raye les gens des soldats morts au combat ?

- Et maintenant j’vais mourir et j’ai toujours aucun plan B.

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Philip O. Burgess
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MessageSujet: Re: C’est moi le loup mais toi qui est en cage   Lun 19 Nov 2018 - 23:11

"C’est moi le loup mais toi qui est en cage"



Y’a des fois, on le sait, ça se sent au plus profond de soi que l’autre décroche. Qui décroche pas comme on décroche quand ta tante t’appelle au téléphone non, ça décroche comme lol paf, j’m’en tape. Bientôt, y’a mes mots qui lâcheront des absurdités dans des phrases correctement construites juste pour vérifier son attention et ça donnera quelque chose comme :
« Tu sais, on va pas pouvoir te garder longtemps saucisson ici parce que le QG de Berlin est vraiment chiant et il serpillière finira tôt ou tard par te demander de revenir. »
Ce serait drôle. Avouons. C’est drôle. Elle finira par croire deux choses : 1. Je suis fou. 2. Je fais un AVC.
3 bonus : Je me fiche de sa tête.

Je lui dis franchement ce qui l’attends parce que j’ai pas l’âme de lui cacher ce genre de choses. S’il ne lui reste que quelques mois à vivre, autant le savoir. Je pense. J’aimerais le savoir si j’étais à sa place. SI c’est pas son cas eeeeeh bien elle n’avait qu’à me le dire en premier lieu. Je suis pas mister Directeur, je lis pas dans les pensées. Et Dieu que j’en suis ravi.

Elle va commencer à parler ? Non parce que je discuterai bien de ma mésaventure de ce matin, l’idiot de service de l’immeuble qui s’est amusé à mettre des peaux de bananes sur le sol. Tout à fait, des peaux de bananes. Je dois d’ailleurs vous dire qu’on ne glisse pas, sur une peau de banane. On l’écrase juste. Sur le tapis. Vous avez déjà essayé de nettoyer un tapis avec de la banane dessus ? Ne tentez pas cette expérience, c’en devient plus dangereux que d’avaler de l’acide. Faites-moi confiance.
Et n’avalez pas de l’acide, par pitié.

- De la chair à pâtée.

Je dirais même un saucisson. De la côte de porc. Des rillettes. J’ai terriblement envie de rillettes. C’était quoi la question déjà ? Elle lève les yeux et je me demande sincèrement ce que je fais là et si dans une moindre mesure on peut juste passer au moment cool des interrogatoires. Parce que oui, il y a un moment cool. Ça s’appelle le Philshow, ça consiste à laisser exploser mon inspiration et à sortir un jeu de cartes pour voir qui de nous deux craquera le premier. C’est facile de craquer sur un jeu de cartes avec moi. C’est pire que la torture, je peux vous l’assurer.

- J’étais de la chair à pâtée envoyée au combat et j’avais pas trop envie de mourir comme ça. Vous faites pas ça vous, si ? Ou si, un peu quand même ?

Oh.
Non, désolé. On n’a pas trop pour but dans la vie d’envoyer de la chair à pâtée au combat. Y’a des problèmes de compréhension, des soucis évidents de déplacement. Avec une bonne pente, peut-être qu’on peut faire quelque chose faire glisser les gens dessus par exemple. Jamais testé, c’est p’t’être que des conneries encore, comme les peaux de bananes. Je demanderai au gosse de l’immeuble de s’intéresser à ça, la prochaine fois. M’est avis qu’il y a un chat au même étage en plus.
Bien sûr que je sais de quoi elle parle, je faisais juste allusion au fait que c’est pas plus mal de la prendre au premier degré. Je cherche le fun, un problème ? Je ne saurais pas vraiment lui répondre. Est-ce qu’on envoie des gens au casse-pipe ? – je ne détaillerai pas cette expression où on est encore repartis et cette histoire n’avancera jamais – Je ne pense pas. En tout cas, je n’espère pas. J’sais à quel point Allen il prend un soin infime à équilibrer les gens en mission, à mettre les plus jeunes avec des gens plus expérimentés sans pour autant pénaliser les plus âgés. Faut pas croire, c’est un boulot à plein temps donc ici au moins, non, j’pense que les gens qui décèdent ici, c’est pas parce qu’on a voulu les y mener. Après, quand la situation le nécessite, il faut parfois faire des concessions, emmener un maître et son apprenti lorsqu’on n’aurait souhaité n’emporter que le plus expérimenté. On prie et puis on appose un ordre.
Enfin « on ».
Allen surtout.

Moi tout ce qu’j’appose, c’est mes fesses sur le tapis avant de dormir.

- Parce que y’a des missions ou ça mourrait au combat comme chez les non-magiques donc bon, c’est dire.

Ça c’est sûr. Chez nous aussi, y’en a qui ont dû mourir de manière bien trop idiote. Dans les guerres, ça n’existe plus vraiment l’honneur. Si tu peux donner un coup de poignard dans le dos de ton ennemi pour te faire gagner quinze minutes de vie supplémentaires, tu le fais. Qui sait si le sorcier noir derrière toi est pas d’ailleurs en train de penser la même chose.

- Mais c’est pas le sujet.

C’est que le sujet ? J’ai l’impression que ça fait une éternité que je suis ici. Bientôt, je vais me mettre à radoter mes histoires quand ma tante et ce sera ô combien énervant. Pour vous, pas pour moi. Je suis gentil, je continue d’épargner mon entourage. Pour l’instant. Be prepared, Junie.
Bon, tâchons de rester concentrer sur le sujet du moment, qu’il me tarde d’ailleurs de découvrir.

- En vrai, je vois même pas ce que je pourrais dire sur l’organisation, j’pense que les noms vous les connaissez déjà, Mohammed et tout ça, Laure Sakura Cross y’a aussi, et Sebastian Cross et tout. Mais vous le savez non ? C’est quoi au juste une reconversion ? Me dites pas que j’peux passer de votre côté. Qui va y croire ? Sincèrement, qui va me faire confiance, tout ça parce que j’ai dit que maintenant j’étais du côté des gentils ? En plus c’est qu’une histoire de naissance. On m’aurait dit que les noirs c’était les pas beaux à tuer, j’serais allée au combat tout pareil. Moi, on m’a dit que c’était vous, les pas beaux. Donc bon. T’en penses quoi, toi, Pilipip ?

J’en pense que ouah, y’a pas deux minutes elle me semblait proche du coma éthylique et là ça ressemble à une fin de soirée mal prévue et un alcool mi triste mi fataliste. Je remercie chaleureusement ma mémoire fantastique de me permettre de décortiquer chacune de ses questions. Faire le tri entre le rhétorique et les vraies questions, pour peu qu’il y en ait. Je lui prendrais bien les mains pour lui lancer un « ouais t’as trop raison » mais j’ai toujours mon gobelet dans mon champ de vision et pas envie de le renverser dans ma précipitation. J’ai ma peau qui gratte dans le dos et je sais que j’arriverai pas à atteindre cette partie comme ça. J’ai déjà envie de muter, c’est malin.
Bref, des noms ? On veut toujours des noms. Pas nécessairement les plus gros, ceux-là on les connaît. On veut aussi les plus petits. On veut tout ce qui peut nous donner des informations, des places, des rendez-vous stratégiques, une entreprise ou un partenaire qui ose encore se cacher parmi les humains et devant lequel on passe chaque jour. Particulièrement au Canada, où c’est, faut l’avouer, franchement la merde depuis que les sorciers noirs ont décidé que c’était chez eux aussi. J’vais leur claquer la mâchoire oui.

- Les gens qui meurent parce qu’ils sont du mauvais côté de la barrière, tu les plains ? Tu penses qu’ils sont nés.. méchants ?

Elle devrait être philosophe, cette femme.

- Et maintenant j’vais mourir et j’ai toujours aucun plan B.

Ouais, j’confirme. Elle a l’état d’esprit en plus.
Bon ! Je pense qu’on a fait le tour ? C’est pas plus mal, ma langue commençait déjà à s’atrophier.
Déjà :

-On aime pas trop la chair à pâtée pour commencer, je pense que déjà ça nous différencie pas mal. Donc y’a pas de si un peu quand même. Juste, non. Le dirlo il fait de son mieux, alors on l’insulte pas, par pitié. Merci, Junie.

Parce que déjà, de base, je m’appelle pas Pilipip. Si t’es capable d’enchaîner trois mots et de construire des phrases cohérentes, retenir deux syllabes, ça devrait pas être compliqué, non ? Si, faut croire. J’voudrais qu’on s’occupe maintenant du vrai sujet, parce que l’autre était visiblement sous couverture pour amener de fausses informations sur le vrai sujet.
Cette phrase n’a aucune logique.
Bien.
Je hausse un sourcil :

-Les allemands t’ont tapé et c’est tout ? Ils ne t’ont rien demandé de plus ? Ou alors tu es peut-être amnésique. Faut que je tu me le dises si tu l’es, histoire que je sache par où commencer. Qu’importe. J’ai plein d’idées si t’es en panne d’inspiration. – j’énumère sur mes doigts – Des lieux stratégiques, des noms de collègues un peu moins connus, des partenaires sous couverture dans le monde des humains, etc, etc.

On en revient à la reconversion. J’ai lâché ça un peu trop à la va-vite c’est vrai. Ça se fait rarement, le « rarement » du mot « exceptionnel ». Même si par bonheur Allen acceptait, ça finirait par lui retomber dessus et avec tous les problèmes liés aux sorciers noirs actuellement, y’a moyen que ce soit très mal vu. Mais hey, Orpheo est pas présent qu’au Canada.

-Oh, mais personne te fera confiance. J’te parle pas non plus de zoner dans les parages, j’te parle d’aller te faire oublier quelque part au Pérou. C’est bien le Pérou non ? On a deux ou trois gars là-bas qui demandent rien à personne mais qui travaillent pour nous quand même. Ça te fera voir du pays autre part qu’à travers une fenêtre de cellule. Pour peu que t’en ais vraiment une.

Y’a pas de gars au Pérou. Je suis pas assez fou pour lâcher des informations comme ça à une sorcière noire même à deux de lâcher son dernier soupir. Sorcier noir vivant est sorcier dangereux. On va quand même pas se mettre à inverser nos rôles.je soupire doucement. La proposition tient quand même. Ce sera juste pas au Pérou. Dommage, j’aurais bien aimé visiter deux trois endroits. Une prochaine fois peut-être.

J’passe la suite de ses interrogations sur la vie et la mort, sur les choix qu’on croit faire et qui nous sont en fait imposés. Quand, bien sûr, on parvient à le découvrir. La plupart du temps, on reste simplement dans notre petit confort et dans notre réalité altérée parce que ça fait mal de penser autrement et de changer ses habitudes. J’en pense que si j’étais dans une famille de méchant, je me serais attaché à pourrir la vie de mes parents. Parce que j’aurais juste pas pu tenir. J’ai envie de soupirer une nouvelle fois. Ma concentration a ses limites et j’ai juste envie de muter et lui lâcher un « HEY TU VEUX FAIRE UN TOUR SUR MON DOS ? ». Ou l’inverse, parce que j’ai pas encore cette facilité déconcertante qu’ont certains métamorphes à parler sous forme de loup. Animale plus généralement.
Je me masse l’arête du nez et résiste à la tentation du loup qui, les oreilles levées depuis sa dernière allusion, semble prêt à se présenter à la moindre seconde. J’aimerais éviter de déchirer mes vêtements, si possible. Je vous jure que quand j’aurais appris à parler sous forme de loup, vous ne me verrez plus jamais sous forme humaine.
Plus.
Jamais

Je hausse les épaules.

-Je sais pas, je me pose pas des questions sur la vie des gens en général. Je me contente de voir ce qu’ils sont sur le moment. M’est avis que je reste le gentil et toi la méchante sur un point de vue strictement humain. J’ai pas envie de faire le décompte de nos meurtres respectifs. T’as toujours pas d’idées à me soumettre pour les informations ? On peut en finir rapidement.

Comme ça j’peux muter et on n’en parle plus. Retour dodo.

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June H. Williams
Sorcière Noire | Membre de Croix
MessageSujet: Re: C’est moi le loup mais toi qui est en cage   Mar 20 Nov 2018 - 20:26


C'est moi le loup mais toi qui est en cage
Hell
is five feet away from here


P & J
Franchement, comment résumer Pilipip ? C’est que finalement c’est peut être lui au milieu au lieu de moi au milieu. Il tourne en rond et en spirales autant que moi, peut être bien qu’il est fou. Il ouvre la bouche et tout sort d’un coup.

- On aime pas trop la chair à pâtée pour commencer, je pense que déjà ça nous différencie pas mal. (c’est beau d’être dans le déni tout ça parce qu’on est au Canada, ils pensent qu’au Pakistan la chair à pâtée ça se passe comment ? Et pourtant on parle de gentils. Liars.) Juste, non. Le dirlo il fait de son mieux, alors on l’insulte pas, par pitié. Merci, Junie. (Si au début j’ai pu le penser gentil et intéressant, sorcière noire en bout de course qui veut absolument récupérer un brin de santé mentale et causer, il commence sincèrement à me chauffer. J’pensais qu’on aurait pu s’entendre.) Les allemands t’ont tapé et c’est tout ? Ils ne t’ont rien demandé de plus ? (après il est peut être idiot et ce n’est pas de sa faute. Est-ce qu’il sait comment la torture marche ? Que parler un peu c’est déjà en dire trop, qu’aucun son ne doit sortir de ta bouche pour garder les pieds sur terre ? Mais il n’en sait rien, BCBG des classes modèles qui pue la bienséance et la gentillesse. Il ne sait pas de quoi il parle mais parle quand même). Faut que je tu me le dises si tu l’es, (ça y est il déraille ça n’a aucun sens) histoire que je sache par où commencer. Qu’importe. J’ai plein d’idées si t’es en panne d’inspiration. (Il lève la main et j’ai un franc mouvement de recul, anticipant une baffe cuisante ou une douleur qui sortirait de nulle part) Des lieux stratégiques, des noms de collègues un peu moins connus, des partenaires sous couverture dans le monde des humains. (Je sais que je vais parler à cet instant précis mais je sais aussi que je suis prête à marchander, puisque je ne peux plus rien perdre je ne peux que gagner) Oh, mais personne te fera confiance. J’te parle pas non plus de zoner dans les parages, j’te parle d’aller te faire oublier quelque part au Pérou. C’est bien le Pérou non ? (Le pérou? Mdr.) On a deux ou trois gars là-bas qui demandent rien à personne mais qui travaillent pour nous quand même. Ça te fera voir du pays autre part qu’à travers une fenêtre de cellule. Pour peu que t’en ais vraiment une. (Mais jamais il la boucle avec sa fenêtre ? Putain, j’suis contente de pas lire dans les pensées parce que ça doit être l’inintéressant au possible là dedans, mémère de service qui pense à son ptit toutou dans un cadre sur son bureau, sa ptite femme et l’adorable bébé Molly. Shut up.) Je sais pas, je me pose pas des questions sur la vie des gens en général. Je me contente de voir ce qu’ils sont sur le moment. M’est avis que je reste le gentil et oi la méchante sur un point de vue strictement humain. J’ai pas envie de faire le décompte de nos meurtres respectifs. T’as toujours pas d’idées à me soumettre pour les informations ? On peut en finir rapidement.

Je lâche un sourire discret mais concerné, passe une langue meurtrie sur mes dents. J’ai faim. La faim qui vous pousse à quand même vous lever le matin alors que vous tournez en rond. J’ai abandonné, mais pas trop, j’ai laissé tombé sans avoir les mains vides.

- En effet.

Je pourrais sûrement réussir à le tuer. Là, d’ici, éclater sa tête contre le béton parce que c’est encore ce que je sais faire le mieux.

Mais j’ai peut être un plan.

Un plan bancal et tordu, un plan qui ne se tient pas mais qui me tient moi. Mes joues se colorent un peu sous l’espoir. Mais j’ai pas trop envie de tenter ma chance avec le gars devant moi.

- J’peux parler au directeur ?

Je le fixe, je sais que je n’ai plus de pouvoirs mais ça tente rien d’essayer. J’peux pas finir cette séance avec ce guignol c’est pas possible il est pas sérieux, il est ailleurs et trop naïf, protégé de tout, allé nulle part.

- J’ai des trucs à dire. Je pense que j’ai des vrais trucs à dire mais j’ai besoin de voir le directeur.

J’me souviens vaguement de lui pour l’arrestation. Il voulait pas croire en la torture et tout mais c’était pas surprenant, le Canada c’est ça non ?
J’sais pas.

- Mais avant, j’veux que mes informations aient des conséquences. Vous proposez quoi ?

Pour la première fois depuis longtemps je suis en position de force et, le bras au bout du levier j’ai hâte d’y mettre tout mon poids pour récupérer un peu de vie.

Fiche de CaptainBen

_________________

Six heures du matin, quelque part dans le XVIIIe, des poubelles et des gens. Le jour fait semblant de se lever. Mais c’est la nuit pour toujours.


Et je suis la seule à le savoir.
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Philip O. Burgess
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MessageSujet: Re: C’est moi le loup mais toi qui est en cage   Mar 4 Déc 2018 - 23:10

"C’est moi le loup mais toi qui est en cage"



Le monologue passé et l’esprit focalisé sur la discussion disparaît telle une poussière. Poussière perdue dans l’infinité du monde. J’ai faim. J’irai bien faire la chasse aux rats juste pour m’amuser avant d’ingurgiter un gigot entier, mais y’a pas de rats dans les parages. J’y peux rien, si notre organisation reste parfois cantonné aux règles établies datant du Moyen-Âge, les cellules elles ont évolué entre temps. Elles sont blanches mais elles sont pas aussi crasseuses qu’on veut nous le faire croire. Y’a pas de rats donc, métamorphe et animaux domestiques mis de côté.
J’ai soif aussi et ça me rappelle à quel point je suis toujours dans l’attente d’une possible mutation en poisson-rouge. Si l’éventualité d’une chose m’effraie déjà outre mesure, il faut dire que le brusque changement d’état de la dame n’améliore rien à mon état. J’peux pas m’empêcher de guetter ses extrémités, au cas où un truc surgirait de nulle part. Elle est quoi déjà ? Y’a mes doigts qui soulèvent le dossier et le regard qui lorgne malproprement le papier. C’est écrit en gros « élémentariste sang » et « ordonnatrice ». Qu’est-ce que c’est que c’bordel « élémentariste sang ». Elle peut faire bouillir le sang ? Le faire onduler dans l’air ? Le transformer en couteau acéré ? Faire des bulles ? Orpheo, soyez un peu moins créatifs et plus explicites la prochaine fois. J’veux qu’il y ait marqué « fait des bulles avec son sang » si c’est le cas, pas élémentariste sang. Ça veut rien dire en plus.

Y’a mon regard qui retombe sur elle. Pouf, comme ça. Un peu ahuri. Je peux pas m’empêcher de l’imaginer dans un cirque, avec un fouet à la main, cuir moulant, un cerceau dans l’autre main avec des bulles de sang qui en sortent. Voilà ce que pouvoir et don éveille dans mon esprit. De toute façon, elle a typiquement le corps pour rentrer dans n’importe quelle tenue. M’enfin bon, c’est vraiment pas le sujet.
C’est quoi le sujet déjà ?

- En effet.

Hm hm. D’accord avec toi, ma jolie. J’sais pas ce qu’elle va me raconter, mais c’est certain que je serai d’accord avec. Y’a la machine qui remonte le temps qui fait tourner ses rouages dans ma tête. AH, oui. Des informations. En effet, des informations ? Je souris de toutes mes dents, j’ai envie comme jamais de muter pour lui montrer mes oreilles duveteuses toutes dressées vers elle, toutes attentives et mignonnes. Mais la pièce est runée de partout et je ne pourrais assurément pas faire ça. Pas de risque de finir poisson non plus.
Un mal pour un bien. Je pose mes coudes sur la table pour me donner l’air sérieux du directeur, dommage que j’ai pas les traits qui vont avec. Enfin bon, ma tête s’incline, un peu trop lourde et quelque peu due à une déformation de mon moi lupin. En effet.

- J’peux parler au directeur ?

Nah.
Elle me fixe et je devrais lui dire que ça sert à rien. Que mes yeux ils transcrivent rien d’autre que la bêtise et la niaiserie et que mes pensées sont un bordel tel qu’Allen ne s’y aventure pas. Plus. Je suis un peu déçu. Je m’étais dit qu’on allait enfin discuter franchement, peut-être pas sérieusement mais sincèrement. Mais non, vla t’y pas que c’est toujours Allen qui ramasse les belles demoiselles. J’suis pas assez bien pour toi, c’est ça. Mon air sérieux l’a pas convaincu et elle veut plus d’un petit rigolo. Ce constat me brise totalement le cœur. Il me faudra bien des dizaines de sucreries pour faire passer cette amertume. Quel manque de raffinement chez la gent féminine.

- J’ai des trucs à dire. Je pense que j’ai des vrais trucs à dire mais j’ai besoin de voir le directeur.

Non mais c’est toujours non. Elle a brisé mon cœur, faut pas s’attendre à des faveurs. Et puis c’est quoi ça, des vrais trucs à dire. Elle va m’annoncer qu’elle s’appelle pas June en fait ? Qu’elle est une espionne extra-terrestre venue assurer la protection des cactus et que si on ne fait rien, c’est la guerre. C’est LA GUERRE ! C’et déjà la guerre. Et je la ferai pas pour les cactus, j’ai bien trop payé de leur présence en essayant de les manger quand j’étais petit. Oui, ma mère est fan de cactus. Elle possède une serre entière de ces machins, succulentes comprises. Je m’y connais pas mal en la matière du coup. Ça fait de moi le meilleur émissaire pour parler avec elle, parce qu’Allen c’est certain qu’il y connait rien. Il vous parlera de formules mathématiques et c’est moi qui finirais en boule dans un coin, à dormir.
Dormir.

- Mais avant, j’veux que mes informations aient des conséquences. Vous proposez quoi ?

Les vrais trucs à dire j’dis qu’on devrait les dire et arrêter de jouer au plus malin parce que c’est certain qu’elle va gagner, que j’vais l’embrouiller et qu’on finira tous les deux perdants. Quelque part, je me dis « c’est chaud, elle veut parler au directeur alors que je suis le sous-directeur ». Autant elle l’ignore. Autant ça me paraît clair voir translucide. P’t’être pour ça qu’elle le voit pas, du coup. Donnez-moi des lentilles, j’vais faire une anémie à force de réfléchir. Au moins elle pourra pas faire joujou avec son pouvoir. Vous comprenez ? Moins de sang, moins de risques. CQFD, y’a plus qu’à se transformer en mort-vivant.

J’arrête de me donner ce genre complètement à côté de la plaque et repousse mon corps dans le fond du siège, totalement décontracté. Ça parle de parler au directeur pour donner des infos et ça croit que ça peut me demander n’importe quoi. Y’a ma bouche qui lâche un soupir avant de poursuivre par quelques mots. Quelques.

-Je propose en conséquence qu’on appelle pas M. le Directeur parce que Monsieur est pas trop dans le mood en ce moment. Par ailleurs, je suis là pour toi et ce rejet écrase mon petit cœur sensible. D’ailleurs, en parlant de cœur, tout à fait entre nous, ça sert à quoi ton pouvoir ? On va se contenter d’expliquer ça par des mots comme des gens civilisés hein. J’compte sur toi.

Je rabats mes pieds en tailleur sur ma chaise, encore assez souple pour mon âge et pose les mains à la jonction des pieds. Y’a mon regard qui passe sur elle, sur le fond et une idée qui survole la pièce. Je fouille la poche arrière de mon pantalon et en extirpe un téléphone. Vieux modèle, on s’en tape c’est celui de service et je m’en sers jamais, y’a pas un seul numéro dans le répertoire ou un message archivé. Tout est dans ma tête sous scellé par une montagne de débris et c’est pas plus mal. Je compose donc nonchalamment le numéro du standard parce que j’aime toujours passer par le standard. La jolie petite mélodie.

-Sinon, on peut s’arranger pour pas le faire bouger Junie. – je me concentre un peu plus sur la discussion – Allô ? Oui Phil à l’appareil. Oui je sais. Tu peux me passer le directeur ? Oui je passerai prendre les documents. Oui, ce soir. Y’a Chris qui a offert un cadeau à Leïa aussi, non ? Oh, j’le savais. Tu penses ils vont se marier ? Comment ça je fais des conclusions hâtives. C’toi la conclusion hâtive. Ouais. Oui, j’arrive bientôt. – je redirige mon regard vers elle – Juste, te laisse pas intimider par sa grosse voix.

La tonalité reprend et je passe en haut-parleur en posant l’appareil sur la table. Trois tonalités de plus et sa voix plus grave qu’à l’accoutumée résonne dans la pièce. Visiblement agacé.

-Putain, Phil, arrête de bloquer le standard pour m’appeler et retient mon satané numéro. Qu’est-ce que tu veux ? Tu as fini ?
-Nop, ça vient de commencer. Mademoiselle veut te parler.
-Je ne te donne pas un travail pour que tu me le relègue deux minutes plus tard. Occupe t’en seul, t’es un grand garçon.
-Elle veut parler à monsieur le directeur.

Un soupir s’échappe du combiné, suivit d’un :

-Passe-la-moi.
-Elle est déjà tout ouïe.
-… Comment ça ?
-Elle t’entend.

Second soupir un peu plus énervé que le précédent. Je le vois mentalement en train de passer une main dans ses cheveux, poser le téléphone, accrocher les oreillettes et se focaliser sur son travail et la discussion. Seul homme à ce jour à être capable d’enchaîner plusieurs taches à la fois.

-J’écoute.
-À toi, Junie, le maître est attentif.

Le maître est frustré mais le maître écoutera parce que c’est un gentil garçon. Gentil. Tout doux et soyeux.

_________________

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