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 Insomnies. [PV Ange]

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MessageSujet: Insomnies. [PV Ange]   Mer 1 Sep 2010 - 13:10

Onze heure cinquante. Sheryl se retourna une énième fois dans son lit, tournant le dos au réveil qui égrenait ses minutes pareilles à des heures. Roméo, renonce à ton nom ; et, à la place de ce nom qui ne fait pas partie de toi, prend-moi toute entière. Les mots vrillaient sa tête depuis maintenant plus de deux heures. Elle n'arrivait pas à les chasser. Et ce sommeil qui ne venait pas ! A St Fox, Sheryl n'avait jamais été insomniaque. Mais St Fox était à des kilomètres d'ici... Ici, tout était différent, tout était nouveau pour elle. Elle se sentait toute petite. Personne ne l'avait prévenue qu'elle tomberait dans un monde complètement dément et surnaturel ! L'orphelinat Charity lui manquait tant qu'elle sentit les larmes piquer ses yeux. Je te prend au mot ! Appelle-moi seulement ton amour, et je reçois un nouveau baptême : désormais, je ne suis plus Roméo. Ah ! Ce texte qui se déferlait dans sa tête, l'empêchant de dormir ! C'était comme si une chanson lui trottait dans la tête, mais en mille fois plus agaçant. Bon, de toute évidence elle n'arriverait pas à dormir cette nuit. Son arrivée à Mystery l'avait trop ébranlée pour qu'elle glisse paisiblement dans la quiétude du sommeil. Par ailleurs, quelle était la meilleure solution pour se débarrasser d'un air qui vous harcèle l'esprit ? De le chanter à plein poumons une bonne fois pour toute, bien sûr. Elle n'avait qu'à déclamer son Shakespeare, ça lui ferait le plus grand bien. Et puis, la scène, le théâtre, lui feront oublier pour un instant St Fox et Mystery. Elle balança ses jambes par-dessus le lit et se mit debout. Par la fenêtre, elle aperçut un quartier de lune, masqué par des nuages. Puis elle quitta le dortoir à pas de loups.

Elle erra dans les couloirs une dizaine de minutes, jusqu'à rencontrer une grosse pendule qui sonnait lugubrement les douze coups de minuit. L'orphelinat était désert, mis à part un gentil fantôme surpris en haut d'un escalier. Tout dormait. Le moindre grincement résonnait sinistrement dans l'immense bâtisse. Au bout d'un moment, Sheryl retrouva la grande salle prévue pour les spectacles. La scène était recouverte d'un plancher moisi, qui craquait à chaque pas. Un sourire étira les lèvres de la jeune fille et elle sauta sur l'estrade, retrouvant sans peine son enthousiasme habituel. Puis elle ne se gêna pas pour visiter les coulisses ; ceux-ci se composaient d'une pièce sur le côté, séparée de la scène par un lourd rideau de velours bleu : vide et poussiéreuse, elle abritait tout de même une armoire où – miracle ! - étaient rangés divers costumes de théâtres. Ce n'était malheureusement que des déguisements de princesse ou de chevalier taille 10 ans, mais Sheryl s'en contenta. Elle rentra tant bien que mal dans une petite robe blanche, détacha ses cheveux et grimpa sur un bloc de bois creux, seul décor qu'elle avait réussi à dénicher. Et bien, ça ferait très bien un romantique balcon. Quelques minutes plus tard, elle n'était plus Sheryl ; jouant tour à tour les différents personnages de la pièce, elle s'adonnait à sa passion avec joie, évitant seulement de parler fort pour ne pas se faire remarquer. C'était une délicieuse nuit, douce et chaude, et elle n'avait plus du tout envie de dormir. Au contraire, elle se sentait en pleine forme. Quelle soit Juliette sur la scène de l'orphelinat Charity ou celle de l'orphelinat Mystery, ça n'avait plus d'importance : elle était toujours Juliette, et en aucun cas elle se sentait petite ou perdue. Malédiction sur vos deux maisons !, crie Mercutio en rendant son dernier râle. Elle était bien de son avis.
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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Dim 5 Sep 2010 - 21:02

Le prophète

Insomnie. Ange se redresse brusquement sur son lit. Il regarde tout autour de lui, la respiration saccadée. Que se passe-t-il ? Il ne se souvient d'aucun cauchemard qui aurait pu occasionner un réveil aussi soudain. Alors quoi ? Un bruit inopiné ? Un...Instinct ? Oui, ça ressemble plus à ça puisqu'Ange pose ses pieds sur le parquet grinçant de la chambre des ados et pré-ados. Il respire le plus lentement possible l'air frais de la nuit. Un des vasistas est resté ouvert. Il jette un coup d'oeil à Estéban endormi juste à côté de lui. Il n'a pas l'air prêt de sortir de sa torpeur. De l'autre coté, c'est Louis. Mais pour lui, Ange ne s'inquiète pas. Il sait à quoi s'en tenir. Un vrai ours, le blondinet, rien ne le réveillera. Après un sourire affectueux, il avance à pas de loup à travers la grande pièce, tachant de ne produire aucune nuisance sonore.
Il finit par arriver à la porte. Il la pousse doucement, serrant les dents lorsqu'elle se met à couiner. Puis il la referme. Les escaliers. La moquette réchauffe les pieds du jeune homme, uniquement vêtu d'un t-shirt marqué Virgin en haut à gauche, et d'un caleçon en dessous.
Interminablement, comme inévitablement, il descends toutes les marches. Toutes jusqu'à se retrouver dans le hall. Il frissone au contact du marbre sur ses pieds, mais l'instinct aveugle le pousse encore plus loin. Il pousse la petite porte cachée derrière les escaliers qui mène aux sous sols. Marches de pierres, anciennes, quelques fois améliorées avec un peu de béton, quand elles étaient trop impraticables.
Et une fois au creux de la terre, une voix s'élève. Une voix aigue, claire, jeune, vive, culottée, fraiche. Une voix de jeune fille. Evidemment, elle lui dit quelque chose. Mais il ne la connait pas assez bien pour lui associer un nom. La voix provient de l'amphithéâtre. La respiration d'Ange se clame, il gagne un infime pourcentage de lucidité et pousse la porte.
Une fille, sur la scène. Un croisement entre une petite fille et une adolescente. Elle a revêtu une robe blanche très jolie, mais trop petite pour elle. Mais qu'importe. Dans sa voix, dans son expression, dans son regard perçant, dans sa posture, elle est Juliette. Juliette Capulet. Ange retient son souffle, s'asseoit, ou plutôt tombe sur un banc, la main sur le coeur, pour écouter le vent de magie pure qui souffle sur Juliette. Ange connait son nom, mais à l'instant, il ne peut s'en rappeler. Tout simplement car Juliette est trop présente en elle. Et là, Ange a tout à coup envie d'être Roméo. Malheureusement, il ne connait pas Shakespeare par coeur. Honte à lui. Non, la seule pièce qui lui vient à l'esprit, c'est celle qu'il a joué avec Hayley au spectacle d'été il y a quelques années : Le prophète. Une pièce simple, mais tellement belle.
Alors tant pis, Ange ne peut s'empêcher de murmurer, assez fort pour qu'elle l'entende, assez bas pour ne pas être indiscret :


-Un jour, je me sens mourir, un jour, je me sens vivre, quelque fois les deux dans la même journée. Il dit des choses comme ça ou "c'est dans le bonheur qu'on peut connaitre le mieux le malheur"...

Ca c'était la première réplique de la pièce. Celle d'Hayley, qui jouait Eponine. Et lui, c'était Franck, l'amoureux dont on décèle la jalousie sous le masque d'indifférence. Il sourit, en y repensant. Le théâtre, quelque chose d'unique, vraiment.

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Dernière édition par Ange H. Rejes le Lun 20 Sep 2010 - 13:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Dim 5 Sep 2010 - 22:28

Ah, le théâtre! Ah, Roméo! Quelle délice, quelle magie, quelle délicieuse et magique insomnie que celle passée sur le devant d'une scène! Qu'importe, qu'on ait quatorze ou quatre-vingt-dix ans, qu'on s'appelle Sheryl ou Patrick, qu'on porte une robe taille dix ans ou un pyjama à lapins, ou même qu'on soit seule! Qu'importe tout cela, le théâtre, ce sera toujours beau et fantastique. Pour tous les âges et toutes les époques. Mais attendez une seconde... Seule? Était-elle vraiment seule? N'y avaient ils pas tous les Capulet, tous les Montaigue, et le Prince de Verone lui-même, qui prenaient vie dans le souffle de sa voix? Oui, ils étaient tous présents, autour d'elle, en elle, elle les sentait au plus profond de son cœur d'actrice. Et ce garçon en caleçon, là-bas, sur le banc, qui marmonnait entre ses dents? Ça faisait un personnage de plus. Elle arriverait bien à le caser dans sa pièce, quelque part. Il avait une bonne tête de valet... Ou de vagabond... Ou de fou du Roi... Ah! Elle y était : une bonne frimousse de prophète, voilà.

-Un jour, je me sens mourir, un jour, je me sens vivre, quelque fois les deux dans la même journée. Il dit des choses comme ça ou "c'est dans le bonheur qu'on peut connaitre le mieux le malheur" ...

Par la barbe du prophète, comment osait-il, cet hurluberlu d'insomniaque?! Interrompre la colère du père de Juliette, de Maître Capulet en personne (en robe blanche taille dix ans...), alors que celui-là même vient d'apprendre que sa fille unique, son enfant chéri, le fruit de ses entrailles, refuse l'honneur que son généreux géniteur lui offre sur un plateau doré?! Un mariage avec le plus parfait des prétendants! Le gentilhomme Pâris, riche, beau, jeune, aimable et de la plus haute des familles! Et elle ne se sentait pas encore prête pour le mariage, l'ingrate! Quelle sotte, cette enfant ; et quel insolent, cet intrus de freluquet!

- Par le ciel! Dois-je subir ce flot constant d'interruptions ?!, s'exclama alors Capulet, en proie à une rage tout à fait justifiée, assenant à sa fille la claque qu'elle mérite.

D'accord, en temps normal Sheryl se serait étonnée de la présence d'un jeune homme en caleçon et t-shirt, les cheveux ébouriffés, la marque de l'oreiller sur la joue et des cernes alourdissant ses yeux. C'est vrai qu'il n'avait pas l'air malin. Mais à l'instant présent, la normalité et l'habitude n'avaient plus leur place : seuls le théâtre, la pièce, la scène et la magie comptaient. C'était la nuit, une nuit d'insomnies communes ; Sheryl ne se trouvait plus dans les sous-sols de cet orphelinat, mais dans un hors-temps et hors-lieu appelé imagination ou rêve, et quiconque y entrait était pris dans le tourbillon de son jeu.

Alors Capulet sortit de la scène, faisant voler sa lourde cape derrière lui. Et réapparait la frêle et innocente Juliette, la douce enfant, l'objet infortuné, le jouet des cruelles grandeurs célestes, l'amoureuse prise au piège par son propre amour. Hagarde, aveugle d'avoir trop pleuré, perdue d'avoir tant cherché, elle s'avance sur le bord de la scène, son regard vogue loin, très loin, plus loin que tout être ne connaissant pas sa douleur puisse aller ; elle pousse des cris, elle jette des noms ; Roméo! Mon amour! Tybalt! Mon cher cousin! Roméo! et encore : Tybalt! Puis : Roméo! ; elle hésite, elle n'est plus sur cette Terre ; déjà elle est partie, là où sa douleur l'a emmenée.

Dans ses mains, elle serre cette petite fiole. Oh! Si petite, si destructrice. Mais pouvait-elle savoir ? Elle se réveillerait dans les bras de son Roméo. Elle avait confiance en cette petite fiole. Oh! Petite fille, le poison est affaire de Mort, et la Mort est affaire du Ciel. Et la Fortune est affaire du Ciel. C'est cela, bois, chère enfant, bois! pauvre infortunée. Tu te réveilleras dans les bras de ton Roméo.

Elle saute au bas de la scène. Elle boit. Elle lance : Roméo! je bois à toi. Elle tombe. La petite fiole tombe avec elle. Elle roule aux pieds de ce garçon en caleçon, qui - même s'il n'est pas encore au courant - fait partie de cette magie. Elle est belle et déjà froide, dans sa robe blanche... taille dix ans.
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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Lun 20 Sep 2010 - 14:06

La mort de Juliette


Ange avait lancé ses mots, froids, durs, comme des pierres de plus venant rouler sous les pieds de Juliette. Son père, la fille de 14 en robe blanche taille dix ans s'était retourné vers lui en vociférant qu'il en avait assez de ces interruptions. Le jeune homme eut un mouvement de recul, et se rassit. Déjà, Juliette était de retour. Le visage éploré, les joues ravinées par les larmes, à genoux sur le devant de la scène, appelant au secours, sans grande conviction, ceux qui ne lui restent pas. Elle sait que c'est la fin. Déjà, la mort prend son corps frêle, et tandis que son corps se convulse une dernière fois de douleur et d'amour, sa main à la peau diaphane s'ouvre et une petite fiole vient rouler sur le plancher. La dernière molécule de dioxyde de carbone que Juliette Capulet a donné aux fleurs et aux arbres s'est envolé, c'est la fin.

Mais Ange ne veut pas. Au fond de lui, il sait qu'il a le pouvoir de retrouver Juliette. Il ne veut pas rester seul, ce soir, avec Franck et Epo qui lancinent son esprit de répliques interrogatives, adolescentes, sans réponses. Il a besoin d'un interlocuteur. Alors, il se lève doucement, et, sans un bruit, rejoint Juliette, froide et pâle, effleure sa joue, contemple quelques instants son visage, avant de dire laconiquement, d'un ton presque rassurant :

-Il dit « Les morts sont plus nombreux que les vivants, ça fait de la compagnie ». C'est pour ça qu'il regarde vers le bas.

Si les macchabées sont les compagnons du prophète, alors pourquoi pas les siens ? Lui, il va faire revivre Juliette. Dans sa mort, elle se redressera. Après tout, ne s'apelle-t-il pas Ange ? Ange ou Eponine ? Ange ou Franck ? Ange ou Le Prophète ? Tous les personnages de cette vie de dix-sept ans se mélangent dans son esprit, pour former quelqu'un d'autre, quelqu'un d'unique, de propre à cette soirée. A cette nuit. Quelqu'un pour Juliette. Qui lui parlera de Roméo. De Tybalt. De son père. De Pâris. De Mercutio. De sa mère. De sa nourrice...

Oui, redresse-toi, Juliette. Et parle moi. Parle moi de ce que fut ta vie. Dis moi tout ce que tu as ressenti avec Roméo. Dis moi les douleurs de ton enfance, dis ta mort, dis moi...Moi je suis un ado troublé, et je voudrais savoir comment c'était pour toi, d'avoir quatorze ans. Comment as-tu souffert, explique moi. Explique moi et je dirais des choses que moi seul sais, je pourrai te compléter, et tu pourra me rendre un peu entier juste pour cette nuit. Alors raconte moi. Laisse ces mots de génie sortir de tes lèvres, et regarde moi t 'écouter avec passion...Car même en robe blanche taille dix ans, tu es Juliette, et tu es morte. Morte par amour, la seule chose qui te restait dans cette ville de haine, dans ce monde déchiré. L'amour aveugle vous a permis de voir, à Roméo et toi. Oui surement que les mal voyants sont les plus lucides de ce monde, tout comme les muets sont les plus expressifs et les sourds ceux qui écoutent le mieux...
Alors moi ce soir pour toi je serais aveugle, muet et sourd pour te voir, te parler et t'écouter. Juliette, je me présente, je suis Ange Franck Eponine, Le Prophète. Et toi ?

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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Mar 26 Oct 2010 - 16:27

Sheryl se releva doucement, porté par les bras de cet inconnu. Elle se frotta les yeux et considéra le jeune garçon avec étonnement. La pièce n'était évidemment pas finie. Juliette n'était pas encore morte. Mais alors, qui était ce garçon? Il la prenait dans ses bras et la croyait déjà décédée, déjà loin de lui. Et quelle était cette affliction qui donnait à son visage cette détresse si belle, si lumineuse? Il ne pouvait qu'être Roméo. Roméo qui a suivi sa bien-aimée jusqu'aux entrailles de cette Terre puante, dans la noirceur du tombeau des Capulet. Et il l'a trouvée là, gisante, pareille à une morte sous l'effet du poison. Mais elle ne l'était pas, non! Comment aurait-il pu le savoir? Les dieux avaient tout bien arrangé. Alors lui aussi a décidé de s'injecter dans les veines un liquide mortel, bien mortel celui-là.

« Les morts sont plus nombreux que les vivants, ça fait de la compagnie ». C'est pour ça qu'il regarde vers le bas.

Ce n'était pas le texte prévu initialement, mais Sheryl s'en contenterait très bien. Il sonnait avec mystère, comme elle aimait. Après tout, chacun est libre de l'interprétation qu'il donne à son personnage.

A son tour, Juliette se réveille. Elle n'a pas rêvé, elle est dans les bras de son Roméo! Tout comme elle l'avait souhaité. Généreuse fiole! Mais attendez une seconde : son Roméo n'est plus ce qu'il était. La vie l'a quitté. Le subterfuge a échoué.

Elle expire son dernier souffle sur ces mots : "Oh, heureux poignard, voici ton fourreau. Rouille en ce sein et donne-moi la mort." Sans hésitation, elle suit le geste à la parole et s'enfonce une lame - invisible - dans le cœur.

Ils restent ainsi quelques minutes, en silence, le garçon à genoux à même le sol, au bas de la scène, et Sheryl dans ses bras, inerte. Et soudain - oh surprise - Roméo remue! Contrariée, Juliette ouvre les yeux et s'écarte du garçon.

- Tu es sensé être mort, Roméo, rouspète-t-elle de sa petite voix de princesse.

Il n'a même pas le temps de répondre qu'elle comprend. Ce garçon au visage si expressif et aux cheveux remarquables n'est pas Roméo. Oh, il l'a certainement été, le temps d'une scène ; mais il ne l'est plus. Ou, peut être qu'il l'est encore, mais mélangé à plein d'autres personnes en même temps. Et oui c'est ça un acteur, et même c'est ça un être humain. Au final, on ne peut jamais n'être que soi, ce serait trop simple. La vérité est plus complexe : on est un mélange, un incroyable mélange, qui ne demande qu'à se mélanger encore et encore. Un mélange de tout ce qu'on a vécu, tout ce qu'on a ressenti, tout ce qu'on a aimé, tout ce qu'on a enduré, tout ce qu'on a voulu faire croire qu'on était, tout ce pour quoi on nous a pris, tout ce qu'on va vivre, tout ceux qu'on a connus, tout ceux qu'on a joué ; et oui, l'identité de chacun, c'est un grand mystère qui n'a jamais fini de se forger. Alors, un nom pourrait contenir tout ceci ? Elle eut envie de dire : je suis Sheryl, mais alors, lui aurait-elle donné un indice de son identité, une piste même, ou rien du tout ? Sheryl lui en avait plus dévoilé d'elle-même en étant Juliette.

- Bon, Roméo est mort, mais toi, qui es-tu ?
, reprit-elle, tout mécontentement disparu. Il n'y avait plus qu'une curiosité de petite fille, une curiosité et une familiarité qui lui convenaient bien. Puisque Roméo avait succombé, il avait emporté toute sa douleur et son chagrin avec lui ; alors, quelle était la raison de cette affliction qui perdurait dans les yeux du garçon? Cette tristesse lui était bien propre, à lui seul, à toute la complexité d'être humain qu'il était.
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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Mer 3 Nov 2010 - 1:07

Un jour une jeune fille vit une rose...

Ange rit d'un rire triste. Oui, censé être mort. Il sourit affectueusement, avec ses yeux mélancoliques à la fillette qui venait de l'accuser d'avoir parlé alors qu'il aurait du être macchabé. Il haussa les épaules en signe d'excuse et répondit simplement :

-Ils ne réagissent pas, ils sont habitués, ils le laissent parler.

Il rit encore quelques secondes, puis replia les jambes contre son torse avant de se perdre dans la contemplation de son interlocutrice. Pas très grande, entre brune et blonde. Des yeux gris très beaux. Très océan un jour d'orage. Très ciel de fin du monde. Cela plaisait beaucoup à Ange. Oui, énormément même. Il adorait regarder la mer les jours d'orage et le ciel que vous regardez les matins d'automne, quand vous avez l'impression que tout s'est arrêté de vivre.

Son visage affichait une moue assez boudeuse, presque hautaine, qui amusait l'adolescent. Il avait envie de connaitre plus cette inconnue. Pas si inconnue que ça d'ailleurs, puisqu'ils avaient été ensemble Roméo et Juliette...
Cela devait être réciproque puisqu'elle lui demanda sans en avoir l'air qui il était. Ange posa alors les genoux sur le parquet de la scène, regarda sa nouvelle connaissance dans les yeux, et déclara :


-Je suis Ange. Et le prophète aussi. Et Franck. Même Roméo si tu veux. Mais ma mère m'a appelé Ange. Ange Hannelore pour être précis. Et toi ? Le nom que tu as reçu à ta naissance ? Celui qu'on utilise pour toi dans la vie de tous les jours ?

La tête légèrement penchée sur le coté, Ange attendait sa réponse. Quel nom pouvait bien porter un si étrange phénomène ? Surement un nom phénoménal non ? C'est comme ça qu'on nomme un phénomène d'habitude...De manière...Phénoménale.

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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Lun 17 Jan 2011 - 19:38

Le jeune homme prit un temps délicieux à répondre, un temps unique où une oeillade les unissaient, un temps où le silence n'avait pas sa place tant leurs yeux parlaient sans un bruit. Finalement, il se redressa sur les genoux, accrocha son regard, prit une expression théâtrale et déclama d'une voix forte :

-Je suis Ange. Et le prophète aussi. Et Franck. Même Roméo si tu veux. Mais ma mère m'a appelé Ange. Ange Hannelore pour être précis. Et toi ? Le nom que tu as reçu à ta naissance ? Celui qu'on utilise pour toi dans la vie de tous les jours ?

Jamais on ne lui avait fait de réponse plus parfaite. Ange. Un ange tombé de la scène, jusque dans la vraie vie. Quelle délice, de faire connaissance avec un autre, de vouloir le comprendre, tandis qu'il reste un mystère brut et entier, l'infime moment où sa moindre expression s'imprime dans votre esprit comme quelque chose de nouveau, cette porte ouverte sur un avenir inconnu... C'est vrai, c'est important une première rencontre, il ne faut pas la rater, car on ne sait pas ce que la vie nous réserve concernant l'inconnu de maintenant.

Elle se releva, se campa sur ses pieds, puis laissa errer son regard à travers la petite lucarne sale, où on devinait la lumière rosée de l'aube. Même pour le ciel, cette nuit était un nouveau départ. Même s'il ne durait qu'une journée, et que demain, il faudra tout recommencer. Un nom? Oui, un nom. Eh, trois lettres, c'est tout ce qu'on te demande, dis le. Ce n'est pas suffisant, trois lettres. Sheryl, ça ne veut rien dire ; on prétend que c'est son nom, parce qu'il faut bien qu'elle en ait un ; mais si elle-même se résume à ce nom, alors elle aussi elle ne voudrait plus rien dire. Bon... Elle n'avait plus qu'à improviser une réplique théâtrale, si elle voulait se révéler à cet inconnu, qui semblait en faire autant de son côté. Se révéler, oui. Lui dire qui elle était. C'est difficile de dire qui l'on est.

- J'ai des milliers de noms, des noms et des visages qui ne durent que le temps d'une scène, puis qui s'évanouissent ; mais qui me font vivre. Ici, on ne m'appelle pas, car on ne me connait pas. Mais avant... -elle baissa le regard - Avant, j'étais la reine, et la vie était une perpétuelle pièce de théâtre où je vivais dans l'émotion de la fiction. - elle secoua la tête - Mais c'est comme pour le théâtre, ce n'était pas la vraie vie, ça n'a pas duré. Il fallait bien que je parte dans le monde. Et ici... Et bien ici, voilà, je ne suis plus que Sheryl. Enchanté.
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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Mer 9 Fév 2011 - 19:08

Let's celebrate the drama !

La jeune fille était fascinante. Petite, aux yeux clairs, émêchée par l'heure tardive, elle n'en était pas moins une créature fantastique. Ses lèvres s'entrouvrirent pour laisser place à des mots doux et piquants comme des roses en pleine éclosion. Et le petit bout de femme avoua finalement répondre au nom de Sheryl. Sheryl. C'était joli. Une note fruitée, une autre musicale, comme des décorations de noël s'entrechoquant entre elles sur un sapin, comme des morceaux de glace dévalant le flanc de la montagne sans se briser. Ange sourit rêveusement.

-Enchanté, murmura-t-il.

Il rêva encore quelques instants à la sonorité du prénom de l'enfant, puis la regarda profondément dans les yeux, souriant, et lui demanda :

-D'où viens-tu ? Tu n'es pas au Mystery depuis longtemps, je me trompe ?

Son doux visage rosé ne lui était pas spécialement familier. Il avait encore sur ses contours, la sublimation de l'inconnu. Il la découvrait encore. La jeune fille était encore une grosse part de mystère pour un léger voile de révélations. Mais tant mieux. Il avait toute la nuit pour apprendre à connaitre Sheryl, ou tout du moins, l'essentiel à savoir sur la Juliette d'une nuit, et lui faire également découvrir qui il était, si toutefois cela l'intérêssait. Ange s'assit alors en tailleurs, attrappant ses deux chevilles, se balançant légèrement. Il souriait. Il était juste bien, là avec la jeune presque inconnue. La scène était devenue celle de leur rencontre, et les bancs un public invisible de l'improvisation totale qu'ils composaient à deux, sans vraiment le vouloir, créant une rencontre, la rencontre d'un prophète et d'une princesse. Quelque chose d'historique. Quelque chose d'unique. Ange et Sheryl, Acte I, La Rencontre.

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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Dim 4 Sep 2011 - 11:18

Le temps semblait être suspendu sur le visage de l'adolescent. Un instant de nuage nacré passa dans les yeux du prophète. Tout paraissait ailleurs, cette nuit-là. Oui, ailleurs, quelque part dans la poussière et le rêve d’une nuit sur le plancher usé d’un amphithéâtre. Tout était extérieur à ces deux lucioles qui voletaient dans une aube de fiction ; deux lucioles, solitaires et perdues, qui se trouvent et s’évoquent. Sheryl passa une main dans ses cheveux ; son vague chignon était défait et les mèches retombaient n’importe comment autour de son visage. Curieusement, sa main passa de ses cheveux à ceux du garçon ; ils étaient doux et bizarres. Elle ne put s’empêcher d’étouffer un petit rire. Jamais elle n’avait vu de cheveux plus en pétard ! Certains épis se dressaient même sur sa tête. Immédiatement elle sut que ce n’était pas la dernière fois que cette touffe allait la faire rire, car elle s’y était déjà attachée. Tout en passant les doigts dans la chevelure de son compagnon d’insomnie, elle répondit :

« C’est vrai, je suis nouvelle. - Elle marqua une pause. Sa main retomba sur ses genoux et son visage prit une teinte triste et rêveuse. - On pourrait même dire un nouveau-né, à peine tombé de son berceau. Il était dans ses draps roses, il a voulu voler, il est tombé du lit. - Elle releva vivement la tête et s’exclama tout à coup - Je me croyais spéciale! alors que je n’ai rien vécu. Jamais. Je suis venue ici, et j’ai tout perdu : mes douces illusions et mon chemin. - Elle eut un geste évasif accompagné d’un soupir - Vivre dans la fiction, c’est ce que j’ai toujours aimé déclamer, parce que la vie est trop compliqué, trop ennuyeuse et trop surprenante. ‘La vie est un songe’, disait Caldéron ; je l’ai cru! Une erreur de plus. Shakespeare m’a appris la fatalité, et je n’ai jamais su en tirer leçon. - Elle cacha son visage dans ses mains, repoussa le vague geste de réconfort du garçon, et une colère de petite fille donna des intonations plus hautes au flot de ses paroles - Oh! un jour, je le sais, je vivrai! je sortirai de mes rêves, je ne peindrai plus de scène autour des gris contours de ma vie! mais quand ? Je ne sais pas vivre! On ne m’a jamais dit comment vivre. - Elles se redressa sur les genoux, sembla s’emporter et chercher ses mots - Je... J’étais à l’hôpital, et je voulais sortir, mais on m’a dit : « La vie c’est la mort. » Je ne suis pas morte! mais je ne vis pas. Cruel paradoxe, presque Shakespearien, tu ne trouves pas ? »

Enfin, elle s’arrêta. Elle s’était figée dans son mouvement, dans son monologue, dans son jeu de comédienne. Comme si le public avait appuyé sur la touche pause. Une flamme agitait ses traits ; celle de l’euphorie qu’engendre le spectacle. Finalement, elle se rassit normalement et eut un sourire dépité.

« Vous voyez, m’sieur le prophète, que je ne sais pas vivre. Tu n’as certainement rien compris à mon beau discours, n’est-ce-pas? Tout, partout, est propice à la scène qui délimite ma vie. C’est une impasse. A présent, tu me connais parfaitement, car il n’y a rien d’autre à dire. Mais toi, tu es tombé du ciel, tu es ange, raconte moi comment tu es arrivé jusqu’à cet amphithéâtre. »

Elle ne savait pas d’où elle puisait cette assurance, cette confiance qui réchauffait son cœur en se dévoilant ainsi à cet inconnu. Elle ne le voyait pas comme un inconnu. C’est comme si, quelque part, elle avait toujours attendu cette rencontre. Jamais elle n’avait réussi à parler d’elle de cette manière, jamais elle n’avait cherché à créer par les mots un fil transparent pour qu’on puisse comprendre son âme. Pourquoi, en cette nuit de rêve, à cet inconnu, elle voulait se mette à nu ? D’un geste spontané, elle lui prit la main, de peur qu’il s’évanouisse dans la réalité et qu’elle ne le retrouve plus jamais.
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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Mer 14 Sep 2011 - 22:40

/!\ NE PAS TENIR COMPTE DE CE POST DANS LA CORRECTION DU RP, DELIRE /!\


Derrière la lucarne, la nuit était claire. Et blanche. Elle brillait d'un éclat surnaturel. Deux lueurs d'un bleu glacial jetaient des reflets sur le carreau. Une peau de marbre, des dents de nacre, des cheveux de soie. Un sourire respirant la sensualité, l'irréalité, l'arrogance. Et l'amour. L'amour de l'être, l'amour de l'amour, l'amour de l'idée, l'amour de la chair. En une seconde, un souffle de magie balaya la petite fenêtre ; et la nuit reprit ses droits. Le vampire apparut alors sur le plancher usé de la scène. Sans un bruit, il fit deux longs pas souples en direction du rebord. Sheryl se leva d'un bond. La peur. Puis l'émerveillement. Le charisme sans fin. Le théâtre, la fiction, le rêve, l'espoir. Tous là, réalisés devant ses yeux, passés de son cœur à la demi-temporalité du spectacle. Sheryl sourit. Paisible. Sheryl s'avança. Sheryl pencha la tête sur le côté, et avait compris.
"Lestat."
Elle prononça juste un nom. Une note. Un instant cristallisé. Un soupir. Un filament. Une goutte d'eau. Un flocon. Un coup de pinceau. Lestat.
Le personnage répondit par un sourire énigmatique, puis sauta en bas de la scène.
"Louis était un fou du théâtre, à la Nouvelle Orléans. Il y emmenait Claudia, de temps en temps. Pour sa culture."
Il se retourna vivement et un éclair de malice nostalgique donna un infime instant une teinte plus humaine à son visage de marbre.
"A vrai dire, il voulait lui éviter une trop grande influence de ma barbarie, en lui proposant un divertissement plus... raffiné."
Il rit. Un éclat inattendu, qui fit sursauter les deux jeunes gens.
"Et pourtant, Dieu sait que j'aime le théâtre! Enfin Dieu ... C'est surtout le Diable, qui m'y a cueilli !"
Très satisfait de sa plaisanterie, il partit cette fois dans une grande hilarité dont on ne pouvait deviner la fin. Dérangée, Sheryl choisit ce moment pour se manifester.
"Oui. Vous étiez Lélio. Et Magnus a enlevé Lélio, à même la scène."
Elle marqua une pause. Surpris, il se tut mais lui lança un regard où brillait toujours un immense amusement.
"Cependant vous avez toujours été un artiste. L'art est innocent et se suffit à lui-même. Vous rappelez-vous ce verger de torture de votre jeunesse ? Nicolas jouait. Tout vibrait. Et vous disiez "Joue, joue ... La musique est innocente." "
"Oh oui!, la coupa-t-il, soudain très animé - il leva une main, et accompagna ses paroles d'un geste théâtral - Il me prenait pour un fou. Il souriait, il calait son violon, et il disait "Dorlotons le fou."
Il eut un air triste, tout à coup. Il leva les yeux vers le plafond.
"Son sourire était dévasté. J'étais le Tueur de Loups ... Et je ne supportais pas la condition humaine. Paradoxe ? Je ne pense pas."
Sheryl ne put suivre la logique de sa dernière réplique. Elle crut bon d'ajouter, pour compléter l'idée de nostalgie sur le violoniste :
"Armand lui a coupé les mains. Son violon a brûlé."
D'une flamme imperceptible, le visage du vampire se ferma. Puis il s'éclaira à nouveau, comme une fleur d'hiver,
"Petite fille -lança-t-il en s'adressant à Sheryl- tu pourrais être Claudia. Ma Claudia ... Mon enfant-vampire ... Ma petite sœur Miséricorde ... La jumelle trompeuse de la Faucheuse ... Ma petite perle."
Il se retourna vers Ange.
"Oh, toi ! Jeune Mortel ! De ta haine et ton désir de vengeance que tu ne comprends pas, de ta pureté et de ton charme qui s'ignore, de ta jeunesse et de ton mal qui te font rentrer tes yeux en-dedans, et surtout de ta proximité avec les anges et les cieux ... Tu seras Louis. Accepte d'être mon bien-aimé Louis. Il a le même regard perdu, contemplatif et supplicatif quand il pose les yeux sur moi. Cette même flamme d'adulation et d'amour, de haine et d'arrogance."
Il passa un doigt sur la joue du garçon.



Mais il a craqué, Lestat ! xD


Sheryl se lança alors à son cou.
"Lestat, je vous en prie, prenez moi comme compagne, je veux voir Louis -le vrai- je veux goûter aux nuages étoilés, et aux étoiles nuageuses! Je veux rêver, je veux respirer la légende et la magie. Où est Marius ? Où est Armand ? Où est Gabrielle ? J'ai besoin d'eux, comme ils ont besoin de toi. Je vous suivrai jusqu'au bout du monde, et s'il y a un au-delà, ce sera le Jardin Sauvage, et nous irons aussi, tous ensembles. Et s'il y a un Dieu et un Diable, nous nous arrangerons! Nous les séduirons! Oh, Lestat!"


C'est alors qu'Ange supprima ce post et osa blasphémer hérétiquement en expulsant sans ménagement Lestat de Lioncourt hors de Mystery.


THE END

EDIT BY PANDOMAMY = Post déliriatique expréssément autorisé de stationer dans ce RP par Ange votre admin adoré et inconstesté. Je n'en tiendrai pas compte pour la suite du RP evidemment. J'aime Sheryl et ses délires illuminés.
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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Mar 28 Fév 2012 - 23:36

Toi t'aurais voulu jouer Hamlet, mais les propositions qu'on t'a faites, ce sont des grands mélos d'amour, et des feuilletons au kilomètre...

Sheryl passa une main dans ses cheveux. Le ventre d'Ange se mit à bruler. Etrange sensation. Elle était presque encore une inconnue. L'adolescent rosit légèrement. Le petit cri d'amusement de sa compagne ravit le jeune homme. Elle continua de jouer avec ses mèches ébourriffées alors qu'elle se lançait dans un long monologue, qui fit voyager le jeune homme. Il le fit voler à travers des nuées inexplorées, totalement loufoques, il racontait plus ou moins le passé de Sheryl, avec des flous, des éclairs illuminés. Il ne comprit pas tout. Mais c'était beau. Un paradoxe hein ?

-Oui...J'aime bien les paradoxes...Déclara-t-il d'un ton absent.

Il était parti très loin, dans les yeux de Sheryl, de là où elle venait, dans un monde où se mélangeaient Macbeth, Roméo, Hamlet, Phèdre, Caligula, Antigone, Frank, Eponine, des inconnus, des figurants du théâtre, mais aussi des héros, des personnages mythiques, qui ressucitaient sans cesse, pour toujours, au sein de leur long ballet de costumes...
Il reprit son souffle et ses esprits lorsque la jeune fille se rassit, et qu'il réalisa qu'elle s'était levé précédemment. Que sa longue tirade avait été un chef d'oeuvre du théâtre pour toujours inconnu. Il avança une main vers son visage, et caressa timidement sa joue.
Elle lui demanda d'où il venait. Comment était-il arrivé là. Il eut un petit hoquet, comme si tenter d'égaler les mots de l'adolescente était insurmontable. Presque.
Il passa son visage entre ses mains puis commença :


-Je suis né dans le froid. Tombé du ciel dans le froid. Le père a tué la mère, et on m'a emmené ici. J'ai vécu, longtemps vécu, couru dans l'herbe, au gré de mes transformations animales. J'y ai découvert mes ailes. J'ai toujours vécu et aimé ici, dans l'amitié, l'apprentissage, et un jour, la seule grande douleur de ma vie, la découverte de la trace du père. Et celle du lion...

Il ferma les yeux, et pensa à lui, lui sous sa forme féline, en train de rugir, et il sourit rêveusement. Sans y penser, il retira son t-shirt, puis son caleçon, et devint un lion. Il se tint, placide, devant la petite Juliette, le trésor de l'ombre et de la nuit. Sheryl. Il frotta son museau contre son visage juvénile et lui adressa par télépathie :

-Tu vivras Sheryl, je le sais. Tu as du Juliette en toi, mais pas assez pour mourir d'amour. Pour mourir de vivre par contre...Il semblerait d'ailleurs que nous allons vivre ensemble...Au moins un moment, non ?

Il frotta sa crinière contre l'épaule de Sheryl de plus belle, poussant un ronronnement sourd, typiquement lion, typiquement Ange. Etrange nuit. Etrange fille. Etrange rêve. Etrange pièce de théâtre. Etrange comme la vie ?

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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Dim 29 Avr 2012 - 22:20

Et soudain, il fut lion.
Sheryl ne put réprimer un premier mouvement de recul. C'était un animal imposant, royal, majestueux ; elle n'en avait vu que dans ses livres d'images, et c'était comme une figure de l'imaginaire qui s'était matérialisé devant ses yeux. Un souffle de magie balaya la pièce, et un sourire apparut timidement sur ses lèvres. C'était un Roi, un Roi de l'instant. Il s'avança jusqu'à toucher son visage. La force qu'il dégageait la fit frémir, c'était comme un courant électrique, plein d'autorité, de majesté, de tranquillité, qui vibrait de lui à elle. Elle avait envie d'entendre son rugissement sur une montagne, sur l'océan, dans une immensité de nuages ; elle eut envie d'imaginer tout ça, et c'est dans un ciel infini et or que retentit la voix du garçon.

-Tu vivras Sheryl, je le sais. Tu as du Juliette en toi, mais pas assez pour mourir d'amour. Pour mourir de vivre par contre...Il semblerait d'ailleurs que nous allons vivre ensemble...Au moins un moment, non ?

Elle fut très surprise tout d'abord, c'était la première fois qu'on lui parlait par télépathie. L'expérience était fascinante. C'était comme s'il était dans sa tête, faisait partie d'elle en quelque sorte.

- Qui sait ?, chuchota-t-elle dans un sourire paisible qui ne voulait plus quitter son visage.

Elle attrappa la crinière du fauve à pleine mains et y enfouit son visage. C'était doux et bizarre et cela la fit rire.

- Oui je vivrai, reprit elle, sa voix était étouffée par la crinière, Mais je veux vivre avec les autres et les comprendre. Je veux voir aussi la douleur des autres.

Elle entoura le cou du lion de ses bras et appuya sa tête contre son flanc.

- Montre moi ta douleur, ça fait du bien tu sais, c'est comme montrer une pièce de théâtre et ça apprend à prendre de la distance. Pourquoi ne dormais tu pas cette nuit, qu'est ce qui t'a poussé jusqu'à moi ? Dis moi.

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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Mar 1 Mai 2012 - 15:33

Je me suis mis à nu, au bord de la grande scène

La réponse malicieuse de Sheryl le ravit, et cette sensation fut décuplée lorsqu'elle enfouit son visage dans sa crinière comme s'il était une grosse peluche. Ange poussa un ronronnement puissant, et calina la jeune fille avec ravissement. Elle rit dans sa masse importante de poils épais, et affirma qu'elle vivrai, oui, mais avec les autres. Qu'elle voulait comprendre leur douleur. Il trouva cela beau, plein d'altruisme, c'était une philosophie qu'il partageait sans réserve.

Il ne disait rien. Même ses pensées se taisaient. Sheryl entoura son cou de ses bras, et s'appuya contre son flanc, si bien qu'elle était presque allongée sur lui, comme un enfant sur une énorme peluche. Ainsi installés, personne ne pouvait plus rien contre eux. Il frotta son museau contre le sommet du crane de la jeune fille. Elle lui demanda de lui montrer sa douleur, de lui expliquer pourquoi il était ici cette nuit. A vrai dire, il ne savait pas. Il avait beaucoup de mal à comprendre ce qui l'avait réveillé en sursaut. Il ne savait pas. Il lui fallait chercher dans les brumes cotonneuses se son esprit...

Il ferma les yeux, puis redevint humain. D'une main, il ramena ses vêtements à lui et les déposa, maladroitements et froissés, contre sa nudité. Il caressa les cheveux de Sheryl, et répondit sans vraiment y penser :


-Je ne sais pas exactement...Peut-être que c'est parce que je grandis, et que tout se réveille en moi comme un tourbillon, qui entrechoque au passage toutes mes craintes et toutes mes douleurs...Tu sais, j'ai une soeur, jumelle, d'élection. Elle a toujours eu des rêves agités, elle, et elle sait pourquoi. Aujourd'hui j'ai peur de la perdre...-Il prit une légère inspiration-Sheryl, dis moi que tu ne m'abandonnera pas.

Il plongea son regard brun et chaud dans le sien, puis se redressa. Elle lui semblait comme iréelle à la lumière blafârde du sous-sol. Il était à genoux devant elle, elle était belle. Il ne sut jamais pourquoi, il approcha ses lèvres des siennes. Les effleura. L'embrassa. Il ne savait pas pourquoi. Puis, il réalisa qu'il était presque nu, et, gêné et rougissant, recula. Il se rhabilla, et bredouilla :

-P...Pardonne moi, je ne sais pas ce qui m'a prit.

Il releva timidement la tête vers elle, les lèvres presques tremblantes, comme un enfant en faute, l'échine courbée.

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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Ven 25 Mai 2012 - 19:56

Contre toute attente, Sheryl eut un petit rire étouffé, candide, comme le pouffement léger d'un enfant qui a découvert la cachette à gâteaux. Et en effet, Ange l'avait embrassée avec ce mélange de timidité et d'impertinence qui caractérise les baisers que volent les garçons à les filles dans la cour de récré. Elle pencha la tête sur le côté et lui lança avec amusement :

- Eh, ce n'est pas grave !

Puis elle considéra un moment ce qu'il lui avait confié. Cet ange redoutait la solitude. Mais pourtant c'est bien connu, les anges sont toujours seuls dans l'évidence du ciel.

- Je t'ai trouvé et ne t'abandonnerai pas, dit-elle, et cela sonna étrangement à ses oreilles. Pourquoi tenir une telle promesse à un presque inconnu ? Pour le désir secret de voler avec lui dans ce ciel, parce que le prophète avait dans ses yeux des airs rêveurs d'élévation ?

Elle appuya son dos contre la scène et étendit ses jambes devant elle. La robe trop petite dévoilait ses cuisses blanches et le rose de sa culotte, mais bizarrement elle n'avait pas de notion de pudeur en ce moment, devant Ange. Peut être parce qu'une bulle d'intimité aussi impénétrable et agréable qu'une bulle de savon les avait enveloppés tous les deux sans qu'ils s'en aperçoivent.

- Pourquoi as tu peur d'être seul ?, demanda-t-elle soudain, sur le ton de la conversation.

C'était vrai après tout, elle s'était toujours posé cette question, et à présent elle sortait naturellement. Pourquoi a-t-on toujours cette terreur première, archaïque, qui se réveille parfois en nous comme un instinct ? Qu'est ce qui la motive ? Qu'est ce que la solitude ? Il n'y a pourtant pas de raison que l'on se retrouve seul ; mathématiquement, cette terre est bien trop peuplée. Mais alors, peut on être seul au milieu d'une foule ? Peut on n'être rien que cette solitude, quand une soeur nous abandonne, et que les millions de personnes autour de nous ne peuvent ne serait ce que se représenter toute horreur de cet arrachement ?
Une seule personne vous manque et tout est dépeuplé, qu'y disait, Lamartine.


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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Dim 8 Juil 2012 - 21:29

Pour ne pas vivre seul, je t'aime et je t'attends, pour avoir l'illusion, de ne pas vivre seul


Ce n'était pas grave. Les petits rires étouffés de Sheryl lui donnèrent envie de l'embrasser de nouveau. Il se contenta toutefois de passer deux doigts sur sa joue pour la caresser. Ils retombèrent dans son cou. Il fit attention de ne pas déraper sur ses seins. Elle s'était adossée à la scène, ses deux petites jambes fines, encore légèrement potelées devant elle, encore jamais touchées par un garçon, certainement. Ange regarda leur deux paires de jambes alignées l'une à coté de l'autre, blanches dans le peu de lumière de l’amphithéâtre.

Sheryl dit qu'elle ne l'abandonnerait pas. Il sourit. Elle avait dit ça de manière si grave, si déterminé, comme un enfant qui fait des promesses qui commencent par "quand je serai grand...". Il eut envie de la prendre dans ses bras. Mais il se contenta de sourire encore, et de fixer le mur d'en face, décoré de dessins fait par les orphelins et de photos de tous âges.

La question de l'adolescente le surprit autant qu'elle le déconcerta. Il la regarda, puis regarda le plafond, une moue presque triste faisant trembler ses lèvres, pendant qu'il réfléchissait à sa réponse.
Il finit par trouver, plutôt rapidement :


-Parce que seul trop longtemps, on est rien. dit-il. Tu n'es pas née de la solitude mais d'une union. Tout comme moi. Même très courte. Par contre on meurt toujours seul.


Il avait envie de pleurer. Mais il ne pleura pas. Les larmes repartirent de la lisière de ses yeux comme elles étaient venues et il serra la petite main de Sheryl dans la sienne. Il respira calmement.

-Moi non plus je ne t'abandonnerai pas.

C'était le silence.

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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Mar 10 Juil 2012 - 14:19

C'était tellement bon à entendre, c'était comme une promesse tu ne seras plus jamais seule, plus jamais, je serais toujours là. Et même si parfois on pouvait douter de ce serment, si audacieux, qui n'avait garde des péripéties de la vie, du fait de grandir, du changement des âmes, c'était toujours comme du miel quand on pouvait le saisir à portée de main et le serrer. Elle eut le sentiment qu'un poids s'envolait de son ventre, que ça y était, elle n'était plus une inconnue.

Elle se pencha en avant et lui pris la main. Elle eut envie de lui dire que Luka ne partirait pas. De lui susurrer doucement, comme une mélopée, comme une berceuse, comme le chuchotement des anges dans un rêve, de ne pas s'inquiéter, parce que la crainte ternissait son beau visage, et qu'il brillait moins, ou alors d'une noirceur si troublante.

Mais elle ne connaissait pas Luka. Elle ne connaissait pas son histoire, d'ailleurs, elle même n'avait vécu aucune histoire. De quel droit pouvait elle donc affirmer de tels mensonges ? Elle savait que Luka, qui qu'elle soit, quitterait Ange. Elle le savait tout simplement parce qu'Ange le savait, que malgré son doute et son angoisse, il le savait. Alors l'arrachement serait inévitable, et cette vérité là, les yeux d'Ange ne pouvaient la cacher.

Alors elle dit simplement :

- Moi aussi on m'a abandonnée. C'était sur une scène, comme ici. Je ne peux pas m'en souvenir, mais j'imagine très bien. Et l'imagination, quand on le veut, et quand on ne peut pas prouver le contraire, on s'en accommode très bien comme vérité.

Elle prit une petite inspiration et essaya de décrire ce qu'il y avait dans sa tête, quand elle y pensait. C'était comme un film, pas très net, fait de sentiments confus.

- J'étais pas préparée à cette trahison, parce que j'étais dans le ventre de ma mère. C'était chaud et rond comme l'amour, je suppose, alors comment aurais je pu deviner qu'on me jetterait par la suite dans le froid ? C'était une scène, parce que ma mère était actrice. J'ai envie qu'elle ait été actrice. Il y avait surement les applaudissements, alors ça m'a donnée envie de sortir. J'avais soif de cette gloire que donne le spectacle. Les lumières de la salle, les visages émerveillés du public, et ma maman, toute belle, et toute gonflée par sa grossesse, ce devait être beau. Je devais pouvoir sentir tout ça, même depuis son ventre. Il n'y avait qu'elle et moi, et les slaves d'applaudissements. J'avais dû être heureuse en naissant.

Elle eut un sourire triste et leva les yeux.

- Heureusement il y avait un médecin dans la salle. En fait il n'était pas vraiment médecin, il était étudiant, alors il avait très très peur. Peut être que c'est cette peur là qui m'a mise la puce à l'oreille. En tout cas à un moment, l'harmonie fut brisée. Il y avait eu quelque chose... Peut être que c'est parce qu'on avait quitté la scène. Mais j'ai senti que quelque chose clochait. Je n'ai même pas eu le temps de voir le visage de ma mère, ou de sentir ses mains. La chaleur est partie, j'ai eu froid, j'ai connu la terreur. Mais j'ai pas crié. Ah ça, non, j'ai pas émis un son, j'avais déjà trop de fierté. On m'a abandonnée, le médecin m'a laissée sur un perron, mais j'ai pas desserré les lèvres, j'ai accusé le coup.

Elle s'arrêta et resta la bouche ouverte. Puis elle eut un rire gêné et ajouta :

- Désolée, je ne sais pas ce qui m'a pris de te raconter tout ça. En plus tu dois penser que c'est n'importe quoi, ce n'est que ce que j'ai imaginé.

Elle soupira et enchaîna avant qu'il ait le temps de faire un commentaire :

- A toi, Ange. Raconte moi comment c'est avec Luka.
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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Mer 11 Juil 2012 - 12:55

On avait les cheveux longs, des dents de lait, et pourtant, on savait, on savait, que ça n'allait pas durer...

Sheryl prit sa main, et sembla rêveuse, presque heureuse de cette promesse mutuelle. Elle le regardait, comme cherchant quelque chose à lui dire, et finit par lui raconter. Elle disait qu'elle aussi avait été abandonnée. Sur une scène. Que l'imagination comblait les vides. Tout ce qu'elle racontait, le transportait au jour de sa naissance, comme si elle avait réellement eu le pouvoir le l'emmener dans un souvenir. Elle lui parlait de l'ambiance, des personnages, et il voyait tout à travers le voile fin et usé du passé. C'était beau. Comme un film, un beau film d'auteur, que Sheryl tissait au fil des mots pour le faire rêver. Ses sourires étaient tristes, mais ses mots étaient vrais. Si bien que lorsqu'elle s'excusa d'avoir raconté tout ceci, et lui dit qu'il ne la croirait surement pas, Ange posa sur son visage un regard doux en serrant sa main, et dit :


-Je te crois. Même si c'était une histoire d'abandon, elle était belle.


Il ferma les yeux quelques instants afin d'apprécier encore un moment le souvenir. Puis la voix de Sheryl lui demanda comment c'était, avec Luka. Il ouvrit les yeux, cligna des paupières, le visage triste, et hocha la tête. Luka.

-D'accord, dit-il simplement et fermement.

Il n'eut pas besoin de réfléchir. Les mots lui virent spontanément :

-Ca a commencé au temps où l'herbe était plus haute que nos corps. On était tout ronds et on avait souvent les jambes et les pieds nus. Il pleuvait un peu et on a décidé qu'on était frère et sœur. Jumeaux. Normal puisqu'on est nés le même jour. Depuis nous avons toujours couru, joué, pleuré et ri ensemble. Simplement son sang et ses origines ont rattrapé Luka. Moi je n'ai plus de parents. Sa mère est vivante. Maintenant elle hésite à la rejoindre, je le sens. Nous sommes liés par le temps après tout. Il faut croire que l'appel d'une mère est plus fort que tout. Je ne sais pas. Je n'ai pas de mère.

Cela ne le rendait presque pas triste de dire cela. Il haussa les épaules. Oui après tout il avait imaginé Viola Schmitt, mais il préférait cent fois retrouver Luka que sa mère, qu'il n'avait jamais connu.
Doucement, il prit Sheryl entre ses bras et la berça un peu. La fatigue le reprenait, il était bien, ici, avec sa nouvelle amie, compagne de rêveries et philosophies théâtrales. Sheryl. Merci d'être là. Il ne pouvait pas mieux lui exprimer qu'en la prenant dans ses bras. Leur promesse était scellée par le geste et les mots, lancés comme une réplique, plus ou moins au hasard, dans le temps.

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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Jeu 13 Juin 2013 - 23:34

Il est vrai, Sheryl n'avait jamais connu le désir amoureux. Elle avait déjà embrassé des garçons, bien sûr, très souvent, dans son orphelinat ; mais elle n'avait jamais penser à plus, parce que ça ne l'intéressait pas. Les doigts d'Ange qui couraient sur son cou la troublèrent donc un instant, mais elle ne s'en préoccupa pas plus, tout entière à la conversation. Elle avait le désir presque charnel de se couler dans les mots, de n'être plus que les mots, pour atteindre une union verbale avec son interlocuteur : que par le verbe ils dévoilent leur âme respective, et se comprennent, en une seule nuit.


Mais il parlait d'une tout autre union. Elle n'avait pensé à cela, au fait que ses parents - illustres inconnus - s'étaient aimé pour la créer, et qu'en cela même elle pouvait avoir de la valeur. Cette information, pourtant si simple, la jeta dans un trouble.


- J'ai toujours pensé que ma mère avait fait l'amour à l'art et au théâtre pour m'engendrer.


Elle ajouta pour qu'il puisse comprendre cette idée amusante :


- Ma mère a perdu les eaux sur scène, au beau milieu d'un spectacle. Je suis arrivée au monde sous les applaudissements !


Elle rit avant de reprendre :


- Je n'y ai jamais réfléchi, c'est étrange... Je pensais être la créature de Dionysos, en quelque sorte !


Voyant que le garçon gardait le silence, comme s'il attendait qu'elle poursuive son idée, elle se sentit obligée d'entrer dans des précisions culturelles.


- Tu te demande sûrement pourquoi Dionysos, et pas Apollon. Eh bien, je me retrouve beaucoup plus dans Dionysos, il est plus intime. Je suppose que c'est la même pour tout le monde, puisque c'est un demi-dieu, et celui des passions humaines que l'on retrouve dans le théâtre.


Un silence s'installa. Elle regardait ses pieds, et Ange la regardait. Elle s'en voulut soudain de s'être laissée parler ainsi, alors qu'elle ne voulait pas parler d'elle, mais de lui. La robe la serrait et elle eut envie de l'enlever. Son regard tomba sur les vêtements que Ange gardait toujours contre son entre-jambe, sans les enfiler, juste comme une couverture.


On meurt toujours seul ? Elle aimerait au moins mourir nue, se dit elle. De toutes façons, elle ne pensait pas à mourir, et cela l'importait peu.


- Merci, souffla-t-elle. C'est important. Il ne faut pas que tu l'oublies. Car si tu tiens ta promesse, j'aurais la certitude de ne jamais être seule.


Elle ajouta soudainement, en se penchant vers lui :


- Tu me donnes ton t shirt ?
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MessageSujet: Re: Insomnies. [PV Ange]   Dim 23 Juin 2013 - 15:41

Do you believe, in the day that you were born, tell me, do you believe ?

Sheryl avait des idées bizarres. Des idées bizarres mais de jolies idées. Il imagina un instant une femme plongée à corps perdu dans les arts et le théâtre, faisant l'amour à ces choses immatérielles, tellement essentielles à la vie de l'être humain, et des sorciers, également. Il tenta de se représenter cette femme qui ressemblait à Sheryl. Et il sourit. C'était amusant, c'était une idée magnifique. Une idée qui s'accordait bien à la réalité semblait-il, car sa nouvelle amie lui révéla ensuite qu'elle avait décidé de venir au monde sur scène. Dans l'imagination d'Ange se traçait un vieux théâtre, et une actrice pâle, fardée, qui tombait sur scène, se mettant à hurler, un hurlement de douleur furieux, qui appelait la vie, car son ventre était énorme, et il fallait expulser cette petite masse de magie et d'art qui se trouvait en elle. Il y avait du sang et de l'eau se mêlant sur la scène, et un hurlement plus aigu, un petit être mou et humide venant se rajouter à tous ceux déjà présents dans cette pièce, un être qui ne payait pas de mine mais qui venait gratifier le public de sa présence. Sheryl rit, et Ange sourit, la regardant dans les yeux.

-Quelle belle histoire
, dit-il simplement et rêveusement.

Lorsque son rire se fut éteint, l'orpheline lui parla de Dyonisos. Oui bien sur. La créature de Dyonisos. Un peu comme dans ce livre pour enfants, Percy Jackson, qui raconte l'histoire du fils de Poséidon, vivant dans un camp de vacances pour demi-dieux, tous les fruits des amours volages des grands de l'Olympe avec des mortels. Tous ses enfants ayant des capacités extraordinaire. Cela lui fit penser à Sheryl, mais également au Mystery Orphanage. Ils n'étaient pas des enfants de Dieux, mais presque. Après tout, dans ce livre, les Dieux étaient sujets à de violentes passions, et ne se souciaient pas franchement de leur progéniture, ils était tout autant à blâmer qu'auraient pu l'être des parents humains. Oui peut-être que tous les orphelins du Mystery avaient le potentiel de demi dieux, mais ce qui était certain, c'est qu'aucun ne l'avait plus que Sheryl.


-Les passions humaines...Oui tu as raison, Apollon est trop parfait. Nous sommes un peu tous des bâtards, des demi-dieux, nous sommes imparfaits, nous n'avons pas de famille, et pourtant nous sommes pleins d'espoir. Je crois même que nous avons tous envie d'être l'avenir, du haut de toutes nos imperfections de rendre les choses meilleures.


Les mots dérapaient sur ses lèvres, comme un flot qu'il ne contrôlait pas totalement, comme une expression brute de sa pensée. Il était toujours nu, et ne savait pas trop ce qu'il faisait. C'était un moment d'artistes, un moment d'adolescents. Sheryl lui demanda de ne pas oublier sa promesse. Il hocha la tête.

-Je ne l'oublierai pas. Je n'oublie pas ce qui est important. J'oublie peu de choses en réalité. En tout cas ce qui est sur, c'est que toi, je ne pourrais jamais t'oublier.

Il caressa distraitement sa joue, observant l'obscurité, les ombres qui se formaient en son sein. Le noir et les reflets emportèrent son regard, jusqu'à ce que la jeune fille contre lui ne lui demande de lui donner son t-shirt. C'était presque naïf. Il sourit, le ramassa à ses cotés et le lui tendit :


-Tiens.

Il ne savait pas trop ce qu'elle pourrait bien en faire, le mettre, peut-être ? Peut-être qu'elle voulait juste avoir quelque chose d'Ange. Il posa sa tête contre la sienne, et il resta contre elle, longtemps, du moins ce qui lui parut longtemps. Si longtemps qu'il aurait pu s'endormir contre sa peau laiteuse.

-Nous devrions aller dormir, Sheryl, il ne faudrait pas qu'on nous retrouve là demain matin.


Ange était à moitié fatigué. Il se sentait bien avec l'adolescente, mais aurait également voulu dormir, se lover dans ses draps, et rêver à ce théâtre, à cette mère éprise des arts qui aurait cambré les reins sous son poids afin de donner le jour à cet enfant d'ivresse et de lumière.

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