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 J'aimerai qu'on arrête de se rencontrer toujours par hasard.

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MessageSujet: J'aimerai qu'on arrête de se rencontrer toujours par hasard.   Sam 30 Juin 2012 - 16:47

Aujourd'hui, j'ai vu une mouette,
mais peut-être que c'était qu'un pigeon.


On a du mal à croire qu'on puisse un jour être plus chargé qu'on ne l'est déjà. Et pourtant, ça arrive. Bon, j'avoue que je vais avoir beaucoup de mal à faire plus chargé que je ne le suis actuellement. Je pensais qu'on bossait plus quand le bébé était très petit, mais en fait c'est le contraire. L'entier opposé. Plus cette gamine grandit, plus elle m'occupe. Si je n'avais qu'elle a gérer, ça irait. Mais non, il faut qu'en plus mon boulot me prenne la moitié de mon temps. Sans compter Yoren qui est mon apprenti, et dont je dois m'occuper dès qu'un trou dans mon emploi du temps apparaît. D'autant plus que mon père m'envoie toujours des tonnes de paperasses qu'il en peut gérer à lui tout seul. Il fait d'immenses efforts pour maintenir l'entreprise en place, mais comme il n'a aucun droit dessus, c'est encore moi qui doit signer tous les papiers officiels. Autant dire que mes journées commencent tôt pour se terminer tard, ou même tôt dans la matinée. Un vrai calvaire stoppé uniquement pendant le week end pour les travaux à l'orphelinat. Mais je ne vais pas m'en plaindre, après tout c'était mon choix.

Nous sommes justement le dimanche, jour que je chéris par-dessus tout, car je m'empêche moralement de bosser pour en pas tomber en dépression. Ma chérie s'occupe de la petite, même si j'ai conscience que Miyu n'est pas vraiment beaucoup moins chargée que moi. Je crois que Ayu est née trop vite. Beaucoup trop tôt. Mais maintenant c'est fait, et je ne peux pas vraiment lui en vouloir pour ça. C'est moi qui suis trop con. Bref. Aujourd'hui, exceptionnellement, coup du destin, père ne m'a rien envoyé. D'ailleurs, en vérité, je reçois de moins en moins de papiers. Il gère vraiment ça comme un pro. Et il en est un. Quoiqu'il en soit, aujourd'hui, je sors. Peu importe qui veut m'arrêter, j'irai. Et comme personne ne m'en empêche, j'ai deux fois plus de raisons d'y aller. J'ai choisi le port. Ouais, j'ai besoin de me changer les idées avec l'air salé sur ma figure et le bruit des petites vaguelettes faisant tanguer les bateau. Le bruit des mouettes, les coques de bateaux incrustés de divers coquillages en tout genre. Rien de mieux pour se changer les idées.

J'inspire profondément, avant d'enfiler un long manteau noir et des bottes montantes toutes aussi noires. J'arrange un peu ma coupe de cheveux en passant devant le miroir de l'entrée, même si d'évidence ça ne sert à rien lorsque vingt minutes plus tard, je serai en plein vent. Je saisis les clés de la voiture et file dans le garage. Ça va faire un an et demi que je n'ai pas changé de voiture. C'est assez rare. Mais il faut dire que j'apprécie le confort de celle-là, son dynamisme et sa forme élancée. Oui, je parle bien d'une voiture, vous y voyez un inconvénient ? J'appuie sur la touche de mon porte clé à infrarouges pour ouvrir la porte du garage. Vous savez, je pense que ma maison est tellement électrique qu'il suffit de me voler mon trousseau de clé pour pouvoir rentrer dans toutes les pièces. Et tout me prendre par la même occasion. Ça m'est déjà arrivé de me faire voler chez moi, quand j'étais chez ma mère. Elle a failli tomber en dépression quand elle a vu qu'on lui avait pris son collier de fiançailles incrusté de trois diamants. À l'époque, je pensais que c'était parce qu'il coûtait cher. Et en effet, elle en a racheté un à cinq diamants, comme pour se venger. Mes parents sont tellement déprimant par moments.

Quelques minutes passent et je me range dans le parking du port. Je manque de me prendre ma propre porte lorsque le vent m'empêche de sortir de ma voiture. En effet, une fois sorti, je remarque la force assez incroyable du vent. C'était peut-être pas une bonne idée, en fin de compte. Enfin, peu importe. Pour une fois, il fait beau, alors j'en profite pour mettre mes lunettes de soleil. Faut en profiter lorsque l'astre lumineux vient poser ses rayons sur l’Écosse. Je soupire avant de me balader, mains dans les poches, sur les bords du port. Il n'y a pas grand monde ici à cette heure-ci. Un couple qui doit être perdu, vu le regard dans leurs yeux. Et sinon, je crois apercevoir une fille au loin. Elle est pas bien grande. Je dirais même qu'elle ressemble bien à Lisbeth. Tiens ? Je dois avoir des illusions. La petite n'est pas revenue en cours depuis tellement longtemps. Pendant un moment, j'ai cru qu'elle avait été mutée je sais pas trop où. Mais Pandora n'était pas au courant. Il me semble que plusieurs profs ont décidés de la chercher. Je n'en faisais pas parti. Mais ils ne l'ont pas retrouvé. Je m'en suis fait pendant pas mal de temps, mais j'ai tellement d'autres choses à m'occuper que j'ai fini par l'oublier. Je pense que je ne m'en fais pas trop pour elle. Elle est petite, mais elle a de quoi se défendre. Elle est loin d'être idiote. Elle venait rarement en cours, mais lorsqu'elle venait, il y avait des jours où elle étudiait bien. Ça m'a toujours fait plaisir.

Je me détourne de la forme au loin et dirige mon regard vers la mer. Je m'éloigne un peu du port, mais je suis tout près des rochers. C'est dangereux par-là bas. Ça peut le devenir si on ne fais pas attention où l'on marche. Et pourtant, je m'y dirige, suivant de loin cette forme. Puisqu'elle est plus petite, je la rattrape sans vraiment le vouloir. Et elle ressemble de plus en plus à Lisbeth. En fait, je dirais même plus que c'est elle. LIS ?
Le rythme de mes pas s'accentuent, l'espace entre deux est plus rapide. Finalement, lorsqu'elle est à ma portée, je saisis sa main rapidement, mes bruits de pas cachés par le bruit du vent.

-Lisbeth, c'est toi ?!

J'ouvre de grands yeux lorsque je pense vraiment la reconnaître. C'est dingue ce que les gens peuvent grandir quand ils sont encore petits. Ça doit faire quelques mois qu'elle est partie, et j'ai l'impression de la redécouvrir. Un peu sous le poids des émotions, je ne peux m'empêcher de lancer :

-Qu'est-ce que tu fais là ? Je me suis fait un sang d'encre !

Ce qui est loin de s'éloigner de la vérité. Même si j'ai rapidement eu d'autres choses à faire. Je ne l'ai jamais vraiment oublier. Il faut savoir faire la différence entre être inquiet, et avoir confiance.

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MessageSujet: Re: J'aimerai qu'on arrête de se rencontrer toujours par hasard.   Mer 4 Juil 2012 - 20:02



    Quel jour sommes-nous ? Quel jour sommes-nous ? Pourquoi fait-il chaud ? Pourquoi fait-il froid ? Pourquoi est-ce qu’un bureau ressemble à un corbeau ? Pourquoi Monsieur Pink est-il monsieur Pink ? Serait-il vraiment une tapette pour avoir la couleur du rose ? Pourquoi une tapette d’ailleurs ? Le rapport avec une tapette à mouche ? Pourquoi une mouche fait-elle du bruit ? Et le moustique se collant à notre oreille quand nous voulons nous endormir dans le plus profond des sommeils ? Pourquoi les romains voulaient-ils une planète plate et non ronde ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi… LISBETH POURQUOI UN BUREAU RESSEMBLE-T-IL A UN BUREAU ?!!!

      « La ferme ! LA FERME ! »


    Les yeux exorbités, regardant le sol en étant recroquevillée sur elle-même en étant assise. Se tenant la tête avec ses mains, la secouant, se bouchant les oreilles. Pourquoi est-ce qu’ils étaient dans un tel état ? Voilà plus d’un mois qu’elle n’était plus au Mystery, elle n’avait pas fuguée, non elle était juste partie se promener pendant un très long moment. Elle ne c’était pas vraiment rendue compte de son éloignement jusqu’à ce que plusieurs nuits tombent sur elle… Un mois ? Deux ? Trois ? Combien de temps était-elle partie… Elle était sûre d’avoir vue son anniversaire passer en tout cas. Elle avait quatorze ans maintenant. Hum… Ca ne changeait pas grand-chose selon elle de toute manière.

    Quand les dizaines de voix arrêtèrent de faire du bruit dans sa tête elle se décida enfin à se lever pour marcher dans les rues de la ville de Little Angleton. Elle ne sait pas vraiment comment elle avait fait pour revenir ici. Ces pas l’avaient guidé naturellement. Comme pour dire… Qu’elle devait rentrer chez elle. Qu’il était tant qu’elle retrouve Orpheo. Pourtant, personne ne lui manquait la bas. Elle ne comprenait pas. Mais bon. Elle se décida quand même d’aller marcher dans le port.

    Pourquoi Brenda ne parlait-elle que de sa nouvelle coupe de cheveux ? Pourquoi Buck ne voulait pas jouer avec elle ? Pourquoi tous les autres posaient des questions sans queue ni tête. Elle avait mal au crâne à force. Elle se frotta doucement les tempes avec ses doigts fins. Puis les passa dans ses longs cheveux bouclés et brun. Ils lui arrivaient presque aux fesses maintenant. Elle avait grandi. Pris deux centimètres au moins. Son petit corps fin commençait à se développer enfin. Mais dans sa tête, ça ne marchait pas vraiment dans le sens « Chouette ! Je ressemble a une femme ! ». Au contraire, elle détestait encore plus son corps qu’avant. De toute manière, elle se cachait toujours. Et se cacherait certainement.

    Elle voulait grimper sur les toits. LISBETH POURQUOI UN LAPIN RESSEMBLE-T-IL A UNE ORANGE ?! Elle grogna légèrement, se donnant une tape sur la tête pour faire taire cette voix. Elle n’en pouvait vraiment plus ! Elle détestait le lapin qui plus est ! Elle leva ses yeux vers la main qui l’a saisi. Le regard noir avant qu’il ne s’adoucisse légèrement en voyant… Takahata-sensei ? Elle est bien bonne celle la. Un professeur. Celui qu’elle arrivait à supporter en tout cas.

    Elle arqua un de ses sourcils.

      « … Moi aussi je suis heureuse de vous voir professeur. »


    Ahah. Lisbeth. The return.

      « Vous avez pas pris une ride à ce que je vois. Pourtant vous semblez encore plus bizarre qu’avant. »

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MessageSujet: Re: J'aimerai qu'on arrête de se rencontrer toujours par hasard.   Mer 4 Juil 2012 - 23:38

Et peut-être que le pigeon,
est devenu une colombe ?


Et le pire, c'est qu'il s'agit vraiment de Lisbeth. Non, je sais pas, j'aurai bien aimé me tromper pour une fois. Penser qu'elle aurait d'elle-même choisi de centrer ses pas jusqu'à l'orphelinat. Mais non, il faut que je la trouve au bord de l'eau. Perdue on ne sait où. D'accord, ça fait longtemps que je ne pose plus de questions sur le pourquoi et le comment lorsque je la trouve en train de faire des choses étranges par moments. Masi tout de même, j'aimerai bien la voir un jour comme une élève normale, qui fait attention à elle et aux gens qui l'entourent. Car je pense que c'est la seule chose qui la différencie d'une élève normal. Elle est un peu dérangée, d'accord, mais pas tant que ça, puisque j'arrive à lui parler. Bien sûr, si vous m'annoncez là, tout de suite, que je suis la seule à pouvoir l'approcher sans me faire maudire par tous les noms -même ceux dont j'ignore la signification-, là, je commencerai à me poser des questions sur moi-même.

« … Moi aussi je suis heureuse de vous voir professeur. »

Ce regard et cette attitude toujours aussi directe. Vraiment, elle n'a pas changé. Psychiquement en tout cas. Physiquement, c'est pas vraiment la même chose. Elle semble avoir grandi. Ça ne fait que quelques mois et pourtant j'ai l'impression d'avoir quelqu'un de plus... mâture. Après, je me fais peut-être des illusions. En plus, son anniversaire est passé, non ? J'aurai bine voulu lui offrir quelque chose, mais je ne suis pas sûre qu'elle aurait pu apprécier quoique ce soit. Sauf que poupée dont elle aurait extrait je ne sais quoi pour en faire une poupée vaudou. Et bien que je ne sois que très peu superstitieux, j'aimerai qu'elle évite de me prendre pour modèle.

Quoiqu'il en soit, je regarde Lisbeth comme si elle venait d'une autre planète. C'est peut-être le cas, j'en sais franchement rien. La seule chose que je sais, c'est qu'elle est en face de moi et que je tiens toujours sa main. Et c'est une impression rassurante. Je finis pourtant par la lâcher. Ce que j'aime avec Lisbeth, c'est qu'elle ne se vexe pas pour rien. Elle est amusante. C'est appréciable.

« Vous avez pas pris une ride à ce que je vois. Pourtant vous semblez encore plus bizarre qu’avant. »

Si j'avais été en forme, j'aurai probablement rit. Mais ce n'est pas le cas. Je regarde Lis avec un air sévère et rassuré. Avec cette expression, elle pourrait bien en voir, des rides. Mais non, je suis trop soulagé pour rire. Il faudra attendre. Je suis bizarre ? Je ne vois pas en quoi... certes, j'ai vécu pas mal de choses durant ces quelques mois, mais je ne vois pas les changements. Mais si elle le dit, c'est que c'est vrai. Elle est honnête sur ce qu'elle pense, qualité pour lors appréciable. Sans en attendre davantage, j'enchaîne :

-Lisbeth, comment as-tu fait pour te débrouiller seule ? Ne disparaît pas comme ça sans prévenir. Comment as-tu fait pour te nourrir, te laver ?

Ah ! Attendez, j'ai trouvé ! Je suis plus attentionné ? C'est forcément ça. En même temps, quand on a un enfant, on apprend à faire attention à tous les objets autour d'elle. On apprend même à vérifier qu'elle ne s'étrangle pas avec sa propre langue, pour vous dire. Je suis un père fou. Et Miyaki ne m'aide pas. Elle protège l'enfant. Alors c'est difficile de rester indépendant et de ne pas être emmené dans cet esprit d'amour. Bon, mis à part ça, je ne lui ai toujours pas répondu, si on peut appeler ça des questions. En fait, ce n'en sont pas. Lisbeth ne pose pas de questions, sauf si ça touche au domaine de l'horreur, ce que je me contente de faire dériver pour en arriver à des choses plus joyeuses. Ah, Lisbeth m'avait manqué. Toutefois, pour éviter à Lis de se sentir fliquée, j'ajoute en soupirant doucement, et prenant une attitude plus douce :

-Excuse-moi, je ne m'attendais pas à te trouver ici. Re-bienvenue chez toi. Si toutefois tu t'es décidée à rentrer.

Je me souviens, il y a longtemps, je pouvais m'accroupir légèrement pour être à sa hauteur. Maintenant, si je m'accroupis trop, elle me dépasse. C'est dingue ce que les enfants grandissent vite... même elle.

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MessageSujet: Re: J'aimerai qu'on arrête de se rencontrer toujours par hasard.   Mer 9 Jan 2013 - 19:11

Cette étrange personne semblait être figée dans le temps. Dans un autre monde. Peut-être que tous deux, ils n’étaient pas fait pour être dans le même monde après tout. Venaient-ils d’une autre planète ? Seraient-ils les enfants du Diable ? Ou simplement des enfants de Dieu abandonnés ? On pouvait bien se le demander quand on voyait ses deux individus, perdus dans leurs sombres pensées et désirs. Ils n’étaient en aucun cas pas tourner vers l’humain.

La n'était pas la question. Elle avait en face d'elle, le seule être humain de sexe masculin à l'âge adulte que Lisbeth pouvait supportait. Et même parfois, apprécier il était vrai. Peut-être que implicitement, elle voyait Ren comme une figure paternelle, qu'elle commençait à bien connaître, comme tout bon père ? Il était devenue père peut-être ? Lisbeth ne savait plus trop, elle n'avait pas réellement fait attention, presque deux ans qu'elle n'avait pas fait attention où elle allait. Elle avait presque seize ans, et pourtant, même si elle avait un peu grandit, elle gardait son visage enfantin et doux, bien qu'intérieurement ravagé et à jamais meurtrie.

En effet, Lisbeth développer une maladie peu commune, elle ne grandirait certainement jamais tant qu'elle n'aurait pas terminé son blocage psychologique. Peut-être qu'elle avait grandit grâce à l'amour qu'elle refusait d'accepter du professeur Takahata. Oui, parce que c'était bien le seul sur terre que la petite fille pour qualifiée « d'être aimée », peut-être le savait-il, mais pour Lisbeth, être aimée par sa personne était quelque chose de vraiment incroyable et surtout impossible. Il pourrait certainement s'en vanter, mais il ne le ferait jamais, car ça pouvait être quelque chose de fatale pour sa relation avec Lisbeth. Oui, réellement fatale. Que cherchait-elle dans le fond ? Elle-même était perdue. Elle ne savait pas qu'elle était sa place ici.

Elle revint encore une fois à la réalité et fixa son professeur. Oui, elle était contente de voir une tête familière. Mais ça, elle ne le dirait pas. Oui, oui, c'était un secret bien gardé tout ça.

    « Oh... Comme d'habitude. Je me débrouille toujours d'une manière ou d'une autre. Je ne sais même plus d'ailleurs. Vous le savez-vous? »


Elle leva son regard si froid et directe vers l'adulte pour le regarder. Elle ne changerait pas de si tôt, c'était sur et certains, mais peut-être que ce professeur était le seul à pouvoir l'aider à se sortir du cercle vicieux dans lequel elle était plongé depuis plusieurs années et qui un jour ou l'autre, viendrait à causer la perte de la jeune demoiselle. Jamais elle ne pourrait avoir de famille, vivre avec les autre même soignée, pas vrai ?

Alors au final... Cela servait à quoi de vivre pour elle ?

    « Je pense rester. Même si je ne connais pas mon but en revenant. Ou même en partant. C'est très compliqué vous savez professeur. Vraiment très compliqué. »
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MessageSujet: Re: J'aimerai qu'on arrête de se rencontrer toujours par hasard.   Mar 29 Jan 2013 - 20:08

Ne change pas,
ou évolue.


Je contemple la jeune adolescente comme si elle venait d'un autre monde. Ça fait tellement longtemps qu'elle a disparu. Mais pourquoi est-elle parti s'exiler dans un recoin de la terre ? Sans prévenir quelqu'un. Ça c'était le pire. Je sais très bien que je n'ai aucun pouvoir sur elle comme sur les autres pensionnaires de l'orphelinat, mais je me sentais tellement proche d'elle. Peut-être a-t-elle changé ? Pourtant, à voir dans son regard, j'ai l'impression qu'elle a juste vécu deux années hors du temps et qu'elle revient aujourd'hui sur la terre ferme. Ça me rassure un peu, je dois l'avouer, de l'avoir près de moi. Sans la toucher, juste en la regardant. De toute façon, elle n'aime pas trop le contact, je ne l'ai que trop bien appris. Chaque enfant est à approcher d'une différente manière. Il y en a qui souhaitent qu'on leur exprime leur amour, qu'on les prenne dans leurs bras. Ceux qui s'en fichent et ceux qui détestent ça. Je ne saurais pas où placer Lis dans une de ces deux dernières catégories. Elle a un peu changé malgré tout.

Mais franchement où est-elle partie ? Au début, je me suis fait tellement de soucis pour elle. Tellement, tellement de soucis. Je l'ai même cherché pendant très longtemps. Puis le temps est passé, et occupé par diverses choses j'ai fini par oublier. Oui, oublier. Qui n'aurait pas oublié ? Mon cerveau a naturellement inventé une excuse. Après tout, nous sommes des humains, les choses comme ça sont remplacées par d'autres. Si chaque frustration restait en tête, nous ne pourrions plus arrêter de râler. Je dois avouer que je suis pourtant plutôt doué en la matière. Bref, la question est bien pourquoi a-t-elle disparu. Et moi, je m'en fais. Je me baisse un peu à sa taille pour l'avoir en face de moi. Je dois avouer qu'elle a grandi. Beaucoup grandi. Elle ressemble un peu plus à une femme, mais il y a toujours ce regard froid et distant qui en repousse plus d'un. Pourtant, une fois avoir percé un peu plus profondément cette coque, on découvre une nouvelle personnalité. Toujours froide, mais un peu plus amusante. Je suis sûr que ça finira par s'arranger. En tout cas, je ferais tout en mon pouvoir pour qu'elle parvienne à grandir comme il se doit. Après tout, c'est un peu notre devoir à nous, professeurs.

« Oh... Comme d'habitude. Je me débrouille toujours d'une manière ou d'une autre. Je ne sais même plus d'ailleurs. Vous le savez-vous? »

Je ne peux m'empêcher de rire. Parce que ça fait du bien. Parce que ça fait redescendre la pression et que c'est naturel. Même pas besoin d'anti-dépresseur. Le rire c'est la meilleure façon de rester en vie longtemps. Tu entends ça Lis ? Mets un peu de joie dans ta vie. J'espère qu'un jour tu pourras me rire à la figure à gorge déployée, même si ce n'est que pour un faible instant. J'aurai au moins l'impression d'avoir accompli quelque chose. Je secoue la tête doucement et pose une main rapide sur la tête de Lisbeth, avant de la retirer.

-Qu'importe. Le principal, c'est que tu sois là et en vie. C'est tout ce qui compte.

Absolument. Mourir c'est trop facile. C'est la fin de tout. Alors que vivre, ça demande de l'effort. Ça nous fait nous battre constamment. Ça nous maintient en vie, justement. Alors oui, le plus important, c'est qu'elle soit en vie. J'ai presque un regard niais sur mon visage, pourtant mes paroles sont tout à fait sérieuses.

« Je pense rester. Même si je ne connais pas mon but en revenant. Ou même en partant. C'est très compliqué vous savez professeur. Vraiment très compliqué. »

Le but on le trouve. Si parfois les pas nous mènent au hasard, au final, c'est toujours à cause de quelque chose. Alors si elle est revenue ici, c'est forcément pour une raison particulière. Si elle ne la trouve pas aujourd'hui, elle la trouvera demain. Ou après-demain. Peut-être même ne l'apprendra-t-elle qu'à je ne sais quel âge. Mais ça viendra un jour ou l'autre, il faut juste être patient et voir ce que le futur nous apporte sans pour autant le presser ou tâcher de découvrir ce qu'il nous réserve. Voilà tout.

-Tu le trouveras. Tu n'as rien avec toi ? Pas de bagages, rien du tout ?

Et voilà, papa poule est de retour après cette magnifique phrase pleine de philosophie.

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MessageSujet: Re: J'aimerai qu'on arrête de se rencontrer toujours par hasard.   Dim 24 Fév 2013 - 11:28


Peut-être que finalement, elle avait l'impression de toujours être enfant alors que son corps avait belle et bien grandis. Elle ne savait pas trop comment gérer cela de toute manière, elle n'y prêtait guère attention... Enfin en façade. La métamorphose de l'enfant à l'âge adulte était quelque chose qui effrayait vraiment Lisbeth, elle ne savait pas si elle pouvait vraiment y faire face, surtout qu'une fois adulte, on à des responsabilités, et être responsable de ses actes, était quelque chose de difficile à avaler. Elle n'était pas du genre à prendre soin des autres. Ce qui comptait le plus pour elle, c'était de s'amuser encore et encore jusqu'à se perdre dans la folie la plus totale et la plus sombre qui puisse exister dans ce monde. Avant de tomber au fond du gouffre, à dormir paisiblement dans un tombeau, souriante malgré sa pâleur mortelle.

Oui, peut-être valait-il mieux qu'elle meurt. Le monde changeait beaucoup trop, les gens autour d'elles changeaient et ça ne lui plaisait vraiment pas. Qu'était devenue Takahata-sensei ? Lui aussi, avait-il changeait au point que Lisbeth ne puisse plus l'apprécier comme avant ? Il était sûr que quand Lisbeth apprendrait l'énorme changement dans la vie de celui-ci – c'est à dire, un enfant –. Peut-être était-elle tout simplement jalouse du monde parce qu'il était heureux et que elle non. Elle n'avait qu'une impression de bonheur quand elle délirait seule dans son coin. Mais surtout quand elle faisait du mal aux gens. Qu'est-ce qui n'allait pas chez elle ? Aller savoir, quand on ne connait pas son histoire, elle paraît dingue. Quand on la connaît, on à de la pitié.

    « Non... Je n'ai rien. »


Elle se mit à ses côtés, pour le suivre tranquillement. Une fois la marche enclenchée, ils marchèrent côte à côte sans un mot. Du tac au tac, Lisbeth commença à parler. Ce n'était pas anodin, et elle voulait savoir la vérité sur quelque chose d'important pour elle.

    « Professeur, si je deviens un mage noir, auriez-vous le courage de me tuer? »


Comme toute psychopathe latente, Lisbeth ne demandait pas plus que de l'aide mais aussi de la liberté pour relâcher ses pulsions morbides. Ses yeux couleur métal glissèrent vers le professeur avant de sourire en coin tristement.

    « Vous savez comme moi, ce qui se dit à mon sujet. Parfois, il vaut mieux se débarrasser des problèmes avant qu'ils n'en deviennent réellement un après avoir fait du mal à ceux qui l'entoure. C'est plutôt normal je trouve après tout. »


Elle était d'un sérieux à coupé le souffle alors qu'elle disait cela. Elle savait qu'elle avait raison. Elle savait que l'équipe pédagogique avait peur de Lisbeth depuis son arrivé à l'orphelinat. Il serait donc intelligent de la faire disparaître avant de causer des pertes trop importantes.

    « Ne faites pas le choquer. Et je suis vraiment sérieuse quand je dis ça. Ce qui est plutôt rare chez moi d'avoir une lucidité totale. »


Oui, quelque chose de rare et de tout nouveau pour son professeur.
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MessageSujet: Re: J'aimerai qu'on arrête de se rencontrer toujours par hasard.   Jeu 7 Mar 2013 - 14:53

Il y a tellement de choses à dire,
tellement de choses à écrire.


Il y a tellement de choses à dire sur cette fille. Bientôt, je serai en mesure de faire un dictionnaire. Plus sérieusement, malgré son long voyage, elle a l'air encore plus torturée qu'à ses débuts à l'orphelinat. Il faut croire qu'ils lui ont été d'un quelconque secours finalement. Je ne sais pas si c'est dû à moi ou bien à l'influence de Pandora, mais en tout cas elle me semblait bien plus radieuse avant. Ou peut-être est-ce simplement dû au fait qu'elle ai grandi. Sans doute. Après tout, combien de temps se sont écoulés ? Deux ans peut-être, ou un peu moins. Elle a pu rencontrer un sacré nombre de personnes, et quelque part ça m'effraie. Tout le monde n'a pas toujours envie de sauver le monde, ou même de le réguler. Il y a les sorciers noirs par exemple, ou bien même toute personne capable de s'en prendre à une jeune fille. Ça fait un bon nombre. Je soupire. Il ne faut pas que je me fasse d'illusion. Lisbeth, malgré ses attitudes parfois étranges, est une jeune femme forte. Elle a vécu des choses atroces, et quelque part, ça l'a fortifié. C'est affreux de dire ça, mais ça a malheureusement aussi affecté son mental. Un homme reste un homme, au bout d'un moment on lâche prise.

« Non... Je n'ai rien. »

C'est déjà une bonne chose. Je me mis en marche, bientôt suivi par Lis. Elle doit m'apprécier, quelque part, même si elle n'en a pas l'air. Quand je vois ses relations avec les autres professeurs ou même des gens anodins, je trouve que je suis légèrement mieux loti. Sans doute est-ce dû à notre forme fusionnelle. Ou bien à nos caractères. Qu'importe, ça reste quelque chose de très agréable, pour moi en tout cas. J'aime bien aider les gens, mais j'aime aussi recevoir. Néanmoins, je n'ai pas le temps d'occuper davantage mes pensées, car bien vite, la jeune fille me demande.

« Professeur, si je deviens un mage noir, auriez-vous le courage de me tuer? »

Je marque un arrêt. Elle continue sur quelques pas avant de finalement se stopper elle aussi. Je me doute bien que ce genre de questions n'a pas pour but de me tester. Ou bien, c'est véritablement réussi. Elle m'a pris au dépourvu. Noir ? Son voyage lui a inculqué de bien mauvaises choses. Il est même très probable qu'elle en ai fréquenté un pour en sortir de pareilles hypothèses. Oh, bien sûr, ça discutais pas mal de ça après la disparition de Lisbeth. Elle deviendrait une sorcière noire. Beaucoup de monde y croyait dur comme du fer. Après tout, n'était-elle pas trop étrange ? Pas trop tourné vers tout ce qui est maléfique ? Moi, je n'ai as voulu m'immiscer dans ce débat. Et ce n'est as pour rien. On ne peut pas juger quelqu'un de l'extérieur. Ce n'est pas parce qu'elle en a l'air qu'elle en est pour autant. Mais pencher pour cette solution n'aurait fait qu'envenimer le sujet. Et ce n'est pas vraiment mon souhait.

-Tu me demandes si j'ai le courage de tuer une de mes élèves ? Volontairement non. Si tu t'attaques à quelqu'un qui m'est cher en revanche je pourrais changer d'état d'esprit. Mais ça ne risque pas d'arriver.

Non, je serai incapable de la tuer à moins qu'elle ne m'attaque. Et encore. Je me défendrais, je me ruerai sur elle, mais après ? Si j'arrivais à prendre l'avantage, si je parvenais à l'immobiliser, que je croisais mes yeux dans les siens. Je verrais son regard, même violent. Et là, je ne pourrais certainement. Il faudrait vraiment un coup du hasard pour changer la donne. La deuxième solution étant de tuer un membre de ma famille. Quand bien même elle s'occupait de ma mère, je la pourchasserai à travers monts et vallées. Même si je n'en ai pas l'air, les relations humaines sont les choses les plus importantes pour moi dans ce monde. Qu'elles soient bonnes ou mauvaises, d'ailleurs, car sans mauvais il n'y aurait pas de bon.

« Vous savez comme moi, ce qui se dit à mon sujet. Parfois, il vaut mieux se débarrasser des problèmes avant qu'ils n'en deviennent réellement un après avoir fait du mal à ceux qui l'entoure. C'est plutôt normal je trouve après tout. »

Se débarrasser. Un bien sinistre mot. Elle n'est pas un objet qu'on utilise, ou même qu'on manipule. Oh si, il y a toujours Orphéo derrière tout ça. Lui, oui, il manipule. Même s'il n'en arriverai pas aux extrémités, en revanche, il serait capable de beaucoup de choses pour parvenir à ses fins. Après tout, l'orphelinat est en quelque sorte un gros réservoir de jeunes talents. Il en vient toujours, et beaucoup terminent exorcistes. C'est la vie. Moi aussi, j'ai débuté l'exorcisme à cause de l'orphelinat. Si ce n'est pas une preuve suffisante...

-Lisbeth...
« Ne faites pas le choquer. Et je suis vraiment sérieuse quand je dis ça. Ce qui est plutôt rare chez moi d'avoir une lucidité totale. »

Je reprends la marche. Une lucidité totale. Elle me pose donc cette question en pure honnêteté. En souhaitant connaître la réponse. Je la lui ai déjà fournie. Si je serai capable de la tuer ? Non. Même si on m'en donne l'ordre, je n'y arriverai pas à moins d'avoir les yeux bandés et d'être face à trois personnes. De cette manière, je ne saurai pas qui elle serai et répondrait au hasard aux coups. Voilà tout. C'est triste pour un professeur d'avoir à se poser ce genre de question pour un élève. Mais si c'est une réponse qu'elle veut, eh bien je lui donnerai cette réponse tant attendue.

-Même si tu penses devenir sorcière noire, il y a toujours un pourcentage pour toi de devenir exorciste ou même de rester neutre envers ce conflit.

Et ce n'est pas tout.

-La mort, c'est la fin de tout. C'est trop facile de tuer quelqu'un parce qu'il est un « potentiel » danger. C'est trop facile de mourir. Si on veut croire en l'homme, il faut croire en son avenir... tout comme à ton avenir.

Oui, son avenir. Il y a tant de choses qui peuvent nous arriver dans une vie. Certainement plus qu'on ne peut l'imaginer. Des capacités infinies, des opportunités ou même des envies. Il est possible de tout faire à partir du moment où l'on ne croit pas au destin. Et quand bien ce serai au contraire le cas, le destin serait la source de tous ces changements de cap. Lisbeth était capable de rejoindre les sorciers noirs, à n'en pas douter, mais elle était toujours susceptible de ne pas en devenir une et de grandir normalement.
À présent, il y a une autre question que je me pose. Une question idiote, mais elle me met la puce à l'oreille en prononçant de pareilles paroles. Et elle ? Aurait-elle, elle aussi, le courage de me tuer par méchanceté ou bien juste par envie ?

-Et toi, si tu devenais une sorcière noire, serais-tu capable de me tuer ?

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MessageSujet: Re: J'aimerai qu'on arrête de se rencontrer toujours par hasard.   Jeu 4 Avr 2013 - 16:36


Lisbeth était contente d'avoir abordée le sujet avec son professeur. Il était vrai qu'il était le seul être ici à qui elle pouvait certainement faire confiance. Malgré sa longue absence. Elle se sentait triste un peu. Il avait changé. Elle sentait qu'il avait changé. Les responsabilités, tout ça. Une famille... Elle eut un léger frisson. Quelle horreur d'y penser. Ça pouvait lui donner la nausée à n'importe qu'elle moment. Mais pourquoi donc ? Peut-être par peur d'être oubliée finalement, d'être laissée en arrière. Parce qu'il y a un être plus fragile qu'elle à surveiller. Tu veux de la protection Lisbeth, mais tu refuse l'aide des gens ? Sale gamine égoïste. Pour être attaché à un homme comme lui ? L'excuse de la forme fusionnelle ne pouvait pas lui suffire de toute manière. Elle grinça un peu des dents avant de sourire alors qu'elle était plus en avant que son admirable professeur. L'effet désiré ? Aucun. Elle voulait simplement une véritable réponse.

Bien sûr, son voyage l'avait conduit à voir du monde. De toutes les espèces et sortes. Bons et mauvais. Elle avait croisée des mages noirs. Des mages blancs. Aucun d'entre eux n'arrivèrent à vraiment cerner la jeune demoiselle mais les pouvoirs de celle-ci était intéressant dans les deux camps. Ou alors serait-elle une ermite au fond d'une grotte à discuter éternellement comme une cinglée dans un asile de fou ? Ou peut-être l'asile serait la meilleure solution ?

    -Tu me demandes si j'ai le courage de tuer une de mes élèves ? Volontairement non. Si tu t'attaques à quelqu'un qui m'est cher en revanche je pourrais changer d'état d'esprit. Mais ça ne risque pas d'arriver.

Quel homme honnête n'est-il pas ? Lisbeth aimait parler avec lui en tout cas. Et peut-être un peu trop naïf car il savait à quel point la jeune femme pouvait être instable par moment et lui rendre une stabilité, se serait de lui fouiller les barrières de son esprit pour aller chercher, la Lisbeth blessée au fond de son esprit pour la libérer de sa douleur.

    « D'une certaine manière... Vous êtes plutôt utopiste professeur. »


Et c'est peut-être, ce qui plaisait le plus chez lui à Lisbeth. Un pourcentage de ci. Un pourcentage de là. On mélange comme une recette hasardeuse et on regarde le résultat ? C'était un peu trop facile et déjà vue pour elle. Mais, pourquoi pas essayer après tout ?
Et puis cette question. Lisbeth continuait de marcher avant de lâcher un petit rire franc, amusée même par cette question.

    « Non. Savez-vous pourquoi ? Parce que vous êtes le seul ici qui semble encore pouvoir m'amuser. Et tant que je m'amuse, je peux vivre. Mais...»


Elle eut une petite pause avant de sourire en coin, un sourire qui n'avait rien de doux. Mais plutôt d'inquiétant.

    « Sachez que le jour où je ne m'amuserais plus. Ce sera vous que je désignerez... »


Elle monta sa main vers sa tempe en forme de pistolet.

    « Pour me tuer. Quitte à me faire détester de vous en faisant quelque chose d'horriblement méchant. »


Bien que dit sur un visage inquiétant, ses paroles étaient d'une honnêteté rare et profonde. Le jour où elle ne s'amuserait plus, elle mourrait certainement. Ou peut-être, fallait-il la mettre face à son passé pour enfin l'accepter... Et pleurer. Oui. Lisbeth n'as pas pleurer depuis des lustres et s'en empêche férocement en bloquant toutes ses émotions. Elle sourit plus tranquillement avant de lui tendre la main.

    « Vous êtes prêt à l'accepter, professeur ?»
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MessageSujet: Re: J'aimerai qu'on arrête de se rencontrer toujours par hasard.   Dim 14 Avr 2013 - 20:47

Je ne sais pas vraiment ce qui me plaît tant chez Lisbeth. Peut-être son air assez désabusé. J'ai constamment envie de lui faire comprendre qu'elle est quelque chose, qu'il y a quelqu'un, quelque chose là pour elle, et uniquement pour elle. Je veux être ce soutien qui a besoin de savoir comment elle évolue, où elle évolue. Pourtant, pourtant j'ai vraiment failli à ma mission. Du jour au lendemain, lorsqu'elle s'est éclipsée pour de nombreux mois, j'ai rapidement abandonné mes recherches. Je ne me suis certes pas dit que c'était ainsi et qu'il n'y avait rien à faire, mais j'ai tout de même abandonné. Et la voilà qui revient aujourd'hui, d'on ne sait où, fraîche comme une fleur. Pas que ça me déplaise. Lisbeth a toujours été un peu torturée comme gamine, à se poser mille et une questions sans vraiment les poser. J'ai toujours eu la volonté de penser, de songer avec entrain qu'elle finirait par changer. Qu'elle s'épanouirait un jour. Qu'elle cesserait de penser à ce que je suis incapable de penser. Je suis peut-être un peu égoïste de penser que je peux faire quelque chose pour elle. Mais le simple fait qu'elle parvienne à m'écouter n'est-il pas une preuve que je suis en mesure de pouvoir l'aider ?

« D'une certaine manière... Vous êtes plutôt utopiste professeur. »

Utopiste, moi ? Non, pas vraiment. Enfin, tout dépend de quoi on parle. À son sujet, peut-être. Je n'arrive pas à comprendre comment elle pense, et elle apparente certainement ça à une vision chimérique de la réalité. De ce qu'elle est en vérité. Mais elle ne donne tellement pas l'air de ce qu'elle est. Loin de moi l'idée de penser qu'elle puisse être fragile. Non, absolument pas. Mais aussi directe, sans la peur de blesser, ça, son physique n'en donne vraiment pas l'air. C'est aussi ça qui me donne envie de la secouer un peu. Par petites touches.

Et puis, cette phrase. Je ne sais pas vraiment ce qui m'a poussé à la prononcer. Pour me rassurer psychologiquement peut-être. De me dire que je ne suis pas encore totalement inutile. Je me fiche de la position qu'elle prendra plus tard. Certains sorciers noirs sont plus mauvais que d'autres. Je ne l'encourage pas à prendre cette voie, car elle induit malgré tout un certain nombre de principes que je suis loin d'approuver, mais si cela peut lui permettre de comprendre et d'assumer, alors qu'elle fasse. C'est une mauvaise chose de dire ça de la part d'un exorciste d'Orphéo, mais je recherche le bonheur de mes élèves avant celui des camps. C'est pourquoi il m'est assez facile d'employer le terme de sorcière noire pour caractériser le potentiel futur de ma jeune élève.

« Non. Savez-vous pourquoi ? Parce que vous êtes le seul ici qui semble encore pouvoir m'amuser. Et tant que je m'amuse, je peux vivre. Mais...»

Je ne peux m'empêcher de sourire à son début de phrase. Je suis rassuré. Quand bien même je ne suis là que pour l'amuser, au moins ça me permet de l'approcher et de comprendre. Ce n'est pas une curiosité, j'en ai conscience, mais c'est un peu mon travail de guider les élèves. Et je fais rarement l'impasse sur la difficulté avec tel ou tel élève. No, chacun à ses problèmes, et ils sont chacun à prendre séparément. Et je ne m'arrêterai pas à la première insinuation. Lisbeth est difficile à comprendre, mais après tout qui ne l'est pas. La particularité de l'être humain fait aussi son intérêt vis-à-vis des autres. Le monde serait bien vide sans ces personnes sortant de l'ordinaire.

« Sachez que le jour où je ne m'amuserais plus. Ce sera vous que je désignerez... »

Mes sourcils se froncent légèrement à l'écoute de sa phrase. Le jour où elle ne s'amusera plus ? À quoi s'amuse-t-elle ? Des questions multiples me viennent en tête, pourtant je me tais. J'attends qu'elle termine ses explications, qu'elle me fasse comprendre le fonde sa pensée. S'amuser. Ce verbe est vraiment l'un des seuls à avoir autant d'interprétations. L'amusement est tellement subjectif. Il peut être mélioratif, péjoratif, cruel ou affectif. Et j'ai quelques doutes sur sa signification pour Lisbeth.

« Pour me tuer. Quitte à me faire détester de vous en faisant quelque chose d'horriblement méchant. »

D'horriblement méchant. Il y a quelques années, ce genre de provocation ne m'aurait absolument pas affecté. Pourtant, à présent, j'ai de nombreuses choses à protéger. Même si j'ai beaucoup de mal à me visualiser une Lis cruelle, quelque part, ça ne me paraît pas si imaginatif. Et ça me fait peur. Oui, ça me fait peur. Je ne veux pas la voir devenir comme ça. Je ne veux pas m'énerver pour venger une mort, une blessure du cœur. Ce serait m'infliger une double torture. Un double coup. Ce serait tellement affreux. Il l'avait dit. Il avait dit qu'il était capable de tout si l'on s'en prenait à sa famille. Oui, mais en était-il vraiment capable ? Pourrait-il l'assumer ? Assumer une mort, sur une ancienne élève, ou même sur une élève ? Non, très probablement. Un peu rêveur, le mouvement de Lisbeth attire mon attention. Elle tend la main. Elle me tend la main. Est-ce que c'est une sorte de promesse ? Fâcheuse promesse. Non, c'est même pire. Comment peut-elle me faire une proposition pareille ? Est-ce que c'est censé être un honneur ? Et qui me dit que la jeune fille ne gagnerait pas ?

« Vous êtes prêt à l'accepter, professeur ?»

À l'accepter ? Accepter de la tuer ? Elle expérimente une nouvelle torture mentale ? Sans doute. Pourtant ses yeux ne mentent pas. Elle ne rigole pas. Elle est honnête. Terriblement honnête. Sans doute faut-il que je fasse de même. Lui faire comprendre le fond de ma pensée. Sans prendre la main donnée, je passe la mienne sur le sommet du crâne de Lisbeth et la farfouille doucement dans ses cheveux.

-Ne me raconte pas ces choses-là. Et puis, tu n'as aucune certitude de ne pas finir gagnante de notre confrontation.

Non, absolument aucune. Elle pourrait finir victorieuse. Est-ce que les rôles s’inverseraient à ce moment ? Est-ce qu'elle éprouverai une quelconque culpabilité ou irait voir quelqu'un d'autre pour la tuer ? Il y avait tellement de questions. Peu d'élèves viennent me voir pour parler de ce genre de choses. Parler de la mort, c'est assez tabou, surtout pour les enfants ayant perdus leurs parents. Mais elle, l'aborde sans aucune gêne, sans aucune peur dans la voix. Elle est claire et limpide. Paradoxalement, son esprit est un enchevêtrement de pensées diverses. Probablement en tout cas. Comment puis-je rester objectif sur mes paroles ? J'en suis incapable. Il faut que je lui annonce autre chose.

-Enfin... je suppose que je dois être honoré par ces paroles.

Je soupire peu après et passe une main dans mes cheveux. Honoré. Ce n'est sans doute pas le bon mot à employer, mais sur le coup, aucun ne m'est venu plus naturellement. Doit-on se sentir honoré de ce genre de choses ? Honoré de tuer quelqu'un par vengeance, par colère ? Non, certainement pas. J'en arrive donc à ma dernier question. Dernière, toute dernière. Celle qui m'intéresse le plus, plus que cette histoire de meurtre. J'ai besoin de savoir ce qu'elle pense d'elle-même, au fond d'elle. Lis est libre de me mentir ou de me dire la vérité, je ne m'en rendrais certainement pas compte de toute façon. Mais je veux simplement qu'elle y réfléchisse, ne serait-ce que pour quelques minutes ou quelques malheureuses secondes. Est-ce que j'ai le droit ? Je ne veux pas qu'elle me raconte sa vie. Son passé. Il y a tellement de choses affreuses, dans le passé d'un enfant qui a perdu ses parents. Lorsqu'elle décidera de m'en parler, alors j'écouterai. Même si mille et une horreurs s'y nichent, je resterai à l'écoute.

-Lisbeth. Dis-moi, est-ce que tu te plais comme tu es ?

Il faut que je comprenne.

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MessageSujet: Re: J'aimerai qu'on arrête de se rencontrer toujours par hasard.   Ven 22 Nov 2013 - 16:24

Elle ne comprenait vraiment pas cet homme bien qu’elle l’affectionne. Ne pouvait-il pas, un instant, laisser ses illusions sur Lisbeth s’envoler pour voir la vérité en face ? Si Lisbeth ne se laissait pas aller à ouvrir son cœur et à accepter ce qui lui était arrivé, elle finirait morte dans peu de temps. Car le monde l’insupporte de plus en plus et que la seule chose à laquelle elle se rattachée, c’était peut-être lui. Parce qu’il  arrivait à amuser un peu Lisbeth, encore quelques temps. De plus, elle ressentait comme de la jalousie au fond d’elle-même. Elle avait disparu pendant deux ans, c’était de sa faute. Mais c’était de sa faute à lui qu’il n’est pas un peu plus chercher. Lisbeth était rancunière. Très rancunière même.

Quant au sujet de sa mort prochaine, elle eut un sourire en coin quand il annonça que c’était un ‘honneur ‘. Maa , il comprenait tout ce professeur. Gentil professeur. De plus, Lisbeth commençait à comprendre que Ren ne serait plus assez amusant pour elle rapidement. Elle le sentait qu’il était devenue plus attentif, plus doux plus… Papa. Et Dieu sait qu’elle avait était traumatisé par son propre père. Alors, il n’était pas question qu’elle en aime un autre.

« Exactement. Parce que vous êtes le seul à qui j’accorde assez d’importance pour vous laisser me tuez. Et ne soyez pas… Idiot. Il y a plus de chance pour que vous me battiez que moi je gagne. Parce que vous, vous avez quelque chose à protéger. Moi, je n’ai strictement rien à protéger. Ou au contraire… Moi, je n’ai rien à perdre. »

Elle ne savait pas si c’était plus puissant de n’avoir rien à perdre ou si c’était le fait d’avoir quelque chose à protéger qui pouvait rendre plus fort. Les dessins animés en tout genre nous apprennent que c’est quand on protège quelque chose que l’on est le plus fort. Un certain film par contre, vous apprendra que ce n’est quand on n’a plus rien à perdre que l’on peut toucher le fond. Et donc, être libre de n’importe quoi.

- Lisbeth. Dis-moi, est-ce que tu te plais comme tu es ?


C’était une blague ? Non parce que, là, pour elle, ça y ressemblait. Elle se frotta la joue en regardant son professeur… Bon, il était vraiment sérieux. En plus d’être un parfait idiot.

« … Vous êtes plus désespérant que je ne l’aurai imaginer. »

Elle soupira doucement avant de se gratter la nuque en souriant. Elle fit quelques pas avant de se stopper.

« Je ne m’aime pas : je m’exècre totalement. Je m’insupporte. Mon corps me répugne, mon mental me répugne, le monde entier me répugne. Je n’ai aucun amour propre, on me l’a enlevé il y a bien longtemps. Il y a encore deux ans, quand nous nous sommes rencontrés, j’avais encore assez d’amour propre pour me défendre et me méfier de vous, maintenant non. Vous pourriez me faire n’importe quoi que ça ne me ferais rien. Mon corps est trop sale pour être pire que l’état où il est et mon esprit est trop détraqué pour l’atteindre. »

Elle se mit face à lui, le regard inexpressif. Elle devait en profiter, avant que sa lucidité de s’efface.

« Alors professeur, on dit que pour aimer les autres, il faut d’abord s’aimer soi-même. Et c’est mon cas. Croyez-vous vraiment que j’aurai la moindre pitié à vous faire du mal pour vous mener là où je veux ? »
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MessageSujet: Re: J'aimerai qu'on arrête de se rencontrer toujours par hasard.   Jeu 27 Fév 2014 - 1:05

La comprendre ? C'est assez compliqué en fin de compte. Je me demande même si c'est une bonne chose. Après tout, analyser une personne est le rôle d'un psychologue. Or, je n'en suis pas un et je ne souhaiterai jamais le devenir. C'est trop dur à supporter. Et puis, qui sait, Lisbeth n'a sans doute pas envie que je devienne ce genre de personne. C'est bizarre, quand je pense finalement à ce que je suis pour elle, je ne parviens à poser un mot dessus. Ami ? Je ne sais pas. Peut-être suis-je un tantinet intéressant et qu'elle ne tardera pas à passer à autre chose. Si tel est le cas je ne saurais trop comment supporter la chose. Et quelque part je m'en veux un peu de l'avoir délaissé pendant tant de temps. Mais c'est vrai, entre temps j'ai eu une famille, un enfant, un minuscule bébé à tenir entre mes bras. J'ai tant de choses à protéger. Tant de choses qui m'enchaînent et m'empêche de tomber d'une falaise pour en finir. Je ne suis pas dépressif, mais à une période je sais que j'aurai pu réellement le faire. Et toi Lisbeth ? Tu es encore là. Tu ne cesses de dire que le monde te répugne sans vraiment l'employer à l'oral. Pourtant tu es encore là. Tu n'as pas cédé face au vide. Alors voilà, je suis toujours là penser égoïstement que je suis encore la main qui t'empêche de tomber. Pardon. Si je pouvais te serrer dans mes bras pour te transmettre cette détresse, je le ferais. Mais tu ne le sentirai peut-être pas. Mes élèves sont si différents.
J'ai laissé échapper une phrase. Un « honneur ». Pff, qu'est-ce que je raconte ? Quel honneur peut-on tirer de ce genre de choses ? Ça me rappelle presque mes origines nippones. La voie du samouraï, le bushido, et son si tristement célèbre seppuku. J'ai beau me creuser les méninges, je ne comprends pas l'honneur que l'on peut avoir à assister son meilleur ami ou son collègue dans son chemin vers la mort. Je tiens peut-être trop à la vie maintenant. Alors est-ce que c'est ça ? Est-ce qu'il lui faut un point d'accroche pour qu'elle parvienne enfin à retrouver une maigre estime d'elle même ? Et surtout comment lui transmettre cela ?

« Exactement. Parce que vous êtes le seul à qui j’accorde assez d’importance pour vous laisser me tuez. Et ne soyez pas… Idiot. Il y a plus de chance pour que vous me battiez que moi je gagne. Parce que vous, vous avez quelque chose à protéger. Moi, je n’ai strictement rien à protéger. Ou au contraire… Moi, je n’ai rien à perdre. »

Elle n'avait rien à protéger. C'était donc ça. Avait-elle tout perdu, vraiment tout ? Après tout, les humains pouvaient s'attacher à tant de choses. Le matériel comme l'immatériel. Tant de choses. Il n'y avait vraiment rien ? Ça lui paraissait impensable. Si j'y réfléchit bien, je pense à tellement de choses à garder près de moi, que ce soit ma famille ou même mon simple portable. Alors sans ça, que sommes-nous? Un rire nerveux s'échappe de mes lèvres tandis que je me gratte doucement la tête quelque peu gêné.

-Au lieu de vouloir me tuer ou moi te tuer, ne voudrais-tu pas simplement me protéger ? Après tout, si j'ai un minimum  d'intérêt à tes yeux, ça ne devrait pas être trop difficile. De cette manière, ça nous aiderait tous les deux.

Oui, ça m'aiderait surtout à moi, il faut bien l'avouer. Si je peux la sortir de son pétrin en même temps, c'est aussi bien. J'inspire profondément, respirant le bon air marin. J'aimerai qu'on évite de se rencontrer toujours par hasard. La prochaine fois, je veux qu'on se voit au tour d'une bonne table. Qu'on discute de tout et rien, qu'on rit. Pourquoi ne pas faire un bon pique-nique, juste toi et moi ? Mais je me fais des illusions n'est-ce pas ? Pourtant je voudrais tant voir se réaliser ce genre de divagations. Ces rêves sont mon moteur. Alors je ne peux pas Lisbeth. Je ne peux pas te tuer, même si tu me le demandes.

-Tu sais, j'ai des choses à protéger, et même si tu n'en as pas forcément conscience tu y as ta case attitrée. Je ferais un bien mauvais protecteur si j'avais à te tuer.

Et puis vint le moment de demander comment Lisbeth se sentait dans sa tête. Oh, j'en ai déjà une certaine idée, mais je veux en être certain. Je n'ai pas cherché à connaître le passé de cette dorénavant jeune femme. Je n'aime pas regarder ce genre de choses. Non pas parce que cela me répugne, mais plus parce que je ne désire pas savoir sans que l'on ne m'en parle. Parfois j'y suis pourtant forcé. Mais pas avec elle. Et peut-être que j'ai un peu peur de trouver d'affreuses choses. Lisbeth me trouve désespérant. Oh, ça je le sais, et je n'ai pas besoin d'images pour ça. Cependant, elle va bien finir par me répondre, non ?

« Je ne m’aime pas : je m’exècre totalement. Je m’insupporte. Mon corps me répugne, mon mental me répugne, le monde entier me répugne. Je n’ai aucun amour propre, on me l’a enlevé il y a bien longtemps. Il y a encore deux ans, quand nous nous sommes rencontrés, j’avais encore assez d’amour propre pour me défendre et me méfier de vous, maintenant non. Vous pourriez me faire n’importe quoi que ça ne me ferais rien. Mon corps est trop sale pour être pire que l’état où il est et mon esprit est trop détraqué pour l’atteindre. »

Je reste attentif, néanmoins un peu perdu. Alors c'est ça. J'ai parfois l'impression que Lisbeth est une carcasse vide. Ça ne m'est pas arrivé souvent de penser ainsi, mais parfois la pensée précède la raison. Je ne peux pas supporter une chose pareille. Ce n'est pas en répondant « apprends à t'aimer » que je vais faire avancer les choses. Elle en rirait certainement. C'est difficile de se tenir face à ce genre de personnes. Elle paraît forte et pourtant tellement désespérée. C'est une chose que je n'arrive pas à comprendre, même si je fais tous les efforts possibles. Doucement, je me masse l'arête du nez. « Je suis désolé ». Voilà ce qui me vient à l'esprit. Mais pourquoi je m'excuse ? Parce que je n'ai rien pu faire ? Je pars trop défaitiste comme toujours. Je me dis que e fond a été atteint, qu'il n'y a plus aucune solution. Pourtant, elle doit exister.

« Alors professeur, on dit que pour aimer les autres, il faut d’abord s’aimer soi-même. Et c’est mon cas. Croyez-vous vraiment que j’aurai la moindre pitié à vous faire du mal pour vous mener là où je veux ? »

Je relève les yeux vers elle, éberlué. Ça doit peut-être bien la faire rire, mais moi ça ne m'amuse pas tant. Me faire du mal ? Pas de pitié ? Une phrase assez violente en soi, prononcée aussi légèrement qu'un salut entre deux étudiants. Et un regard droit. Je ne dois pas chercher à la comprendre, ça ne me mènerai à rien.

-C'est assez dur ce que tu me dis là. Tu dois m'en vouloir atrocement. Pourtant, tu sais, il te suffit de me demander une faveur pour que je fasse mon possible pour la réaliser – à l'exception de te tuer, bien sûr. Pas besoin de me faire du mal pour ça.

Je plante mon regard sur l'horizon. La mer est plutôt agitée, mais rien de grave. Dans mon esprit aussi c'est un peu une mer agitée. J'essaye de trouver une solution, mais le vent est contre moi. Alors je me fraye un passage dans le courant. Mais c'est très difficile. Finalement, je me décide à poursuivre la discussion.

-Qu'est-ce que tu as l'intention de faire maintenant ?

Elle est bien revenue à Little Angleton pour quelque chose, non ?

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